Selon l’équipe derrière Wordfence, une attaque massive contre des facultés ukrainiennes coïncide avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie, et a entraîné la compromission d’au moins 30 sites Web d’entre elles. Tout comme la région Île-de-France annonçait le 2 mars 2022, que l’espace numérique de travail (ENT) des lycées franciliens avait subi une agression informatique, ce malgré les mesures de sécurité engagées. Les différentes entités se placent et prennent position sur le conflit Russo-Ukrainien.
Wordfence protège plus de 8 000 sites Web en Ukraine, hors mis trois cents universités, la société indique s’occuper de sites Web privés, gouvernementaux, militaires et policiers. « Nous avons identifié l’acteur de la menace à l’origine de l’attaque, qui fait partie d’un groupe appelé le groupe Monday, que les membres appellent “theMx0nday” », précisent-ils en s’appuyant sur des données, explications et images. Toujours selon le travail de Wordfence « la majorité des attaques ont transité par un fournisseur de services Internet appelé Njalla». Cette société permettant l’anonymat, jusqu’à une certaine mesure, est l’œuvre de PeterSunde. Il a été condamné dans le cadre du procès The PirateBay, et a depuis monté plusieurs projets, avec plus ou moins de succès.
« Le groupe Monday a historiquement ciblé un grand nombre de sites brésiliens. Ils intègrent une vidéo de rap brésilien dans le code HTML des sites qu’ils dégradent », relate Wordfence. Ce qui a pour effet le conditionnement de Pavlov, avertissant d’un danger, ou d’une attaque lors de la prochaine écoute du morceau. (Crédits : Capture d’écran/Twitter)
Trois pseudonymes (son1x, bky992 et xtdin66) associés à des comptes Twitter, dont les deux derniers sont définitivement clos, pourraient être les opérateurs derrière l’organisation « The MxOnday ». L’entité n’en est pas à son coup d’essai, fin 2021 des renseignements sensibles de la police indonésienne avaient été dérobés. De qui s’agissait-il ? « Un pirate brésilien nommé son1x a affirmé avoir réussi à s’introduire dans les données personnelles des policiers et des membres de leur famille la plus proche », écrivait le journal The Indonesia, le 22 novembre 2021. Environ 28 ko de données fournissaient le nom, le grade, le lieu et la date de naissance, l’unité de travail, l’état civil, le numéro de registre principal et plusieurs autres personnelles étaient en libre accès. De plus, il apparaîtrait que l’acteur de la menace est basé au Brésil.
« The Mx0nday » a déclaré publiquement qu’il « soutenait » la Russie. Il ressort être identifié pour la première fois par Zone-H le 4 juillet 2019, suite à un incident. (Crédits : Zone-H)
La nouvelle société de Peter Sunde propose à ses clients de réserver pour eux les noms de domaines qu’ils souhaitent acquérir, tout en leur laissant les droits d’utilisation. Cela leur procure un niveau d’anonymat supplémentaire, car le service Whois ne permet pas facilement de retrouver ledit détenteur. Njalla sera par conséquent bureau d’enregistrement, le client et détenteur du fameux nom de domaine, les bureaux ne disposeront pas d’information sur l’identité de l’utilisateur final. Le nom proviendrait d’une coutume du peuple Sami, qui a pour tradition de construire des huttes sur pilotis pour y conserver ses biens.
Pic d’attaques
Comme tout endroit sur Terre, des tentatives d’infections par diverses attaques (brute-force, DDoS…) se produisent à chaque instant. La majeure partie du mois a été marquée comme à l’accoutumée de quelques centaines d’attaques quotidiennes sur tous les sites de l’enseignement ukrainien (.EDU.UA). « À partir du 25 février, nous avons assisté à un pic de plus de 104 000 attaques en une seule journée visant ces sites universitaires », indique Wordfence. Tous sites confondus, le 25 février 2022, c’est un peu plus de 144 000 attaques. « Ce pic représente environ trois fois le nombre d’attaques quotidiennes du début du mois sur les sites ukrainiens que nous protégeons. »
Sur les sites éducatifs, 479 attaques ont eu lieu le 24 février, 37 974 attaques le 25 février, 104 098 attaques le 26 février et 67 552 attaques le 27 février. (Crédits : Wordfence)
Les lycées franciliens
À moins de deux jours de la rentrée scolaire en Corse, Montpellier, Toulouse, et la région Île-de-France, la dernière annonçait mercredi 2 mars 2022 que l’espace numérique de travail (ENT) des lycées franciliens avait subi une cyberattaque. La collectivité territoriale, en lien avec les autorités académiques, « a immédiatement réagi et d’ores et déjà pris les mesures techniques et juridiques qui s’imposaient ». Le compte identifié comme étant à l’origine de l’accès frauduleux a été bloqué, une plainte a été déposée auprès du procureur de la République. « Un plan de protection a été mis en œuvre avec Orange Cyber Défense sur la base des recommandations de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) », alerte la région Île-de-France.
« La maintenance sans cesse prolongée depuis trois jours de l’ENT île-de-France et donc le non accès à Pronote alors qu’on doit remplir les bulletins, c’est normal ? », questionnait une professeure d’Histoire et Géographie. (Crédits : capture d’écran)
La région Île-de-France et les services du ministère de l’Éducation nationale ont informé les personnes concernées par cette cyberattaque, les invitant à modifier leurs mots de passe. Mais également de prendre des initiatives à prendre en cas d’utilisation illicite de données permettant de les identifier. Si les combats en Ukraine sont principalement conventionnels, rappelle l’ANSSI, elle constate l’usage de cyberattaques dans le cadre du conflit. Afin de réduire au maximum la probabilité de tels événements et d’en limiter les effets, l’agence incite les entreprises et les administrations à prendre les devants.
Les opérations militaires entreprises le 24 février 2022 par la Russie envers l’Ukraine, sont d’abord effectuées sur l’outil que tout un chacun utilise, les terminaux des systèmes d’information. Autrement dit nos smartphones, tablettes, ordinateurs, objets connectés, etc. Les activités et opérations cybernétiques sont utilisées dans le cadre de conflits géopolitiques et d’interventions stratégiques sur le globe terrestre à tout moment et en toute occasion. Qu’en est-il de l’Ukraine ? Dans quelle finalité ? A-t-elle été visée par des attaques dites informatiques ?
En 2016, une semaine avant Noël, des perturbations très importantes, plonge le pays dans un black-out, l’Ukraine est victime de cyberattaques sur ses réseaux électriques. La finalité de tels attentats est d’affaiblir, désorienter, jeter l’opprobre, le discrédit, ou annihiler une organisation étatique. Il s’agit de déstabiliser les services essentiels tels que l’approvisionnement en eau, les soins de santé, les institutions financières, les transports… Cibler les infrastructures critiques et gouvernementales suscite immédiatement des inquiétudes. Le but rechercher en premier lieu, restreindre ou anéantir la capacité des entités visées à prendre des mesures défensives ou offensives. Ce qui amène et créer un sentiment de peur, provoquant un possible déplacement de personnes paniquées. D’où la méfiance, voire le discrédit total des institutions chargées de protéger et de servir la population. Enfin, l’impact de la communication est primordial, en limitant l’accès à des renseignements et en diffusant en masse des erronées, la désinformation nuit aux individus. Les conséquences sur la société pourraient être catastrophiques. Les exemples sont multiples, régulièrement usés à mauvais escient par les dictateurs par exemple.
