Rideau Hall est la résidence officielle du monarque et du gouverneur général du Canada, située au 1, promenade Sussex à Ottawa. Dans un communiqué de presse publié le 2 décembre 2021, le bureau du secrétaire général dévoilait qu’il y avait eu un accès non autorisé à son réseau interne. En vertu de la Loi sur l’accès à l’information, des courriels internes du gouvernement obtenus par la presse canadienne indiquent que les fonctionnaires étaient « incapables de confirmer l’étendue complète de l’information qui a été consultée ».
Des documents récemment divulgués révèlent que l’attaque informatique d’un réseau informatique interne à RideauHall a été décrite par des fonctionnaires comme un « cyberincident sophistiqué » dans les jours qui ont précédé l’annonce de la faille de sécurité au public, relate la CBC. Tous les gestionnaires ont été incités « à réfléchir sur les renseignements gérés par leur unité respective » et à soulever leurs inquiétudes, selon l’ébauche du texte rédigé le 17 novembre 2021 qui devait être transmis aux employés.
« C’est si complexe, nous ne pouvons pas individuellement rendre les organisations imputables, dit Mme Bernier. L’amplitude de ces failles informatiques et leurs conséquences sont telles que nous avons besoin d’un contrôle assez puissant pour rendre imputables toutes les organisations détenant des données personnelles. » (Crédits : DR)
Le 2 décembre 2021, « le Bureau du secrétaire du gouverneur général (BSGG) a été informé d’un accès non autorisé à son réseau interne. Le BSGG a immédiatement pris des mesures pour renforcer son réseau et collabore actuellement avec le Centre canadien pour la cybersécurité dans le cadre de l’enquête en cours », communiquait Rideau Hall.
En France, Sadeco, Collège Ostéopathique de Bordeaux, Département de l’Ardèche… voient leurs données volées publiées sur les sites de fuites. Le ministère des Finances du CostaRica vient de subir une attaque informatique de la part de Conti, qui diffusera 1 TB de données dès le 23 avril 2022 annonce les opérateurs. (Crédits : capture d’écran)
CiaraTrudeau, porte-parole du Bureau du secrétaire, affirmait qu’un échange avait eu lieu avec les employés de Rideau Hall et « les partenaires externes qui ont pu être touchés par l’incident ». Elle a refusé de fournir plus de détails, tout comme EvanKoronewski, porte-parole du Centre de la sécurité des télécommunications (CST), qui souligne que l’agence ne peut pas donner des précisions sur la cyberattaque. « Bien que l’enquête visant à déterminer la nature et la portée de l’intrusion soit toujours en cours, le BSGG poursuit son travail avec les experts et prendra d’autres mesures pour renforcer son réseau au besoin. Il a également communiqué avec le Commissariat à la protection de la vie privée à la suite de l’incident. » Le piratage des banques de données est devenu de plus en plus attrayant pour les cybercriminels, a répondu ChantalBernier, ancienne commissaire à la protection de la vie privée du Canada par intérim. « C’est sans risque, très bon marché et très rentable, a-t-elle déclaré dans une interview. Malheureusement, il y a aussi beaucoup de piratage soutenu par l’État ».
Pour la majeure partie des personnes naviguant sur l’Internet, ce forum n’évoquera rien du tout. Il était un marché très fréquenté par les cybercriminels pour l’achat et la vente de données exfiltrées lors d’attaques informatiques. Les États-Unis ont lancé des poursuites pénales contre le présumé fondateur et administrateur en chef de « RaidForums », Diogo Santos Coelho, âgé de 21 ans. Ce dernier a été arrêté au Royaume-Uni le 31 janvier, à la demande des États-Unis. Il est depuis en détention en attendant la résolution de sa procédure d’extradition.
Révélé par Europol le 12 avril 2022, le marché en ligne « RaidForums » a été fermé, son infrastructure saisie dans le cadre de l’opération « TOURNIQUET ». Elle était coordonnée par Europol pour soutenir des enquêtes indépendantes aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Suède, au Portugal et en Roumanie. L’administrateur du forum et deux de ses complices ont été arrêtés. « Un acte d’accusation n’est qu’une simple allégation, et tous les accusés sont présumés innocents jusqu’à ce que leur culpabilité soit prouvée au-delà d’un doute raisonnable dans un tribunal », dans l’acte d’accusation, Jessica Diane Aberprocureur du District Est de la Virginie, aux États-Unis. « Nos efforts interagences pour démanteler cette plateforme en ligne sophistiquée — qui facilitait un large éventail d’activités criminelles — devraient soulager les millions de personnes qui en ont été victimes et servir d’avertissement aux cybercriminels qui ont participé à ce type d’activités néfastes, a déclaré Jessica D. Aber. L’anonymat en ligne n’a pas pu protéger le défendeur dans cette affaire de poursuites, et il ne protégera pas non plus les autres criminels en ligne. »
La saisie de RaidForums va perturber les nombreux membres, qui utilisaient cet espace pour proposer à la vente des bases de données piratées contenant des informations privées et financières, ainsi que pour organiser différentes actions, et des attaques de type « swatting » contre n’importe qui pour lui nuire.
