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  • Cyberattaques sur le sol espagnol

    Cyberattaques sur le sol espagnol

    Après la coupure générale de fourniture d’énergie, la péninsule ibérique est sujette à une attaque cybernétique. Elle touche, Hero, fabricant de sauces entre autres. La succursale espagnole est seule touchée selon Foodretail. L’entreprise rejoint trois autres compagnies ciblées : Alcampo, Consum et El Corte Inglés. Les fuites de données et les reventes sont légion. Celles de l’entreprise d’El Corte Inglés se retrouvaient quelques semaines plus tard à vendre au prix de 15 000 dollars. Mais la ville autonome de Melilla est aussi victime de cyberattaque.

    Les systèmes d’information de l’usine Hero basée à Alcantarilla (Murcia) subissent un incident cybernétique ce lundi 30 juin 2025. L’annonce se produit le lendemain par les services dédiés. Mais l’usine de production a, semble-t-il, plus de chance que la ville de Melilla. La ville autonome espagnole, située au Maroc, est la cible Qilin, ransomware russophone.

    Forcées de tout stopper

    L’usine espagnole de la multinationale suisse Hero a, dès la détection, isolé les systèmes d’information concernés. Le but est tout simplement de stopper la propagation. L’enquête est en cours avec des équipes spécialisées. Cette cyberattaque, selon l’entreprise, « n’a affecté que l’exploitation locale de Hero en Espagne, sans impact sur d’autres filiales du Grupo Hero au niveau international. » Ce n’est pas le cas de Melilla.

    Hero, Espagne, usine

    Durant le week-end du samedi 21 et du dimanche 22 juin 2025, la ville autonome de Mellila au Maroc est victime du ransomware Qilin. Ce dernier revendique d’ailleurs la cyberattaque le 26 juin sur leur site de fuite.

    Le groupe criminel assure avoir « complètement détruit l’infrastructure administrative et réseau de la ville ». Ils auraient volé des données d’un volume compris entre 4 à 5 téraoctets. Depuis le site WEB est toujours hors ligne.

    La source de l’infection serait la connexion à distance d’un employé de la commune. Pour un retour dans les meilleurs délais, une quarantaine de personnes travaillent d’arrache-pied.

    (Crédits : Google Maps)

    Les cybercriminels demandent une rançon en cryptomonnaie d’un montant de 1,8 million d’euros pour qu’ils recouvrent l’ensemble des informations. Ce qui, au départ, selon le Conseil municipal, est « un incident technique qui se résoudrait en deux jours » se transforme « en une affaire grave ». Selon le maire, Juan José Imbroda, il n’y a pas de date connue de retour à la normale, ni du coût final de remise en état et en service des systèmes d’information. Seule bonne nouvelle, les 1200 fonctionnaires sont finalement payés, malgré la cyberattaque.

  • Fuite de données du CNSS au Maroc

    Fuite de données du CNSS au Maroc

    La recherche de deux mots — Maroc et cyberattaque — fournit 234 000 réponses en un sixième de seconde. Souvent lors d’une cyberattaque, bien moins de résultats sont produits. Pourtant ce n’est pas le premier pays à subir une attaque cybernétique, qui plus est en Afrique. La cyberattaque du site du ministère de l’Inclusion économique, de la Petite Entreprise, de l’Emploi et des Compétences (MIEPEEC) et de la caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) affole la presse, et ravive les tensions entre l’Algérie et le Maroc, par réseaux sociaux interposés.


    Les attaques cybernétiques sur le continent africain ne datent pas d’hier. « Depuis début 2025, j’ai au moins comptabilisé une 100 de cyberattaques, fuite de données et autres actes d’incidents de sécurité informatique en tout genre, qu’ils soient publics, semi-publics ou privés ! », explique SaxX sur X. Mais celle contre le Maroc, plus particulièrement concernant le CNSS affole la presse mondiale et marocaine. Cela confère un emballement médiatique, alors que l’enquête est en cours.

    Que sait-on vraiment ?

    Une personne ou un groupe de personnes, sous le pseudo jabaROOT DZ, poste sur un site bien connu, BreachForums pour ne pas le citer et sur Télégram des informations issues de la cyberattaque. Deux dossiers sont ainsi disponibles. Le premier intitulé fiches de paies, le second CNSS — Moroccan National Social Security fund. Ils résultent de la cyberattaque du MIEPEEC et de CNSS.

    Forum, données, dark

    Le fichier, le plus important, affiche un poids compressé de 549 Mo. Il comporte 53 576 fichiers. Deux au format CSV, adhérents et salariés, les autres sont des documents au format PDF. Une fois décompressé, cela représente 6,9 Go.

    L’autre à une taille de 75,5 Mo, puis décompressé de 84,4 Mo. Il contient 3101 fiches de paies. L’ensemble des composants sont datés de 2024 et 2023. Une possible fraude est envisageable. Les numéros P.P.R. (identification) et le numéro de la pièce d’identité (CIN) sont affichés. (Crédits : capture d’écran)

    La problématique est que les entités potentiellement visées sont conséquentes. Le nombre de compagnies exposées est de 499 881. Parmi celles-ci existe le Fonds Mohammed VI pour l’Investissement, le Crédit du Maroc, la Banque centrale populaire, des entreprises de presse, le bureau de liaison d’Israël au Maroc, jusqu’à la holding du roi Mohammed VI, Siger.

    Quels renseignements sont exhibés ?

    Des fonctionnaires sont alors exposés, mais pas que. Dans les deux fichiers au format CSV, de très nombreuses lignes. Pour « Adhérents » 1 094 294 lignes de données et près de deux millions pour « Salariés » (1 996 026). Si en France, le sujet du salaire est encore tabou, le voile est ainsi levé sur les salaires déclarés de plusieurs personnalités au Maroc.

