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  • Quand cyberfraude, finance et géopolitique se croisent

    Quand cyberfraude, finance et géopolitique se croisent

    Tandis que le monde financier traverse une période d’instabilité, un fait divers attire l’attention des régulateurs, des juges et de différents régimes politiques. C’est la liquidation de Prince Bank, établissement bancaire emblématique du Cambodge, qui sacralise les dires. Cette mesure, effective en ce mois de janvier 2026, est indissociable des résultats de l’enquête mondiale sur des cyberarnaques de grande ampleur. Cela implique des acteurs ayant une portée internationale, des sanctions internationales et des poursuites judiciaires dans plusieurs juridictions.

    Le 8 janvier 2026, la Banque Nationale du Cambodge (NBC) a annoncé que Prince Bank serait placée en liquidation conformément à la loi du Royaume du Cambodge. Elle précise que l’établissement est « suspendu de fournir de nouveaux services bancaires, y compris l’acceptation de dépôts et l’octroi de crédits », et qu’un gestionnaire de faillite — l’auditeur Morisonkak MKA — a été nommé pour administrer l’opération.

    Prince Bank, au cœur d’une tempête judiciaire

    La NBC a tenu à rassurer toute sa clientèle. Les personnes détenant des fonds peuvent les encaisser, en fournissant les documents requis. Du côté des emprunteurs, ils doivent continuer à remplir leurs obligations contractuelles. Durant l’automne 2025, des retraits massifs sont observés dans plusieurs agences. Cela est dû à l’inquiétude basée sur l’avenir des économies de tout un chacun. Action consécutive aux allégations internationales visant le fondateur de l’institution : Chen Zhi.

    Le magnat de la finance se trouve au cœur du cyclone. L’entrepreneur sino-cambodgien fondateur du groupe Prince Holding, contrôle Prince Bank, mais pas seulement. Il règne sur une constellation d’activités : immobilier, énergie, télécommunications et le secteur bancaire — au Cambodge et bien au-delà —.

    Le 7 janvier 2026, Chen Zhi et deux autres ressortissants chinois sont interpellés par les autorités cambodgiennes. Puis extradés vers la République populaire de Chine. Cette opération s’est déroulée « dans le cadre de la coopération en matière de lutte contre la criminalité internationale ». La NBC souligne que la citoyenneté cambodgienne du prévenu a été révoquée en décembre 2025, bien avant son arrestation.

    Chen Zhi : du magnat à l’accusé international

    Au-delà de cette mesure, qui peut sembler anecdotique, un pays semble prégnant actuellement, sur de nombreux territoires : les États-Unis. Comme dans l’affaire Nicolas Maduro et son enlèvement au sein de son domicile, dans son propre pays, quoi qu’il ait pu effectuer, les autorités fédérales étasuniennes exercent des pressions.

    Aux États-Unis, Chen Zhi est inculpé en octobre 2025 par un tribunal fédéral de Brooklyn pour conspiration de fraude électronique et blanchiment d’argent. Cela s’inscrit dans le cadre supposé de réseaux d’escroqueries en ligne qui auraient généré des pertes de plusieurs milliards de dollars pour des victimes internationales.

    (Crédits : Bru-nO/Pixabay)

    Ce même dossier relate que Chen aurait dirigé des « compounds » au Cambodge. Lieux dans lesquels des travailleurs retenus contre leur gré exécuteraient des fraudes en cryptomonnaies, des arnaques sentimentales (brouteurs) et autres manipulations financières destinées à soutirer des fonds à des investisseurs somme toute naïfs.

    Une saisie de cryptomonnaies et des sanctions internationales

    Les autorités occidentales ont établi l’ampleur du phénomène dès octobre 2025. À ce titre, le département américain de la Justice (DOJ) et le Trésor des États-Unis, en coordination avec le Royaume-Uni, ont mené ce qui a été décrit comme la plus grande saisie de bitcoins jamais réalisée dans une affaire de fraude, avec près de 127 271 unités — d’une valeur d’environ 15 milliards de dollars à l’époque — en lien avec les opérations de Chen et de ses associés.

    Ces actions s’inscrivent dans le cadre d’une désignation de la Prince Holding Group comme organisation criminelle transnationale. Elles sont jointes à des sanctions contre plus de 140 personnes et entités affiliées. Le flegme britannique œuvre. Les autorités outre-Manche ont gelé des actifs du groupe — propriétés immobilières, bâtiments de bureaux et résidences de luxe — dans le but d’empêcher l’utilisation de ces avoirs pour contourner les restrictions financières.

    Les accusations portées contre Chen et ses réseaux concernent plusieurs formes de fraude numérique, mais notamment les escroqueries dites « pig butchering ». Elles prennent des ressources au sein des différentes fuites de données. Ces arnaques consistent à gagner la confiance d’une cible via des interactions prolongées. Ainsi, à travers de plates-formes de messagerie, voire de fausses applications, les malfaiteurs vous incitent à transférer des fonds vers des comptes certifiés. Oui, certifiés sous leurs contrôles. Une fois effectués, tous vos fonds disparaissent. Le DOJ a indiqué que les victimes auraient perdu des milliards de dollars. Enfin, les fonds sont blanchis par des structures multiples à l’étranger.

    Le « pig-butchering », c’est-à-dire ?