Lancé en 2015, RaidForums était considéré comme l’un des plus grands forums de piratage au monde avec une communauté de plus de 750 000 usagers. Cette place de marché s’était fait connaître en vendant l’accès à des fuites de bases de données très médiatisées appartenant à un certain nombre de sociétés américaines de différents secteurs. Ces bases de données contenaient des informations sur des millions de cartes de crédit, des numéros de comptes bancaires et des informations d’acheminement, ainsi que les noms d’utilisateur et les mots de passe associés nécessaires pour accéder aux comptes en ligne.
L’expression « dormir sur ses deux oreilles » ne doit plus rien évoquer, auprès de ceux qui ont eu recours RaidForums à des fins criminelles… En février 2021, les données médicales de 500 000 français étaient notamment à vendre sur RaidForums, après le piratage de plusieurs laboratoires d’analyses médicales. (Crédits : DR)
Coelho a été inculpé de six chefs d’accusation pour conspiration, fraude de dispositif d’accès et vol d’identité aggravé. Il aurait aussi proposé un service payant d’« intermédiaire » consistant à assister personnellement aux transactions entre l’individu souhaitant commercialiser une base de données piratée et celle désirant l’acheter. Si l’administrateur présumé Diogo Santos Coelho a été arrêté fin janvier, maintenu en détention préventive au Royaume-Uni et que les autorités ne rendent publique la fermeture de RaidForums que maintenant, il est fort probable qu’ils ont à leur tour fait un tour de marché pour voir, aussi bien les marchandises pour les chalands et les vendeurs, recueillant de nombreuses et précieuses informations.
Tandis que les opérateurs, derrière le ransomware Lockbit 2.0, revendiquaient l’attaque menée sur le Département de l’Ardèche, ils assument également celle effectuée sur le Collège ostéopathique de Bordeaux. Comme sur l’entreprise d’agencement, de décorations sur mesures pour les professionnels, Sadeco. Une partie des systèmes informatiques et téléphoniques du Département de l’Ardèche était impactée par une offensive informatique perpétrée dans la matinée du mercredi 6 avril 2022.
Le dimanche 10 avril 2022, LockBit 2.0 affiche de nouvelles victimes. Le Ransomware-as-a-Service est prolifique, au vu du nombre grandissant des victimes affichées sur leur site de fuite. Ils ne sont pas tendres quant aux commentaires en ce qui concerne les négociations et intervenants. « Cet idiot […] ne peut payer que 100 000 $ pour 200 gigaoctets de données classifiées d’une société qui gagne des milliards. Je me demande combien il veut obtenir pour lui-même en escroquant centuryaluminum.com ? Si ceci est lu par la direction qui a engagé cet idiot pour négocier, écrivez-moi une tox pendant que vous avez le temps de sauver vos actions NASDAQ », soulignent-ils.
« Nous n’avons pas crypté l’entreprise, nous avons juste identifié les faiblesses […] et pris 100 gigaoctets d’informations privées, comme un garant de payer pour notre humble et utile travail, nous ne voulons pas que les gens meurent de faim », écrivent-ils après l’attaque menée sur l’entreprise Scoular. (Crédits : capture d’écran)
Le Collège ostéopathique de Bordeaux affirme accueillir 12 000 patients chaque année, et autant de données. Quelles sont les informations copiées, encryptées que le RaaS à en sa possession ? De la même manière, l’entreprise Sadeco basée dans le Pas-de-Calais à Saint Martin Lez Tatinghem, spécialiste en agencement pour professionnels, fabrication sur mesure et décoration est également victime. Les deux sociétés ont été contactées par la rédaction, sans réponses à la parution, logiquement fermées le dimanche, qui plus est jour de scrutin présidentiel en France.
Nombreuses révélations d’attaques informatiques dans la presse, sans compter celles qui ne le sont pas. Les opérateurs derrière ces offensives s’en prennent aux données, véritable mine d’or. Ainsi au Canada, 200 000 dossiers santé de patients et employés étaient copiés, 510 000 Français touchés par une fuite provenant de l’Assurance Maladie, un ransomware attaque l’hôpital de Castellucio, l’université neuchâteloise, puis deux cabinets médicaux dont 43 651 fichiers de la patientèle seraient diffusés.
