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  • IA et cyberattaque, quand le cybercrime change de visage

    IA et cyberattaque, quand le cybercrime change de visage

    La cybercriminalité connaît une transformation significative, ciblant désormais des infrastructures essentielles, qu’il s’agisse de systèmes bancaires au Brésil, de plateformes de jeux en ligne telles que PlayStation, ou de dispositifs d’alerte sismique au Pérou. Bien que l’intelligence artificielle (IA) n’ait pas initié les activités frauduleuses, elle en optimise la célérité, la crédibilité et la difficulté de détection. Les acteurs malveillants ont adapté leurs méthodes, délaissant les approches physiques pour privilégier des stratégies numériques axées sur l’exploitation des vulnérabilités, la manipulation de données et la tromperie.

    L’intégration de l’IA confère aux cyberattaques une rapidité, une fluidité et une envergure accrues, s’inscrivant dans une logique d’industrialisation du crime. Ce qui était initialement perçu comme relevant du domaine virtuel impacte désormais des entités réelles : institutions financières, États, citoyens et systèmes d’urgence. Le champ d’application de ces menaces semble limité uniquement par l’imagination des assaillants.

    Le crime organisé à l’ère industrielle numérique

    Historiquement adaptable, le crime organisé a évolué au-delà de ses schémas traditionnels, opérant désormais de manière plus discrète. Il oriente ses efforts vers les flux financiers, les failles systémiques et les comportements humains. Alors qu’auparavant, il ciblait principalement les agences bancaires physiques, les coffres-forts et les distributeurs automatiques, ses objectifs actuels incluent les identifiants numériques, les systèmes de paiement, les services clients, les données biométriques et les applications quotidiennes.

    CCTV, surveillance, IA

    Dans le domaine physique, le braquage d’une banque implique une exposition à la CCTV et aux forces de l’ordre, augmentant les risques d’arrestation. Inversement, dans le monde numérique, l’attaquant opère à distance, peut multiplier ses actions malveillantes, fragmenter les responsabilités et transférer des fonds en peu de temps.

    La Febraban révèle une baisse des attaques contre les agences bancaires et les DAB au Brésil, avec seulement vingt et une occurrences rapportées en 2025, contre plusieurs milliers une décennie auparavant. Toutefois, cette baisse ne signale pas une éradication, mais une mutation. Parallèlement, le système financier brésilien enregistre 12 millions de cas, dont l’attaque contre C&M qui a entraîné le détournement de 813 millions de réaux brésiliens, un montant cinq fois supérieur à celui du braquage de la Banque centrale de Fortaleza en 2005. (Crédits : Jakub Zerdzicki/Pexels)

    Dans ce contexte, l’IA ne constitue pas une solution miracle, mais un puissant accélérateur. Elle facilite la rédaction de messages frauduleux plus crédibles, permet l’imitation de tons professionnels, la personnalisation des tentatives d’hameçonnage et la réduction des erreurs manifestes. Les courriels d’hameçonnage mal formulés et truffés de fautes coexistent désormais avec des communications numériques bien plus sophistiquées. La nature fondamentale de la cybercriminalité, fondée sur la ruse, l’exploitation des failles et l’appât du gain, demeure inchangée, mais l’IA lui confère une efficacité renouvelée.

    Les infrastructures comme cibles privilégiées en Amérique latine

    La portée de la cybercriminalité s’étend au-delà du simple vol de cartes bancaires pour englober des infrastructures critiques, telles que les banques, les registres d’identité, les systèmes d’alerte et les plateformes numériques. Bien que la France soit fréquemment mentionnée dans les rapports d’incidents de fuites de données, l’application de l’IA dans la cybercriminalité est un phénomène global. Au Pérou, plusieurs incidents récents soulignent cette vulnérabilité, notamment concernant le système Sismate, dédié aux alertes sismiques d’urgence. Des messages erronés signalant des séismes majeurs et des tsunamis, ainsi que des allégations de fraude électorale, ont été rapportés suite à une attaque cybernétique.

    Bien que les autorités péruviennes n’aient pas intégralement confirmé la nature de ces événements comme cyberattaque, l’usurpation d’un système d’alerte public érode la confiance, ce qui peut déstabiliser l’autorité étatique et, potentiellement, être le signe d’une ingérence étrangère. Au Pérou, le Reniec signale avoir bloqué 46 millions de tentatives d’accès non autorisées en 2024. Un registre d’identité contient des données personnelles, parfois biométriques, indispensables à l’authentification des citoyens, à l’attribution de droits et à la sécurisation des procédures administratives. Des situations similaires sont observées en France avec l’ANTS. Lorsqu’une telle entité est compromise, la question n’est plus uniquement la protection d’un serveur, mais elle impacte directement l’individu dans ses dimensions administrative, sociale et financière.

    Pression sur les infrastructures publiques et privées

    Les signalements de compromission de comptes PlayStation Network (PSN) illustrent la vulnérabilité des plateformes numériques. Un compte PSN représente bien plus qu’un simple profil, intégrant une adresse électronique, un historique d’achats, des moyens de paiement, un portefeuille numérique, des abonnements, des consoles associées et des liens avec d’autres services. Les conditions d’utilisation de PlayStation exigent des utilisateurs la fourniture d’informations personnelles exactes, incluant le lieu de résidence et la date de naissance, ainsi que des données d’usage relatives à l’activité de jeu, aux interactions sociales, aux listes d’amis, aux messages et aux paramètres de confidentialité. Autrement dit, il concentre assez d’informations pour intéresser un cybercriminel. Pas pour voler un compte, mais pour usurper une identité, contourner un support client ou tenter d’autres fraudes par système de rebond. (Crédits : Marco Alhelm/Pexels)

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    Ces comptes centralisent un volume significatif d’informations susceptibles d’intéresser les cybercriminels, non seulement pour le vol du compte lui-même, mais également pour l’usurpation d’identité, le contournement des systèmes de support client ou l’initiation de fraudes par rebond. Les attaquants exploitent fréquemment l’ingénierie sociale pour persuader les équipes de support client de restaurer l’accès à des comptes ne leur appartenant pas, réaffirmant ainsi le facteur humain comme point d’entrée critique. La vulnérabilité ne réside donc pas toujours dans les failles logicielles, mais peut émerger de la perte de confiance.

    Les contributions de l’IA : vitesse, crédibilité et confusion

    Il serait inexact d’attribuer l’intégralité des cyberattaques à l’IA. Des méthodes telles que les rançongiciels, l’hameçonnage, le harponnage, les exploits de zero-day, le vol d’identifiants, les vulnérabilités non corrigées, les faux comptes et l’ingénierie sociale préexistaient à la prolifération des IA génératives. Cependant, l’expansion de l’IA modifie profondément le paysage de la cybersécurité en augmentant la productivité et les ressources des acteurs malveillants. L’IA ne crée pas nécessairement de nouvelles méthodes, mais elle rend les techniques existantes plus rapides, plus crédibles et plus généralisables.

