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  • Smartphones : deux heures pour se retrouver

    Smartphones : deux heures pour se retrouver

    À Toyoake, petite ville japonaise de près de 70 000 habitants, un arrêté municipal invite la population à limiter l’usage du smartphone à deux heures quotidienne. Sans aucune contrainte, la mesure suscite débats, résistances et réflexions. Il fut un temps où l’on accusait l’individu. Manque de volonté, faiblesse de caractère, dépendance mal assumée s’étendent dans chaque bouche. Puis les écrans se sont multipliés, miniaturisés, glissés dans les poches, aux poignets et jusque dans les chambres d’enfants. À mesure que l’usage devient universel, la faute cesse d’être privée. Derrière cette controverse, une interrogation bien plus vaste se dessine. Que produit l’hyperconnexion à nos cerveaux, à notre attention, et à la vie collective elle-même ?

    Au cours de l’automne 2025, Toyoake pose un jalon symbolique, une préconisation : limiter l’usage du smartphone à deux heures par jour. Pas de répression, pas d’amende, ni de contrôle. Une invitation, presque une supplique. L’expérience éclaire une société qui ressent, presque honteuse, que quelque chose lui échappe. Un triptyque composé du temps, de l’attention, et du sens.

    Quand l’attention devient une affaire collective

    Longtemps, l’addiction au smartphone est pensée comme une question morale, voire un manque d’éducation. Or, la science nous parle de neurobiologie. Le sacro-saint téléphone portable, pour certains, leur « précieux » n’est pas qu’un simple outil. Il est conçu pour être un objet à renforcement intermittent. Il alterne des notifications, likes et informations plus ou moins indispensables. À chaque vibration, une promesse ; à chaque promesse, une micro-décharge de dopamine… bref, ce qui peut s’apparenter à une dose chez un drogué.

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    Les conséquences sont connues et reconnues. Des troubles du sommeil, de la fatigue chronique, des difficultés attentionnelles accompagnées d’une anxiété diffuse. Chez les plus jeunes — concernés par la détermination française d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de quinze ans —, les médecins observent des retards de concentration et une désorganisation du rythme veille-sommeil.

    Le point de vue change. Ce qui relève du « manque de volonté », ou d’éducation devient un enjeu de santé publique.

    Au Japon, les autorités invitent à la discussion familiale, à la prise de conscience, tout en douceur, aucunement répressif comme c’est déjà le cas en Australie.

    (Crédits : Engin Akyurt/Pexels)

    La question reste et demeure universelle. Jusqu’où une société peut-elle — doit-elle — intervenir pour protéger le cerveau en maturation de ses plus jeunes. La « Gen Z » est née avec le smartphone au sortir du berceau. L’autorégulation individuelle ne se suffit plus à elle-même ? Comme pour l’alcool, le tabac ou le sucre, la frontière entre liberté et protection devient poreuse.

    La génération biberonnée par le scroll

    Ce qui se joue à l’échelle de la planète dépasse le cas japonais. Dans les universités américaines, des enseignants racontent une scène devenue banale. Des étudiants, dans un cursus cinématographique, sont incapables de regarder un film jusqu’au bout. Dans l’enquête publiée par The Atlantic, des professeurs décrivent des élèves présentant des signes d’agitation ou de fuite. Ils consultent leur téléphone, de façon anachronique et compulsive, comme s’ils cherchaient de l’air. L’attention, comme la mémoire est une fonction plastique, vulgairement une éponge. Elle se travaille, se muscle, s’entretient. À force de séquences brèves et de contenus conçus pour être abandonnés avant la fin, le cerveau s’habitue à l’instantanéité.

    La continuité s’avère éprouvante, presque douloureuse. Le film « Demolition Man » devient prophétique. Ainsi, sur Reddit, trois commentaires résument le tout. ProfessionalMoose 123 écrit : « Un truc à remarquer aussi : ils n’écoutent que des musiques de 30 secondes, qui sont des jingles de pubs. Ça me rappelle TikTok. » CE que poursuit RexTheSkibiriToilet : « Oh là là… de nos jours, la distinction entre pub et divertissement, c’est presque zéro. Les influenceurs font la promo de produits au milieu de vidéos perso, les jingles deviennent des mèmes. ». Puis la conclusion est apportée par r/filmes : « J’ai été impressionné par la façon dont “San Angeles” en 2032 ressemble à notre monde d’aujourd’hui. »

    Rupture majeure dans l’attention

    Anthropologiquement, la rupture est majeure. Car la « Gen Z » est la toute première à ne pas connaître un monde sans écran portable. Le cinéma, les interminables récits, les conversations sans pause deviennent des expériences exigeantes, voire anxiogènes.

    Cette mutation se constate d’ores et déjà. La chute de l’attention soutenue, une difficulté croissante à lire un texte long, à suivre un raisonnement complexe, ou à mémoriser sans support immédiat. Les conséquences sur les apprentissages et le niveau scolaire nourrissent un sentiment de décrochage. Face à cette exigence cognitive, le smartphone s’impose comme une béquille permanente, ou inversement. Les étudiants y trouvent distraction et outils. Les moteurs de recherche, résumés automatisés, et désormais intelligences artificielles conversationnelles et génératives mobilisées pour faire — ou finir — les devoirs. Non par paresse, mais parce que l’attention n’est plus disponible ce genre d’effort.

    (Crédits : HMizuno K/Pexels)

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    Le téléphone n’est plus seulement un écran qui détourne, qui occupe, qui relie. Il devient un dispositif de compensation cognitive. Cela révèle l’univers d’une génération sommée de produire dans un monde qui a méthodiquement sapé les conditions de la concentration. Ce n’est pas une fin en soi, mais une civilisation qui ne sait plus attendre, ni regarder longtemps, ni écouter sans vérifier ailleurs, ni s’ennuyer se transforme en profondeur. La proposition de loi été adopté par 116 voix contre 23 (577 députés au total).

    Une règle imparfaite pour une question essentielle

    À Toyoake, seuls 7 % des habitants disent avoir réellement modifié leurs usages. Le débat a le mérite d’exister. La société japonaise accuse la mairie d’ingérence. L’édile interrogé par Asahi Shimbun et NHK, explique que « l’objectif n’est pas de contrôler, mais de faire prendre conscience. » Il n’y a pas de vérité universelle, ni l’apanage scientifique derrière cette durée, juste un prétexte, somme toute symbolique. C’est un point de départ d’une réflexion collective. Plusieurs participants racontent n’avoir pas réussi à se contenter de deux heures. Mais, ils estiment avoir gagné autre chose. Une méthode pour des journées plus longues, des conversations plus attentives, et une connexion à l’instant présent.

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    En Europe, le débat prend une tournure plus frontale. En Italie, le gouvernement a choisi la voie de l’interdiction. À la mi-juin 2025, une circulaire du ministère de l’Éducation bannit l’usage du smartphone dans les lycées. Elle évoque les effets délétères de l’hyperconnexion sur la santé, la concentration et les apprentissages, rapportent La Repubblica et Il Post. La presse comme les foyers italiens se divisent. Certains titres saluent une mesure de « désintoxication » nécessaire face à la baisse du niveau scolaire ; d’autres s’interrogent sur la pertinence d’extraire de l’instruction un objet omniprésent dans le monde extérieur.

    Bannir ou affronter ?

    « Le smartphone n’est plus seulement un outil, mais une prothèse cognitive et sociale, un lieu où se mêlent savoir, relations et imaginaire. » L’école doit-elle bannir l’écran, ou affronter le défi de l’éducation au numérique ? Derrière la divergence des méthodes, des opinions, une même inquiétude affleure : « Comment transmettre le goût et la capacité d’apprendre dans un monde où l’outil le plus utilisé fragilise précisément l’attention dont l’apprentissage dépend ? »

    Le débat révèle une tension essentielle de nos démocraties contemporaines : comment préserver la liberté individuelle sans renoncer à toute responsabilité collective ? Comment nommer un problème sans infantiliser ? Comment protéger sans interdire ? Comment expliquer à ceux qui l’utilisent comme ils respirent, qu’ils doivent sans passer avant quinze ans ?

    Le Japon, souvent caricaturé pour son conformisme, poser une question ouverte. Si cette opération n’est pas la solution, elle propose une invitation à la discussion. Car selon un rapport de l’OCDE « l’utilisation des smartphones et autres appareils numériques à des fins non éducatives en classe est liée à une distraction accrue et à des résultats scolaires moins bons. » (Crédits : cottonbro studio/Pexels)

    La Japonaise, Toyoake, n’a pas réglé l’addiction aux smartphones, mais elle a fait beaucoup mieux. Elle a rendu visible l’invisible. Dans un univers où les technologies rivalisent d’ingéniosité pour capter notre attention, le courage n’est peut-être pas de se connecter, mais d’apprendre à se déconnecter pour se reconnecter au monde réel. Finalement deux heures, n’est pas grand-chose, mais beaucoup en même temps.