    Le terme est brutal. Le pig-butchering, ou littéralement « l’engraissage du cochon », désigne une méthode d’arnaque patiente. Petit à petit, le poison s’insinue. La cible n’est pas prise à la gorge, mais lentement apprivoisée.

    Cela débute par un contact inattendu. Un simple message sur un réseau social, une application ou un simulacre d’erreur feinte — « je me suis trompé de numéro ». La conversation s’installe innocemment. La relation se teinte de confiance, de complicité, et devient intimiste, le piège vient de se refermer. (Crédits : Karola G/Pexels)

    Derrière l’écran, votre interlocuteur n’est pas bienveillant. Il est juste un maillon de la chaîne, travaillant depuis un centre organisé, de gré ou de force, et souvent à l’étranger. Une fois la relation solidement arrimée, l’argent fait son apparition. Un placement absolument sûr, innovant, et lié aux cryptomonnaies : une véritable bulle. Les premières sommes investies semblent produire des gains. Les interfaces sont factices, les chiffres truqués, et la victime voit ses profits s’afficher sur son écran. Rassurée, elle investit davantage. C’est l’engraissement.

    Puis vient l’abattage. Les retraits deviennent impossibles. Les plateformes disparaissent. L’interlocuteur cesse de répondre. Les fonds sont transférés, fragmentés, blanchis à travers une cascade de comptes et de portefeuilles numériques.

    Selon le DOJ, ces escroqueries ont causé des pertes de plusieurs milliards de dollars. Dans les dossiers judiciaires visant Chen Zhi, ces arnaques sont décrites comme industrielles. À l’instar des pyramides de Ponzi, elles reposent sur des structures hiérarchisées. Une criminalité froide, rationnelle, où l’émotion humaine n’est qu’un levier financier.

    Réactions officielles et dénégations

    Face à ces accusations, le Prince Holding Group a fermement rejeté toute implication dans des agissements criminels, qualifiant les allégations de « sans fondement » et destinées à justifier la confiscation d’actifs d’une valeur considérable. Le groupe soutient fonctionner légalement dans plus de 30 pays à travers des activités commerciales classiques.

    De son côté, le gouvernement cambodgien indique attendre des demandes formelles accompagnées de preuves substantielles avant d’engager des poursuites.

    La liquidation de Prince Bank n’est pas un simple événement. Elle s’inscrit dans une dynamique où justice pénale internationale, cybersécurité financière, blanchiment d’argent et diplomatie internationale sont les maîtres mots. Alors que les enquêtes et procédures judiciaires sont en cours, l’affaire constitue un cas d’école de la manière dont le système financier mondial, parfois fragile, se trouve confronté à des réseaux criminels de plus en plus sophistiqués.

    (Crédits : Cottonbro Studio/Pexels)


  • Attention aux possibles arnaques au QR code en France, elles sévissent déjà aux États-Unis

    Attention aux possibles arnaques au QR code en France, elles sévissent déjà aux États-Unis

    Tandis que les SMS concernant Ameli continuent d’être envoyés partout sur l’hexagone, une nouvelle menace débarque : le QR code. Depuis les deux années où le SARS-CoV-2 a tenu le haut de l’affiche, ces petits carrés bizarres sont en tous lieux. Sur les tables de restaurant, la devanture d’un magasin, en bas de page de publicité… il est désormais omniprésent sans s’en rendre compte. Machinalement nous voyons ce petit carré ressemblant de manière capillotracté au jeu de Pacman, et nous dégainons le smartphone. Mais que savez-vous de lui ?

    Avant d’effrayer le lecteur, remontons de quelques années en arrière, en 1994. Année du début de l’ère Aimé Jacquet, menant la France à sa première victoire en coupe du monde de football en 1998. Les bleues, quant à elles disputent actuellement l’Euro et sont en quarts de finale, refermons l’aparté. Donc, les codes QR ont été créés en 1994. Une filiale de Toyota, Denso Wave, a développé ce code pour faciliter le processus de fabrication, le suivi des véhicules et des pièces. Il a été conçu pour permettre des vitesses de décodage rapides, son nom est devenu logiquement « code Quick Response ». S’ils possèdent une notoriété digne d’une rock star, leur existence est due au développement et succès des codes à barres. Depuis ils sont extrêmement populaires, et c’est là où le bât blesse.

    Les codes QR peuvent stocker jusqu’à 7 089 caractères numériques, 4 296 caractères alphanumériques, bien au-delà de la capacité du code-barres (une douzaine de caractères). Des lignes de codes pour exécuter une action, par exemple en Bash, n’ont pas besoin d’autant, 1 500 sont amplement suffisante, voire moins, beaucoup moins.

    Que s’est-il passé ? Cet instrument pratique se retrouvait même dans les bibliothèques municipales, et plein d’autres endroits. Le nombre de chiffres dans les codes a donc été augmenté, générant une modification. Leurs tailles, et l’espace d’impression multipliaient les coûts d’impression. En outre, ces évolutions ont entraîné des complications occasionnelles lors de la lecture/du balayage des nouveaux codes. De la poudre de perlimpinpin, beaucoup de recherche et de travail, ont donné naissance aux codes QR 2D (bidimensionnels). Depuis leur avènement, ils ont vu leur population augmenter, les développements de la technologie pour améliorer la capacité de stockage et la fonctionnalité…

    La taille accrue du QR code en fait une arme redoutable. Avec le langage de programmation Python, il est simple d’envoyer un e-mail sans fioriture. Le FBI avertissait ses concitoyens en début d’année 2022 : « ne scannez pas un code QR trouvé au hasard ». Les escrocs utilisent de faux codes QR pour voler vos mots de passe et votre argent.

