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  • « À la recherche des causes de la vie chère »

    « À la recherche des causes de la vie chère »

    Quel titre ronflant, qui n’a jamais eu autant d’échos qu’aujourd’hui ! Sauf que ce titre est celui du quotidien Le Matin, du 16 novembre 1923, il y a cent ans. Il suffit de faire l’expérience d’un passage en caisse de supermarché pour se rendre compte de la similitude. Les causes selon les avis et personnes diffèrent. Il suffit de voir durant la crise due au SARS-CoV-2, la pénurie de produits, malgré le travail sans relâche des chauffeurs routiers. La récession de la motte de beurre défrayait les chroniques, il est devenu de l’or.

    L’inflation est la seule courbe qui semble monter inéluctablement. Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), les coûts de la vie ont augmenté entre janvier 2022 et janvier 2023 de 6 %. Dans son rapport du 15 novembre 2023, l’indice des prix à la consommation (IPC) augmente durant le mois de 0,1 %, mais de 4 % sur l’ensemble de l’année. Pour voir un bilan mensuel de l’Insee positif à la lecture, il faut remonter en octobre 2020 : « Les prix à la consommation sont stables sur un mois et sur un an. » Dans l’Histoire de France, le pain possède une place privilégié, de la Révolution française à aujourd’hui, un baromètre à lui tout seul.

    L’inflation, désormais connue de tous, est selon le dictionnaire de l’Académie française le « phénomène économique caractérisé par une hausse des prix générale et durable |…] ». L’Insee ajoute que c’est la perte du pouvoir d’achat de la monnaie qui se traduit par la fameuse augmentation. Mais il faut la différencier de l’augmentation du coût de la vie.

    Le montant de cette inflation est de 6 %, sauf que c’est une moyenne. Selon France inflation, l’indice des prix à la consommation ont crû depuis 2015 de 18 %.

    L’énergie a bondi de 60 %, l’alimentation de 31 %, les services de 13 %, les produits manufacturés de 5 % et la palme va au tabac avec 71 %.

    (Crédits : France-Inflation)

    L’IPC ou le « coût de la vie »

    Ce fameux coût de la vie fait vraiment parler. Lorsque les anciens, qui ont connu le franc, les cabines téléphoniques, les baladeurs, le gazole à moins d’un euro… parlent, ils disent c’était mieux avant. Ont-ils raison ? La période de crise due au SARS-CoV-2 a bouleversé les marchés laitiers et pas que. Le prix des produits de première nécessité ne cesse de croître.

    L’indice est calculé chaque mois par l’Insee. Il existe pour mesurer l’évolution générale des prix des biens et des services consommés par les Français. La prochaine publication au Journal Officiel est le 15 décembre 2023. « Il permet d’adapter sa consommation pour une meilleure maîtrise de ses dépenses et de son pouvoir d’achat. » Merci, sans cette définition je serais perdue pour gérer mes dépenses !

    Ce fameux indice, hors tabac sert à l’indexation de nombreux contrats privés, les retraites, à revaloriser le SMIC selon trois catégories souligne le site WEB du service public : ensemble des ménages — hors tabac, ménages urbains dont le chef est ouvrier ou employé — hors tabac, ménages du premier quintile de la distribution des niveaux de vie — hors tabac.

    (Crédits : Alexa_Fotos/Pixabay)

    L’évolution des prix

    Ce qui semble anormal ou illogique est de passer faire ses courses aux supermarchés en comparant son chariot. La quantité de produits achetés semble dérisoire au vu du prix final, surtout quand vous n’avez pas changé vos habitudes de consommations. Pour comparer les prix, il faut avoir une base : le salaire minimum de croissance (SMIC). En 1980, au commencement le montant brut est de 2317,42 francs. Le SMIC en 1992 est de 5629,39 francs (858,20 €), en 2023 1747,20 euros, soit 11 460,88 francs. Il était de 1521.22 euros brut en 2019.

