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  • Quand un frenchie conduit à l’anglaise (épis. 11/46)

    Quand un frenchie conduit à l’anglaise (épis. 11/46)

    Une aiguille dans une botte de foin. Finalement après avoir cherché avec Kay dans l’annuaire nous trouverons le propriétaire du champ où doit se situer la dernière plante. Pour cela, Flavien doit louer une voiture, alors direction le sud de la ville. Pas besoin de caution ici, on ne peut pas aller bien loin… Après les usages de location, le voici à bord d’un gros pick-up Nissan… volant à droite, et surtout levier de vitesse à gauche ! Mais ce n’est pas un léger changement dans la conduite qui arrête Flavien.

    Un pick-up pour rechercher une fleur

    La conduite à gauche, comme James Bond au volant de son Aston Martin, ce n’est pas si facile que ça. Flavien doit se remémorer sans cesse de rester à gauche. « Me voilà lancé sur la Darwin Road » confie l’aventurier. C’est la seule route goudronnée de l’archipel, hormis la capitale Stanley bien entendu. Chose étrange, « Ici tout le monde lève le doigt ou la main quand ils se croisent ». Ils se connaissent tous, sûrement pour ça pense Flavien. Chaque automobile rencontrée fait un signe. « Me voilà à lever le doigt à chaque fois que je croise une voiture. La situation est quand même marrante », sourit-il. En même temps difficile de passer incognito avec un gros pick-up Nissan.

    La Phlebolobium maclovianum - Brassicaceae a donné beaucoup de mal à Flavien.

    Après 30 miles de route à gauche, deux heures d’une recherche obstinée, rien à se mettre sous l’objectif : « je trouve uniquement des espèces déjà vues, quelle frustration ! »

    Obstiné, la raison l’emporte. 70 livres de perdu, pense-t-il… Il lui reste trois heurs de location, alors direction « à l’opposé de la ville où Mike a vu une ou deux inflorescences de cette espèce il y a quelques années sous un rocher jaune ». Quinze minutes de recherche sur des balmes rocheuses plus tard. « Je tombe sur le seul et unique pied en début de floraison, quelle joie, l’obstination paye… »

    « Celle-ci m’aura donné du fil à retordre. Deux jours pour la trouver malgré, elle n’existe pratiquement que sur les îles non pâturées. » (Crédits : Phlebolobium maclovianum – Brassicaceae/Flavien Saboureau)

    Il est temps de rebrousser chemin, il prend la direction de la seule station-service pour faire le plein. « Rien de bien différent en métropole, si ce n’est le prix du gasoil à 80 centimes. Je rends le Nissan sans égratignure et en ayant réussi à garder ma gauche », s’amuse-t-il.

    Secoué comme dans les montagnes russes

    À 18 h 30 un petit bateau doit venir nous chercher pour rallier l’île de Kidney. Il y subsiste d’incroyables populations de puffins fuligineux et quelques Troglodytes de Cobb, l’une des deux espèces d’oiseaux endémiques de l’archipel. « Je n’ai pas encore eu l’occasion de le voir, car les rongeurs ont été introduits sur les îles visitées jusque là. » Ils sont onze à patienter, puis dix quand une personne se désiste, vue de l’état de mer. « Gilets de sauvetage, check ! Cirés enfilés, check ! Nous sommes partis ». Un premier quart d’heure dans une mer navigable. À la sortie du chenal, c’est autre chose. « Nous sommes secoués comme dans les montagnes russes. »

    Des creux de 3 à 4 m

    Des creux de 3 à 4 m et les passagers font offrande de leur dernier repas à la mer. « Je ne sais pas si je tiendrai longtemps dans une telle mer. » Il a connu bien pire sur le Marion Dufresne. Difficile de se sentir en sécurité, lorsque la coque frappe violemment la surface de l’océan. « C’est assez flippant ! Impossible d’être debout sans s’agripper aux garde-corps. »

    Douche gratuite

    Il n’y a pas assez de place dans la cabine, alors c’est douche gratuite à chaque vague. Les deux marins contactent Andy, notre guide : à quelques miles de l’île annulation du débarquement sur l’île.
    (Crédits : Dimitris Vetsikas/Pixabay)


    Entre deux salves de déferlantes, ils mettent les gaz. L’objectif est de faire demi-tour, tout en évitant de prendre une vague de côté. C’est au milieu des nuées de puffins fuligineux que l’équipage fait cap sur le port. Le retour s’effectue dans le sens du vent, ceux qui étaient blancs reprennent quelques couleurs. Trempé, Flavien rentre manger dans sa cabane. Il ne verra pas, cette fois le fameux Cobb’s Wren et les nuées de puffins qui rentrent au terrier. Ce sera une excuse pour revenir dans quelques années.