    Des individus malintentionnés les utilisent dorénavant pour voler des données personnelles ou compromettre un terminal, selon Le Parisien. Les escrocs ont toujours un coup d’avance ! Il suffit désormais de flasher le code avec son appareil photo pour être dirigé vers une URL. Elle peut permettre de lire un menu, télécharger une application ou montrer « patte blanche » dans l’application mise en place par le gouvernement « Tousanticovid ». Il n’est nullement question des RGPD. « Elle utilise le signal Bluetooth d’un téléphone pour détecter un “smartphone” à proximité et ainsi établir de manière anonyme que plusieurs personnes se sont croisées. L’application prend en compte les contacts à moins de 2 mètres pendant au moins 5 minutes », explique le site dédié.

    Dans un article du quotidien Le Parisien, un « expert » précise que « la cyberattaque passe par l’appareil photo et contourne ainsi les antivirus et les filtres de sécurité ». Vous pouvez en quelques secondes créer le vôtre. « Il est tout aussi facile de modifier une application avec un code malveillant qui transforme le téléphone en mouchard ou siphonne les données », ajoute-il.

    Pour effectuer une attaque ou un vol de données, il suffit de faire « Man-in-the-middle ». Pour cela ils peuvent remplacer un QR Code par le leur en apposant un autocollant. En le scannant, les utilisateurs sont renvoyés vers une copie ou l’original du site, avec exfiltration de leurs données, sans s’en apercevoir. (Crédits : Panda Security)

    Selon des sources bien informées « le QR est une belle invention qui ne représente que peu de “menace” ». Les problèmes indiqués se situent que dans les différents traitements associés, pas dans le code QR, lui-même. L’usage des outils « informatiques » par tout un chacun « facilite » la vie quotidienne. « Les entreprises utilisent légitimement les codes QR pour fournir un accès sans contact pratique et les ont utilisés plus fréquemment pendant la pandémie de COVID-19. Cependant, les cybercriminels tirent parti de cette technologie en dirigeant les scans de codes QR vers des sites malveillants pour voler les données des victimes, en intégrant des logiciels malveillants pour accéder à l’appareil de la victime et en redirigeant le paiement à des fins cybercriminelles », expliquait le FBI dans son alerte. Pour toutes les questions sur les possibles fraudes , un site Cybermalveillance.

    Qu’est-ce qui va différencier un « vrai » d’un « faux » QR code ? Humainement, c’est très compliqué.

    Ars Technica rapportait que des malfaiteurs avaient placé des autocollants de codes QR frauduleux sur des parcmètres, dans les grandes villes du Texas. Ces autocollants visaient à inciter les gens à payer leur stationnement, mais sur un site Web frauduleux. Les agents de stationnement avaient trouvé des autocollants avec des codes QR frauduleux sur les bornes de paiement à Austin, Houston et San Antonio. Les autorités avaient dans un communiqué de presse, que des fraudes sur des parcmètres étaient constatées. Au final 29 des 900 avaient un autocollant recouvrant le code QR. En cas de doute, rapprochez-vous des forces de l’ordre, de votre banque et du site Cybermalveillance.

  • Clonage de carte bancaire en République Dominicaine

    Clonage de carte bancaire en République Dominicaine

    Deux Bulgares ont été interpellés en flagrant délit alors qu’ils tentaient de forcer un distributeur automatique de billets dans une institution financière de Villa Los Almácigos, province de Santiago Rodriguez. Les prévenus Danail Kohctahtnhob et Nicolay Haratyunyan âgés de 58 et 54 ans ont été arrêtés mercredi 11 mai 2022. Ils sont accusés de conspiration en vue de commettre des crimes de haute technologie.

    Selon le communiqué de presse, le bureau du procureur a expliqué que les prévenus s’étaient engagés dans le vol de données bancaires contenues dans les moyens de retraits et de paiements. Ils se servaient de dispositif de clonage à partir de distributeurs automatiques de billets, puis dans l’usage de ces données pour réaliser des achats et d’autres transactions. La police nationale en charge de la prévention et des enquêtes criminelles, avec le ministère public, ont saisi vendredi 13 plusieurs appareils électroniques utilisés pour dupliquer de cartes bancaires. Les outils ont été trouvés lors d’une descente effectuée dans un studio isolé, rue Lucas de Peña, à El Millón.

    « Avant d’être appréhendé, on a détecté dans le distributeur automatique de billets des dispositifs magnétiques qui permettent de cloner des cartes bancaires et qui sont présumés être leur propriété. Nous cherchons à savoir s’il s’agit d’un réseau criminel », expliquent les enquêteurs. (Crédits : DR)

    Selon le rapport, les services d’ordre ont saisi l’attirail du parfait petit cambrioleur : un ordinateur avec deux mémoires externes, un chargeur, deux connecteurs USB, un testeur d’électricité, deux pièces métalliques avec des installations de batteries, des caméras, des puces, un casque sans fil, un petit appareil électronique QS7 SLIN, plusieurs pinces coupantes, un mètre ruban, un scalpel, un rouleau d’étain pour souder des pièces électroniques, deux téléphones portables Apple, plusieurs cartes bancaires et un passeport émis par la République de Bulgarie au nom de Danail Damov Konstantinov.

