Des faits-divers pas comme les autres, ce 10 juillet 1922. À Bordeaux, un gendre qui ne s’entendait pas avec son beau-père, voulait résoudre le problème. Selon lui, la meilleure façon était de le brûler, avec sa maison dans son sommeil. Un courtier en bijou à la langue bien pendue, prenait expérience. Voyageant en train de Paris à Londres, il conservait une modeste valise contenant 200 000 francs de joyaux. Charmé par deux inconnues durant son périple, il alla déjeuner avec l’une d’elles aux voitures-restaurants.
Jean Pelletier, 25 ans, mutilé de guerre, décoré de la Médaille militaire et de la croix de guerre, décida par un soir de juin 1922 de se débarrasser de ce qui le gênait. L’homme possédait des immeubles à Petit Palais, tout proche de Coutras, à quelques encablures au nord-est de Libourne, où il séjournait. Le gendre vouait de la haine à son beau-père et à son beau-frère. C’est ainsi qu’il échafauda un plan pour résoudre l’origine de son mal-être. Jean Pelletier qui vivait avec les deux individus pour des raisons d’intérêt décida de mettre le feu à ses biens, et de tout brûler, belle-famille comprise.
L’incendie allumé, il interdisait à son épouse de prévenir les secours, et son clan endormi. Elle ne l’écouta, appela au secours et put sauver ses parents d’une mort certaine. Jean Pelletier fit des aveux complets, il était écroué à la maison d’arrêt de Libourne en ce 10 juillet 1922.
L’histoire ne dit pas si le courtier avait réellement des pierres dans cette valise, ni si les femmes étaient complices de près ou de loin. (Crédits : DWilliam/Pixabay)
Un courtier en diamants prenait une leçon à 200 000 francs. Tandis qu’il débarquait dans la cité de Big Ben, il s’empressait de déclarer à ScotlandYard la disparition de sa précieuse cargaison. L’homme bien connu du quartier des diamantaires de HatonStreet expliquait avoir voyagé à bord du train au départ de Paris. Au sein de son compartiment, deux femmes siégeaient. Il engagea la parole. Sans être au fait, à priori, de la Fable de Jean de la Fontaine, « le corbeau et le renard ».
À l’heure du déjeuner, il se rendit accompagné des deux femmes aux voitures-restaurants, avec sa valise. Puis flatté de cette délicieuse compagnie, il regagna son compartiment avec l’une d’elles, l’autre étant restée assise sur place. Quelques minutes plus tard, le diamantaire se rendit compte de l’oubli de sa valise. Il revint donc au wagon-restaurant, et croisa la deuxième femme déambulant dans un couloir, les mains ballantes. Malheureusement, la valise et ses pierres ne furent pas retrouvées, malgré les fouilles minutieuses du train, et de l’interrogatoire des deux voyageuses.
La loi du talion s’appliquait dans la cité du grand brouillard, il y a un siècle, « œil pour œil, dent pour dent ». La capitale britannique frissonnait encore ce 10 juin 1922, après la pendaison d’un adolescent, de tout juste 18 ans. Deux jeunes hommes, Henry Julius Jacoby, enfant du peuple, Ronald True, fils de la noblesse, étaient jugés pour le crime d’assassinat, leurs sorts différents, car « selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir… » écrivait Jean de La Fontaine.
L’opinion publique habituellement rangée derrière les décisions de justice, mais pas cette fois. Le recours en grâce signé par l’ensemble du jury, accompagnant la condamnation à mort, ni les pétitions innombrables parvenues au ministère de l’intérieur, connu outre-Manche sous Home Secretary, n’émouvaient Edward Shortt. « L’assassin adolescent de Lady White à payé sa dette à l’humanité ». Il est rare que le Royaume-Uni soit si soudé derrière une cause, une affaire, une personne. Chaque citoyen, après avoir su que le jeune avait été pendu, s’accordait à maudire cette justice implacable, qui veut que selon la loi du talion ceux qui ont tué doivent être tués.
