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  • Navigation dans les chenaux (Épis. 32/46)

    Navigation dans les chenaux (Épis. 32/46)

    Enfin à bord, en ce mardi 6 février 2024, après deux journées d’attente où l’énigme du temps qui s’écoule restera un mystère. Ils sont en partance pour les glaciers Patagoniens. À bord, sans compter l’équipage, cent personnes voguent. La route entre les chenaux permet l’observation de la faune et de la flore. La première partie de voyage est calme, jusqu’à l’arrivée du golf de Penas. Les creux des vagues, le vent font bouger le navire de 150 mètres de long comme une coquille de noix.

    Ils sont parmi les cent passagers. Le vaisseau a quitté le port depuis quarante-cinq minutes quand Flavien se dirige vers la salle de restauration. « Je ne tarde pas à aller au petit-déj, car le service ferme à 9 h. » Le bien-être des couchettes du bateau est vérifié et validé. « J’ai bien dormi, les lits sont confortables », explique Flavien ravit. Son étonnement est complet au retour du petit déjeuner. « Nos lits ont été refaits, quel luxe ! »

    Mer calme à l’horizon

    À l’heure du goûter des écoliers, l’ensemble des passagers est convié dans la salle de restauration. Pas une seule viennoiserie, mais la diffusion d’informations générales et de sécurité. Une fois les consignes distillées, tout un chacun retourne vaquer à ses occupations. Pour Flavien, les diverses pauses sont absorbées à admirer le paysage. « D’ailleurs, il est similaire à celui rencontré sur le précédent bâtiment lors du voyage vers Puerto Williams », remarque-t-il.

    Si les panoramas sont semblables, le bateau est-il différent ? « Celui-ci est beaucoup plus gros, 150 m de long. Il ne bouge donc pratiquement pas, surtout avec la mer d’huile que l’on a », commente Flavien.

    Pour autant, le commandant n’est sûrement pas un novice. « Ce matin, nous naviguons par la passe, Angostura White, la moins large du voyage. Le bateau n’a que 15 m à tribord et bâbord pour manœuvrer, impressionnant ! »

    Pour sortir de la baie de Puerto Natales, il se fraye un chemin entre le dédale d’îles, c’est l’occasion d’observer de nombreuses otaries et oiseaux qui trouvent de bonnes conditions dans ces canaux protégés de l’océan Pacifique.

    (Crédits : Flavien Saboureau)

    Quand vient l’heure du repas, l’humeur de Flavien est mitigée. Ce sera des lasagnes pour ce midi. Le Grenoblois rencontré il y a deux jours arrive pour taper la causette au moment du dessert. Les discussions s’enchaînent, quand 14 h sonne aux tocantes. C’est l’heure où le capitaine a prévu de faire son speech sur la vie à bord.

    Le discours du capitaine

    Une heure plus tard, après avoir essayé les gilets de sauvetage, la capitaine reprend la parole. Il évoque la navigation dans les chenaux Patagoniens. Puis vient l’heure de la ronflette. « Moi qui apprécie tant les siestes en mer, je suis déçu. Le bateau est tellement stable que ça ne bouge pas d’un pouce. » Pour l’instant…

    Après un nouveau point sur la beauté des paysages, Flavien note que la météo se dégrade petit à petit. Il est temps de quitter le pont pour la cafétéria. Bien à l’abri et au chaud, ils jouent au UNO acheté hier. Les parties défilent jusqu’à 19 h. Après le repas, le trio pense profite de l’extérieur.

    « C’est alors que j’aperçois des anglais montrant des photos de Viola cotyledon à leurs amis. » Ni une, ni deux, Flavien prend ses jambes à son cou et file taper la causette.

    Il questionne les Britanniques. Cette espèce est l’un des objectifs du voyage. « Ils disent l’avoir vue, il y a trois ou quatre semaines sur le volcan Villarrica », ça tombe bien, c’est dans ce coin que j’espère aller à sa rencontre se réjouit Flavien.

    (Crédits : Flavien Saboureau)

    La journée se poursuit. « Je finis la soirée à la cafétéria à écrire quelques lignes. » Flavien semble avoir pris goût aux transports maritimes. Cela dit, il est stupéfait de cette stabilité qui le renvoie à l’impression de marcher sur terre.

    Voir Puerto Eden et vivre…

    Le réveille-matin sonne à 6 h 45. L’arrivée est prévue à Puerto Edén pour 7 h 30. Un quart d’heure après l’éveil, Flavien constate que « nous en sommes encore loin et je retourne donc me coucher, la météo étant pluvieuse. » Quelques minutes passent, quand il se lève. Après s’être restauré avec un bon petit déjeuner, le navire se rapproche enfin « de ce village qui me fait tant rêver ».

