Étiquette : ransomware

  • Le phishing atteint les côtes anglaises

    Le phishing atteint les côtes anglaises

    Une méthode pour voler mots de passe, identifiants… est évidemment l’hameçonnage ou phishing. Des opérateurs malveillants ont détourné des comptes de messagerie du National Health Service (NHS) pour dérober des identifiants Microsoft. Plus d’un millier de messages auraient ainsi été envoyés à partir de comptes de messagerie du NHS appartenant à des employés en Angleterre et en Écosse, selon les chercheurs de la société de sécurité de la messagerie INKY.

    Le flegme britannique pourrait voler en éclats, car le service national de santé britannique est infecté par une campagne massive de phishing. Au cours d’une période débutant à l’automne dernier, jusqu’en avril 2022, le service de santé du Royaume-Uni a été la proie d’une vaste opération d’hameçonnage. L’utilisation sporadique de comptes légitimes du NHS pour envoyer des courriels à des tiers peu méfiants s’est transformée en une campagne massive au mois de mars, explique INKY.

    À partir d’octobre 2021, INKY a détecté 1 157 courriels d’hameçonnage provenant de « NHSMail » : le système de messagerie du NHS pour les employés basés en Angleterre et en Écosse. Ainsi, moins de méfiances sur les courriels. « L’année dernière, ce service a été transféré d’une installation sur site à Microsoft Exchange Online. Cette migration, avec son environnement de sécurité modifié, pourrait avoir été un facteur dans l’attaque. »

    « La majorité d’entre eux étaient de fausses notifications de nouveaux documents contenant des liens malveillants vers des sites de collecte de renseignements ciblant les informations d’identification Microsoft. Tous les e-mails comportaient également le pied de page NHS. » (Crédits : INKY)

    Le volume des attaques a considérablement diminué, depuis que l’entité a pris des mesures pour les stopper. Malgré tout les utilisateurs d’INKY ont encore reçu quelques courriels infectés provenant du domaine de messagerie du NHS (nhs[.]net) après cette date.

    L’UCL (University College London) une institution de premier plan, classée 8e meilleure université mondiale par le QS World University Rankings en 2020, a été confrontée à près de 60 millions de courriels malveillants au cours des trois premiers mois de 2022, selon des chiffres officiels. Les données, qui ont été obtenues en conséquence de la FOI (Freedom of Information) puis analysées par le groupe Parliament Street, soulèvent qu’un total de 58 628 604 spams, hameçonnages, logiciels malveillants et attaques de type edge block ont été bloqués avec succès par l’université entre le 24 décembre 2021 et le 23 mars 2022. En considérant les 60 millions d’envois, 1 371 396 sont passés, soit 2, 28 %, amplement satisfaisant pour occasionner des dégâts. La conduite à tenir serait que chaque utilisateur vérifie toujours soigneusement l’adresse e-mail de l’expéditeur, et examine chaque lien contenu dans un e-mail en les survolant. Bien, mais pas suffisant.

    « Les chercheurs d’Inky ont pu identifier que ces mails d’hameçonnage ont été envoyés à partir de deux adresses IP utilisées par le NHS. […] Aucune donnée de patient ne semble avoir été compromise durant cette opération de phishing », indique le site gouvernemental français Cyberveille Santé. (Crédits : misterfarmer/Pixabay)

    Imaginons que deux amis, Alice et Bob ont un blog dédié à la nature. Alice se fait voler ses identifiants par Mallory. Elle usurpe l’identité d’Alice pour envoyer un mail à Bob. Comme elle aura eu accès à la boite aux lettres, elle adaptera le contenu du courriel, la façon de s’exprimer, la nature de la demande, la signature, le logo, ais aussi les couleurs, etc. Elle envoie le courriel, piégé ou non, à Bob à partir de compte d’Alice. Justin déterminera après l’enquête l’impression qu’un courriel était envoyé à l’insu d’Alice, à partir de son propre compte courriel. Le code malveillant est déployé sur différentes machines compromises. Il communique à un C2 (command & control) pour obtenir des instructions. Elles sont le prénom, nom, le modèle (Template) de courriel à envoyer… mais surtout les comptes piratés (identifiants). D’où le conseil logique de ne pas cliquer sur un lien que vous ne connaissez pas. Oui… mais cela ne suffit pas. Il peut être nécessaire de mettre en place des mécanismes comme par exemple, le chiffrement avec clé publique et privée, de signer… au moins pour certains échanges.