L’hôtel où se déroulait la tragédie est dorénavant the Marble Arch Doubletree by Hilton. Le marteau qui a servis pour commetre le crime avait été emprunté, sans sa permission à un ouvrier. Le jeune homme serait originaire de Prusse, avant d’être accueilli par une famille londonienne. (Crédits : paulohabreuf/Pixabay)
Henry Julius Jacoby avait assassiné Lady Alice White, 65 ans, le 14 mars 1922. Il déclarait à la police qu’ « il avait l’intention de voler dans les chambres d’hôtel où il travaillait et qu’il avait emporté un marteau pour l’utiliser si nécessaire. Il avait trouvé la porte de la chambre de Lady White déverrouillée et était entré. Elle s’était réveillée et il l’avait battue pour l’empêcher de donner l’alerte. » En avril 1922, à l’Old Bailey, il a été reconnu coupable, avec une recommandation de clémence, et condamné à mort, par le juge McCardie. Il est exécuté à la prison de Pentonville par John Ellis, le 7 juin 1922.
Un garçon de salle de l’hôtel, Henry Julius Jacoby, a été déclaré coupable de meurtre. Le jury a ajouté une forte recommandation à la clémence, mais il a été pendu. Henry Julius Jacoby sur le banc des accusés au tribunal de Marylebone pendant le procès, le 7 avril 1922 (Crédits : Daily Mirror/Getty Images)
Le flegme anglais si reconnu explosait en l’air lorsque l’affaire de Ronald True s’affichait en lettre d’imprimerie, dans les tabloïds. La grâce refusée à Jacoby le fut sous un biais tout autre, pour l’assassin de la jeune femme, Gertrude Yates connue comme prostituée et call-girl sous Olive Young. L’homme avait été reconnu par les médecins atteint d’aliénation mentale, mais condamné, par McCardie, à mort par pendaison. Condamnation annulée à la suite d’un examen psychiatrique ordonné par Edward Shortt : True était légalement fou. Jacoby lui avait la mentalité d’un enfant de douze ans, selon les mêmes praticiens.
True a été interné à l’hôpital Broadmoor, où il a surmonté sa dépendance à la morphine et a participé énergiquement aux activités théâtrales. Il est mort d’une crise cardiaque le 8 janvier 1951 à l’âge de 59 ans, à l’hôpital. Seule sa mère, Elizabeth Angus, qui adorait son fils, était présente à son enterrement. (Crédits : DR)
Le 6 mars 1922, vers 7 h 30, True préparait une tasse de thé pour Gertrude Yates et lui. Alors qu’elle relevait la tête de son oreiller pour boire, Ronald True lui assénait cinq coups de rouleau à pâtisserie sur la tête avant de lui enfoncer une serviette dans la bouche, puis serrait le cordon d’une robe de chambre autour de son cou, la tuant par asphyxie. L’homme prit le temps de déguster sa propre tasse, de manger quelques biscuits puis traîna la défunte complètement nue jusqu’à la salle de bains. L’assassin volait le somme de 8 £, et différents bijoux dont la valeur fut estimée à environ 200 £ (environ 13 350 € en 2021).
Jacoby était l’un des quatre adolescents à être pendu à la prison de Pentonville. Les autres étaient Arthur Henry Bishop, 18 ans, le vendredi 14 août 1925, John Frederick Stockwell, 19 ans, le mercredi 14 novembre 1934 et William Henry Turner, 19 ans, le mercredi 24 mars 1943. (Crédits : DR)
Ce n’est qu’à 9 h 35, en se préparant à quitter l’appartement, qu’il croisait Emily Steel, la femme de ménage. « Ne réveillez pas Mlle Young, nous sommes restés tard hier soir. Elle dort profondément. J’enverrai la voiture la chercher à douze heures », dira-t-il après avoir découvert le corps, elle préviendra la police. Ronald True finira sa vie à l’hôpital où il fut interné. Quant à Henry Julius Jacoby, du haut de ses dix-huit ans John Ellis se souvenait que « Jacoby ne semblait pas du tout préoccupé par son sort et qu’il jouait à un cricket improvisé avec l’un des gardiens dans la cour d’exercice », l’après-midi précédant son exécution. Après être menotté, Jacoby remerciait le gouverneur et les gardiens de prison pour leur gentillesse, puis calmement se dirigeait vers la salle d’exécution.
La conférence de Gènes terminée, celle de La Haye pointe le bout de son nez. Le 4 juin 1922, les dissonances, rancœurs amertumes et tensions apparaissent ici et là. De la persécution religieuse en Russie, sept membres d’une même famille « pètent les plombs » en Italie, les fascistes de Mussolini sèment la pagaille, l’état de santé de Lénine préoccupe, l’organe gouvernemental russe en passe de s’effondrer, Poincaré chahuter dans la presse outre-Manche.