    Flavien joue le touriste

    Après une recherche fructueuse de fleurs endémiques, les timbres. « Je commence la matinée en allant découvrir le prix d’envoi des lettres à la seule poste de l’archipel. » Puis en excellent touriste qui se respecte, les boutiques souvenirs. Au menu, la recherche de cartes postales, d’un tee-shirt et « d’un badge à mettre sur mon sac ». « Après avoir cassé la croûte face au front de mer, je retournerai dans ma cabane pour écrire quelques lettres. »

    Puis il poste l’ensemble en début d’après-midi. « Je veux prendre des timbres avec les plantes endémiques, mais ils ne sont disponibles qu’en lot à 28 £, je m’en passe… »

    Fermetures à 16 h

    Comme lors de la genèse du voyage, un musée s’offre à l’aventurier. En milieu d’après-midi, il passe plusieurs heures au musée des Malouines.

    « C’est super intéressant, mais ils ferment à 16 h, comme beaucoup de commerces ici. On sent que la guerre qui a eu lieu il y a plus de 40 ans est encore très présente, une grande partie du musée lui étant dédiée. »

    Direction la Patagonie

    Puis c’est le moment de faire quelques emplettes. Les dernières courses avant la Patagonie, pays cher à Florent Pagny. Demain matin ils viennent le cueillir à 8 h 45 pour l’aéroport.

    « Les prix sont très élevés, mais pour acheter de la moraline (tablettes de chocolat, fruits secs, barres de céréales, etc.) j’y laisse quelques livres. » La soirée se prolonge sur le front de mer baigné par les rayons du soleil.

    Des édifices, tel la Governement House ou encore le monument aux morts de cette fameuse guerre se posent sur le front de mer. (Crédits : Flavien Saboureau)

    « Je n’ai pas été dans l’un des 5 bars de la ville depuis mon arrivée, il y a 3 semaines ». Il envoie un message à Alix, une chercheuse française rencontrée lors des premières soirées. Flavien se convie à leur repas, pour terminer par quelques verres. Minuit le carrosse se transforme en citrouille, « il est temps d’aller au lit, car demain est une grosse journée. Une des rares dates où j’aurais complètement fait mon touriste ». À suivre…

  • Les nouvelles vont très vite sur un archipel (épis. 4/46)

    Les nouvelles vont très vite sur un archipel (épis. 4/46)

    Après avoir payé ses nuitées, salué Léo et les Portugais dans la field Station, c’est ce samedi 2 décembre 2023 que Flavien doit s’envoler, enfin en théorie. Une personne d’un âge certain, Anita doit voyager en compagnie de Flavien. Sauf qu’elle a une aversion envers le SARS-CoV-2. Bien sûr, Flavien possède tous les symptômes, comme celui de la grippe et autre maladie hivernale. Mieux vaut prévenir que guérir dit l’adage, ainsi il sera affublé d’un masque durant le périple.

    Anita complètement effrayée obligera Flavien à porter un masque FFP2 sur l’ensemble du trajet, vol compris. Mais avant d’accéder à la piste, il faut parcourir quarante minutes en 4X4 sur un chemin « défoncé », fenêtres ouvertes, pour arriver à la piste d’envol. Le ciel est balayé par les vents. Tous restent tous à l’abri dans la voiture en attente des nouvelles du FIGAS (NDLR Service aérien du gouvernement des îles Falkland), hormis Flavien. « Je brave les éléments pour pouvoir ôter mon masque. Je m’allonge sur deux, trois bouts de géotextile qui traînent derrière la barricade de fortune qui protège la remorque anti-incendie », se confie-t-il.