    Pour le fichier salarié : l’identification de l’adhérent, la nouvelle immatriculation, prénom, nom, numéro d’immatriculation, pièce d’identité, numéro de passeport, numéro de résidence, date de création, mode de demande, nom de l’affilié, numéro de l’affilié, état de la demande.

    Pour le fichier adhérents : nom de l’entreprise, la date d’adhésion, prénom et nom du mandataire, informations bancaires, numéro téléphone et e-mail du mandataire, attestations, identités et informations sur des salariés, numéro de passeport et adresse complète… (Crédits : capture d’écran)

    Liste, données, fuite

    La certitude est outre l’exploitation des données pour exercer du phishing, spearphishing, elles peuvent conduire à des attaques cybernétiques plus précises, plus ciblées en fonction des attaquants. Les experts marocains s’insurgent de l’ampleur de cette attaque. Celle-ci est connue, car rendue publique par le collectif jabaROOT, contrairement à l’ensemble de celles passées sous silence.

  • L’avenir des Femmes en pointillé ?

    L’avenir des Femmes en pointillé ?

    Une proposition de loi en Irak pourrait légitimer le mariage d’enfants. Tout est lié à la jurisprudence chiite et à l’âge de la puberté. Le Code en vigueur est scindé en deux parties. Il régit les dispositions relatives au statut personnel selon la « jurisprudence chiite Jaafari » (statut personnel) et l’autre la « jurisprudence sunnite ». Tant et si bien, qu’un garçon pourrait être marié dès l’âge de 15 ans, tandis qu’une fille dès l’âge de 9 ans. Mais que penser des 35 articles de loi qui restreignent encore les Afghanes et leurs droits à l’existence, à la vie ?

    La différence de compréhension des us et coutumes est fonction du Code sur lequel se base chaque pays. En France, le Code civil est le reflet de la société française. Depuis 1804, il organise l’essentiel de la vie quotidienne (nationalité, filiation, mariage, successions, responsabilité civile…). Puisqu’il s’agit des droits des femmes dont il est question que ce soit en Afghanistan, en Irak, en Iran, au Maroc, au Koweït… qu’en est-il en France ?

    L’évolution des droits des femmes en France

    Lors d’un entretien sur le discours, pour le droit à l’IVG, prononcé par Simone Veil en novembre 1974 à l’Assemblée nationale, Claudine Monteil s’écria « Simone, nous avons gagné ! » Ce à quoi Simone de Beauvoir répondit : « Certes, Claudine, nous avons gagné, mais temporairement. Il suffira d’une crise politique, économique et religieuse, pour que les droits des femmes, nos droits, soient remis en question. » L’évolution des droits des femmes en France s’écrit en plusieurs dates. La première est Olympe de Gouges qui publie en 1791 la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne.

    S’en suivent le 29 avril 1945, avec le vote aux élections municipales ; le 27 octobre 1946, « la loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à deux des hommes. » ; Germaine Poinso-Chapuis est en novembre 1947 la première femme ministre, il faut attendre 1974 pour voir Simone Veil à la tête d’un ministère ; dès le 13 juillet 1965 « les femmes peuvent gérer leurs biens propres et exercer une activité professionnelle sans le consentement de leur mari. » Autorisées à disposer de l’argent sur leur compte bancaire, sans avoir à demander à leurs maris.

    Le 4 juin 1970 autorité parentale conjointe ; 22 décembre 1972, la loi pose le principe d’égalité de rémunération ; 6 mars 1980, Marguerite Yourcenar devient « immortelle » en entrant à l’Académie française.

    (Crédits : Christina Morillo/Pexels)

    Le 17 janvier 1975, la Loi n° 75-17 autorisant l’IVG, dite « loi Veil » est adoptée pour 5 ans. Elle est définitive par la loi du 31 décembre 1979. Le 23 décembre 1980, la Loi n° 80-1041 donne une définition précise du viol et le reconnaît comme un crime ; 17 juillet 1984, la Cour de Cassation reconnaît pour la toute première fois le viol entre époux en instance de divorce. Le viol entre époux est reconnu par un arrêt de la Cour de Cassation le 5 septembre 1990. Le 4 mars 2024, dernière évolution, l’IVG est inscrite dans la Constitution française. « Votre vie durant, vous devrez demeurer vigilante », concluait Simone de Beauvoir.

    Le Code civil, pierre angulaire de la société

    Le Code civil dit « Code Napoléon » est composé de trois livres. Le Livre I dit « des personnes », le Livre II « des biens et des différentes modifications de la propriété » et le Livre III « des différentes façons dont on acquiert la propriété ». Puisque la proposition de loi en Afghanistan sacralise l’âge minimal du mariage, qu’en est-il en France ?

    L’article 144 du Code civil dispose que « le mariage ne peut être contracté avant dix-huit ans révolus. » Cependant l’article 145 ajoute que « néanmoins, il est loisible au procureur de la République du lieu de célébration du mariage d’accorder des dispenses d’âge pour des motifs graves. »

    En 1905, la loi du 9 décembre sur la séparation des Églises et de l’État assure la liberté de conscience de culte. Chacun est donc libre de pratiquer la religion de son choix comme de ne pratiquer aucune religion.

    Concernant le mariage, jusqu’à la Révolution (1789) le droit canonique s’applique. Donc l’âge nubile et majorité matrimoniale est de 12 ans pour les filles et 14 pour les garçons. La loi du 21 septembre 1792 dispose du mariage dès 13 ans pour les filles de 15 pour les garçons. Sous couvert du consentement des parents jusqu’à l’âge de 21 ans.

