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  • Le retour des voleurs de l’ombre en Uruguay

    Le retour des voleurs de l’ombre en Uruguay

    À Montevideo, l’histoire n’a pas commencé par une sirène ni par une prise d’otages. Elle a d’abord gardé le silence. Un local commercial vide, des allées et venues sans éclat, des voisins curieux. Sous Ciudad Vieja, un tunnel avançait centimètre après centimètre. Trois cents mètres de patience, de calcul et de terre déplacée à la main. Une œuvre discrète, presque obstinée, destinée à ne jamais être vue. Si l’affaire uruguayenne n’est pas entrée dans la légende, ce n’est pas par manque d’ambition. C’est parce qu’elle a été stoppée à temps. Il y a dans l’histoire criminelle une fascination presque littéraire pour les « casses du siècle ». Elles sont des opérations qui conjuguent planification rigoureuse, ingéniosité mécanique et une pointe d’audace presque romanesque.

    De Glasgow au film Le Cerveau jusqu’aux tunnels creusés sous les villes, l’idée de pénétrer une forteresse hante l’imaginaire collectif. Récemment, sous les pavés historiques de la Ciudad Vieja à Montevideo, une opération conjointe des forces de Police met à jour un nouveau souterrain — prémisse d’un méfait qui aurait pu marquer le récit criminel de l’Uruguay.

    Un tunnel trop bien préparé pour être improvisé

    En 1976, à Nice, un tunnel creusé depuis les égouts ouvrait la voie à l’un des clichés les plus emblématiques du « casse parfait ». La salle des coffres de la Société Générale est vidée de 46 millions de francs (34 millions d’euros aujourd’hui), sans un seul coup de feu, mais avec beaucoup de patience. Cinq décennies plus tard, à près de 11 000 km, un nouvel épisode se déroule. Là où l’un fut accompli et légendé, l’autre fut stoppé avant même qu’il n’atteigne sa cible.

    Police, casse, banque

    La découverte du tunnel est le fruit d’une enquête longue, amorcée bien loin d’un coffre-fort. L’enquête débute le 11 septembre 2025, lorsque la police a été alertée au sujet de l’existence possible d’un point de vente de stupéfiants dans la région de Neptune. À partir de cette information, l’enquête a débuté. Puis, au fil des surveillances et des recoupements, un local attire l’attention. Loué depuis, mais 2025, situé à l’angle de Colón et 25 de Mayo, il dissimule un accès vers les entrailles de la ville.

    Le tunnel descend à près de huit mètres de profondeur, rejoint le réseau d’égouts et serpente jusqu’à proximité immédiate de plusieurs établissements bancaires. (Crédits : Ministerio del Interior)

    Rien n’a été laissé au hasard. La onzaine de prévenus avait des outils d’excavation, vêtements de chantier, sacs de gravats, dispositifs de surveillance, drones. La logistique est celle d’un projet de construction conçu pour durer. Le Commissaire général, Julio Sena, rapporte lors d’une conférence de presse l’arrestation de onze personnes : huit hommes et trois femmes, dont cinq Brésiliens, deux Paraguayens et quatre Uruguayens. Tous sont placés en détention préventive.

    Creuser n’est pas anodin, car il n’est pas qu’un moyen d’accès, c’est une signature. Il dit le refus de la confrontation directe, la préférence pour la ruse, le temps long, l’effacement. Dans l’histoire criminelle, il marque une frontière nette entre l’impulsivité et l’ingénierie.

    Le tunnel comme signature

    Mais, travailler sous terre impose une discipline collective. Tout comme le film La Grande Évasion, il faut une ventilation, de l’éclairage, l’évacuation des déblais, une orientation… Rien n’est possible seul. Le tunnel est un acte de groupe, une œuvre coordonnée. (Crédits : Ministerio del Interior)

    Tunnel, banque, casse

    Au cours de la procédure, la police (DGRTID) a saisi deux véhicules, des outils de travail, tels que des pelles et des pointes, des vêtements utilisés pour les rénovations, un drone, des caméras de vidéosurveillance et de l’argent comptant : 30 000 pesos uruguayens, 800 dollars américains et 37 000 reais, entre autres objets utilisés pour la planification du vol. « Il reste aux pompiers de descendre jusqu’aux égouts et de déterminer où se trouvait la sortie finale du tunnel proposé », a déclaré le ministre de l’Intérieur, Carlos Negro.