    ProduitsPrix en euros% du SmicPrix en euros% du SmicPouvoir d’achat en euros% du SmicEvolution
    Baguette de pain (1 kg)2.12 (1992)0.2474.06 (2023)0.2321380.49 (2022)0.294+26,72 %
    Lait pasteurisé entier (1 l)0.84 (1992)0.0971.21 (2019)0.0791284.60 (2019)0.094+18.98 %
    Beurre extra fin (250g)1.39 (1992)0.1612.20 (2019)0.1441284.60 (2019)0.171+18.75 %
    Huile d’olive vierge extra (1 l)4.54 (1992)0.5297.43 (2019)0.4881284.60 (2019)0.578+18.44 %
    Carottes (1 kg)0.83 (1998)0.0962.08 (2023)0.1361284.60 (2019)0.161+18.38 %
    Sucre en morceaux (1 kg)1.10 (1992)0.1280.98 (2019)0.0641284.60 (2019)0.076+18.75 %
    Gazole (1 l)0.54 (1992)0.0631.91 (2023)0.1091380.49 (2022)0.138+26.06 %
    Supercarburant 98 (1 l)0.77 (1992)0.0891.94 (2023)0.1111380.49 (2022)0.140+26.12 %
    Place de cinéma5.18 (1992)0.60310.30 (2023)0.5891380.49 (2022)0.746+26.65 %
    Consultation médecin généraliste22.79 (1992)2.65525.00 (2023)1.4301380.49 (2022)1.810+26.57 %
    Paquet de cigarettes (20)1.50 (1992)0.17411.50 (2023)0.6581380.49 (2022)0.833+26.59 %
    Timbre (vert)0.33 (1992)0.0381.16 (2023)0.0661380.49 (2022)0.084+27.27 %
    Lorsque l’on compare les prix en fonction du SMIC entre 1992 et 2023, ils sont stables. Sauf si vous prenez en compte la valeur du pouvoir d’achat déterminée par l’Insee. L’évolution montre l’écart entre le pourcentage du SMIC en 2019 et 2023, et la valeur du pouvoir d’achat. (Les montants indiqués des prix sont des moyennes)

    La part des intermédiaires dans le coût de la vie

    Le coût des carburants possède une part dans les prix, la chute de la valeur de l’euro début 2021 où il s’échangeait à 1, 22689 dollars pour atteindre 0, 9749 en septembre 2022. Depuis il est remonté timidement au-dessus de un euro. Mais comment expliquer qu’il est préférable, économiquement de faire venir un produit par bateau ? Le coût de revient de sa production est moins cher qu’en France. Que dire de la qualité ?

    Les lecteurs du quotidien Le Matin s’interrogeaient, « Si la vie renchérit, la faute n’en est-elle pas à l’augmentation des tarifs des transports ? » Dans le tableau dressé le 16 novembre 1923 le prix de transport est celui fixé par les chemins de fer par kilogramme, puis le prix moyen est aussi en kilogramme.

    Les causes, en 2023 seraient multiples. Le conflit entre la Russie et l’Ukraine, forcément celui également au proche orient entre le Hamas et Israël, l’après confinement dû au SARS-CoV-2, la relance budgétaire massive, mais également la dépréciation de l’euro face aux monnaies telles que le dollar et le franc suisse.

    Sans oublier les tensions géopolitiques avec l’énergie dite fossile, l’effet de l’offre et de la demande et sans aucun doute la politique monétaire des baques centrales. L’inflation touche toute l’Europe. Pour encore combien de temps ?

    (Crédits : Le Matin/BnF/Gallica)

  • Quand faire le plein de carburant devient un luxe

    Quand faire le plein de carburant devient un luxe

    Le gouvernement français planche sur une baisse de la marge des distributeurs, stations-service indépendantes et supermarchés, pour un prix de vente coûtant. Quand l’Euro n’existait pas, le franc était courant, les consommateurs descendaient dans la rue dès que le prix augmentait de quelques centimes. Le mouvement des « Gilets Jaunes » eut sa genèse sur le prix des carburants. Depuis le conflit armé entre la Russie et l’Ukraine semble être le mal et origine de l’inflation selon les bruits de « radio moquette ».

    Remontons à l’après-Seconde Guerre mondiale, dans les années 1947-1948. La France est un pays ruiné par les années de guerre et d’occupation. Entre le plan Marshall et le plan Monnet, la France tente de se sortir d’une situation de ruine physique et morale. « Ce Plan représente un espoir… Il est en effet la garantie d’indépendance économique de la France », exprimait Jean Monnet en 1947.