Un groupe de pirates informatiques a été arrêté à Kiev avec du matériel spécialisé destiné à truquer les résultats de l’élection présidentielle ukrainienne, selon Victor Yagun, chef adjoint du Service de sécurité de l’Ukraine (SBU). Le groupe CyberBerkut possède de nombreux faits comme l’attaque de l’OTAN en 2014. (Crédits : DR)
Chronologie d’un désastre annoncé
Remontons en 2014, lors de la dernière élection présidentielle ukrainienne. Une vague d’infections visant à les perturber et les manipuler a été décrite comme « parmi les cyberattaques les plus dangereuses jamais déployées pour saboter une élection nationale. » Elle s’est effectuée en trois étapes. L’infiltration des réseaux électoraux et la suppression de fichiers pour rendre le système inopérant. CyberBerkut a par la suite divulgué des courriels et des fichiers comme preuve. « Nous, les CyberBerkut, affirmons avoir accès au système de communication de la CEC à tout moment », revendiquaient-ils. Cet avant avoir publié les courriels des fonctionnaires régionaux et bloqué les téléphones portables de certains membres de la commission électorale, le jour de l’élection. Alors que l’attaque a échoué, Channel 1 Russiaaffichait ces résultats. Enfin, des attaques par déni de service distribué (DDoS) ont bloqué les résultats des élections et retardé le décompte final, qui fut attribué à CyberBerkut.
« L’attaque est venue d’Internet, mais quelqu’un a partiellement désactivé le système de défense de l’intérieur », déclarait une source sous couvert d’anonymat. Volodymyr Zverev, chef de la sécurité de l’information, confirmait que le virus avait été introduit par une personne qui connaissait les mots de passe du système. (Crédits : KP)
La dernière en date est celle du 23 février. L’agression a impliqué un logiciel malveillant d’effacement de données baptisé HermeticWiper. Le wiper a été détecté en Ukraine, en Lettonie et en Lituanie et les cibles comprennent, étonnamment des organisations financières et des entrepreneurs gouvernementaux. « L’analyse technique indique que le mécanisme d’attaque a été construit au moins six semaines avant l’attaque. »
Du code à la matriochka
Puis, le 23 décembre 2015, une cyberattaque a compromis les systèmes de trois sociétés de distribution d’énergie dans la région d’Ivano-Frankivsk, en Ukraine occidentale. C’est la première attaque réussie contre un réseau électrique. Pour faire les choses biens, les centres d’appels des fournisseurs sont mis hors service auparavant, par une opération DDoS. Elles furent attribuées à l’État Russe et à Sandworm Team. Un après, quasiment jour pour jour, le 17 décembre 2016, une interruption d’environ une heure imputée au malware Electrum à par Dragos. À minuit, une station de transmission électrique au nord de la ville de Kiev, mettant hors service, une partie de la capitale ukrainienne. Des chercheurs en cybersécurité ont trouvé des preuves troublantes que la panne n’était peut-être qu’une répétition générale.
Une attaque le 27 juillet 2017 avec NotPetya, touchait 80 % des entités des secteurs public et privé en Ukraine. À travers un logiciel de déclaration d’impôts, l’infection se propageait. Les auteurs le concevaient pour ne pas être décryptés, de ce fait il n’y avait aucun moyen de récupérer les données une fois chiffrées. (Crédits : Schwoaze/Pixabay)
We believe preliminarily that the group UNC1151 may be involved in this attack
Serhiy Demedyuk, deputy secretary of the national security and defence council. Reuters
Le 15 février 2022, une attaque par déni de service distribué (DDoS) utilise le malware Katana. La désinformation fait son apparition via des messages sur les téléphones mobiles. Des dysfonctionnements techniques de distributeur automatiques de billets, rapidement démenti par la Police. Le 23 février, une attaque DDoS cible et rend les sites Web de plusieurs banques, ainsi que ceux du ministère des Affaires étrangères, de la Défense, de l’Intérieur, le Service de sécurité (SBU) et le Cabinet des ministres, inaccessibles. Si la majorité d’entre eux sont à nouveau opérationnels deux heures après, des latences et pannes se poursuivent le lendemain sur d’autres, 24 février 2022, début de l’offensive militaire russe sur le sol ukrainien.
Le président VladimirPoutine ignore la condamnation unanime, ainsi que les sanctions prononcées par les dirigeants. L’homme d’État russe s’est targué de manière déconcertante de l’arsenal nucléaire de son pays. Il a menacé tout pays tentant d’interférer de « conséquences que vous n’avez jamais vues ». Stupéfaction et sidération semblent être les maîtres mots de tout un chacun, alors que tout remonte à l’année 1991. Les diverses opérations militaires de la Russie en Ukraine comme ailleurs n’étonnent, semble-t-il, « que les ignorants ou ceux qui feignent de l’être ».
À l’ère de l’internet 2.0, les cyberattaques ne seraient-elles pas des signes avant-coureurs d’une offensive classique ? La réponse semble sauter aux yeux, depuis le début de l’année. Le 15 janvier 2022, l’Ukraine affirmait avoir des « indices préliminaires » indiquant une possible implication de services secrets russes dans celle perpétrée la veille contre plusieurs de ses ministères. « Le service de sécurité ukrainien a obtenu des indices préliminaires suggérant que des groupes de pirates informatiques associés aux services secrets russes pourraient être à l’origine de la cyberattaque massive d’aujourd’hui », gazouillait OlegNikolenko, porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères.
Selon un communiqué du service de sécurité (SBU), les cyberattaques menées dans la nuit de jeudi 13 à vendredi 14 janvier 2022 visaient 70 sites web gouvernementaux. Dix d’entre eux ont fait l’objet de l’« ingérence non-autorisée », a ajouté le SBU, sans que ceux-ci ne soient victime de fuite de données personnelles n’a eu lieu. (Crédits : DR)
L’attaque informatique concernant les infrastructures stratégiques ukrainiennes a pour finalité de désorganiser les autorités. Il est un des scénarios évoqués comme un signe avant-coureur probable d’une offensive militaire classique. L’Ukraine a plusieurs fois été la cible de cyberattaques prêtées ces dernières années à la Russie, notamment en 2017 contre plusieurs infrastructures critiques et en 2015 contre son réseau d’électricité, plongeant le pays dans un black-out.
In addition to the DDoS attacks against Russian govt websites today, there were attempted DDoS attacks against the websites of major Russian banks as well.
