Étiquette : ransomware

  • Les cyberattaques s’enchaînent en France

    Les cyberattaques s’enchaînent en France

    Un grand coup était porté le 27 janvier 2021 pour perturber et détruire l’infrastructure du botnet connu sous le nom d’Emotet. Depuis les opérateurs derrière les ransomwares et autres attaques des systèmes d’information n’ont pas arrêté. Que ce soit en France, Espagne, Allemagne, États-Unis… que ce soit dans le domaine de l’éducation, de l’emploi, de l’assurance, de la banque, des la santé, des hôpitaux… personne n’est épargné. Quand un groupe tombe, souvent comme l’hydre, un autre apparaît.

    Début février 2021, les opérateurs derrière le ransomware Avaddon, affichaient leurs méfaits. C’est la compagnie SVI Assurances qui en faisait les frais. L’entreprise n’ayant pas coopéré, Avaddon affichait la conséquence : « l’entreprise ne veut pas coopérer avec nous, et nous divulguons les informations personnelles de l’entreprise, de ses employés et de ses clients ».

    Cyberattaques en série

    Ainsi près de 472 Mo de données décompressées, contenants plus de 3000 dossiers, avec des informations critiques d’identité de personnel et de client misent à la disposition de tout un chacun par les opérateurs. Au mois de décembre 2020, c’est Dassault Falcon qui devient la cible des opérateurs derrière Mount Locker.

    Quinze communes de l’Oise attaquées en 2020. Creil, Vandélicourt, Boubiers… pour ne citer qu’elles. La plus importante fuite est sans doute les données de la mairie de Villers-Saint-Paul, au nord de Creil (fichiers électoraux, d’état civil et comptabilité).

    Le 29 décembre 2020, la commune de Saint-Crépin-Ibouvillers est victime d’une attaque, via un courriel. « On ne s’imagine pas être une cible », s’étonne encore Alain Letellier, l’édile de la commune située à 20 km au sud de Beauvais. Le siège de la communauté de commune des Sablons, dont il était président avait été victime en 2019 d’une attaque plus conséquente. (Crédits : capture d’écran)

    Les dossiers sensibles chiffrés, la collectivité se devaient de les récupérer. « C’était des budgets, des payes, des archives de la communauté de communes… et ils demandaient une rançon en bitcoin », soupirait Alain Letellier. Ils ont dû payer l’équivalent de 10 000 euros en bitcoins, relatait Julie Jeunemaître sur le site de France 3 Hauts-de-France.

    Angers, Bayonne, Marseille

    Le samedi 16 janvier 2021, c’est le service informatique de la mairie d’Angers. La mairie de Bayonne début décembre 2020, et celle de Marseille à la mi-mars de la même année. Le 14 février 2021, c’est le ramsomware Darkside qui signait un nouveau méfait. « Darkside signe de son côté, la 32e prise d’otage de données appartenant à une entreprise française […] et après avoir piraté la société Wonderbox, affiche leur menace à l’encontre de la société de recrutement Penelope », souligne le site ZATAZ. Le mardi 16 février 2021, c’est au tour de l’hôpital nord-ouest et ses trois sites de Villefranche-sur-Saône (69), Tarare/Grandris (69) et Trévoux (01) de subir une attaque.

    Comme Publi-Hebdos du groupe SIPA-Ouest France en novembre 2020, le centre hospitalier universitaire Charles-Nicolle à Rouenle 16 novembre 2020, le quotidien Paris Normandie le 18 novembre 2020, la Ville d’Évreux et l’agglomération Évreux Portes de Normandie 17 décembre 2020, l’hôpital aura à batailler durant un trimestre avant de revenir à la normale.

    En effet, une période de trois mois est souvent nécessaire pour recouvrer une organisation adéquate, en remettant progressivement en route, et par ordre de priorité, tous les terminaux (après nettoyage et vérifications) des systèmes d’information infectés. Dans Le Progrès Arnaud Mabire, vice-président de la communauté d’agglomération Évreux portes de Normandie expliquait que « Nous avons dû formater 1 500 ordinateurs et réinitialiser 250 serveurs », suite à l’attaque d’un rançongiciel mi-décembre. (Crédits : AFP/Philippe Desmazes)