    Pire qu’une traînée de poudre

    Les oies ont envahi la piste, Flavien est chargé par Tim de la libérer. « À peine ai-je effarouché les oiseaux, que j’entends le vrombissement du moteur. Ça y est je vais pouvoir continuer mon voyage, enfin… il n’est pas encore atterrit. » La direction du vent est à la limite de l’acceptable pour décoller, car l’atterrissage comme le décollage se font face au vent. Le départ est précipité, « j’ai juste eu le temps de dire au revoir que je suis positionné à l’arrière de l’avion. La pilote qui porte un masque placera Anita au milieu, avec une rangée de sièges d’écart. Je commence à comprendre que mon Covid est connu de tous désormais, j’espère ne pas être fiché et qu’ils vont vouloir m’accueillir sur toutes les îles… »

    Dix secondes suffisent pour notre décollage. Après l’avoir découverte sous un soleil radieux « je lui fais mes adieux sous un beau temps ou presque. » Ces quelques minutes remémorent les heures passées à chercher la perle rare ou à observer le débarquement des papous, la parade des albatros ou bien encore le jeu des dauphins, raconte Flavien.

    Après 25 min de vol, et presque aucune turbulence « me voilà sur l’île de Saunders ». Elle est à 85 km au nord-est de NewIsland. Ici, plusieurs pistes permettent aux pilotes d’atterrir, peu importe la direction du vent. À peine le temps de souffler que Louise me récupère avec son 4X4. « Amandine m’avait dit que c’était elle qui faisait régulièrement le tour des colonies pour guetter la potentielle arrivée de la grippe aviaire. D’ailleurs, il y a 1 semaine de ça, elle a découvert un cas chez un albatros à sourcil noir, mais depuis rien, on croise les doigts… » (Crédits : 165106/Pixabay)

    L’île de Saunders a été achetée par la famille Pole-Evans en 1987, mais elle est exploitée depuis 1948. L’île fonctionne principalement comme une ferme d’élevage de moutons et en possède 6 000. L’île est ouverte aux touristes du 15 septembre au 30 avril. Ces dates coïncident avec les périodes où la faune et la flore visitent Saunders. Un bateau arrive, « il passe toutes les six semaines, et vient récupérer la laine récoltée. »

    L’Île de Saunders : une terre d’élevage

    Louise me laisse quelques instants. « Je m’imprègne de cette ambiance complètement différente. Ici le ton n’est pas à la conservation, mais à l’agriculture, bien que les propriétaires y soient sensibles. » Louise revient chargée d’une bouteille de gaz et d’une carte d’accès à la WIFI. Ce qui permettra à Flavien de se connecter au bâtiment de la Neck, à 1 km de son futur bivouac. Le tarif est de 10 £ les 100 min, un prix qui effraierait la génération Z en France.

    Dans la bâtisse près duquel je patiente Louise, une personne guettait le « taxi », un anglophone d’une cinquantaine d’années. « Je ne comprends pas tout ce qu’il me raconte, il parle vite, mais une chose est sûre, il connaît Poitiers. Alleluia ! Le Poitou est connu jusqu’à l’autre bout du monde. »

    Durant les quarante minutes de trajet qui nous attendent, nous devrons, ouvrir et fermer la multitude de barrières qui clôturent les différents troupeaux de moutons.

    Après 16 km de montagnes russes « nous arrivons entiers, mais secoués » au Neck, les chambres d’hôtes. Louise montre où se servir en eau potable et où capter l’Internet. Le trio reprend le 4X4, pour que Louise pointe le Swiss Hôtel. « C’est ce fameux rocher qui va me protéger du vent durant mes prochaines nuits de bivouac », explique Flavien C’est d’ailleurs à partir de cet endroit que le gentleman anglais continuera seul son chemin vers Elephant Point.

    (Crédits : Flavien Saboureau)

    Louise s’en va. Flavien la remercie et la salue. Puis les priorités s’affichent. Il est 12 h 30 quand il commence à monter sa tente. Puis s’empresse de manger pour descendre observer la ribambelle de manchots dispersés sur la plage. Une après-midi entière avec son appareil photo en main. « Manchots royaux, papous, de Magellan, sauteurs, impériaux». Le soir venu, il est temps de donner des nouvelles à tout le monde via le WiFi.

    Bercé par les vocalises des manchots

    Cela fait plus d’une semaine qu’il n’a pas établi de connexion avec le monde digital. « Voilà neuf jours que je n’ai pas activé Internet ! C’est la dégringolade de mails… je n’ai répondu qu’aux plus urgents. J’avais préparé une réponse automatique pour prévenir de mon absence. » Le SAS de retour à la société, Flavien profite de cette cabane pour faire le plein d’eau et entamer le kilomètre qui le sépare du Swiss Hôtel en quelques minutes, le ventre criant famine. « Il fait faim », s’écrit-il. La soirée, entrecoupée d’averses et d’éclaircies laisse place aux arcs-en-ciel.