Un message explicite et menaçant avait été publié par les opérateurs en plusieurs langues. « Ukrainiens, prenez peur et préparez-vous au pire. Toutes vos données personnelles ont été téléchargées sur le Web », pouvait-on lire, selon un correspondant de l’AFP. Ce message était accompagné de plusieurs logos, dont un drapeau ukrainien barré. Cela, à un degré moindre, évoque l’affaire l’affaire dite « Olympics Games» avec le virus Stuxnet. Étrangement, mardi 15 février 2022, le site Web du ministère ukrainien de la Défense et des forces aéroportées ukrainiennes a été perturbé.
Un point d’Histoire
Le 8 décembre 1991, l’URSS, suite aux accords de Minsk, n’est plus. « Nous, la République de Biélorussie, la Fédération de Russie et la République d’Ukraine, en tant qu’États fondateurs de l’Union des Républiques socialistes soviétiques (URSS), qui a signé le Traité de l’Union de 1922 […] a cessé d’exister en tant que sujet de droit international et réalité géopolitique. » S’en suivent plusieurs accords, le traité de Minsk en 1994 dans la bataille Haut-Karabagh (région du sud-ouest de l’Azerbaïdjan), qui est foulé avec la Guerre des 44 jours, ou le pays perd un tiers de son territoire.
Une habitation brûle près de Kalbajar, cinq jours après le cessez-le-feu. Certains villageois préfèrent détruire leurs maisons et tous leurs biens, pour ne rien laisser aux belligérants de la guerre entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, avant de fuir. (Crédits : Alexander Nemenov/AFP)
Le traité de sécurité collective de 1995, signé à Minsk le 26 mai, entre la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l’Arménie et la Géorgie, sera prorogé de 5 ans en 1999 pour devenir l’Organisation du traité de sécurité collective, le 7 octobre 2002. Elle a la volonté de devenir analogue à l’OTAN et de s’assurer que ses alliés sont prêts à combattre contre un ennemi commun au nom des intérêts communs. Puis, le premier protocole de Minsk est un accord de paix le 5 septembre 2014 pour stopper la guerre en Ukraine orientale entre pro-Ukrainiens et pro-Russes.
Enfin, « Minsk 2 », est conclu le 12 février 2015 en treize points entre le gouvernement de Kiev et deux chefs séparatistes pro-russes, pour mettre, en vain, fin à la guerre du Donbass. « Nous condamnons avec la plus grande fermeté l’attaque horrifiante perpétrée par la Russie contre l’Ukraine, sans aucune justification et en l’absence totale de provocation. Nos pensées vont à toutes celles et à tous ceux qui ont perdu la vie ou ont été blessés, ainsi qu’au peuple ukrainien. Nous condamnons également le Bélarus pour avoir facilité cette attaque », s’insurge l’OTAN. La Russie en 2014 envahissait, puis annexait la péninsule ukrainienne de Crimée après une révolution pro-occidentale. Est-ce la reconquête de l’empire perdu, trente ans plus tôt ?
Actions, réactions et sanctions
Les marchés boursiers internationaux ont dégringolé et le baril dépassait les 100 $, en fond, les craintes d’augmentation des prix du chauffage et des denrées alimentaires. La Russie et l’Ukraine sont de grands producteurs non seulement de marchandises énergétiques, mais aussi de céréales et de diverses autres matières premières. Une guerre pourrait bouleverser les approvisionnements mondiaux, tout comme les sanctions imposées par les États-Unis et d’autres alliés.
Les deux pays concernés fournissent quasiment autant de céréales que les États-Unis. Côté pétrole la Russie en 2020 représentait 12,6 % de la production derrière les USA (17,1 %) et devant l’Arabie Saoudite (12,5 %), la France est à 1,5 %. En gaz la Russie (16,6 %) est juste seconde suivant le pays de l’Oncle Sam (23,7 %), la France livre 1,1 %. (Crédits : Passion Céréales)
Le ministère russe de la Défense a confirmé que ses forces terrestres avaient pénétré en Ukraine à partir de la Crimée et qu’elles avaient avancé vers la ville de Kherson, au nord-ouest. Avant d’ajouter que 83 installations militaires ukrainiennes avaient été détruites. Vladimir Poutine avait affirmé au préalable que « la Russie n’avait pas l’intention d’occuper l’Ukraine, mais prévoyait de la démilitariser. »
L’action d’envahir un pays avec des forces armées définit le terme « Invasion » selon Le Larousse. Y-a-t-il une différence linguistique de mots entre l’Ukraine, la Russie ?
Les dirigeants ukrainiens ont déclaré que l’Ukraine avait perdu le contrôle du site nucléaire de Tchernobyl, où les forces ukrainiennes ont livré une bataille acharnée aux troupes russes. De l’autre, le président russe avait-il prémédité les actions ? L’agence des douanes chinoise a approuvé jeudi 24 février 2022, les importations de blé en provenance de toutes les régions de Russie, une mesure qui pourrait contribuer à réduire l’impact d’éventuelles sanctions occidentales, APNews. « Toute guerre est fondée sur la tromperie », selon SunTzu. Dans une allocution télévisée au début de l’attaque, Vladimir Poutine affirmait qu’elle était nécessaire pour protéger les civils dans l’est de l’Ukraine, où les forces ukrainiennes et les séparatistes soutenus par la Russie se battent depuis près de huit ans. Biden et son administration avaient prédit que l’homme d’État russe envahirait lesdites régions convoitées par une fausse déclaration. Toute comme en 2003, le président américain, Georges W. Bush distillait son « GrandMensonge » sur les armes de destruction massive, situées en Irak.
L’invasion de l’Ukraine par la Russie est prévue pour « 3 heures du matin aujourd’hui » avec une attaque de missiles et de chars titrait le journal britannique Mirror, le 15 février 2022. Elle ne fut pas sur terre, mais sur la toile. Dans la soirée du 15 février, des hackeurs ont lancé une offensive DDoS contre les sites de deux banques ukrainiennes et plusieurs sites gouvernementaux. Le portail web officiel du ministère ukrainien de la Défense a probablement souffert d’attaques DDoS, indiquait-il sur sa page Facebook.
Ce mardi 15 février 2022, le site Web du ministère ukrainien de la Défense et des forces aéroportées ukrainiennes a été perturbé. Privatbank et Oshchadbank ne fonctionnent pas. Le 20 février, Cado Security identifiait « la source probable de ces attaques comme étant un botnet appelé Katana, dont la préparation a commencé au moins dès le dimanche 13 février. » Mardi et mercredi dernier, plusieurs sites Web ukrainiens ont été mis hors ligne en raison d’attaques par déni de service (DDoS). Les sites touchés comprenaient des banques, Privatbank et Oschadbank, les deux banques visées, dont les distributeurs ont été brièvement affectés, le site de l’état-major des armées et celui du ministère de la Défense sont, quant à eux, restés inaccessibles pendant plusieurs heures.