    Il est extrêmement isolé. Quarante habitants vivent à Puerto Eden. Petite précision, il est l’un des lieux les plus arrosés au monde avec 5000 mm d’eau par an. C’est là que les derniers Kawesquars ont été déplacés par l’état chilien, au siècle passé. « Je devais y rester deux jours, mais le bateau qui s’y arrête était plein lorsque j’ai voulu réserver, il y a quelques semaines. »

    Les nuages se dégagent, le ciel se dévoile et les rayons de soleil se dessinent à leur arrivée. « Nous ne sommes pas autorisés à descendre. Il jette l’ancre à plusieurs centaines de mètres du rivage. Quelques habitants viennent en hors-bord récupérer quelques colis avant de repartir.

    Après une petite heure d’escale, nous reprenons notre route plein nord et le temps se couvre. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Pour terminer la matinée, « nous observerons une statue de vierge ». Elle est censée porter bonheur aux marins, confie Flavien. Puis c’est au tour de l’épave d’un bateau, le “Capitán Leonidas“. Il fait naufrage le 7 avril 1968, dans le canal Messier. L’une des hôtesses nous raconte son histoire. Après le déjeuner, alors la météo se dégrade fortement, ils se greffent à une visite de la passerelle de commandement.

    « Puis avec David nous passons la majeure partie de l’après-midi à jouer aux cartes à la cafétéria. » C’est en fin de journée que le royaume de Neptune s’agite. Le navire quitte les chenaux Patagoniens pour entrer dans le golfe de Penas.

    La mer commence à se former et le bateau bouge enfin, se réjouit-il. « À 18 h nous n’avons théoriquement plus le droit de sortir, mais nous allons quand même prendre le grand air à l’avant. »

    « C’est impressionnant, je n’ai pas vu de tels creux depuis le Marion Dufresne. Additionné au vent, il est difficile de tenir debout. » Une ou deux personnes glissent. L’équipage les sermonne. « Il est tant de rentrer à l’abri après avoir observé les derniers rayons de soleil. »

    (Crédits : Flavien Saboureau)

    Dans la cafétéria les sièges glissent d’un bout à l’autre de la pièce. Nous commençons tous à imaginer la nuit qui nous attend, elle risque d’être longue. « Allongé dans mon lit, et glissant sur celui-ci, je ne réussis pas à me concentrer et je remets donc l’écriture de ces lignes au lendemain. Je mets du temps à m’endormir, mais le reste de la nuit aurait pu être plus désagréable. » À suivre…

  • Cannellonis, URSSAF et embarquement (Épis. 22/46)

    Cannellonis, URSSAF et embarquement (Épis. 22/46)

    Flavien se rend en centre-ville avec les Grenoblois pour y acheter quelques cartes postales. Manque de chance, la poste est fermée. Le trio se sépare avec des au revoir. Ils s’envolent vers Punta Arenas. Quant à Flavien, il se dirige vers le port pour se procurer ses billets retours. Le départ est censé être à 14 h, finalement ce sera à 23 h. Une dernière recherche sur une plante inconnue… La pluie a raison de sa motivation, les températures sont annoncées à la baisse, tout proche de zéro.

    Qui paye ses dettes s’enrichit. « Je règle ce que je dois au café tenu par Gabriella ». Ce qui est amusant est qu’elle parle français, ayant a vécu à Paris. Flavien rentre à ses pénates. « Je prépare mes affaires pour retourner marcher. J’aimerais me rendre où j’ai vu la fameuse plante inconnue pour la récolter. Pour la décrire, il me faut des échantillons » sitôt parti, la pluie qui tombe m’en dissuade.

    Douze cartes postales

    Que faire en tant de pluie ? Rien de tel que de manger et de faire une sieste. « J’étais le seul au camping… Une Anglaise vient d’arriver et on a le temps de discuter ». Flavien qui n’affiche pas une forme olympique ces derniers jours acquiesce que « cette sieste m’a fait du bien ».

    L’après-midi, après avoir acheté douze nouvelles cartes postales, il passe le plus clair de son temps à flâner au café, profitant de la vue pour laisser l’inspiration le guider sur quelques lignes. « Le temps est très instable », se rassure l’aventurier. Il y passe de nombreuses heures à écrire. Puis viendra le temps où il faut jeter un œil à la paperasse, « comme déclarer les revenus de ma microentreprise à l’URSSAF, chose impossible à anticiper quelques mois plus tôt ».

    La bougeotte le tenaille. « Je commence à tourner en rond, vivement le départ même si le coin est agréable ». Sauf que les températures annoncées demain à Puerto Williams devraient tourner autour de zéro et la neige faire son apparition à basse altitude, « je ne sais pas comment je vais m’occuper ». Il a déjà expérimenté les conditions météorologiques et n’a pas envie d’y retourner…

    (Crédits : Flavien Saboureau)

    Ce lundi soir le camping est bondé. L’aventurier admet quelques difficultés à jongler avec toutes les langues présentes. « C’est fatigant de faire l’effort de parler à tout le monde, car il faut jongler entre plusieurs langues… » Ça n’a pas été la plus dingue des journées soupire-t-il.