La presse britannique étrille la France et son président. Le Sunday Times titrait « La France contre l’Europe », l’Observer écrivait que « M Poincaré désire que la réunion de La Haye soit une conférence en camisole de force ». Car selon le tabloïd « il se peut que nous prenions l’engagement de garantir la frontière française d’avant 1870, mais en ce qui concerne les questions commerciales et financières, il faut que nous devenions absolument libres de favoriser nos propres intérêts comme nous l’entendons ». L’Écho d’Alger expliquait que la France pensait que l’Allemagne n’était ni désarmée, ni résignée, ni soumise et qu’elle cherche par tous les moyens à esquiver ses paiements. Le Sunday Times avec le flegme britannique donnait une leçon que « le seul remède qui puisse guérir les maux de l’Europe, c’est l’annulation des dettes de guerres interalliées et la destruction de l’œuvre financière du traité de Versailles ».
Toutes les caméras du monde sont dirigées vers le jubilé de platine de la reine Élisabeth II, qui accéda au trône britannique le 6 février 1952. En France, Louis XIV régna du 14 mai 1643 au 1er septembre 1715, soit 72 ans, 3 mois et 18 jours. (Crédits : Brigitte Werner/Pixabay)
En Russie, le mal dont souffre Lénine inspire de sérieuses inquiétudes, il aurait eu une attaque d’apoplexie cérébrale. Ce qui est une suspension plus ou moins complète de l’activité cérébrale, souvent liée à une hémorragie cérébrale qui, selon l’académie de Médecine est un « saignement au sein du parenchyme cérébral par suite de la rupture d’un vaisseau, constituant un accident pathologique majeur, dont le pronostic est le plus souvent grave, sinon réservé. » Si son leader est au chevet des souffrants, le pays l’est également. Le manque de ressources force les Soviets à réduire les dépenses, et le nombre de cadres chez les fonctionnaires. La situation est telle que la Tchéka ramenait à 80 000 le nombre de policiers. Quatre mille d’entre eux se retrouvaient du jour au lendemain, de l’autre côté de la barrière en devenant bandit.
Les tensions nationalistes œuvrent en Italie, en Espagne comme en Allemagne. (Crédits : Brigitte Werner/Pixabay)
Les fascistes de Benito Mussolini quittaient Bologne après leur démonstration de force, incendiaient deux coopératives, celle de Gagnarols et de Luvoledo. Mais comme la maison du peuple de Granarolo, les chemises noires mettaient le feu au matériel et le mobilier dans les rues des communes. Dans le village de Sasso-Carvaro, proche de Pesaro, sept personnes devenaient hors de contrôle, et « folles » selon les journaux. Après avoir incendié plusieurs maisons, ils dansaient autour d’elles. Les carabiniers aidés de citoyens arrêtaient les déments, mais ils s’échappèrent après avoir changé des coups de feu. Une escouade de carabiniers réussissait à les déloger de leurs demeures, dans laquelle ils s’étaient barricadés.
Le syndicat des acconiers ouvre le registre des organisations du port de Londres, en 1866. En août 1911, le syndicalisme connut une résurgence, comparable à celle de 1889, qui se manifesta par une grève générale des ouvriers de la manutention portuaire. Alors qu’à la veille du conflit, le Syndicat des dockers décupla ses effectifs (de 2 000 à 20 000 membres), tandis que celui des arrimeurs doublait (de 4 000 à 8 000). C’est peu dire que les organismes de défense des salariés présentent une véritable opposition en Angleterre.
Si bien que le 15 avril 1922, eut lieu un lock-out monstre outre-Manche. L’Homme Libre expliquait que les négociations commencèrent le 13 avril pour se clôturer à 5 h ce jour. Pas d’entente après un marathon entre les représentants des patrons et les délégués des 47 institutions syndicales (trade-unions). Sauf que pour une fois, la question concernait le droit des dirigeants. La demande était que ceux-ci émettent un préavis avant toute modification, et surtout après s’être tenu une discussion entre employeurs et employés.
La marée de protestation était considérable, car pas moins de 600 000 ouvriers prévoyaient de bloquer toute activité si les négociations n’aboutissaient pas. La fédération des mécaniciens indiquait que le lock-out durerait encore à minima trois mois. (Crédits : Hessel Visser/Pixabay)
Le 24 mars 2022, la police de Londres révèle avoir récemment arrêté sept personnes liées à une organisation d’opérateurs malveillants. L’inspecteur-détective Michael O’Sullivan de la police de la ville de Londres a déclaré que sept individus âgés de 16 à 21 ans avaient été interpelés dans le cadre d’une investigation sur un groupe de piratage. Tous ont depuis été libérés, a affirmé O’Sullivan, ajoutant que l’enquête était en cours. Un jeune homme de 16 ans, connu en ligne sous le pseudonyme de « White », a été accusé d’être l’un des chefs du gang Lapsus$ par la police londonienne.