    Cet âge nubile atteint 18 ans pour les garçons dès l’instauration du Code civil en 1804. Celui des filles est de 15 ans. Il faudra attendre la Loi n° 2006-399 du 4 avril 2006 pour que l’article 144 assure l’âge de 18 ans pour toutes et tous.

    Puis, le Parlement adopte le 23 avril 2013, la loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe. Elle est promulguée le 17 mai 2013. (Crédits : BnF/Gallica)

    Tout cela semble être normal au regard de la « génération Z » (ne pas confondre avec la GEN-Z) et celle en devenir, « Alpha ». Parfois les désobéissances chamboulent et permettent l’évolution des droits. Le manifeste des 343 est un parfait exemple. Piqûre de rappel aux générations Z et Alpha, le simple fait de savoir que porter un pantalon est légalement autorisé pour les femmes seulement depuis le 31 janvier 2013, change la vision du monde.

    L’impact sur la vie des femmes en Irak

    Dans de nombreux pays au Moyen-Orient comme en Afrique, il existe un code de statut personnel (SP). En 1959, l’Irak se dote du Code de Statut personnel, ce après de nombreux pays tels la Syrie (1953), la Tunisie (1956), le Maroc (1958). Le Code du Statut personnel date du 30 décembre 1959 en Irak (Loi n° 188 du 30-12-1959). Il fera l’objet de neuf amendements (1963, 1978, 1980, 1981, 1985, 1986, 1987, 1994, 1999).

    Le général Abdel Karim Kassem arrive au pouvoir (1958-1963), et la question de codifier le Statut personnel est à nouveau posée. Issu d’un processus commencé en 1947, le Code (Qânûn) du Statut personnel irakien est créé douze ans plus tard.

    La volonté de modification ne date pas d’hier. Le projet de loi fondé sur les jurisprudences de l’école Jaafari, par l’imam chiite Jaafar al-Sadiq, est adopté par le conseil des ministres le 25 février 2014. Dix ans plus tard, il est à nouveau d’actualité. La proposition de réforme est celle du député Raëd al-Maliki.

    Ce qui sacralise les tensions le mariage. Si la doctrine classique de toutes les écoles s’appuie sur le verset 3 de la quatrième sourate du Coran, la vie moderne impose quasiment partout la monogamie.

    C’est plus particulièrement l’âge minimum qui pousse les mères à manifester. Selon le Code le mariage est autorisé à partir de 18 ans. À une exception près. La loi irakienne dispose qu’une fille de 15 ans peut être mariée à condition d’obtenir l’autorisation d’un juge et de la famille (Loi de 1959, Art. 7.). Comprendre ici que la famille est le Wali, soit le père ou tuteur légal.

    La volonté de modification du statut personnel impacte la vie des femmes. « Les principales critiques du projet portaient sur la légalisation des mariages d’enfants, la privation des droits fondamentaux des femmes et la confessionnalisation des affaires personnelles », écrit1 Sardar Aziz docteur en administration publique.

    Les premières modifications du SP sont intervenues après la guerre du golf en 1991. « Cet amendement permet le mariage des mineurs, autorise les mariages contractés en dehors des tribunaux, accorde des pouvoirs aux dotations chiites et sunnites ainsi qu’à d’autres entités ! Il prive les femmes de leurs droits à l’héritage et divise encore plus l’Irak en fonction des branches religieuses, mettant fin à l’État civil. » (Crédits : capture d’écran/X/Ala Talabani)

    L’UNICEF rapporte que 28 % des filles sont mariées avant 18 ans. La Mission d’assistance des Nations Unies quant à elle relate que 22 % des mariages non enregistrés impliquent des filles de moins de 14 ans. Ce dixième amendement aurait des effets incommensurables sur les droits des femmes et des filles, alors garantis par le droit international. S’il est appliqué, il autoriserait le mariage de fillettes âgées de neuf ans, les exposant à un risque accru de violence sexuelle et physique, sans oublier les conséquences sur leur santé physique et mentale, ainsi que la privation d’éducation et d’emploi.

    Les femmes victimes d’être femmes en Afghanistan

    L’Afghanistan est depuis 2021, le théâtre inexorable de privation des droits. La presse comme les politiques sont unanimes, la répression envers la population afghane, et particulièrement les femmes suscitent l’effroi. Depuis la prise du pouvoir des talibans, les femmes perdent un peu plus leur identité, leur existence… Pourtant la photo qui suit révèle une partie de l’Afghanistan des années 60 — 70.

    Femmes, Afghanistan, liberté

    « Il y avait aussi beaucoup de femmes dans les années 1960 et 1970 — même dans les zones urbaines — dont la vie était plutôt régie par le purdah, et qui ne sortait pas pour étudier ne sortaient pas pour travailler », explique Heather Barr, en 2017. Les populations tribales étaient considérablement conservatrices dans le milieu des années 60. Elles représentent environ 90 %.

    Une loi composée de 35 articles est annoncée, puis publiée au journal officiel le 31 juillet 2024 par le ministère de la justice taliban. Elle a pour but de « promouvoir la vertu et prévenir le vice ». « Les femmes doivent couvrir leur corps entièrement en présence d’hommes n’appartenant pas à leur famille ». Auquel se rajoute de cacher tout ou partie de leur visage via un masque « par peur de la tentation ». Faut-il échanger les habits pour éviter la tentation ? Faut-il éduquer les hommes à se contenir, s’ils ont peur de céder à la tentation ?