    À bicyclette…

    « Ce matin j’achète de nouvelles cartes. j’ai du temps alors je profite pour en écrire un maximum », acquiesce-t-il en souriant. « Je ne sais pas si j’aurai autant de temps à tuer durant la suite du voyage. » Au chaud lové dans un cocon, il passe la première partie de l’après-midi à composer au café. Le panorama est magnifique. Flavien contemple par la fenêtre le Beagle, un verre de maté à la main.

    La gérante, incarnation même de la sympathie, est heureuse de me voir arriver avec mes cartes. Comme dans les lignes d’un roman, elle évoque auprès de Flavien son plaisir à le voir écrire. « Elle aime bien me voir écrire toutes ces cartes dans son café, elle pensait que les jeunes n’écrivaient plus », conte Flavien.

    Pour faire parvenir l’ensemble de ces cartes, direction la poste, pour apposer un timbre sur chacune. La sympathie semble être à chaque coin de rue. « La postière m’aide. »

    Puis le moment de régler le camping arrive, il file à l’unique banque de la ville pour y retirer de l’argent. « Les frais fixes sont de 8 500 pesos… J’ai bien fait de retirer à Punta Arenas, où la banque n’en prend aucun. » Sur le chemin il passe voir Perla pour lui annoncer que des botanistes ont réussi à identifier notre plante mystère. (Crédits : Senecio humifususAsteraceae/Flavien Saboureau)

    Au fur et à mesure des échanges « elle me dit d’aller près de la lagune derrière l’aéroport, il semble y avoir quelques espèces que je n’ai pas encore vues ». De retour au camping géré par Cécilia, il emprunte le vélo du camping, « si j’avais su qu’il était disponible avant… » Il revient complètement trempé à 19 h, mais satisfait d’avoir trouvé quelques nouveautés.

    Cannellonis maison au menu

    Avant tout départ, il est nécessaire de faire sa check-list. Le but est simplement de ne rien omettre. Ce n’est pas une fois dans le désert, ou en pleine forêt loin de tout que vous pouvez faire demi-tour pour le p’tit truc en plus qui vous manque. Consciencieusement « je prépare mon sac et relis ma check-list pour être sûr de ne rien oublier ».

    Le temps des au revoir arrive. Puis l’aventurier se dirige vers le café. « Gabriella m’a dit qu’elle resterait ouverte jusqu’au départ du bateau ». Ça tombe bien, elle se trouve en face de l’embarcadère.

    Pour son ultime repas là-bas, Flavien se régale avec des cannellonis maison. L’explorateur repu, le poète fait surface. « La lumière baisse. Peu à peu les montagnes qui s’étaient parées de leur manteau blanc disparaissent. Elles demeureront les dernières images gravées dans ma mémoire de cet incroyable canal, celui du Beagle et de Darwin. »

    (Crédits : Caracara chimango [Milvago chimango]/Flavien Saboureau)

    À 23 h, il embarque sur le ferry, « il y a beaucoup moins de monde que la dernière fois ». Comme celui-ci est dédié à l’acheminement de gaz, ils sont limités à 25 passagers, mais Flavien doute sur le fait qu’ils soient vingt… C’est l’heure de trouver une position pour tenter de s’endormir sur ces sièges semblables à ceux d’un bus. Tel l’oiseau, Flavien vogue et s’envole vers de nouvelles contrées. À suivre…

  • Chaussures trempées et froid saisissant (épis. 21/46)

    Chaussures trempées et froid saisissant (épis. 21/46)

    Les vagues de nuages lèchent les sommets. Les gouttes d’eau qui tombent ne sont pas des embruns. Le réveil sonne, il est 7 h. La première pensée de Flavien concerne la météo. Il faut se remémorer que l’aventurier a passé une journée entière (hier) sous une pluie diluvienne. Balayée par des vents, la tente a montré une faiblesse, Flavien exécute une réparation de fortune, sous la pluie et dans la nuit. Alors que le moral semble fragile, il n’en faut pas plus pour vaciller. Surtout à l’autre bout du monde, seul.

    « J’espère que c’est dégagé. Je passe la tête dans l’abscisse, quel désespoir, c’est encore pire qu’hier… 8 h pareil, 9 h pareil. À 9 h 30 je me décide quand même à sortir de mon sac de couchage. Je ne vais pas passer la journée dans la tente à l’humidité ambiante qui doit s’approcher de 90 %, tant pis pour les paysages. »

    Chocolat, lait concentré sucré… et ça repart

    Pour anticiper cette journée qui s’annonce difficile physiquement, mais surtout mentalement, un seul truc. « Je me fais un petit déjeuner de dingue ». Attention c’est gargantuesque : 400 g de muesli, du miel, quelques fruits secs et du chocolat fondu. Désespéré dès le réveil. « Il va falloir que j’enfile mes chaussures trempées dans ce froid saisissant ». Flavien s’obstine à sécher les semelles avec son réchaud.