    Selon la Police, la sécurité de l’organisme fiduciaire remarquait que les deux hommes avaient installé le dispositif externe sur un DAB. Le personnel de la banque est allé l’enlever, puis a guetté le retour des prévenus. Ils ont alerté la police qui les a immédiatement pris en flagrant délit. (Crédits : DR)

    Lors de leur arrestation, les accusés étaient en possession de cartes bancaires, de 7 000 pesos dominicains et 75 levs. Tous deux se déplaçaient dans une voiture Kia, modèle K5 qui était garée juste devant le DAB où, lors d’une fouille, plusieurs éléments de preuve supplémentaires ont été saisis.

    L’équipement saisi est utilisé pour capter le signal lors de l’introduction des cartes bancaires des utilisateurs dans les guichets automatiques. (Crédits : DR)

    Les agents ont saisi une bande magnétique, une spatule, un morceau de papier de verre, 10 cartes (neuf internationales et une nationale). Danail Kohctahtnhob et Nicolay Haratyunyan ont été entendus jeudi matin, par la Direction des enquêtes criminelles (DICRIM), afin de prolonger les interrogatoires, compte tenu des versions selon lesquelles ils auraient volé de l’argent à d’autres entités bancaires. Le ministère public accuse les deux hommes de violation des articles 59, 60, 265, 266 et 379 du code pénal dominicain, ainsi que de la loi 53-07 sur les crimes et délits de haute technologie, qui punit, entre autres, le clonage de dispositifs d’accès, l’accès illicite, l’utilisation de données par accès illicite, les dispositifs frauduleux, ainsi que le vol par utilisation de la haute technologie.

  • Ne pas confondre vitesse et précipitation

    Ne pas confondre vitesse et précipitation

    En Suisse, le Conseil d’État neuchâtelois expliquait qu’il avait progressé en matière de sécurité informatique, suite à l’infection de l’université le 18 février 2022. Mi-mars deux cabinets médicaux neuchâtelois sont la cible de hackers, qui ont publié sur le darknet les données de 43 651 fichiers médicaux, révèle une enquête du Temps. Ils avaient fixé un ultimatum pour le mardi 29 mars. Faute de percevoir une rançon, ils diffuseraient les renseignements. Ils sont passés à l’acte.

    Cette nouvelle attaque informatique, et le partage des données font l’effet d’une claque. Les opérateurs qui usent, compilent des lignes de codes dans un but malveillant qui produisent des attaques ont la plupart du temps, plusieurs longueurs d’avance sur les personnes qui œuvrent à la protection, et s’adaptent aux mesures de sécurité. Après la cyberattaque à l’Université le 18 février 2022, le canton a réduit l’indisponibilité de l’infrastructure informatique et amélioré la capacité de résister à une offensive au niveau des systèmes centraux. « Selon le dernier audit, la défense informatique est bonne », a ajouté Crystel Graf conseillère d’État. Le canton avait lancé le 7 mars 2022, pour une durée de dix mois une campagne de prévention.

    Prévue pour le 8 avril 2022, la publication d’informations du site de prise de rendez-vous suisse a été reportée par les opérateurs derrière le ransomware Lockit 2.0. En Suisse OneDoc peut être assimilé à Doctolib en France. (Crédits : capture d’écran)

    Les données exfiltrées suite à l’attaque de l’université s’avéraient plus sensibles que nous pouvions penser jusqu’à présent expliquait le journal Le Temps. Selon l’enquête, certains fichiers divulgués rapportent un conflit entre professeurs ou le licenciement d’un collaborateur, des courriels de la Police judiciaire neuchâteloise, des documents de justice… Sur la diffusion du 30 mars 2022, les pièces contenaient des listes de patients, leurs prénoms et noms, adresse, numéro de téléphone, fixe et portable, profession, date de naissance… Mais ce n’est pas tout, de nombreuses informations concernant pathologies, examens médicaux s’affichent sur le Darknet, comme savoir si un patient est séropositif, consomme de la drogue, etc. Ils ont été retirés le jour même suite au second ultimatum aux cabinets médicaux de payer la rançon.

    Le chat et les souris

    Remises en ligne, puis enlevées, puis… des échanges entre les opérateurs et les cabinets médicaux, auraient eu lieu, pour qu’un nouveau délai soit fixé au 8 avril, relate le journal Le Temps. Vendredi soir, un expert du darknet affirmait qu’« il est possible que les cabinets, voire les autorités politiques, négocient désormais avec les pirates pour payer une rançon. » Plusieurs faisceaux pourraient indiquer que l’un des cabinets aurait réglé une somme pour récupérer ses données dès le 22 mars, suppose Arcinfo. « Il faut un vrai électrochoc en Suisse, appuie David Billard, professeur associé à la Haute École de gestion de Genève (HÉS GE) et spécialisé en cybersécurité. Les organisations professionnelles (médecins et autres) devraient se prendre en main et commencer par faire un état des lieux de la capacité numérique de leurs adhérents (ou membres de leur organisation professionnelle). Lorsque l’on va voir un médecin ou un avocat, on s’attend à recevoir un avis médical ou un conseil juridique de qualité. De la même façon, on devrait avoir l’assurance que les informations que l’on échange soient traitées avec le même professionnalisme. »