  • Cyberattaque du FAI Lagoon Offratel en Nouvelle-Calédonie

    Cyberattaque du FAI Lagoon Offratel en Nouvelle-Calédonie

    Le fournisseur d’accès à l’Internet Lagoon est victime d’une cyberattaque de type ransomware. L’offensive se serait déroulée dans la nuit de samedi à dimanche 18 août 2024. Le site du FAI est toujours hors service à l’heure actuelle. Les équipes techniques travaillent d’arrache-pied. Cette attaque vient confirmer le niveau des cyberattaques dans le monde. Mais c’est en particulier la somme totale que les victimes ont versée aux cybercriminels qui affolent les compteurs : 459,8 millions de dollars.

    Les cyberattaques sont légion. Durant les JO de Paris2024, l’ANSSI a recensé 141 incidents de cybersécurité. Elles sont principalement des attaques DDoS bien gérées. En Nouvelle-Calédonie, il n’y a plus d’accès au site internet de Lagoon, et des victimes collatérales.

    Lagoon hors service

    Depuis lundi 19 août 2024, c’est le black-out, la panne complète : « Cyberattaque, le FAI Lagoon Offratel victime d’un rançongiciel », titre Radio Cocotier. Sport Eveil attitude explique que « notre opérateur internet LAGOON rencontre des difficultés et malheureusement nous ne sommes pas en mesure d’envoyer ou de recevoir des mails. » C’est le cas de nombreuses victimes collatérales.

    Par un message sur Facebook, l’opérateur annonce à ses clients être victime d’attaque par ransomware. « Nous prenons cette situation très au sérieux et travaillons activement avec les autorités locales et nationales pour traiter cet incident. »

    L’impact sur ses clients est en cours d’investigation. Ils sont à pied d’œuvre pour « rétablir nos services dans les plus brefs délais ». Le nom du gang de cybercriminels n’est pas connu.

    Sur le deuxième point info, les courriels « @laggon.nc » ne sont plus accessibles. Mais il indique qu’il ne faut pas absolument pas débrancher le modem, ni l’éteindre.

    Comme chaque entreprise victime, les lignes téléphoniques sont hors services. (Crédits : Capture d’écran/Lagoon Offratel)

    Lorsque les hôpitaux sont victimes de cyberattaque, ils doivent faire face. Ils fonctionnent avec papier et crayon, pour maintenir l’offre de soins, jusqu’au rétablissement des dives systèmes d’information. Le FAI, Lagoon, indique que petit à petit, les clients recouvrent l’accès à l’Internet.

    Près d’un demi-milliard de rançons

    Comme explique Bill Toulas pour BleepingComputer, les victimes de ransomware ont versé 459 800 000 dollars lors du premier semestre. Si le paiement de rançons se maintient, la somme totale devrait établir un nouveau record. La comparaison avec 2023 s’appuie sur des attaques très médiatisées et préjudiciables. L’exploitation Cl0p du zero-day MoveIT et l’exploitation par le groupe de ransomware ALPHV/BlackCat des propriétés hôtelières de Caesars, pour ne citer qu’eux.

    L’année 2023 affiche un retour des ransomwares, mais c’est en particulier le total des rançons payées qui atteint des records. Selon Chainalysis, le montant des rançons payées passe de 220 millions de dollars en 2019 à 1,1 milliard en 2023.

    Une entreprise du classement fortune 50 a versé 75 millions de dollars en 2024, cela fait suite à la cyberattaque du gang Dark Angels, selon le rapport de Zscaler. « 2024 devrait être l’année la plus lucrative à ce jour pour les paiements de ransomware, en grande partie parce que les souches mènent moins d’attaques très médiatisées, mais perçoivent des paiements importants », explique ChainAnalysis. Le rapport stipule aussi que les souches de ransomware les plus conséquentes ont sous-performé de 50,8 %. Ce qui est dû aux interventions des forces de Police (Alphv/BlackCat, Lockbit), avec une interruption temporaire ou définitive. (Crédits : MichaelWuensch/Pixabay)

    La première partie du rapport continue en relevant que la rançon médiane versée est passée de 198 939 dollars au début de l’année 2023 à 1,5 million en juin 2024. Donc les groupes de cybercriminels « ciblent en priorité les grandes entreprises et les fournisseurs d’infrastructures critiques, qui pourraient être plus enclins à payer des rançons élevées en raison de leurs poches profondes et de leur importance systémique. » Moins d’attaque, mais plus ciblées, la chasse aux gros poissons (big game hunting), plus enclins à payer.

  • Voir à travers les murs, un fantasme devenu réalité ?

    Voir à travers les murs, un fantasme devenu réalité ?

    Rien de plus satisfaisant que de voir à travers les murs, comme le fait Superman. Le vieux fantasme d’espion est désormais réalisé… par trois chercheurs de l’université Carnegie Mellon, aux États-Unis, en utilisant le Wi-Fi. Rassurez-vous, il faut quelque peu du matériel, des connaissances et du temps. Grâce à cette « trouvaille », plus de cachette possible dans un domicile possédant une « box internet ». De Waterloo à Pittsburgh, des chercheurs nous amènent à voir différemment.

    Vous pensez que si les volets sont fermés vous êtes protégé chez vous ? Oui en théorie, enfin, presque ! C’est sans compter l’IoT. La triangulation des téléphones portables permet, par le croisement des données obtenues à partir de trois antennes relais, le positionnement de votre portable. L’évolution des technologies permet tous les fantasmes. Le deep learning, l’IA comme Chat GPT et bien d’autre rendent les systèmes d’informations prégnants. « Les progrès de la vision par ordinateur et des techniques d’apprentissage automatique ont conduit à un développement significatif de l’estimation de la pose humaine en 2D et en 3D à partir de caméras RVB, de LiDAR et de radars. »

    Trois chercheurs Jiaqi Geng, Dong Huang et Fernando De La Torre de l’université de Carnegie Mellon à Pittsburgh ont fait la découverte. Grâce aux signaux Wi-Fi, ils ont démontré la possibilité de « voir » à travers les murs. Ils ont développé une méthode pour détecter la forme tridimensionnelle et les mouvements des corps humains dans une pièce. Ce en utilisant uniquement des routeurs Wi-Fi.

    Comparaison qualitative à l’aide d’images synchronisées et de signaux WiFi. (ci-dessus). Les données isolées donnent la synthèse des perturbations et l’isolation des signaux pour détourer les être humains dans une pièce, comme la photo ci-dessous. (Crédits : Geng/Huang/De la Torre/Carnegie Mellon University Pittsburgh, PA, USA)

    Ils utilisent un système appelé DensePose. Il a été mis au point par des chercheurs basés à Londres, ainsi que des chercheurs en Intelligence Artificielle de Facebook. « Densepose est un modèle de Deep Learning permettant de convertir en temps réel des photos 2D en estimations de modèles 3D des corps humains présents sur ces photos. »

    L’étrange parcours des ondes

    Comme l’air contenu dans une pièce, les ondes sont omniprésentes. La voix est une onde sonore qui se propage « comme une vibration de proche en proche par compression puis dilatation du milieu matériel dans lequel elle se trouve. » Les routeurs Wi-Fi diffusent en permanence des radiofréquences que tout appareil électronique capte et utilise. Les ondes se déplacent, rebondissent et traversent tout ce qui les entoure… murs, meubles, rideaux, êtres vivants… Comme pour déterminer l’écoulement d’un cours d’eau, il suffit de verser un colorant inoffensif pour suivre son cheminement. En quelque sorte inverser un photo pour obtenir son négatif. Ainsi l’invisible devient palpable via les ondes, ici Wi-Fi

    Les images ainsi révélées montrent les individus isolés et visibles à travers mes murs. (Crédits : Geng/Huang/De la Torre/Carnegie Mellon University Pittsburgh, PA, USA)

    « Nous avons mis au point un réseau neuronal profond qui associe la phase et l’amplitude des signaux Wi-Fi aux coordonnées UV dans 24 régions humaines. Les résultats de l’étude révèlent que notre modèle peut estimer la pose dense de plusieurs sujets, avec des performances comparables à celles des approches basées sur l’image, en utilisant les signaux Wi-Fi comme seule entrée. Cela ouvre la voie à des algorithmes peu coûteux, largement accessibles et préservant la vie privée pour la détection humaine. »

    Faille de sécurité

    Un article paru le 3 novembre 2022 sur le site de l’université de Waterloo fait sens. Des chercheurs relèvent une faille de sécurité permettant aux attaquants d’utiliser le Wi-Fi… pour voir à travers les murs. Ils mettent au point un appareil, nommé Wi-Peep. Couplé à un drone, l’objet peut voler près des immeubles et utiliser les ondes WI-FI des habitants. Ainsi l’ensemble des objets usant du WI-FI sont identifiés en quelques secondes.