    « Rassasié, je suis d’attaque pour replier la tente sous la pluie. » Enfin, en théorie. Tout est déjà détrempé alors il ne sert à rien d’attendre que la pluie cesse. « Sinon je ne suis pas parti avant plusieurs heures », souffle-t-il. Hier soir, pressé de se mettre au sec, il a choisi le premier spot de bivouac. Le lieu est composé d’une couche d’argile orangée. Autant dire qu’avec la quantité de pluie qui est tombée, l’ensemble de la tente et surtout le footprint sont sales. Il faudra nettoyer ça au retour.

    Cela fait juste cinq petites minutes que Flavien marche. « Cinq minutes qui auront suffi à tremper mes semelles et les chaussettes sèches que j’avais enfilées. » Mais c’est à cet instant que le découragement pointe son nez. « Je tombe sur un site de bivouac à l’abri sous deux grands Nothofagus, le seum… »

    Avant d’attaquer la montée du Valdivia, point culminant du trek, à tout juste 500 m plus haut, « je fais le plein d’eau ». La suite du chemin est introuvable sans le GPS. Il doit le sortir sous une pluie ininterrompue. La journée est compliquée. « J’arrive bientôt (~600 m) dans la zone minérale altoandine, à la limite des forêts ».

    Flavien est exténué par cette montée, durant laquelle il réussit à s’énerver lui-même. C’est l’instant de l’introspection. « Il y a des jours où l’on se demande ce que l’on fait là… » L’aventurier se pose un instant sur un rocher. Les souvenirs s’en mêlent. « Le fess m’avait dit que les souvenirs qui restent sont ceux où on en chie. La patate lui, alors que nous étions entre potes devant une cheminée, m’avait dit de repenser à ce moment au sec quand je serais sous la flotte. Là je crois que j’y suis… » Une barre chocolatée et un tube de lait concentré et c’est reparti. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Désormais tout se passe dans le brouillard, sur des milieux dénudés. Le climat qui règne ici ne permet qu’à peu de plantes de pousser. Un véritable cauchemar, en temps de paix pour un civil. Le voici bientôt au col du Virginia, à une altitude de 850 m. Au menu de la neige qui alterne avec de la pluie verglaçante, l’ensemble saupoudre cette fin de matinée. Cerise sur le gâteau, « aucune visibilité à plus de 20 m là-haut, heureusement que les cairns sont rapprochés pour pouvoir s’orienter sans avoir à sortir la boussole ou le GPS ».

    Une journée à oublier

    La bonne nouvelle, il y a peu de vent pour la région précise-t-il. Ce qui rend la température ressentie supportable, malgré que la neige et la pluie verglaçante abaissent la température. « J’attaque la descente dans la dernière vallée du trek, celle qui se jette dans le Beagle que j’imagine derrière le brouillard. » Quelques énormes névés semblent suspendus dans le vide sous la croupe, dans ce qui pourrait s’apparenter à des combes à neige.

    « Je passe à l’Est, où c’est déneigé depuis quelque temps. Avec cette météo, les rochers glissent à souhait. Je reste très attentif sur ces pentes au très fort pourcentage. »

    C’est pour Flavien la plus dangereuse et la plus engagée des parties du trek, glisse-t-il entre les lignes. Vient ensuite la descente de 200 m de négatif dans les éboulis. « Les chevilles raides et les talons vissés dans la pente je descends en courant, quelle sensation agréable ». Les guêtres empêchent aux cailloux de rentrer dans les chaussures.

    Les souvenirs, eux, sont restés accrochés durant cette journée. « Ça me fait penser à la descente du Monte Cintu, sommet de Corse, à la roche qui plus est très semblable, ou encore celle du Carlit dans les Pyrénées-Orientales. » La seule différence est l’absence d’autres humains échappe-t-il lors d’un soupir. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Arrivé au lac des Guanacos, le chemin s’aplanit et devient marqué. « Qu’est-ce que c’est agréable », marque Flavien. Moins enthousiasmant, la pluie qui lie l’épisode précédent à celui-ci. « Est-ce que c’est bien opportun de manger sous cette météo ? Je me fais des pâtes, que je renverse. Je n’ai plus qu’à recommencer, quelle galère. J’ai hâte que cette journée se finisse. »

    Une douche chaude à l’horizon

    Il ne doit pas relâcher ses efforts, malgré tout. « Je ne traîne pas. Il paraît que la dernière partie peut encore prendre quatre heures au lieu de deux si je ne prends pas la bonne trace. » La multitude de cairns rend illisible le chemin, Flavien garde son GPS à la main toute la matinée. Grâce auquel il réussit à éviter les impénétrables forêts dans laquelle la plupart des randonneurs s’échinent.

