Après la cyberattaque de la société Helios à la fin du mois de juillet 2022, revendiqué par la franchise LockBit 3.0, et Vygon en Espagne, c’est le groupe français Damart qui affiche désormais le désarroi d’une attaque informatique. Le site montrait hier soir aux alentours de 20 h le message « nous sommes désolés pour la gêne occasionnée, mais nous effectuons une maintenance en ce moment ». L’information est maintenant affirmée. Les serveurs de la compagnie ont fait l’objet d’une tentative d’intrusion.
« Nos équipes ont réagi immédiatement pour prévenir toute attaque, mais les protocoles de sécurité mis en place affectent néanmoins temporairement certains de nos services, y compris notre site et les livraisons. À ce jour, aucune fuite de données n’a été détectée », peut-on lire sur le site de Damart. LeMagIT indique avoir sollicité par téléphone la marque. « Un porte-parole du groupe explique que Damart est effectivement confronté à une cyberattaque et qu’une intrusion a pu être détectée avant que ne soit déclenché le chiffrement de systèmes dans son environnement IT ».
Hier soir, la marque semblait déjà être aux prises de la cyberattaque, rien n’a transpiré de l’enquête en cours. Pour le moment il ne sers à rien de fantasmer le type d’attaque, encore moins d’indiquer qu’il s’agit d’une attaque par codes malveillants de type ransomware. (Crédits : capture d’écran/Damart)
De nombreux applicatifs sont mise à l’arrêt afin d’éviter des dégâts supplémentaires. Les services de livraison et le site sont actuellement en pause. L’enseigne espère un retour à la normale pour la semaine prochaine. L’enquête est en cours. « À ce jour, aucune fuite de données n’a été détectée. Notre mobilisation demeure pleine et entière pour rétablir l’ensemble de nos services dans les meilleurs délais », communique la marque.
Les opérateurs derrière le rançongiciel Vice Society viennent de publier des données de l’entreprise internationale Vygon. Elle conçoit, produit et commercialise des dispositifs médicaux. Comme l’explique le groupe, Vygon est une société familiale créée en 1962 et basée à Ecouen en Île-de-France. L’entreprise emploie 2 387 collaborateurs à travers le monde. En 2020, son chiffre d’affaires s’est élevé à 344 millions d’euros, dont 83 % à l’international. Les données exposées sont rédigées en espagnol.
De nombreuses données de clients, d’hôpitaux, de factures, de budgets sont ainsi exfiltrées. Des photos personnelles exposées. Des archives de conversations d’e-mails pour un total de 16 Go au format PST. Des photos personnelles, d’autres prises lors de réunions ou colloques. La porte d’entrée semble être les systèmes d’informations de la compagnie basée à Valence en Espagne.
De très nombreux documents de stratégie sont ainsi livrés, avec pléthores de détails permettant de pousser plus loin vers d’autres entités potentiellement les futures cibles des opérateurs malintentionnés. (Crédits : capture d’écran/Vice Society)
Un organigramme détaillé du directoire et des différentes directions. Une partie des fichiers exposés affiche un lien avec la tête dirigeante située à Ecouen. Pour l’instant, la succursale espagnole n’a pas communiqué sur cette fuite de données ni sa maison mère. Dernièrement le ransomware Ransom House est à l’origine de la diffusion de 2, 1 TB de données appartenant à huit communes italiennes.
Nombreux documents affichant la civilité des personnes à contacter en cas de factures… La compagnie contactée n’a pas encore donné suite. (Crédits : capture d’écran/Vice Society)
La nouvelle franchise RedAlert revendique la cyberattaque contre le plus grand fournisseur de services aux personnes handicapées aux États-Unis, COARC. La compagnie américaine Tri-Ko par Hive, Industrial Spy met en vente les données de Burnettefoods pour 1,3 million de dollars. Et LockBit 3.0 affiche comme actuelles victimes Fosun, VS associates et Pinnick. Sans oublier LV Blog qui affirme détenir 20 GB de données sensibles de la firme Eledondati.