  • Menace de sécurité chez Top Aces

    Menace de sécurité chez Top Aces

    Le gang de hacker Lockbit 2.0 affirme avoir volé 44 Go d’information qui appartiendrait à Top Aces, et menace de les divulguer le 16 mai 2022 à minuit. Top Aces, fondée en 2000 par d’anciens pilotes militaires, offre des services d’entraînement au combat aériens. L’entreprise dit détenir la plus importante flotte privée d’avions de chasse. L’entreprise québecoise multiplie les contrats d’entraînement au combat avec les armées canadienne, américaine et allemande, et plusieurs centaines de millions de dollars.

    La firme serait, selon les révélations du journal canadien La Presse toujours à la recherche des traces de l’intrusion. « On fait affaire avec une firme externe qui nous aide avec ça », dit la porte-parole Erin Black. Elle précisait qu’aucune demande de rançon n’avait été encore trouvée. En 2017, Top Aces décrochait un contrat de 480 millions avec la Défense nationale canadienne pour des services d’entraînement au combat. Le contrat, renouvelable, pourrait atteindre d’ici 2031 la valeur totale de 1,4 milliard. « Nous venons d’obtenir le même type de contrat, à plus petite échelle, en Allemagne. Et on vise d’autres partenariats en Europe, avec les Britanniques », expliquait en 2021 le directeur de la base de Saguenay, François Laroche.

    En 2019, l’US Air Force a accordé à Top Aces une partie d’un contrat de 6,4 milliards US pour entraîner ses pilotes au combat dans douze bases. Pour ces exercices, qui incluent des simulations d’opérations contre l’armée russe, la société a acheté une flotte de 29 avions F-16 usagés d’Israël.

    Dans une déclaration en février dernier, des pirates de LockBit expliquaient que « la plupart » de ses membres étaient des citoyens d’anciens pays de l’URSS, « comme des Russes et des Ukrainiens ». Ajoutant que ses programmeurs proviennent de Chine, des États-Unis, du Canada et de la Suisse. (Crédits : capture d’écran)

    Les Forces canadiennes sont incapables de déterminer l’effet que pourrait avoir cette cyberattaque sur la sécurité de leurs données et de leurs opérations, comme tout un chacun. « Nous ne sommes pas sûrs s’il y a un impact et si la fuite contient des informations qui nous appartiennent, dit le porte-parole de l’armée, Daniel Le Bouthillier. » Les conséquences de toute entité ayant subie une cyberattaque, ne sont connues qu’après rétablissement des infrastructures, et le calcul des sommes dépensées, régulièrement conséquentes.

  • Ransomware: le Lincoln College ferme définitivement

    Ransomware: le Lincoln College ferme définitivement

    Ce vendredi 13 mai 2022, l’établissement d’enseignement supérieur fermera ses portes de manière définitive après 157 années de bons et loyaux services, tous les employés seront licenciés à cette date. Le Lincoln College (LC), une institution privée à but non lucratif située dans le centre de l’Illinois, s’arrête dans trois jours. Il est invoqué une récente cyberattaque en décembre 2021 et des difficultés liées à une pandémie qui ont aggravé sa situation financière.

    Le Lincoln College a survécu à de nombreuses périodes difficiles et éprouvantes, la crise économique de 1887, un incendie sur le campus en 1912, la grippe espagnole de 1918, la Grande Dépression de 1929, la Seconde Guerre mondiale, la crise financière mondiale de 2008… mais c’est l’attaque subie en décembre 2021 par le biais d’un ransomware, qui achevait, semble-t-il, l’institution, elle n’a d’ailleurs pu restaurer ses systèmes informatiques qu’en mars 2022.

    Les tensions que l’ensemble des pays sur le globe terrestre subissent depuis deux ans ont mis à rude épreuve les trésoreries de multiples lieux d’enseignement supérieur aux États-Unis. Si certains s’en sortent, d’autres attendent que le bateau sombre faute de secours. Le cas du Bloomfield College, autre établissement privé à but non lucratif du New Jersey était en train de se noyer financièrement. Fort heureusement, la Montclair State University s’est engagée à le soutenir. Chose à préciser, les deux établissements étaient en négociation une fusion. Bloomfield est plus qu’une institution d’enseignement, il se présente comme le seul lieu d’éducation à prédominance noire, hispanique et minoritaire de l’État.