    Elles ne doivent pas faire entendre leurs voix en public. Mais l’absurdité ne s’arrête pas là. Les conducteurs de véhicules sont aussi restreints dans leurs libertés : pas de musique, pas de drogue, de transport de femmes non voilées, de femmes en présence d’hommes de leur famille (Mahram). Elles résistent en bravant les interdits pour leurs libertés. (Crédits : Laurence Brun/Gamma-Rapho/Getty-Images)

    Mais également, l’adultère, l’homosexualité, les jeux d’argent, les combats d’animaux ou d’hommes (MMA), la création ou le visionnage d’images d’êtres vivants sur un ordinateur ou un téléphone portable, l’absence de barbe ou une barbe trop courte pour les hommes, des coupes de cheveux « contraires à la charia ». L’UNICEF martèle dans le rapport 2023. que « comparées aux filles qui ont uniquement reçu une éducation primaire, les filles qui ont suivi une éducation secondaire sont moins exposées aux risques de mariage d’enfants et de grossesse adolescente. » Quel avenir quand elles n’ont pas accès à l’école, en cette semaine de rentrée scolaire ?

    1. https://www.cfri-irak.com/article/parlement-irakien-confessionnalisation-des-affaires-personnelles-2024-08-16 ↩︎
  • Trois hommes condamnés au Maroc à 40 ans de prison pour des viols répétés sur une fillette de 11 ans

    Trois hommes condamnés au Maroc à 40 ans de prison pour des viols répétés sur une fillette de 11 ans

    Une affaire sordide qui a ému le monde entier. Comme si, la population terrienne découvrait l’insoutenable cruauté dont l’être humain fait preuve parfois. Sauf que cela se déroule dans un douar près de Tiflet, au Maroc. Si les articles du Code pénal diffèrent dans les termes, le viol est réellement défini. L’article 486 du Code pénal marocain dispose qu’un viol est « l’acte par lequel un homme a des relations sexuelles avec une femme contre le gré de celle-ci ».

    La démonstration des lignes des articles ne souffre d’aucune ambiguïté. Abdelouahed Ragragui, Karim El Abdi et Youssef Zouaye ont été reconnus coupables de viol sur mineure. Ils sont condamnés en appel à 20 et 10 années de réclusion criminelle. « Nous sommes satisfaits du verdict qui a rendu justice à la victime, ceci dit nous n’avons pas compris pourquoi deux accusés ont écopé de 10 ans chacun seulement », a déclaré à l’AFP Abdelfattah Zahrach à la sortie du tribunal. Il envisage le pourvoi en cassation « après concertation avec la famille ».

    Une affaire sordide

    Dans le journal le360, Soumaya Naamane Guessous relate le calvaire que Sanae 11 ans a vécu. « Son père a refusé de l’inscrire à l’école, à 6 km de la maison, derrière une forêt, de peur qu’elle se fasse violer ». Sauf qu’un mercredi, jour de souk, elle est seule chez elle.

    Sanae est alors « assaillie par trois hommes du voisinage. Ils la violent tous les trois et la menacent de tuer sa famille si elle parle. Les viols se répètent. » L’homme condamné à 20 ans de prison est marié et père de 3 enfants. Le second est son neveu, quant au troisième, il est le voisin des deux premiers.

    Cette affaire pourrait précipiter et accélérer la refonte du Code pénal marocain.

    Selon l’article « Abdelouahed Ragragui a une nièce de l’âge de Sanae à qui il demande, plusieurs fois, de lui ramener Sanae. » La nièce aurait assisté aux viols. Lors du procès elle a soutenu la version de la victime avant de se rétracter. Une répétition sans fin jusqu’à ce que le sordide soit… Une fois de plus, un jour de plus, tandis que l’un des violeurs déshabillait la fillette, il s’aperçoit que son ventre dissimule un enfant à naître. Tétanisée, et sous l’emprise des trois hommes elle ne dira rien, mais la rumeur se propage rapidement dans le douar.

    C’est alors qu’un voisin se décide enfin à alerter le père. Sa grand-mère accompagne la fillette chez le médecin. Le verdict tombe : Sanae est enceinte de huit mois à tout juste 12 ans ! La justice des Hommes n’a eu lieu qu’à travers cette naissance. Quand en aurait-il été de la fillette sans cette grossesse ? Car de longs mois durant, les trois hommes âgés de 25, 32 et 37 ans la violent à répétition.

    De 24 mois à 20 ans de prison

    Le premier verdict minimise les chefs d’accusation. Les trois hommes avaient été condamnés à deux ans de prison ferme et 18 mois ferme pour les deux autres. Leurs crimes étaient de « détournement de mineure » et « attentat à la pudeur sur mineure avec violence entraînant une défloration », qui sont des actes stipulés dans les articles 471, 485 et 488 du Code pénal marocain.

    La pédophilie ne connaît pas de frontière, ni de préférence sexuelle. Les crimes sexuels sont également une arme de guerre.
    En première instance, ils sont condamnés à 18 à 24 mois de prison provoquant un tollé général et rapidement mondial. (Crédits : le360)

    L’enjeu du second procès est la requalification des faits reprochés. « En première instance, des accusés ont été condamnés pour attentat à la pudeur et séduction de mineure. Les faits commis dépassent largement cette qualification. Nous sommes face à des rapports sexuels complets et répétés. Ce comportement à un nom : le viol », appuyait Me Abdelkrim Elmlih, avocat au barreau de Casablanca.

    En cassation, la Cour à Rabat rend une décision attendue : les peines passent à 20 ans pour le principal prévenu et 10 ans de réclusion criminelle pour les deux autres.

    Ne jamais se taire !