Si les entreprises comme La Poste Mobile ne paye pas la rançon exigée, il n’en est pas moins que les opérateurs derrière les ransomware accumulent pléthore de données et informations sensibles. Jouent-ils une partie d’échecs au niveau mondial ? Avancent-ils leurs pions avant de placer réellement leurs attaques ? Après les cyberattaques contres les compagnies productrices d’électricité en Israël, au Luxembourg, Creos, Dusa, Enovo. Des entreprises sensibles telles Beesense, MBDA ou huit villes italiennes aussi attaquées. Ce qui est certain, est que les différentes franchises de ransomware accumulent de plus en plus de données à travers le monde.
Industrial Spy revendique l’attaque informatique contre l’industrie agroalimentaire. Ils réclament une rançon de près de 54 bitcoins. Burnette Foods est un distributeur de fruits et légumes d’origine locale et nationale avec des installations de production dans tout l’État du Michigan. (Crédits : capture d’écran/Industrial Spy)
Deux entités aux services des personnes souffrant de troubles physiques ou psychiques viennent de subir une probable attaque informatique par Ransomware-as-a-Service. Cela pourrait engendrer les fuites de données sensibles de santé d’individus, mais pas que. Les entreprises concernées sont toutes deux américaines. La première Tri-Ko visée par le ransomware Hive, l’autre Coarc par RedAlert. Ce dernier affirme avoir téléchargé des informations sur les employés (numéro de sécurité sociale, permis de conduire…), comme les bénéficiaires (contrats, données personnelles…), mais également les documents financiers des l’établissement.
La nouvelle franchise affiche à chaque fois les mêmes types d’informations. (Crédits : capture d’écran/RedAlert)
La firme chinoise Fonsun, fondée en 1992 est victime du ransomware LockBit 3.0. Elle emploie 96 000 personnes à travers le monde. Elle concourt à prodiguer des services dans les domaines de la « santé, bonheur, richesse et intelligence ». Les opérateurs laissent jusqu’au 20 août 2022 à 13 h 39, avant de diffuser les informations. « Apparemment les négociations sont au point mort. Nous sommes obligés de publier plus tôt parce que la compagnie avec les revenus de 22 milliards de dollars ne peut pas payer 500 000 dollars », justifient-ils.
Comme La Poste Mobile auparavant, les entreprises semblent refuser d’acquitter la note. (Crédits : capture d’écran/Fosun)
VS associates basée à l’ouest de Los Angeles aux États-Unis s’occupe de faire fructifier les finances pour la retraite de ses affiliés. La compagnie travaille avec entre autres avec AIG, AXA, Allianz… Comme preuve de son exfiltration de données, les opérateurs diffusent des tableaux de noms. Ils affirment détenir 155 GB à travers 182 021 fichiers. Chacun est établi par liste alphabétique commençant par le nom, prénom suivi d’un identifiant. Ainsi que leurs adresses, numéros de téléphone, e-mail, et même l’encours des comptes détenus.
Chacun des dossiers est élaboré par liste alphabétique. Ils débutent par le nom, prénom suivi d’un identifiant. Puis en détail, leurs adresses, numéros de téléphone, e-mail, et même le montant des comptes détenus. (Crédits : capture d’écran/LockBit 3.0)
La société britannique Pinnick Lewis créée en 1950 apporte des services aux entreprises. Elle fournit des services traditionnels de fiscalité, de comptabilité et de conformité, tant au niveau local que national. « Nos clients vont des start-ups et des indépendants aux entreprises gérées par leur propriétaire, des PME et des grandes entreprises », explique l’entreprise. LockBit affirme avoir en sa possession 103 GB de données sensibles. Elefondati, entreprise italienne spécialisée dans la conception, construction de systèmes de communication, transmission de données et de sécurité est la victime ce 15 août 2022 du ransomware LV Blog. Est-ce les suites de l’attaque du géant Cisco Systems, avec lequel Elefondati collabore ?
La série « La Casa de Papel » d’abord pur produit ibérique de la chaîne Antena 3, avant de migrer vie Netflix, à connu un engouement mondial tonitruant. Celle qui sur cinq saisons lie drame, suspense, thriller et braquage, a sans doute fait naître ou du moins évoquer des pensées d’un côté comme de l’autre. Le braquage de la banque d’Espagne remémore les casses les plus retentissants du siècle dernier. Notamment, en France, celui de la Société Générale de Nice voyait ses coffres se vider du 16 au 18 juillet 1976.
