En Italie, en Espagne et en Irlande, pour des raisons diverses, des tensions existaient ce 30 juin 2022. La guerre civile irlandaise faisait déjà de nombreux prisonniers, blessés et morts. Les pourparlers commerciaux entre l’Espagne et l’Allemagne suspendus jusqu’à nouvel ordre. L’Italie craignait que l’empire austro-hongrois se reforme, n’augurant aucune espérance de paix pour le futur. Mais tout autant sur l’accord italo-yougoslave ou l’arrivée sous-jacente de l’Italie fasciste des années 1922.
Les unités de l’État libre après une préparation militaire intense prenaient une partie du palais de justice à Dublin. Elles ont fait 33 prisonniers, et comptent comme pertes trois hommes et quatre officiers, en sus de dix blessés. « À trois heures quarante-cinq, ils échangeaient avec les troupes d’attaques une fusillade violente », racontait le quotidien L’Homme Libre. La communication dans les différents lieux de l’île était disparate, car les câbles téléphoniques et télégraphiques pour la plupart étaient rompus. La peur d’un soulèvement général des « rebelles » semblait prégnante. D’autant qu’une machine infernale s’installait à Talbot Street. Cette rue et ce coin de Dublin portent les stigmates de conflits passés et futurs. En octobre 1920, le républicain Seán Treacy de Tipperary a été abattu devant le magasin Republican Outfitters au numéro 94, juste après avoir été repéré par des agents britanniques en patrouille clandestine. Mais elle est également meurtrie par les 33 victimes des attentats de Dublin et Monaghan en 1974, dont la façade du mémorial érigé dans Talbot Street commémore cet événement.
La paisible citée de Dublin, porte les traces d’un conflit civil qui demeure entre les briques des murs. (Crédits : Paolo Trabattoni/Pixabay)
L’Italie semblait redouter la reconstitution d’un État austro-hongrois. L’Epoca se faisait écho d’appréhension, car le journal relatait que « nous pouvons espérer régler tous les différends italo-allemands avec le gouvernement résidant à Berlin, mais avec un gouvernement résidant à Munich, nous n’aurions aucune espérance de paix ». Sauf que la politique étrangère fasciste prit place le 31 octobre 1922, elle reposa sur un compromis entre les inclinations personnelles du chef du gouvernement, Benito Mussolini, et le correctif que lui apportait la prudence et la vision à long terme des diplomates. Dès le 3 novembre 1922, en poste trois jours plus tôt, Mussolini expliquait à quelques presses étrangères que l’Italie voulait « être traitée par les grandes nations du monde comme une sœur, non comme. une servante », qu’elle n’avait pas l’intention de « marcher sur les pieds des autres nations », mais qu’elle entendait « faire respecter sa dignité ».
La paix fragile laborieusement édifiée selon les journaux par David Lloyd Georges n’aura été qu’un léger armistice. Car l’Irlande ne connaissait pas la trêve de la Pentecôte en ce 5 juin 1922, les troupes anglaises débarquaient, emplies de munitions et de tanks. Les incendies, meurtres, combats, tout le sinistre appareil de la guerre civile se mettait en place. Le casus belli est le traité anglo-irlandais, mais la guerre d’indépendance irlandaise mourrait dans l’œuf avec le gouvernement de Lloyd Georges.
Tandis que les Anglais mettaient pied à terre en Irlande, les autorités britanniques arrêtaient un bateau à vapeur américain transportant du, mais. Venant de New York, les cales du navire, après visite, révélaient qu’en dessous de ladite cargaison se trouvait une importante quantité d’armes. Dans le même temps, des individus dérobaient dans les magasins de la mine se Sutton-Manor, non loin de Manchester 13 000 détonateurs, puis dans une mine de Shirdley 19 livres de poudre et 760 détonateurs étaient volés.