« Ces dernières heures, l’Ukraine a été la cible de multiples attaques DDoS. Selon @kentikinc, les cibles comprennent Mirohost (AS28907), qui héberge les sites Web de l’armée ukrainienne, ainsi que Privatbank (AS15742), l’une des plus grandes banques de l’UA », expliquait @DougMadory (Crédits : Kentikick)
La confirmation du ministère ukrainien ne se faisait pas attendre : « Le site Web du ministère de la Défense a probablement été attaqué par un DDoS. Un nombre excessif de requêtes par seconde a été enregistré. Des travaux techniques de rétablissement du fonctionnement régulier sont en cours ». Les attaques, selon les experts en cybersécurité, non pas particulièrement réussies, la combinaison d’un certain nombre de méthodes différentes implique un niveau de sophistication supérieur à la plupart des attaques DDoS. L’intention derrière ces attaques peut être considérée dans le contexte d’activités malveillantes antérieures.
Les noms de fichiers (KKveTTgaAAsecNNaaaa et a2b1d5g2e5t8vc) correspondent à un botnet nommé Katana, qui est en fait une variante de Mirai dotée de capacités DDoS améliorées, comme le montre le code source de Katana, explique Cado Security dans son analyse technique. (Crédits : Cado Security)
Le déploiement de pièces sur l’échiquier peut déstabiliser l’adversaire, et le pousser à commettre une faute. En janvier 2022, la défiguration de sites Web ukrainiens était destinée à provoquer un sentiment de panique. Des signes avant-coureurs dans le passé. Les cyberattaques usant le logiciel malveillant BlackEnergy, juste avant le conflit géorgien en 2008, et plus récemment les attaques destructrices contre le réseau électrique ukrainien en 2015, plongeant le pays dans le black-out total. « Cette attaque est sans précédent, elle a été préparée et son objectif principal était de déstabiliser, de semer la panique et de créer le chaos dans notre pays », déclarait MykhailoFedorov, ministre ukrainien de la transformation numérique, mercredi 16 février 2022.
Un jeu d’échecs
Il existe de nombreuses ouvertures pour des joueurs d’échecs, de l’Espagnole RuyLopez au Gambit de la Dame, qui plus est pour des maîtres. « Les unités du district fédéral du Sud ayant achevé leur participation à des manœuvres tactiques sur les bases de la presqu’île de Crimée sont en train de retourner vers leurs bases d’attache par voie ferrée », indiquait le ministère russe de la Défense aux agences russes. Lundi 21 février 2022, VladimirPoutinereconnaissait l’indépendance des régions séparatistes de l’Ukraine, suscitant des craintes d’attaques militaires. De plus sa déclaration nomme les deux régions « République populaire de Louhansk» et « République populaire de Donetsk ».
Le protocole de Minsk est un accord signé le 5 septembre 2014 par les représentants de l’Ukraine, de la Russie, de la République populaire de Donetsk (DNR) et de la République populaire de Lougansk (LNR) pour mettre fin à la guerre en Ukraine orientale. (Crédits : DR)
Elles sont des territoires non reconnus, créés par des séparatistes soutenus par la Russie dans la région de Donbas, dans l’est de l’Ukraine. Le président russe demande aux législateurs de reconnaître l’indépendance de deux régions ukrainiennes. Une telle décision constituerait une violation unilatérale des accords de Minsk, déclarait le chancelier allemand Olaf Scholz. De son côté, l’administration Biden annoncait que les États-Unis allaient répondre par des sanctions économiques limitées, et d’autres à venir. Les présidents américain, Joe Biden et ukrainien, Volodymyr Zelenskyy ont échangé durant 35 minutes, selon un responsable de la Maison-Blanche. La Maison-Blanche a indiqué que son pensionnaire avait également convoqué ses homologues français et allemand, Emmanuel Macron et Olaf Scholz.
Les employés et clients d’AirMauritius (MK) ont éprouvé de grandes difficultés à utiliser les différents outils informatiques de la compagnie, ce depuis lundi 14 février 2022. La cause est une infection par codes malveillants. Chez Transavia, c’est une fuite de données massive qui affole la tour de contrôle en France. En novembre 2021, sa filiale hollandaise devait régler une amende de 400 000 € par les instances néerlandaises pour des manquements graves quant à la sécurité d’informations liées aux passagers.
Les serveurs de la compagnie aérienne mauricienne étaient indisponibles durant quasiment une journée, du lundi au mardi 15février2022. Les techniciens en compétents d’Air Mauritius auraient identifié des « Cyber-Threats » sur les serveurs. Ils sont des actes malveillants visant à endommager ou à voler des données, et à perturber la vie numérique en général. Ces cybermenaces sont par exemple des « virus » informatiques, des violations de données, les attaques par déni de service (DDoS) et bien d’autres encore. Des mesures ont aussitôt été prises pour basculer certaines activités sur de distincts réseaux, et résoudre en parallèle les problèmes des serveurs principaux de MK.
Des individus, derrière la divulgation, trouvaient le moyen d’extraire des données privées et personnelles d’un espace numérique de la compagnie aérienne Transavia, une filiale d’Air France/KLM. Elles sont les CV, passeports, visites médicales, certificats de membre d’équipage émis par la Direction générale de l’Aviation civile…(Crédits: ZATAZ)
Transavia France confirme avoir été victime d’une intrusion malveillante. Les premières investigations menées déterminent que des informations privées de collaborateurs ont été copiées. « Tous les documents qui nous ont été demandés lors de notre embauche étaient stockés sur un serveur de fichiers et que celui-ci était facilement accessible. Ce sont donc les données personnelles de centaines de personnes qui ont fuité », soulignait un employé. Un courriel envoyé le 15février2022 aux employés, par les opérateurs leur indiquait que « Vous trouverez en photo sur ce mail, une liste non exhaustive des utilisateurs concernés par cette fuite. » Les personnes à l’origine de cet envoi s’apparenteraient à des lanceurs d’alertes. « Vos documents privés ont été divulgués, mais n’oublions pas que nous ne sommes pas des ordures. Vos données privées resteront privées, et nous ne les divulguerons ni ne les vendrons. »
Transavia Hollande a été condamné, en 2020, à 400 000 euros d’amende pour la fuite de données concernant 80 000 clients ayant empruntés les services de la compagnie entre le 21 et 31 janvier 2015. « Nous avons récemment constaté qu’il y avait eu un cas d’accès indésirable à une boîte aux lettres de Transavia », alertait-elle. (Crédits : Lars Nissen/Pixabay)
Enfin, Transavia France a immédiatement renforcé la protection de son système informatique interne. L’entreprise travaille en étroite collaboration avec les personnels spécialisés en cybercriminalité. Une enquête de police judiciaire est en cours. Les auteurs malgré leur « bienveillance » risquent jusqu’à 3 ans de prison et plusieurs dizaines de milliers d’euros d’amende.