    Même quand le réseau Wifi est protégé par un mot de passe, les appareils répondent aux tentatives de connexion. Le Wi-Peep localise les emplacements des objets connectés à l’intérieur d’un bâtiment. Il envoie plusieurs « messages » aux appareils connectés. Puis, les distances sont calculées en fonction du temps de réponse à ces messages tel un sonar.

    Pour procéder à l’attaque, il faut avoir les adresses MAC uniques des appareils du réseau. Il faut 12 heures d’accumulation passive pour avoir les ressources nécessaires selon les chercheurs de l’université Carnegie Mellon. La seconde possibilité est l’exploit du WI-FI Polite. Un schéma simplifié de l’attaque ci-dessus. (Crédits : Source/Kaspersky)

    « En utilisant une technologie similaire, on pourrait suivre les mouvements des agents de sécurité à l’intérieur d’une banque en suivant l’emplacement de leurs téléphones ou montres intelligentes. De même, un voleur pourrait identifier l’emplacement et le type d’appareils intelligents dans une maison, y compris les caméras de sécurité, les ordinateurs portables et les téléviseurs intelligents, pour trouver un bon candidat pour une infraction », explique le Dr Ali Abedi, professeur adjoint d’informatique à Waterloo. Selon Kaspersky cette méthode semble posséder un risque assez bas de déploiements, mais préconise d’utiliser un système anti-drone. « Il ne va pas vous protéger contre la technique Wi-Peep, mais il évitera qu’on ne vous espionne depuis les airs. »

  • Ransomware: le Lincoln College ferme définitivement

    Ransomware: le Lincoln College ferme définitivement

    Ce vendredi 13 mai 2022, l’établissement d’enseignement supérieur fermera ses portes de manière définitive après 157 années de bons et loyaux services, tous les employés seront licenciés à cette date. Le Lincoln College (LC), une institution privée à but non lucratif située dans le centre de l’Illinois, s’arrête dans trois jours. Il est invoqué une récente cyberattaque en décembre 2021 et des difficultés liées à une pandémie qui ont aggravé sa situation financière.

    Le Lincoln College a survécu à de nombreuses périodes difficiles et éprouvantes, la crise économique de 1887, un incendie sur le campus en 1912, la grippe espagnole de 1918, la Grande Dépression de 1929, la Seconde Guerre mondiale, la crise financière mondiale de 2008… mais c’est l’attaque subie en décembre 2021 par le biais d’un ransomware, qui achevait, semble-t-il, l’institution, elle n’a d’ailleurs pu restaurer ses systèmes informatiques qu’en mars 2022.

    Les tensions que l’ensemble des pays sur le globe terrestre subissent depuis deux ans ont mis à rude épreuve les trésoreries de multiples lieux d’enseignement supérieur aux États-Unis. Si certains s’en sortent, d’autres attendent que le bateau sombre faute de secours. Le cas du Bloomfield College, autre établissement privé à but non lucratif du New Jersey était en train de se noyer financièrement. Fort heureusement, la Montclair State University s’est engagée à le soutenir. Chose à préciser, les deux établissements étaient en négociation une fusion. Bloomfield est plus qu’une institution d’enseignement, il se présente comme le seul lieu d’éducation à prédominance noire, hispanique et minoritaire de l’État.

    « Le Lincoln College accueille des étudiants du monde entier depuis plus de 157 ans », a déclaré David Gerlach, son président, dans un communiqué. « La perte de l’histoire, des carrières et d’une communauté d’étudiants et d’anciens élèves est immense ». (Crédits : DR)

    Pour le Lincoln College, les prévisions laissaient entrevoir un manque cruel d’inscriptions, qui ne pourrait être comblé que par « un don ou un partenariat transformateur » pour maintenir l’institution à flot… leurs attentes fussent vaines. « Les charges économiques initiées par la pandémie ont nécessité d’importants investissements dans la technologie et les mesures de sécurité du campus, ainsi qu’une baisse significative des inscriptions avec des étudiants choisissant de reporter l’université ou de prendre un congé, ce qui a impacté la position financière de l’institution », lit-on sur le site Web de Lincoln.

    Lynx un jour, Lynx toujours était la devise des étudiants du Lincoln College, basé dans l’Illinois aux États-Unis. (Crédits : DR)

    Outre-Atlantique, plusieurs petites institutions dont leurs survies dépendent des frais de scolarité ont été contraintes de fermer leurs portes ou de fusionner avec d’autres institutions. Les raisons principales sont les difficultés financières exacerbées par la pandémie. Le Mills College en Californie, le Becker College dans le Massachusetts, le Concordia College de New York et le MacMurray College dans l’Illinois en sont des exemples notoires, malheureusement, le Lincoln College va rejoindre cette liste non close… la Lincoln Christian University, établissement privé situé à moins de 3 kilomètres, prend également des dispositions d’austérité. Elle met fin à la quasi-totalité de ses programmes de premier cycle et de ses activités sportives, pourrait réduire la taille de son campus et se concentre sur les programmes d’études supérieures et son séminaire.

    Un dernier au revoir

    Samedi 7 mai 2022, ils sont plus de 200 étudiants à avoir reçu leur diplôme, lors de l’ultime cérémonie. Les anciens élèves ont été invités à revenir le 30 avril dernier pour ressusciter les moments forts de leurs années. « Vous vous êtes tous battus pour empêcher cette institution de fermer. Je crois, si nous avions eu plus de temps, que nous aurions pu trouver quelqu’un, mais tout cela est hors de notre contrôle. Pendant ces deux semaines, les étudiants ont vécu une expérience incroyable d’apprentissage sur le leadership, la persévérance et la résilience », racontait Annette Roter sur le groupe Facebook « Save Lincoln College ».

    Ariana Trotter envoie un baiser à la foule avant le début des cérémonies au Lincoln Center, samedi après la dernière remise des diplômes. (Crédits : Clay Jackson/Herald & Review)

    La fermeture du LC est une source d’inquiétude pour la ville, car une maison de retraite, un centre de développement et d’autres sociétés ont déposé le bilan au cours des dernières années, explique Stacy Jackson au journal Herald & Review. Tous affichent pudiquement le même ressenti « je peux vous assurer que cette situation me brise le cœur. Je suis reconnaissant que le Lincoln College m’ait permis de grimper une échelle d’entreprise, me permettant d’être payé pour ma passion dans la technologie. Je suis reconnaissant pour l’expérience que j’ai acquise, les collègues que j’ai rencontrés, la faculté que j’ai aidée et les étudiants que j’ai servis », témoigne Lynn Allen sur le groupe Facebook Save Lincoln College.

  • Fraude à l’élection présidentielle française

    Fraude à l’élection présidentielle française

    Quel serait votre état d’esprit, si au lendemain de la proclamation de la personne élue au poste de président de la République française, celle-ci était entachée d’une fraude avérée ? Qui plus est lorsqu’elle est fortement suspectée en fonction du ressenti de chaque électeur. Oui, l’être humain fonctionne à l’émotion plus qu’à l’information. Existe-t-il un précédent ? Est-ce possible en France ? Puisque toute rumeur distillée par « radio moquette » est susceptible de voir le jour, quelles sont les conduites à tenir ? Que disposent les lois du Code électoral en ce sens ?

    La fraude dite électorale désigne toutes irrégularités pouvant se dérouler pendant un scrutin. Elle peut concerner les opérations électorales elles-mêmes, des manœuvres constatées pendant la durée de la campagne, et même après les résultats officiels. Alors que plus de 30 % des collectivités locales ont subi une infection par codes malveillants de type ransomware, que risque l’élection présidentielle française ? En ce qui concerne les machines à voter, 63 communes françaises de plus de 3 500 habitants en sont équipées, représentant 1,3 million d’électeurs. « Un seul modèle de machine à voter est utilisé en France, le modèle ESF1 de la société néerlandaise NEDAP commercialisé par la société France Élections qui n’a aucun lien avec la société Dominion », affirment les services du ministre de l’intérieur Gérald Darmanin. Pour autant trois arrêtés, selon les sources dudit ministère de l’intérieur semblent indiquer le contraire :

    L’article L118-3 dispose trois cas où l’élu de la République peut être destitué, comme le fut Al Capone pour fraude fiscale. « Lorsqu’il relève une volonté de fraude ou un manquement d’une particulière gravité aux règles de financement des campagnes électorales, le juge de l’élection, saisi par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques », alors peut être déclaré inéligible :

    • Le candidat qui n’a pas déposé son compte de campagne dans les conditions et le délai prescrits à l’article L. 52-12
    • Le candidat dont le compte de campagne, le cas échéant après réformation, fait apparaître un dépassement du plafond des dépenses électorales
    • Le candidat dont le compte de campagne a été rejeté à bon droit

    L’inéligibilité est prononcée pour une durée maximale de trois ans et s’applique à tous les scrutins. Toutes sauf sur les mandats acquis antérieurement à la date de la décision. « Si le juge de l’élection a prononcé l’inéligibilité d’un candidat ou des membres d’un binôme proclamé élu, il annule son élection ou, si l’élection n’a pas été contestée, déclare le candidat ou les membres du binôme démissionnaires d’office. » Le Conseil constitutionnel est saisi, pour les présidentielles, par les préfets, par les candidats ou par lui-même, notamment après une réclamation des électeurs portée sur le procès-verbal de dépouillement établi à l’issue du décompte des voix dans chaque bureau de vote.