    Le fait d’avoir des relations sexuelles non consenties est un viol. Le viol est un acte de pénétration sexuelle commis avec violence, contrainte, menace ou surprise ! Quel que soit le sexe, ou identité de genre de l’agresseur et de la victime. Ainsi majeure comme mineure, il faut porte l’affaire devant la justice. Premièrement pour être reconnue comme victime au sens juridique, pour se reconstruire, ou tenter de le faire. Deuxièmement (après enquête et preuves des faits reprochés) pour que l’agresseur soit déféré devant la justice et écroué s’il est reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés. Toute personne à des devoirs, mais également des droits :

    • Portez plainte au commissariat le plus proche en ville ou en zone rurale auprès de la gendarmerie ;
    • Signaler un viol ou une agression sexuelle en ligne ;
    • Quelles sont les violences sexuelles ? ;
    • Les infractions sexuelles sur majeur, mineur entre 15 et 18 ans et moins de 15 ans.
  • Europol annonce le démantèlement du « super cartel » qui contrôlait près d’un tiers du trafic de drogue en Europe

    Europol annonce le démantèlement du « super cartel » qui contrôlait près d’un tiers du trafic de drogue en Europe

    Une opération internationale des services de police d’une ampleur sans précédent a permis de démanteler un « super cartel ». Pas moins de 49 personnes ont été arrêtées dans cinq pays, dont six suspects déterminés comme cibles principales à Dubai. Cette opération internationale de Police dénommée « Desert Light » (Lumière du désert) a permis la saisie de 30 tonnes de cocaïne, avec des arrestations en France, en Espagne, en Belgique et aux Pays-Bas.

    La cocaïne saisie venait essentiellement d’Amérique latine, plus précisément du Panama. Elle transitait via les ports d’Anvers et de Rotterdam. Hormis les 43 suspects arrêtés en Europe, Dubaï a arrêté deux suspects offrant un « grand intérêt » liés à la France, deux autres liés aux Pays-Bas et deux liés à l’Espagne, mentionne Europol. Cela rappelle les années 80 où Pablo Escobar régnait sur le trafic de cocaïne en Colombie. À la tête du cartel de Medellín, il a été l’un des principaux barons de la drogue. Son cartel, au sommet de son activité, fournissait environ 80 % de la cocaïne consommée aux États-Unis, pour un chiffre d’affaires annuel de 21,9 milliards de dollars américains.

    Treize personnes ont été arrêtées en Espagne, six en France et dix en Belgique. Quatorze personnes avaient été arrêtées en 2021 aux Pays-Bas dans le cadre de la même opération. Auxquels il faut ajouter six cibles de grande valeur arrêtées à Dubaï aux Émirats arabes unis. (Crédits : Europol)

    « Les barons de la drogue, considérés comme des cibles de grand intérêt par Europol, s’étaient alliés pour constituer ce qui était connu comme un “supercartel” qui contrôlait environ un tiers du commerce de la cocaïne en Europe », explique Europol. « L’ampleur de l’importation de cocaïne en Europe sous le contrôle et le commandement des suspects était massive. Et plus de 30 tonnes de drogue ont été saisies par les forces de l’ordre durant les investigations », précise l’agence européenne.

    Selon une source judiciaire française, deux Belgo-Marocains âgés d’une quarantaine d’années, soupçonnés de diriger depuis Dubaï un réseau d’importation de trafic de cocaïne pour le marché français, ont été arrêtés et devraient être remis à la France. (Crédits : Europol/YouTube)

    Selon Europol, Dubaï a arrêté deux suspects offrant un « grand intérêt » liés à la France, deux autres liés aux Pays-Bas et deux liés à l’Espagne. L’un des suspects néerlandais est un « extrêmement gros poisson », divulgue une source sous condition de l’anonymat. Les deux suspects néerlandais sont présumés liés à Ridouan Taghi, arrêté à Dubaï en 2019 et actuellement jugé aux Pays-Bas, a ajouté cette source. À plus petite échelle, mais importante un trafic de cocaïne a été démantelé dans le bassin d’Arcachon par la gendarmerie.

  • Ikea Maroc et Koweït victimes d’une cyberattaque par le ransomware Vice Society

    Ikea Maroc et Koweït victimes d’une cyberattaque par le ransomware Vice Society

    Sur leur site de fuite, les opérateurs derrière le ransomware Vice Society revendiquent les cyberattaques de deux entités du géant suédo-néerlandais IKEA. Le fabricant de meubles exploite deux magasins en Jordanie, trois au Koweït et quatre au Maroc. Les succursales basées au Maroc et au Koweït voient des données sensibles comme des passeports jordanien et marocain, des prévisions sur l’année, des rapports confidentiels, des photos, des documents sur résultats d’audits…

    De très nombreux fichiers et documents sont diffusés sur le dark web. L’année dernière, quasiment jour pour jour IKEA était frappé par une vague de cyberattaques par hameçonnage de type « reply-chain ». Une façon de détourner l’attention de collaborateurs. Des employés reçoivent des e-mails sous la forme de réponses à des courriels apparemment envoyés au préalable. Le collaborateur pense qu’il s’agit d’une réponse à un e-mail préalablement expédié. Il ne souvient pas de l’avoir envoyé, mais curieux, il est tenté de l’ouvrir… le piège vient de se refermer.

    Les documents d’employé, de cadre, des passeports des documents internes sont mis en ligne par les opérateurs usant du ransomware Vice Society. Il opère au moins depuis fin 2020. En raison de tactiques et de noms de fichiers similaires, les chercheurs pensent que Vice Society était lié à un autre ransomware Hello Kitty. (Crédits : capture d’écran/Vice Society)

    En septembre, Vice Society avait attaqué et diffusé des données de deux écoles américaines et une université de Londres, Elmbrook school et Sierra College, ainsi que School of Oriental African Studies (SOAS). Selon Darkfeed « le fait de cibler IKEA est un peu une aberration pour la bande, car les victimes dans les secteurs de l’éducation et de la santé représentent plus d’un tiers de ses victimes. »

  • Il y a cent ans… eut lieu le crime de la gare Saint-Lazare

    Il y a cent ans… eut lieu le crime de la gare Saint-Lazare

    Les homicides volontaires de femme qualifiées de féminicides atteignent le nombre de 25, au 28 mars 2022. Malheureusement, ils faisaient déjà la une des journaux depuis plusieurs décennies, car ces assassinats existaient déjà… il y a cent ans. L’affaire du crime dit de la gare Saint-Lazare s’étalait sur la première page du quotidien Le Petit Parisien. Daniel-Alexandre Andrieux, 23 ans comparaissait devant les Assisses de la Seine sous l’inculpation de faux, usage de faux et assassinat de Leila Bausse âgée de 22 ans.