Depuis la naissance des organismes fiduciaires, les coffres-forts sont une obsession des banques. La série « La Casa de Papel » aurait-elle poussé la banque d’Espagne à revoir sa politique de sécurité ? Tous les fantasmes sont permis ou presque. Le premier appel à candidature date de juillet 2016. Quoiqu’il en soit, l’organisme fiduciaire a acheté quatre coffres-forts, ainsi qu’une armoire dite de sécurité. Ces systèmes de protection seront installés dans la nouvelle imprimerie de billets de banque. Le coût est de plus de 78 millions d’euros. Située sur l’avenue de Daroca, dans le quartier Vicálvaro de Madrid, l’imprimerie des billets de banque de la Banque d’Espagne (IMBISA) s’est offert quatre coffres-forts et une armoire de sécurité, mais pas seulement.
Les travaux ont été attribués à l’entreprise de construction Dragados pour 78 055 366 euros. Débutés en mars 2020, achevés en mai 2022, ils devraient être opérationnels en 2023. La nouvelle Casa de Papel occupera un terrain de 65 735 m2, et une surface au sol de 28 684 m2 répartie sur plusieurs bâtiments (Crédits : capture d’écran/IMBISA).
Le contrat prévoyait la fourniture de coffres-forts et d’armoires de sécurité pour le stockage d’armes. Ainsi que leur installation dans l’édifice destiné au détachement de la Guardia Civil. Les documents d’appel d’offres ajoutaient la pose de deux coffres-forts. Pour entreposer 20 mitraillettes, soit dix MP5 et dix G36 KV. Puis, deux autres coffres-forts pour le stockage de 60 armes légères, réparties équitablement ont également été convenus.
Selon les documents de l’appel d’offres, les coffres-forts devaient avoir une épaisseur de blindage d’au moins 8 cm. Ils devaient parallèlement disposer d’une protection anti-perçage pour les zones sensibles et de systèmes de re verrouillage en cas d’attaque. (Crédits : DR)
Le site industriel, situé dans le quartier de Vicálvaro à Madrid « présente un design unique et moderne qui s’intègre naturellement à son environnement » souligne IMBISA. L’endroit choisi et le site auraient été conçus pour « combiner les exigences de sécurité les plus strictes avec une protection maximale de l’environnement, en intégrant les principes suivants et une protection maximale de l’environnement, en intégrant les principes de l’innovation technologique et des processus de production efficaces ».
Ils sont réalisés en « matériaux de haute performance avec renfort d’acier et de fibres » qui sont « hautement résistants aux attaques mécaniques et thermiques ». Leurs portes ont une épaisseur de 15 cm. Ils sont équipés d’une protection anti-perçage dans les zones sensibles des mécanismes, des loquets, des boulons et des serrures. (Crédits : DR)
Les services de la banque d’Espagne ont donc voulu un système de serrure plus perfectionné. « Leurs serrures seraient de deux types, une serrure à clé et une serrure à combinaison électronique. Les serrures électroniques des coffres-forts sont également préparées pour être actionnées par télécommande. » Les documents d’appel d’offres fournissent de nombreuses données. Est-ce que le cerveau présumé du casse de la Société Générale en 1976, à Nice en France, Albert Spaggiari avait eu autant d’informations ? L’affaire dite Spaggiari avait vu s’envoler 46 millions de francs, l’équivalent d’environ 29 millions d’euros actuels.
Ce jeudi 11 août 2022, peu après 12 h 30, la ville de Toronto se retrouvait pour une partie sans électricité. Plusieurs pâtés de maisons dans le secteur des rues Yonge et Dundas, y compris le Yonge-Dundas Square sont touchés. Les publicités massives sur les écrans géants ont laissé place à la noirceur. D’autres quartiers ont été impactés. L’origine de la panne selon les médias canadiens serait due à une grue qui aurait malencontreusement arraché des câbles à haute tension.
Selon Hydro One, la panne de courant massive qui a privé une grande partie du centre-ville de Toronto pourrait avoir été causée par une grue. Cette dernière aurait été transportée sur une barge et aurait accroché lesdits câbles. Elle aurait arraché des câbles à haute tension dans le quartier Port Lands. Les pompiers seraient sur place pour sécuriser les câbles tombés à terre, non loin des rues Bouchette et Commissioners.