L’adolescent qui vit avec sa mère à Oxford soupçonné d’appartenir à Lapsus$ et d’en être l’un des leaders. Les forces de l’ordre de Londres n’ont pas voulu dire s’il en faisait partie du groupuscule. L’ado qui d’après la BBC aurait amassé une fortune de 14 millions de dollars (12,73 millions d’Euros) a été « doxxé » par des opérateurs rivaux. Reconnue en ligne comme « White » ou « Breachbase », serait à l’origine de la prolifique équipe de pirates Lapsus$, qui selon les informations serait basée en Amérique du Sud.
L’adolescent, qui ne peut être nommé pour des raisons évidentes et juridiques, fréquente une école spécialisée à Oxford. L’enfant qui est autiste passait beaucoup de temps sur les ordinateurs, son père imaginait « qu’il jouait à des jeux ». (Crédits : TheOtherKev/Pixabay)
« Je n’avais jamais entendu parler de tout cela jusqu’à récemment. Il n’a jamais parlé d’un quelconque piratage, mais il est très bon en informatique et passe beaucoup de temps sur l’ordinateur », s’étonnait le père du garçon au micro de la BBC. La compagnie récente s’est illustrée sur les infections de NVidia, Okta, Microsoft, Samsung, mais auparavant le ministère de la Santé brésilienne et la société de presse Impresa, également au Brésil. « Nous avons son nom depuis le milieu de l’année dernière et nous l’avons identifié avant le doxxing », a déclaré AllisonNixon, responsable de la recherche à la société d’investigation en cybersécurité Unit 221B.
300 Bitcoins amassés
Les individus qui l’ont dénoncé ont également révélé son nom, adresse et ses photos sur les réseaux sociaux. Ils ont encore publié une biographie de sa carrière de pirate, en disant : « Après quelques années, sa valeur nette s’est accumulée pour dépasser largement les 300 Bitcoins… il est maintenant affilié à un groupe de ransomware connu sous le nom de Lapsus$, qui a extorqué et piraté plusieurs organisations. »
Mme Nixon affirme que les chercheurs l’ont suivi à la trace grâce à un flux d’activité lié à un flux presque ininterrompu des comptes en ligne du garçon. Elle assure que la piste a été suivie grâce aux erreurs commises par l’adolescent, qui n’a pas su couvrir ses traces. (Crédits : Kevin Snyman/Pixabay)
Lapsus$ existe depuis peu, mais c’était rapidement créée une réputation sulfureuse. Cette compagnie est l’une des bandes d’opérateurs informatiques les plus connues et les plus redoutées, après avoir réussi à pénétrer dans de grandes entreprises comme Microsoft, et s’en être vanté en ligne. Un péché d’orgueil ? « Unit 221B travaillant avec Palo Alto après avoir identifié l’acteur, l’a surveillé sur ses exploits tout au long de l’année 2021, envoyant périodiquement aux forces de l’ordre un avis sur les derniers crimes. »
Ne jamais considérer un livre sur sa couverture, comme une personne selon son allure, bien que cela soit légion et monnaie courante. Qui est devenu docteur en astrophysique après une carrière pleine et entière en tant que musicien ? Qui a écrit des œuvres érotiques avant d’enseigner la morale religieuse et chasteté ? Le cas échéant, veiller au grain, que représentent ces expressions ? Est-ce respectueux de montre du doigt, ou du pied ? Les acronymes ne sont pas toujours heureux, dans certains cas dérangeants, provoquant un comique de situation occasionnellement.
Le jugement est un sentiment humain. Il est grand, il est gros, elle est maigre, elle est petite… parfois, l’envolée lyrique de nos pensées, de nos paroles ou de notre gestuelle est blessante, alors qu’elle ne traduit que nos ignorances. Sans connaître ladite personne, nous préjugeons, nous jugeons, nous mettons au banc de la société, parce qu’elle ne mérite pas de… sérieusement ? La différence est une force, la remise en question doit être permanente, car nécessaire. En quoi le fait qu’il soit enveloppé vous incommode, en quoi le fait qu’il aime une personne du même sexe vous trouble, en quoi le fait qu’un individu soit plus riche que vous, en quoi le fait qu’une femme soit plus intelligente qu’un homme (et vice-versa) vous dérange. « Il y a plusieurs siècles, l’idée que les femmes étaient intellectuellement inférieures aux hommes était considérée comme une réalité. La science a longtemps cherché à trouver les différences qui sous-tendaient cette hypothèse. Peu à peu, de nombreuses études ont démenti bon nombre de ces différences, mais notre monde reste obstinément sexué », écrit Melissa Hogenboom.