Le service de veille de Zataz révèle une nouvelle fuite de renseignements de français, c’est donc que plus de 700 000 personnes sont concernées. La base de données proposée par un pirate informatique affiche pas moins de 754 000 mails et mots de passe. Alors que les deux années passées ont bouleversé les façons de penser, agir, et de comportement, les individus avaient souffert du manque d’interaction, les étudiants en premiers. Alors, imaginez que cette fuite concerne en partie les Universités de Nantes et Poitiers.
Orange et Wanadoo représentent plus de trois quarts des données qui pour 77, 35 % soit 583 926, les autres opérateurs également dans une moindre mesure : SFR (8, 64 %, 65 217), FREE (5,15 % 38898), BBOX (0,68 %, 5113), NEUF (3,78 %, 28 549)… (Crédits : ZATAZ)
Tandis que le Département de l’Ardèche est toujours en prise avec l’attaque subie ces derniers jours, cette fois, c’est un combo de 754 955 adresses électroniques et mots de passe diffusés voilà quelques heures. Dans cette propagation malveillante, 583 926 clients Orange/Wanadoo et 65 217 pour Free. Trois universités y sont aussi présentes avec des comptes appartenant aux entités de Nantes et Poitiers. « Les données sont-elles récentes ? Difficile de le savoir même si une adresse d’un vieil espace numérique de la commune de Terssac s’y trouve. Un espace web inactif depuis 2020 », explique DamienBancal de Zataz.
Une panne d’électricité a plongé le pays dans le noir le plus complet dans la nuit de mercredi 6 à jeudi 7 avril 2022. Le réseau électrique de l’île a été privatisé en juin 2021 dans le but affiché de résoudre le problème des coupures de courant. Car PortoRico souffre de graves difficultés d’infrastructure depuis plusieurs années. Dernièrement un incendie de transformateur avait déjà provoqué une panne massive dans toute l’île.
En juin 2021, une panne provoquant un incendie était suivie par une cyberattaque du site de LUMA quelques heures plus tôt, sans qu’aucun lien officiel ne soit établi entre les deux incidents. Elle privait 400 000 personnes de courant sur l’île. Mercredi 6 avril 2022 vers 20 h 45, un dysfonctionnement non encore déterminé a entraîné un feu à la centrale électrique de Costa Sur, située sur la côte sud-ouest à l’extérieur de la ville de Guayanilla, « Le réseau électrique a subi une importante panne à l’échelle de l’île, probablement causée par une défaillance du disjoncteur de la centrale électrique de la côte sud. La cause exacte n’est pas connue à l’heure actuelle », expliquait la société LUMA. Les pompiers ont depuis éteint les flammes qui avaient touché deux sous-stations de la centrale, a indiqué le Bureau des services d’incendie de Porto Rico.
Pannes en cascade
La panne a également interrompu l’alimentation en eau pour environ 100 000 foyers et entreprises, déclarait le gouverneur PedroPierluisi, citant l’autorité des aqueducs et des égouts de l’île. JoseColon, ingénieur en chef des télécommunications et des infrastructures de Porto Rico, expliquait que tous les clients de l’île avaient été privés d’électricité au départ, « parce que toutes les unités de production étaient hors service ». L’effet domino a atteint l’école, M. Pierluisi a suspendu les cours dans toute l’île jeudi et a demandé aux fonctionnaires non essentiels de rester chez eux. Seuls ceux « ayant des postes indispensables et d’urgence devront se présenter au travail », mentionnait-il dans une dépêche.
Los centros de diálisis han continuado atendiendo a sus pacientes como de costumbre. Uno de los cuatro hospitales que dializan ya tiene electricidad – Metropolitano San Juan – mientras que las demás unidades permanecen con generador. Seguimos pendiente.
— Dr. Carlos Mellado López (@crmelladolopez) April 7, 2022
LUMA est une coentreprise de Quanta Services et de la société énergétique canadienne ATCO, que le gouvernement portoricain a choisie pour reprendre l’exploitation du réseau de l’ancienne compagnie publique d’électricité, la Puerto Rico Electric Power Authority. La plupart des clients de l’île, qui compte environ3,2 millions d’habitants, étaient toujours privés d’électricité jeudi matin, selon les autorités. Une enquête est diligentée, car tous les équipements étaient à jour des inspections de maintenance.