    L’hôpital de Dax affecté par un ransomware, celui des Escartons à Briançon pourrait l’avoir été également, indique le Dauphiné, et hier, le 9 mars 2021, c’est France bleu Pyrénées-atlantique qui délivre l’information concernant l’établissement situé à Oloron Sainte-Marie. Si aucune fuite n’a été détectée, les dossiers des patients sont inaccessibles aux personnels soignants. Les opérations ne sont, pour l’heure, pas déprogrammées, néanmoins, la pharmacie ne peut plus accéder à ses stocks. Le directeur de l’hôpital, Frédéric Lecenne s’inquiète : « Ça met en péril tout de même l’activité normale de l’hôpital. »

    Le plan quantique en route

    Lors de la présentation de la stratégie nationale sur les technologies quantiques « plan quantique », le 21 janvier 2021 à Paris-Saclay, le président de la République Emmanuel Macron soulignait l’importance stratégique nationale de la recherche pour aujourd’hui et demain. Le Président de la République a annoncé le lancement de la stratégie quantique nationale, comprenant : La mise à disposition de nouveaux moyens pour les chercheurs, y compris sur la formation, mais aussi pour les start-ups et les industriels ; Le développement de l’informatique quantique ; Des investissements dans toutes les technologies autour du quantique : communications, capteurs, cryptographie.

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    C’est un plan massif, de 1,8 milliard d’euros, dont 1 milliard de l’État, pour les 5 prochaines années, qui positionne la France à un très bon niveau à l’échelle internationale. « C’est ce que je suis venu vous dire : cette profonde accélération et transformation de notre écosystème, et le fait aussi que nous décidons de nous hisser sur le podium mondial en termes de financement, d’investissement dans le quantique », martèle Emmanuel Macron.

    « Le nombre d’attaques a augmenté de 255 % en 2020 par rapport à 2019, rappelle l’Élysée. Le phénomène touche tous les secteurs de tous les pays. » L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) a vu ses effectifs gonfler de 50 %, passant de 400 à 600 personnels, entre 2017 et 2020. « 150 millions d’euros seront consacrés à la cryptographie post-quantique pour sécuriser les communications avec des protocoles résistant aux méthodes de calcul des futurs ordinateurs quantiques. » (Crédits : capture d’écran YouTube)

    L’idée est de faire infuser la sécurité numérique sur l’ensemble du territoire, de la simple sensibilisation d’individus lambda à la création d’un écosystème mêlant recherche et formation, public et privé, start-up et collectivités. Une enveloppe de 500 millions d’euros, soit la moitié du financement global, est réservée à la recherche-développement, à destination de secteurs porteurs comme la sécurité des objets connectés par exemple. Un milliard d’euros doit être mobilisé pour augmenter le chiffre d’affaires de la cybersécurité d’à peine 8 milliards d’euros en 2019, et ainsi arriver au triple en 2025, soit 25 milliards. L’Élysée veut doubler le nombre d’emplois du secteur, pour l’amener à 40 000, et voir émerger « au moins trois licornes » françaises, c’est-à-dire des entreprises au top niveau mondial (start-up dont la capitalisation dépasse un milliard de dollars).

  • Peurs sur la banquise

    Peurs sur la banquise

    Quand l’un des plus connus cofondateurs d’entreprise dans l’univers de la sécurité des systèmes d’informations lance un pavé dans la mare, ça éclabousse ! Cette personne n’est autre qu’Eugène Kaspersky, à la tête de l’empire du même nom : Kaspersky Lab. Tous ne sont pas d’accord, mais cela permet, à minima, de se poser des questions, avec en vue une collaboration régionale et internationale. Durant le 33e forum économique Asie-Pacifique (APEC) à distance, pandémie oblige, parrainé par Kaspersky Lab, son président directeur général s’est exprimé le 2 mars 2021.

    Quand vous avez du temps de libre, que l’ensemble des pays de la planète, ou la majeure partie est confinée à domicile, que faire ? Il suffi alors de naviguer sur le WEB, parcourir des forums, s’intéresser au code, se tester… Pour le reste, cela est écrit dans les faits-divers à la rubrique Tech.

    Terreau favorable à la cybercriminalité

    « Si la pandémie disparaît, les criminels partiront en vacances, déclarait-il en ajoutant que l’une des raisons du ralentissement des attaques serait de la prise du temps nécessaire pour qu’ils dépensent l’argent volé pendant la pandémie, et qu’un retour aux vols “habituels” pourrait être attendu dans quelques mois ». Lui coupant l’herbe sous le pied, Greg Austin, professeur de cybersécurité, de stratégie et de diplomatie à l’université de Nouvelle-Galles du Sud a rapidement rejetée cette théorie.