    L’affaire connue sous le crime de la gare Saint-Lazare, mis un terme à deux vies, celle de la victime Mlle Leila Bausse 22 ans et son meurtrier Daniel-Alexandre Andrieux 23 ans. Le fils d’un considérable minotier du Maroc, semblait selon le journal L’Humanité du 28 mars 1922, manquait d’un certain équilibre mental. Né en Russie, il appartenait à une famille des plus honorables. Son père dirigeait une importante minoterie au Maroc, alors que son grand-père était membre de la chambre de commerce de Casablanca. Mineur, il suivait ses parents du Maroc aux États-Unis que la presse surnommait les Amériques. Le jeune homme à tout juste 18 ans s’engagea. Après être démobilisé, il travailla comme dactylographe au sein de la société de constructions civiles et industrielles. Son employeur n’est autre que son oncle, M. Nicolas Perpignani, administrateur délégué de la compagnie, constituée le 24 juillet 1919.

    Compte tenu de l’érosion monétaire due à l’inflation, le pouvoir d’achat de 15 000 Anciens francs en 1922 correspond à 17 387,35 Euros aujourd’hui. (Crédits : Alexas Fotos/Pixabay)

    L’assassin, Daniel-Alexandre Andrieux, que les renseignements de police qualifiaient de violent et paresseux, était arrivé de Casablanca en novembre 1920. Il faisait connaissance de celle qui allait devenir sa petite-amie. L’homme possessif piquait des crises, si bien qu’au cours de l’une d’entre elles, il la frappa dans le bureau de son employeur. La jeune femme paya double, voire triplement la crise de jalousie de son amant. M. Perpignani mis les deux amants à la porte, mais versa régulièrement des sommes d’argent à son neveu. Éconduit, l’homme blessé se faisait de plus en plus pressant et présent, en harcelant la jeune femme. La compréhension, comme l’assimilation de la fin d’une relation semblait étrangère à Andrieux. Il usurpa la signature de son nouveau patron pour parapher un chèque de 6 400 francs pour fuir à l’étranger. Il la supplia, arguant avoir volé 100 000 francs et encourir une peine de 20 ans de travaux forcés, pour qu’elle le suivre… en vain.

    Profitant de l’affolement général provoqué par son geste criminel, il réussit à se frayer un passage parmi la foule nombreuse. Tout en tirant sur ses poursuivants, il gagna le souterrain du Métropolitain, qu’il traversa avant de ressortir rue du Havre. (Crédits : cocoparisienne/Pixabay)

    Depuis environ quinze jours, la jeune femme avait recouvré un emploi dans une minuscule boutique. Cette dernière installée cours du Havre sous le péristyle d’entrée d’accès à la salle des Pas-Perdus portait le nom de Teminus Dactyl. Le 28 avril 1921, il insista une nouvelle fois pour qu’elle s’enfuie avec lui, une fois de plus elle répondit négativement. Sur le seuil d’un magasin proche de la gare, il sortit un revolver et la tua. Fuyant la scène du crime, une chasse à l’homme commença. Il s’engouffra dans la bouche de métropolitain, éloigna ses deux poursuivants, l’agent Baco et un employé de la gare, M. Paul Enfer en faisant feu à deux reprises, sans les toucher. Il en ressortit par la rue du Havre, puis emprunta la rue de l’Isly, entra au numéro 7. Il se mêla à la foule des ouvriers sortant, pour ensuite grimper dans le Printania, avant de redescendre dans la cave d’une maison voisine. Il s’y cacha une bonne partie de la nuit. Rebroussant chemin et se croyant en sûreté, il chercha à s’enfuir vers 2 h. Le veilleur de nuit le vit et l’arrêta. Le procès d’Assises le condamna aux travaux forcés à perpétuité et 15 000 Anciens francs de dommages et intérêts.

  • De l’Ukraine à l’Algérie

    De l’Ukraine à l’Algérie

    Le torchon brûle entre l’Algérie et le Maroc. En cause, une accusation de piratage d’un compte officiel #Twitter, celui du ministère algérien de la Justice. Tandis que le conflit armé perdure entre l’Ukraine et la Russie, la guerre de la communication fait rage. Le gouvernement algérien accable des pirates informatiques marocains d’avoir pris le contrôle de son compte officiel #Twitter « @Mjustice_gov_dz ». Le vendredi 11 mars 2022, ledit compte avait relayé des messages soutenant l’opération militaire russe en #Ukraine.