    Des aides en dollars américains pour la reconstruction de la France. Mais qu’en est-il de cette manne financière que la France a dû régler ? D’autant que depuis ce temps la monnaie d’échange boursière est le dollar grace à l’Arabie Saoudite. Le cours de la bourse fluctue, notre monnaie varie, noter pouvoir d’achat également. (Crédits : INA/YouTube)

    « Les bas salaires et la misère, la crise du logement, la pénurie alimentaire […] faisaient le lot quotidien de la majeure partie du peuple français, et les slogans inscrits sur les pancartes des ouvriers en grèves en 1947 et 1948 réclamaient à juste titre du pain », écrit Gérard Bossuat1. De facto, cette image renvoie à l’époque où les Parisiens demandaient du pain au roi. En effet, l’année 1788, les conditions climatiques créent une crise alimentaire importante en France. Les mauvaises récoltes de 1789 accroissent le mal-être. C’est pourquoi le prix du pain augmente de manière drastique, tandis qu’à la cour de Louis XVI, les garnitures, les plats riches et raffinés étaient de mises.

    Le dollar, l’or et Nixon

    Depuis 1945, le dollar était la monnaie spéculative par excellence. Les États-Unis possédant le stock d’or le plus important au monde, à Fort Knox. Il représente trois quarts des réserves du monde entier (24,5 milliards de dollars). Fort de sa position, le pays de l’Oncle Sam s’était engagé à échanger des dollars contre de l’or jusqu’au 15 août 1971. Dans les années 1960, le stock en or ne suffit plus face aux dettes, la valeur boursière du dollar chute. Richard Nixon n’a d’autre choix que la dévaluation du dollar arrive, fin 1971 et taxe à 10 % les produits étrangers.

    Les premiers accords sont signés en 1973. L’Arabie Saoudite vend son pétrole en dollars américains. Depuis la bourse mondiale fixe à chaque instant le prix des échanges des monnaies et produits. La valeur de l’euro face au dollar joue sur le prix du litre de carburant à la pompe. (Crédits : climato-realistes)

    Le 17 octobre 1973, l’Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole (OPAEP) annonçait la réduction de 5 % par mois son débit de pétrole, tant que les États-Unis ne souhaitaient pas changer leur politique au Moyen-Orient (Guerre du Kippour). La veille, l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) annonçait une hausse de 17 % du prix du brut et un surplus de 70 % des taxes à l’ensemble des compagnies pétrolières.

    Dollar, Brent et conflit russo-géorgien

    Mardi 26 septembre 2023, la valeur du dollar a atteint de nouveaux sommets. La monnaie est soutenue par la Réserve fédérale américaine face à l’inflation. Face au Yen, à la Livre sterling ou à l’Euro, il s’échange à 149,19 yens pour une unité, 1,2168 pour une livre et 1,0570 pour un euro.

    2022Août100,60,99
    2022Septembre89,71,01
    2022Octobre93,31,02
    2022Novembre91,40,98
    2022Décembre81,00,94
    2023Janvier82,50,93
    2023Février82,80,93
    2023Mars78,40,93
    2023Avril84,70,91
    2023Mai75,60,92
    2023Juin74,80,92
    2023Juillet80,10,90
    2023Août86,10,92
    AnnéeMoisValeurDollar en Euro
    Cours des matières premières importées – Pétrole brut Brent (Londres) – Prix en dollars US par baril. Le prix des carburants ne sont pas égaux en Europe. (Crédits : INSEE, INSEE)

    Le record absolu du prix de baril de Brent s’effectuait en 2008, lors d’un conflit armé russo-géorgien. « La Crimée n’est pas un territoire contesté. Il n’y avait pas de conflit ethnique là-bas, contrairement à l’Ossétie du Sud et à la Géorgie. Et la Russie a depuis longtemps reconnu les frontières de l’Ukraine d’aujourd’hui. Nous avons essentiellement mis fin à nos discussions sur les frontières. Il s’agit de questions de démarcation, mais ce sont des choses techniques. Pour moi, la question d’objectifs similaires de la Russie envers l’Ukraine ressemble à une provocation », répondait Poutine au journaliste Thomas Roth.