    Le modèle fondateur d’Albert Spaggiari

    Tout débute à Nice, au mois de juillet 1976. Une bande pénètre dans la salle des coffres de la Société Générale, avenue Jean Médecin en passant silencieusement par les égouts. Trois cent soixante et onze coffres fracturés. Et cette phrase, écrite à la craie, devenue légende : « Ni armes, ni violence, ni haine ». Ce casse fonde une mythologie. Celle d’un crime presque élégant, où la technique supplante la brutalité, à l’instar du gentleman cambrioleur interprété par Georges Descrières « Arsène Lupin ». Il installe l’idée que le sous-sol est un raccourci vers l’impossible — et aussi que la peine maximale encourue varie du simple au triple.

    Tour, banque, casse

    Trente ans plus tard, le modèle s’exporte. En 2006, à Acassuso, en Argentine, le Banco Río est vidé par une équipe qui combine tunnel, faux explosifs, mise en scène médiatique et sortie théâtrale. Le public découvre que le casse peut aussi être un spectacle.

    Le « vol du siècle » signifie une perte d’un million de dollars — au départ estimée à 19 millions de dollars — et 80 kilos de bijoux, mais cela a surtout démontré la vulnérabilité des systèmes de sécurité, conduisant à une réévaluation généralisée des mesures de protection bancaire.

    Les sentences initiales, prononcées en 2010, sont de 15 ans pour De la Torre, 14 pour Araujo, 10 pour Zalloecheverría et 9 pour García Bolster. Fin 2014, toutes les personnes impliquées étaient en liberté, certaines en liberté conditionnelle et d’autres après avoir purgé leurs condamnations. Mario Vitette Sellanes, qui avait une peine de 25 ans, a été expulsé du pays vers l’Uruguay.

    Quand l’ingénierie flirte avec le spectacle

    Un an plus tôt, c’est au Brésil que le vol du Banco Central de Fortaleza franchit le cap industriel. Soixante-dix mètres de tunnel renforcé, ventilé, éclairé. Trois mois de travaux. Des dizaines de millions emportés.

    Mais la criminologie est formelle : ces casses échouent presque toujours à long terme. Parce que le facteur humain résiste mal à la durée. Parce qu’un chantier clandestin laisse des traces. Parce qu’une confidence, une erreur, une dénonciation finit par fissurer le silence.

    (Crédits : DR)

    À Montevideo comme ailleurs, ce ne sont pas les murs qui parlent les premiers, mais les comportements, les langues qui se délient face à la jalousie. La coordination policière, l’analyse des images, le renseignement de terrain réduisent l’espace du mythe. « Cela aurait pu être le vol du siècle », a déclaré le ministre de l’Intérieur, Carlos Negro. Ils estiment que les travaux auraient commencé lorsque le commerce situé à Colón a été loué, le 25 mai.

    Du fait divers à la légende

    Un casse du siècle ne naît jamais au moment du vol, mais après. Dans les récits, les livres, les films. Dans cette zone floue où le crime se transforme en histoire. De Nice à Acassuso, jusqu’aux séries contemporaines comme La Casa de Papel, le public aime croire au génie collectif, à l’intelligence contre le système, à la victoire de l’ombre sur la forteresse. La réalité est moins romanesque. Mais dans le cas d’Albert Spaggiari, c’est autre chose.

    La légende se construit pas à pas. D’ailleurs, en janvier 1982, à Rio, il rencontre Ronald Biggs, le cerveau de l’attaque du train postal Glasgow-Londres, en 1963. Sa vie rocambolesque se clôture par l’attaque foudroyante d’un cancer de la gorge.
    À cette période, les banques ne possèdent pas autant de protection que maintenant, permettant ces frasques. Au final, le facteur humain finit par tout faire capoter. Aujourd’hui, une dénonciation anonyme, une surveillance accrue, une analyse de caméras ou la coordination interservices. Les traces matérielles, même enterrées, se trahissent tôt ou tard. Le progrès des techniques d’investigation réduit l’espace d’impunité. Et même les tunnels les plus discrets finissent par être repérés, documentés et exploités par les enquêteurs. (Crédits : AFP)

    Albert Spaggiari, Nice, casse


    Le casse du siècle n’existe qu’à condition d’être raconté. Celui de Montevideo restera une tentative remarquable, mais inachevée. Une ligne de plus dans une histoire longue, où l’ingéniosité humaine se heurte inlassablement à ses propres limites. Sous les villes, les tunnels continuent d’apparaître. Mais ce qu’ils révèlent surtout, ce n’est pas la perfection du crime. C’est notre fascination intacte pour ceux qui pensent, encore, pouvoir disparaître sous terre… et ressortir inscrits dans la légende.