    À 16 h pile, il retrouve enfin à la piste. « Je mange les quelques graines qu’il me reste et reprends mon chemin pour les sept kilomètres jusqu’à la ville. » Un voyage en voiture lui ferait le plus grand bien. « J’espère faire du stop, mais pas une seule voiture à l’horizon. »

    Ce n’est que près d’une demi-heure plus tard qu’il aperçoit un pick-up. C’est enfin la chance qui lui sourit. « Je jette mon sac à l’arrière et c’est parti. Je pense à la douche chaude qui m’attend au camping et à laquelle je n’osais pas penser jusqu’à maintenant. »

    Durant le trajet, Flavien apprend de nouvelles choses. « En passant devant la place de la Vierge, les passagers de la voiture font leur signe de croix ». Déposé en centre-ville, il lui reste une dernière formalité, aller chez les Carabineros pour les informer de son retour sain et sauf.

    (Crédits : Flavien Saboureau)

    « Arrivé au camping, j’étends toutes mes affaires au-dessus du poêle, et je file vers cette fameuse douche chaude et salvatrice… Il le faut plus d’une heure pour faire ma lessive. » À 19 h Cécilia a prévu une mega bouffe alors je ne me préoccupe pas du repas. Je rejoins les Angevins à 21 h au café pour prendre le dessert avec eux. « À minuit je n’ai toujours pas la foi de remonter ma tente, alors je passe la nuit sur le canapé du camping, au SEC ! »

    Enfin, une journée de repos

    En ce samedi 6 janvier, Flavien accroche le mot d’ordre : « Aujourd’hui repos ! » Bien que réveillé à 8 h, il prolonge jusqu’à 10 h. À midi, avec les Angevins direction l’escape game crée par Isabelle, la Française. « Mes chaussures sont très loin d’être sèches alors j’ai englouti plusieurs kilomètres avec mes huaraches… » Ils terminent très rapidement. Aux alentours de 14 h, ses acolytes prennent le bateau du retour. « Comme bêta-testeur, on lui a dit ce qui n’allait pas. » Ils connaissent désormais un peu plus la ville et son histoire.


    Un martin-pêcheur à ventre roux de Patagonie (Megaceryle torquata subsp. stellata) s’est posé sur le mât d’un voilier.
    Le photographe saisit son appareil pour immortaliser son portrait. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Seul, il profite de la fin d’après-midi pour trainer avec son téléobjectif sur la côte à la recherche opportuniste de « piafs ». La chance lui sourit. Un martin-pêcheur à ventre roux se pose à 3 m, sur le mât d’un voilier. « J’ai le temps de lui tirer portrait, comme pour les brassemers et autres vanneaux. » Sur le port Flavien rencontre la personne qui effectue les aller-retour entre Puerto Williams et Ushuaïa, en voilier. « Celle que j’avais tant cherchée dans la ville Argentine. » Il passe la soirée non loin du poêle à trouver la meilleure position pour que ses chaussures puissent enfin sécher. Comme il n’a pas pu finir de se reposer, il continue dimanche, car la pluie est de retour. À suivre…

  • Réveillé par le fracas des vagues (épis. 18/46)

    Réveillé par le fracas des vagues (épis. 18/46)

    Deux jours avant le réveillon de la Saint-Sylvestre. Mais durant la nuit Flavien a les pensées prises à autre chose : dormir. « J’ai passé la nuit à chercher une position pour réussir à dormir dans ces sièges qui ressemblent à ceux d’un bus ». Il est tout juste 7 h, quand l’ensemble du bateau est éveillé. Un réveil tout en douceur, les vagues frappent la proue. Malgré qu’il navigue principalement dans les chéneaux, cette partie du parcours s’introduit dans l’océan Pacifique. Le roulis ne plaît pas à tous. Quelques personnes font la queue pour aller aux toilettes…

    Flavien, tel le vieux loup de mer, hume son premier bol d’air sur le pont, « rafraîchissant ! » Le reste de la journée « nous la passons dans les innombrables chéneaux bordés de milliers d’îles ». L’une d’entre-elles, l’Isla Darwin, a bien entendu marqué l’aventurier. Sa description sort tout droit d’un roman policier. « Une atmosphère froide et très brumeuse, l’ambiance prend aux tripes… » Il est impossible de rester indifférent. Surtout lorsque les pensées vont aux premiers explorateurs qui ont découvert ces chéneaux du bout du monde.

    Dans les fjords de la cordillère de Darwin

    Plusieurs naturalistes de nombreuses nationalités observent les différents oiseaux et mammifères marins qui peuplent ces endroits désolés. Flavien n’y échappe pas : albatros à sourcils noirs, cormorans impériaux, brassemers de Patagonie, oies du kelp, pétrels géants, pétrels plongeurs, sterne antarctique, otarie australe, lions de mer. L’après-midi est plus apaisée. Avec l’entrée dans les fjords de la cordillère de Darwin et sa fameuse calotte glaciaire, de plusieurs centaines de kilomètres carrés.