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    Son premier effet se manifeste dans le langage : les messages accompagnant les tentatives d’hameçonnage sont désormais plus raffinés, plus vraisemblables, et adaptés au contexte linguistique, culturel et professionnel de la cible. Un faux courriel bancaire peut ainsi être difficilement distinguable d’un original, et les tentatives sont plus subtiles. Le deuxième effet concerne l’industrialisation, permettant de générer des milliers de variantes, d’expérimenter diverses approches et de cibler différents profils avec une efficacité accrue. Le troisième effet est d’ordre psychologique : dans un environnement informationnel saturé, la distinction entre une alerte officielle authentique, une communication commerciale et une tentative de fraude devient de plus en plus ténue, générant une confusion préjudiciable.

    Principes fondamentaux de la cybersécurité

    Les organisations doivent prioriser la correction de leurs vulnérabilités, la surveillance rigoureuse des accès, la formation continue de leurs équipes, l’encadrement des usages internes de l’IA et la coopération avec les autorités compétentes. Les individus, quant à eux, doivent cultiver un esprit critique sans être paranoïaques, en vérifiant systématiquement l’expéditeur, en évitant de transmettre des codes sensibles, en ne cédant pas à l’urgence de cliquer et en activant l’authentification multifacteur (MFA).
    La France est directement exposée à cette pression numérique mondiale. Selon un rapport Check Point/Cyberint, elle aurait concentré 13 % des cyberattaques recensées en Europe en 2025, la plaçant en première position sur le continent. L’ANSSI confirme une menace élevée, ayant enregistré 2 209 signalements et 1 366 incidents l’année précédente, touchant particulièrement les secteurs de l’éducation, de la recherche, des ministères, des collectivités, de la santé et des télécommunications. (Crédits : Cottonbro Studio/Pexels)

    Dans ce contexte, la France, pays numérisé, puissance diplomatique, économie développée, et acteur engagé sur la scène internationale, se trouve être une cible de choix, confrontée aux réalités de la cyberguerre. Cette situation souligne que le cybercrime transcende la sphère virtuelle pour impacter l’économie, l’identité des citoyens, la confiance publique et la souveraineté nationale. L’IA n’a pas créé cette menace, mais elle lui a conféré une formulation plus élaborée, une exécution plus rapide et une apparence plus légitime. Contrairement aux méthodes de vol traditionnelles qui étaient souvent bruyantes, les cyberattaques modernes débutent fréquemment par un message numérique d’une parfaite crédibilité.

  • Le retour des voleurs de l’ombre en Uruguay

    Le retour des voleurs de l’ombre en Uruguay

    À Montevideo, l’histoire n’a pas commencé par une sirène ni par une prise d’otages. Elle a d’abord gardé le silence. Un local commercial vide, des allées et venues sans éclat, des voisins curieux. Sous Ciudad Vieja, un tunnel avançait centimètre après centimètre. Trois cents mètres de patience, de calcul et de terre déplacée à la main. Une œuvre discrète, presque obstinée, destinée à ne jamais être vue. Si l’affaire uruguayenne n’est pas entrée dans la légende, ce n’est pas par manque d’ambition. C’est parce qu’elle a été stoppée à temps. Il y a dans l’histoire criminelle une fascination presque littéraire pour les « casses du siècle ». Elles sont des opérations qui conjuguent planification rigoureuse, ingéniosité mécanique et une pointe d’audace presque romanesque.

    De Glasgow au film Le Cerveau jusqu’aux tunnels creusés sous les villes, l’idée de pénétrer une forteresse hante l’imaginaire collectif. Récemment, sous les pavés historiques de la Ciudad Vieja à Montevideo, une opération conjointe des forces de Police met à jour un nouveau souterrain — prémisse d’un méfait qui aurait pu marquer le récit criminel de l’Uruguay.

    Un tunnel trop bien préparé pour être improvisé

    En 1976, à Nice, un tunnel creusé depuis les égouts ouvrait la voie à l’un des clichés les plus emblématiques du « casse parfait ». La salle des coffres de la Société Générale est vidée de 46 millions de francs (34 millions d’euros aujourd’hui), sans un seul coup de feu, mais avec beaucoup de patience. Cinq décennies plus tard, à près de 11 000 km, un nouvel épisode se déroule. Là où l’un fut accompli et légendé, l’autre fut stoppé avant même qu’il n’atteigne sa cible.

    Police, casse, banque

    La découverte du tunnel est le fruit d’une enquête longue, amorcée bien loin d’un coffre-fort. L’enquête débute le 11 septembre 2025, lorsque la police a été alertée au sujet de l’existence possible d’un point de vente de stupéfiants dans la région de Neptune. À partir de cette information, l’enquête a débuté. Puis, au fil des surveillances et des recoupements, un local attire l’attention. Loué depuis, mais 2025, situé à l’angle de Colón et 25 de Mayo, il dissimule un accès vers les entrailles de la ville.

    Le tunnel descend à près de huit mètres de profondeur, rejoint le réseau d’égouts et serpente jusqu’à proximité immédiate de plusieurs établissements bancaires. (Crédits : Ministerio del Interior)

    Rien n’a été laissé au hasard. La onzaine de prévenus avait des outils d’excavation, vêtements de chantier, sacs de gravats, dispositifs de surveillance, drones. La logistique est celle d’un projet de construction conçu pour durer. Le Commissaire général, Julio Sena, rapporte lors d’une conférence de presse l’arrestation de onze personnes : huit hommes et trois femmes, dont cinq Brésiliens, deux Paraguayens et quatre Uruguayens. Tous sont placés en détention préventive.

    Creuser n’est pas anodin, car il n’est pas qu’un moyen d’accès, c’est une signature. Il dit le refus de la confrontation directe, la préférence pour la ruse, le temps long, l’effacement. Dans l’histoire criminelle, il marque une frontière nette entre l’impulsivité et l’ingénierie.

    Le tunnel comme signature

    Mais, travailler sous terre impose une discipline collective. Tout comme le film La Grande Évasion, il faut une ventilation, de l’éclairage, l’évacuation des déblais, une orientation… Rien n’est possible seul. Le tunnel est un acte de groupe, une œuvre coordonnée. (Crédits : Ministerio del Interior)

    Tunnel, banque, casse

    Au cours de la procédure, la police (DGRTID) a saisi deux véhicules, des outils de travail, tels que des pelles et des pointes, des vêtements utilisés pour les rénovations, un drone, des caméras de vidéosurveillance et de l’argent comptant : 30 000 pesos uruguayens, 800 dollars américains et 37 000 reais, entre autres objets utilisés pour la planification du vol. « Il reste aux pompiers de descendre jusqu’aux égouts et de déterminer où se trouvait la sortie finale du tunnel proposé », a déclaré le ministre de l’Intérieur, Carlos Negro.