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    Le contre-argument du Dr Greg Austin affirme qu’à mesure que les travailleurs retournent à leurs bureaux, les comportements à risque (comme tomber dans le piège des courriels d’hameçonnage) s’ensuivent.

    « Les cybercriminels, étant les opportunistes qu’ils sont, vont essayer de tirer profit de la situation en intensifiant les campagnes de phishing », disait-il et, a appelé à mettre de nouveau l’accent sur la formation et l’éducation en matière de sécurité.

    À la section cybercriminalité du parquet de Paris, 148 procédures pour attaque au rançongiciel ont été ouvertes en 2019. Ce nombre est passé à 436 en 2020. Une quarantaine d’autres ont déjà été ouvertes pour le seul mois de janvier.

    (Crédits : L’Internet est comme l’iceberg qui dérive, le plus dangereux est en dessous de la surface/DR)

    Après l’hôpital de Villefranche-sur-Saône, le 15 février 2021, c’est le leader des solutions d’encaissement pour les commerces de proximité, Cashmag, qui subit une attaque revendiquée par les opérateurs derrière le ransomware Avaddon, le 3 mars 2021. Ce scénario catastrophe se répète jour après jour, semaine après semaine, en France et dans le monde. Tous les voyants sont actuellement au rouge. En France, l’agence nationale de sécurité des systèmes d’information (ANSSI) intervient quand des attaques touchent le secteur public ou les entreprises sensibles.

    Recrudescence de groupe criminels

    En 2020, l’agence a été appelée à 192 reprises. Le nombre a quasiment quadruplé par rapport à l’année 2019, où elle était intervenue à 54 reprises. « De plus en plus de jeunes criminels rejoignent le cyberespace, déclare Eugène Kaspersky. Je crains que ce soit la prochaine étape d’une cyberguerre, pour pirater non seulement les systèmes informatiques traditionnels et les smartphones, mais aussi pour pénétrer dans les systèmes industriels, dans les infrastructures, y compris les infrastructures critiques. »

    Depuis le début de la pandémie, les confinements et restrictions de libertés s’enchaînent. Il n’en faut pas plus pour qu’un cybercriminel junior monte d’un échelon supplémentaire, profitant du terreau fertile ainsi créé, et intègre un gang international.

    Le forum accueillait des représentants des gouvernements du Vietnam, de la Malaisie et de l’Indonésie. Ces derniers présentaient leurs approches nationales de la sécurité des systèmes d’information. Le vice-ministre vietnamien de l’Information et de la Communication, M. Nguyen Huy Dung a détaillé l’adoption d’une stratégie de protection à quatre niveaux. Elle comprend la sécurité interne, des services de sécurité 24 heures sur 24 fournis par un professionnel externe, une sécurité indépendante supplémentaire et un système de surveillance. Il a également déclaré que le Vietnam avait lancé une campagne de sensibilisation du public à la sécurité de l’information.

    Azleyna Ariffin, la directrice adjointe principale de l’Agence nationale de cybersécurité de Malaisie, décrivait la sécurité du cyberespace malaisien comme une nécessité de collaborations régionales et internationales. Elle a également parlé d’une campagne nationale de sensibilisation à la cybersécurité qui s’étend de l’enseignement primaire jusqu’à l’âge adulte.

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    Quant au directeur de l’infrastructure nationale d’information critique, à l’Agence nationale de la cybersécurité et de la cryptographie en Indonésie, Achmadi Salmawan, a souligné l’importance d’impliquer tous les acteurs, en particulier dans une Indonésie géographiquement et culturellement diversifiée où les motivations et les approches varient considérablement.

    Un apprentissage plus que nécessaire

    M. Austin a souligné que l’éducation sur le sujet de la cybersécurité est essentielle. Il a déclaré que s’il est important de se préparer à lutter contre la cybercriminalité et le développement de logiciels malveillants, il est également essentiel de comprendre que le monde de la cybercriminalité et de la sécurité évolue rapidement et que les criminels améliorent leurs méthodes d’attaque.

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    La pandémie de Covid-19 a obligé de nombreuses personnes à travailler à distance, loin de la sécurité des réseaux d’entreprise et des appareils de travail.

    Nombreux sont ceux qui ont utilisé leurs appareils pour leur travail privé et professionnel, souvent à la recherche d’informations sur la pandémie, de programmes de secours et de vaccins dans des coins éloignés d’Internet.