  • L’ASSE, en Uruguay, subit une cyberattaque

    L’ASSE, en Uruguay, subit une cyberattaque

    L’administration des services de santé de l’État d’Uruguay (ASSE) est victime d’une cyberattaque. Un groupe de cybercriminels indique avoir eu accès au réseau interne. Ils déclarent, dans le but de prouver la véracité de leurs dires, avoir changé les mots de passe du directeur et du vice-président. Un fichier compressé de près de 100 Mo est disponible sur un célèbre forum, Breach Forums pour ne pas le citer. La ou les personnes derrière cette attaque expliquent que « les citoyens uruguayens ne méritent pas d’être escroqués ni que l’État joue avec leur santé ».

    L’administration indique enquêter sur la situation afin d’avoir plus d’informations à ce sujet. De son côté, une entité cybercriminelle déclare, dimanche 9 mars 2025 avoir eu accès au réseau interne de l’ASSE. « Depuis quelque temps, notre groupe a accès au réseau interne de l’ASSE, ce qui nous permet d’accéder à de nombreuses bases de données. » La fuite de données exposent professionnels et patients.

    Le fichier mis à disposition est de 95,6 Mo compressé pour un total de 282 documents pour un poids de 150 Mo. La base SQL affiche près de 6200 lignes de données des personnels soignants. De nombreux documents sous formats de tableurs indiquent les identités de personnes ayant effectué des tests PCR en rapport au Covid-19. Ainsi les prénoms, noms et résultats des tests sont affichés, comme le détail des facturations des personnes vaccinées ou non. (Crédits : Capture d’écran)

    Concernant les tests d’autres données sont affichées : institution, professionnel, ID, lieu, numéro d’identité, date, date de réception, médecin prescripteur, type de patient, date de naissance, prénom, nom, âge, secteur, test composite, test simple, statut, résultat, unité, plage normale, libération, date de validation… L’ASSE, quant à elle, enquête sur des allégations de piratage impliquant la possibilité de retirer ou d’ajouter des prescriptions médicales au système.

  • Cyberattaque de Total en Espagne, 210 715 clients touchés

    Cyberattaque de Total en Espagne, 210 715 clients touchés

    La firme française est touchée par une intrusion non autorisée. Le fournisseur d’électricité et de gaz dépose plainte. Les données personnelles de plus de deux cent mille clients sont ainsi entre d’autres mains. Elle suit les fuites de données ou/et cyberattaques d’entreprises sur le sol ibérique. L’entreprise française Orange, la ville de Calvià (Mallorca), parfums Douglas, Teo Concello en janvier 2024. Puis l’assureur FIATC, la DGT (Dirección General de Tráfico), les forces armées espagnoles, l’université Complutense, Banco Santander, Telefónica, et Iberdrola subissent une fuite de données.

    Selon le journal La Nueva España, l’entreprise Total Energies a subi une cyberattaque. Elle touche les informations et données personnelles de 210 715 personnes. Elles sont le prénom, le nom, l’identifiant, le ou les numéros de téléphone, le courrier électronique, les CUPS (le PDL en France), l’adresse de livraison et les coordonnées bancaires. Pour autant, la société communique que les cartes bancaires et les informations d’accès en ligne ne seraient pas affectées.

    Recrudescence d’attaques « informatique »

    « Nous nous excusons et condamnons ce type d’actes criminels qui mettent en péril le bon fonctionnement du marché et nuisent à la fois aux clients et aux entreprises […] », déclare Total Energies SAU.

    « La protection et la confidentialité des données de nos clients est une priorité absolue », communique publiquement la firme. Elle collabore avec l’agence de protection des données ibérique pour « prendre les mesures légales appropriées contre les responsables ».

    Il est fort probable que la société va également renforcer la sécurité de ses systèmes d’information pour éviter que cela ne se reproduise.

    Les clients concernés sont déjà informés par courrier postal ou électronique relate El Economista.

    En mai l’AEPD, équivalent de la CNIL en France lance sa nouvelle version de gestion du règlement de protection des données personnelles (RGPD). (Crédits : Europawire)

    La cyberattaque contre la multinationale est la dernière en date. De grandes entreprises ont subi sur le sol espagnol des attaques ciblées depuis le début de l’année. Elles sont Orange, la ville de Calvià, les parfums Douglas, Teo Concello, l’assureur FIATC, les forces armées espagnoles, l’université Complutense à Madrid, Banco Santander, Telefónica, et Iberdrola.