La bataille de Pettigoe et Belleek a été le plus grand engagement militaire entre l’Armée républicaine irlandaise et les forces d’occupation britanniques en Irlande, ce depuis le soulèvement de Pâques de 1916. Pettigoe est à la fois commune de l’Eire et de l’Irlande du Nord (Crédits : An Sionnach Fionn)
Peu avant midi, dans la ville de Pettigoe, un officier anglais annonçait au commandant sinn-feiners qu’il disposait d’un quart d’heure pour évacuer la commune. Une centaine obtempérèrent, mais des irréductibles se barricadèrent, mitrailleur en batterie prêtent à faire feu. Les troupes anglaises ouvrirent le feu par l’artillerie avant d’attaquer à la baïonnette. Six obus furent tirés, permettaient de débusquer les francs-tireurs irlandais cachés ici et là.
Des volontaires de l’Armée républicaine irlandaise, en 1922. Ils portent un mélange entre les uniformes de l’IRA et des vêtements civils, typiques de la fin de la période révolutionnaire. (Crédits : An Sionnach Fionn)
Un second contingent britannique débarqué de l’île de Boa traversait le bras de mer, pour arriver peu après 14 h. Ils prirent les sinn-feiners par-derrière. D’après la communication des troupes britanniques, il faisait état de trente morts et autant de blessés côté irlandais, l’arrestation du commandant et seize de ses hommes, contre un seul décès côté anglais.
La conférence de Gènes terminée, celle de La Haye pointe le bout de son nez. Le 4 juin 1922, les dissonances, rancœurs amertumes et tensions apparaissent ici et là. De la persécution religieuse en Russie, sept membres d’une même famille « pètent les plombs » en Italie, les fascistes de Mussolini sèment la pagaille, l’état de santé de Lénine préoccupe, l’organe gouvernemental russe en passe de s’effondrer, Poincaré chahuter dans la presse outre-Manche.
La presse britannique étrille la France et son président. Le Sunday Times titrait « La France contre l’Europe », l’Observer écrivait que « M Poincaré désire que la réunion de La Haye soit une conférence en camisole de force ». Car selon le tabloïd « il se peut que nous prenions l’engagement de garantir la frontière française d’avant 1870, mais en ce qui concerne les questions commerciales et financières, il faut que nous devenions absolument libres de favoriser nos propres intérêts comme nous l’entendons ». L’Écho d’Alger expliquait que la France pensait que l’Allemagne n’était ni désarmée, ni résignée, ni soumise et qu’elle cherche par tous les moyens à esquiver ses paiements. Le Sunday Times avec le flegme britannique donnait une leçon que « le seul remède qui puisse guérir les maux de l’Europe, c’est l’annulation des dettes de guerres interalliées et la destruction de l’œuvre financière du traité de Versailles ».
Toutes les caméras du monde sont dirigées vers le jubilé de platine de la reine Élisabeth II, qui accéda au trône britannique le 6 février 1952. En France, Louis XIV régna du 14 mai 1643 au 1er septembre 1715, soit 72 ans, 3 mois et 18 jours. (Crédits : Brigitte Werner/Pixabay)
En Russie, le mal dont souffre Lénine inspire de sérieuses inquiétudes, il aurait eu une attaque d’apoplexie cérébrale. Ce qui est une suspension plus ou moins complète de l’activité cérébrale, souvent liée à une hémorragie cérébrale qui, selon l’académie de Médecine est un « saignement au sein du parenchyme cérébral par suite de la rupture d’un vaisseau, constituant un accident pathologique majeur, dont le pronostic est le plus souvent grave, sinon réservé. » Si son leader est au chevet des souffrants, le pays l’est également. Le manque de ressources force les Soviets à réduire les dépenses, et le nombre de cadres chez les fonctionnaires. La situation est telle que la Tchéka ramenait à 80 000 le nombre de policiers. Quatre mille d’entre eux se retrouvaient du jour au lendemain, de l’autre côté de la barrière en devenant bandit.