Les pompiers ont circonscrit l’incendie. Depuis les autorités et les services compétents œuvrent à remettre à disposition la fée électricité dans chaque foyer de l’île. (Crédits : DR)
Jeudi soir, à 22 h 30 heure locale, la société travaillait au recouvrement du service pour ses clients avec plus de 380 200 rétablis à 22h00. « Nous continuons à travailler dur pour redémarrer les unités de production et les lignes à haute tension, notre objectif est de mettre en ligne 1 000 MW de puissance de production avant minuit ce soir. » Le rétablissement total pourrait être effectif ce vendredi 8 avril 2022, annoncent les autorités
Le ransomware Vice society a été détecté sur le réseau informatique de l’hôpital dans la journée du lundi 28 mars 2022. L’hôpital de Castelluccio à Ajaccio subit une cyberattaque qui paralyse l’ensemble des systèmes d’information. Ce qui a entraîné une interruption, dès le lendemain mardi, des activités de radiothérapie et d’oncologie, avertit l’établissement. Arrêt pour garantir la qualité et la sécurité des prises en charge, car les « ordinateurs » ont un rôle primordial (dosages, ciblages…).
Lundi 28 mars, peu après 10 h, le centre hospitalier de Castellucio alertait les usagers, familles et professionnels d’un tweet mentionnant d’un dysfonctionnement informatique. Contacté à propos de cet incident, l’établissement n’a pas encore répondu. L’ensemble des acteurs mobilisés finalise la mise en place d’une organisation permettant d’assurer la continuité des soins urgents des patients. « Les patients ont été individuellement prévenus », souligne l’ARS Corse.
⚠️🚨 Le @CHCastelluccio subit actuellement une panne informatique, nos équipes mettent tout en œuvre pour rétablir dans les meilleurs délais, merci de votre compréhension🚨
— Centre Hospitalier de Castelluccio (@CHCastelluccio) March 28, 2022
Après avoir divulgué les informations du Sénat argentin, le Ransomware-as-a-Service, Vice Society s’en prend à une institution de santé en Corse, mettant en possible danger les personnes des services d’oncologie.
Quel serait votre état d’esprit, si au lendemain de la proclamation de la personne élue au poste de président de la Républiquefrançaise, celle-ci était entachée d’une fraude avérée ? Qui plus est lorsqu’elle est fortement suspectée en fonction du ressenti de chaque électeur. Oui, l’être humain fonctionne à l’émotion plus qu’à l’information. Existe-t-il un précédent ? Est-ce possible en France ? Puisque toute rumeur distillée par « radio moquette » est susceptible de voir le jour, quelles sont les conduites à tenir ? Que disposent les lois du Code électoral en ce sens ?
La fraude dite électorale désigne toutes irrégularités pouvant se dérouler pendant un scrutin. Elle peut concerner les opérations électorales elles-mêmes, des manœuvres constatées pendant la durée de la campagne, et même après les résultats officiels. Alors que plus de 30 % des collectivités locales ont subi une infection par codes malveillants de type ransomware, que risque l’élection présidentielle française ? En ce qui concerne les machines à voter, 63 communes françaises de plus de 3 500 habitants en sont équipées, représentant 1,3 million d’électeurs. « Un seul modèle de machine à voter est utilisé en France, le modèle ESF1 de la société néerlandaise NEDAP commercialisé par la société France Élections qui n’a aucun lien avec la société Dominion », affirment les services du ministre de l’intérieur GéraldDarmanin. Pour autant trois arrêtés, selon les sources dudit ministère de l’intérieur semblent indiquer le contraire :
Arrêté du 7 mai 2004 : Le modèle de machine à voter « Point & Vote » de la société Indra Sistemas SA est agréé
Arrêté du 8 mars 2005 : Le modèle de machine à voter « ESF1 » de la société NEDAP est agréé
L’article L118-3 dispose trois cas où l’élu de la République peut être destitué, comme le fut AlCapone pour fraudefiscale. « Lorsqu’il relève une volonté de fraude ou un manquement d’une particulière gravité aux règles de financement des campagnes électorales, le juge de l’élection, saisi par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques », alors peut être déclaré inéligible :
Le candidat qui n’a pas déposé son compte de campagne dans les conditions et le délai prescrits à l’article L. 52-12
Le candidat dont le compte de campagne, le cas échéant après réformation, fait apparaître un dépassement du plafond des dépenses électorales
Le candidat dont le compte de campagne a été rejeté à bon droit
L’inéligibilité est prononcée pour une durée maximale de trois ans et s’applique à tous les scrutins. Toutes sauf sur les mandats acquis antérieurement à la date de la décision. « Si le juge de l’élection a prononcé l’inéligibilité d’un candidat ou des membres d’un binôme proclamé élu, il annule son élection ou, si l’élection n’a pas été contestée, déclare le candidat ou les membres du binôme démissionnaires d’office. » Le Conseil constitutionnel est saisi, pour les présidentielles, par les préfets, par les candidats ou par lui-même, notamment après une réclamation des électeurs portée sur le procès-verbal de dépouillement établi à l’issue du décompte des voix dans chaque bureau de vote.