    Le modèle fondateur d’Albert Spaggiari

    Tout débute à Nice, au mois de juillet 1976. Une bande pénètre dans la salle des coffres de la Société Générale, avenue Jean Médecin en passant silencieusement par les égouts. Trois cent soixante et onze coffres fracturés. Et cette phrase, écrite à la craie, devenue légende : « Ni armes, ni violence, ni haine ». Ce casse fonde une mythologie. Celle d’un crime presque élégant, où la technique supplante la brutalité, à l’instar du gentleman cambrioleur interprété par Georges Descrières « Arsène Lupin ». Il installe l’idée que le sous-sol est un raccourci vers l’impossible — et aussi que la peine maximale encourue varie du simple au triple.

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    Trente ans plus tard, le modèle s’exporte. En 2006, à Acassuso, en Argentine, le Banco Río est vidé par une équipe qui combine tunnel, faux explosifs, mise en scène médiatique et sortie théâtrale. Le public découvre que le casse peut aussi être un spectacle.

    Le « vol du siècle » signifie une perte d’un million de dollars — au départ estimée à 19 millions de dollars — et 80 kilos de bijoux, mais cela a surtout démontré la vulnérabilité des systèmes de sécurité, conduisant à une réévaluation généralisée des mesures de protection bancaire.

    Les sentences initiales, prononcées en 2010, sont de 15 ans pour De la Torre, 14 pour Araujo, 10 pour Zalloecheverría et 9 pour García Bolster. Fin 2014, toutes les personnes impliquées étaient en liberté, certaines en liberté conditionnelle et d’autres après avoir purgé leurs condamnations. Mario Vitette Sellanes, qui avait une peine de 25 ans, a été expulsé du pays vers l’Uruguay.

    Quand l’ingénierie flirte avec le spectacle

    Un an plus tôt, c’est au Brésil que le vol du Banco Central de Fortaleza franchit le cap industriel. Soixante-dix mètres de tunnel renforcé, ventilé, éclairé. Trois mois de travaux. Des dizaines de millions emportés.

    Mais la criminologie est formelle : ces casses échouent presque toujours à long terme. Parce que le facteur humain résiste mal à la durée. Parce qu’un chantier clandestin laisse des traces. Parce qu’une confidence, une erreur, une dénonciation finit par fissurer le silence.

    (Crédits : DR)

    À Montevideo comme ailleurs, ce ne sont pas les murs qui parlent les premiers, mais les comportements, les langues qui se délient face à la jalousie. La coordination policière, l’analyse des images, le renseignement de terrain réduisent l’espace du mythe. « Cela aurait pu être le vol du siècle », a déclaré le ministre de l’Intérieur, Carlos Negro. Ils estiment que les travaux auraient commencé lorsque le commerce situé à Colón a été loué, le 25 mai.

    Du fait divers à la légende

    Un casse du siècle ne naît jamais au moment du vol, mais après. Dans les récits, les livres, les films. Dans cette zone floue où le crime se transforme en histoire. De Nice à Acassuso, jusqu’aux séries contemporaines comme La Casa de Papel, le public aime croire au génie collectif, à l’intelligence contre le système, à la victoire de l’ombre sur la forteresse. La réalité est moins romanesque. Mais dans le cas d’Albert Spaggiari, c’est autre chose.

    La légende se construit pas à pas. D’ailleurs, en janvier 1982, à Rio, il rencontre Ronald Biggs, le cerveau de l’attaque du train postal Glasgow-Londres, en 1963. Sa vie rocambolesque se clôture par l’attaque foudroyante d’un cancer de la gorge.
    À cette période, les banques ne possèdent pas autant de protection que maintenant, permettant ces frasques. Au final, le facteur humain finit par tout faire capoter. Aujourd’hui, une dénonciation anonyme, une surveillance accrue, une analyse de caméras ou la coordination interservices. Les traces matérielles, même enterrées, se trahissent tôt ou tard. Le progrès des techniques d’investigation réduit l’espace d’impunité. Et même les tunnels les plus discrets finissent par être repérés, documentés et exploités par les enquêteurs. (Crédits : AFP)

    Albert Spaggiari, Nice, casse


    Le casse du siècle n’existe qu’à condition d’être raconté. Celui de Montevideo restera une tentative remarquable, mais inachevée. Une ligne de plus dans une histoire longue, où l’ingéniosité humaine se heurte inlassablement à ses propres limites. Sous les villes, les tunnels continuent d’apparaître. Mais ce qu’ils révèlent surtout, ce n’est pas la perfection du crime. C’est notre fascination intacte pour ceux qui pensent, encore, pouvoir disparaître sous terre… et ressortir inscrits dans la légende.

  • Fuites de données personnelles, et après ?

    Fuites de données personnelles, et après ?

    L’affaire qui affecte les clients de l’opérateur français Free est malheureusement ordinaire. Une cyberattaque perpétrée par une ou plusieurs individus dont le but est de faire de l’argent. Les données de 19 millions d’abonnés sont dans la nature, à vendre au plus offrant. Après SFR en septembre, Free est victime d’une intrusion non autorisée avec accès à diverses informations confidentielles dont l’IBAN, avec l’aide d’un complice en interne. Existe-t-il un risque ? Que faire en cas d’usurpation ?

    Aucune entreprise n’est épargnée : Lumiplan par le ransomware Cactus, Cerp Bretagne Nord et European External Action Service (EEAS) par Hunters, le groupe Althays, Billaud et l’imprimerie Peau par Qilin, Schneider Electric par Hellcat et le groupe Fimar par Bluebox. Ses cyberattaques de type ransomware sont revendiquées depuis le début du mois de novembre 2024.

    Quid de vos données ?

    Après SFR, c’est au tour de Free d’être touché par une intrusion non autorisée. L’opérateur a révélé le samedi 26 octobre 2024 que les données de 19 millions de ses clients sont volées. Un courriel est parvenu à chaque abonné. L’ensemble de ces données est une goutte d’eau parmi les passées, futures et actuelles fuites. La différence est ici la présence de l’IBAN (International Bank Account Number). Mais quelles conséquences ?

    Comme l’explique Benoit Grunemwald, expert en cybersécurité chez ESET dans un article de Numerama « des sociétés peu scrupuleuses se livrent à des malversations pour faire souscrire à des abonnements frauduleux à partir de cet IBAN. »

    La méthode est simple. Zojo sur son compte X l’explique. Il suffit d’avoir accès, ici, à Stripe. Vous créez un produit lambda, pour certifier l’identité, vous vous servez des informations (prénom, nom, etc.)… Puis après le délai légal de paiement, vous êtes crédité.

    Heureusement, il existe des procédures et protections pour éviter d’être lésé. Pour se protéger, il suffit de se pencher régulièrement votre compte, et faire opposition si nécessaire. Contrôlez les créanciers autorisés, vous pouvez également émettre une liste blanche de prélèvements SEPA, interdire les actions en provenance de certains pays, vérifier les mentions décrivant ledit créancier. L’avantage est aussi d’examiner si vous avez stoppé tous les qui ne sont plus indispensables.