Les tensions nationalistes œuvrent en Italie, en Espagne comme en Allemagne. (Crédits : Brigitte Werner/Pixabay)
Les fascistes de Benito Mussolini quittaient Bologne après leur démonstration de force, incendiaient deux coopératives, celle de Gagnarols et de Luvoledo. Mais comme la maison du peuple de Granarolo, les chemises noires mettaient le feu au matériel et le mobilier dans les rues des communes. Dans le village de Sasso-Carvaro, proche de Pesaro, sept personnes devenaient hors de contrôle, et « folles » selon les journaux. Après avoir incendié plusieurs maisons, ils dansaient autour d’elles. Les carabiniers aidés de citoyens arrêtaient les déments, mais ils s’échappèrent après avoir changé des coups de feu. Une escouade de carabiniers réussissait à les déloger de leurs demeures, dans laquelle ils s’étaient barricadés.
Que se passait-il sur Terre le jour de votre naissance ? Seuls les adultes présents et les coupures de journaux pourront vous l’apprendre. La période de l’entre-deux-guerres, en Europe, est source de tensions. La géopolitique saisit le pas sur les décisions. Que cela se déroule en Angleterre, en Autriche, en Italie, et même jusqu’en Russie, rien ne semble être paisible. Les attentions se cristallisaient, en cette date du 25 mai 1922 des six jours qui nous séparaient de l’ultimatum du 31.
L’Angleterre contestait le droit de la France à prendre des sanctions militaires. En cause l’article 18 de l’annexe II de la partie VIII du traité de Versailles… car, c’est Lloyd George, Wilson, Orlando et Clemenceau qui menaient les débats. La tournure montrait que les vainqueurs de la Grande Guerre possèdent des visées différentes, voire opposées. Les termes du traité, signé le 28 juin 1919 sont si durs que le gouvernement allemand envisage un temps un soulèvement militaire.
Ce « Diktat » ne fera qu’exacerber le sentiment nationaliste en Allemagne, qui sera largement exploité par les nazis. (Crédits : BnF/Gallica/La Liberté)
Des échauffourées entre fascistes et communistes italiens se déroulaient à Rome. En cause les rassemblements qui tentaient à célébrer l’entrée en guerre de l’Italie. Une trentaine de manifestants étaient blessés, et les chiffres, bien qu’officieux, recensaient de nombreux morts. Les incidents qui se produisaient dans le quartier Saint-Laurent engendraient d’une grève générale.
L’original du traité de Versailles à disparu. « Dans la nuit du 11 au 12 août 1940, le commando Künsberg, qui avait déjà opéré des vols d’archives diplomatiques en Belgique et aux Pays-Bas, vole le traité », raconte l’historien Vincent Laniol.
L’insouciance, voire la méconnaissance des adultes n’était pas à démonter du côté de Saint-Étienne. En cette belle et chaude après-midi du 25 mai 1922, le garde Vigier, M Gaudiaux et les époux Chavalet prirent le chemin dune mine abandonnée, dans le but simple de la visiter. Elle était restée dans son jus depuis l’armistice. Les gaz délétères incommodèrent les visiteurs d’un jour. Mme Chavalet put remonter et prévenir les secours, son mari fut sauvé par des passants. Les sauveteurs arrivèrent, mais dans la précipitation M Rhône ne pris pas le temps de s’équiper d’un appareil respiratoire. Il fut ramené avec Vigier et Gaudiaux, tous trois morts.
Un prêche à la mosquée Sainte-Sophie déclarait que le gouvernement d’Angora était en rébellion contre le sultan et la foi musulmane. L’accusé à travers son porte-parole informait les alliés que s’ils refusaient de rencontrer les représentants Kémalistes, il cesserait toute relation avec l’Europe. (Crédits : Hangela/Pixabay)
Un incident faisant cinq morts et de nombreux blessés se produisait à la frontière italo-yougoslave. Des fascistes italiens, aux alentours de la ville de Kastav, pénétraient et attaquaient le poste-frontière. Ils furent repoussés. Deux heures passaient quand deux compagnies d’infanterie ouvraient le feu sur ledit poste. Les Yougoslaves reculaient sur trois cents mètres pour s’abriter et furent attaqués à la baïonnette. Une patrouille aidait le personnel du poste-frontière, tant et si bien que les Italiens rebroussaient chemin, laissant cinq défunts et plusieurs blessés.