Le scandale Cambrige Analytica
Facebook avait estimé à environ 87 millions le nombre de ses utilisateurs « piégés » au Royaume-Uni pour favoriser le Brexit, mais aussi aux États-Unis afin de faciliter l’accession de DonaldTrump à la Maison-Blanche en 2016. « De nouveaux documents révèlent que la Malaisie, le Kenya, le Brésil et plus de 60 autres pays pourraient être également concernés par les manipulations de l’entreprise britannique », écrivait La Croix. CambridgeAnalytica est une société spécialisée dans l’analyse comportementale. L’objectif est de récolter des informations sur les individus pour connaître leurs biais d’influence. La firme met ses bases de données au service de ceux qui veulent optimiser l’efficacité de campagnes de communication.
Ce n’est pas illégal, amoral selon vos convictions, mais pas illégal. Cette méthode permet numériquement de faire apparaître plus souvent dans votre champ de vision le sujet. Un film sorti en 2015 illustre ces propos, « Focus » avec Will Smith et MargotRobbie.
Un meilleur ciblage de l’audience se targue Cambridge Analytica : « Le big data a révolutionné la façon dont les organisations identifient et localisent leurs meilleurs prospects. […] Cambridge Analytica construit un avenir […] en montrant aux organisations non seulement où se trouvent les gens, mais aussi ce qui les intéresse vraiment et ce qui motive leur comportement. […] nous utilisons la modélisation des données et le profilage psychographique pour développer les audiences, identifier les influenceurs clés et entrer en contact avec les gens de manière à les inciter à agir. »
La guerre de la communication
Vol de données, prise de contrôle d’un site Web, intrusion dans la sphère numérique d’un candidat, désinformation… tous les moyens sont bons. Aux États-Unis en 2016 des milliers de mails d’HillaryClinton sont publiées. En 2017, environ 70 663 mails et documents, soit 15 Go, sont divulgués. En 2020, des hackers ont ciblé les équipes de campagne du président républicain Donald Trump et du candidat démocrate JoeBiden. En septembre 2021, lors des dernières élections législatives, la Commission électorale russe a dénoncé trois cyberattaques d’origine étrangère visant son site internet. Les actions effectuées par des opérateurs peuvent être le fait des propres partis en lice, comme leurs adversaires ou encore des États qui auraient plus de conciliation et d’intérêts financiers avec un prétendant plus qu’un autre.
La Croix titre « Covid, guerre en Ukraine : le poids de l’émotion pèse sur la campagne électorale ». Car « la foule ne régit pas à la raison, mais à l’émotion. » écrivait la journaliste canadienne NaomiKlein, en 2007 dans son essai « The Shock Doctrine: The Rise of Disaster Capitalism ». (Crédits : DR)
Concernant le ouï-dire qu’il soit prononcé le coude sur le zinc, en terrasse, entre deux bouchées des ortolans farcis tant attendus… il suffit de prendre quelques minutes de votre vie pour vérifier avec un minimum de trois sources différentes. Quant à savoir si cela est possible en France, « impossible n’est pas Français » dit l’adage. D’autant que si truquer directement l’élection proprement dite s’avère difficile, influencer les 47 947 555 inscrits sur les listes au 24 mai 2021 (Source : INSEE) est plus simple, et déjà effectuée dans de nombreux pays. C’est en ce sens que le ministre AlexandredeMoraes, du STF (Cour suprême brésilienne), a décidé que l’application de messagerie Telegram serait bloquée au Brésil, outil favori de propagande du président JairBolsonaro. Avant de révoquer sa décision, deux jours plus tard. Il existe pléthores façons d’influencer une élection. « Selon nos analyses, les cibles principales sont les partis politiques et les candidats » , confie GérômeBillois, Expert en cybersécurité au cabinet de conseil Wavestone.