    « Le Lincoln College accueille des étudiants du monde entier depuis plus de 157 ans », a déclaré David Gerlach, son président, dans un communiqué. « La perte de l’histoire, des carrières et d’une communauté d’étudiants et d’anciens élèves est immense ». (Crédits : DR)

    Pour le Lincoln College, les prévisions laissaient entrevoir un manque cruel d’inscriptions, qui ne pourrait être comblé que par « un don ou un partenariat transformateur » pour maintenir l’institution à flot… leurs attentes fussent vaines. « Les charges économiques initiées par la pandémie ont nécessité d’importants investissements dans la technologie et les mesures de sécurité du campus, ainsi qu’une baisse significative des inscriptions avec des étudiants choisissant de reporter l’université ou de prendre un congé, ce qui a impacté la position financière de l’institution », lit-on sur le site Web de Lincoln.

    Lynx un jour, Lynx toujours était la devise des étudiants du Lincoln College, basé dans l’Illinois aux États-Unis. (Crédits : DR)

    Outre-Atlantique, plusieurs petites institutions dont leurs survies dépendent des frais de scolarité ont été contraintes de fermer leurs portes ou de fusionner avec d’autres institutions. Les raisons principales sont les difficultés financières exacerbées par la pandémie. Le Mills College en Californie, le Becker College dans le Massachusetts, le Concordia College de New York et le MacMurray College dans l’Illinois en sont des exemples notoires, malheureusement, le Lincoln College va rejoindre cette liste non close… la Lincoln Christian University, établissement privé situé à moins de 3 kilomètres, prend également des dispositions d’austérité. Elle met fin à la quasi-totalité de ses programmes de premier cycle et de ses activités sportives, pourrait réduire la taille de son campus et se concentre sur les programmes d’études supérieures et son séminaire.

    Un dernier au revoir

    Samedi 7 mai 2022, ils sont plus de 200 étudiants à avoir reçu leur diplôme, lors de l’ultime cérémonie. Les anciens élèves ont été invités à revenir le 30 avril dernier pour ressusciter les moments forts de leurs années. « Vous vous êtes tous battus pour empêcher cette institution de fermer. Je crois, si nous avions eu plus de temps, que nous aurions pu trouver quelqu’un, mais tout cela est hors de notre contrôle. Pendant ces deux semaines, les étudiants ont vécu une expérience incroyable d’apprentissage sur le leadership, la persévérance et la résilience », racontait Annette Roter sur le groupe Facebook « Save Lincoln College ».

    Ariana Trotter envoie un baiser à la foule avant le début des cérémonies au Lincoln Center, samedi après la dernière remise des diplômes. (Crédits : Clay Jackson/Herald & Review)

    La fermeture du LC est une source d’inquiétude pour la ville, car une maison de retraite, un centre de développement et d’autres sociétés ont déposé le bilan au cours des dernières années, explique Stacy Jackson au journal Herald & Review. Tous affichent pudiquement le même ressenti « je peux vous assurer que cette situation me brise le cœur. Je suis reconnaissant que le Lincoln College m’ait permis de grimper une échelle d’entreprise, me permettant d’être payé pour ma passion dans la technologie. Je suis reconnaissant pour l’expérience que j’ai acquise, les collègues que j’ai rencontrés, la faculté que j’ai aidée et les étudiants que j’ai servis », témoigne Lynn Allen sur le groupe Facebook Save Lincoln College.

  • Ransomware: Massey-Ferguson à l’arrêt

    Ransomware: Massey-Ferguson à l’arrêt

    Dans un communiqué de presse, la société AGCO, fabricant et distributeur mondial d’équipements agricoles, a annoncé que le 5 mai 2022, elle a fait l’objet d’une attaque par ransomware qui a affecté certaines de ses installations de production. L’usine française basée à Beauvais est à l’arrêt. Elle avait déjà subi un incident lorsque la pénurie de composants électroniques avait stoppé les lignes de réalisation en avril 2022. La compagnie fournira des mises à jour au fur et à mesure de l’évolution de la situation.

    AGCO est un géant dans le domaine, avec un chiffre d’affaires de plus de 9 milliards de dollars, il emploie 21 000 personnes, et possédant des marques comme Fendt, Massey Ferguson, Challenger, Gleaner, et Valtra. Selon le communiqué de presse, « les serveurs informatiques de la multinationale Massey-Ferguson ont fait l’objet d’une infection par codes malveillants de type ransomware ». Les conséquences sont immédiates, plusieurs sites de production sont stoppés en Chine, aux États-Unis, en Allemagne et également en France. « Il est demandé à chaque collaborateur de se connecter au numéro vert […] à partir de 17 heures vendredi 6 mai afin de connaître nos possibilités de reprise lundi 9 mai », est-il écrit dans un mail transmis aux employés, relate le Courrier Picard. S’il est encore trop tôt pour établir un lien entre la cyberattaque et le conflit russo-ukrainien, toutes suppositions vont bon train.