    Le scandale Cambrige Analytica

    Facebook avait estimé à environ 87 millions le nombre de ses utilisateurs « piégés » au Royaume-Uni pour favoriser le Brexit, mais aussi aux États-Unis afin de faciliter l’accession de Donald Trump à la Maison-Blanche en 2016. « De nouveaux documents révèlent que la Malaisie, le Kenya, le Brésil et plus de 60 autres pays pourraient être également concernés par les manipulations de l’entreprise britannique », écrivait La Croix. Cambridge Analytica est une société spécialisée dans l’analyse comportementale. L’objectif est de récolter des informations sur les individus pour connaître leurs biais d’influence. La firme met ses bases de données au service de ceux qui veulent optimiser l’efficacité de campagnes de communication.

    Ce n’est pas illégal, amoral selon vos convictions, mais pas illégal. Cette méthode permet numériquement de faire apparaître plus souvent dans votre champ de vision le sujet.
    Un film sorti en 2015 illustre ces propos, « Focus » avec Will Smith et Margot Robbie.

    Un meilleur ciblage de l’audience se targue Cambridge Analytica : « Le big data a révolutionné la façon dont les organisations identifient et localisent leurs meilleurs prospects. […] Cambridge Analytica construit un avenir […] en montrant aux organisations non seulement où se trouvent les gens, mais aussi ce qui les intéresse vraiment et ce qui motive leur comportement. […] nous utilisons la modélisation des données et le profilage psychographique pour développer les audiences, identifier les influenceurs clés et entrer en contact avec les gens de manière à les inciter à agir. »

    La guerre de la communication

    Vol de données, prise de contrôle d’un site Web, intrusion dans la sphère numérique d’un candidat, désinformation… tous les moyens sont bons. Aux États-Unis en 2016 des milliers de mails d’Hillary Clinton sont publiées. En 2017, environ 70 663 mails et documents, soit 15 Go, sont divulgués. En 2020, des hackers ont ciblé les équipes de campagne du président républicain Donald Trump et du candidat démocrate Joe Biden. En septembre 2021, lors des dernières élections législatives, la Commission électorale russe a dénoncé trois cyberattaques d’origine étrangère visant son site internet. Les actions effectuées par des opérateurs peuvent être le fait des propres partis en lice, comme leurs adversaires ou encore des États qui auraient plus de conciliation et d’intérêts financiers avec un prétendant plus qu’un autre.

    La Croix titre « Covid, guerre en Ukraine : le poids de l’émotion pèse sur la campagne électorale ». Car « la foule ne régit pas à la raison, mais à l’émotion. » écrivait la journaliste canadienne Naomi Klein, en 2007 dans son essai « The Shock Doctrine: The Rise of Disaster Capitalism ». (Crédits : DR)

    Concernant le ouï-dire qu’il soit prononcé le coude sur le zinc, en terrasse, entre deux bouchées des ortolans farcis tant attendus… il suffit de prendre quelques minutes de votre vie pour vérifier avec un minimum de trois sources différentes. Quant à savoir si cela est possible en France, « impossible n’est pas Français » dit l’adage. D’autant que si truquer directement l’élection proprement dite s’avère difficile, influencer les 47 947 555 inscrits sur les listes au 24 mai 2021 (Source : INSEE) est plus simple, et déjà effectuée dans de nombreux pays. C’est en ce sens que le ministre Alexandre de Moraes, du STF (Cour suprême brésilienne), a décidé que l’application de messagerie Telegram serait bloquée au Brésil, outil favori de propagande du président Jair Bolsonaro. Avant de révoquer sa décision, deux jours plus tard. Il existe pléthores façons d’influencer une élection. « Selon nos analyses, les cibles principales sont les partis politiques et les candidats » , confie Gérôme Billois, Expert en cybersécurité au cabinet de conseil Wavestone.

    Le jour de l’élection, les scores de chaque candidat seront transmis par les mairies aux préfectures, puis ces dernières les feront remonter jusqu’au ministère de l’Intérieur, en utilisant les réseaux informatiques dudit ministère. (Crédits : Alexa Fotos/Pixabay)

    « Il y a une vraie problématique, car chaque équipe de campagne doit assurer elle-même sa propre protection informatique, et en période d’élection, leur activité se démultiplie », constate-t-il. Une armée de bénévoles viennent renforcer les rangs, usant d’adresses mail privées (non chiffrées) et téléphones personnels pour échanger rapidement, une véritable caverne d’Ali-Baba pour des individus malintentionnés. Dans ce contexte, les attaques peuvent être multiples et variées. « Le piratage informatique pourrait agir comme le fioul jeté sur le feu de la désinformation ». Il peut s’agir de vol de données, d’une intrusion dans la boîte mail d’un candidat ou dans celles de l’équipe de campagne, d’une paralysie ou d’une perturbation de leur système informatique, ou encore d’une prise de contrôle du site internet du parti.

  • Hôpitaux espagnol et italien attaqués

    Hôpitaux espagnol et italien attaqués

    En Espagne, comme en Italie, les cliniques, hôpitaux qu’ils soient publics ou privés peuvent être la cible d’opérations malveillantes informatiques. C’est le cas pour celui de la commune de Lucena, en Andalousie, mais aussi le centre médical ASL Napoli 3 sud, qui affichait sur sa page Facebook, un message indiquant le dysfonctionnement de ses systèmes d’information suite à une attaque en date du 8 janvier 2022. Sur la péninsule ibérique, celui appartenant à la société Amaveca Salud serait victime d’un ransomware.

    L’Azienda Sanitaria Locale Napoli 3 Sud (unité sanitaire locale de Naples 3 Sud) a été victime d’une agression informatique. Des opérateurs auraient mis à mal les systèmes d’information entraînant la suspension des services essentiels. Le centre couvre toute la population du sud de Naples, telle que celles des régions de Stabiese et de Nolana. Le message affiché sur leur page Facebook présente des excuses aux utilisateurs « pour toute perturbation de nos systèmes informatiques due à une réclamation que nous sommes en train de résoudre afin de rétablir les opérations dès que possible ».

    « Ils ont attaqué notre système informatique, nous nous excusons auprès des citoyens », souligne le directeur général, Gennaro Sosto de l’Asl Na3. Une plainte a été déposée, une enquête a été ouverte pour découvrir qui est à l’origine de cette offensive. (Crédits: Capture d’écran/Facebook)

    Consécutivement, à cette infection dont il ne faut attendre de rétablissement avant quinze jours insistent les autorités, la direction stratégique de l’Asl Napoli 3 Sud a « ordonné, à partir du 11 janvier 2022, la suspension des activités d’hospitalisation programmées tant médicales que chirurgicales, dans tous les hôpitaux de l’entreprise. » Toujours en Italie, l’ULSS6 Euganea de Padoue connaît un épilogue tragique, à savoir la publication des données exfiltrées par les opérateurs derrière LockBit 2.0 prévue pour le 15 janvier 2022.

    Attaque de l’hôpital de Lucena

    L’hôpital central de Lucena en Andalousie a subi une infection de ses systèmes d’information, relate le communiqué de presse. L’équipe de réponse au cyberincident travaille depuis sa découverte sans relâche. À ce jour, il a été possible de détecter une fuite de données, dont l’ampleur reste à déterminer. La note souligne également que « depuis le début de son activité, l’hôpital a mis en place toutes les procédures et mesures de sécurité nécessaires pour protéger l’un de ses actifs les plus importants : l’information. […] Malgré les mesures décrites ci-dessus, ce cyberincident s’est produit, ce qui, grâce aux actions rapides prises, n’a pas compromis le fonctionnement normal du centre, qui continue à se concentrer sur les soins de ses patients ».