    Cyberattaques en Espagne

    Elles ne sont pas autant dévastatrices que celles subies par l’hôpital Clinique de Barcelone ou celle qui avait paralysé le Service public de l’Emploi (SEPE). Mais elles sont bien présentes. Les fuites de données mettent en péril la sécurité des clients, patients et entreprises. En ce début d’année, c’est les clients d’Orange qui se trouvait privée de l’usage d’internet durant quelques heures.

    La commune de Calvia à Majorque subissait en janvier une cyberattaque de type ransomware. La rançon exigée était de 10 millions de dollars, rien ne sera versé. La commune Concelo de Teo en Galice en fait aussi l’expérience, avec de moindres maux, tout comme les parfums Douglas.

    Les fuites de données sont problématiques. Elles peuvent être la porte d’entrée à de nouvelles attaques. L’une d’entre elles a dévoilé les données personnelles et sanitaires de dizaines de milliers d’agents et de membres des forces armées espagnoles. Il en est de même pour l’université madrilène Complutense. Puis c’est au tour de la banque Santander. Les prénoms, noms, adresses, dates de naissance de l’ensemble des employés, ainsi que de clients au Chili, en Espagne et en Uruguay sont compromis.

    (Crédits : Zarateman/Wikipedia)

    Elle compte plus de 211 000 employés à travers le monde. Les entreprises du Ibex35 (équivalent du CAC40) sont dans le viseur des cybercriminels. Une fuite de 120 000 clients chez Telefónica, mais c’est Iberdrola qui enregistre la plus grosse fuite : 850 000 clients exposés. Mais également la plus grosse amende. Une goutte d’eau en comparaison des 11 millions de clients en Espagne (10,4 millions pour l’électricité, 1,3 million pour le gaz).

    Revente, escroqueries, phishing…

    Le but est en majorité de récupérer de l’argent. Soit directement par la revente des données sur des réseaux particuliers, soit sous la forme de rançon (ransomware), soit via le phishing, ou autre escroquerie… Il peut être aussi pour déstabiliser, nuire à une entreprise, une multinationale, un État…

    L’exemple du « Piratage de la DGT » est révélateur. Fin mai 2024, la direction générale de la circulation subit une intrusion non autorisée. Elle la révèle après la découverte d’une mise en vente d’un fichier contenant des informations sur plus de 40 millions de conducteurs espagnols.

    Les informations divulguées sont les prénoms, noms, adresses, numéros de téléphone, mais pas seulement. Les données sur le véhicule telles que le modèle, son âge, le numéro d’immatriculation, le numéro de châssis ou VIN, jusqu’aux informations sur l’assurance du véhicule.

    « Nous pouvons consulter n’importe quel enregistrement ou document des conducteurs. Nous vendons également l’ensemble de la base de données avec 34,5 millions de lignes », explique le vendeur.

    Même sur des sites web et des plateformes apparemment sûrs et fiables, il existe des vulnérabilités. Exploitées, elles mettent en danger la sécurité et la vie privée des utilisateurs. (Crédits : Mohamed Hassan/Pixabay)

    Le jeune homme de 27, originaire de Murcie le découvre. En quatre années, à travers un processus minutieux et lent, il s’infiltre dans les bases de données de la DGT en Murcie, en Andalousie, aux îles Canaries et aux îles Baléares. Le vendeur gourmand et confiant a dérobé 80 000 fiches en une seule fois en mai 2024. Ce qui a déclenché une alerte auprès des autorités. La Guardia Civil est remontée jusqu’à chez lui via son IP. Le procès n’a pas encore eu lieu.

  • Sécheresse : L’Uruguay tire la langue faute d’eau potable

    Sécheresse : L’Uruguay tire la langue faute d’eau potable

    H2O, est une combinaison que chaque collégien, lycéen connaît. Elle est l’indispensable de tout être vivant sur Terre, du règne animal au végétal. Sauf que depuis quelques années, les bulletins météorologiques alertent de la baisse des nappes phréatiques, mais pas que. S’ils sont connus, car télévisés, des usagers et releveurs s’inquiètent depuis longtemps. Déjà il y a cent ans, la ville de Paris subissait des coupures d’eau potable de minuit à six heures.

    Des chiffres pour planter le décor. La surface de la Terre est recouverte à 71 % d’eau, 97 % sont salées pour 3 % d’eau douce. Un être humain adulte est composé d’environ 65 % d’eau. Ce qui représente pour un homme de 80 kg, une masse d’environ 52 kg, et pour une femme de 66 kg, environ 43 kg. Sans eau, pas de vie possible… Buvons de l’eau salée ! Pas possible, une consommation d’eau salée entraîne une déshydratation par effet d’osmose.