    Les Médecins communiquent

    Le communiqué des médecins de Chaux-de-Fonds affirment qu’ils ont été la cible d’un ransomware, sans pour autant avoir fait preuve d’imprudence. Et non, ils ne s’acquitteront pas de la demande d’extorsion, se conformant ainsi aux recommandations des autorités et des spécialistes de cybersécurité. « Suivant le conseil des autorités, nous avons choisi de ne pas payer de rançon. Premièrement, il n’y a aucune garantie que cela aurait influencé le comportement des pirates informatiques et que les données ne seraient pas publiées, à un moment ou à un autre. Deuxièmement, le cabinet ne souhaitait pas financer le crime organisé et encourager ces actes de chantage », écrivent-ils.

    Le cabinet touché par l’attaque regroupe les Drs Marjorie Cosandey Tissot, Monika Nobel, Julie Meyrat et Marco Salvi, Francine Glassey Perrenoud (avant 2021), André-Philippe Méan (avant 2013), Marc Pierrehumbert (avant 2013), Ivana Babic (avant 2013) et Robert Muenger (avant 2014) sont également concernés. (Crédits : Alexas_Fotos/Pixabay)

    Si, les données volées ne sont pas accessibles à tout un chacun, elles figurent sur le darknet. Le risque de voir des tiers s’en emparer, pour des tentatives d’usurpation d’identité, d’escroquerie… est réel. Il est donc nécessaire de changer ses mots de passe, et se méfier de toute demande urgente ou pressante, qu’elle soit effectuée par téléphone, courrier ou mail. En cas de doute, ne pas hésiter à contacter la police pour être conseillé, conclu le quotidien suisse Le Matin.

  • USA: une fraude à près de 600 milliards de dollars

    USA: une fraude à près de 600 milliards de dollars

    Impressionnant, monumental, incroyable… les superlatifs manquent tellement la fraude, révélée, qui émeut les États-Unis est gigantesque. Le plan d’aide du au SARS-CoV-2 sur le sol américain connu sous l’acronyme PPP a été détourné de sa vocation, épauler les personnes en maintenant leurs rémunérations, sauf que… pourquoi uniquement les Américains auraient été victimes de ce genre de malversation, pourquoi elle n’aurait touché que le seul sol américain, et pourquoi pas les autres pays que compte notre globe terrestre.

    À défaut de jouer à la loterie nationale, il est plus facile, semble-t-il, de dérober, l’argent destiné à la survie financière des individus que de tenter régulièrement sa chance. Le fonctionnaire en charge de l’aide dite « Covid » déclarait à Lester Holt de NBC News, que les programmes comme le « PPP » (Programme de protection des salaires) étaient structurés d’une manière qui était « une invitation » aux fraudeurs, mis en place par le gouvernement du président Biden. Que penseriez-vous, d’une personne qui passant devant un achalandage de commerçant en fruits et légumes prendrait une pomme, parce que l’étal n’est pas surveillé, est-ce une invitation ? Que penseriez-vous, d’une personne qui voyant une jeune femme en jupe, balayée pudiquement pas le vent d’été se permettrait une agression sexuelle au prétexte que sa tenue serait une invitation ? Que penseriez-vous, d’une personne qui… bref vous avez compris.

    « Faites une demande, signez et dites-nous que vous avez vraiment droit à l’argent, indiquait Michael Horowitz, président du Comité de responsabilité de la réponse à la pandémie. Et, bien sûr, pour les fraudeurs, c’est une invitation. … Ce qui n’a pas été fait, c’est qu’il n’y a pas eu de contrôles minimaux pour s’assurer que l’argent parvenait aux bonnes personnes au bon moment. »

    « Les procureurs ont déclaré que Mustafa Qadiri, 38 ans, d’Irvine, en Californie, a utilisé le fonds du programme de protection des salaires pour acheter trois voitures coûtant six chiffres chacune, dont cette Ferrari 458 Italia 2011. » (Crédits : Bureau du procureur des États-Unis, Los Angeles)

    Les procureurs outre-Atlantique s’offusquent de ce qu’ils désignent comme la plus grande fraude de toute l’histoire des États-Unis. Kevin Chambers, qui a été nommé procureur en chef, a affirmé qu’il mettait en place des équipes pour analyser « une quantité presque choquante de données ». « Les gens ont acheté des maisons de vacances, des Bentley et des Rolex. Il se peut que nous ne récupérions pas tout l’argent, mais ce n’est pas le seul intérêt d’intenter ces procès », poursuivait-il. Sans oublier des manoirs, des vols en jet privé, des vacances de luxe…

    L’escroquerie épique a été effectuée, d’après les procureurs, par des criminels individuels ou des groupes organisés utilisant des identités volées pour réclamer des allocations de chômage aux agences de main-d’œuvre des États qui versent les fonds fédéraux. « Chaque identité peut valoir jusqu’à 30 000 dollars de prestations », selon Horowitz.