Le jour de l’élection, les scores de chaque candidat seront transmis par les mairies aux préfectures, puis ces dernières les feront remonter jusqu’au ministère de l’Intérieur, en utilisant les réseaux informatiques dudit ministère. (Crédits : Alexa Fotos/Pixabay)
« Il y a une vraie problématique, car chaque équipe de campagne doit assurer elle-même sa propre protection informatique, et en période d’élection, leur activité se démultiplie », constate-t-il. Une armée de bénévoles viennent renforcer les rangs, usant d’adresses mail privées (non chiffrées) et téléphones personnels pour échanger rapidement, une véritable caverne d’Ali-Baba pour des individus malintentionnés. Dans ce contexte, les attaques peuvent être multiples et variées. « Le piratage informatique pourrait agir comme le fioul jeté sur le feu de la désinformation ». Il peut s’agir de vol de données, d’une intrusion dans la boîte mail d’un candidat ou dans celles de l’équipe de campagne, d’une paralysie ou d’une perturbation de leur système informatique, ou encore d’une prise de contrôle du site internet du parti.
Durant la nuit du 3 au 4 mars 2022 la Communauté de Communes Rives de Moselle a été la victime d’une cyberattaque, qui a paralysé l’activité des services. L’ensemble des données semble avoir subi un chiffrage, ce à travers des lignes de code infectant la totalité des systèmes d’information. L’entité assure que depuis ce matin, mardi 8 mars 2022, ses différents pôles sont à nouveau joignables par téléphone. Elle espère restaurer l’ensemble de son « parc informatique » dans les meilleurs délais possibles.
Un dysfonctionnement conséquent aboutissait à la paralysie complète des systèmes d’information de l’EPCI Rives de Moselle. Il a été constaté, le vendredi 4 mars 2022 aux alentours de 5 heures, indiquait JulienFreyburger, président de la communauté de communes au Républicain Lorrain. Ce qui ressemble en tout point à une infection par codes malveillants de type ransomware. En effet « […] cette cyberattaque est massive et bien organisée. Elle s’est répandue dans toutes les dimensions informatiques de Rives de Moselle, sur l’ensemble des postes et des serveurs. […] Toutes les données informatiques sauvegardées sont cryptées », s’offusquait Julien Freyburger. En janvier 2022, Cœur de Maurienne Arvan subissait ce même désagrément.
La nouvelle Communauté de Communes « Rives de Moselle » est née le 1er janvier 2014. Elle compte 50 146 habitants qui sont présentement privés de toute démarche sur le site WEB, néanmoins, il est possible depuis ce matin 8 mars 2022 de contacter l’entité par téléphone. (Crédits : CCRM/Facebook)
« Les liaisons numériques avec les services de la collectivité sont actuellement indisponibles. Le site internet de la Communauté de Communes reste accessible, mais, à ce stade, les formulaires de services en ligne ne peuvent être traités compte tenu de l’attaque informatique subie. » Les accueils physiques demeurent ouverts au public, mais les démarches sont largement perturbées. Une plainte a été déposée à la Gendarmerie de Maizières-lès-Metz, et les signalements nécessaires réalisés auprès de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) et de l’Agence Nationale de Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI). pour « faire la lumière sur cette attaque massive et établir des responsabilités. » Il est indispensable de rappeler au regard des tensions internationales « l’ANSSI constate l’usage de cyberattaques dans le cadre du conflit. Dans un espace numérique sans frontières, ces cyberattaques peuvent affecter des entités françaises et il convient sans céder à la panique de l’anticiper et de s’y préparer »
Le président VladimirPoutine ignore la condamnation unanime, ainsi que les sanctions prononcées par les dirigeants. L’homme d’État russe s’est targué de manière déconcertante de l’arsenal nucléaire de son pays. Il a menacé tout pays tentant d’interférer de « conséquences que vous n’avez jamais vues ». Stupéfaction et sidération semblent être les maîtres mots de tout un chacun, alors que tout remonte à l’année 1991. Les diverses opérations militaires de la Russie en Ukraine comme ailleurs n’étonnent, semble-t-il, « que les ignorants ou ceux qui feignent de l’être ».
À l’ère de l’internet 2.0, les cyberattaques ne seraient-elles pas des signes avant-coureurs d’une offensive classique ? La réponse semble sauter aux yeux, depuis le début de l’année. Le 15 janvier 2022, l’Ukraine affirmait avoir des « indices préliminaires » indiquant une possible implication de services secrets russes dans celle perpétrée la veille contre plusieurs de ses ministères. « Le service de sécurité ukrainien a obtenu des indices préliminaires suggérant que des groupes de pirates informatiques associés aux services secrets russes pourraient être à l’origine de la cyberattaque massive d’aujourd’hui », gazouillait OlegNikolenko, porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères.