    « Ma tente est entourée de terriers de manchots de Magellan. Quel émerveillement ! J’ai le temps de les observer pendant que je cuisine la tente ouverte. Petit détail, c’est le soir qu’ils poussent le plus de vocalises, mais ce n’est pas aujourd’hui que ça m’empêchera de dormir », confie l’aventurier.

    Les manchots de Magellan n’ont à priori pas été dérangés par les potentiels ronflements de Flavien, ni Flavien par leurs vocalises. Car la nuit s’est prolongée un plus plus qu’à l’habitude. « Je profite du soleil matinal pour me réchauffer et me concocter des flocons d’avoine avec du chocolat fondu… »

    Il part plein Nord-Ouest en direction d’Elephant Point. « Je suis censé y découvrir plein d’éléphants de mer, que je n’ai pas vus depuis Amsterdam. » Au rendez-vous sont présents une centaine à vue de nez, remarque-t-il, mais que des femelles et des immatures, pas un seul mâle reproducteur. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Sur la lancée, Flavien s’attaque au sommet de l’Île, le Mount Harston avec ses 430 m (434 pour être précis). Au début de l’ascension, la marche s’effectue au sein de prairies défoncées par les moutons, puis chemin faisant, dans des milieux mieux préservés. Plus il grimpe, plus le vent souffle. « Là-haut, le vent est assourdissant et il fait pas chaud », grelotte-t-il. Pour le motiver, rien de tel que de découvrir des plantes qui lui sont inconnues : Viola tridentata, Lycopodium albofii, Cardamine glacialis, Lobelia pratiana, Chevreulia lycopodioides, Hydrocotyle chamaemorus. Satisfait, il redescend vers la cabane pour récupérer de l’eau avant de rallier sa tente « qui heureusement, n’a pas bougé. Je n’étais pas serein avec le vent qui règne sur cette île. Ce soir la pluie se fera entendre sur la toile de ma tente, quel plaisir d’être dessous ! » À suivre…

  • De l’Île de l’Ascension aux Malouines (épis. 3/46)

    De l’Île de l’Ascension aux Malouines (épis. 3/46)

    Une nuit bercée, non par la Mer de la tranquillité, mais par la quiétude d’un vol non commercial. Un petit déjeuner au lit, ou presque, car c’est sur un siège de l’A330 que Flavien déjeune. Un réveil avec vue sur l’océan atlantique sud et l’île de l’Ascension en prime. À quelques secondes de l’arrivée, « c’est agréable de se requinquer ». Dans quelques minutes nous atterrissons sur l’île de l’Ascension (en photo), une île volcanique, sous juridiction anglaise, à mi-distance entre le Brésil et l’Afrique.

    À peine ils foulent le sol, qu’ils sont conduits dans un sas d’attente à ciel ouvert, mais la température de 24 degrés pallie l’ennui. Passionné, Flavien tente de saisir quelques plantes, sauf que « c’est à nouveau une base militaire, partagée entre le Royaume-Uni et les États-Unis. Nous sommes étroitement surveillés. Je me suis fait reprendre quand l’idée m’est venue de photographier la flore. » Quelques clichés admettent un constat sans appel, « cette île d’aspect très désertique semble à avoir forcé l’Homme à planter plus de 400 espèces invasives ! De plus son utilisation militaire a fini d’anéantir la diversité de cette île dont les espèces endémiques se comptent désormais sur les doigts d’une main… » Unique once d’espérance sera l’observation d’une frégate de l’île de l’Ascension, le seul oiseau endémique de l’île, se rassure-t-il.

    Embarquement immédiat

    Du lieu d’attente, Flavien et ses co-voyageurs sont escortés militairement jusqu’à la porte de l’avion. Une fois assis, il ne reste plus que huit heures de vol avant de fouler le sol des Malouines. Comme dans les films d’action et d’aventure le fameux « synchronisation des montres » est de mise. « Nous reculons les aiguilles de trois heures, par rapport au fuseau horaire de l’Angleterre ». Peu avant 16 h (heure locale), l’avion atterrit en ce jeudi 23 novembre 2023. Pas de steward ou d’hôtesse pour annoncer la météo sur place. « À notre arrivée, il faut penser à enfiler la veste coupe-vent et le bonnet, le climat qui règne sur le tarmac vous met direct dans le bain. » Sans mauvais jeu de mots, l’eau est vraiment froide à cet endroit du globe.