À Belfast, des ouvriers orangistes étaient attaqués par des membres du Sinn Féin. Les tramways les transportant se retrouvaient sous un feu nourri. La police usait de mitrailleuses, créant deux morts et vingt blessés, augmentant la triste liste des Irlandais décédés dans ce conflit. (Crédits : David Mark/Pixabay)
Le 31 mai 1922 était la date butoir imposée à l’Allemagne pour respecter ses engagements. S’il était constaté qu’elle manquait volontairement à ses directives, la France appliquerait le fameux article 18 du traité de Versailles pour faire valoir ses droits. « La France loin de diminuer les garanties des créanciers de l’Allemagne, comme l’avait fait M Chamberlain par son action séparée, renforcerait ces garanties et prendrait des mesures conservatoires dans l’intérêt de toux ceux des alliés qui ont part aux réparations… », écrivait Jacques Bainville dans le quotidien La Liberté.
Les fêtes de Pâques se terminaient hier soir 19 avril 1922, et se déroulaient dans une atmosphère relativement calme et détendue, malgré une série de désordre qui eut lieu dans les quartiers de Belfast. Toujours sous fonds de mésentente entre catholique et protestant, des heurs, des drames, des embrasements sont légion. D’un côté des personnes, de l’autre des mitrailleuses tirant à balles réelles. De nombreux blessés, des maisons incendiées, des familles à la rue…
Plusieurs feux ont été allumés dans le quartier de Narrowdone à Belfast, le bilan affichait une quinzaine de demeures plus ou moins détruites et surtout plongées plusieurs clans à la rue. Les autorités irlandaises ordonnaient qu’elles soient hébergées dans des locaux municipaux. La pagaille engendrée a été mise au diapason à l’arrivée bruyante et dommageable des mitrailleuses. Le lendemain, les mêmes mitrailleuses crachaient encore leurs projectiles sur les habitants, manifestants… provoquant une centaine de blessés.
Deux officiers généraux en charge de l’organisation de l’armée de l’État libre étaient arrêtés à Kenmare, dans le comté de Kerry, par des éléments de l’armée républicaine. En protestation, ils entamaient une grève de la faim. (Crédits : Ben Kerckx/Pixabay)
Les massacres, assassinats ou tout autre crime effectué pour des questions de religions ou de non-tolérance ne datent pas d’hier. Il y a tout juste cent ans, dans la ville de Belfast en Irlande, la mort de sept personnes de la même famille faisait les gros titres de presse. Froidement abattus dans leur salon, d’une balle de revolver en pleine tête, car leur faute était d’être de confession catholique. Ainsi huit jours après la fête de la saintPatrick, un père et ses six fils décédaient fauchés, pas des meurtriers assoiffés de religion.
Le petit journal relatait le 25 mars 1922 un crime odieux commis à l’aube du jour à Belfast. Il est 4 h 30 lorsque des bandits revêtus d’uniforme d’agents de Police enfonçaient la porte d’une maison habitée par la famille Owen Mac Mahon. Située à Kinnaird Terrace, près d’Antrim Road, la famille de dix personnes dormait paisiblement. Revolver à la main, les gangsters les réveillèrent et les obligèrent à descendre dans le salon. Mari et femme, suivi par les fils et filles se retrouvèrent au rez-de-chaussée, avant d’être séparés. Les hommes de la famille, soit le père et ses six fils furent alignés contre l’un des murs de la pièce. Les criminels les abattirent l’un après l’autre, à bout portant. Durant le massacre, Mme Mahon et ses deux filles étaient dans la pièce contiguë surveillées par un des membres dudit gang armé.