    Les dirigeants pendant le dialogue informel des pays insulaires du Pacifique avec les dirigeants de l’APEC à Port Moresby, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, le 17 novembre 2018. (Crédits : Image d’illustration /AP/Aaron Famila)

    Au niveau Européen, l’ANSSI martèle, le manque de sensibilisation aux risques « cyber », l’absence de maîtrise des systèmes d’information, le non-respect des mesures d’hygiène informatique, la pénurie d’experts en cybersécurité et, dans une certaine mesure, l’augmentation de la surface d’attaque du fait de la généralisation du télétravail, sont autant de faiblesses exploitées par les cybercriminels. Les campagnes d’attaques, qui ont touché la France et l’Allemagne en 2020, ont perturbé de nombreuses activités, et des pertes financières importantes. L’ANSSI a d’ailleurs dévoilé sa stratégie pour faire face à la menace.

  • J’ai encore reçu des spams !

    J’ai encore reçu des spams !

    Il est fréquent de recevoir des courriels indiquant « Vous êtes millionnaire » ou encore « Vous avez gagné un téléviseur de 152 cm »… Le seul problème est que l’augmentation et la fréquence de réception peuvent engendrer une baisse de la surveillance. Les données que nous acceptions de partager peuvent parfois tomber entre de mauvaises mains. Ainsi, les intentions malveillantes resurgissent. Quand le cadeau est trop gros, il est nécessaire de prendre du recul, de se questionner et d’user de ruses et de logiciels.

    Comme tout un chacun, M. Sépa Phot en reçoit chaque jour, mais ne comprend pas comment c’est possible. « Je n’ai pas donné mon adresse e-mail », grommelle-t-il dans son coin, face à son écran d’ordinateur. Attirée par les soupirs incessants, Mme Kharéson arrive auprès de lui : « Teste ton adresse e-mail », lui dit-elle. « Je veux bien, mais je ne sais pas comment faire, tu as une idée ? », questionne Sépa.

    3.2 milliards d’e-mails et de mots de passe

    « Bien sûr, tu vas sur “haveibeenpwned” ce qui veut dire “Ai-je été piraté ?” », explique-t-elle tout en pianotant.

    « À toi de jouer », exhorte Séki Kharéson.

    Le résultat est sans appel !

    Capture d’écran (Crédits : Haveibeenpwned.com / Site https://haveibeenpwned.com/)

    Il n’y a plus qu’à prendre les mesures de sécurité nécessaires :

    Changez le mot de passe de l’adresse e-mail concernée
    Choisir un mot de passe, ou passphrase, à sécurité forte.
    Affecter un mot de passe pour un et un seul e-mail, ou donnée de connexion à un site.

  • Cyberattaque du cabinet d’avocats américain, Jones Day

    Cyberattaque du cabinet d’avocats américain, Jones Day

    L’un des plus grands cabinets d’avocats au monde, Jones Day est victime le 3 février 2021 du ransomware, CLOP. Basé à Cleveland, Ohio aux États-Unis il emploie plus de 2500 avocats sur cinq continents. Le bureau français est à Paris dans le premier arrondissement, à deux pas de la place de la Concorde. Jones Day est l’un des plus grands cabinets d’avocats au monde. Il compte plus de 2500 avocats dans le monde, et affiche un chiffre d’affaires annuel de 2 milliards de dollars.

    Ce cabinet n’est pas un simple cabinet d’avocats. Il entretient des liens étroits avec l’administration Trump, après que plus d’une douzaine de ses avocats ont travaillé à la Maison Blanche, y compris Don McGahn, qui y a été l’avocat jusqu’en 2019.

    100 Gigaoctets de données sur le darknet

    Jones Day a fait la une des journaux outre-Atlantique pour avoir représenté Trump dans sa tentative d’invalidation de l’élection présidentielle américaine de 2020 en affirmant l’existence de « fraude électorale ». Cela a suscité une immense critique outre-Atlantique, pour autant continue de travailler avec l’organisation Trump.

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    « Contrairement aux allégations publiées dans divers médias, Jones Day ne représente ni le Président Trump, ni son comité de campagne, ni aucune autre partie dans un quelconque litige relatif à des fraudes électorales. Le Cabinet ne représente aucune partie dans aucun contentieux ayant pour objet de remettre en cause ou de contester les résultats des élections américaines », démentait le cabinet.

    Un cabinet d’avocat attaqué, c’est un comble. Mais ce n’est pas en cela que l’information est détonante. Jones Day compte de nombreux clients de premier plan, dont l’ancien président des États-Unis, Donald Trump, mais pas seulement.