Conti fait des siennes, une fois encore. Le Ransomware-as-a-Service a, d’après le communiqué de la BankIndonesia, infecté l’organisme bancaire durant le mois de décembre. Selon CNN Indonesia, un porte-parole de la BSSN a déclaré qu’aucune donnée critique n’avait été divulguée et que les attaques avaient eu lieu dans un bureau de la Bank Indonesia sur l’îledeSumatra. Déjà en 2016, la banque centrale d’Indonésie avait fait l’objet d’une attaque par déni de service (DDoS) parmi d’autres à travers le monde.
La banque centrale d’Indonésie affirmait jeudi 20 janvier 2022 avoir subi une infection par codes malveillants de type ransomware. « Nous avons été attaqués, mais jusqu’à présent tout va bien, car nous avons pris des mesures d’anticipation et surtout les services publics de la Bank Indonesia n’ont pas été perturbés du tout », a répondu ErwinHaryono, directeur exécutif du département de la communication de la Banque d’Indonésie, aux journalistes, ajoutant que des opérations de récupération avaient été menées. Les logiciels de rançon fonctionnent en chiffrant les données des victimes et généralement, les pirates offrent une clé en échange de paiements en crypto-monnaies qui peuvent atteindre des centaines de milliers, voire des millions de dollars. Colonial Pipeline avait réglé la somme de 4, 4 millions de dollars, soit 75bitcoins. Les autorités américaines affirmaient en juin 2021 en avoir récupéré la majeure partie.
Il y a six jours les informations accessibles affichaient 13, 88 GB, puis 74, 89 (240 SI) pour enfin faire étalage de plus de 144 GB, mercredi 26 janvier 2022. Les opérateurs derrière le ransomware Conti font peser dans la négociation la divulgation des données, et mettent en œuvre leurs actions. (Crédits : capture d’écran)
Si la victime résiste, les opérateurs menacent de dévoiler des renseignements confidentiels accroissant la pression sur la personne ou l’institution. Cela semble être le cas. Malgré le ton rassurant de l’organisme fiduciaire, Miftah Fadhli, expert en cybersécurité à l’ONG Institute of Policy Research and Advocacy (ELSAM), affirmait que Bank Indonesia devrait enquêter sur la gravité de l’attaque, car elle pourrait « comporter un gros risque » et avoir un impact sur ses transactions.
« Nous avons renforcé le cadre, y compris au niveau des employés, car le ransomware a été inclus dans le maillon le plus faible plus tôt. Ensuite, nous développons une infrastructure plus étroite et développons également une coopération plus étroite », déclarait Erwin Haryono. (Crédits : DR)
Wahyudi Djafar, directeur exécutif d’ELSAM, a affirmé que l’Agence nationale de cybersécurité et de mots de passe devrait conduire une investigation plus fouillée sur l’incident de fuite de données. « BSSN mène un processus d’enquête de suivi en profondeur pour la survenue de cet incident de cyberattaque, afin d’être ensuite en mesure de fournir des recommandations pour des systèmes de sécurité fiables dans la gestion des systèmes connexes », a annoncé Wahyudi dans un communiqué écrit mardi 25janvier2022. En 2016, Bank Indonesia a fait partie de plusieurs banques centrales touchées par des cyberattaques, bien que les responsables aient déclaré qu’aucun argent n’avait été perdu. Les infections étaient principalement des tentatives de déni de service distribué (DDoS).
Les datas, si vous aviez encore un doute, se négocient à prix d’or. Car, elles sont une denrée plus chère que le fameux et légendaire lingot de métal jaune. Il suffit de se pencher sur un moteur de recherche pour mentionner vol et santé pour que vous ayez sous vos yeux plusieurs liens possibles. Le dernier en date en France, concerne l’affaire des 1, 4 millions de personnes dont les renseignements de test contre le SARS-CoV-2 furent dérobés. Sans oublier les 40 millions d’Américains, comme l’institut national d’assurance israélien.
Les données de 1,4 million de Français ayant effectué des tests anti-Covid à l’été 2020 ont été subtilisées, prévenait l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) en septembre 2021. De plus en plus fréquent, ce genre de vol laisse pantoises et incrédules les visées. Par le biais d’un simple courriel, les personnes touchées se voient confirmer qu’une « violation des données personnelles » concernant 1,4 million d’individus est réelle, déclarait l’AP-HP. Au menu, les noms, date de naissance, numéro de sécurité sociale sont parties dans les profondeurs de l’Internet. Elles peuvent permettre de concevoir de fausses identités, ou bien procéder à du hameçonnage en bonne et due forme. Bis repetita à la fin des vacances estivales avec FranceTest. L’année 2021 laisse apercevoir son crépuscule, que les attaques de l’année passée parfument encore l’air ambiant. En 2020, 27 hôpitaux étaient ciblés par des codes malveillants.
40 millions d’Américains touchés
Ils sont plus de 40 millions aux États-Unis qui ont vu leurs informations de santé exposées. Il existe un delta important par rapport à 2020. Selon les lois en vigueur outre-Atlantique, lesdites organisations du secteur sont tenues de signaler toute violation ayant un impact sur 500 individus ou plus, au bureau des droits civils du département de la santé et des services sociaux, ce qui rend ces violations, publiques. Au 8 décembre 2021, le bureau en a recueilli 578. Bien moins me diriez-vous que l’année passée, avec les 599 brèches signalées en 2020. Oui, je suis d’accord avec vous, à la différence près que les opérateurs malveillants n’avaient récupéré des données que d’environ 26 millions de personnes. Soit une augmentation de presque 154 %. Les dossiers médicaux contiennent des informations qui peuvent être utilisées pour présenter de fausses demandes de remboursement ou encore acheter des médicaments, sachant qu’ils sont hors de prix si vous n’avez pas de couverture maladie aux USA.
L’attaque de l’établissement hospitalier chilien touchait l’aide humanitaire aux sans-abris en octobre 2021. « Les hôpitaux ont longtemps eu d’autres priorités que la cybersécurité et ne croyaient pas à la menace », déplorait Guillaume Poupard, directeur de l’ANSSI. Cette phrase est vraie à tout endroit de la Terre. (Crédits : DR)
L’une des plus grandes violation en 2021, selon Health News Florida, est le résultat d’une cyberattaque de la Florida Healthy Kids Corporation, qui a exposé les informations de 3,5 millions de personnes. Sans oublier, la déconvenue du Southern Ohio Medical Center en novembre 2021, un hôpital à but non lucratif situé à Portsmouth dans l’Ohio.
Le Canada, Israël… touchés
Plus de la moitié des victimes connues de rançongiciel au Canada en 2021 étaient des fournisseurs d’infrastructures essentielles (énergie, santé et fabrication) selon le rapport du centre de la sécurité des télécommunications (CST). Les infections par ransomware sont « effrontées, sophistiquées, de plus en plus fréquentes et, pour les cybercriminels, très rentables », ajoute-t-il. La CST déclare avoir eu connaissance de 235 incidents liés au Ransomware-as-a-Service entre le 1er janvier et le 16 novembre 2021. « La pandémie de COVID-19 a rendu des organisations comme les hôpitaux, les gouvernements et les universités plus conscientes des risques liés à la perte d’accès à leurs réseaux, et se sentent souvent résignées à payer des rançons », note le rapport. Terre-Neuve-et-Labrador est toujours en rémission après l’attaque de son système de santé, « annulant des milliers de procédures médicales allant de la chimiothérapie aux radiographies », explique CBC. Atténuer les risques croissants nécessitera des efforts nationaux, stipule le compte rendu, mais cela passe par une éducation et ainsi « adopter les meilleures pratiques pour durcir les systèmes critiques, ainsi que des actions internationales coordonnées pour saper les infrastructures et tactiques criminelles ».
