Rideau Hall est la résidence officielle du monarque et du gouverneur général du Canada, située au 1, promenade Sussex à Ottawa. Dans un communiqué de presse publié le 2 décembre 2021, le bureau du secrétaire général dévoilait qu’il y avait eu un accès non autorisé à son réseau interne. En vertu de la Loi sur l’accès à l’information, des courriels internes du gouvernement obtenus par la presse canadienne indiquent que les fonctionnaires étaient « incapables de confirmer l’étendue complète de l’information qui a été consultée ».
Des documents récemment divulgués révèlent que l’attaque informatique d’un réseau informatique interne à RideauHall a été décrite par des fonctionnaires comme un « cyberincident sophistiqué » dans les jours qui ont précédé l’annonce de la faille de sécurité au public, relate la CBC. Tous les gestionnaires ont été incités « à réfléchir sur les renseignements gérés par leur unité respective » et à soulever leurs inquiétudes, selon l’ébauche du texte rédigé le 17 novembre 2021 qui devait être transmis aux employés.
« C’est si complexe, nous ne pouvons pas individuellement rendre les organisations imputables, dit Mme Bernier. L’amplitude de ces failles informatiques et leurs conséquences sont telles que nous avons besoin d’un contrôle assez puissant pour rendre imputables toutes les organisations détenant des données personnelles. » (Crédits : DR)
Le 2 décembre 2021, « le Bureau du secrétaire du gouverneur général (BSGG) a été informé d’un accès non autorisé à son réseau interne. Le BSGG a immédiatement pris des mesures pour renforcer son réseau et collabore actuellement avec le Centre canadien pour la cybersécurité dans le cadre de l’enquête en cours », communiquait Rideau Hall.
En France, Sadeco, Collège Ostéopathique de Bordeaux, Département de l’Ardèche… voient leurs données volées publiées sur les sites de fuites. Le ministère des Finances du CostaRica vient de subir une attaque informatique de la part de Conti, qui diffusera 1 TB de données dès le 23 avril 2022 annonce les opérateurs. (Crédits : capture d’écran)
CiaraTrudeau, porte-parole du Bureau du secrétaire, affirmait qu’un échange avait eu lieu avec les employés de Rideau Hall et « les partenaires externes qui ont pu être touchés par l’incident ». Elle a refusé de fournir plus de détails, tout comme EvanKoronewski, porte-parole du Centre de la sécurité des télécommunications (CST), qui souligne que l’agence ne peut pas donner des précisions sur la cyberattaque. « Bien que l’enquête visant à déterminer la nature et la portée de l’intrusion soit toujours en cours, le BSGG poursuit son travail avec les experts et prendra d’autres mesures pour renforcer son réseau au besoin. Il a également communiqué avec le Commissariat à la protection de la vie privée à la suite de l’incident. » Le piratage des banques de données est devenu de plus en plus attrayant pour les cybercriminels, a répondu ChantalBernier, ancienne commissaire à la protection de la vie privée du Canada par intérim. « C’est sans risque, très bon marché et très rentable, a-t-elle déclaré dans une interview. Malheureusement, il y a aussi beaucoup de piratage soutenu par l’État ».
Le terme a été utilisé le 12 avril 2022 par le président américain Joe Biden, puis par le Premier ministre canadien, Justin Trudeau pour qualifier les actions perpétrées en Ukraine. Biden a accusé son homologue russe Vladimir Poutine de mener un « génocide » en Ukraine. Ce mot était jusque-là employé par Volodymyr Zelensky, mais jamais par l’administration de l’oncle Sam. En France, Emmanuel Macron tempérait son usage, au grand dam du pouvoir ukrainien, jugeant sa position de « décevante », mais qu’est-ce qu’un génocide ?
L’Organisation des Nations unies, anciennement la Société des Nations, à la sortie de la Seconde Guerre mondiale définissait le « génocide ». Il est issu du grec genos (race) et du latin cide (tuer). Il désigne l’extermination physique, intentionnelle, systématique et préméditée d’un groupe humain ou d’une partie d’un groupe en raison de ses origines. L’expression est employée pour la première fois par son créateur, RaphaëlLemkin (1900-1959), réfugié polonais de confession juive, professeur de droit international aux États-Unis. Marqué par les violences de masse en Arménie (1915), il souhaitait un nouveau terme pour définir et rendre compte de l’ampleur, de la nature des crimes nazis. S’il n’est pas encore usité lors du procès de Nuremberg (1945-1946).