    JP Morgan Chase & Co., Google d’Alphabet inc., et McDonald’s. pour ne citer qu’eux. La fuite de 100 Go de données pourrait avoir des répercussions conséquentes.

    Tyler Combs sur Advintel prophétisait par son article, publié le 12 février 2021, sur les menaces qui pèsent sur les cabinets d’avocats, et comment les opérateurs des ransomwares exploitent les informations confidentielles contre les cabinets d’avocats.

    (Crédits : Google)

    « L’une des principales tâches d’un cabinet d’avocats est de gérer et de protéger les informations privées d’un client. Sachant cela, les acteurs de la menace recherchent ces informations lorsqu’ils pénètrent dans le réseau d’un cabinet d’avocats, les volent et les proposent à la vente sur les forums et les marchés du Dark Web », explique Tyler Combs.

    Déjà en septembre 2020, un opérateur a eu accès à des données contenant les formulaires d’autorisation I-9, nécessaires aux États-Unis pour pouvoir travailler. Ainsi, il accédait aux noms, numéros de téléphone, adresses e-mail, dates de naissance, numéros de sécurité sociale, numéros de passeport…

    Ce qui renvoie à la fuite de données critiques de plus de 220 millions de citoyens au Brésil. (Crédits : DR)

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    Un silence vite balayé

    Dès le 13 février 2021, DataBreaches.net révèle l’information en titre de son article : « Les opérateurs prétendent avoir volé des fichiers Jones Day ; le cabinet d’avocats reste silencieux. » Peu de temps après, les opérateurs affichaient des données comme preuve de leurs délits sur le Darkweb, amorçant de ce fait la négociation. Les pirates affichent 23 liens liés à Jones Day, d’une taille allant de 1, 54 Go à 4, 5 Go. L’un d’eux est signalé comme « e-mails extraits ».

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    Les opérateurs du ransomware, CLOP affichent les preuves de leur délit sur le dark web (captures d’écran)


    Dans un communiqué, Jones Day affirmait qu’il était le deuxième grand cabinet d’avocats en deux semaines à voir des données privées exposées à la suite d’une violation chez Accellion, qui fournit des services de transfert de fichiers et d’autres services à un certain nombre de cabinets.
    « Cependant, le pirate a déclaré au Journal (NDLR The Wall Street Journal) qu’il avait piraté directement le serveur de Jones Day et qu’il n’était pas impliqué dans le piratage d’Accellion », relate The Wall Street Journal.

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    Les opérateurs affichent sur le Dark Web plusieurs documents qui appartiendraient audit cabinet. « Jones Day continue d’enquêter et sera en discussion continue avec les clients concernés et les autorités compétentes », conclut le porte-parole de Jones Day, David Petrou.

  • Fuite de données critiques au Brésil

    Fuite de données critiques au Brésil

    Un tsunami a atteint le Brésil le 19 janvier 2021. Une base de données contenant des informations détaillées sur 104 millions de véhicules et des données sur 40 millions d’entreprises, déballe la quasi-totalité de la vie des citoyens. Les données exposées concernent plus de 220 millions de Brésiliens, soit plus que le total de la population (la base contient aussi des données de personnes décédées). L’entreprise de sécurité Psafe identifiait le 19 janvier 2021 une fuite extrêmement inquiétante.

    Trois jours plus tard, le site Tecnoblog expliquait qu’une personne ayant découvert ladite fuite avait téléchargé des données critiques, en août 2019, raconte sur son cybermagazine, Numerama. Ces données sont critiques parce que la base contient le « Cadastro de Pessoas Físicas » (CPF) des victimes, l’équivalent de notre cher Trésor public, le centre des impôts en France. L’équivalent du CPF serait le numéro fiscal, l’identifiant lié au paiement des impôts.

    220 millions de Brésiliens concernés

    En effet, Le CPF est un document d’identité qui se révèle indispensable pour tout un tas de formalités au Brésil par exemple ouvrir un compte en banque, faire une carte de transport, ouvrir une ligne téléphonique et bien entendu aussi en vue de l’obtention d’un visa. La seule présence du CPF suffit à envisager des risques de fraude ou d’usurpation d’identité, puisqu’il enregistre les données des véhicules, des sociétés et des Brésiliens.