En Israël, c’est l’Institut national d’assurance (Bituah Leumi) qui déclarait mercredi 8 décembre 2021 que son site web s’était effondré… à cause d’une cyberattaque. Peu de temps après, l’institution reconnaît le type d’offensive qui avait fait tomber le site, était une attaque par déni de service (DDoS). Selon le NII, sa base de données n’a pas été pénétrée et le piratage se limite pour l’instant à perturber le fonctionnement du site Web.
Un hôtel 5 étoiles
Tandis que les vacances scolaires en France sonnent leurs arrivées ce soir, et que la neige est en abondance selon les stations, un hôtel suisse affublé de 5 étoiles était victime d’une cyberattaque. Le 8 décembre 2021, le Waldhaus, situé dans la station de Flims (Grison), aurait été victime d’une attaque par rançongiciel. Les faits se seraient produits le 18 octobre, indiquait le service de communication. Les cybercriminels auraient exigé une rançon pour le décryptage des données. Ils auraient en outre prétendu avoir téléchargé des informations des serveurs. L’hôtel n’a ni confirmé ni infirmé un éventuel règlement d’une quelque somme que ce soit.
La Quadrature du Net se bat sans relâche pour la défense des libertés fondamentales dans l’environnement numérique. Une lettre d’alerte a été signée de 69 organisations, dont les syndicats de journaliste, et le syndicat de la Magistrature. La seule présence de ce dernier devrait titiller les curiosités. (Crédits : capture d’écran/Assemblée nationale)
D’autres données posent question, pour être plus précis, c’est l’utilisation de ces données qui interroge. C’est l’objet en France de la proposition de Loi sur la « Responsabilité pénale et sécurité intérieure». Le gouvernement, comme il possède ce droit, a engagé la procédure accélérée sur ledit texte le 19 juillet 2021. La Quadrature du Net (LQDN) se bat, becs et ongles, contre de multiples dérives. Elle « promeut et défend les libertés fondamentales dans l’environnement numérique. L’association lutte contre la censure et la surveillance, que celles-ci viennent des États ou des entreprises privées. » Depuis la Loi de sécurité globale, elle est sur le pont, ou plus exactement face au parquet. Après avoir fait interdire juridiquement, par quatre fois l’utilisation policière des drones, elle se retrouve à une cinquième reprise dans le même combat. Les articles 7, 8 et 9 autoriseront la surveillance, pour le premier dans les cellules de gardes à vue et de retenues douanières pour « pour prévenir les risques d’évasion ».
« L’officier de police judiciaire […] recourt à la contrainte de manière strictement nécessaire et proportionnée, compte tenu de la situation particulière du mineur. » Si le celui-ci apparaît âgé d’au moins treize ans, et l’infraction constitue au moins cinq ans de prison (Art. 55-1, 412-1 et 413-6 du Code de procédure pénale). (Crédits : Stux/Pixabay)
Les suivants légifère la surveillance par drone, hélicoptère et voiture. Depuis plus d’un an, la police déploie illégalement des drones pour nous surveiller, malgré deux interdictions du Conseil d’État, une sanction de la CNIL et une censure du Conseil constitutionnel, explique LQDN. D’autant que l’article 16 autorisera la police à recourir à la violence physique, pour obtenir les empreintes digitales et la photographie des personnes suspectées d’avoir commis une infraction punissable d’au moins trois ans de prison (Art. 61-1 ou 62-2). « Les empreintes et photos ainsi obtenues pourront être recoupées avec les fichiers de police existants, notamment par reconnaissance faciale. »
Ceux qui œuvre au sein de la Royal National Lifeboat Institution (RNLI) naviguent désormais comme dans le fog londonien sur le web, à vue. Depuis le 4 décembre 2021, le site a été mis hors service par précaution. Selon le Mail Online, cette infection par codes malveillants serait attribuée à des groupes dits anti-migrants après que des bateaux ont sorti 100 migrants, dont des bébés, d’une mer agitée au petit matin. Les sauveteurs avaient signalé à la police britannique avoir reçu des courriels menaçants.
« Le site Web de la RNLI a fait l’objet d’une activité suspecte aujourd’hui, vendredi 3 décembre 2021 », déclarait un porte-parole de la RNLI. La vitrine de l’organisation caritative est depuis hors ligne, après que l’incident fut découvert et que son personnel ait reçu environ 3 000 courriels d’intimidation. « D’éminents activistes soupçonnent des groupes d’extrême droite d’être à l’origine de l’incident après que Britain First a exhorté ses partisans à envoyer des courriels de plainte à l’organisation caritative », relate le Mail Online. Le mouvement politique Britain First, à travers son leader Paul Golding a « nié toute implication », déclarant au Mail Online qu’il « n’a pas lacapacité de pirater des sites web et quiconque suggère que nous pourrions le faire répand de fausses nouvelles ».
Toute personne se rendant sur le site de l’association est dirigée vers une page d’accueil indiquant que « la requête est bloquée ». (Crédits : capture d’écran)
La Royal National Lifeboat Institution, colle dans la volonté de sauver des vies à notre Société Nationale de Sauvetage en Mer (SNSM). Elle est la plus grande organisation caritative qui sauve des vies en mer autour des côtes du Royaume-Uni, de la République d’Irlande, des îles Anglo-Normandes et de l’île de Man, ainsi que sur certaines voies navigables intérieures. « Nous nous concentrons sur notre objectif principal, qui est de sauver des vies en mer, et notre service de sauvetage 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 reste pleinement opérationnel », ajuste le porte-parole en rappelant à son personnel et ses bénévoles de rester vigilants afin d’assurer leur propre sécurité et celle de leurs collègues.
La RNLI qui est une organisation caritative au Royaume-Uni et en République d’Irlande, est visée par une infection malveillante. (Crédits : UKNewsPictures)
Le groupe a déclaré sur son compte Telegram, car banni de tous les réseaux sociaux : « Britain First a lancé une campagne de plaintes à l’encontre de la RNLI pour faire pression sur elle afin qu’elle abandonne son soutien à l’immigration illégale et au trafic d’êtres humains et qu’elle se concentre plutôt sur le sauvetage des vies britanniques le long de nos zones côtières ». La semaine dernière, alors que la tempête Arwen s’abattait sur la Grande-Bretagne avec des vents de force coups de vent dépassant les 50 kilomètres par heure, la RNLI a mis quatre marins en sécurité au large des côtes du Pays de Galles. La semaine précédente, l’équipe de sauvetage dans le nord de l’Angleterre a affronté des vagues de six mètres pour sauver six pêcheurs, sur leur bateau de 14 mètres après que son moteur soit tombé en panne. Des interventions comme celles-ci, l’organisme de bienfaisance entièrement bénévole qui existe depuis 200 ans en effectue régulièrement, sans jugement ni préférence, à toute personne en difficulté en mer. Samedi 4 décembre 2021, les mauvaises conditions météorologiques entravaient opérations de secours, notamment en raison du brouillard.