Queen est l’un des plus grands groupes de rock britannique de l’histoire. Il a vendu plus de 300 millions d’albums à l’échelle internationale en 2009, dont 32,5 millions aux États-Unis. (Crédits : Queenonline)
Remontons dans la « DeLorean DMC-12 » de « Retour vers le futur », en 1970 aux alentours de Picadilly Circus. Au sein de The Old Smoke (surnom de Londres après la catastrophe de 1952), un astrophysicien, un biologiste et un électronicien se rencontrent. Ils forment un groupe qui restera et demeurera célèbre.John Deacon, bassiste, débarque à Londres en 1969 pour suivre des cours d’électronique. Il obtiendra un diplôme dit « First-class honours » récompensant les apprenants ayant la meilleure moyenne, ou major de promotion. Roger Taylor, le futur batteur après avoir commencé des études de médecine pour devenir dentiste, s’orientera vers la biologie. Il décroche le « Bachelor of Sciences », équivalent de la licence en France, avec trois années supérieures. Puis Brian May est le plus capé. Il est diplômé de sciences physiques à l’« Imperial College » de Londres, ou il débute une thèse de doctorat en astrophysique. Alors que le quatuor a déjà enregistré deux albums, il la met en sommeil (dans son grenier) pour se consacrer au groupe. Il s’y penche de nouveau en 2006 après trois décennies. Il soutient celle-ci le 23 août 2007, et devient docteur en astrophysique. Ces trois personnes, qui ont fait de brillantes études, sont connues de tous. Avec le Chanteur Freddie Mercury, ils formaient le légendaire, l’un des plus grands groupes de rock, Queen.
Épicurien et lecture érotique
Un autre hère dont l’habit ne fait pas le moine, est Enea Silvio Piccolomini. Si ce nom ne vous évoque pas le moindre soubresaut de mémoire, rassurez-vous, vous le connaîtrez sûrement sous sous l’appellation de Pie II. De la même manière que tout un chacun, avant sa fonction pontificale, il eut une vie remplie. Chargé de nombreuses missions, comme auprès de l’empereur Frédéric III, il voyage à travers l’Europe et joue un rôle en vue dans l’assemblée des évêques, agissant à la limitation des pouvoirs du Saint-Père, un camouflet en soi. Son Libellus dialogorum de Concilii auctoritate (1440) fait de lui un des tenants des théories conciliaires.
Ne jugez pas le coureur à son allure, il vient peut-être de parcourir un marathon. Le pape Pie II était épicurien avant d’être le chef de l’église catholique. (Crédits : détail de la fresque Le couronnement de Pie II peinte par Pinturicchio, 1504. Scènes de la vie de Pie II de la Libreria Piccolomini. Cathédrale de Sienne.)
Cette première partie de son existence le montre sous les traits d’un mondain épicurien, auteur de poésies érotiques, de comédies très libres et d’un roman d’amour profane, « L’Histoire de deux amants » en 1444. Il est écrivain prolifique de 245 œuvres textuelles, de cinq manuscrits et archives et de 45 livres. Enea Silvio Piccolomini (1405 – 1464) fut atteint d’une grave affection (Goutte) qui l’amena à corriger sa vie licencieuse, en 1445. Il prit les ordres l’année suivante, et débuta une grande carrière de diplomate. En 1458, il fut élu pape sous le nom de Pie II. Après cinq années, onze mois et vingt-six jours, il meurt d’épuisement, dû à sa maladie, le 15 août 1464.
Veiller au grain
Les expressions françaises sont quelquefois des faux-amis. Ainsi « Veiller au grain » est une métaphore marine datant du début du XIXe siècle. Cela n’a rien à voir avec le jardinier qui surveille si ses graines semées poussent. Issue du monde maritime où le grain est une rafale aussi brutale que soudaine. Le plus souvent accompagné de grêle ou de neige. À cet instant, le matelot se devait de réduire la surface de la voile pour s’adapter à la force du vent. « Tu peux te brosser Magalie » est un syntagme indiquant à la personne citée, ici Magalie qu’elle n’aura pas ce qu’elle désire. Charles-Louis d’Hautel dans son livre « Dictionnaire du bas-langage ou des Manières de parler usitées parmi le peuple » mentionne à la page 136 de son livre : « Ça fait brosse : Locution baroque et très usitée parmi le peuple pour faire entendre à quelqu’un qu’on ne veut pas lui accorder ce qu’il demande ; qu’il est venu trop tard pour avoir part à quelque chose dont on faisoit la distribution. »
Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages !
Les us et coutumes d’un pays à l’autre sont parfois sujets à discordes. En France, depuis notre tendre enfance, ce n’est pas poli de montrer quelqu’un du doigt. Cette recommandation surprenante s’applique dans de nombreux pays, ou presque. En Thaïlande, il est interdit de pointer son pied vers un individu ou vers un temple, car nos petits petons sont considérés comme impurs, de la même manière, vous ne pouvez pas sortir sans porter de sous-vêtements. En Iran, ne pas s’aviser de lever le pouce pour faire de l’auto-stop. Car si en France, c’est autorisé et bénéficie d’une connotation positive, en Iran il s’agit d’une grave insulte (à l’image du majeur tendu). Le geste des plongeurs pour signifier que tout va bien est commun dans l’hexagone, au Brésil c’est comme insulter quelqu’un de trou du c**. Au Royaume-Uni, attention à votre signe de victoire lors d’un match de football. Le signe « V » accompli avec l’index et le majeur équivaut au doigt d’honneur. Si on vous demande combien de personnes mangeront au restaurant, fait un « deux » avec la paume dirigée vers la personne vous questionnant, non l’inverse. En Grèce, ne mimez pas le chiffre cinq, main ouverte. Ce geste a pour but de lui porter malheur, vous venez (selon les us) de lui jeter une malédiction.
La politesse est un équilibre des usages sociaux régissant les comportements des gens, les uns envers les autres. (Crédits : Myriams-Fotos/Pixabay)
Lorsque vous vous restaurez au Japon, ne plantez jamais vos baguettes à la verticale dans votre nourriture pour faire une pause. C’est une coutume effectuée uniquement en cas de deuil. Comme en France, quand vous portez un toast pour une personne disparue, vous servez un verre comme s’il était présent. Ne le buvez pas, c’est irrespectueux pour certains. La gestuelle occidentale diffère de l’orient. Ainsi, avec l’expression « Je croise les doigts », ne joignez pas l’image au Vietnam, c’est un comportement obscène mimant un vagin. « Il faut aussi savoir que si à votre arrivée un vietnamien vous offre un cadeau, il est interdit de l’ouvrir en sa présence. C’est considéré comme un comportement très impoli.»
Des acronymes maladroits
Tout dépend de votre degré d’humour, d’attention et d’ironie. Le premier fut le nom précédent du RER A. Le métro express régional Défense-Étoile, situé en Île-de-France n’était pas adapté à l’acronyme (M.E.R.D.E). L’Association pour l’emploi dans l’industrie et le commerce crée en 1958 et dissoute un demi-siècle plus tard, faisait les anglophones (ASSÉDIC) sur la phonétique de l’acronyme. La fédération internationale de Taekwondo a décidé de changé le sien en le raccourcissant « WT », car en anglais World Taekwondo Federation donnait « WTF » usité comme « What the fuck ». D’autres sont capillotractés, OMG correspond à « organismes modifiés génétiquement », tout comme « Oh My God, oh mon Dieu », IRL pour « indice de référence des loyers » équivaut à « In real life, dans la vie réelle ». Lorsque vous faites la bise à une personne, c’est également le « Bulletin d’Information en Santé Environnementale ».
Enfant, tous nous avons incarné les gendarmes et les voleurs, ou encore à la balle aux prisonniers. Imaginez-vous que cette fois-ci les rôles s’inversent. Mais d’autant plus inquiétant, les preuves de leurs larcins s’exposent, rendant compliqué le travail des forces de l’ordre. Voici le légendaire jeu des « gendarmes et des voleurs » version 2.0. Différents postes de police aux États-Unis comme au Royaume-Uni, bureau de procureur, avec les données des délinquants, des victimes et des personnes sous protection et anonymisation en accès libre.
Le département de police de l’Illinois aux États-Unis subit une attaque par code malveillant en 2017. Le pays de Lincoln, dont la capitale est Springfield, est à nouveau visé, via les opérateurs derrière le ransomware « Dopple ». Tous les renseignements à la disposition du procureur général de l’Illinois sont désormais diffusés, soit plus de 200 GB. Mais ce dernier n’est pas un procureur à proprement parler, il est l’équivalent du ministre de la Justice en France, le garde des Sceaux.