    Un exemple parmi tant d’autre passé comme à venir, le ministère de la Justice accusait une star de la télé-réalité d’Atlanta de fraude bancaire après avoir obtenu un prêt PPP de 3,7 millions de dollars. Elle aurait utilisé le produit de ce prêt pour acheter 85 000 dollars de bijoux (une montre Rolex présidentielle, un bracelet en diamants et une bague en diamants de 5,73 carats), pour louer une Rolls-Royce Wraith 2019, pour effectuer des paiements de prêt et pour payer 40 000 $ de pension alimentaire pour enfants. Au final, Maurice Fayne écope de 17,5 ans de prison.

    Maurice Fayne, qui a joué dans Love & Hip Hop, a été condamné par la justice de son pays à 17 années de réclusion criminelle pour conspiration et fraude électronique, fraude bancaire et fausse déclaration dans le cadre du fameux programme de protection des salaires (PPP). (Crédits : Gettyimages)

    Une spoliation de l’aide aux personnes dans un besoin vital de survie dans un lieu où le rêve peut se transformer en cauchemar américain, et sans, à priori, aucun scrupule, jusqu’à preuve du contraire. Certains, indiquent les médias au pays de l’oncle Sam, auraient acquis leur richesse en participant à ce que les experts considèrent comme un vol de 80 milliards de dollars. Le montant présumé du préjudice, tant qu’un jugement ne déclare pas les prévenus coupables des crimes dont ils seraient accusés, s’ajouterait aux 90 à 400 milliards de dollars supplémentaires. Pour rappel la somme complète du PPP était de 900 milliards de dollars du programme d’aide. L’escroquerie totale, même si les estimations sont gonflées, pourrait rivaliser avec les 579 milliards de dollars. À ce jour, 178 ont été condamnées à dans des affaires dites de fraude au PPP, de nombreuses enquête sont encore en cours.

  • Fraude à l’élection présidentielle française

    Fraude à l’élection présidentielle française

    Quel serait votre état d’esprit, si au lendemain de la proclamation de la personne élue au poste de président de la République française, celle-ci était entachée d’une fraude avérée ? Qui plus est lorsqu’elle est fortement suspectée en fonction du ressenti de chaque électeur. Oui, l’être humain fonctionne à l’émotion plus qu’à l’information. Existe-t-il un précédent ? Est-ce possible en France ? Puisque toute rumeur distillée par « radio moquette » est susceptible de voir le jour, quelles sont les conduites à tenir ? Que disposent les lois du Code électoral en ce sens ?

    La fraude dite électorale désigne toutes irrégularités pouvant se dérouler pendant un scrutin. Elle peut concerner les opérations électorales elles-mêmes, des manœuvres constatées pendant la durée de la campagne, et même après les résultats officiels. Alors que plus de 30 % des collectivités locales ont subi une infection par codes malveillants de type ransomware, que risque l’élection présidentielle française ? En ce qui concerne les machines à voter, 63 communes françaises de plus de 3 500 habitants en sont équipées, représentant 1,3 million d’électeurs. « Un seul modèle de machine à voter est utilisé en France, le modèle ESF1 de la société néerlandaise NEDAP commercialisé par la société France Élections qui n’a aucun lien avec la société Dominion », affirment les services du ministre de l’intérieur Gérald Darmanin. Pour autant trois arrêtés, selon les sources dudit ministère de l’intérieur semblent indiquer le contraire :

    L’article L118-3 dispose trois cas où l’élu de la République peut être destitué, comme le fut Al Capone pour fraude fiscale. « Lorsqu’il relève une volonté de fraude ou un manquement d’une particulière gravité aux règles de financement des campagnes électorales, le juge de l’élection, saisi par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques », alors peut être déclaré inéligible :

    • Le candidat qui n’a pas déposé son compte de campagne dans les conditions et le délai prescrits à l’article L. 52-12
    • Le candidat dont le compte de campagne, le cas échéant après réformation, fait apparaître un dépassement du plafond des dépenses électorales
    • Le candidat dont le compte de campagne a été rejeté à bon droit

    L’inéligibilité est prononcée pour une durée maximale de trois ans et s’applique à tous les scrutins. Toutes sauf sur les mandats acquis antérieurement à la date de la décision. « Si le juge de l’élection a prononcé l’inéligibilité d’un candidat ou des membres d’un binôme proclamé élu, il annule son élection ou, si l’élection n’a pas été contestée, déclare le candidat ou les membres du binôme démissionnaires d’office. » Le Conseil constitutionnel est saisi, pour les présidentielles, par les préfets, par les candidats ou par lui-même, notamment après une réclamation des électeurs portée sur le procès-verbal de dépouillement établi à l’issue du décompte des voix dans chaque bureau de vote.

    Le scandale Cambrige Analytica

    Facebook avait estimé à environ 87 millions le nombre de ses utilisateurs « piégés » au Royaume-Uni pour favoriser le Brexit, mais aussi aux États-Unis afin de faciliter l’accession de Donald Trump à la Maison-Blanche en 2016. « De nouveaux documents révèlent que la Malaisie, le Kenya, le Brésil et plus de 60 autres pays pourraient être également concernés par les manipulations de l’entreprise britannique », écrivait La Croix. Cambridge Analytica est une société spécialisée dans l’analyse comportementale. L’objectif est de récolter des informations sur les individus pour connaître leurs biais d’influence. La firme met ses bases de données au service de ceux qui veulent optimiser l’efficacité de campagnes de communication.