    Au-delà du respect des exigences légales, elle dispose d’un service externe pour répondre aux incidents de sécurité, en plus de la figure du délégué à la protection des données, ce qui n’a pas empêché l’attaque. De nombreuses informations sont exfiltrées. (Crédits : Capture d’écran)

    Amaveca Salud informe également que « le travail d’analyse médico-légale, qui est en cours, ne nous permet pas encore de conclure les détails exacts de la quantité et des types de données volées, cependant, dès que cette analyse sera terminée, nous rapporterons en détail la portée finale ». Une victime de plus du ransomware « Vice Society ».

  • Quand l’utilité première est… détournée

    Quand l’utilité première est… détournée

    Alors que la fête de Noël laisse doucement la place au réveillon du Nouvel An, les cadeaux disposés au pied du sapin ravirent petits et grands. Les IoT font fureur, comme l’AirTag d’Apple. Outil merveilleux qui vous permet de localiser vos objets égarés. Il s’agit d’un tout modeste appareil à accrocher à un autre que vous ne souhaiteriez pas perdre tel votre porte-monnaie, carte bancaire, télécommande, animal de compagnie, enfant, conjoint pour les plus jaloux… peut-être votre vie privée, voire bien, plus.

    Le 20 avril 2021, Apple annonçait ses AirTags, des balises Bluetooth de grande précision qui octroie de recouvrer vos choses perdues. Avec le slogan « Perdez l’habitude de tout perdre », la marque à la pomme frappe fort. Elle poursuit en indiquant que « l’AirTag est l’accessoire tout trouvé pour tout retrouver. Accrochez‑en un à vos clés, glissez‑en un autre dans votre sac, et n’y pensez plus. Grâce aux AirTags, vous pouvez facilement repérer vos objets dans l’app Localiser, qui vous permet aussi de détecter vos appareils Apple et de ne pas perdre vos proches de vue. » Effectivement vous pouvez localiser ceux qui vous sont chers, comme les autres.

    C’est la mésaventure qu’une jeune femme, connue sous le pseudo #Sega_JEANAsis, a vécue le 18 décembre 2021. Sur le réseau Twitter, elle raconte que quelque chose de terrifiant lui est arrivé. « Quelqu’un a attaché un Apple AirTag sous ma roue avant alors que j’étais dans un bar ». Tandis qu’elle rentre chez elle, seule sur les voies de circulation, sans aucune voiture de près ou de loin autour d’elle, des alertes apparaissent sur son téléphone.


    Elle n’a pas réussi à débusquer l’intrus, de ce fait elle n’a pas osé rentrer chez elle. Ce n’est que le lendemain que l’appareil a été retrouvé dans l’entourage de la roue avant, côté passager.(Crédits : capture d’écran/Twitter)

    « J’avais déjà reçu cette alerte auparavant alors que j’étais dans les embouteillages… parfois, quand vous êtes près d’autres personnes pendant un certain temps sur la route, Apple pense qu’il vous suit », se rappelle-t-elle. Elle a commencé à tourner à droite, puis à gauche, plusieurs fois, mais comme il était tard, et que « je recevais encore ce message à plusieurs reprises. J’ai vérifié toutes mes affaires, comme mon sac à main, les poches de mon trench-coat, mon portefeuille… », en vain confirme-t-elle. Puis la panique, les doutes, « et s’ils l’avaient collé sur ma voiture ? » disait-elle avec prémonition. Par mesure de précautions, Jomanda Rodriguez passera la nuit ailleurs que chez elle. Ce n’est que le lendemain que l’objet sera trouvé, après une inspection de sa voiture par un membre de son entourage, bien caché.

    Possesseurs d’un smartphone Android, sous IOS ou pas de smartphone du tout, Apple a apparemment pensé à votre vie privée. D’après la firme, vous ne pouvez pas être suivi virtuellement ni pisté par des AirTags laissés sur vous à votre insu. Ils émettront un son reconnaissable dès qu’ils s’éloignent de l’appareil auquel ils sont associés. (Crédits : Apple)

    Malheureusement, plusieurs Américaines ont depuis relayé les mêmes mésaventures. Ashley Estrada, 24 ans raconte sur TikTok en deux courtes (1, 2) vidéos ce qui lui est arrivé en septembre. Sur la chaîne du Daily Mail, elle confirme être devenue paranoïaque, car « quelqu’un est allé délibérément jusqu’à ma voiture et est passé dessous » pour installer l’AirTag. L’appareil sera retrouvé derrière sa plaque d’immatriculation. L’intention malveillante ne fait aucun doute pour Ashley, ce qui l’effraie est que « cela pourrait être la sœur de quelqu’un d’autre, leur mère, leur petite amie ça pourrait facilement arriver à n’importe qui ». Le titre de l’article du Washington Post est sans appel. « Les trackers AirTag d’Apple ont permis de me traquer avec une facilité déconcertante lors d’un test. »

    Harcèlement 2.0

    Aux États-Unis, les services de police du Colorado, de Géorgie, du Michigan et du Texas ont reçu des allégations d’exploitation des AirTags à des fins diverses, y compris l’oppression domestique et les tentatives de vol de voitures. « Je pense qu’il ne fait aucun doute que les AirTags d’Apple sont utilisés pour le harcèlement », affirmait Éva Galperin, directrice de la cybersécurité chez l’Electronic Frontier Foundation, le bureau du shérif de Twin Falls, situé dans l’Idaho, émettait un avertissement le 15 décembre 2021 déclarant que « les AirTags constituent un danger pour tout le monde ».

    Le parcours est notifié par l’AirTag sur l’application qui marque chaque arrêt, chaque changement de direction. (Crédits : capture d’écran)

    Mais en particulier pour les victimes potentielles de violence conjugale, comme d’agression sexuelle, alors que le procès de l’affaire Epstein est ouvert depuis fin novembre. Du côté de la firme, le porte-parole d’Apple n’a pas contesté les faits de surveillance par d’autres personnes, mais a refusé de révéler combien de fois les forces de l’ordre locales ont appelées la société pour obtenir des informations sur le propriétaire d’un AirTag. Pour décourager ce qu’elle nomme le « pistage non désiré », Apple a intégré une technologie dans AirTags pour avertir les victimes potentielles, notamment des alarmes sonores et des messages sur les AirTags suspects qui apparaissent sur les iPhone, assure Geoffrey A. Fowler dans The Washington Post. Alors, prenez-soin de vous, et faites attention à chaque femme qui vous entoure tandis les violences faites aux femmes se révèlent aux yeux du monde de plus en plus.

  • Emotet is back

    Emotet is back

    Celui qui était démantelé en janvier 2021 par Europol semble refaire surface. Emotet fait son come-back, au même degré qu’une star déchue de son piédestal, d’après les travaux menés par plusieurs experts en cybersécurité pour Cryptolaemus. Pourtant, au début de l’année, Europol se félicitait d’avoir réussi à détricoter ce malware qui a déjà fait de nombreuses victimes. Pour autant le retour de l’un des plus significatifs des botnets pourrait potentiellement gâcher les fêtes des fin d’année, comme Noël, qui est devenu une célébration populaire déconnectée de son fondement religieux.

    Le botnet Emotet a de nouveau été détecté, révèle Cryptolaemus, un groupe d’experts en cybersécurité, ce mardi 16 novembre 2021. Pourtant, en janvier de cette année, une opération planétaire, chapeautée par Europol et Eurojust, avait annoncé avoir réussi à obtenir le contrôle de l’infrastructure Emotet. « Les autorités policières et judiciaires du monde entier ont démantelé cette semaine l’un des plus importants réseaux de zombies de la dernière décennie : EMOTET. Les enquêteurs ont désormais pris le contrôle de son infrastructure dans le cadre d’une action internationale coordonnée. »

    « La quantité de spams semble également augmenter, et les fils de discussion volés qui sont eux-mêmes insérés sont assez récents sur ces chaînes de réponses depuis le mois dernier » gazouilla #Cryptolaemus le 15 novembre 2021. (Crédits : Cryptolaemus/Twitter)

    C’est la société G-Data qui a eu la primeur de détecter cette nouvelle version. Le dimanche 14 novembre, vers 21 h 26 UTC, les experts observaient sur plusieurs de leurs trackers Trickbot que le bot avait essayé de télécharger une DLL sur le système. Selon un traitement interne, explique la firme, ces DLL ont été identifiées comme étant Emotet. « Le démantèlement d’Emotet, coordonné au niveau international, a été efficace pendant de nombreux mois et a permis de sauver de nombreuses victimes. Nous en félicitons toutes les autorités concernées. Néanmoins, nos analyses actuelles montrent qu’Emotet est maintenant de retour comme le montre l’analyse manuelle des échantillons de logiciels malveillants actuels », commente le Dr Tilman Frosch, Directeur général G DATA Advanced Analytics.