Tandis que la tension provoquée par les déclarations du groupe politique Britain First envers la RNLI battait son plein, c’est cet actuel drame qui occulte cette campagne de dénigrement. Vingt-sept personnes, dont sept femmes, dont l’une était enceinte, et trois enfants, ont péri lorsque leur bateau a chaviré mercredi 24 novembre 2021, dans le détroit du Pas-de-Calais. « La Manche, nouveau cimetière à ciel ouvert […] C’est l’événement le plus meurtrier depuis 2018 […] », s’indignait France Bleu.
Une migrante et sa progéniture après avoir été aidés à débarquer d’un bateau de sauvetage de la RNLI sur une plage de Dungeness, sur la côte sud-est de l’Angleterre, le mois dernier. « Nous ne pouvons pas oublier que l’interminable débat sur l’immigration […] est un débat sur le droit des gens à vivre », a déclaré Rosie Carter, de HOPEnotHate. (Crédits : AFP)
Consécutif aux 27 décès et aux opérations des forces de l’ordre, cinq personnes ont été arrêtées en France, dont un homme interpellé pendant la nuit au volant d’un véhicule immatriculé en Allemagne, rempli de bateau gonflable, type « zodiac ». Bien qu’il n’y ait « aucun lien prouvé » avec le naufrage, selon les procureurs, bien que le ministre français de l’Intérieur Gérald Darmanin insistait sur le fait que tous étaient « directement liés » aux noyades. L’enquête est en cours. « La RNLI est fière du travail humanitaire de ses équipages bénévoles de bateaux de sauvetage dans la Manche et nous sommes reconnaissants de l’élan de soutien que nous avons récemment reçu », ajoutait le porte-parole. Les événements tragiques « nous rappellent tristement à quel point il est dangereux de prendre la mer dans l’une des voies de navigation les plus fréquentées du monde à bord d’embarcations non adaptées» à la traversée, surtout à l’approche de l’hiver ou la mer forcit.
Elle est une institution financière coopérative au Brésil qui a pignon sur rue. Son objectif est de fournir des crédits et des services à ses membres. Unicred compte actuellement quatre bureaux régionaux, quarante-deux coopératives, deux cent soixante-douze unités commerciales et plus de 211 000 adhérents, en plus d’une Confédération nationale (Unicred do Brasil), dont le siège est à São Paulo. Elle vient de subir une infection par codes malveillants qui bloque tout depuis le début de la semaine.
Tout est survenu lundi 22 novembre 2021. Sur les réseaux sociaux, l’entreprise avouait la déstabilisation d’une partie des services numériques. Ils ont été déconnectés pendant au moins 24 heures, mais sont revenus progressivement dès le lendemain. « En suivant les protocoles de sécurité, nous avons agi rapidement afin d’éviter toute perte ou compromission de données et d’informations internes », a précisé la compagnie.
Dans un souci de transparence, nous vous avertissons que notre équipe, en action préventive et en respectant les protocoles de sécurité, a identifié et neutralisé la situation. « Elle revient lentement, mais n’est pas encore normalisée », a soutenu un client. (Crédits : capture d’écran)
Unicred a déclaré, jeudi 25 novembre 2021 avoir restauré une partie de ses systèmes affectés par une attaque des systèmes d’information. L’organe fiduciaire signalait que son application et sa banque en ligne sont rétablies pour la consultation du solde et du relevé du compte courant, du placement financier et de la pension privée, mais pas seulement. Les transferts entre comptes Unicred et les transactions via PIX, ainsi que leur site, les cartes de crédit et de débit fonctionnent, rassure l’office. La société n’a pas divulgué de détails, jusqu’à présent, sur le genre de menace qui a affecté ses opérations, à savoir attaque par déni de services (DDoS), phishing ou code malveillant de type ransomware.
La somme est peu compréhensible. Imaginer que l’on vient de remporter à la loterie nationale le premier gain, correspondant à plusieurs dizaines de millions d’euros pour franchir la centaine, n’est pas quantifiable pour le commun des mortels. Alors parler d’un montant de 6 000 milliards de dollars dépasse l’entendement. Si le réchauffement climatique engendre des modifications des territoires et du mode de vie de la population mondiale, les cyberattaques semblent plus préoccupantes, car des secrets peuvent être révélés.
C’est pourtant une estimation qui, selon le Club des Juristes, le think thank juridique français, ne baissera pas dans le proche futur, d’ici à 2025. Le rapport, piloté par Bernard Spitz, président du pôle Europe et international du Medef, et Valérie Lafarge-Sarkozy, associée du cabinet Altana, émettent dix préconisations pour renforcer la protection des institutions, des entreprises et des citoyens. « Le scénario d’une cybercriminalité coûtant 10 500 milliards de dollars par an à l’horizon 2025 appelle un changement de posture et des investissements d’ampleur », indique le think tank. Le compte rendu de 90 pages tire un portrait au couteau de la situation.
Avant de poursuivre, voici quelques conversions pour vous aider à la compréhension des montants, en composant avec comme unité les secondes :
Une journée de 24 heures représente 86 400 secondes
Un millier de secondes équivaut à seize minutes et quarante secondes
Un million de secondes produisent 277, 78 heures, soit 11 jours et demi
Un milliard représente 31, 68 années
Six mille milliards permettent de vivre 190 128 années, 6 mois, 1 semaine 22 heures, 59 minutes, 13 secondes et 920 millisecondes
Dix mille cinq cents milliards offrent près de 333 siècles (332 724, 92 années)
Le rapport sur l’ « évaluation des menaces liées à la criminalité organisée sur Internet » d’Europol (IOCTA) fournit, sur 72 pages, une vue d’ensemble des menaces et des tendances des crimes commis, comme facilités en ligne. Le rapport met également en évidence les nombreux défis associés à la lutte contre la cybercriminalité, tant du point de vue des services répressifs que, le cas échéant, du secteur privé. « L’augmentation de la cybermenace est en effet particulièrement inquiétante puisque le nombre d’attaques par rançongiciel traitées par l’ANSSI a été multiplié par 4 entre 2019 et 2020, passant de 54 à 192. Depuis le début de l’année 2021, cette courbe n’a pas fléchi et nous apportons sans cesse une assistance à près d’une quarantaine de victimes simultanées. Des victimes d’importance en termes de sécurité nationale, économique ou sanitaire… », explique Guillaume Poupard directeur de l’ANSSI.