Selon un communiqué du service de sécurité (SBU), les cyberattaques menées dans la nuit de jeudi 13 à vendredi 14 janvier 2022 visaient 70 sites web gouvernementaux. Dix d’entre eux ont fait l’objet de l’« ingérence non-autorisée », a ajouté le SBU, sans que ceux-ci ne soient victime de fuite de données personnelles n’a eu lieu. (Crédits : DR)
L’attaque informatique concernant les infrastructures stratégiques ukrainiennes a pour finalité de désorganiser les autorités. Il est un des scénarios évoqués comme un signe avant-coureur probable d’une offensive militaire classique. L’Ukraine a plusieurs fois été la cible de cyberattaques prêtées ces dernières années à la Russie, notamment en 2017 contre plusieurs infrastructures critiques et en 2015 contre son réseau d’électricité, plongeant le pays dans un black-out.
In addition to the DDoS attacks against Russian govt websites today, there were attempted DDoS attacks against the websites of major Russian banks as well.
Un message explicite et menaçant avait été publié par les opérateurs en plusieurs langues. « Ukrainiens, prenez peur et préparez-vous au pire. Toutes vos données personnelles ont été téléchargées sur le Web », pouvait-on lire, selon un correspondant de l’AFP. Ce message était accompagné de plusieurs logos, dont un drapeau ukrainien barré. Cela, à un degré moindre, évoque l’affaire l’affaire dite « Olympics Games» avec le virus Stuxnet. Étrangement, mardi 15 février 2022, le site Web du ministère ukrainien de la Défense et des forces aéroportées ukrainiennes a été perturbé.
Un point d’Histoire
Le 8 décembre 1991, l’URSS, suite aux accords de Minsk, n’est plus. « Nous, la République de Biélorussie, la Fédération de Russie et la République d’Ukraine, en tant qu’États fondateurs de l’Union des Républiques socialistes soviétiques (URSS), qui a signé le Traité de l’Union de 1922 […] a cessé d’exister en tant que sujet de droit international et réalité géopolitique. » S’en suivent plusieurs accords, le traité de Minsk en 1994 dans la bataille Haut-Karabagh (région du sud-ouest de l’Azerbaïdjan), qui est foulé avec la Guerre des 44 jours, ou le pays perd un tiers de son territoire.
Une habitation brûle près de Kalbajar, cinq jours après le cessez-le-feu. Certains villageois préfèrent détruire leurs maisons et tous leurs biens, pour ne rien laisser aux belligérants de la guerre entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, avant de fuir. (Crédits : Alexander Nemenov/AFP)
Le traité de sécurité collective de 1995, signé à Minsk le 26 mai, entre la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l’Arménie et la Géorgie, sera prorogé de 5 ans en 1999 pour devenir l’Organisation du traité de sécurité collective, le 7 octobre 2002. Elle a la volonté de devenir analogue à l’OTAN et de s’assurer que ses alliés sont prêts à combattre contre un ennemi commun au nom des intérêts communs. Puis, le premier protocole de Minsk est un accord de paix le 5 septembre 2014 pour stopper la guerre en Ukraine orientale entre pro-Ukrainiens et pro-Russes.
Enfin, « Minsk 2 », est conclu le 12 février 2015 en treize points entre le gouvernement de Kiev et deux chefs séparatistes pro-russes, pour mettre, en vain, fin à la guerre du Donbass. « Nous condamnons avec la plus grande fermeté l’attaque horrifiante perpétrée par la Russie contre l’Ukraine, sans aucune justification et en l’absence totale de provocation. Nos pensées vont à toutes celles et à tous ceux qui ont perdu la vie ou ont été blessés, ainsi qu’au peuple ukrainien. Nous condamnons également le Bélarus pour avoir facilité cette attaque », s’insurge l’OTAN. La Russie en 2014 envahissait, puis annexait la péninsule ukrainienne de Crimée après une révolution pro-occidentale. Est-ce la reconquête de l’empire perdu, trente ans plus tôt ?
Actions, réactions et sanctions
Les marchés boursiers internationaux ont dégringolé et le baril dépassait les 100 $, en fond, les craintes d’augmentation des prix du chauffage et des denrées alimentaires. La Russie et l’Ukraine sont de grands producteurs non seulement de marchandises énergétiques, mais aussi de céréales et de diverses autres matières premières. Une guerre pourrait bouleverser les approvisionnements mondiaux, tout comme les sanctions imposées par les États-Unis et d’autres alliés.