« Oui, j’ai parlé de génocide parce qu’il est devenu de plus en plus clair que Poutine essaie simplement d’effacer l’idée de pouvoir être ukrainien et les preuves s’accumulent », martelait Biden. Le 23 décembre 2021, il signait la loi sur la prévention du travail forcé chez les Ouïghours, dans le contexte du génocidaire au Xinjiang. (Crédits : Al Drago/REUTERS)
Il est aujourd’hui présent dans l’article 6 du statut de la Cour pénale internationale. La résolution 96 du 11 décembre 1946, de l’ONU définit le génocide de l’un quelconque des actes ci-après, commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel :
Meurtre de membres du groupe
Atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe
Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle
Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe
Transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe
L’adoption de la convention sur le génocide date du 9 décembre 1948, et entre en vigueur le 12 janvier 1951. Si 149 États l’ont signé, peu d’entre eux ont ratifié les 18 traités internationaux relatifs aux droits de l’homme. D’ailleurs, la convention ajoute dans l’article III que seront punis les actes suivants, à savoir, le génocide, l’entente en vue d’en commettre un, l’incitation directe et publique à le commettre, sa tentative et la complicité dans le génocide. À ce jour, trois génocides sont reconnus par l’ONU. Elle admet le génocide des Arméniens perpétré par l’Empire ottoman, en 1915-1916, celui des Juifs par les nazis, de 1941 à 1945, et le génocide des Tutsis commis par le pouvoir hutu, au Rwanda, en 1994.
Violences et Génocides
La différence entre violence menée contre une ethnie et un génocide est l’apanage des historiens, et juristes. Ainsi, l’Allemagne reconnaît, en 2015 les cruautés contre les Héréros et les Namas en Namibie entre 1904 et 1905. Le massacre des Cambodgiens de 1975 à 1979 est discuté, l’objectif des Khmers rouges ayant été dans un but d’uniformisation idéologique, ethnique et religieuse. Leur peuple et non de destruction (près de 2 millions de morts). Les brutalités perpétrées durant la guerre de libération du Bangladesh en 1971, une campagne de viol des femmes et l’épuration ethnique font partie de la répression à outrance de la rébellion bengalie par l’armée pakistanaise et des milices islamistes.
Justin Trudeau tenait des propos similaires à la déclaration d’Emmanuel Macron : « Je dirais que la Russie a déclenché d’une manière unilatérale une guerre brutale, qu’il est maintenant établi que des crimes de guerre ont été faits par l’armée russe et qu’il faut maintenant en trouver les responsables ». (Crédits : Sean Kilpatrick/La Presse canadienne)
Sans oublier celles que subirent les Amérindiens par le peuple qu’allaient devenir les citoyens des États-Unis d’Amérique, mais il est juridiquement nécessaire de définir, voire d’élargir le terme de Génocide. Des historiens défendent le principe de la prise en compte de certains massacres, ou mortalités de masse, qui permettrait d’éviter une forme de banalisation. Des cas évoluent, tels la suite donnée à la Guerre du Darfour, et emprisonnement de Omar el Bechir. Le 14 décembre 2019, il est incarcéré pour deux ans. Il est mis en accusation par la Cour pénale internationale pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre dans le cadre de la guerre du Darfour, sans être à ce jour, jugé… car non rendu par la République du Soudan à la CPI.
Envolées lyriques de dirigeants
Outre-Atlantique, les prises de parole sont devenues joutes verbales s’amusant de la communication, pour permettre ou non de diriger les sentiments des différents peuples, sans que ces derniers ne puissent vérifier les dires des journalistes et médias. « Il est de plus en plus clair que Poutine essaie simplement d’effacer l’idée même de pouvoir être un Ukrainien », développait le président américain lors d’un déplacement dans l’Iowa. Pour l’homme d’État, il est avare de doute, « Nous laisserons les juristes décider au niveau international s’il s’agit ou non d’un crime, mais il me semble que c’est le cas ». JakeSullivan, conseiller à la sécurité nationale enchérissait, car « sur la base de ce que nous avons vu jusqu’à présent, nous avons vu des atrocités. Nous avons vu des crimes de guerre. Nous n’avons pas vu un niveau de privation systématique de la vie du peuple ukrainien qui s’élève au niveau du génocide. »
President Biden: "Your family budget, your ability to fill up your tank, none of it should hinge on whether a dictator declares war and commits genocide a half a world away." pic.twitter.com/bRiE5u2sRz
Joe Biden affirmait que les « preuves s’accumulaient » sur les « choses horribles qu’ont faites les Russes en Ukraine », il prédisait que le monde « en découvrirait encore davantage sur la dévastation ». Un autre président américain, Georges W. Bush persuadait quasiment l’entièreté de la planète Terre que des armes de destructions massives se trouvaient en Irak… l’Histoire amène toujours la vérité, tôt ou tard… Plus au nord, Justin Trudeau estime « qu’on peut de plus en plus parler de génocide » en Ukraine. Il évoquait d’ailleurs que les atrocités perpétrées par « […] l’armée russe, que Poutine est en train de commettre en Ukraine », sont « tout à fait inacceptables » mentionnant notamment les attaques délibérées contre des civils et l’utilisation de la violence sexuelle comme arme de guerre, mais pas au point d’envoyer des troupes de l’OTAN sur le terrain.