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    « Les cybercriminels mettent à disposition une partie des bases pour prouver la véracité des informations obtenues et tentent d’une manière ou d’une autre de profiter de ces incidents, en vendant des données telles que les e-mails, les numéros de téléphone, le pouvoir d’achat et les données d’occupation des personnes concernées. »

    La carte indispensable pour vivre au Brésil (Crédits : lostinbrasil.net)

    Au total, c’est 37 bases qui comprennent l’état civil, la liste des parents, l’adresse complète, avec latitude et longitude, le niveau d’éducation, le salaire, le revenu, le pouvoir d’achat… mais pas seulement. Il s’accompagne d’une variété de données d’une précision effrayante. Voici une liste non exhaustive de ce que contient la base sur chaque individu :

    • Nom, prénom, date de naissance, nom des deux parents, statut marital, niveau d’éducation.
    • E-mail, numéro de téléphone, adresse (nom précis de la rue, mais aussi coordonnées GPS).
    • Plusieurs équivalents du numéro de sécurité sociale, et le détail de certaines prestations régulières, similaires à celles de la caisse d’allocation familiale française.
    • Des détails sur le foyer : nombre de personnes, niveau de revenu.
    • Des détails sur le travail : nom et identifiant légaux de l’employeur, type d’emploi, statut du poste, date d’embauche, salaire, nombre d’heures par semaine.
    • Des estimations de revenu : ce calcul prend en compte le salaire, le loyer, ou encore la perception d’une éventuelle rente. Ces données servent à classer les personnes par niveau de classe sociale (baisse, moyenne, haute) et par niveau de revenu.
    • Toutes sortes de données financières : le détail du score de crédit ; le nom des débiteurs et le statut des dettes ; l’identifiant de la banque des mauvais payeurs.

    Jusqu’à 50 millions de Réaux d’amende

    Le directeur du laboratoire dfndr, Emilio Simoni s’est exprimé : « […] les données sont utilisées pour des escroqueries de phishing, une fois que le cybercriminel a le CPF et d’autres données réelles de la personne, il serait facile de se faire passer pour un service légitime et utiliser l’ingénierie sociale pour obtenir des données plus critiques de la victime, qui pourraient être utilisées pour demander des prêts, des mots de passe bancaires et des contrats de service, prévient-il. » Dans la déclaration, PSafe n’indique ni le nom de la société impliquée ni la manière dont les informations ont été divulguées, que ce soit en raison d’une faille de sécurité, d’une invasion de hackers ou d’un accès facile. La nouvelle loi brésilienne, de protection des données personnelles (Lei Geral de Proteção de Dados pessoais, LGPD n° 13.709/18), inspirée du RGPD européen prévoit des sanctions, qui ne seront appliquées qu’à partir d’août 2021. Les entreprises qui ne respecteraient pas les nouvelles obligations paieraient une amende de 2 % de son chiffre d’affaires dans la limite de 50.000.000 Réaux (environ 7, 7 millions d’euros).

  • Le fléau des Ransomwares

    Le fléau des Ransomwares

    Les ransomwares font la part belle à l’actualité, Egregor, RansomExx, Clop, NetWalker, Revil… Comme le Sars-CoV-2, rebaptisé Covid-19, les attaques par « virus informatiques » sont légion, et ne connaissent pas des frontières. Les virus infectent l’être humain comme les lignes de code malveillant corrompent les systèmes d’information. Les plus usités sont le phishing et le rançongiciel. Le Phishing, ou hameçonnage reste l’un des principaux vecteurs de la cybercriminalité.

    Il ne se passe pas une journée sans qu’une attaque ait lieu, quel que soit l’endroit. Or, comme le rappelait dès janvier, dans le Parisien, Guillaume Poupard, directeur général de l’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), en prophétisant : « les attaquants n’ont pas d’éthique, donc ils seraient capables d’attaquer les CHU au moment d’une crise quand nous avons besoin d’eux pour être sûr de récupérer une rançon. »

    Extorquer de l’argent !

    Ce type d’attaque vise à obtenir du destinataire, d’un courriel d’apparence légitime, qu’il transmette ses coordonnées bancaires, ou mieux encore, ses identifiants de connexion à des services financiers, afin de lui dérober de l’argent. L’hameçonnage peut être utilisé dans des attaques plus ciblées pour tenter d’obtenir d’un employé ses identifiants d’accès aux différents réseaux professionnels. Le rançongiciel, ou ransomware, consiste en l’envoi à la victime d’un logiciel malveillant qui chiffre la majeure partie des données accessibles et lui demande une rançon en échange du mot de passe de déchiffrement.