Quand on évoque les drames sanglants en associant l’Irlande, il vient en tête la chanson, entre autres (JohnLennon, dans Some Time in New York City/Stiff Little Fingers avec Bloody Sunday) de U2 « Sunday Bloody Sunday » faisant référence à une tuerie de 1972, malheureusement, 50 ans plus tôt, elles existaient déjà… (Crédits : Le Petit Journal/BNF Gallica)
Le bruit généré par les détonations d’armes à feu alerta les voisins qui prévinrent le poste de police le plus proche. Le journal relate que « la mère et ses deux jeunes filles étaient agenouillées devant les cadavres […] » à l’arrivée des forces de l’ordre. Elles n’étaient pas en capacité de donner quelconque renseignements. « Les meurtriers ne peuvent même pas invoquer le prétexte de crime politique […] Son seul forfait, aux yeux des assassins, était d’appartenir au catholicisme. » Les catholiques de l’Ulster tenaient une réunion au cours de laquelle ils ont protesté énergiquement contre les meurtres commis avec préméditation dont sont quotidiennement victimes les familles catholiques. Les guerres de religion, les assassinats, la non tolérance parce vous êtes différents ne date pas d’hier.
Incontournable, ce 17 mars 2022, comme chaque année est la journée de la Saint Patrick. Tous la célèbrent, vêtus de vert, déambulant ici et là souvent avec une boisson fermentée à base de houblon, à leur boutonnière, fièrement est porté un trèfle. Au fil des années, cette fête catholique est devenue civile. Elle s’est imposée au même degré qu’une fête nationale, devenue internationale. Que vous soyez à New York, Guéthary, à Wesport… il est bon de chanter la joie de vivre, commune à tous les Irlandais, malgré l’histoire mouvementée.
Avant d’être le saint patron de l’Irlande et instigateur du trèfle comme symbole du pays, sa vie n’est pas banale. Maewyn Succat, de son véritable patronyme né vers 385 à Kilpatrick en Bretagne insulaire, désormais la Grande-Bretagne. Sauf, qu’elle est occupée par l’envahisseur romain. Son père est décurion, officier subalterne de l’armée romaine. L’île anglo-saxonne est romanisée depuis la conquête commençant en 43 pour s’achever en 83 de notre ère.
La météo n’arrête jamais les Irlandais, comme ci-dessus à Wesport. « Met these lovely people this morning ready for todays Parade in Westport, Happy St Patricks day to everyone ;)💚💚💚 », raconte le photographe, Amayo Photography, sur sa page Facebook. (Crédits : Amayo Photography)
Âgé de seize ans, il est enlevé par des pirates et vendu comme esclave à un druide irlandais. Il devient berger pour le compte de son maître, jusqu’à ce que, selon la légende, Dieu lui fasse signe et lui ordonne de s’enfuir. Il aurait pris le dernier navire des troupes romaines qui quittaient le pays et débarque en Gaule. Il se rend alors à Auxerre, où il se met à étudier la théologie sous la direction de Saint-Germain.
Il n’a pas été le premier missionnaire dans le pays, mais il est celui qui est considéré ayant le mieux réussi. (Crédits : Nheyob)
Diacre, puis évêque, c’est à la demande du papeCélestin qu’il retourne en 432 sur la terre qu’il n’avait connue qu’en tant qu’esclave, pour évangéliser le peuple irlandais. Il aurait eu l’idée le trèfle, car la forme de la plante lui permet d’expliquer le concept de la Trinité aux Irlandais : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Les légendes le présentent faussement comme l’homme qui a chassé les serpents, alors que le climat et la situation géographique de l’Irlande n’ont jamais offert aux serpents de coloniser la région. La parabole semble se référer aux rites païens, dont certains furent transformés pour intégrer la religion prêchée.
Wesport est à l’image de l’Irlande, colorée, chaleureuse, accueillante… un véritable coin de paradis sur Terre. (Crédits : DR)
Il serait probablement décédé le 17 mars 461 à Downpatrick, après la harpe celtique, les Irlandais prennent le « shamrock » (le trèfle) comme emblème. C’est la date que chaque année les Irlandais célèbrent Maewyn Succa, devenue évêque. Parmi les symboles de la fête de la Saint-Patrick, n’oublions pas les leprechauns. Farfadets malicieux qui aiment jouer des tours aux humains. Ils possèdent une marmite remplie d’or, qu’ils cachent généralement au pied d’un arc-en-ciel.