    Mais, plus encore, ces gazouillis accusaient le président ukrainien Volodymyr Zelensky de « nazisme et du meurtre de ses propres citoyens ». Le même jour, le parquet de la République enjoignait l’ouverture d’une enquête préliminaire. « Suite au piratage du compte Twitter du ministère de la Justice, vendredi 11 mars 2022 et en application des dispositions de l’article 11 du code de procédure pénale, le Parquet général de la cour d’Alger tient à informer l’opinion publique que le parquet de la République près le tribunal de Bir Mourad Rais a ordonné l’ouverture d’une enquête préliminaire pour investiguer sur cet incident. » Puis ajoutait, que ces « publications, attribuées à l’Algérie, portent atteinte à nos positions internationales »

    Il est fort à parier que l’enquête menée actuellement désignera un coupable. Il ressort des relents datant de moins d’une année, une autre enquête mondiale révélait l’affaire Pegasus. Le scandale du nom du logiciel édité par l’entreprise israélienne NSO Group, dépassait l’entendement. L’Express DZ, journal électronique algérien expliquait le 26 décembre 2020 que « le Maroc cherche à gagner sa guerre médiatique par tous les moyens. […] Mais depuis la normalisation avec Israël, il est passé à la vitesse supérieure. Désormais, il bénéficie des réseaux hyper dangereux des geeks de Tsahal. […] l’Unité 8200 a développé depuis deux décennies une expertise de très haut niveau en matière de cyberattaques. »

    Aura-t-on une révélation, sur l’affaire dite du piratage d’un compte Twitter, il faut en douter. Dans le dossier Olympics Games, tous possédaient de fortes présomptions sur l’instigateur qui seraient la NSA en collaboration avec la fameuse unité 8200 pour s’attaquer aux centrifugeuses iraniennes d’enrichissement d’uranium en 2010. (Crédits : DR)

    Dans le cadre de l’enquête, onze États ont été pointés du doigt, dont le Mexique, l’Arabie saoudite, l’Inde, l’Indonésie, les Émirats arabes unis, le Kazakhstan, l’Azerbaïdjan, le Togo, le Rwanda et le Maroc. L’Unité 8200, service d’élite du renseignement israélien et fournisseur officiel de hackers, aurait une succursale au pays du couchant lointain. Propager des fake news ou infox, désinformer, noyauter, écouter, infiltrer… sont devenues autant d’armes entre les mains des plus offrants, surtout en cas de conflits, que ce soit entre l’Ukraine et la Russie, en Syrie, au Yémen… Si l’affaire Pegasus incrimine onze États, il ne faut pas oublier que « tout le monde attaque et espionne tout le monde. » Alors le piratage du compte officiel du ministère de la Justice algérienne est-ce un nouveau ver, groupe d’opérateurs à la solde d’un gouvernement, réminiscence ou descendance de Pegasus ?

  • Crise de l’Orange

    Crise de l’Orange

    Alors qu’en France, les débats se focalisent sur le prix d’une baguette de pain à 29 cents d’Euros dans un supermarché, ou encore le tarif au kilo de la viande de Porc, de l’autre côté des Pyrénées ce n’est pas plus réjouissant. Actuellement, un agriculteur valencien demande 1,17 euro pour 13 kilos de Naveline, soit le prix d’un café sur place. Dans les grandes surfaces françaises, le kilogramme se vend aux alentours des soixante-dix cents. Ce qui pousse les producteurs ibériques à ne plus récolter les fruits de leurs labeurs.

    C’est un fruit de saison, qui ravissait les enfants à la période de Noël. Elle était le trésor accompagnant le chocolat chaud, mets délicats, rares et onéreux, il y a un plus d’un demi-siècle. Dorénavant, les consommateurs ne se soucient guère de leur provenance, du moment qu’elle ne soit pas chère. Des milliers de personnes ont partagé la vidéo de Sara Soler, une enseignante qui possède également une petite parcelle d’oranges biologiques. Pas moins de 26 860 vues (au 26 janvier 2022) de la vidéo désormais virale, dans laquelle elle explique que le client, qui avait promis en septembre d’acheter toute sa récolte, a déclaré qu’il n’était plus intéressé.

    Nous préférons les donner que les jeter

    Sara Soler, Benifaió, Valence, espagne

    Confrontées à l’impossibilité de payer la récolte d’une orange qu’elles ne vendront pas, Sara Soler et sa mère décidèrent de la donner à tout individu qui viendrait les cueillir elles-mêmes sur l’arbre. « La réponse a été impressionnante, nous avons du mal à gérer l’avalanche de personnes qui nous ont demandé de venir ou qui veulent que nous leur envoyions des boîtes. Nous avons dû organiser des quarts de travail pendant le week-end pour éviter les foules en raison du problème de Covid. Tout le monde a proposé de collaborer d’une manière ou d’une autre », explique-t-elle à Público. Malheureusement, ce n’est pas un cas isolé.

    Le grenier européen

    Dans certains cas extrêmes, le producteur se voit offrir « un centime par kilo, alors qu’il est vendu à un euro et demi dans les supermarchés », relate Público. Les professionnels en liquidation reçoivent les miettes restantes, environ 10 cents par kilo. En France, les prix sont disparates en fonction des superficies et surfaces de ventes, lieux et quantités. Dans ces conditions Carrefour, le prix est de 0.70 euros au kilo, 0.75 € chez Intermarché, 1.25 chez Leclerc et 1 euros le kilo en promotion chez Casino (selon les prospectus et promotions). L’Espagne est depuis une centaine d’années le fournisseur majeur de l’Europe sur de très nombreux produits de consommation, au même degré que la Communauté valencienne est la plus grande source européenne d’oranges. Ce qui a généré d’immenses fortunes, comme une marque prestigieuse au niveau international, La Valencia. Ainsi surfant sur le nom, l’Afrique du Sud appelle son territoire de culture de l’orange Valencia. Cela ressemble à s’y méprendre à l’histoire du Champagne.

    Dans le domaine de la pêche en Europe, le classement des États membres capturant le plus de poissons (milliers de tonnes du poids vif, par zone principale de pêche, données 2019) donne en première position le Danemark (904, 5), puis l’Espagne (837, 2) et la France troisième avec 525, 1 milliers de tonnes. (Crédits : Eurostat)

    Au cours de l’été 2021, le pouvoir russe décidait de retirer au Champagne son appellation en cyrillique, au profit de producteurs locaux. Le sursis obtenu par le gouvernement français prenait fin à minuit lors de la nuit de la Saint-Sylvestre. Depuis le 1er janvier 2022, le Champagne a perdu ses lettres de noblesse en Russie, dans le pays de Vladimir Poutine. La situation préoccupante du secteur dans la Communauté de Valence est si délicate que l’abandon des champs de culture se poursuit année après année.