Le président russe Vladimir Poutine dénonçait le 15 février 2022, lors d’une conférence de presse organisée à la suite des entretiens russo-allemands que « selon nos estimations, ce qui se passe aujourd’hui dans le Donbass est un génocide. » (Crédits : Oleksandr Klymenko/REUTERS)
Sur la tempérance du président français, le porte-parole de la diplomatie ukrainienne, OlegNikolenko, réagissait promptement, jugeant « décevante » la position de la présidence française. « S’ils sont vrais, de tels propos sont très blessants pour nous », déclarait VolodymyrZelensky lors d’une conférence de presse commune avec les chefs d’État polonais, lituanien, estonien et letton, en visite à Kiev. « Je ferai de mon mieux pour discuter de cette question avec M. Macron aujourd’hui. Si ce n’est pas le cas, alors demain, quand il trouvera le temps », a-t-il ajouté. La Russie, de son côté, se défend en dénonçant une « mise en scène » et des « falsifications » orchestrées par les Ukrainiens et destinées à lui nuire. Il y a donc un enjeu intellectuel et pédagogique dans l’emploie du terme « génocide » à bon escient, comme « stratégie ». Une typologie des violences de masse existe, ce qui donne des nuances d’approches. L’ethnocide est l’éradication culturelle d’un groupe sans qu’il n’y ait nécessairement massacre de masse, l’épuration ethnique est son éradication d’un territoire, et le politicide qui est le massacre d’un groupe pour raisons politiques.
Une question que tout un chacun peut poser sur de nombreux sujets. Le « Convoi de la Liberté » est un mouvement à l’origine contre l’obligation vaccinale anti-Covid-19 pour entrer par voie terrestre au Canada, introduite le 15 janvier 2022 par le gouvernement canadien, à travers JustinTrudeau. Puis repris en France contre l’obligation du passe vaccinal, sous-entendu l’obligation vaccinale déguisée afin d’accéder aux restaurants, salles de spectacle, bars, ou tout autre loisir. Avaient-ils raison de manifester ?
En premier lieu, quelle est la définition du droit à manifester ? C’est le droit d’organiser une réunion dans un lieu public ou sur la voie publique pour exprimer une conviction collective. Elle peut être fixe ou emprunter un itinéraire sous la forme d’un cortège. Les organisateurs peuvent-être des syndicats défendant la cause des travailleurs, une minorité pour la reconnaissance et la défense de ses droits, ou encore en soutien à une cause générale. Là où le bat blesse, est qu’il faut effectuer le distinguo entre un attroupement et la manifestation.
Sont soumis à l’obligation d’une déclaration préalable tous cortèges, défilés et rassemblements de personnes, et, d’une façon générale, toutes manifestations sur la voie publique.
Article L211-1. Création Ordonnance n°2012-351 du 12 mars 2012
Depuis le décret-loi du 23 octobre 1935, publié le lendemain au journal officiel, sous la troisième république et le président Albert Lebrun, le droit de manifester est subordonné à une déclaration préalable. « Les réunions sur la voie publique sont et demeurent interdites dans les conditions prévues par la loi du 30 juin 1881, article 6 », stipulait le décret-loi. Il a été abrogé par l’ordonnance n° 2012-351 du 12 mars 2012, mais car il y a un « mais », ses dispositions ont été reprises dans le Code de la sécurité intérieure.
« Au Quartier latin, ce fut la journée la plus longue… » commence le journaliste, relatant la grève de mai 1968. Après Rome, Berlin-Ouest ou encore Varsovie, l’agitation étudiante s’est manifesté à Paris poursuivait-il, avant de toucher tout le pays, car « il est interdit d’interdire » revendiquait le slogan. (Crédits : capture d’écran/INA)
Cette loi est adoptée sous la présidence de NicolasSarkozy. Le trouble à l’ordre public se définit (article 431-3 du Code pénal) par ce qui « constitue un attroupement tout rassemblement de personnes sur la voie publique ou dans un lieu public susceptible de troubler l’ordre public. » Autrement dit, toute manifestation non autorisée ou déclarée semble être considérée en tant qu’attroupement, donc un trouble à l’ordre public. Parallèlement, l’article 431-1 du Code pénal punit le fait d’entraver le droit de manifester de 1 an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende. La peine peut même s’élever à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende en cas de violence, voie de fait, coups…
Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.