La carte des pannes de Toronto Hydro montre l’impact d’une panne de courant massive dans le centre-ville de la ville, le jeudi 11 août 2022. (Crédits : Toronto Hydro)
La carte des pannes recenses de Toronto Hydro, détermine une zone comprise approximativement par la rue College jusqu’au bord de l’eau, puis entre le Don Valley Parkway et l’avenue University. « Les lumières, les caméras et les entreprises sont toutes privées d’électricité », a indiqué Toronto Transportation Services.
Plus de 10 000 clients étaient privés d’électricité selon CP24. Les usagers ds transports en commune doivent s’armer de patience. Des dommages collatéraux engendrent de nombreux et conséquent retards sur les différents trajets. (Crédits : CP24/YouTube)
La panne généralisée a également touché plusieurs bâtiments, dont le Centre Eaton et le quartier général de la police de Toronto, ainsi que plusieurs tours du Financial District. Les nombreux grands écrans publicitaires de la place Yonge-Dundas sont également tombés dans le noir.
La vidéo semble montrer l’origine de cette panne. Une grue transportées par une barge aurait accidentellement accroché les câbles à haute tension.
Les ascenseurs de la zone sont également touchés. Dans un tweet publié ce jeudi après-midi, Sean Fraser, ministre de l’Immigration déclarait être coincé dans la cage d’ascenseur d’un immeuble du centre-ville de Toronto.
UPDATE: We're investigating reports that a barge carrying a crane came into contact with high-voltage transmission lines in the Port Lands area. We continue to try and reroute power to bring @TorontoHydro customers back as safely and quickly as possible. #DarkTOpic.twitter.com/oQgNbEHi6I
Les attaques informatiques sont fleuves cet été. La dernière en date est de taille, il s’agit de la firme Cisco Systems. Les opérateurs derrière les Ransomware-as-a-Service tel que LV Blog pour Valverde Hotel, RansomHouse pour les communes de San Godenzo, Londa, Pelago, Pontassieve, Regello, Rufina et l’union de Valdarno et Valdisieve en Italie. Les systèmes d’information sont mis à rudes épreuves. Même au Canada, l’union des producteurs agricoles est attaquée.
Il ne passe pas une semaine sans que les gros titres de la presse, « print et WEB » ne mentionne une cyberattaque, un ralentissement informatique… La plupart du temps, la faille intervient entre l’ordinateur et le fauteuil. Au Canada, l’union des producteurs agricoles est paralysée depuis le 6 août 2022. Les fichiers partagés sur le réseau interne, le service de paie, et d’autres entités nécessaires à l’UPA sont indisponibles. Les fédérations régionales sont touchées par ricochet. « Ce qu’on ne sait pas présentement, c’est si les pirates ont volé de l’information, c’est ce qu’il faut être en mesure d’évaluer », affirme le directeur général Charles-Félix Ross. Les équipes travaillent à rétablir l’ensemble des systèmes exempt de tout code malveillant.
Les opérateurs derrière le ransomware « RansomHouse » mettent à disposition plus de 2 téraoctets de données sur leur site de fuite. LockBit 3.0, BlackCat, LVBlog, CL0P, Quantum… les cyberattaques sont extrêmement fréquentes. (Crédits capture d’écran/Ransom House)
Ils indiquent d’ailleurs leur stupéfaction : « une nouvelle pandémie fait rage dans les structures gouvernementales italiennes ! Le principal symptôme est le fait d’avoir des mots de passe comme 12345678 pour les ressources critiques qui stockent des données sensibles, ce qui entraîne des conséquences assez prévisibles et menace les gens ordinaires. »
Comme pour CASA en Belgique, les communes italiennes voient des renseignements confidentiels et privés diffusés. En Belgique, les prénoms, noms, adresse électronique, numéros de téléphone peuvent utilisés à mauvais escient. (Crédits : Capture d’écran)
Si aucune communication n’est encore avérée pour l’établissement portugais, Valverde Hotel basé à Lisbonne, l’enseigne CASA quant à elle renseigne et invite chaque client à une surveillance accrue pour pallier un possible phishing. « Le 1er août 2022, CASA a été victime d’une attaque par ransomware menée par un groupe de pirates informatiques. Nos systèmes de sécurité l’ont détecté à court terme. Nous n’avons pas pu empêcher le cryptage de nos systèmes informatiques et la fuite de certaines données personnelles », explique la compagnie.