    L’URL contient un chemin de ressource aléatoire et le bot transfère la charge utile de la requête dans un cookie. « Le cryptage utilisé pour cacher les données semble différent de ce qui a été observé dans le passé. De plus, l’échantillon utilise maintenant HTTPS avec un certificat de serveur auto-signé pour sécuriser le trafic réseau. » (Crédits : Cyber.WTF)

    La France dans le viseur d’Emotet

    Alors que les médias du monde se focalisaient sur un virus, un autre microbe s’attaquait aux instances françaises. Le samedi 5 septembre, Pascal Ceaux, écrivait dans les colonnes du Journal du Dimanche que : le tribunal de Paris est sous le coup d’un cheval de Troie, distribué par la messagerie électronique. « Des faux mails ont été expédiés notamment à destination d’avocats comme Pierre Cornut-Gentille et Jean-Marc Delas, tous deux spécialisés dans le droit pénal des affaires », expliquait-il.

    Des attaques par codes malveillants sont effectuées à chaque instant. L’ANSSI met à disposition de nombreux rapports concernant les alertes de sécurité, menaces et incidents, avis de sécurité, indicateurs de compromission, durcissement et recommandations, et bulletins d’actualité consultables sur leur site. (Crédits : capture d’écran/Twitter)

    L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) alertait le 7 septembre 2020 à ce propos « Depuis quelques jours, l’ANSSI constate un ciblage d’entreprises et administrations françaises par le code malveillant Emotet. Il convient d’y apporter une attention particulière, car Emotet est désormais utilisé pour déposer d’autres codes malveillants susceptibles d’impacter fortement l’activité des victimes. »

    À deux semaines du Black Friday

    L’inquiétude semble être prégnante chez les commerçants, peu de temps avant une période plus que vitale pour leurs chiffres d’affaires. « À l’approche du Black Friday qui lance la saison d’achats la plus importante de l’année, les hackers se préparent à lancer une nouvelle vague d’attaques. […] 44 % des retailers ont ainsi été touchés par un ransomware en 2020, et beaucoup ont même payé une rançon très élevée. Le coût moyen de récupération des données et de reprise de l’activité à la suite d’une telle attaque dans le secteur du retail s’élèverait donc à 1,6 million d’euros », explique le Journal du Net. Un adage stipule qu’il vaut mieux prévenir que guérir. En effet, les montants financiers pour réparer les dommages peuvent être dramatiques pour quelqu’une entreprise. Si comme les symptômes d’un rhume chez l’être humain sont seuls visibles :

    • Le nez qui coule et qui se bouche
    • Les éternuements
    • Un chatouillement ou même une sensation de brûlure dans le nez
    • Une perte de l’odorat et du goût plus ou moins prononcée, voire de la fièvre

    Si, le simple rhume évolue en général vers la guérison sans complication, lorsque la muqueuse est fortement enflammée ou les défenses naturelles amoindries, d’autres infections s’invitent, voire de la fatigue. Des maladies respiratoires peuvent se produire dans les voies supérieures (trachéite, bronchite), les sinus ou encore l’oreille moyenne. Des infections peuvent alors s’installer et provoquer diverses maladies, comme une sinusite ou une otite. Des précautions sont alors à prendre, conseille le JDN :

    • Disposer d’une bonne solution de stockage de données
    • Repérer et renforcer votre maillon faible
    • Hiérarchiser vos données
    • Protéger vos données dans le cloud
    • Adopter l’authentification multi facteurs

    Mieux vaut prévenir que guérir

    Comme l’évoque la fable « La Cigale et la Fourmi », les pénuries peuvent engendrer bien des dommages. C’est le cas au sein de la « cybersécurité ». La demande de compétences en sécurité est devenue bien supérieure à l’offre. Les évaluations tablent sur 70 % des entreprises dans le monde qui manquent de spécialistes en sécurité informatique, et il faudrait en former 4 millions pour répondre aux besoins du marché. Le numérique s’impose ainsi comme un domaine de recrutement en expansion et dont le taux d’embauche est 2,4 fois plus élevé que dans les autres secteurs. Dans les prochaines années, Pôle Emploi estime que ce sont 191 000 postes qui seront à pourvoir d’ici 2022. L’observatoire de la Grande école du numérique (GEN) a analysé, en février 2021, les besoins en compétences numériques dans les treize régions de l’hexagone. L’étude souligne que « les régions peinent à recruter : entre 60 % et 80 % des recrutements sont jugés difficiles dans ces métiers dans l’ensemble des régions ».

    La Cigale, ayant chanté tout l’été, se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue. Pas un seul petit morceau de mouche ou de vermisseau.

    La Cigale et la Fourmi. Jean de La Fontaine

    Rappelez-vous, en septembre 2021, la Société de transport de l’Outaouais (STO) était la victime d’une attaque par codes malveillants de type ransomware. Cela a obligé la compagnie à forcer l’octroi de sept contrats de gré à gré pour gérer la crise. La moitié est pour assurer la surveillance de crédit et la protection contre le vol d’identité des employés et clients concernés.

    Sur environ 160 000 comptes clients, près de la moitié d’entre eux contiennent des données personnelles sensibles compromises telles que des adresses, noms et dates de naissance.

    Le montant total de la facture pour la Société de transport de l’Outaouais (STO) atteint 1 million de dollars. (Crédits : capture d’écran/Facebook)

    « Moins de deux mois après que la Société de transport de l’Outaouais ait été victime d’une cyberattaque, les 2700 employés, actuels ou anciens, et 80 000 usagers, dont les données personnelles ont été compromises ont été contactés », assurait la direction de la compagnie canadienne jeudi 28 octobre 2021. La présidente de la STO, Myriam Nadeau, expliquait que les dossiers des employés, actuels et anciens, ont été traités en premier, étant donné que ce sont majoritairement ceux dont les données les plus « sensibles » ont été compromises.

  • Hôpitaux, hôtels, banques… dans la ligne de mire

    Hôpitaux, hôtels, banques… dans la ligne de mire

    Les jours se suivent, et semblent se ressembler. Un hôpital israélien victime d’une attaque par ransomware, l’université de Sunderland fortement perturbée, la chaîne Meliá Hotels International affectée début octobre par un code malveillant, Olympus leader américain dans le domaine des technologies médicales est au chevet des experts, Banco Pichincha plus grande banque privée d’Équateur est hors service… jusqu’à l’utilisation du presse-papiers pour dérober 24 millions de dollars en cryptomonnaies.

    L’institution de cyberveille du gouvernement français alertait que FIN12 visait différents secteurs, dont l’éducation, la santé, la finance, la manufacture, et l’ingénierie. « FIN12 est un groupe cybercriminel particulièrement “agressif”. Ses proies sont essentiellement localisées en Amérique du Nord, en Asie Pacifique, ainsi qu’en Europe, l’agence. Auparavant, ce groupe était identifié sous le nom UNC1878. Il est réputé pour ses attaques envers les acteurs du domaine de la santé. »

    « L’hôpital utilise actuellement des systèmes alternatifs pour traiter ses patients. Les traitements médicaux se poursuivent comme d’habitude, à l’exception des procédures électives non urgentes. L’incident a été immédiatement signalé au ministère de la Santé et à Cyberpro, et pris en charge », explique l’institut. (Crédits : capture d’écran)

    L’investigation des services israéliens déterminera s’il y a un lien avec ledit groupe. Le centre médical Hillel Yaffe, situé dans la ville d’Hadera affirme pouvoir continuer à fonctionner, à l’exception des procédures non urgentes, en passant à des systèmes alternatifs. « Le ministère de la Santé et la direction nationale de la cybernétique ont été informés des détails de l’incident et coopèrent à l’enquête et au traitement de l’incident », a déclaré le ministère. En ajoutant que des avertissements avaient été envoyés à titre préventif à d’autres hôpitaux. En septembre, la société israélienne de cybersécurité Check Point a indiqué que les institutions de l’État étaient l’objectif de deux fois plus de cyberattaques que la moyenne des divers pays du monde, y compris le secteur de la santé, qui subit en proportion 1 443 attaques par semaine. Le rapport a révélé qu’en moyenne, une organisation ou entreprise israélienne sur 60 est ciblée chaque semaine par des attaques de ransomware, soit une augmentation de 30 % par rapport au taux de 2020, selon The Times of Israel.

    Le flegme britannique éprouvé

    L’alerte fut donné par un gazouillis des pontes de l’université de Sunderland. Ils ont confirmé qu’un certain nombre de systèmes informatiques restaient hors service et que les cours en ligne restent suspendus. « Les étudiants sont encouragés à se rendre sur tous les campus de l’université où l’enseignement en face à face se poursuit, et des bureaux d’information seront disponibles pour offrir des conseils et un soutien. Pour ceux qui étudient à l’étranger, des plans ont été mis en place pour s’assurer qu’ils puissent continuer à le faire, avec un minimum de perturbations », explique un porte-parole de l’université.