Donc tout est une question d’interprétation, soit vous autorisez la manifestation, soit vous la prohibez. Pour la première, il n’y a pas de répression du mouvement possible. Tandis que si vous êtes contre le fait d’avoir des bonbons de plusieurs couleurs, car votre préférence va à l’orange, vous l’interdisez, elle devient attroupement. Les trois dates qui font écho en France, sont la Révolution française de 1789, les grèves de mai-juin 1936 et celle de mai 1968. Les deux dernières n’ont fait l’objet d’aucune déclaration d’intention de grève, qui est désormais obligatoire. Mais pourquoi des personnes en France, comme dans d’autres pays, manifestent contre le « passe vaccinal » ?
Le passe vaccinal
Nombreux en France, se sont fait injecter plusieurs doses de « vaccin », pour recouvrer une certaine souveraineté de mouvements de faits et de lieux. « Si j’ai fait tout mon parcours vaccinal, ce n’est pas parce que j’avais peur du virus, c’est tout simplement que je voulais retrouver toutes mes libertés », déclarait LaurentRuquier dans l’émission On est en direct, sur France 2. Puis, nous apprenions que le passe sanitaire mutait en passe vaccinal, car le ministre des Solidarités et de la Santé, OlivierVéran sur Brut, expliquait que : « Le passe vaccinal est une façon d’arriver à l’obligation vaccinale, mais moi, je pense que c’est plus efficace que de mettre une amende ». Il indique que ledit passe vaccinal a eu l’effet escompté de protéger les personnes contre le virus. Or, selon les statistiques de la DREES, 0 % des moins de soixante ans sont décédés du variant Omicron. Sur la tranche 60-80 ans, 0,5 % de vaccinés et 0,8 % de non vaccinés sont décédés.
Sur la levée du masque, comme du passe vaccinal, le ministre répond à la question d’AmélieCarrouër : « […] je dis vers la mi-mars ça veut dire que ça peut-être peut-être une semaine plus tôt ça peut être quelques jours plus tard cela dépendra uniquement de notre capacité à faire fonctionner normalement les hôpitaux […] ». (Crédits : capture d’écran/RTL)
Les défunts de plus de quatre-vingts ans étaient pour 5 % non vaccinés contre 2,4 % pour les autres. « Le passe vaccinal est quelque chose qui discrimine les gens, qui jette l’opprobre sur une catégorie de la population qui n’a pas du tout engorgé les hôpitaux […] c’est la crise de l’hôpital public qui a créé, malheureusement, ce système depuis des années », précisait le Dr GéraldKierzek.
Pour ou contre
L’OMS est contre. « Les États parties sont vivement encouragés à reconnaître que l’exigence d’une preuve de vaccination peut aggraver les inégalités et favoriser une liberté de circulation différenciée », affirmaient les membres du comité. Le hasard fait que le jour où le comité d’urgence de l’OMS indiquait ne pas être favorable à un passeport vaccinal, cela coïncide avec le jour où le gouvernement français présentait TousAntiCovid-Carnet. Lors de l’émission du GrandJury sur RTL, Olivier Véran martèle que « si la situation dans six mois, dans un an, dans cinq ans, dans dix ans que sais-je devait justifier qu’à nouveau nous vérifions que les Français ne prennent pas de risque élevé de se contaminer dans un bar ou dans un restaurant […] »
Le nombre de participants est l’instrument de discorde lors des manifestations. Comme celui du taux de vaccination en France, mais tout est accessible. (Crédits : capture d’écran)
Si un tel procédé est mis en vigueur et pérenne, serait-il le parent pauvre du crédit social chinois, créant ainsi un peuple docile et enclin aux délations, dans un climat et un État policier ? Ou tout simplement, le moyen de trouver un bouc émissaire aux échecs de toute situation, assurant auxdits gouvernants, quelque pays que ce soit, une immunité, car en toute bonne foi, ce n’est pas de leur faute. Alors, « avaient-ils raison de manifester ? » C’est une excellente question, sur laquelle vous êtes seul juge, en votre âme et conscience sur la réponse que vous y apporterez. Cela dit tout est entendable, discutable et différent selon tout un chacun, vos priorités de vie, et surtout votre définition du mot « Liberté ».