    Le travail essentiel à la société n’est pas rémunéré à une juste valeur. Les prix ne cessent de croître, les aliments, le carburant, l’électricité, le gaz… Est-ce les signes avant-coureurs d’une crise économique ? Est-ce la fin des grandes surfaces commerciales telle que nous les connaissons, au profit d’un monde à taille plus humaine ? Seul l’avenir le dira… (Crédits : DR)

    En 2021, 2 000 hectares supplémentaires ont été perdus, ce qui porte le total des terres abandonnées à 165 000 hectares dans toute la région. « Nous sommes la seule communauté dans laquelle la surface cultivée diminue », a averti Cristóbal Aguado, président de l’Association des agriculteurs de Valence. La circulation et le commerce international affichent-ils ses limites ? Les oranges sud-africaines « beaucoup moins chères et pratiquement dépourvues de contrôles phytosanitaires », inondent les marchés européens en tirant les prix vers le bas, dénonce Público. Outre l’Afrique du Sud, les oranges bon marché venues du Maroc, d’Égypte ou de Turquie s’ajoutent à la concurrence. Le prix à payer pour le consommateur est la seule variable qui ne change guère.

  • Ransomware: la défense belge attaquée

    Ransomware: la défense belge attaquée

    Lors du passage à la nouvelle lune, dimanche 19 décembre 2021, plusieurs offensives par codes malveillants se sont produites, comme chaque jour sur Terre. Au cours de ce week-end, c’est une attaque majeure qui ciblait le ministère de la défense belge. Les pirates ont exploité une vulnérabilité dans un logiciel appelé Log4j, qui a été découverte plus tôt en décembre, a déclaré un porte-parole aux médias locaux. Le ministère l’a repéré il y une semaine, jeudi 16 décembre 2021.

    Les responsables de la cybersécurité du monde entier se sont empressés de corriger la vulnérabilité de Log4j au cours de la huitaine écoulée. C’est sur l’ensemble de la planète que le problème sévit. Il touche une longue liste de sociétés de logiciels, dont Amazon et Microsoft pour ne citer qu’elles. La compagnie de gestion des ressources humaines Ultimate Kronos Group a été la cible d’une infection par ransomware. Tous n’ont pas eu le temps nécessaire, semble-t-il. Des allégations de chercheurs avertissaient que des groupes de pirates soutenus par des États, notamment ceux liés à la Chine, à l’Iran, à la Corée du Nord et à la Turquie, auraient commencé à utiliser cette vulnérabilité pour pirater les réseaux de leurs adversaires. Le ministère de la Défense « a détecté ce jeudi une attaque sur son réseau informatique avec accès internet. Rapidement, des mesures de quarantaine ont été mises en place afin de circonscrire les éléments infectés. La priorité est donnée à l’opérationnalité du réseau de la Défense », indiquait un porte-parole.

    Depuis la découverte de l’agression, « nos équipes ont été mobilisées […] Un monitoring continuera à être assuré », ajoutait dimanche soir le porte-parole, le commandant Olivier Séverin. (Crédits : capture d’écran/CERT.be)

    Depuis la publicité faite de la vulnérabilité dans la bibliothèque de journalisation Log4j d’Apache, il ne se passe pas une journée sans que les médias en parlent. Les opérateurs malveillants se sont très vite emparés du sujet en multipliant les exploits (botnet, ransomware …) et en arrosant à tout va. Mardi 21 décembre 2021, le ministère annonçait officiellement avoir été victime d’une attaque reposant sur la vulnérabilité Log4Shell, sans révéler le ou les auteurs de cette attaque.

    Face au feu nourri, les autorités décuplent les alertes (ANSSI, CISA, CERT, DGSSI…) pour corriger au plus vite les systèmes sensibles. Plusieurs patchs ont été nécessaires. (Crédits : capture d’écran/DGSSI)

    Dans certaines versions de Log4j, un logiciel repris dans de très nombreux utilisateurs, notamment par Amazon, Apple, Cloudflare, Tesla, Minecraft et Twitter, permet de s’emparer du contrôle de la machine qui l’héberge, et d’élever ainsi ses privilèges. Le pirate peut alors commencer à circuler dans le réseau informatique de la victime pour y déployer rançongiciels, comme outils d’espionnage. L’ANSSI détermine dans son alerte les systèmes affectés :

    • Apache Log4j versions 2.16.0 et 2.12.2 (java 7)
    • Apache Log4j version 2.15.0
    • Apache Log4j versions 2.0 à 2.14.1
    • Apache Log4j versions 1.x (versions obsolètes) sous réserve d’une configuration particulière
    • Les produits utilisant une version vulnérable de Apache Log4j : les CERT nationaux européens tiennent à jour une liste complète des produits et de leur statut vis-à-vis de la vulnérabilité (ici)

    Il est fort à parier que d’autres organisations useront criminellement de la faille contre différentes sociétés, comme le stipule l’agence nationale de sécurité des systèmes d’information : « Cette vulnérabilité permet à un attaquant de provoquer une exécution de code arbitraire à distance s’il a la capacité de soumettre une donnée à une application qui utilise la bibliothèque log4j pour journaliser l’évènement. Cette attaque peut être réalisée sans être authentifiée, par exemple en tirant parti d’une page d’authentification qui journalise les erreurs d’authentification. Des preuves de concept ont déjà été publiées. Cette vulnérabilité fait désormais l’objet d’une exploitation active. » À vos mises à jour…