    Consommation d’eau potable en France

    La moyenne de consommation d’eau est différente si vous habitez en ville ou à la campagne, en maison ou en appartement et de votre lieu de résidence. Peu ou prou de départements n’ont pas encore pris des mesures de restrictions concernant l’eau. Il faut comprendre que chaque Française ou Français consomme une moyenne de presque 150 litres d’eau chaque jour (149 l). Imaginez plus de seize packs de si bouteilles d’un litre et demi, soit 54,3 m3 par habitant et par an.

    Le simple fait de « tirer la chasse » expulse en moyenne 9 litres d’eau potable. Les décisions des politiques à travers les âges ont une résonance. Il y a plus de deux décennies, dans un article du Parisien, le 9 janvier 2001, la journaliste Jacqueline Meillon évoquait les inondations. « Alors que la disparition progressive des talus et des haies apparaît comme une des causes des inondations en Bretagne et dans le Calvados ». La députée du Maine-et-Loire Roselyne Bachelot s’apprêtait à déposer à l’Assemblée une proposition de loi en ce sens.

    Selon une étude de l’INRA une superficie supérieure à 350 000 Ha de haies, bosquets et arbres épars ont disparu entre 1960 et 1990. D’autant que ces mêmes haies favorisent le stockage du carbone dans les sols.

    La consommation domestique en eau potable en 2019. (Crédits : OFB – DDT(M)/DRIEAT/DEAL – Collectivités – 2019 Traitements : SDES. 2021)

    Une crise sanitaire en devenir en Uruguay

    Près de deux tiers de la population est confrontés à un problème d’eau potable. La cause est une sécheresse qui dure depuis le mois de novembre 2022. Le 4 mai 2023, le gouvernement de Lacalle Pou réagissait en mélangeant le peu d’eau douce disponible avec l’eau du Río de la Plata. Ce dernier est chargé en sels en raison de son contact avec l’océan Atlantique. Sauf que l’entreprise publique Obras Sanitarias del Estado (OSE), en charge de la gestion de l’eau, a décidé d’augmenter les taux de chlorure et de sodium. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) fixe un seuil à ne pas dépasser de 200 milligrammes de sodium par litre d’eau. L’eau qui sort des robinets en contient 440. Les prévisions du gouvernement indiquent qu’elle va continuer à augmenter, souligne le quotidien El Diario.

    Réactions en chaîne

    L’eau salée est partout dans les canalisations. Si la chaleur envahit la France et l’Europe, c’est l’hiver en Uruguay. L’eau salée détériore le chauffage, la réparation engendre 10 000 pesos d’entretien, près de 240 euros, quand le salaire moyen atteint 405 euros. Si cela ne suffisait pas, l’entretien des canalisations pour le transport de l’eau laisse à désirer. Selon le quotidien uruguayen El Observador, les canalisations perdraient depuis des années entre 30% et 50% de l’eau qu’elles transportent, faute d’entretien. Se laver avec de l’eau salée abîme la peau et les cheveux : « Lorsque vous vous douchez dans ces conditions pendant 60 ou 70 jours, cela se voit », explique Gerónimo Olmando, consultant en affaires publiques et gouvernementales à Montevideo.

    Les réserves en eau n’ont cessé de descendre pour atteindre un point historiquement bas. Le 11 juillet 2023, le réservoir de Paso Severino, ci-dessus contenait 2,09 millions de m3, soit seulement 3,1 % de sa capacité. (Crédits : El Observador)

    L’eau potable est surexploitée en Uruguay. Le gouvernement invite la population à restreindre sa consommation, sans appliquer les mêmes restrictions aux entreprises martèle El Observador. « L’Uruguay connaît le pire déficit hydrique depuis 74 ans », a reconnu le secrétaire de la présidence, Álvaro Delgado en mai dernier. Entre mardi et mercredi, la pluie est enfin arrivée, ce ne sont que 34 millimètres par mètre carré qui sont tombés dans le bassin de Santa Lucia. Pas assez pour commencer à rétablir le niveau normal, mais assez pour endiguer la chute. Que se passerait-il en France métropolitaine si une telle pénurie d’eau survenait ?