    Ce n’est pas illégal, amoral selon vos convictions, mais pas illégal. Cette méthode permet numériquement de faire apparaître plus souvent dans votre champ de vision le sujet.
    Un film sorti en 2015 illustre ces propos, « Focus » avec Will Smith et Margot Robbie.

    Un meilleur ciblage de l’audience se targue Cambridge Analytica : « Le big data a révolutionné la façon dont les organisations identifient et localisent leurs meilleurs prospects. […] Cambridge Analytica construit un avenir […] en montrant aux organisations non seulement où se trouvent les gens, mais aussi ce qui les intéresse vraiment et ce qui motive leur comportement. […] nous utilisons la modélisation des données et le profilage psychographique pour développer les audiences, identifier les influenceurs clés et entrer en contact avec les gens de manière à les inciter à agir. »

    La guerre de la communication

    Vol de données, prise de contrôle d’un site Web, intrusion dans la sphère numérique d’un candidat, désinformation… tous les moyens sont bons. Aux États-Unis en 2016 des milliers de mails d’Hillary Clinton sont publiées. En 2017, environ 70 663 mails et documents, soit 15 Go, sont divulgués. En 2020, des hackers ont ciblé les équipes de campagne du président républicain Donald Trump et du candidat démocrate Joe Biden. En septembre 2021, lors des dernières élections législatives, la Commission électorale russe a dénoncé trois cyberattaques d’origine étrangère visant son site internet. Les actions effectuées par des opérateurs peuvent être le fait des propres partis en lice, comme leurs adversaires ou encore des États qui auraient plus de conciliation et d’intérêts financiers avec un prétendant plus qu’un autre.

    La Croix titre « Covid, guerre en Ukraine : le poids de l’émotion pèse sur la campagne électorale ». Car « la foule ne régit pas à la raison, mais à l’émotion. » écrivait la journaliste canadienne Naomi Klein, en 2007 dans son essai « The Shock Doctrine: The Rise of Disaster Capitalism ». (Crédits : DR)

    Concernant le ouï-dire qu’il soit prononcé le coude sur le zinc, en terrasse, entre deux bouchées des ortolans farcis tant attendus… il suffit de prendre quelques minutes de votre vie pour vérifier avec un minimum de trois sources différentes. Quant à savoir si cela est possible en France, « impossible n’est pas Français » dit l’adage. D’autant que si truquer directement l’élection proprement dite s’avère difficile, influencer les 47 947 555 inscrits sur les listes au 24 mai 2021 (Source : INSEE) est plus simple, et déjà effectuée dans de nombreux pays. C’est en ce sens que le ministre Alexandre de Moraes, du STF (Cour suprême brésilienne), a décidé que l’application de messagerie Telegram serait bloquée au Brésil, outil favori de propagande du président Jair Bolsonaro. Avant de révoquer sa décision, deux jours plus tard. Il existe pléthores façons d’influencer une élection. « Selon nos analyses, les cibles principales sont les partis politiques et les candidats » , confie Gérôme Billois, Expert en cybersécurité au cabinet de conseil Wavestone.

    Le jour de l’élection, les scores de chaque candidat seront transmis par les mairies aux préfectures, puis ces dernières les feront remonter jusqu’au ministère de l’Intérieur, en utilisant les réseaux informatiques dudit ministère. (Crédits : Alexa Fotos/Pixabay)

    « Il y a une vraie problématique, car chaque équipe de campagne doit assurer elle-même sa propre protection informatique, et en période d’élection, leur activité se démultiplie », constate-t-il. Une armée de bénévoles viennent renforcer les rangs, usant d’adresses mail privées (non chiffrées) et téléphones personnels pour échanger rapidement, une véritable caverne d’Ali-Baba pour des individus malintentionnés. Dans ce contexte, les attaques peuvent être multiples et variées. « Le piratage informatique pourrait agir comme le fioul jeté sur le feu de la désinformation ». Il peut s’agir de vol de données, d’une intrusion dans la boîte mail d’un candidat ou dans celles de l’équipe de campagne, d’une paralysie ou d’une perturbation de leur système informatique, ou encore d’une prise de contrôle du site internet du parti.

  • L’authentification forte entre en fonction le 15 mai

    L’authentification forte entre en fonction le 15 mai

    Tous les paiements de plus de 30 euros seront vérifiés à l’aide d’au moins deux éléments d’authentification, à la mi-mai. Cette procédure, le DSP2, va hanter vos nuits et vos jours dans les prochaines semaines. Qu’est-ce que c’est encore que ça ? Suis-je concerné ? Quel est le bénéfice ? Pour qui ? Toutes les questions sont légitimes ! Vous devriez recevoir, si ce n’est déjà le cas, un courrier de votre établissement bancaire vous signalant une mise en authentification forte de vos moyens de paiement.

    L’authentification forte, ou 2e directive européenne sur les services de paiement (DSP2) est exigée dorénavant pour tous les paiements électroniques en ligne. Dès septembre 2019, l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP) avait publié un plan de migration pour assurer la mise en œuvre en France.