    (Crédits : capture d’écran/Free)

    Depuis Free et Free Mobile, dépose plainte, le 25 octobre 2024, auprès du procureur de la République. L’ordonnance est rendue le 12 novembre 2024. Elle exige « le numéro de téléphone de cette personne, la ou les adresses IP qui ont pu être recueillies lors de la création du compte Telegram et de l’envoi de ce message, ainsi que les ports-source desdites adresses IP, Toutes informations utiles à l’identification de la personne recherchée, telles que prévues par les dispositions des articles L. 34-1 et R. 10-13 du code des postes et communications électroniques, Toutes informations disponibles dans ce contexte légal, et qui pourraient se rapporter à tout autre nouveau compte ou fonctionnalité de messagerie Telegram qui seraient utilisés par le pirate. »

    Données personnelles données volontairement

    Les fuites de données sont toujours problématiques. Si comme tout opérateur ou fournisseur d’accès à l’Internet, les civilités semblent nécessaires, qu’en est-il pour les applications que tout un chacun utilise sur son ordiphone ? Sachant que peu de personnes consultent ces centaines de lignes, et que la grande majorité coche la case certifiant l’acceptation et lecture des conditions générales de vente (CGV), ou bien la politique de confidentialité. Prenons alors un exemple parmi tant d’autres (Meta, Tinder, la plateforme TikTok, qui est devenue incontournable, au même titre que le smartphone pour naviguer.

    Celle-ci est en vigueur depuis le 4 décembre 2024. « Nous recueillons vos informations de trois manières : les informations que vous fournissez, les informations recueillies automatiquement et les informations provenant d’autres sources. » D’ores et déjà, la firme chinoise annonce la couleur.

    Il collecte ainsi le contenu utilisateur, notamment « les photos, les vidéos, les enregistrements audio, les flux en direct (livestreams), les commentaires, les hashtags, les avis, les évaluations, ainsi que les métadonnées associées (telles que la date, le lieu et l’auteur(-rice) du contenu). » Sans oublier la teneur des messages envoyés et reçus.

    Mieux encore… imaginez que dans votre registre téléphonique, une ou plusieurs personnes n’utilisent pas les « réseaux sociaux », pour tout un tas de raisons valables. La plateforme recueille « les informations du répertoire de votre appareil, comme les noms, numéros de téléphone et adresses e-mail », si vous choisissez de synchroniser vos contacts, précisent-ils.

    Cerise sur le gâteau, « nous conservons les renseignements aussi longtemps que nécessaire pour alimenter la Plateforme et pour les autres fins énoncées dans la présente Politique de confidentialité. » Vous pouvez ainsi, à titre de curiosité récupérer l’ensemble des données de votre compte.

    Ce qui est intéressant est qu’outre-Atlantique, les différentes autorités souhaitent clore la plateforme, sans l’interdire, car l’utilisation d’une application ou des médias sociaux est une décision personnelle. François-Philippe Champagne, ministre de l’innovation, de la science et de l’industrie déclare que le gouvernement canadien agit « pour faire face aux risques spécifiques de sécurité nationale liés aux opérations de ByteDance Ltd au Canada ». (Crédits : Anna Shvets/Pexels)

    « Le gouvernement ne bloque pas l’accès des Canadiens à l’application TikTok ou leur capacité à créer du contenu. […] Il est important que les Canadiens adoptent de bonnes pratiques en matière de cybersécurité et évaluent les risques possibles de l’utilisation de plateformes et d’applications de médias sociaux. » L’exemple est applicable à toute application, logiciel, jeu-concours, carte de fidélité… il est donc nécessaire de prendre le temps de lire les conditions générales de vente, la politique de confidentialité avant de signer, de cocher.

  • Les cyberattaques les plus médiatisées en Amérique du sud

    Les cyberattaques les plus médiatisées en Amérique du sud

    La multiplication des cyberattaques de type ransomware n’est plus à démontrer. L’ensemble des fuites de données est monstrueux, que ce soit avec ou sans complicité interne. En Amérique du Sud, les institutions sont mises à mal. Les cyberattaques de type ransomware sont légion. Des données personnelles font surface, quelques années après l’incident. Les entreprises apprennent à leurs dépens, que tous les systèmes d’information de reviennent pas à la normal comme par enchantement.

    Plusieurs organismes font les gros titres. Le vol de data, comme a subi Free, Boulanger… est légion. De plus en plus de fuites avec complicité interne voient le jour après enquête. Les victimes sont des banques, la chaîne de supermarché Coppel, la distribution d’électricité en Colombie Air-e, le CJEF du Mexique, le registre national des personnes en Argentine (RENAPER), jusqu’au groupe mexicain Bimbo.

    L’argent n’a pas d’odeur

    En mars 2024, l’institution Banco do Brasil subie une intrusion non autorisée de ses systèmes d’information. Plus de deux millions de données personnelles et financières sont volées. Des infractions financières sont commises pour un montant total de 40 millions d’euros. Suite à l’enquête, l’opération « Chave Master » est lancée.

    L’opération est menée par la police civile de Rio de Janeiro avec le groupe d’action spécialisé dans la lutte contre la criminalité organisée du ministère public (GAECO/MPRJ). Les agents effectuent seize perquisitions contre onze individus, y compris des employés de l’entreprise.

    Les malfaiteurs travaillent ensemble, selon les révélations de l’enquête en cours depuis décembre 2023. En huit mois, les suspects s’introduisent dans le système de sécurité de plusieurs succursales de l’institution Banco do Brasil (BB) telle Recreio dos Bandeirantes, Barra da Tijuca, Vila Isabel, Centro do Rio…

    « À partir d’un accès illégal, les personnes impliquées ont effectué des transactions bancaires frauduleuses pour le compte de clients. En outre, ils ont enregistré des équipements, modifié les données d’enregistrement et modifié les données biométriques des titulaires de compte », relate CNN Brasil. BB explique que les investigations ont commencé à partir d’enquêtes internes révélant des irrégularités qui ont été communiquées aux autorités de police.

    Plus au sud, c’est Interbank au Pérou qui communique le 30 octobre 2024 « la sécurité de nos clients est notre plus haute priorité. Nous avons identifié que certaines données d’un groupe de clients ont été révélées par un tiers sans notre autorisation. »

    Selon l’enquête du site OjoPúblico, le cybercriminel m0riarty a volé des données sensibles de clients en usant d’identifiants internes pour accéder à un serveur de New Relic. Cette société américaine de technologie au service de l’institution financière, indique qu’en novembre 2023 un incident de sécurité eut lieu.

    (Crédits : Tima Miroshnichenko/Pexels)

    Des fichiers furent accessibles avant d’être retirés. Dans l’un d’entre eux est inscrit un script décrivant l’accès à la base de données, via identifiant et passphrase. Le bulletin de sécurité NR23-01 de New Relic évoque le rapport de l’enquête. Il est démontré que le cybercriminel connaissait la structure du serveur. Il avait donc préparé son action.