    S’il s’agit d’une opération informatique par code malveillant de type ransomware, comme l’avaient subit les facultés de Northumbria et Newcastle en 2020, l’affichage sur les réseaux sociaux d’une adresse mail n’est peut-être pas la meilleure idée (phishing). (Crédits : Facebook Sunderland)

    Le site Internet de l’institut demeure également fermé pour maintenance. « L’Université continue de subir des perturbations informatiques importantes qui pourraient avoir été causées par une cyberattaque. L’université travaille actuellement avec plusieurs organismes, dont la police, pour déterminer ce qui s’est passé exactement et l’étendue des problèmes. » Elle ajoute que ces lignes téléphoniques, leur site web et systèmes informatiques sont toujours hors service, mais le campus reste ouvert, il n’y aura pas de vacances anticipées.

    Plusieurs hôtels du groupe Meliá touchés

    « Aux premières heures du 4 octobre 2021, une attaque informatique a été détectée qui a affecté plusieurs hôtels du Groupe, après quoi la société a activé ses protocoles de réponse et ses travaux de confinement, convoquant le Comité de crise, qui a déployé les plans de continuité des activités », indiquait le communiqué. Depuis l’accès dans divers hôtels de la multinationale, dont le Meliá Barcelona Sky, est rétabli.

    Le groupe avait déjà subi ce même genre de désagrément en septembre 2021. Cette fois, c’est son réseau européen, moyen-oriental et africain qui était visé. La demande de rançon émanait des opérateurs derrière BlackMatter. (Crédits : DR)

    Olympus, leader dans le domaine des technologies médicales enquête à l’heure actuelle sur un incident potentiel de cybersécurité décelé le 10 octobre 2021. Ce dernier perturbe ses systèmes aux États-Unis, Canada et Amérique latine. « Dès la détection d’une activité suspecte, nous avons immédiatement mobilisé une équipe d’intervention spécialisée comprenant des experts en criminalistique, et nous travaillons actuellement avec la plus haute priorité pour résoudre ce problème », indique Olympus dans un communiqué publié deux jours après l’attaque. Dans le cadre de l’enquête « nous avons suspendu les systèmes affectés et avons informé les partenaires externes concernés », communique sur son site mardi 12 octobre 2021. Les résultats récents de l’analyse suggèrent que l’incident a été contenu dans les Amériques sans impact connu sur d’autres régions.

    La banque privée d’Équateur Banco Pichincha hors service

    La plus grande banque privée d’Équateur a vu ses systèmes d’information attaqués. Durant le week-end du 9 et 10 octobre, les opérations, les guichets automatiques ainsi que son portail sur l’internet ont été perturbés. « Au cours des dernières heures, nous avons identifié un incident de cybersécurité sur nos systèmes informatiques qui a partiellement désactivé nos services. Nous avons pris des mesures immédiates pour isoler les systèmes potentiellement affectés du reste de notre réseau et avons mis en place des experts en cybersécurité pour aider à l’enquête », stipule l’organisme fiduciaire sur sa page Facebook, information partagée plus de 7 000 fois depuis sa publication le lundi 11 octobre 2021. Depuis, le statu quo demeure, c’est pourquoi mercredi matin, les files d’attente sont légion, les retraits et les paiements par carte ne pouvaient être réalisés que dans les agences.

    Un employé de banque a poliment précisé aux consommateurs qu’il n’était pas possible d’effectuer des règlements au Service des impôts (SRI) ou à l’Institut équatorien de sécurité sociale (IESS), explique le journal équatorien El Universo. (Crédits : El Universo)

    Cette attaque n’est pas s’en rappeler celle encourue en début d’année par la même banque et le ministère des finances en Équateur, déjà fragilisé par la crise du SARS-CoV-2 et ses conséquences. Le groupe « Hotarus Corp » revendiquait l’attaque et le vol de « 31 636 026 millions d’enregistrements de clients et 58 456 enregistrements de systèmes sensibles », y compris des numéros de cartes de crédit. Les opérateurs derrières le ransomware avait déclaré à BleepingComputer qu’elle avait dérobé « des informations sensibles du ministère, des courriels, des informations sur les employés, des contrats. » La Commission de développement économique de l’Assemblée équatorienne avait (mercredi 13 octobre 2021) convoqué plusieurs autorités que sont le ministre des Télécommunications, la présidente du conseil judiciaire, les surintendants des banques, des sociétés et des assurances, et le représentant des organismes établissements de crédit. Pour faire la lumière sur les causes et conséquences de cette mise hors service des prestations de Banco Pichincha et la souffrance ressentie par les citoyens, survenue deux fois en une seule année.

    Le presse-papiers comme entrée

    Une ou plusieurs personnes ont développé un malware pour s’emparer des mots de passe et identifiant, conservés dans le presse-papiers des victimes. C’est un outil qu’utilise tout un chacun, le fameux « copier-coller ». L’affluence des cryptomonnaies provoque des envies auprès d’individus mal intentionnées. C’est pourquoi de nombreuses malversations consacrées au cambriolage de cryptomonnaies (fausses clefs USB, applications Android frauduleuses) font les gros titres. Cette fois-ci, c’est 24, 7 millions de dollars subtilisés en Bitcoin, Ethereum et Dogecoin. L’analyse d’Avast a permis de découvrir plus de 1 300 nouvelles adresses de portefeuilles qui ont été utilisées pour transférer ses fonds. Les chercheurs en cybersécurité de la firme attribuent cette opération au module de vol de presse-papiers du botnet « MyKings », en s’appuyant sur les travaux réalisés par les spécialistes de SophosLabs. Il est un botnet implacable de longue date qui est actif depuis au moins 2016.

    À l’heure des piratages, des fuites de données ici et là, il est parfois nécessaire de prévenir une fois de plus, avant la catastrophe. (Crédits : Uwe Baumann/Pixabay)

    Il apparaît plus que nécessaire, dorénavant, de vider son presse-papiers. Depuis la mise à jour 1809 d’Octobre, Windows 10 peut conserver trace de tout ce que vous y copiez grâce à la fonctionnalité historique. Pour l’effacer, une manière simple est de créer un raccourci, sur votre bureau pour le nettoyer à chaque instant comme explique PCAstuces. Mais également pour ceux sous OS Androïd, il suffit d’appuyer longuement sur la touche personnalisable de votre clavier. Ensuite, choisissez « Presse-papiers » pour afficher le contenu du presse-papiers sur Android avec succès. N’oubliez pas les applications (Facebook Messenger, WhatsApp…), un homme averti en vaut deux. Pour les aficionados de la pomme, le presse-papiers ne se vide qu’au redémarrage du téléphone, à priori. Concernant, les Macintosh, choisissez de vous rendre sur Finder, puis Edition et vous accédez au presse-papiers. À vous de jouer !

  • Des données biométriques au « passe sanitaire »

    Des données biométriques au « passe sanitaire »

    Si Facebook est le réseau social le plus plébiscité avec 2, 74 milliards de comptes, actuellement TikTok se taille la part du lion. Avec 315 millions d’installations au premier trimestre 2020, soit le plus grand nombre de téléchargements en trois mois depuis le 1er janvier 2014. Elle est devenue la première application à franchir ce nombre après Facebook et ses satellites (WhatsApp, Instagram et Messenger). Un petit détail semble être passé inaperçu, TikTok vient d’autoriser la collecte de données biométriques des utilisateurs américains.

    Tout commence le vendredi 4 juin 2021. La date où l’application permet la moisson de masse des renseignements biométriques, notamment les « empreintes faciales et vocales ». Auparavant, la politique de confidentialité modifiée le mercredi où l’introduction d’une section stipule que l’application de vidéo sociale « peut collecter des identifiants biométriques et des informations biométriques » à partir du contenu de ses usagers. « Contacté pour un commentaire, TikTok n’a pas pu confirmer quels développements de produit ont nécessité l’ajout des données biométriques à sa liste de divulgations sur les informations qu’il recueille automatiquement auprès des utilisateurs, mais a déclaré qu’il demanderait le consentement dans le cas où de telles pratiques de collecte de données commenceraient », révèle Sarah Perez sur techcrunch.