La police américaine infectée par les ransomwares
Sur l’Hexagone, il est un magistrat qui dirige les poursuites de la société envers la personne mise en examen. Les informations auxquelles il a accès sont gigantesques, et extrêmement sensibles. Les procès-verbaux, les enregistrements audios, les dépositions, les civilités des condamnés, leurs casiers judiciaires, les prénoms et noms des policiers, leurs adresses, mais pas seulement.
Le patronyme des victimes de délits, de crimes, de viols divulgués, avec leurs dossiers complets (adresse, témoignage, photos…). Comme le programme de confidentialité des adresses de l’Illinois (ACP). Il fournit aux victimes de violences domestiques, d’agressions sexuelles et de harcèlement criminel, ainsi qu’aux membres de leur famille, une adresse de remplacement à utiliser comme adresse de domicile, d’école et de travail, au lieu de l’adresse réelle figurant dans les registres publics.
Les rapports d’intervention des forces de l’ordre de l’Illinois font état des violences, avec victimes et auteurs présumés. (Crédits : capture d’écran)
Aucune n’est épargnée, la police de la capitale américaine en est la preuve. Les opérateurs derrière le ransomware « Babuk » affichent la couleur. Parmi ces informations sensibles figurent la liste des membres, dont certains en infiltration dans des enquêtes criminelles ou le profil « d’indics », fournisseurs de précieuses précisions pour les autorités. Si les identités de ces personnes étaient mises à jour ou partagées avec des gangs, leurs vies pourraient être en danger.
« Nous sommes conscients d’un accès non autorisé sur notre serveur. Alors que nous déterminons l’impact complet et continuons à examiner l’activité, nous avons engagé le FBI pour enquêter pleinement sur cette question », communique le département de la police métropolitaine de Washington D.C. La menace des opérateurs est explicite : « […] si aucune réponse n’est reçue dans les 3 jours, nous commencerons à contacter les gangs afin de drainer les informateurs, nous continuerons à attaquer le secteur de l’État des États-Unis, FBI CSA […] ».
Sur le continent américain, les USA subissaient déjà de nombreuses attaques en 2017 (comme la police de l’Illinois), comme le démontre cette carte. (Sources : Techtalk)
« Le fait que des données d’une nature aussi sensible aient pu être consultées par des pirates en dit long sur la qualité du service que les élus fournissent à cette ville. Ce qui est ironique, c’est qu’à une époque où les policiers sont pris pour cible par leurs dirigeants pour de prétendus méfaits, ce sont en réalité leurs dirigeants qui sont vraiment incapables de respecter les normes », a déclaré Gregg Pemberton, président du syndicat de la police de Washington D.C.
Du ransomware à la violation de données en Angleterre
À l’heure de la 5G, du tout internet et du tout électrique, la menace est plus que réelle. L’évolution des technologies a permis à des millions d’entreprises du monde entier de mettre au rancart leurs classeurs et de passer, lentement mais sûrement, au tout dématérialisé. Mais ont-ils pensé à la sécurité de leurs systèmes d’information ? C’est moins sûr !
À l’époque où les stylos et le papier avaient cours, nous pouvions enfermer les documents sensibles sous clé. Mais, comme nous avons déplacé nos activités en ligne, sur ordinateur, smartphone ou dans les nuages (Cloud computing) la protection est devenue plus difficile, au fur et à mesure.
En 2016, au Royaume-Uni, Tesco a vu ses clients se faire voler 2,6 millions de livres sterling après le piratage de plus de 10 000 comptes bancaires. La chaîne de supermarchés a été condamnée à payer une amende de 16,5 millions de livres par la Financial Conduct Authority, et a dû rembourser tous ses clients. La sécurisation des systèmes d’information a un coût, mais sûrement moins que 19,1 millions de livres sterling (22,2 millions d’euros).
(Crédits : Michaelpuche/Shutterstock)
En 2017, la chaîne de pharmacies Boots a été confrontée à une violation potentielle des données de quelque 150 000 clients. Elle a suspendu les règlements par carte de fidélité après les tentatives pour s’octroyer les mots de passe des différents comptes. L’organisme représentant plusieurs chaînes de pharmacies au Royaume-Uni avait mis en place une « équipe de crise » pour contrer les cyberattaques.