Pour l’instant seule une arborescence des systèmes est divulguée. Selon Bleeping Computer, 2,8 GB de données seraient volées. Il y a bien eu intrusion non autorisée, mais pas de déploiement de ransomware. (Crédits : capture d’écran/Yanlouwang)
« Cisco a connu un incident de sécurité sur notre réseau d’entreprise fin mai 2022 », mentionne un porte-parole de Cisco. La société aurait immédiatement pris des mesures pour contenir et éradiquer les menaces. Ce n’est que dernièrement, le 10 août 2022 que les opérateurs, revendiquant appartenir à l’entité « Yanlouwang », affirment avoir dérobé des informations. Entre temps, LeMagIT explique que les attaques même sophistiquées n’auraient pas été concluantes. En effet « les équipes de Cisco assurent n’avoir pas trouvé d’indication d’un éventuel accès à des systèmes critiques […] ».
Les victimes s’enchaînent sur le site de fuite, pour celles qui sont revendiquées et affichées. Depuis la nouvelle mouture du rançongiciel LockBit 3.0, pas moins de 79 victimes sont ainsi aux proies des opérateurs au 9 août 2022. Tout type d’industries, de pays, de continents sont ainsi touchés. Sommes nous assez préparés ? Les systèmes d’information sont ils assez protégés ? Les opérateurs derrière le ransomware LockBit 3.0 sont-ils trop forts ? Ce qui est sur, c’est qu’ils sont virulents.
Ils ne sont pas les seuls à œuvrer au sein du darknet. CL0P, Quantum, RansomEXX, Ragnar_Locker, Hive, BlackCat… La cyberattaque de la commune belge de Maldegem aurait été découverte le 28 juillet 2022. Située en Flandre orientale, la menace de divulgation de données du CPAS entre autres. Les informations promises à la divulgation semblent-être sensibles, voire confidentielles. Le service propose aux personnes démunies une aide financière, un logement, une aide médicale, psychologique… soit tout un chacun.
Comme preuve de leurs méfaits, les opérateurs derrière le Ransoware-as-a-Service LockBit 3.0 diffusent cinq captures affichant prénoms, noms de bénéficiaires. Ils réclament comme rançon la somme de 200 000 dollars américains en cryptomonnaie. (Crédits : capture d’écran/LockBit 3.0)
L’intercommunal de santé Vivalia avait subi les foudres d’une cyberattaque en mai 2022, le barreau de Charleroi également cette fois en octobre 2021. L’ultimatum est fixé au mercredi 10 août 2022 quatre secondes avant midi. La teneur des informations de personnes lambdas n’a pas empêché, et n’empêchera pas les opérateurs derrières quelques ransomwares que ce soit, de les rendre publiques. Quant à savoir si nous sommes préparés, la cybersécurité est une éducation à avoir, à appliquer, de la part de tous, de la même manière que vous n’allez pas traverser une autoroute les yeux bandés, tout ne pas pas être effectué en entreprise et ailleurs. Non sans redouter que le jour où la capacité d’espionnage étatique deviendra offensive, au sens de destruction massive, « ce jour-là, on comptera ceux qui se sont préparés au mieux », expliquait Guillaume Poupard lors du Forum International de la #Cybersécurité, en juin 2022.
Les opérateurs derrière le ransomware Quantum viennent de dévoiler le 4 août 2022 de très nombreuses informations sur l’entreprise Beesense située en Israël. Les publications révélées sont de nature personnelle, le CV, contrats de travail, contrats, scans de documents… d’ordre financier avec des documents de ventes, accords, rapports annuels, planification des dépenses, fiche de paie… mais également des tests, protocoles, logiciels, projets en cours, dessins d’équipement Bee3, Bee5 Compact & sophistiqué…
L’entreprise fondée en 1996 est spécialisée dans la conception de systèmes électroniques pour la sécurité aéroportuaire, surveillance tactique, sécuriser les infrastructures critiques, la surveillance tactique. Les appareils de haute technologie peuvent surveiller des frontières, trains, aéroports, sites militaires. Pour certain sont d’ores et déjà en fonctionnement. Pour preuve, les opérateurs ont procédé à plusieurs capture d’écran des opérateurs de tests à la volée. Différents protocoles de produits, de caméra, mais aussi d’étalonnage d’appareils de surveillance sont ainsi livrés.