    Après avoir patienté de nombreuses minutes que l’on inspecte une nouvelle fois mon passeport et un questionnaire que l’on avait pu nous distribuer dans l’avion, je rejoins la sortie du complexe après être passé au contrôle biosécurité. Là, Penguin Travel, un transporteur que Flavien avait commandé pour 22 £ il y a quelques semaines, l’attend avec mon prénom. Après cette arrivée de star de cinéma, direction le minibus avec d’autres membres du vol. La direction prise est Stanley, la capitale des Malouines. « Il nous faudra plus de 45 min de “route” pour rallier la ville. »

    Non loin de la base militaire, la route juste refaite surprend de son confort… mais rapidement le revêtement gravillonné devient majoritaire. « Aux Malouines, en dehors de la capitale et de la base militaire, il n’y a pas d’enrobé… »

    (Crédits : Flavien Saboureau)

    Comme prévu, le transporteur le déposera au 14, Drury Street. C’est à cette adresse, trouvée sur un blog, que « Mamie Kay » propose son jardin aux backpacker (randonneur en français) qui souhaitent installer une tente, moyennant un tarif de 5 £ la nuit. « Malheureusement elle a du mal à comprendre mon anglais, mais nous finirons par nous entendre. Je pourrais même prendre une douche pour un total de 8 £ ». Déjà 18 h, lorsque la tente est mise en place. Bien à l’abri « j’y laisse mon sac à dos, prends mon appareil photo et descends sur le front de mer. »

    Premier contact en terre du sud

    J’ai rendez-vous avec Amandine, une chercheuse française (écoépidémiologiste) qui m’a beaucoup conseillé pour ce voyage. On doit se retrouver au Waterfront bar pour 20 h. « À peine ai-je eu le temps de photographier quelques oiseaux et quelques plantes que je devine Amandine et son collègue, Léo, qui sortent de leur labo. » Flavien, Amandine et Léo font plus ample connaissance sur le chemin jusqu’au Waterfront. Là-bas, Amandine rencontre une de ses connaissances, une contrôleuse de pêche.

    Elle nous invite à venir manger ce soir dans une maison de Stanley où les contrôleurs de pêche se retrouvent. Nous nous y rendrons, c’est le gueuleton ! « Je devais aller sur l’île de New Island demain, mais Amandine ne trouve pas mon nom sur le plan de vol, tant pis je verrai ça demain. »

    Nous finirons là-bas est à minuit. Il me faut rentrer de nuit et tenter de rejoindre le jardin de Mamie Kay. Par chance, la capitale ne compte que 1 500 habitants alors je n’aurai pas de mal à retrouver ma tente.

    Le lendemain, direction le west store pour y acheter une carte sim, et donner des nouvelles à la famille. Le prix est comme tout ici, isolé donc un peu plus cher, 30 £. « Je n’arrive pas à l’activer… J’attendrai de revoir les deux Français avec qui j’ai rendez-vous ce soir. »

    (Crédits : Stanley/Port Stanley, from the air, 2005/02, by Tom L-C)

    En attendant, le temps est idéal, la journée superbe « alors j’en profite pour aller au Cap Pembroke, à quelques kilomètres de Stanley. Tout particulièrement à Gypsy cove, une magnifique baie où les manchots de Magellan me sont promis. »

    Malade au bout du monde

    Le week-end s’annonce radieux et enchanteur. Samedi 25 novembre, c’est le départ vers New Island, une île appartenant au Royaume-Uni, mais revendiquée par l’Argentine. Elle est située à plus de 230 km de la capitale Stanley. Une fois sur le sol, plusieurs destinations au programme. Field station, le mont Cliff Peak et Rookery pour son lieu d’observation idyllique. Durant cette semaine, des découvertes de faune et flore qui enchantent Flavien. Mais il déchante, car malade, avec des symptômes qui s’apparentent, semble-t-il, au fameux SARS-CoV-2.

    Le naturaliste spécialisé en botanique se réjouit de capturer en photographie quelques spécimens : Nassauvia gaudichaudii et Calceolaria fothergilii, côté faune c’est le Fur Seal qui se dévoile. Mais Flavien se sent patraque, il semble couver quelque chose.