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    Les définitions posées, l’un des objectifs de ces programmes informatiques est d’utiliser les failles et faiblesses de vos systèmes à des fins pécuniaires. De nombreuses entreprises, associations, ministères, pays… sont victimes chaque instant de tentatives d’intrusions. En France, l’entreprise Dedalus avait été victime d’une attaque le 2 décembre 2020, relate Ticsanté. L’éditeur spécialisé dans l’informatique hospitalière rassurait par un communiqué de presse, dès le 4 décembre 2020 : « Seuls quelques serveurs de partage de fichiers et quelques machines internes au groupe Dedalus ont été touchés. Aucune donnée de clients de Dedalus n’a été perdue, volée ou compromise. De même la sécurité des accès réseaux aux clients n’a pas été compromise. » La société avait été prévenue par un de ses anciens employés, qui fut licencié pour faute grave, explique Nextinpact. (Crédits : Gerd Altmann/Pixabay)

    Le groupe SIPA-Ouest-France dans la nuit du 20 au 21 novembre 2020 a été victime d’un Rançongiciel. Pourtant la communication du groupe parlait d’une cyberattaque sans mentionner une demande de rançon. Secret de polichinelle qui vole en éclats après la revendication de l’attaque par le groupe Egregor qu’explique très justement LeMagIT. Quelques jours auparavant, le 14 novembre 2020, c’est au Chili, et en Argentine que ce même groupe œuvrait. À travers les imprimantes, c’est la multinationale Censosud qui en faisait les frais, relate Segu-info. Cencosud est une autre cible de marque. L’entreprise de distribution chilienne a dégagé l’équivalent d’environ 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2019, année de son entrée en Bourse. Son effectif avoisine les 125 000 collaborateurs. Son activité en Amérique latine englobe des supermarchés comme Disco, Jumbo, Métro et Vea.

    France, Israël, Brésil, Argentine, USA, Chili…

    En Israël, consigné le 1er décembre 2020 par « The Times of Israël », le groupe BlackShadow revendiquait l’attaque contre la compagnie d’assurance israélienne Shirbit. Ils se seraient emparés d’un vaste trésor de données personnelles sur ses clients, dont beaucoup sont fonctionnaires. « Dans cette action, en plus de graves dommages causés aux centres de données, des informations concernant une partie importante des abonnés de l’entreprise ont été divulguées », a poursuivi le groupe, affirmant avoir présenté « des documents d’identité des abonnés, des états financiers et d’autres documents liés à l’entreprise » disponible pour le téléchargement. Des détails personnels, y compris l’adresse du domicile et les numéros de téléphone, du président du tribunal de district de Tel-Aviv, le juge Gilad Neuthal ont été ainsi divulgués.

    En France, Angers, Houilles, Marseille ont été attaquées. La Nouvelle-République, dans un article du 23 janvier 2021, informe que le conseil départemental de la Vienne avait été victime dans la journée du 21 janvier 2021 d’une attaque des systèmes d’information. Fin janvier 2021, les opérateurs derrière le ransomware « Revil » revendiquaient une attaque contre un groupe américain E. & j. Gallo winery (Gallo.com), mais aussi la société française UCAR (ucar.fr) et diffusent des échantillons de données relatives aux clients.

    Au Brésil, plusieurs attaques sans précédent eurent lieu. La première, le 3 novembre 2020 sur le tribunal supérieur de justice du Brésil (STJ) : « L’attaque de pirate informatique menée mardi dernier sur le système de la Cour supérieure de justice (STJ) a bloqué la base de données des affaires en cours devant le tribunal et a complètement paralysé les travaux jusqu’à la semaine prochaine », souligne O. Globo. Puis, un des opérateurs portugais de « Cyber Team », dirigé par le hacker portugais connu sous le pseudonyme de « Zambrius », a admis avoir attaqué au moins 61 pages Internet en 2020.