Rien n’est totalement sécurisé
Les data sont potentiellement de l’argent, comme l’explique le dernier numéro de Cash Investigation sur France 2 : « Nos données personnelles valent de l’or ». Les différents commissariats possèdent des données sur tout un chacun, car ils accèdent à de nombreux sites gouvernementaux et conservent, pour leurs enquêtes, de nombreuses informations (immatriculation, délinquant sexuel, historique judiciaire, dépôts de plainte, coordonnées…). Un site s’est intéressé au problème outre-Manche. Dans l’article, le journaliste David Janssen révèle que l’année 2020 fut prolixe.
Commissariat de police
Violation de données en 2020
Lancashire Constabulary
594
Police du Sussex
334
Humberside Police
230
Service de police d’Irlande du Nord
194
Durham Constabulary
125
Police des West Midlands
119
Leicestershire Constabulary
118
La liste est longue et compte 23 entités des forces de l’ordre. En 2021, les attaques ne cessent pas, ainsi la police du Sussex en enregistre 62, West Midlands 37, le nord du Pays de Galles 24 et le Wiltshire Constabulary 12. (Sources : VPNoverview)
Le FSB, cible de cyberattaques
La nouvelle peut surprendre et ravir les aficionados de James Bond. La fiction devient réalité, car cette dernière est issue de l’agence de presse anglaise, Reuters. Le service de sécurité de la Fédération de Russie a subi des attaques des systèmes d’information. Des opérateurs étrangers ont compromis, selon le rapport, des agences fédérales russes dans le cadre d’une campagne d’espionnage numérique. Les responsables russes qualifient de « sans précédent par son ampleur et sa sophistication ».
Chose inhabituelle, des détails techniques supplémentaires divulgués sur le fonctionnement interne des deux souches de logiciels malveillants. Le compte rendu indique également que les délinquants ont utilisé les installations de stockage en cloud des principales entreprises technologiques russes, Yandex et Mail.ru, pour exfiltrer des données. Andrei Nekrasov, chef du département principal d’organisation et d’analyse du bureau du procureur général de la Fédération de Russie, a indiqué lors d’une interview accordée à l’agence TASS, la situation de la cybercriminalité en Russie. Il indique les raisons de sa croissance continue, du travail des forces de l’ordre et des mesures proposées pour endiguer la vague de cybercriminalité.
Andreï Nekrasov est le chef du département principal d’organisation et d’analyse du bureau du procureur général de la Fédération de Russie. (Crédits : Service de presse du bureau du procureur général)
« Si ce rapport était un effort de signalisation par le gouvernement russe à un service de renseignement occidental — comme beaucoup l’ont prétendu —, alors c’était un signal très subtil », déclarait Stefan Soesanto, chercheur en cyberdéfense, à Reuters le mercredi 26 mai 2021. Ledit document a été publié conjointement par Rostelecom-Solar (division de cybersécurité du géant russe des télécommunications Rostelecom), et le Centre national de coordination des incidents informatiques (NKTsKI), une organisation de type CERT créée par le Service fédéral de sécurité (FSB) russe en 2018.
Les problèmes de sécurité liés à l’utilisation des technologies modernes sont légion. Ces dernières années, le nombre de délits commis à l’aide des systèmes d’information a atteint une telle ampleur que cela permet aux instances russes d’en parler comme d’une menace pour la sécurité nationale.
En 2020, la tendance négative n’a fait que s’intensifier. « La croissance enregistrée de ces empiétements s’est élevée à 73,4 %, et leur nombre total pour l’année a atteint 510 300. De plus, s’il y a cinq ans, ces actes représentaient moins de 2 % de la structure globale de la criminalité, l’année dernière, ils représentaient déjà 25 % de tous les crimes enregistrés dans le pays. La croissance de ces crimes a été observée dans toutes les régions, la plus importante à Saint-Pétersbourg (de 2200 en 2019 à 19 500, soit 780 %) et dans la région de Leningrad (de 3000 à 7400, soit 143 %) », recueille le journaliste Alexander Shashkov. (Crédits : WikiImages/Pixabay)
Dans un timing parfait, l’annonce a été faite alors que le Kremlin fait l’objet d’un examen de plus en plus minutieux aux États-Unis et ailleurs. Non seulement en raison du piratage de SolarWinds, que Moscou nie avoir commis, mais aussi en raison d’allégations selon lesquelles la Russie héberge sciemment des cybercriminels à la recherche de rançons. Néanmoins, le Kremlin voit un message positif dans les propos de Biden sur les règles de la lutte contre la cybercriminalité.