Les différentes et principales manières de subir une infection sont en premier les ransomwares (WannaCry, Maze, Bad Rabbit…), les attaques par déni de service, ou DDoS, le cryptojacking, la fraude au faux support informatique, le phishing ou hameçonnage, l’espionnage économique, le sabotage (NotPetya, …), et le hacking de logiciel (Solarwinds…)
Quelques chiffres :
600 milliards de dollars de coût global et mondial en 2017
+ 667 % d’attaques par phishing en France en 2020, entre le 1er et le 23 mars
Par comparaison, le poids économique que représente le coût de la cybercriminalité fait d’elle la troisième organisation mondiale derrière les États-Unis et la Chine. Si le SARS-CoV-2, vulgairement nommé Covid-19, change les habitudes de travail, il permet de mettre en exergue les insuffisances en matière de sécurité sur les différents systèmes d’information. Car le télétravail est devenu la source d’un cas sur cinq des incidents, tout en accélérant et facilitant les infections.
Au cours de l’année, entre février et mars 2020, les attaques par ransomwares ont augmenté de 148 %, selon le rapport de VMare Carbon Black. Ce qui à l’échelle de la planète représente une offensive toutes les 14 secondes. (Crédits : capture d’écran)
Différentes actions de fraude possibles
De plus en plus d’escroqueries ou de tentatives existent. Le Typosquatting est la création d’un nom de domaine approchant pour tromper la victime. Par exemple, le remplacement d’un tiret par un point (amendes-gouv.fr et amendes.gouv.fr), l’incitant à venir payer en ligne. Le Phishing, ou l’envoi de mails frauduleux à des fins publicitaires, de cessions de produits prohibés, de recueil délictueux de codes et coordonnées bancaires, mais pas seulement. Cela peut permettre, par infection d’un code malveillant, pour contrôler le système et commettre des escroqueries. Fréquemment le piratage de votre numéro de carte bleue est revendu sur les sites plus profonds de l’internet, le carding.
Il faut prêter attention à chaque courriel. Le simple fait de passer virtuellement le pointeur du mulot sur les différentes parties de ce dernier vous éclairera. Comme l’exemple ci-dessus, ou la grossièreté des logos démontre la fausseté du document, qui émanerait soi-disant d’Europol. (Crédits : capture d’écran)
Le Skimming est la récupération des coordonnées de votre carte bancaire par lecture de la piste dans des distributeurs automatiques de billets (DAB). Tout autant les escroqueries au logement, la location, etc.
Se donner les moyens de lutter à armes égales
« La nature même du cyberespace impose de faire coopérer public et privé, aussi le rapport préconise d’étoffer les services de la justice […] en créant une filière de cybermagistrats, en renforçant les moyens d’enquête et en incitant les entreprises à déposer plainte rapidement à chaque attaque cyber pour permettre la remontée et le démantèlement des filières […] », souligne le Club des juristes. La spécificité de la cybercriminalité, la technicité des modes opératoires des opérateurs ont nécessité la création de services d’enquête dédiés, ainsi qu’une spécialisation progressive de l’institution judiciaire.
En France, plusieurs entités se distinguent :
La sous-direction de lutte contre la cybercriminalité (SLDC)
L’office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication (OCLCTIC)
La Brigade de lutte contre la cybercriminalité (BLCC), anciennement Brigade d’enquêtes sur les fraudes aux technologies de l’information (BEFTI)
La Brigade de protection des mineurs (affaires de pédopornographies, grooming)
La brigade de répression de la délinquance envers la personne traite des affaires de diffamation, d’apologie du terrorisme, du droit pénal du travail via internet
Le centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N)
Les douanes, en particulier la direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED)
Basé à Pontoise (Val-d’Oise), le C3N est une unité de pointe de la gendarmerie dans la lutte contre la cybercriminalité. Ce service s’est illustré dans l’opération EMMA95, ou encore avec le botnet Retadup à l’été 2019, est dirigé par la colonelle Fabienne Lopez. Quand d’autres proposent leurs services. (Crédits : capture d’écran)
Pour autant, sans plainte pas de poursuite, ni condamnation et réparation, si tant est que cela soit possible. La majorité des infractions liées à des cyberattaques étant des délits, le dépôt de plainte, pour être recevable, doit l’être dans un laps maximum de 6 ans à compter de la date de commission des faits. Il va de soi qu’elle doit être déposée dans les délais les plus brefs, il est essentiel d’aller vite et d’être réactif. « Pour déposer requête devant des forces de l’ordre, il suffit de se rendre au service de police ou de gendarmerie le plus proche de l’entreprise ou du lieu de constatation des faits. Pour rappel, les officiers et agents de police judiciaire ou gendarmes sont obligés de recevoir les plaintes, même si les faits ne relèvent pas de leur zone géographique de compétence. La plainte ne sera qu’exceptionnellement déposée auprès d’un service spécialisé adapté à la cyberattaque », stipule le rapport.
Les opérateurs proposent des données sensibles contre menue monnaie. En droit pénal, la preuve vise à montrer qu’une infraction a bien été commise : c’est donc à celui qui accuse un autre d’avoir commis cette infraction de la prouver et celui à qui s’applique la présomption d’innocence d’y répondre. (Crédits : capture d’écran)
Les informations à produire peuvent être :
le descriptif précis de l’incident
les coordonnées de la totalité des intervenants ou prestataires susceptibles d’apporter des informations aux enquêteurs
l’ensemble des éléments techniques qui ont pu être collecté : traces informatiques de l’attaque (exemple : logs de connexion), l’adresse précise de la ou des machines attaquées (préciser s’il s’agit d’un poste de travail professionnel, d’un mobile ou encore d’une attaque du site internet, du serveur hébergé auprès d’un fournisseur d’accès internet)
Les mails en lien avec l’infraction, l’organigramme de la société, la liste du personnel, les coordonnées des différents prestataires (hébergeur, société de sécurité)
Faire de la lutte contre la cybercriminalité une cause nationale pour 2022
Promouvoir la spécialisation des magistrats du siège et du parquet et leur formation continue
Renforcer la coopération public/privé, et, orienter l’investissement public comme privé vers l’émergence d’une filière française et européenne d’excellence en cybertechnologie
Étoffer les services de la justice en matière de lutte contre la cybercriminalité
Simplifier les procédures d’enquête sous pseudonyme dans le « darknet »
Adoption d’un régime européen de conservation des données permettant de répondre aux besoins opérationnels des services répressifs et judiciaires
Inciter les États sanctuaires à mettre fin à l’impunité des groupes cybercriminels
Signature de protocoles avec l’ensemble des agences et autorités administratives indépendantes concernées
Investir dans la prévention contre les cyberattaques
En cas de cyberattaque, déposer immédiatement plainte
La difficulté serait d’inciter à la fin de l’impunité des groupes criminels, dans divers pays. Car, il arriverait, selon les ouï-dire, que des attaques puissent être fomentées par des États contre d’autres (StuxNet, SolarWinds…), ce pour diverses raisons.