    Le lendemain c’est au tour de Senecio vaginatus. Le séneçon lisse, est une espèce de plante à fleurs de la famille des asters, endémique des îles Falkland. Lundi 27 novembre au nord de New Island, il rencontre Ranunculus acaulis. La renoncule des dunes est une petite herbe charnue à fleurs jaunes qui pousse en tapis principalement près de la mer. Puis c’est au tour de Abrotanella emarginata dans le sud. Et Leucheria suaveolens (marguerite vanille) à Bold Point, comme Calandrinia sp. et le papillon Queen of the Falklands le 1er décembre.

    (Crédits : Ranunculus acaulis/Peter de Lange)

    Le lendemain, samedi Flavien range le gîte qui lui a été prêté durant sa convalescence, il est temps de partir vers une nouvelle destination. Mais avant tout payer l’hébergement et acheter de la nourriture pour les prochains jours sur l’Île de Saunders. À suivre…

  • Heureux qui comme Flavien Saboureau fait un beau voyage

    Heureux qui comme Flavien Saboureau fait un beau voyage

    Il existe des périples qui ne vous laissent pas indifférent. Celui qu’a effectué Flavien Saboureau sur l’île Amsterdam en est un. Il a séjourné dix-huit mois sur un rocher de 54 km2. Un an et demi aux confins de la Terre, à vivre en cercle restreint, avec une discipline et un respect de l’environnement de chaque instant. Pour autant depuis son retour à Lavausseau, il rongeait son frein. Cela fera un mois et demi, lorsque tout un chacun célébrera le passage à 2024 que Flavien est parti en direction des Malouines et de la Terre de Feu.

    Tel le marin navigue sur les mers et océans, Flavien est passionné par la flore et la faune, botaniste et photographe. Il n’est pas revenu totalement indemne de son voyage. « En effet, les terres australes aux ambiances de bout du monde difficilement descriptibles semblent jouer une attraction sur moi », affirme-t-il. Repartir est le sentiment qui l’habite depuis son retour en terre lavaucéenne. Partir oui ! Mais où ?

    Les îles subantarctiques de Nouvelle-Zélande ou la Terre de Feu ?

    Il tire de son expérience des TAAF, de ne pas avoir à subir un hivernage pour son voyage prochain. Selon ses différents critères, deux choix s’offrent à lui. Le premier qui se propose : les îles subantarctiques de Nouvelle-Zélande (NZSAI). Elles se composent de cinq archipels : les îles Snares (Tini Heke en Maori), Bounty, Antipodes, Auckland (Motu Maha) et Campbell (Motu Ihupuku). Le second : les îles Malouines, la Terre de Feu et ses légendes. Comme le marin est à la recherche du Cap Horn, sa décision le porte finalement vers les Malouines et la Terre de Feu.

    La Calceolaria fothergilii est endémique des Malouines. (Crédits : Flavien Saboureau)

    « J’ai choisi ces destinations pour leur richesse faunistique et floristique, mais aussi, car c’est les plus accessibles des îles subantarctiques, bien qu’il ne soit pas si simple de se rendre aux Malouines », explique-t-il. La génération Z ne connaît pas Ushuaïa, le magazine de l’extrême, mais plus facilement celle de Ushuaïa Nature. Pourtant, la ville d’Ushuaïa fait rêver. « Quel voyageur n’a jamais rêvé de rallier la Patagonie et certaines villes emblématiques comme Ushuaïa ? »

    Des projets plein la tête

    Il lui aura fallu moins d’une année pour se décider à repartir sur ces territoires du bout du monde. « Déjà en août, mes billets pour les Malouines et la Terre de Feu étaient réservés. » Malgré ce choix les îles subantarctiques de Nouvelle-Zélande restent dans un coin de sa tête. « Il ne serait pas étonnant que je me décide à y aller dans les années qui viennent », si les conditions le permettent.

    Flavien à un truc qui lui trotte dans la tête. « Être le premier botaniste à avoir rallié et foulé tous ces cailloux et pouvoir en faire un ouvrage richement illustré », songe-t-il. Les pieds sur terre, il se prend à rêver. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Sur les différents cailloux à explorer, celui qui l’attire le plus est Gough Island, dans l’atlantique sud. Connue sous le nom de Gonçalo Álvares, elle est située sur les quarantièmes rugissants. Mais impossible d’y aller sans y passer un hivernage d’un an souffle-t-il à demi-mots. « Qui a dit que je ne serais pas prêt à retenter cette longue aventure loin du Poitou ? Les postes ouvrent en avril 2024… Pour le moment il me faut profiter du temps au pays des Magellan et autres Darwin, demain est un autre jour. » À suivre…