    Des cibles mexicaines


    En février 2024 au Mexique, le groupe Bimbo fait l’objet d’un accès non autorisé. Le Ransomware Medusa est à l’origine de ce fait. Une rançon de 6,5 millions de dollars est exigée contre la non-divulgation des données. Le non-paiement, ce qui est préconisé par l’ensemble des forces combattant le cybercrime, voit la publication des données sur le site de fuite.

    En avril, c’est la chaîne de services Coppel Stores qui fait les frais d’une cyberattaque de type ransomware. LockBit 3.0 affecte le bon fonctionnement de 1800 magasins, durant plus de trois mois dans l’ensemble du Mexique.

    L’offensive met à mal tous les systèmes de magasin, les centres de distribution, les services de commerce électronique et la logistique des entreprises en plus des magasins et de l’application mobile.

    (Crédits : Capture d’écran/Medusa)

    Enfin le gouvernement mexicain, via le ransomware RansomHub est attaqué à travers le Consejería Jurídica del Ejecutivo Federal (CJEF). Le délai mentionne la date du 25 novembre 2024 avant divulgation. Depuis le dossier mentionnant les 313 GB de l’URL gob[.]mx a disparu du site de fuite. Rien n’indique le pourquoi du comment de cette disparition.

    L’Argentin Renaper et le Colombien Air-e

    Le 13 octobre 2021, le registre national des personnes (RENAPER) qui dépend du ministère de l’Intérieur argentin dépose plainte auprès du tribunal pénal n° 22. Une clé informatique utilisée pour afficher sur le réseau Twitter les images de 44 personnes. Le compte, suspendu depuis, s’identifie comme @aniballeaks.

    Le 17 avril 2024, une base de données refait surface, car en vente. Elle n’est pas une nouvelle cyberattaque, mais une conséquence de celle de 2021. À l’époque 45 millions d’informations sont volées, documents d’identité, photos empreintes digitales.

    Après EPS-Sanitas, Omegapro c’est le fournisseur d’eau et d’électricité EPM qui subit une cyberattaque en décembre 2022. La Colombie semble malheureusement coutumière du fait.

    En septembre 2024, l’entreprise d’énergie, Air-E confirme être victime d’une cyberattaque de type ransomware. Rien n’est stipulé par la firme sur le retour possible ou probable de l’énergie. (Crédits : Geralt/Pixabay)

    Seule, l’information de paiement des factures semble être intéressante. Pour le règlement, la compagnie invite ses utilisateurs à se déplacer dans les bureaux. La communication de l’entreprise souffre de clarté. Les documents relatifs aux paiements ne sont pas distribués. Elle rend l’information publique sans donner plus de détails sur le niveau d’impact et ses conséquences. Depuis, d’autres affaires judiciaires occupent l’entreprise.

  • Une lettre de relance pour une dette de… 34 centimes

    Une lettre de relance pour une dette de… 34 centimes

    Les Suisses sont réputés pour la fiabilité de leur horlogerie, comme de la multitude de langues et de plats d’une gastronomie riche en fromages. Un autre domaine fait parle de lui : les banques. Il est également un paradis pour les clients fortunés. On ne badine pas avec une dette bancaire, d’autant plus en Suisse. Pourtant la situation est ubuesque. Imaginez recevoir une lettre de votre banque. Dans celle-ci une missive qui vous invite à combler votre découvert de… 34 centimes.

    Un jeune Bâlois, âgé de 25 ans a cru rêver en ouvrant son courrier ce début de février 2024. La banque Raiffeisen adressait à son client une lettre indiquant que son solde était dans le rouge de… 34 centimes. Ladite lettre signée à la main par deux employés était envoyée par courrier postal prioritaire.

    Un courrier bancaire pour… 34 centimes

    Mais ce qui affole la toile, et les lecteurs suisses de 20mins est la lettre même. Imaginez que le prix de l’envoi est bien plus élevé que la dette elle-même. Le journal explique avoir joint la Raiffeisen Bâle. Elle indique attacher une grande importance à la proximité avec la clientèle. C’est ainsi que dans le journal Michael Dreier, président de la direction de la banque explique que : « dans le passé, nous avons constaté que les petits découverts sur comptes étaient négligés par les clients, bien qu’ils soient signalés dans les relevés de comptes annuels ». L’information de la clientèle de manière proactive est en cours de révision.

    D’un autre côté tout découvert est fonction du contrat signé par l’utilisateur des services bancaires. (Crédits : Alexa_Fotos/Pixabay)

    Dans ce contexte particulier, la direction envisage l’utilisation de signatures électroniques et l’envoie de courrier par l’e-banking », précise le président. Avant le prétendu changement annoncé, le Bâlois visé par cette missive déplore les arbres « qui ont été abattus pour ces absurdités ». Il joint l’humour à cette situation cocasse, car il refuse de faire un simple virement : « Peut-être que j’apporterais sept pièces de cinq cents au guichet de la banque », ironise-t-il auprès de 20 min. Il a jusqu’à la fin du mois pour régler son dû.

  • Quelles sont les escroqueries les plus courantes sur le WEB ?

    Quelles sont les escroqueries les plus courantes sur le WEB ?

    Les fuites de données sont une manne financière en devenir pour les escrocs et cyberdélinquants. Les personnes malveillantes surfent sur les annonces des géants du WEB, mais pas seulement. Ils se servent de fausse loterie, du chantage à l’amour, des remboursements, des appels de sois disant votre banque. Ainsi la recrudescence d’arnaques ou tromperies fleurit. Mais quelles sont-elles ? Comment opèrent-ils ? Comment s’en prémunir ? Que faire lorsque vous avez innocemment ou sans prêter attention « cliqué » sur le lien ?

    « Vous avez gagné le gros lot » ou « Vous héritez de votre oncle Américain », ou etc. Toutes les possibilités pour vous arnaquer existent. Ils jouent avec vos sentiments, comme un commercial vous vend une cafetière sans vous parler du produit. Ils usent d’une ingénierie sociale, de l’OSINT à vos dépends, bref chaque année de nombreuses personnes en France sont victimes d’escroquerie par courrier électronique ou SMS.

    Le top 5 des escroqueries en France

    Plus les vecteurs d’attaques sont nombreux, plus la probabilité d’une réussite augmente. Les plus courantes sont l’arnaque à la carte vitale, la vignette Crit’Air, le faux procès-verbal via ANTAI, le vishing, les faux chèques de banque de France, qui peut engendrer une sixième : le « spearphishing ». Mais comme disait Albert Einstein, « il n’existe que deux choses infinies, l’univers et la bêtise humaine… mais pour l’univers, je n’ai pas de certitude absolue. » Les cyberdélinquants s’appuient sur la méconnaissance et la crédulité des utilisateurs.

    La carte vitale est un élément essentiel de chaque Français. Mais depuis la cyberattaque de #Viamedis et #Almerys, et la fuite de 33 millions de numéros de sécurité sociale uniques, la recrudescence des tentatives de fraudes est possible.