    « On était en poste, et soudain il y a eu des manipulations qu’on ne pouvait plus faire sur les lignes de production. On a attendu un peu et finalement la direction nous a demandé de rentrer chez nous », témoigne un salarié au quotidien le courrier Picard. (Crédits : FTV)

    BleepingComputer mentionnait que « AGCO a annoncé qu’elle faisait don d’argent et de semences aux agriculteurs des zones touchées par la guerre en Ukraine, de sorte que le scénario selon lequel des hacktivistes russes la cibleraient pour cette prise de position n’est pas improbable. » Effectivement une somme de 50 000 dollars a été versée pour aider les communautés agricoles ukrainiennes concernées par le conflit armé avec la Russie, à l’initiative de BOSRCH. Le 21 mars 2022, le président Joe Biden avait mis en garde envers une augmentation des cybermenaces russes contre les entreprises américaines et la nécessité de préparer des défenses contre les attaques.

    AGCO est toujours en train d’enquêter sur l’étendue de l’attaque, mais il est prévu que ses opérations commerciales soient affectées négativement pendant plusieurs jours et potentiellement plus longtemps pour reprendre complètement tous les services selon la rapidité avec laquelle la Société est capable de réparer ses systèmes. (Crédits : FBI)

    « Cette attaque contre AGCO survient quelques semaines à peine après la publication par le FBI d’une mise en garde contre les attaques par ransomware visant le secteur agricole américain », explique Craig McDonald, vice-président de la gestion des produits chez BackBox, société spécialisée dans les solutions d’automatisation, de sécurité et de gestion des réseaux. Le rapport indiquait que les attaques étaient potentiellement synchronisées. « Le FBI informe les partenaires du secteur de l’alimentation et de l’agriculture que les ransomwares pourraient être plus susceptibles d’attaquer les coopératives agricoles pendant les saisons critiques de plantation et de récolte, perturbant les opérations, causant des pertes financières et ayant un impact négatif sur la chaîne d’approvisionnement alimentaire. »

    Le FBI a noté des attaques par ransomware contre six coopératives céréalières pendant la récolte de l’automne 2021, et deux au début de 2022 pourraient avoir une répercussion sur la saison de plantation en bouleversant l’approvisionnement en semences et en engrais. (Crédits : DR)

    En mars 2022, une firme céréalière de plusieurs États a essuyé une agression de Lockbit 2.0. Entre le 15 septembre et le 6 octobre 2021, six coopératives céréalières outre-Atlantique subissaient des cyberattaques par ransomware, notamment Conti, BlackMatter, Suncrypt, Sodinokibi et BlackByte. Certaines entités ciblées ont dû complètement arrêter leur production, tandis que d’autres ont perdu leurs fonctions administratives. En juillet 2021, une compagnie de logiciels de gestion d’entreprise a découvert une activité malveillante sur son réseau, qui a ensuite été identifiée comme étant HelloKitty/Five Hands ransomware. L’acteur de la menace a demandé une rançon de 30 millions de dollars américains.

    Que ce soit la Direction nationale du renseignement péruvien, la municipalité de Quito, le Costa Rica ou la société française Delcourt infecté par LockBit 2.0, chaque entreprise est une potentielle victime, qui plus est lorsque l’architecture de leurs sites est un vrai gruyère, avec un manque cruel de sécurité élémentaire. (Crédits : capture d’écran)

    Le constructeur de tracteurs subit de plein fouet la crise des composants et les problèmes d’approvisionnement consécutifs aux événements liés au SARS-CoV-2. Il y a une dizaine de jours, les lignes de production avaient été interrompues quarante-huit heures en raison de l’absence d’accumulateurs (batteries) qui équipent les machines agricoles et de la pénurie de pneus dont la fabrication est elle-même contrariée par l’insuffisance de constituants comme le noir de carbone.

  • Cyberattaque: de Châteauroux à Lugo

    Cyberattaque: de Châteauroux à Lugo

    Rien à voir entre les deux villes, l’une dans le centre de la France, l’autre dans la Galice en Espagne. Toutes deux ont au minimum un point en commun, avoir subi dernièrement une cyberattaque. La première abrite le siège social de l’office public d’habitat d’Indre (OPAC 36), et la mairie de Lugo capitale de la province du même nom. En France, l’organisme gère les données de 17 000 locataires et leurs familles, et la cité espagnole plus de 97 000 habitant.