    Les « réseaux sociaux » sont un formidable outil, si l’on sait l’utiliser à son avantage. (Crédits : Pixaline/Pixabay)

    La chose inquiétante est que les « informations sur les images et le son » sont collectées de manière machinale. La première partie de cette nouvelle section explique que TikTok peut ramasser des informations « comme l’identification des objets et des paysages qui apparaissent, l’existence et l’emplacement dans une image des caractéristiques et attributs du visage et du corps, la nature du bruit et le texte des mots prononcés dans votre contenu utilisateur. »

    Le deep learning

    Effrayant au demeurant, cette clause n’est appliquée, à l’heure actuelle, qu’outre-Atlantique. L’Union européenne, posséderait des lois plus strictes en matière de protection des données et de la vie privée, qu’aux États-Unis. Sous l’administration Trump, le gouvernement fédéral avait tenté d’interdire totalement l’exploitation de TikTok (propriété de ByteDance Ltd) et WeChat (propriété de Tencent Holdings Ltd) sur leur sol, qualifiant les logiciels de menace pour la sécurité nationale en raison de leur propriétés par des sociétés chinoises. Le décret de la Maison-Blanche annule plusieurs du gouvernement précédent. « Les responsables disent qu’ils restent préoccupés par les risques de sécurité posés par les applications chinoises et certaines autres étrangères, mais que les décrets signés par l’ancien président Donald Trump étaient en fait inapplicables », écrit le Wall Street Journal. La nouvelle réglementation de M. Biden vise à adopter une approche plus sobre, affirmant que le gouvernement américain devrait « évaluer ces menaces par le biais d’une analyse rigoureuse, fondée sur des preuves », afin de faire face à « tout risque inacceptable ou excessif compatible avec les objectifs généraux de sécurité nationale, de politique étrangère et d’économie », explique Lucas Ropek sur gizmodo.

    800 millions d’utilisateurs actifs par mois à l’échelle mondiale

    Bien qu’effrayant, divers réseaux sociaux effectuent déjà de la reconnaissance d’objets sur les images téléchargées pour alimenter les fonctionnalités d’accessibilité (description d’une photo dans Instagram), mais également à des fins publicitaires. La politique indique aussi que cette portion de ramassage de données sert à activer « les effets vidéo spéciaux, la modération du contenu, la classification démographique, les recommandations de contenu et de publicité et d’autres opérations ne permettant pas d’identifier les personnes ».

    L’apprentissage passe par la répétition, l’intelligence dite artificielle applique la même méthode. (Crédits : Tayeb MEZAHDIA/Pixabay)

    Rappelez-vous que lorsque quelque chose vous est proposé gratuitement, vous êtes le produit. La localisation de l’emplacement d’un individu et du paysage peut contribuer aux effets de réalité augmentée, tandis que la conversion des mots prononcés en texte est utile pour des fonctionnalités telles que les légendes automatiques de TikTok. Les intelligences artificielles apprennent de leurs interactions pour être plus performantes, le deep learning.

    Le « passe sanitaire »

    Alors que le gouvernement français est à même de lancer le fameux « passe sanitaire », la Quadrature du Net (LQDN) s’y intéresse de près. « Nous allons déposer un référé contre ce passe sanitaire devant le Conseil d’État car il divulgue de façon injustifiée des données sur l’état civil et des données de santé », écrivent-ils le 9 juin 2021. Il faut dire qu’après les restrictions de libertés subies par les habitants de l’hexagone, le gouvernement fait du passe sanitaire l’objet de toutes les convoitises. « L’accès aux grandes manifestations sera limité aux personnes présentant certaines garanties contre la pandémie, telles que le fait d’être vaccinées, d’avoir réalisé un test PCR ou de s’être récemment rétablies de la maladie. Ce n’est pas cette limitation que nous avons choisi d’attaquer. » Le passe sanitaire permet de vérifier le statut vaccinal, le résultat d’un test négatif ou le certificat de rétablissement d’une personne, lui permettant par exemple la participation à un rassemblement ou un événement de plus de 1 000 personnes, assure le gouvernement.

    La papier rendu indispensable par le gouvernement pour participer à certains événements aux conditions particulières. (Crédits : DR)

    La Quadrature ne s’attaque pas au passe en tant que tel, mais à : « l’accès aux grands événements sera en pratique limité aux personnes disposant d’une carte d’identité ou d’un passeport ». Or, à la question « Est-on contraint d’avoir sur soi une pièce d’identité ? » La limpidité des services de l’État surprend : « Non, aucun texte ne vous oblige à demander une carte d’identité. Néanmoins, si vous êtes soumis à un contrôle d’identité, la procédure sera plus longue si vous ne pouvez pas présenter de pièce d’identité. » Là où le bât blesse c’est le décret de 2015, subrogé par le n° 2021-279 du 13 mars 2021.

    La reconnaissance faciale en marche

    Ledit décret prévoit que la photo de chaque visage soit impérativement numérisée et centralisée dans le mégafichier des titres électroniques sécurisé (TES). Il pourrait être une base idéale du système de reconnaissance faciale étendue dont rêvent différents partis politiques se partageant actuellement le pouvoir. « De plus, la crise sanitaire ne doit pas être un prétexte pour rétablir l’obligation généralisée de détenir une carte d’identité, tel que l’avait imposée le gouvernement de Vichy afin de traquer et de tuer les séparatistes juifs et résistants », martèle la Quadrature du Net. Le fichier TES voté en 2016, sous l’égide de M. François Hollande, par l’action du ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, est acté par le Conseil d’État le 24 octobre 2018.

    Un article d’Anaïs Cherif dans La Tribune, le 25 octobre 2018, évoquait déjà les inquiétudes. « Il y a un risque sérieux de piratage dès lors qu’il y a centralisation d’une montagne de données : c’est la base de la sécurité informatique, soulignait Arthur Messaud, juriste pour LQDN. Quand il y a des fuites de données, la gravité du piratage dépend de la nature des données. Or, le fichier TES condense des données biométriques… » Tandis que la réalité dépasse la fiction au Royaume-Uni et aux États-Unis, avec les attaques de codes malveillants qui infectent les forces de l’Ordre et font fuiter les civilités des policiers sur l’Internet, nous sommes en droit de nous poser la question de la protection des nôtres.

    Quid des données ?

    D’après Canalys, un cabinet d’analyses de marché spécialisé dans les technologies, 30 milliards de données ont été volées en 2020, soit plus que le total cumulé des quinze dernières années. Dès 2014, la Wildlife Justice Commission, une ONG qui lutte contre le trafic d’espèces menacées, a constaté que la messagerie WeChat avait permis l’émergence au Vietnam d’une plaque tournante illégale de commerce d’espèces sauvages s’adressant essentiellement à des clients chinois. La criminalité continuera probablement de se développer tant que les États ne réorganiseront pas en profondeur leurs services de police. Ces derniers ont de plus en plus besoin de spécialistes dotés de compétences en sécurité des systèmes d’information. « À l’échelle mondiale, on estime à 3,5 millions le nombre de postes d’ingénieurs en cybersécurité qui sont vacants. Le problème, c’est que vu la pénurie, les salaires sont parmi les plus élevés du secteur », relate Misha Glenny dans le Financial Times du 28 avril 2021.

    Le résultat d’une enquête de trois années effectuées conjointement avec différents force de l’ordre et de pays. (Crédits : EUROPOL)

    La population mondiale n’a pas conscience de cette réalité budgétaire, ainsi que de l’évolution de la nature de la criminalité. La Capture de plus de 800 personnes au sein du crime organisé fait grand bruit sur tous les médias : « Un réseau de crime organisé a été démantelé avec l’arrestation de plus de 800 personnes », a déclaré, le 8 juin 2021, Europol. Toutefois, les infections par codes malveillants continuent, procurant des dommages collatéraux conséquents, par effet domino.

    Le plus dur c’est pas la chute, c’est l’atterrissage.

    Film La Haine, Mathieu Kassovitz

    L’un dans l’autre, sommes-nous à l’aube d’un contrôle total (avec les bons et mauvais points) à la sauce de la République Populaire de Chine ? « Le système de code en deux dimensions (parfois appelé “cachet électronique visible” ou “2D-Doc”) intégré au passe sanitaire est celui destiné à intégrer les futures cartes d’identité biométriques. Ce système simple et pratique de code en 2D facilitera le traçage constant et à grande échelle de toute personne présentant sa carte d’identité. Si, à l’heure actuelle, le passe sanitaire permet déjà et très facilement la constitution de fichiers illicites de données personnelles, la situation pourrait très vite s’aggraver s’agissant des futures cartes d’identité. […] En résulte un triptyque idéal du traçage constant, automatisé et centralisé de l’ensemble de la population : géolocalisation du téléphone, reconnaissance faciale et contrôle d’identité automatisé sanitaire », justifie la Quadrature. D’autant qu’au temps des réseaux sociaux, les stories montrant le « graal » qu’est le « passe sanitaire » est un manque discernement face au danger. Les renseignements affichés sont des données personnelles de santé. Ainsi en le publiant, vous pourriez tomber dans un processus hameçonnage ciblé, suite à l’accès de vos données médicales. De plus, un réseau de faux certificats existe dans les hôpitaux et sur l’internet. Soyez vigilant, car « le plus dur c’est pas la chute, c’est l’atterrissage ! »