C’est l’infection de plus d’un million de victimes, et jusqu’à 1500 entreprises, par le ransomware « REvil/Sodinokibi » qui fait la une des différentes presses, qu’elles soient en version papier, web, radiophonique ou télévisuelle. Pour autant, quand le tout numérique est le fer de lance des sociétés et des gouvernements de la planète, faut-il s’étonner ? Notre santé, nos comptes en banque, nos vies sur les réseaux « sociaux »… tout est data, donc tout est monnayable !
Le monde paye pour apprendre. Cette formule, souvent reprise dans les articles sportifs, illustre le futur. De nombreuses entreprises font les frais de cybercriminels. La différence se fait sur le point de vue. Ainsi, tapis dans l’ombre, ils traquent la faille, l’exploit…
Kaseya atteint par un crochet au menton
Ce lundi 5 juillet 2021, le monde se réveille groggy avec cette affaire, lorsque l’on regarde les journaux nationaux et internationaux. La firme revendique : « Avec Kaseya, proposez des services de gestion, de surveillance et de sécurité informatique de tout premier ordre. Rendez vos équipes plus productives sans augmenter vos ressources, grâce à des solutions de gestion informatiques évolutives, sécurisées et fiables. » Cela dit, la protection totale n’existe pas. Vous ne pouvez arrêter un individu voulant voler, il est primordial de prendre des dispositions. « Installer une porte blindée, de dernière génération, à l’entrée de votre domicile, ne vous dispense pas de fermer les fenêtres de derrière, restées ouvertes. »
Cyrille Chausson, sur le site « LeMagIT », écrit un article en 2019 à ce sujet. « La société propose une plateforme unifiée qui permet de centraliser la gestion des composants clés d’une infrastructure pour les PME. De la gestion des accès et des identités jusqu’à celle des terminaux utilisateurs », explique-t-il. Les grandes entreprises ont pléthores de tâches journalières, et, comme tout un chacun, délègue. Kaseya s’est fixé comme mission d’offrir une plateforme unifiée multi-usage.
La quantité des terminaux touchés peut effrayer, c’est l’effet domino observé depuis les infections des opérateurs derrière les différents ransomwares. Certains mettent la clé sous la porte, quand d’autres commencent, à l’instar de Lorenz, Hive, Grief, Prometheus ou Vice… (Crédits : capture d’écran)
Sa cible, les établissements de taille moyenne ou intermédiaire, elles comptent de 1 à 4 000 salariés. Pour ces sociétés, le management de l’infrastructure IT n’est pas un sujet pour elles. Cette dernière a besoin d’être définie pour comprendre l’ampleur de l’infection par codes malveillants. « L’infrastructure de la technologie de l’information (IT) fait référence aux composants combinés nécessaires au fonctionnement et à la gestion des services et des environnements informatiques de l’entreprise. »
Un retex (NDLR Retour d’expérience) sera effectué pas tant pour blâmer, mais pour en tirer les leçons indispensables.
L’entreprise Kaseya n’est pas une inconnue du Vieux Continent. La multinationale y réalise un tiers de son chiffre d’affaires. Le Royaume-Uni et l’Allemagne sont les marchés les plus porteurs sur cette zone. La France est certes en retrait, mais avec l’Allemagne, il s’agit du pays qui connaît la plus forte croissance, assure encore le CEO (NDLR chief executive officer ou président-directeur général). La conformité avec le RGPD fait partie des préoccupations des entreprises hexagonales, attirées par Kaseya.