    La brume s’évapore, elle laisse entrevoir des sommets recouverts d’un très fin manteau blanc. « Les langues glaciaires descendent de la cordillère. On a la chance d’en observer une venant se perdre dans la mer, impressionnant ! », claque-t-il.

    Comme pour sublimer l’instant, des dauphins apparaissent. « C’est les seuls de la journée. » Quelques heures plus tôt, de petits icebergs issus du vêlage d’un glacier se montrent timidement. La météo change, après la pluie, c’est une neige lourde et très humide qui tombe. « C’est l’heure de rentrer au chaud pour manger le repas du soir ». Servi à 18 h pétantes. « Je ressors sous cette météo bien locale lorsque le bateau vogue par la baie Yendegaia ». Il ravitaille une sorte de base de la police chilienne, à la frontière argentine.

    (Crédits : Flavien Saboureau)


    « Une heure passe quand nous naviguons sur le canal de Beagle. » Au crépuscule, les couleurs rosées enflamment Ushuaïa. L’instant magique se produit alors. « C’est à ce moment, sur le pont, que nous sommes quelques chanceux à observer la furtive sortie d’une baleine. » Sans réussir à l’identifier, mais « quel plaisir d’en revoir une presque deux ans après Amsterdam. »

    L’Île de Navarino

    La fameuse île dont Flavien rêve depuis des mois se dessine. « Je devrais y rester 15 jours. » De nuit, nous accostons. « Il ne semble pas y avoir de place dans les quelques auberges de Puerto Williams », assure-t-il. Les quelques Français avec qui il a sympathisé tentent de trouver des emplacements dans le camping. Ils dressent leurs tentes à 2 h du matin. « Une journée sur la mer pleine de découvertes, dans une ambiance de fin du monde, je suis bien là où je voulais être. »

    À Puerto Williams, c’est comme un jour de fête en avance, ce samedi 30 décembre 2023, est consacré au farniente. Au programme, repos, resto et risotto. Il a eu raison d’en profiter.

    « Levé à 6 h 10, le temps est compté. » Il faut être sur place une demi-heure avant le départ du ferry, à 8 h précises. Le soleil brille de mille feux, mais le bonnet et les gants sont de mise, ajoute Flavien. Quelques îlots recouverts de colonie de cormorans impériaux brisent la monotonie du trajet. « À peine les ancres larguées, le sentiment d’effervescence touche toutes les personnes. Ça fait un mois que ce village méridional et ses 13 habitants n’ont pas été ravitaillés. » C’est alors qu’un ballet s’engage. La citerne d’eau potable, le camion poubelle, le ravaleur de route… l’escale ne dure qu’une petite heure.

    (Crédits : Flavien Saboureau)


    Les deux Grenoblois et moi recherchons les carabineros. « Il faut s’inscrire sur un registre auprès des policiers pour dire que nous partons en randonnée 2 à 3 jours. En cas de problème, ils peuvent venir nous secourir. » Cécilia la gérante du camping, « El Padrino » nous met l’eau à la bouche en discutant. Une spécialité, les empanadas aux araignées de mer est concoctée par une femme de l’île. Le trio emploie 20 min à la trouver. Malgré le peu de maisons, mais c’est trop tard, il n’en reste plus, « quelle déception ». Les quelques dizaines de touristes descendus du bateau sont passés avant nous…

    Deux jours de marche vers Puerto Eugenia

    Bientôt 11 h, il est temps de se mettre en mouvement. Le but : rallier Puerto Eugenia au nord-est de l’île, à deux bonnes journées de marche. « Cet itinéraire n’est pour ainsi dire jamais réalisé, nous sommes les premiers de la saison à s’y tenter », parait-il. Unique certitude, ils sont les seuls à être descendus du bateau, sans y remonter. « Notre azimut, le lac Navarino, à 13 km à vol d’oiseau. » Pas de sentier pour s’y rendre, nous évitons les forêts en nous aidant des cartes satellites et des traces de ceux qui s’y sont déjà essayés par le passé, souligne Flavien.

    À peine la randonnée débutée, nous tombons sur Donatia fascicularis. « La plante d’intérêt qu’il manquait à mon tableau de chasse. » Flavien est heureux comme jamais. Ses deux acolytes commencent à comprendre ma passion… ils se disent que la journée va être longue.

    Finalement, peu de découvertes, la marche ne souffre d’aucun retard. Le trio alterne entre bosquets et tourbières sous un vent à décorner les bœufs. « Les paysages, la végétation et les conditions me rappellent les Malouines. » Après avoir croisé de nombreux barrages de castors, et leurs bâtisseurs, ils arrivent sur les bords du lac vers 18 h 15. La recherche d’un emplacement sec, plat et protégé du vent, est loin d’être simple, mais pas impossible. Arrive ensuite la quête de l’eau. Venant des tourbières et des forêts elle est trouble.