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    Le groupe a également revendiqué l’attaque du ministère brésilien de la Santé, mais pas seulement. Selon le journal Estadao de São Paulo, plusieurs mairies, chambres, petites entreprises, cabinets d’avocats et un service de la circulation sont parmi les victimes des attentats. Le même journal affirmait qu’une fuite du mot de passe du ministère de la Santé a exposé 16 millions de patients « Covid » : « […] parmi les personnes qui ont vu leur vie privée violée, avec la divulgation d’informations telles que le CPF, l’adresse, le téléphone et les maladies préexistantes, sont le président Jair Bolsonaro et les membres de la famille ; le ministre de la Santé, Eduardo Pazuello ; six autres ministères, comme Onyx Lorenzoni et Damares Alves ; le gouverneur de São Paulo, João Doria (PSDB), et 16 autres gouverneurs, en plus des maires de la Chambre, Rodrigo Maia (DEM-RJ), et du Sénat, Davi Alcolumbre (DEM-AP). »

    Un grand coup porté à Emotet

    Le 27 janvier 2021, Europol indiquait le résultat d’une collaboration entre les autorités, qu’elles soient de Police ou de Justice, aux Pays-Bas, en Allemagne, aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France, en Lituanie, au Canada et en Ukraine, avec une activité internationale coordonnée par Europol et Eurojust.

    Emotet, police, cyber

    La finalité perturber et détruire l’infrastructure du botnet connu sous le nom d’Emotet. Ainsi les différents acteurs de cette lutte affichent leur volonté d’éradiquer par la communication des actions menées.

    « Du fait de ces activités, les banques et institutions financières étrangères ont subi des pertes de 2,5 milliards de dollars. Les auteurs risquent jusqu’à douze ans de prison », martèle sur son site, la police nationale ukrainienne.

    L’infrastructure EMOTET comprenait des serveurs situés dans le monde entier et était un réseau agent logiciel, ou bot informatique. Le code malveillant s’est propagé via les spams, des systèmes de bureautique tels Word, Excel, etc. Les e-mails ressemblaient à un avertissement sur la sécurité du compte, une invitation à une fête et même un avertissement contre la propagation du COVID-19.

    D’autant que notre vie réelle comme numérique tient, pour la plupart, dans notre smartphone, ou ordiphone. C’est pourquoi, la protection de vos systèmes d’information et des terminaux, que cela soit votre ordinateur, votre smartphone, tablette, et cætera, doit être régulièrement mis à jour.

    En fonction de votre utilisation desdits « objets informatiques » professionnelle ou privée, le niveau de sécurité souhaitée à un véritable coût.

    (Crédits : DR)

    Une porte blindée ralentie, voire désespère le voleur, mais n’empêche pas l’intention de vous voler, ou d’utiliser votre terminal de façon malveillante. « […] ceux qui sont versés dans l’art de la guerre peuvent se rendre invincibles, mais [ils] ne peuvent rendre à coup sûr l’ennemi vulnérable. » Sun Tzu, dans l’art de la guerre, souligne ainsi qu’il ne faut pas sous-estimer l’ennemi.

    La clef est sous le paillasson !

    Comme le rappelait en préambule Guillaume Poupard, directeur général de l’ANSSI, « les attaquants n’ont pas d’éthique ». Un ordinateur, ses périphériques, les objets connectés (une box internet, un assistant vocal, le WIFI, les imprimantes…) sont autant d’entrées possibles pour toute personne malintentionnée. Il ne faut cependant pas verser dans la paranoïa, mais juste se prémunir, en modifiant régulièrement les mots de passe, ou passphrase.

    Car, il est courant de constater qu’Admin soit l’identifiant et le mot de passe pour accéder aux systèmes d’information. Les mots de passe restent inchangés depuis l’installation, plus par confort que par paresse. Pourtant, cela revient à laisser sa clef de domicile sous le paillasson avec un mot visible de tous : « la clef est sous le paillasson ! »

    Ainsi, après que Publihebdos, appartenant à SIPA-Ouest-France, fut attaqué dans la nuit du 20 au 21 novembre 2020, des journalistes indiquaient sur la page web de leur journal : « si vous nous avez envoyé des communiqués ou autres rendez-vous, merci de nous les renvoyer à l’adresse… » fort heureusement ôté rapidement. Plus que de l’incompétence ou de l’inconscience, c’est une méconnaissance de ce milieu dit vulgairement « informatique ». C’est pourquoi un apprentissage semble nécessaire. (Crédits : Mohamed Hassan/Pixabay)

    Chiffrement, ransomware, rançon

    Comme de filmer un moniteur d’ordinateur, ou écran, pour illustrer les dégâts occasionnés par une attaque, avec en toutes les informations pour en produire une autre. Au sein de votre domicile, une porte blindée n’empêche pas la tentative de cambriolage, mais retarde, et décourage le malfaiteur. Il ne sert à rien d’installer une porte blindée sécurisant votre domicile et de laisser fenêtres et portes ouvertes à tous, il en va de même pour les systèmes d’information que nous possédons tous.