Plus de 1500 cyberattaques au 1er juillet
« Nous avions compté plus de 1 600 attaques avec ransomware en 2020. Au premier juillet, nous en étions à environ 1 500. Ce chiffre a été largement dépassé le lendemain, du fait des activités du gang REvil, avec le rançongiciel Sodinokibi », relate Valéry Marchive. La demande de rançon est de 70 millions de dollars en Bitcoins, ce qui représente 45 000 par société. Une baisse de 11 % de la somme est concédée par les opérateurs, après d’âpres discussions. Ou, comme l’écrivent les chercheurs de chez Sophos, l’oublie d’effacement des snapshots de Windows, les Volume Shadow Copies, ouvrant la voie à des restaurations simplifiées, pourraient être à l’origine de la ristourne.
« Certains facteurs se distinguent dans cette attaque par rapport aux autres. Premièrement, en raison de son déploiement massif, REvil ne fait aucun effort apparent pour exfiltrer des données. Les attaques ont été personnalisées dans une certaine mesure en fonction de la taille de l’organisation, ce qui signifie que les acteurs de REvil ont eu accès aux instances du serveur VSA et ont pu identifier les clients individuels des MSP comme étant différents des grandes organisations. Et il n’y avait aucun signe de suppression des Shadow Copies, un comportement courant chez les ransomwares qui déclenchent de nombreuses défenses contre les logiciels malveillants. »
Le Cabinet est implanté à Paris, Bordeaux, Lille et Lyon, plaide dans toute la France. Il collabore avec de nombreuses associations de victimes de dommages corporels (l’UNAFTC, l’AVIACAAM…). Rémy LE BONNOIS est membre fondateur de l’association ANADAVI. (Crédits : Capture d’écran)
Lors d’une audition à huis clos, début juin, par la Commission de la défense nationale et des forces armées de l’Assemblée nationale, Guillaume Poupard, directeur général de l’Agence nationale pour la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), indiquait qu’« après avoir détecté 15 000 attaques possibles sur les serveurs de Microsoft Exchange, nous avons prévenu les quelques milliers de victimes potentielles que nous avons réussi à joindre, 3 % d’entre elles seulement nous ont répondu ». Cette situation met en exergue les disparités de statut et de fonctionnalité entre les gendarmes du genre. Une différence notable des pouvoirs de l’ANSSI de son homologue outre-Atlantique.
« Je saisis cette occasion pour vous dire qu’il manque à l’ANSSI un pouvoir d’injonction. […] Il est inacceptable que des gens auxquels on dit : “Vous êtes assis sur une bombe”, ne traitent pas la question. Une disposition légale donnant à l’ANSSI un pouvoir d’injonction serait une étape supplémentaire […] dans une logique d’accompagnement de la montée en compétences, mais il en va de la cybersécurité nationale », martèle Guillaume Poupard.
Aux États-Unis, ils peuvent utiliser un pouvoir d’injonction, récemment durci. Quand une faille du type de celle qui a affecté Microsoft Exchange est détectée, le Cybergendarme écrit à toutes les agences fédérales en leur prodiguant 48 heures pour les corriger, après quoi la sanction tombe. (Crédits : capture d’écran)
Pas moins de 28 attaques ont été perpétrées en France pour le mois de juin. Conti se taille la part du lion avec au forum du bâtiment SAS, Brangeon Groupe, Cerfrance Côtes-d’Armor, Maître Prunille, Voltalia, groupe Traon Industrie Développement, Assu2000 (29/06). Everest cible les entreprises françaises. Ils diffusent 820 GB de données relatives au cabinet Rémy Le Bonnois, mais pas seulement. L’imprimerie Lamazière, Epsilon hydraulique, Always international, Assurances et Courtage lyonnais, Alltech France, Groupe Confiance Immobilier, Xefi. REvil s’est attaqué à Tendriade, le groupe LV à Demarne Frères, Xing à Aqualung Trading. Saint-Avold Synergie, Pont-Saint-Esprit, PRB, Camaïeu, Deux-Sèvres Habitat, Sepur, CCI Bordeaux-Gironde, ou encore la commune de Villepinte et Lenaja par Grief.