    Le conseil municipal de Lugo a été victime jeudi 5 mai 2022 d’une cyberattaque, relate La Voz de Galicia. Une enquête de la police nationale est en cours, un signalement a été effectué au Centre national de cryptologie. La commune souhaite aborder la question avec la plus grande prudence, néanmoins des sources proches des forces de l’ordre ont confirmé qu’il s’agit d’une arnaque téléphonique. L’escroquerie dite du phishing touche généralement de nombreuses entreprises, mais plus rarement une administration locale, comme dans ce cas.

    « Il semble qu’il s’agisse d’une attaque spécifiquement dirigée contre l’institution locale, car elle a été menée en utilisant des données spécifiques comme appât et très étroitement liées à l’activité de l’administration », souligne Lara Méndez. (Crédits : EP)

    L’Unité de lutte contre la criminalité spécialisée et violente (UDEV), la section de la police chargée des investigations, s’est déjà mise au travail, et elle fait des demandes pour obtenir plus d’informations afin de faire la lumière sur l’incident. Il ne s’agirait donc pas d’une intervention visant à recueillir des informations. Sauf, que cette cyberattaque intervient alors que, sur le plan national ibérique, l’affaire Pegasus d’espionnage des dirigeants indépendantistes catalans et le vol d’informations sur leurs téléphones portables par le président du gouvernement, Pedro Sánchez, et la ministre de la défense, Margarita Robles, font l’objet de discussions.

    Une cyberattaque paralysait le système informatique du bailleur social Deux-Sèvres Habitat depuis le mardi 15 juin 2021. (Crédits : OPAC36)

    À moins de 850 kilomètres à vol d’oiseau, la commune de Châteauroux. C’est par un message sur Facebook que l’OPAC36 informait, le vendredi 6 mai 2022 à 15 h 20, ses locataires que « le 4 mai 2022, nous avons été la cible d’une attaque informatique. Dès que nous en avons eu connaissance, nos équipes se sont immédiatement mobilisées pour gérer et répondre à cet incident. Nous avons par ailleurs engagé des experts en cybersécurité afin d’identifier et de sécuriser rapidement notre environnement de travail. » L’office indique la possibilité que certaines données personnelles aient été consultées. La politique de protection des données à caractère personnel donne un aperçu des informations que le bailleur social aurait potentiellement été amené à collecter :

    • Données d’identification : prénom, nom, numéro de carte d’identité et/ou passeport, nationalité, titre de séjour, lieu et date de naissance, signature, numéro unique d’enregistrement, etc.
    • Données de contact : adresse postale, adresse électronique, numéros de téléphone (domicile, portable, professionnel)
    • Situation familiale : état civil, situation maritale, situation parentale, lien de parenté, etc.
    • Données professionnelles : situation professionnelle, coordonnées de l’employeur, nature du contrat, etc.

    « À ce stade, rien ne nous indique que des informations personnelles, quelles qu’elles soient, aient été utilisées à mauvais escient. Restez tout de même vigilants, si vous recevez des communications non sollicitées […] Nous tenons à nous excuser pour la gêne occasionnée et nous vous tiendrons informés de l’évolution de la situation. Merci de votre compréhension », concluait le bailleur.

  • Cybersécurité: attaque et riposte en Espagne

    Cybersécurité: attaque et riposte en Espagne

    La mairie de catalane de Caldes de Montbui travaille à la restauration du système informatique municipal après la cyberattaque subie le week-end du 1er mai 2022. La commune expliquait dans un communiqué, avoir activé les protocoles et outils de protection de ses serveurs, étape essentielle avant le rétablissement de la gestion administrative locale. C’est alors que l’annonce du gouvernement approuvant un plan national de cybersécurité prévoyant un investissement de plus de 1,2 milliard tombe à point nommé.

    L’édile, Isidre Pineda, est apparu hier, 4 mai 2022 pour demander au public toute la patience et la coopération possibles dans cette « regrettable et grave situation exceptionnelle » et a assuré que « tous les protocoles sont rigoureusement suivis pour défendre l’intégrité télématique de la mairie de Caldes de Montbui ». Le conseil municipal est toujours en train d’évaluer les effets de l’infection et affirme que le rétablissement des services ne sera pas immédiat et sera progressif. Parallèlement, l’acte criminel a été signalé aux Mossos d’Esquadra et à l’Agence catalane de cybersécurité.

    Les institutions publiques basques ont été averties de la possibilité de recevoir une cyberattaque « de façon imminente ». La menace est là et, fin mars, le gouvernement espagnol a approuvé le plan national de cybersécurité, doté d’un budget de 1,2 milliard d’euros, soit 200 millions de plus que prévu initialement.