    (Crédits : Flavien Saboureau)


    Les castors peuvent transmettre la leptospirose, alors l’eau est bouillie, puis s’ajoute des cachets de chlore. Il ne reste que quatre heures avant le passage à l’année 2024. « Ce repas du réveillon n’a rien d’exceptionnel si ce n’est qu’il fait encore très beau, mais très frais sur l’une des îles les plus inhospitalières du globe… » Il y a 72 h le trio ne se connaissait pas « Et voilà que l’on passe le réveillon du Nouvel An ensemble, à un endroit on ne peut plus isolé… » Rien de transcendant, mis à part que Fanny à réussi à attraper une truite cinq minutes après avoir lancé sa première cuillère. Elle devrait être au repas du petit déjeuner.

    « Un peu de nostalgie ce soir là aussi. Il y a un an je quittais l’île Amsterdam et passais le réveillon, complément déboussolé, avec les compagnons d’hivernage sur le Marion Dufresne. J’aurai eu du mal à imaginer la situation dans laquelle je suis un an plus tôt. Maintenant, il faut aller dormir. J’espère que la météo de demain sera de la partie. » À suivre…

  • Flavien vogue vers Puerto Williams (épis. 17/46)

    Flavien vogue vers Puerto Williams (épis. 17/46)

    Ce matin du 27 décembre 2023, Flavien se lève aux aurores. C’est à cinq heures et demi que l’aventurier ouvre les yeux. Il prend son bus dans moins de quatre-vingts minutes. L’autobus est prévu à 7 h, direction Punta Arenas. Et demain c’est le retour de l’apprenti marin. Il monte à bord du ferry pour un périple de 32 h. Il se dirige vers la ville la plus méridionale qui soit, Puerto Williams. Mais comme à chaque étape de son voyage, un lot de surprises attend le jeune naturaliste.

    « Ce matin, je me lève à 5 h 30. Mon bus est à 7h00, mais il faut que j’y sois 30 min avant, la nuit aura été courte », souffle-t-il les yeux encore mi-clos. Première surprise dans le bus. Il se situe à une place de choix, près des toilettes et à côté d’une personne qui parle toute seule. Mais il réussit à faire abstraction, enfin en partie. « Le voyage aura été long et bien moins agréable que la dernière fois… »

    Le soleil se couche, quand Flavien patiente toujours. « Il est 21 h 21. Cela fait 6 h que l’on attend que le détroit de Magellan rouvre. » Il faut dire que le vent souffle fort, voire très fort. D’ailleurs sur le trajet, le bus vacille jusqu’ici observe l’aventurier. Vu les conditions, le ferry ne peut faire l’aller-retour entre la Terre de Feu et le continent.

    Toujours avec l’appareil photo en bandoulière, il prend des clichés des plantes qui traînent au bord du détroit de Magellan. « J’ai anticipé les potentiels dauphins et je n’ai que mon téléobjectif, pas l’idéal pour photographier des plantes » note-t-il très justement.

    « Je suis le seul zinzin à me promener en plein vent, qui dépasse allègrement 100 km/h. Enfin pas vraiment, il y un autre français qui déambule près du bus. » (Crédits : Luis Alberto Bustos Quezada/Pixabay)

    Les deux se posent à l’abri d’un mur face au canal de Magellan. Ils entament une conversation sur la photo. Puis, petit à petit, ils abordent les TAAF. « Il me dit connaître quelqu’un qui a été botaniste sur Amsterdam. Les TAAF étant une petite famille je vois le truc venir. » Pas manqué, il parle de Damien, le Normand, avec qui Flavien a passé quatre mois sur Amsterdam et qu’il a revu juste avant son départ en voyage.

    Une histoire de famille

    Ils sont cousins éloignés… Depuis qu’il traîne ses guêtres avec cette veste des TAAF, il n’existe pas un lieu où il ne croise pas quelqu’un avec qui il a une connaissance en commun. La famille des TAAF est connue sur les cinq continents. « Mais là, c’est quand même particulier. À l’autre bout du monde, sur un canal avec une météo que la plupart des explorateurs ont décrit, improbable ! »

    Le temps semble être sur pause. Rien d’attendu ne se passe correctement. « Je n’ai pas prévu de nourriture pour ce soir ni réservé d’auberge pour cette nuit. » Généralement, si on arrive avant minuit, tout est possible, à condition de traverser le canal.

    Si on le traverse un jour, pense-t-il, il reste encore 2 ou 3 h de route. Autant dire que d’arriver avant minuit paraît utopiste. Où va-t-il dormir. « J’espère que ça va prendre plus de temps, et que la nuit se passe dedans le bus », après déjà 15 heures de voyage.