    Lutter contre les fraudes

    La norme de sécurisation des paiements, la DSP2, s’applique à l’ensemble des achats en ligne. Son but, lutter contre les fraudes par carte bancaire. Leurs fréquences augmentent avec le développement du e-commerce. Ce système d’authentification forte assure la protection des commerçants et rassure les clients. Car « le taux de fraude est 20 fois plus élevé en e-commerce (0,16 % des montants) que dans les commerces de proximité », explique Jean-Michel Chanavas, délégué général de Mercatel.

    Les données semblent être séparées, le tout encadré par les RGPD (Crédits : Banque de France)

    Mais quel est ce nouvel anachronisme ? Créé par la loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016, sous la présidence de François Hollande l’OSMP est une instance destinée à favoriser l’échange d’informations et la concertation entre toutes les parties concernées — les consommateurs, commerçants et entreprises, autorités publiques et administrations, banques et les gestionnaires de moyens de paiement — par le bon fonctionnement des moyens de paiement et la lutte contre la fraude. À ce titre, l’OSMP reprend toutes les missions précédemment dévolues à l’Observatoire de la sécurité des cartes de paiement créé en 2001, auquel il succède, sur un périmètre élargi à l’ensemble des moyens de paiement scripturaux.

    Une évolution nécessaire

    À partir du 15 mai prochain, toutes les transactions en ligne de plus de 30 euros seront vérifiées à l’aide d’au moins deux éléments d’authentification sur les trois suivants : un code de saisie que seul l’utilisateur connaît, par une notification de la banque reçue sur le terminal téléphonique de l’utilisateur, ou une caractéristique personnelle de l’utilisateur (empreinte digitale, reconnaissance faciale ou reconnaissance d’iris). Selon un calendrier précis et déjà mis en place pour le mois de janvier 2020.

    La pandémie a effectué un décalage de trois mois glissants (Crédits : Banque de France)

    Les niveaux ainsi décidés s’échelonnent à partir du mois d’octobre 2020. C’est pourquoi les transactions de 2000 € non authentifiées selon le protocole DSP2 sont rejetées. Le seuil du montant de la transaction diminue pour arriver progressivement à zéro. Cela fait donc dix jours, depuis le 15 février 2021 qu’un règlement de 500 € sera rejeté le cas échéant.

    Dans le rapport annuel de 2019, l’OSMP dresse le portrait des opérations de paiement scripturales (l’argent en chiffre enregistré dans les banques dans les comptes courants forme ce qu’on appelle la monnaie scripturale) réalisées par les particuliers, les entreprises et les administrations représentent en 2019 un volume de 26 milliards de transactions pour un montant total de 28 658 milliards d’euros.

    « Comme les années précédentes, la carte continue d’avoir la préférence des Français qui l’utilisent dans plus de la moitié des transactions scripturales en volume (55 %, contre 53 % en 2018) pour un montant total de 599 milliards d’euros en 2019 », explique la commission. Concomitant au refus rencontré de plus en plus grand du paiement par chèque. Le déclin continu du chèque, observé depuis les années 2000, s’est encore poursuivi en 2019 « tant en nombre qu’en valeur d’opérations (- 9 % dans les deux cas), avec une émission de près de 1,6 milliard de chèques en 2019, pour un montant global de 814 milliards d’euros. » Il reste cependant ancré dans les habitudes de paiement, ce pour les règlements de montants élevés. Il conserve sa troisième place des moyens de paiement le plus utilisé, avec 6 %, en valeur de transactions, derrière la carte bancaire (55 %), prélèvement (17 %), et juste devant le retrait d’espèces (5 %).

    Conditions de mise en œuvre

    La mise en place de telles mesures d’authentification forte est justifiée par le rapport : « En cumulant les transactions de paiement et de retrait, la carte enregistre également une hausse de ses montants de fraude en 2019 (470, contre 439 millions d’euros en 2018, soit + 7 % sur un an), et représente toujours une écrasante majorité (97 %) du nombre de transactions frauduleuses », ajuste la commission. Soit, le bénéfice est axé sur la diminution des fraudes pour le consommateur, les commerçants, et surtout les banques auprès desquelles vous devez demander le remboursement des sommes selon des critères définis. Il peut vous être demandé de supporter une partie des pertes (50 € maximum).

    La note de l’observatoire de la sécurité des moyens de paiements conclut en stipulant « En parallèle, en lien avec les réseaux de paiement par carte, la Banque de France établira des lignes directrices sur les conditions de mise en œuvre de l’authentification forte pour quelques cas d’usage emblématiques (paiement one-click avec carte préenregistrée sur le site marchand, paiement effectué avec un portefeuille électronique sur lequel la carte de paiement est enregistrée, abonnements en ligne, réservation de service de type VTC, etc.) »

    Trois solutions, dont un dispositif physique délivré par l’établissement bancaire, sont la volonté de l’Europe pour lutter contre la fraude de 470 millions d’euros sur les 28 658 milliards d’euros de paiements scripturaux. (Crédits : Banque de France)

    Une question demeure, « quid de la sécurité des données ainsi enregistrées auprès des différents établissements bancaires ? » Que deviennent-ils, lorsque l’on change de banque ? D’autant plus qu’après la fuite des données médicales de 500 000 Français, le doute est plus que permis.