    Quid des tentatives de phishing ? Comme explique Damien Bancal sur Zataz « cela demanderait beaucoup de temps et d’énergie à un pirate que de regrouper d’autres données, via les réseaux sociaux par exemple. Pas sûr que l’opération soit rentable pour lui. » Donc l’usurpation d’identité semble plus accessible, il faut donc rester sur ses gardes, sans omettre une vigilance sur vos courriels, SMS et appels téléphoniques.

    (Crédits : Interpol)

    De très près suit la fameuse vignette Crit’Air. Parfois des prix exorbitants fleurissent. Alors que le tarif actuel est de 3,77 € en sus de l’affranchissement. Concernant le monde de l’automobile. Les tentatives d’arnaque aux faux PV sont nombreuses. Les délinquants se font passer pour l’agence nationale de traitement automatisé des infractions (ANTAI) via SMS.

    Le monde de la banque touché

    Un nouveau mot est à inclure à votre lexique, le « Vishing ». Contraction de deux termes anglais Voice pour voix et phishing pour hameçonnage. Imaginez, il est 16 h 45, votre conseiller bancaire vous contacte. « Monsieur X, nous avons détecté des mouvements suspects ce matin. Un virement de 500 € en direction de la Côte d’Ivoire via Western Union ».

    Ledit conseiller vous confirme vos civilités pour vous conforter dans la véracité de l’échange. Une fois fait, il vous invite à vous rendre sur l’application de votre banque sur le smartphone. Il vous demande d’annuler le virement avec insistance.

    « Stop !!! C’est une arnaque ».

    Votre banquier n’a pas besoin de vous pour annuler une transaction. Il peut de son ordinateur, avec l’aval de sa hiérarchie l’effectuer. « L’Observatoire de la sécurité des moyens de paiements (OSMP) a relevé une hausse de 9 % des fraudes aux virements en 2022 », explique Le Revenu.

    Ces fraudes constituent plus d’un quart des préjudices financiers, soit une somme totale de 1,19 milliard d’euros. Les principales victimes sont bien entendu, les particuliers et petites entreprises.

    Le Parisien apporte des chiffres précis. « Déjà, en 2022, le préjudice avait atteint 340 millions d’euros (+ 27 % en un an). Et au 1er semestre 2023, la facture grimpe déjà à 203 millions d’euros, selon la Banque de France. »

    (Crédits : Ralph Altrip Germany/Pixabay)

    Une conférence en ligne de Cybermalveillance en partenariat avec l’UFC-Que Choisir et l’Association française des correspondants à la protection des données à caractère personnel (AFCDP) traitait d’une conférence. Son titre : « Une fraude bancaire toutes les 4 secondes : et si demain, c’était vous la victime ? » Les vecteurs sont multiples : courriel et SMS frauduleux, fausses applications, usurpation d’identité, spoofing, fraude au conseiller bancaire…

    Les désormais « classiques »

    Les tentatives hameçonnage (ou phishing) concernent plusieurs milliers de Français chaque année. Ils usent de ruses. En se faisant passer pour des sites gouvernementaux, ou d’organisations ayant pignon sur rue, ils veulent vous voler.

    Vous les avez sûrement vues passées dans vos boîte aux lettres électroniques (BAL) dans les indésirables, spams… Un message bienveillant vous indique que votre Cloud est plein, que l’espace de Google Drive est épuisé. Vous êtes en retard pour payer votre contravention.

    Un commissaire de police belge vous envoie un courriel, dans votre BAL. Une invitation à vous rendre à l’Hôtel de police pour des affaires de pédophilies, de détention d’images pédopornographiques… ou vous pouvez payer une forte somme, pour éviter l’embarras.

    « Votre livraison de colis a échoué ! » Vous devez payer des frais supplémentaires pour recevoir le fameux colis. Aujourd’hui, nous regardons nos courriels de plus en plus sur notre smartphone, ou ordiphone, avec les risques que cela comprends.

    (Crédits : Anna/Pixabay)

    En cas de doute ne cliquez pas sur les liens contenus dans le courriel, ne scannez par le QR Code, accédez par le moteur de recherche de votre ordinateur ou de votre smartphone. Mieux, contactez directement votre banque, assurance… bref celui qui vous contacte, sans passer par le lien, SMS. Pour le reste la Task-Force nationale de lutte contre les arnaques se mobilise et publie un guide de prévention contre les arnaques au format PDF (Portable Document Format), et les conduites à tenir pour connaître vos droits « Ça n’arrive pas qu’aux autres ! »

  • Un vrai fait divers de faux chèques

    Un vrai fait divers de faux chèques

    Entre réalité et roman policier, entrez dans le monde captivant des expressions françaises. Imaginez-vous des faits-divers racontés par un journaliste amoureux des expressions et tournures de phrases alambiquées. Entrez là où les mots relatent des histoires fascinantes de notre passé. Aujourd’hui, explorons trois formules pittoresques, chacune avec une origine intrigante. Une équipe de malfrats réalisaient de faux chèques le 21 novembre 1923, et se faisaient pincer.

    L’affaire remonte au 20 novembre 1923, lorsque la sûreté de Dijon arrêtait un homme soupçonné de faux. Comme le personnage d’Arsène Lupin, il possédait un sobriquet : Francesco Bagneto. De son vrai nom Victor Cerro, il avouait avoir touché 23 000 francs à Tours, 68 000 au Mans, pendant que ses complices présumés récupéraient 200 000 à Troyes, Sens et Nogent. La brigade mobile de Montpellier recherchait un dénommé Bottechi, dit Bocchi.

    « Oh, c’est intéressant comme fait divers », souffla d’admiration Sépa Phot

    « Quoi ? », répondit Séki

    Des faux chèques du montant de 68 723 francs chacun

    Elle comprit que les frasques de son très cher mari et les brides de cours de théâtre de sa jeunesse lointaine allaient ressurgir. Se plaçant au milieu du salon, il posait le journal sur la table, tout près d’une vase emplie de rose du jardin. Il s’affubla d’un ton sérieux, fronça les sourcils, prit un œil espiègle pour conter son histoire devant une assemblée conquise et désabusée.

    Dans une charmante ville au cœur de la France vivait un homme au charme singulier et particulier. Pour arriver à ses fins — voler des chèques et en falsifier — il faisait belle jambe. Se grimant à la manière d’Arsène Lupin ce personnage énigmatique se trouvait aujourd’hui au centre d’une affaire des plus intrigantes.

    Une affaire de faux chèques en bande organisée pour un montant régulier de 68 723 francs.

    (Crédits : Bruno/Pixabay)

    « Savais-tu que l’expression, ça me fait une belle jambe vient de la Renaissance ? À l’époque la mode masculine mettait en valeur les jambes moulées dans des chausses. Ainsi un homme qui voulait être regardé se faisait belle jambe »

    Menteur comme un arracheur de dents

    L’étau se resserrait sur la petite bande. Bagneto engaillardit de sa réussite au Mans, se déplaça le samedi matin à la succursale de la Banque Nationale de crédit (BNC) de Blois. Il présenta un faux chèque de 68 723 francs. Le caissier déclarait qu’il ne pouvait pas lui payer en intégralité. Il lui remit 10 000 francs, et demanda que le reste lui soit envoyé à Dijon.