    « Et dire que 32 h de bateau m’attendent dès demain soir… » La tempête se calme. Enfin assez pour que le bateau puisse faire la navette, il est 22 h 20. Une fois à bord, Flavien descend du bus et monte sur le pont. « J’espère voir les dauphins, mais il fait presque nuit. La force du vent et le tangage du bateau m’accaparent. » Il se met à rêver, d’une période bien lointaine. « J’imagine l’expédition de Magellan sous ces vents de plus de 60 nœuds, mais dans leur barcasse en bois… ». (Crédits : Flavien Saboureau)

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    Il profite du retour sur la route, pour se plonger dans un récit du voyage de Magellan. Il est 1 h tout juste quand le bus débarque à Punta Arenas. « Je suis le cousin de Morel car on l’attend dans une auberge ». Ils auront peut-être un lit pour Flavien. Une Française qui a réservé dans cette auberge nous rejoint. Vingt minutes de marche, sous un froid revigorant, le trio arrive. Le gérant est extrêmement sympa, « je partagerai une chambre de 4 lits avec les 2 autres français. Ouf, j’aurai un toit pour ce soir. Il est 2 h et il est temps de se coucher, après cette journée commencée à 5 h 30… »

    Une courte nuit de plus

    Le réveil sonne à 9 h. Une nuit pas autant réparatrice que souhaité. « mais c’est mieux que rien », claque Flavien. Après le petit déjeuner, le trio se dirige à la ScotyaBank pour retirer de l’argent local. Il récupère 300 000 pesos chilien (environ 312 euros) pour les prochaines semaines. Après s’être ouvert l’appétit, ils se posent dans un restaurant conseillé par l’aubergiste.

    La richesse se ressent, du moins dans cette ville par rapport aux contrées traversées précédemment. Le trio s’éternise. Il est 14 h 30 lorsqu’ils sortent du restaurant.

    « Je laisse le groupe pour aller faire quelques courses car il paraît que c’est bien plus cher à Puerto Williams, où je vais. »

    Il est 15 h 30 quand l’aventurier revient à l’auberge, où son sac l’attend. L’embarquement au port est prévu entre 16 et 17 h, il ne faut pas que je traîne pense-t-il.

    Le temps s’accélère cette fois-ci. « Je n’ai pas le temps de marcher ou de chercher un taxi (car je n’ai pas de SIM) alors je réserve un Uber ». Pas le temps de réfléchir ou de se laisser à vagabonder, le transport est là en en moins de 2 min. « Impressionnant ! »

    (Crédits : Pedro Herrera/Pixabay)


    Au sens propre comme au figuré, c’est sur les chapeaux de roues qu’il dit au revoir aux acolytes. Il arrive au port 10 à 15 min plus tard. « J’embarque pratiquement aussitôt dans ce ferry qui paraît frêle par rapport aux mers que l’on va traverser… », se rassure-t-il. Les véhicules sont rangés sur la gauche, la partie passager des est sur la droite. « C’est un simple couloir sur 2 étages avec des sièges inclinables, pas de lits pendant les 32 h qui m’attendent. »

    Une traversée de 32 h… sans lit

    Les repas se prennent au 1er étage. Finalement, c’est deux heures plus tard que « nous prenons la mer ». Le temps se joue encore de Flavien. « Nous mettons beaucoup de temps à naviguer face à Punta Arenas, le bateau ne va vraiment pas vite. » Ce n’est pas plus mal car ce bateau est à fond plat. Il n’est pas conçu pour la haute mer. « Il prend très facilement les vagues de face qui s’éclatent sur la coque et recouvrent d’embruns les personnes qui comme moi sont sur le pont. »

    Blotti sous ses quatre couches de vêtements, il guette les oiseaux et mammifères marins. Le vent glacial en décourage plus d’un. Mais quelques Chiliens et Français bravent tout de même les éléments.

    C’est l’occasion de faire une rencontre de plus. Une Française spécialiste des glaciers Himalayens, accompagnée de son mari. « Encore une fois elle connaît très bien les TAAF car son laboratoire, à Grenoble, envoie régulièrement de jeunes scientifiques. »

    En discutant, des connaissances en commun s’affichent. Alice l’ancienne médecin du Marion Dufresne ou encore Joël, un glaciologue avec qui j’ai partagé mon dernier mois et le retour d’Amsterdam, raconte Flavien. Plus rien ne l’étonne dans ces rencontres… Une bonne partie de la soirée se passe sur le pont tribord à parler et à chercher quelques dauphins de Peals qui se montreront à deux reprises. (Crédits : Flavien Saboureau)


    Muni de son téléobjectif, quelques oiseaux, tels les pétrels plongeurs se laissent observer. « Je n’avais plus revu depuis le mouillage près de l’île de la Possession en août 2021. » Même bien emmailloté, il redescend se réchauffer en cabine. « Malgré mes vêtements les plus chauds, ça pèle », grelotte-t-il d’une vois tremblante. Il remonte une fois, lorsque, à la nuit tombée, nous passons devant le fameux Mont Tarn, dont Darwin raconte l’ascension dans son récit. À suivre…