    L’approbation de la loi sur la cybersécurité 5G était prévue par le plan de redressement, de transformation et de résilience pour le second semestre de l’année, mais le conflit russo-ukrainien a accéléré le processus et la directive a été entérinée par décret. Pour faire face au choc géopolitique, le gouvernement a approuvé le 29 mars 2022 le Plan national de réponse à l’impact de la guerre, qui s’articule autour de huit objectifs. Ils sont de :

    • La baisse du prix du gaz, de l’électricité et des carburants.
    • Soutenir les secteurs et entreprises les plus touchés et les groupes les plus vulnérables
    • Renforcer la stabilité des prix
    • Sécuriser les approvisionnements
    • Protéger la stabilité financière
    • Accélérer le déploiement du plan de relance
    • Améliorer l’efficacité énergétique
    • Renforcer la cybersécurité

    Le plan mobilise jusqu’à 16 milliards d’euros d’aides directes, de réductions d’impôts et de mesures de liquidité, avec des actions choc jusqu’au 30 juin, ainsi que des mesures plus structurelles pour accélérer le déploiement des énergies renouvelables, de l’autoconsommation et du stockage de l’énergie afin d’adapter le marché de l’électricité à un environnement de forte hausse du prix des technologies marginales.

    Le gouvernement valide un plan national de cybersécurité prévoyant un investissement de plus de 1,2 milliard. (Crédits : Alberto Ortega/El Periodico)

    Le Conseil des ministres a approuvé mardi 3 mai 2022 le Plan national de cybersécurité, qui sera finalement doté d’un investissement de plus de 1,2 milliard d’euros, contre un annoncé précédemment, comme l’a expliqué lors d’une conférence de presse la première vice-présidente et ministre de l’Économie, Nadia Calviño. Elle a souligné l’importance de la mise en œuvre de ce plan afin de pouvoir « répondre de manière appropriée à l’augmentation actuelle du risque géopolitique ». Ce nouveau programme comprend également 150 actions, dont la création du centre opérationnel de cybersécurité de l’administration générale de l’État, qui a été attribué en février à Indra et Telefónica.

  • Ransomware: attaques des hôpitaux en Lombardie

    Ransomware: attaques des hôpitaux en Lombardie

    Des établissements hospitaliers italiens basés à Milan en Lombardie ont été touchés par une infection informatique. C’est l’autorité sanitaire locale (ASST) milanaise qui dès 3 heures du matin du 1er mai, essuie de graves problèmes techniques dans l’infrastructure informatique. Ainsi le fonctionnement de tous les sites de l’entreprise, de Buzzi à Melloni, et impliquant un total de 33 différents sites locaux. Les urgences sont dirigées vers d’autres établissements.

    Quelques jours après l’hôpital Aoyama, à Osaka victime d’un ransomware, c’est l’Italie qui subit les foudres. Le problème concerne aussi bien les services hospitaliers que celui des urgences, ainsi que certains centres de vaccination, comme celui de Piazzale Accursio à Milan. L’une des premières mesures a été de détourner les urgences vers d’autres hôpitaux, tandis que les visites déjà programmées (ambulatoires et préhospitalisation) étaient garanties.

    Le directeur général de l’ASST Santi Paolo et Carlo de Milan, Matteo Stocco, déclarait le 2 mai 2022 que « nous sommes entrés en état d’alerte hier après-midi lorsque les premières informations sont arrivées. Nous avons alerté les systèmes informatiques pour vérifier les éventuelles intrusions. Jusqu’à présent, je croise les doigts, nous n’avons eu aucun problème. »

    Les services de sécurité informatique et la police ont été prévenus, envoyant leurs spécialistes sur site pour aider les techniciens. Les autorités affirment qu’une plainte sera déposée auprès des organismes compétents. (Crédits : ShenXin/Pixabay)

    L’attaque du ou des opérateurs a rapidement provoqué les réactions de l’opposition, à savoir le parti démocratique lombard, au sein du conseil régional : « le blocage des systèmes informatiques des ASST Fatebenefratelli est très grave, tant pour les dysfonctionnements qu’il a générés que pour les implications qu’il pourrait avoir, expliquent les conseillers Samuele Astuti et Pietro Bussolati. Nous devons clarifier immédiatement et comprendre l’origine et la nature de l’attaque du hacker, s’il s’agit d’une tentative d’extorsion, comme cela s’est produit dans le Latium, ou d’un simple sabotage ».