    Peu après son départ, les employés se rendaient compte que le chèque était faux. Ils prévenaient la succursale de Dijon. Bagneto se dirigeait sans se méfier à la BNC et tombait dans une souricière. Ses explications ne tenaient pas longtemps face à l’enquête du juge Gorse.

    Bien qu’il mentait comme un arracheur de dents, il fut rapidement écroué. Mais le mystère restait entier. Comment un chèque portant les signatures nécessaires, pouvait-il être payé sans qu’une lettre soit émise au guichet payeur par la succursale ou le siège émetteur ?

    Le directeur, M. Pajot indiquait au quotidien Le Journal d’une possible complicité. N’y aurait il pas pu avoir de fâcheuses négligences, ou d’imprudences somme toute regrettables ?

    (Crédits : Peter H/Pixabay)

    L’expression « mentir comme un arracheur de dents » remonte au XVIIe siècle. Elle évoque les barbiers de l’époque qui, en plus de leur métier, faisaient office de dentistes et de chirurgiens. Puis les dentistes qui officiant sur les places publiques, proposer d’arracher les dents des badauds. L’astuce consistait à persuader les clients que l’arrachage de dents à l’aide d’une tenaille était… indolore.

    Être mis sur la sellette

    Le vendredi 16 novembre 1923, Dursapt, dit Luigi Mazulla se faisait payer un chèque de 68 723 francs. L’homme présentait un passeport puis touchait la somme requise. Il prenait le temps de recompter avec assurance les billets avant de sortir sereinement. Le caissier reconnut l’indésirable dans la photo parue dans les journaux.

    Deux chèques de 68 723 francs présentés à Roubaix et Tourcoing étaient payés sans aucune difficulté, les avis de paiement étaient envoyés par l’agence de Carcassonne. Les lieux choisis l’étaient, car les mouvements de fonds sont considérables.

    À Sens, même modus operandi. Le chèque fut cette fois présenté au directeur de la succursale de la BNC. M Regnard examinait la signature, la confrontant avec l’avis de paiement. Les signatures étaient conformes.

    Le paiement s’effectuait, l’escroc Nigronni Giovanni prenait le soin de préciser les billets qu’il souhaitait pour le règlement. Mais rapidement les hommes furent mis sur la sellette face au juge. La bande comprenait Sacha Lonpam, Victor Cerro, Victor Dusarpt, Jeanne Kohler, et Julot le Bordelais. Ils furent écroués avant la condamnation.

    (Crédits : Le Journal/BnF/Gallica)

    La scène du tribunal est digne d’un récit médiéval, avec notre homme placé « sur la sellette ». Saviez-vous qu’autrefois, ce siège de bois était utilisé dans les tribunaux ? Il était un siège inconfortable, bas et sans dossier. Son but placer l’accusé en position d’infériorité lors des interrogatoires. Nos malfaiteurs se retrouvaient assis sur cette sellette, confrontés à ses accusateurs. « Il ne te reste qu’à prendre le chéquier pour aller faire les courses » conclut Séki en souriant.

  • La commission nationale mexicaine de l’eau reste paralysée suite à la cyberattaque par le ransomware BlackByte

    La commission nationale mexicaine de l’eau reste paralysée suite à la cyberattaque par le ransomware BlackByte

    Les activités des différents secteurs de la commission nationale de l’eau (CONAGUA) au Mexique sont affectées. Le jeudi 13 avril 2023, aux premières heures de la matinée, les employés de plusieurs sous-directions n’ont pu travailler sur les différents systèmes d’information. Le secrétariat à la sécurité et à la protection du citoyen (SSPC) confirmait la cyberattaque. Dans le même temps, le SSPC expliquait que la Direction générale scientifique de la Garde nationale a réussi à contenir l’attaque cybernétique.

    La tentative d’attaque serait selon les autorités à l’origine du ransomware BlackByte. Le SSPC stipulait n’avoir pas enregistré d’ « impact majeur sur les systèmes d’information administratifs ». Le secrétariat annonçait jeudi 13 avril que la commission nationale de l’eau travaillait déjà à la réinstallation de tous ses services. La direction scientifique de la Garde nationale était à pied d’œuvre. Mais également à l’identification du type d’actions correctives qui peuvent être mises en œuvre pour éviter une autre cyberattaque, ou du moins pour y être encore mieux préparé.

    Le bureau de l’Organismo de Cuenca Cuencas Centrales del Norte a à ce jour ses systèmes d’information toujours chiffrés. « Il n’a pas été possible d’accéder aux plans et autres informations pour réaliser la réunion de suivi des travaux du programme Agua Saludable para La Laguna », relate le journal El Siglo de Torreon. (Crédits : El Siglo de Torreon)

    Sauf que depuis, la Commission nationale de l’eau peine à rétablir l’entièreté de ses services. Les conséquences sont telles que l’agence de la Laguna est inactive. L’Observatoire météorologique national n’a pas été en capacité de générer les prévisions météorologiques correspondantes. Ces dernières sont envoyées aux différents médias, aux chambres et groupes de producteurs agricoles, aux agences agricoles et environnementales…

    Pendant que BlackByte revendique les attaques en Amérique du Sud, le ransomware LockBit annonce l’attaque contre la banque du Venezuela, mais révèle aussi celle contre la firme française basée dans le Languedoc, le groupe BRL.

    Le ransomware revendique la cyberattaque toujours à México de l’association Esperanza Viva Jóvenes de México. Comme preuve de la cyberattaque, ils diffusent quatre documents. Sont divulgués un acte de naissance et trois factures avec l’entête de l’association. Mais également, la revendication de celle contre de la manufacture Cementos Bio-Bio (Cbb) au Chili. Pour cette compagnie, un fichier de plus de 700 Mb de données compressées pour un total de 1,1 GB. Les attaques semblent être de plus en plus présentes en Amérique du Sud, comme en Colombie.

  • Il y a cent ans… la chute inéluctable du Mark

    Il y a cent ans… la chute inéluctable du Mark

    La hausse des prix subie en France laisse penser qu’elle soit exister aussi dans d’autre pays du vieux continent. En Allemagne, le chancelier Wirth conférait en ce 20 juin 1922, prendre des garanties pour enrayer la chute du Mark. Il est vrai que depuis le début de l’année, l’inflation s’envolait. Déjà très importante au cours des années précédentes, elle devenait incontrôlable atteignant des niveaux inouïs et jusque-là inimaginables : alors qu’elle s’établissait à 60 % en 1921, elle s’emballe en 1922 à 5 200 %, puis explose littéralement.