Les deux pays concernés fournissent quasiment autant de céréales que les États-Unis. Côté pétrole la Russie en 2020 représentait 12,6 % de la production derrière les USA (17,1 %) et devant l’Arabie Saoudite (12,5 %), la France est à 1,5 %. En gaz la Russie (16,6 %) est juste seconde suivant le pays de l’Oncle Sam (23,7 %), la France livre 1,1 %. (Crédits : Passion Céréales)
Le ministère russe de la Défense a confirmé que ses forces terrestres avaient pénétré en Ukraine à partir de la Crimée et qu’elles avaient avancé vers la ville de Kherson, au nord-ouest. Avant d’ajouter que 83 installations militaires ukrainiennes avaient été détruites. Vladimir Poutine avait affirmé au préalable que « la Russie n’avait pas l’intention d’occuper l’Ukraine, mais prévoyait de la démilitariser. »
L’action d’envahir un pays avec des forces armées définit le terme « Invasion » selon Le Larousse. Y-a-t-il une différence linguistique de mots entre l’Ukraine, la Russie ?
Les dirigeants ukrainiens ont déclaré que l’Ukraine avait perdu le contrôle du site nucléaire de Tchernobyl, où les forces ukrainiennes ont livré une bataille acharnée aux troupes russes. De l’autre, le président russe avait-il prémédité les actions ? L’agence des douanes chinoise a approuvé jeudi 24 février 2022, les importations de blé en provenance de toutes les régions de Russie, une mesure qui pourrait contribuer à réduire l’impact d’éventuelles sanctions occidentales, APNews. « Toute guerre est fondée sur la tromperie », selon SunTzu. Dans une allocution télévisée au début de l’attaque, Vladimir Poutine affirmait qu’elle était nécessaire pour protéger les civils dans l’est de l’Ukraine, où les forces ukrainiennes et les séparatistes soutenus par la Russie se battent depuis près de huit ans. Biden et son administration avaient prédit que l’homme d’État russe envahirait lesdites régions convoitées par une fausse déclaration. Toute comme en 2003, le président américain, Georges W. Bush distillait son « GrandMensonge » sur les armes de destruction massive, situées en Irak.
Le Sénat de Porto Rico a annoncé mercredi 26janvier2022 qu’il a été la cible d’une infection par un ou plusieurs codes malveillants. Cette cyberattaque a pour conséquence de désactiver l’accès à l’Internet, son système téléphonique et son site web. La page officielle affiche que « Le site est peut-être temporairement indisponible ou surchargé ». C’est le dernier d’une série d’incidents similaires au cours des ultimes années. Le plus spectaculaire demeure l’extinction des lumières pour près de 500 000 habitants en juin 2021.
Alors que les Portoricains restent sur une amertume de la soirée du 10 juin 2021. Un feu dans l’une des stations électriques de l’île américaine de Porto Rico a plongé des milliers de résidents dans le noir. Ce peu après que le fournisseur d’électricité annonçait avoir subi une cyberattaque. « Huit minutes après le début de mon service, un incendie a eu lieu dans la centrale électronique, laissant la moitié de l’île de Porto Rico sans électricité. Ça a été un jour fou au boulot et j’attends toujours de rentrer chez moi », raconte un témoin sur Twitter. Ces deux incidents survenaient peu après les attaques par ransomware de ColonialPipeline, et du géant mondial de la viande JBS.
Les opérateurs derrière l’infection ne sont pas encore connus. L’enquête en cours indiquera l’étendue des dégâts potentiellement occasionnés. (Crédits : luisacabello/Pixabay)
Très tôt hier, le Sénat de Porto Rico a subi mercredi une cyberattaque qui a affecté ses outils informatiques, selon le président de l’organe législatif, José Luis Dalmau. « Nous avons identifié un incident de cybersécurité et activé le protocole de sécurité interne du Sénat et informé les autorités compétentes de la situation, ainsi que le personnel spécialisé pour commencer une évaluation des systèmes d’information », a-t-il affirmé dans un communiqué de presse. Ce dernier se veut rassurant en déclarant que « l’incident de cybersécurité n’a pas entraîné la perte de fonds publics ».
En 2020, une tentative d’escroquerie plus de 4 millions de dollars aux agences gouvernementales portoricaines, avait obligé les autorités à geler 2,9 millions de dollars. La même année, opérateurs malveillants s’introduisaient dans la base de données du service d’incendie de Porto Rico, et exigeaient 600000 dollars de rançon. (Crédits DR)
Les activités du Sénat reprendront avec les mesures adéquates de protection des informations externes, dès que les analystes auront établi que l’incident a été atténué. « Pour l’instant, rien ne prouve que des informations sensibles d’employés, d’entrepreneurs ou de consultants du Sénat ont été exposées, et le personnel spécialisé procède à une analyse pour déterminer la portée de cet incident », déclarait José Luis Dalmau.