    Il s’agissait de l’attaque informatique « la plus grave jamais commise sur le territoire italien, selon le président de la région du Latium, Nicola Zingaretti. Depuis le dimanche 1er août 2021, les services informatiques de la région où se situe Rome sont indisponibles en raison d’une cyberattaque. »

    Malgré les mesures de sécurité accrues mises en place au cours des derniers mois tous les spécialistes compétents travaillent pour essayer de restaurer les systèmes qui, cependant, en raison de l’ampleur, de la portée et de l’extension. (Crédits : Milano Pavia TV/YouTube)

    « Le fait est qu’en Lombardie, chaque hôpital a son propre logiciel de gestion, qui devrait mettre en œuvre de façon indépendante la sécurité, et cela n’a aucun sens, tant du point de vue économique de l’efficacité ». La Cour des comptes l’a également souligné, indiquant que la fragmentation des achats par les hôpitaux est un point de faiblesse et un gaspillage de l’argent public. La cybersécurité, aujourd’hui en particulier, doit être centralisée et renforcée.

  • Cyberattaque: les postes bulgares à l’arrêt

    Cyberattaque: les postes bulgares à l’arrêt

    Cela fait désormais plus de deux semaines que les bureaux de poste du pays sont bloqués à la suite d’une attaque perpétrée par des opérateurs informatiques, le 16 avril 2022. Celle qui distribue le courrier dans toute la Bulgarie compte plus de 6 000 ordinateurs, dont la moitié sont âgés de plus de quinze ans et sont vulnérables à de telles attaques faute de système de protection antivirus approprié, ou de mises à jour indispensables.

    Mardi 3 mai 2022, c’est un véritable coup de massue que délivre Kalina Konstantinova, vice-première ministre pour la bonne gouvernance. Elle a demandé, ni plus ni moins, les démissions du directeur exécutif et du conseil d’administration des postes bulgares, lors d’une conférence de presse, faisant le point sur la situation. Depuis le 16 avril 2022, les bureaux de poste sont purement et simplement bloqués à la suite d’une attaque informatique. Le programme malveillant, qui a d’abord touché le bureau central de Sofia avant de se répandre dans le réseau, « était conçu de sorte à ne pouvoir affecter des données de la Russie et des anciennes républiques soviétiques », a expliqué conseiller gouvernemental Vassilev Velitchkov

    Mme Konstantinova a souligné que les postes bulgares sont une absolue priorité du gouvernement. Ce dernier a élaboré une stratégie pour sauver et moderniser l’entreprise, en travaillant dès le départ à sa mise en œuvre. (Crédits : BTA Photo)

    Dans un message publié sur Facebook samedi, Mme Konstantinova a déclaré qu’en raison des mauvais résultats financiers, des investissements insuffisants dans la sécurité de l’information et la protection des données, les postes bulgares ont été constamment négligées, ajoutant que des équipements de seconde main ont été achetés pour les postes. En 2021, les pertes de l’entreprise s’élèvent à 13 millions de BGN (6.65 millions d’Euros), alors que le plan d’affaires prévoit un bénéfice de 100 000 BGN (51 139 €), a précisé Mme Konstantinova. Elle a souligné que la direction de l’entreprise n’avait fait aucun effort pour changer les choses. La vice-première ministre a rappelé que les postes bulgares sont une entreprise détenue à 100 % par l’État, qui compte 2 973 bureaux de poste et plus de 9 000 employés. L’investissement annuel est de 80 millions de BGN (près de 41 millions d’Euros).

    « Nous avons trouvé une entreprise qui faisait systématiquement et constamment faillite. Le ministère des Finances du GERB a systématiquement sous-financé les postes bulgares », explique Mme Konstantinova. (Crédits : DR)

    « Nous avons préparé un tout nouveau projet dans le cadre du plan de relance pour un montant de 100 millions BGN et il a déjà été approuvé », a déclaré Mme Konstantinova. « Les attaques se multiplient depuis la guerre en Ukraine », a souligné M. Velitchkov, évoquant une « cyberguerre destinée à semer l’inquiétude et l’instabilité ». Plusieurs sites internet officiels roumains, dont ceux du gouvernement et du ministère de la Défense, ont été victimes vendredi de cyberattaques revendiquées par un groupe prorusse. La Poste grecque (Elta) avait quant à elle été touchée en mars par une « cyberattaque », entraînant une « suspension temporaire » de certains des services de cette entreprise publique.

  • 733 attaques informatiques en 2021 pour la Santé

    733 attaques informatiques en 2021 pour la Santé

    Le rapport du ministère des Solidarités et de la Santé vient de tomber sur les bureaux. Les quarante-deux pages du compte rendu annuel de l’observatoire des signalements d’incidents de sécurité des systèmes d’information pour le secteur santé dressent un tableau sans équivoque. Entre 2020, et l’année passée, le nombre d’incidents à tout simplement doublé, passant de 369 à 733. C’est aussi 582 établissements de santé qui ont été la cible d’une attaque.