    Les milieux gouvernementaux de Berlin prévoyaient, selon Le Petit Parisien, dès maintenant un nouvel et prochain effondrement du mark, qui porterait le cours du dollar à 350 ou 400 marks. La nouvelle chute de la valeur aura pour conséquence directe le renchérissement de la vie, l’augmentation des salaires, accroissement de l’inflation, et rend toute réforme fiscale illusoire. Le docteur Rudolf Havenstein, président de la Reichbank s’était entretenu à ce sujet avec le chancelier Wirth. La Première Guerre mondiale terminée, les coûts des charges liées à la démobilisation militaire et économique, de la reconversion d’une économie de guerre en une économie de paix se superposaient aux prélèvements imposés par les réparations du traité de Versailles.

    La première vague inflationniste court de l’armistice à mars 1920, s’en suit une accalmie de dix-huit mois. Au printemps de 1922, l’augmentation sans frein des crédits au marché privé vient se superposer aux problèmes connectés à la gestion des réparations de guerre. En juin 1922, la planche à billets fonctionne trop, si bien que la circulation du papier-monnaie atteint le niveau de 180,2 milliards de marks, et la dette flottante du Reich 255,3 milliards. Le montant des réparations dépasse les possibilités budgétaires. Tous ces facteurs combinés aboutirent à une inflation « galopante » de juillet 1922 à janvier 1923.

    Il fallait jusqu’à une brouette pleine de billets pour acheter une boite d’allumettes. La dette flottante de l’Allemagne atteindra 191 580 465 422,1 milliards de marks (Source : Les banques et l’effondrement du Mark : la situation du système bancaire en Allemagne de 1918 à 1923. Harald Wiforth). (Crédits : DR)

    Au début de cette période, un dollar américain valait 420 marks, mais en janvier 1923 il en valait 49 000. En janvier 1922 le mark or valait 46 marks papier, 84 000 en juillet 1923, 6 milliards en octobre 1923 et 1 000 milliards en décembre 1923. L’Humanité du 23 février 1923 énumère les prix de quelques denrées et d’autres objets dits de première nécessité :

    • un œuf coûte en ce moment 400 marks
    • une livre de jambon 6 400 marks
    • une paire de chaussures 80 000 marks
    • un quintal de charbon plus de 6 000 marks, à partir de la semaine prochaine 8 000 marks
    • une livre de viande 4 500 marks
    • une livre de beurre 6 400 marks
    • la livre de café est montée à 18 000 marks ou 4 marks-or, avant la guerre, la livre de café ne coûtait que 1 mark 60
    • Une simple chemise coûte 60 000 marks…
  • Plusieurs banques subissent des pannes informatiques

    Plusieurs banques subissent des pannes informatiques

    Elles sont deux banques à avoir informé leurs usagers de dysfonctionnement informatique ces derniers jours. La cyberattaque de la banque centrale de Tunisie, est revendiquée par le ransomware Conti, concernant celle de la République d’Haïti (BRH), qui affichait une anomalie encore le 30 mars 2022, aucune doléance à l’heure actuelle. Au sein du même pays, la banque de l’union haïtienne subissait depuis le début du mois de décembre 2021, du moins ses clients de fraudes à la carte bleue.

    Conti revendique sur son site de fuite l’attaque de la banque centrale de Tunisie, qui eut lieu le 23 mars 2022. L’organisme bancaire annonçait hier 30 mars, que les premiers éléments de l’enquête ont confirmé que toutes les informations sont saines et sauves et que l’attaque a touché les serveurs de l’interface du site. Le serveur mail et le guide ont été la cible de piratage. « Cette attaque a été maîtrisée grâce aux efforts coordonnés entre les services de la BCT et ceux de l’Agence nationale de la sécurité informatique (ANSI). Toutes les données du système d’information de la BCT sont intègres et intactes », soulignait-elle dans un communiqué.

    Dans le fichier Hosts.csv est indiqué, sur 1560 lignes, les DNS Host names indispensables pour que les administrateurs des systèmes puissent identifier la machine sur laquelle ils doivent intervenir. De plus, sont stipulés les OS des systèmes d’information, dont certains sont encore sous Windows XP. (Crédits : capture d’écran)

    « Le site de la banque centrale de Tunisie a été réactivé dans la soirée de dimanche 27 mars 2022 », renseignait Tuniscope. De l’autre côté de l’Océan Atlantique, non loin de Cuba, de la Floride, et de la République dominicaine, les banques de la République d’Haïti souffrent. Déjà en décembre 2021, plusieurs consommateurs de la Banque de l’Union haïtienne (BUH) témoignaient d’avoir été victimes de piratage sur leurs comptes bancaires, notamment via Mastercard. En janvier 2022, l’organisme cernait les problèmes. « Nous savons combien de clients ont été victimes ainsi que les montants en question (…), mais cette information est interne et confidentielle à la banque et ne peut être divulguée », explique Arielle Tovar Lévêque, du département de marketing et de communication de la BUH au journaliste Jameson Francisque.

    Les données exfiltrées par les opérateurs derrière le ransomware Conti fournissent de précieuses indications critiques sur les différents systèmes d’information de la banque centrale de Tunisie. Microsoft a mis fin au support le 8 avril 2014 pour XP. Entre autres, il n’y a plus de mises à jour et la base virale de Windows Defender n’est plus gérée. (Crédits : capture d’écran)

    En quelques secondes seulement, admettait la BUH, ce sont plus de 400 comptes ciblés. Ces transactions, comme c’est le cas pour John Ronard, ont eu lieu dans des pays lointains : Hong Kong, Nigeria, Singapour, Australie… Les informations volées ont été revendues sur le Darknet, ce qui a engendré d’autres attaques sur une même carte. Ainsi, en moins d’une minute, des centaines d’autorisations ont pu être obtenues par les hackers.

    La peur envahit la République d’Haïti et ses habitants, déjà victimes de fraudes à carte bancaire en décembre 2021. Il y a 3 jours, « le site de la Banque de la République d’Haïti (BRH) n’est plus accessible depuis la matinée de ce lundi 28 mars », informait TripFoumi Enfo

    « Chat échaudé craint l’eau froide », stipule l’adage. C’est en ce sens que TripFoumi avertissait que « le site de la BRH inaccessible, on craint qu’il ne s’agisse d’un piratage informatique […] TripFoumi Enfo a tenté à maintes reprises d’accéder au site de ladite banque. Peine perdue. Il semble avoir une panne technique. Notre rédaction a aussi vérifié les pages Twitter et Facebook de la BRH. Aucune information y relative n’a été communiquée. Du piratage ? On ne le sait pas. Mais cela est inquiétant, quand on sait qu’il s’agit de la Banque centrale du pays. » Même constat chez HaïtiStandard, « au moins une banque commerciale du pays était l’objet de piratage informatique, durant les jours passés. Ce qui avait provoqué une grogne chez des habitants de certaines communes situées dans le département de l’Ouest. La BRH serait-elle l’objet elle aussi de piratage? Une affaire à suivre… »