    Monnaie, cours et taxes

    Le 11 juillet 2008, le prix du baril de Brent (159 litres de brut) atteignait le record historique de 147,50 dollars. À cet instant un euro s’échangeait contre 1,57 dollar. La correspondance en euro est de 93,95 pour un baril. Le litre de sans plomb 95 s’échangeait à 1,51 euro en juillet 2008, et 1,45 euro pour le litre de gazole, il y a 15 ans. Mercredi 27 septembre le baril clôturait à la bourse à 94,07 dollars, soit 88,80 euros.

    Tout produit manufacturé est assujetti à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Selon les calculs, prenons l’exemple du SP95 à 1,97 euro le litre, soit 12,92 francs pour les plus anciens. La TVA sur la TICPE est de 0,138 €, soit 7 %, 0,691 € pour la TICPE (35,07 %), la TVA sur le produit est de 19 cents d’euros, soit 9,65 %. Le coût de la distribution est de 11,73 %, soit 0,231 €, sans oublier le coût des certificats d’économie d’énergie pour 7,56 cents par litre, mais TTC. La cotation Rotterdam est de 72 cents.

    Selon le site WEB du gouvernement, « la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 20 % : elle s’applique sur la somme globale, TICPE comprise ». En France, les taxes comptent approximativement pour 60 % des prix de l’essence et du gazole à la pompe continue le site. (Crédits : UFIP)

    L’indication du coût des CEE, 7,56 cents d’Euros par litre TTC souligne une taxe, comme logiquement le prix de la distribution effectué par les chauffeurs. L’augmentation de la TICPE avait déclenché le mouvement des gilets jaunes, depuis elle n’a pas été augmentée. L’État explique que le prix des carburants est soumis à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 20 % : elle s’applique sur la somme globale, TICPE comprise. Mais également que le coût du pétrole brut (soumis à la loi de l’offre et la demande, le prix est donc variable), les coûts de production, d’acheminement, le coût de fonctionnement et marges réalisées par le distributeur, les taxes spécifiques auxquelles sont soumis les carburants… Bref le prix réel est donc de 72 et 78 cts.

    1. L’aide américaine à la France après la seconde guerre mondiale. Gérard Bossuat
      Vingtième Siècle. Revue d’histoire Année 1986 9 pp. 17-36
      ↩︎
  • Cyberattaque contre la compagnie pétrolière canadienne Suncor Energy

    Cyberattaque contre la compagnie pétrolière canadienne Suncor Energy

    Une cyberattaque d’ampleur a touché l’entreprise Suncor Energy inc. le vendredi 23 juin 2023. Les experts estiment que l’incident cybernétique pourrait constituer la plus importante atteinte à la cybersécurité d’une société pétrolière et gazière dans l’histoire du Canada. La compagnie pétrolière basée à Calgary n’a fourni aucun détail sur l’attaque. Seul le communiqué de presse stipule qu’elle avait « subi un incident de cybersécurité ». Les paiements s’effectuaient par argent « liquide », tous règlements par voie électronique étaient proscrits, car non fonctionnels.

    Le 26 juin 2023, l’entreprise canadienne Suncor Energy reconnaissait qu’une cyberattaque contre elle eut lieu. Elle par ricochet obligé chaque usager à régler leurs transactions en argent liquide. Des centaines de stations-service appartenant à sa filiale Petro-Canada, ont été touché à travers le pays. Suncor est la deuxième plus grande compagnie pétrolière du Canada. Par un communiqué elle informait l’ensemble de ses clients qu’elle était confrontée à un « incident de cybersécurité » et qu’elle prenait des mesures avec des experts externes « pour enquêter sur la situation et la résoudre ».

    « Alors que nous nous efforçons de résoudre cet incident, certaines transactions avec des clients et des fournisseurs pourraient être affectées », informe le communiqué. Cet incident remémore celui de Colonial Pipeline. En effet « je pense qu’il pourrait s’agir du Canadian Colonial Pipeline, dans la mesure où Suncor représente une part importante de l’économie », relate Ian L. Paterson, PDG de la société de cybersécurité Plurilock Security Inc. La société a déclaré qu’il n’y avait aucune preuve que les données des clients, des fournisseurs ou des employés aient été compromises ou utilisées à mauvais escient.