    La croissance des évènements est conséquente, pour rappel en 2019 392 avaient été dénoncés. L’année 2021 a été marquée par de nombreux incidents majeurs liés à des attaques par ransomware (CH de Dax, Villefranche-sur-Saône ou Arles), mais aussi à l’exfiltration massive de données (AP-HP), et dernièrement le GHT. L’utilisation de courriels malveillants, autrement dit la technique dite de l’hameçonnage est très développée par les attaquants pour chercher à compromettre un système d’information.

    incidents déclarésstructures déclarantesdemandes d’aides par CERT santéInterventions d’appuiSuivi par le FSSISuivi par l’ANSSIInformation au CORRUSS (1)
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    En coordination avec le CERT Santé (Computer Emergency Response Team), l’ANSSI et le FSSI (Fonctionnaire de Sécurité des Systèmes d’Information) sont intervenus directement au profit de 37 structures de santé, dans le suivi de la gestion d’un incident ou l’appui à la réponse. (Crédits : Ministère des Solidarités et de la Santé)

    Les victimes de ces attaques les plus graves sont pour 36 d’entre eux des établissements de santé publics, dont 19 opérateurs de services essentiels (OSE). Ces incidents étaient liés à des attaques par rançongiciel, des compromissions par chevaux de Troie, de comptes (AD, VPN ou messagerie), la vente d’identifiants sur Internet, l’exploitation de vulnérabilités sur des équipements de sécurité ou encore des dysfonctionnements graves de systèmes critiques. Deux cliniques privées et un EHPAD visé par un , et dix prestataires fournisseurs de services spécifiques santé et médico-sociaux

    (Crédits : Ministère des Solidarités et de la Santé)

    Les 603 signalements ont été effectués pour la majorité en jours et heures ouvrés (82 %). Ensuite 74 l’ont été après 18 h, 19 avant 9 h en jours ouvrés, seuls 37 durant les week-ends et jours fériés. L’état des incidents informatiques varie. Ils ont été résolus pour 240 en 2021 (162 en 2020), 231 en cours d’investigation (98 en 2020), 190 en cours de résolution pour 73 l’an passé. Les régions pour lesquelles le nombre de signalements est le plus important sont l’Occitanie et l’Île-de-France avec respectivement 92 et 81 signalements.

    (1) : Centre opérationnel de réception et de régulation des urgences sanitaires et sociales

  • LV divulguent des données de la banque centrale du Brésil

    LV divulguent des données de la banque centrale du Brésil

    Un tsunami a peut-être eu lieu au pays du pain de sucre. Les opérateurs derrière le ransomware LV divulguent des renseignements appartenant au Centre de recherche et de développement des télécommunications brésilien (CPqD), avec semble-t-il tout ou partie de la base de données de reconnaissance faciale de la Banque centrale. Les attaquants revendiquent avoir volé 1,8 To, et ont divulgué des preuves ce lundi 2 mai 2022, à minuit heure locale.

    Le groupe cybercriminel a publié deux adresses, en guise de preuves, sur leur site de fuite domicilié sur le dark web. Les deux URL donnent accès à plusieurs répertoires. L’un contenant uniquement le sous-répertoire QA, où se retrouve des tests logiciels et processus, puis un autre comportant les sous-répertoires clients, procédures et projets de la banque centrale.

    La banque centrale du Brésil n’a pas encore communiqué sur le sujet. (Crédits : capture d’écran)

    Ils ont également effectué une capture d’écran de VSphere prétendument de CPqD, y compris la carte qui pointe vers toutes les machines virtuelles gérées par cette instance. L’un des écrans publiés montre le stockage d’informations de ladite machine supposée, dans le cas d’un poste de travail sur lequel se trouvent deux périphériques de stockage locaux : un disque de 1,03 To et un disque de 109 Go, en plus d’un stockage réseau de 349 Go.

    Les suppositions vont bon train outre-atlantique, mais l’enquête déterminera l’étendue des dégâts. (Crédits : capture d’écran)

    Selon Renan Peixoto, journaliste au GloboNews, le CPqD serait un système de données blockchain, chargé de stocker les informations d’identité numérique. Le Centre de recherche et de développement des télécommunications est chargé des projets d’identité numérique décentralisés, comme FinID, présenté en mars 2020. L’identité a été présentée à LIFT, un programme coordonné par Bacen, il y a deux ans.