Les données affichées dans le système de débogage permettent d’apprendre beaucoup sur la conception des programmes informatiques. À l’heure de l’IoT, où la reconnaissance vocale fait d’énormes avancées, des voix enregistrées sur vidéos sont accessibles sur le site de fuite. (Crédits : capture d’écran/Quantum)
Plusieurs photos prises, semble-t-il, à travers d’aéronef ou satellites, effectuées d’infrastructures aux États-Unis, France, Inde ou Pologne font la preuve de la technicité de leurs équipements. Des croquis d’appareils servant aux contrôles, des systèmes de surveillance à doubles capteurs FireFly 500, FireFly Mantis 3 Stand-off radar… tous composés d’électroniques. Un nombre incalculable d’informations sensibles sont désormais à la portée de tout un chacun.
Les fuites de données ici et là sont comme les températures, en réelle augmentation. Les différentes attaques informatiques de la fondation italienne Edmund Mach, en juillet 2022, la maison Armani, le groupe Ferrovie Deilo Stato, Martinelli Ginetto, ainsi que les entreprises qui ne sont pas revendiquées, font le bonheur des opérateurs malveillants. Sur le forum Breached, dans la journée du 2 août est apparu un message offrant pour 250 euros, les données de près de 700 000 Italiens.
Les données 686 719 personnes sont ainsi à vendre pour une bouchée de pain. L’opérateur propose de télécharger un échantillon pour prouver la véracité de ses dires. Après l’analyse de Red Hot Cyber, les informations concerneraient une entreprise de Busto Azsizio. La même chose peut arriver partout en France.
Il n’existe pas de petits profits. L’opérateur a ainsi posté sa proposition le lundi 1er août 2022. (Crédits : capture d’écran)
Les personnes derrière les tentatives de phishing récupèrent ces informations pour peu d’argent, et s’en servent pour des tentatives d’escroquerie bien plus grandes et génératrices d’argent. Ces derniers temps, pléthores de Françaises et Français reçoivent SMS, e-mails demandant de confirmer leurs données sur le compte de l’assurance maladie en ligne, Ameli, ou leur compte personnel de formation CPF : Attention arnaque !!!
Le leader européen dans la conception de missiles et de systèmes de missiles visé par une tentative d’extorsion. Le groupe qui se réclame sous le patronyme « Adrastea » justifie avoir téléchargé environ 60 Go de données confidentielles. Les informations ainsi exfiltrées l’auraient été d’après les individus sur un disque dur externe. La firme réfute toute intrusion dans des systèmes d’information. Selon la revendication les données à vendre appartiendraient à la filiale italienne de MBDA et l’OTAN.
L’offre aurait pu rester confidentielle, si elle n’était pas sortie de quelques forums fréquentés par les cybercriminels explique LeMagIT. Depuis la diffusion du groupe Arvin sur son canal Telegram, dimanche 31 juillet 2022, elle s’est diffusée depuis comme une traînée de poudre. Les opérateurs derrière « Adrastea » expliquent que « nous avons trouvé des vulnérabilités critiques dans l’infrastructure des réseaux et avons eu accès aux fichiers et aux données confidentielles de l’entreprise. »
« L’origine des données a déjà été déterminée, elles ont été acquises à partir d’un disque dur externe. Il a été confirmé qu’il n’y a pas eu de piratage des réseaux sécurisés de l’entreprise », indique MBDA. Une enquête des autorités italiennes est en cours. (Crédits : capture d’écran)
L’entreprise qui affiche un chiffre d’affaires annuel de 4,2 milliards d’euros, emploie 13 000 personnes disséminés en France, Allemagne, Italie, Royaume-Uni, États-Unis et en Inde. Le groupe assure qu’à ce stade des investigations « les processus de vérification internes de l’entreprise indiquent que les données mises en ligne ne sont ni classifiées ni sensibles ».