  • Onde de choc en Uruguay

    Onde de choc en Uruguay

    Une enquête pour viol collectif secoue l’Uruguay. « Écœurant », et « aberrant » sont les mots que Luis Alberto Lacalle Pou, président de l’Uruguay, a prononcés pour faire référence à la dénonciation du crime sexuel présumé. Une femme qui affirme avoir été abusée dimanche par trois hommes dans le quartier de Cordón à Montevideo. Les trois accusés, dont un mineur, ont été libérés, bien qu’ils aient été convoqués et mis à la disposition de la justice.

    Aux premières heures du dimanche 23 janvier 2022 matin, la police a été alertée pour un viol supposé d’une femme de 30 ans, qui se serait produit dans une maison située à Jackson et Chaná, dans le quartier de Cordón, de Montevideo ont déclaré des sources policières au journal uruguayen El País. Le procureur général, Juan Gomez, a annoncé jeudi 27 janvier midi lors d’une conférence de presse qu’un troisième adulte a été ajouté aux suspects. Selon les premières investigations, trois hommes ont été convoqués. Ils sont à la disposition des tribunaux pendant que l’enquête se poursuit, mais n’ont pas été mis en détention provisoire.

    La trentenaire, en état de choc, a pu être secourue et mise à l’abri après avoir contacté le 0800 4141. Ce service offre une prise en charge psychosociale et juridique aux femmes victimes de violences domestique, sexuelle ou tout autre en Uruguay.

    Les trois bureaux des procureurs spécialisés dans les crimes sexuels affichent 2 800 investigations en cours, relate El País. La marche de Montevideo a été la plus suivie, des collectifs féministes organisaient des actions simultanées, un concert de casseroles était entendu à 18 h ce vendredi 28 janvier 2022 en Uruguay. (Crédits : Marcelo Bonjour/El País)

    Les médecins qui ont soigné la femme ont pu établir des signes de viol, l’enquête est toujours en cours. Selon le procureur chargé de l’affaire, Sylvia Lovesio, déclarait aux médias uruguayens que « la victime est actuellement assistée par un psychologue de l’Unité des victimes et des témoins et ce qu’elle me disait, c’est que, moins de 48 heures après avoir été brutalement abusée, elle n’était pas en mesure de témoigner […] Je dois lui donner du temps et de l’espace pour qu’elle puisse raconter ce qu’elle a vécu ».

    Trois adultes et un mineur

    « Trois adultes et un mineur, comme tout le monde le savait déjà. J’ai parlé il y a quelques minutes avec le procureur et je suis en mesure d’annoncer que l’enquête a permis d’augmenter le nombre de personnes inculpées », affirmait M. Gomez. Dans sa plainte, la victime a déclaré qu’elle était allée dans un club avec une amie. Elle y avait rencontré un homme, qui l’a invitée chez lui, à l’angle de Jackson et Chaná.

    Des femmes ont défilé dans le centre de Montevideo, le long de l’avenue du 18 juillet, référence à la première constitution de 1830. Des femmes de tous âges, avec des cannes et des rides, avec des ventres de huit mois, des jeunes femmes, des adolescentes et certaines sur les épaules de leurs mères. (Crédits : Marcelo Bonjour/El País)

    Selon El País, lorsque les deux adultes se retrouvaient ensemble, d’autres hommes seraient arrivés et auraient abusé d’elle. Les enquêteurs attendent les résultats des prélèvements sur lesquels la police scientifique œuvre le plus rapidement possible. « Cela signifie que le système dispose déjà de l’ADN, des échantillons du profil génétique des personnes accusées de ces actes », ajoutait la procureure Sylvia Lovesio. Le président Luis Lacalle Pou, exhortait que la justice devait apporter une « sanction exemplaire », tout en précisant que son intention n’était pas d’interférer dans le travail du parquet, il a déclaré que « la punition doit être forte, la sanction exemplaire pour ces actes qui ne sont pas propres aux êtres humains, ni dans ce cas au sexe masculin ».

    L’affaire Valizas

    L’affaire des trois jeunes accusés de viol au camping de Valizas en 2019, qui ont pourtant été acquittés en deuxième instance, ont créé un précédent judiciaire. Les violences faites aux femmes ne connaissent pas de frontière, d’ailleurs rappelons que dans la seule ville de Montevideo, 2800 enquêtes pour crimes sexuels sont en cours. Entre janvier et octobre 2021, 2 017 plaintes (1 873 en 2020) pour crimes sexuels ont été déposées. Près de neuf personnes sur dix (88 %) suspectées étaient des hommes, selon les dernières données ventilées présentées par le ministère de l’Intérieur le 29 novembre 2021.