    La gravité ne sera connue qu’après enquête. La société a déclaré qu’il n’y avait aucune preuve que les données des clients, des fournisseurs ou des employés aient été compromises ou utilisées à mauvais escient. Rien d’alarmant, si ce n’est quelques points essentiels. Imaginons que la monnaie soit exclusivement numérique ? Que faire en cas de panne ? Que se passera-t-il lorsque les moyens de paiement électronique tomberont en panne ? Qu’en est-il de notre argent si une cyberattaque est dirigée vers la BCE ?

    Se dirige-t-on vers un euro purement numérique ? Est-il possible de voir le papier-monnaie disparaître ? Les infrastructures pétrolières et gazières restent des cibles de choix car elles sont vitales pour l’économie du pays, d’un continent. (Crédits : Gerd Altmann/Pixabay)

    La banque centrale européenne travaille sur un euro numérique depuis 2020. Les craintes sont nombreuses quant à la disparition de la monnaie liquide. Le 28 juin 2023, la Commission européenne a tenté d’apaiser les peurs en déposant un dossier législatif sur le sujet explique Numérama. Le document indique clairement et spécifiquement que l’euro numérique ne va « absolument pas » remplacer les billets de banque, continue l’article. Chacun se fera une opinion à ce sujet.

  • Il y a cent ans… la chute du Mark et la politique française

    Il y a cent ans… la chute du Mark et la politique française

    Les versements des réparations économiques de l’Allemagne sont stoppés au printemps 1922, et ne reprennent qu’en 1925. En cause l’inflation galopante. « La forte inflation est un défi majeur pour chacun d’entre nous », déclare la banque centrale européenne dans son bulletin du mois de juin 2022. Le 23 juillet 1922, cette chute était voulue raconte la presse française. « La déprécation de la monnaie permette de continuer la politique du dumping grâce à laquelle l’industrie allemande peut exporte, vendre, réaliser des bénéfices… »

    Un double effet pesait sur l’Allemagne d’après guerre. D’une part, elle devait des sommes conséquentes en réparation des préjudices subis par les « vainqueurs » de la Première Guerre mondiale. Ce qui plombait son économie. De l’autre, une guerre civile qui scindait le peuple en deux. La peur se lisait entre les lignes des journaux. « La catastrophe approche », annonçait la presse en parlant de la chute du Mark. Outre-Rhin, les gouvernants employaient le dumping, ou vente à perte. Cette stratégie consiste à commercialiser à l’étranger à un prix moindre que celui appliqué sur le marché national. L’Allemagne le pratiquait en 1922. L’Ouest-Éclair expliquait que « les industriels anglais et français sont parvenus malgré le dumping allemand à vendre leurs produits à des prix égaux ou même inférieurs à ceux des prix allemands ».

    Le 11 janvier 1923, au titre des réparations de guerre prévues par le traité de Versailles, l’armée française envahit la Ruhr. À défaut de les recevoir, les alliés se servent à la source, notamment en ce qui concerne le charbon. (Crédits : Arte/YouTube)

    Entre le créancier et son débiteur, le premier n’a aucun intérêt à voir le second faire faillite. Ici, la France et l’Allemagne. C’est dans cette optique que la France avait diligenté un contrôle des finances. Un courrier du chancelier vers le président de comité des garanties soulevait la protestation de la presse allemande. Georg Bernhardt, directeur du quotidien Vossische Zeintung déclarait que « les experts alliés n’en savent malheureusement pas davantage que les politiciens et financiers allemands à qui ils reprochent leurs ignorances. » Il faut comprendre que lesdites réparations imposées s’élevaient à 15 % de son revenu sur une durée de trente années. L’Allemagne devait payer 132 milliards de marks or, dont 52 % pour la France, soit deux ans et demi du produit national brut allemand de 1913.

    « Une monnaie ne tient pas quand elle est isolée à l’échelle du monde », Olivier Feiertag. (Crédits : Cité de l’économie/YouTube)

    Une pente vertigineuse que l’Allemagne ne remontera pas. L’hyperinflation se manifeste de façon incontrôlée et entretenue, à la fin de l’année 1922 : la pente devient exponentielle, plus une seule pièce de monnaie n’est fabriquée, la planche à billets se met en route de façon frénétique et aura même du mal à suivre. En octobre 1923, le gouvernement allemand annonce formellement sa faillite et la cessation de tout paiement.