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  • Il a cent ans… l’orgueil du gentleman cambrioleur

    Il a cent ans… l’orgueil du gentleman cambrioleur

    L’orgueil est une opinion plus qu’avantageuse qu’on a de sa propre personne. Du latin superbia, il détermine non l’égocentrisme, mais la considération de notre valeur, souvent aux dépens de celle due aux autres. Au XVIIe siècle la fierté était définie par quelqu’un de hautain et altier. L’Académie française lui octroie actuellement le « vif sentiment qu’on a de son mérite ». C’est toute l’histoire de Serge de Lenz.

    Le 26 mars 2022, l’Écho d’Alger relatait une affaire rocambolesque, Serge de Lenz cambrioleur mondain, n’entends pas laisser ses exploits être diminué par la cour. Interrogé le jeune homme qui n’en est pas à son coup d’essai interpelle le président de la chambre d’instruction. « J’ai même volé, en même temps une tabatière en argent ». La réaction du présumé malfaiteur répondait au doute émis par le juge. Ce dernier formulait une sérieuse incertitude au sujet d’un collier dérobé chez le bijoutier M. Servan dont le magasin se situe à Bordeaux. Le représentant du commerçant, qui assistait à l’interrogatoire déclarait « c’est bien vrai, nous avions négligé de signaler cette tabatière à la police ». Il n’en faut pas plus pour que triomphant, Serge de Lenz s’écriât « Vous voyez ! ». Son procès en Assises, en février 1923 pour vols qualifiés et recel le condamnera à 10 ans de prison ferme. En liberté conditionnelle en 1931, il s’installe à Dieppe, car interdit de séjour en Île-de-France.

    Qui est celui que la postérité a surnommé le « Gentleman Cambrioleur », allusion au célèbre personnage d’Arsène Lupin, créé par Maurice Leblanc à la même époque. Série à succès alors interprété par Georges Descrières, dont nos grands-parents ne perdaient pas une miette devant l’écran cathodique. (Crédits : AFP)

    Serge de Lenz est né le 7 novembre 1892 à Neuilly-sur-Seine, et meurt le 11 septembre 1945 à Issy-les-Moulineaux des suites de graves blessures. Fils d’Eugène de Lenz, banquier d’origine russo-balte, et de Marie Pontez, il fait des études au lycée Condorcet. Le 1er avril 1912, Serge de Lenz signe un contrat de cinq ans comme engagé volontaire dans la cavalerie, au 13e régiment de chasseurs. Moins d’un an après, il est réformé médical pour « hystéries et crises nerveuses constatées », le 7 février 1913 Livré à lui-même, Serge de Lenz multiplie ensuite les délits. Dès l’âge de 21 ans, Serge de Lenz est condamné à 10 mois de prison pour vol de voiture. Son parcours est impressionnant pour le commun des mortels. Pendant les années de guerre, il passera plusieurs fois en justice pour vols, faux et usages de faux totalisant plus de 5 ans de réclusion dont il n’accomplira que la moitié, purgeant le reste dans les « Bat’d’Af’ » sur décision du tribunal militaire.

    Tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins, à l’occasion gigolo bisexuel, il escroque et fait chanter ses victimes. (Crédits : DR)

    Le comte de Guise-Hitte, peintre américain séduit, révélera naïvement, l’emplacement de son coffre et de sa fortune. Le cambriolage est effectué fin octobre 1931, avant de fuir en Belgique. Extradé, De Lenz sera condamné aux Assises à dix années d’incarcérations pour vol qualifié en mai 1934, mais un vice de procédure fait casser le verdict. Rejugé en janvier 1935 devant la cour d’Assises de l’Eure à Évreux, l’homme sera libéré en décembre 1936 pour folie. De menus larcins rythmeront sa vie jusqu’à son enfermement au camp de Rouillé, dans la Vienne (86) avant son évasion en décembre 1941, le lieu n’avait que quatre mois d’existence. L’occupation nazie décrète la ligne de démarcation le 22 juin 1940, longue d’environ 1 200 km.

    Des communes comme celle de Jardres dans la Vienne, propose un parcours le long de la ligne de démarcation. Le réseau de résistance Renard à travers le journal clandestin Le Libre Poitou s’opposa au régime nazi. Louis Renard fut arrêté en 1942, puis guillotiné à Wolfenbüttel. (Crédits : Centre châtelleraudais d’Histoire et d’Archives)

    Il retourne à Paris devenu sous l’Occupation nazie, paradis des malfrats et des collabos. La capitale grouille de trafiquants au marché noir et de faux policiers, que relate le film « La Traversée de Paris » avec Jean Gabin et Bourvil, réalisé par Claude Autant-Lara. Cet environnement propice aux larcins convient parfaitement à Serge de Lenz. Il rejoint la bande de Rudy de Mérode, espion français à la solde des Allemands, et se préoccupe plus particulièrement d’organiser le racket des cabarets et autres lieux de nuit.

    Dans ce camp furent internés des politiques, ceux qui émettaient des opinions opposées aux nazis et aux vichystes qui pourraient actuellement être qualifiés de complotistes. Ceux qui tentèrent de rejoindre l’Angleterre, des républicains espagnols, marchés noirs, droits communs, et les indésirables espagnols, russes, arméniens, italiens… (Crédits : Vrid Memorial)

    En février 1943, un particulier vient se plaindre d’un vol de 300 Louis d’or. Mais également d’avoir été molesté par des hommes affirmant être de la Carlingue, qui est le surnom de la Gestapo française. Après enquête interne, il s’avère que les coupables étaient des hommes de la bande de Mérode dont Serge de Lenz faisait partie. Explication orageuse entre les deux chefs de bande. Suite à de nouveaux incidents, Henri Chamberlin, dit Henri Lafont, chef de la Gestapo française fit arrêter toute l’équipe de Neuilly par la police allemande et exigea leur déportation. Rien de mieux que d’éliminer la concurrence pour régner en maître des lieux. L’homme fut incarcéré à Fresnes avant d’être déporté à Oranienburg puis à Buchenwald. Libéré par les Américains, Lenz revint à Paris en 1945 et récupéra son magot caché avant sa déportation. Mais, il tenta de voler un de ses nouveaux compagnons du milieu qui le battit à mort, il décédera à la clinique d’Issy-les-Moulineaux le 11 septembre 1945 des suites de ses blessures.


  • La Bastille des mers

    La Bastille des mers

    Les États-Unis possèdent de multiples prisons, pourtant la plus célèbre est Alcatraz, située dans la baie de San Francisco. En France, il y avait la Bastille, sa prise survenue le mardi 14 juillet 1789 à Paris, est l’un des événements inauguraux et emblématiques de la Révolution française, mais pas que. Une autre bien moins connue est celle du mont saint Michel, ou à l’instar du film « L’homme au masque de Fer » elle vit défiler d’innombrables condamnés, en vit mourir et nourrie bien des fantasmes, jusqu’à sa fermeture au milieu du XIXe siècle.

    Suite à la visite de Louis XI en 1472, que l’ancienne abbaye du Mont-Saint-Michel est transformée en prison d’État. SA décision aurait porté sur le confort précaire et la situation géographique, en plus de la qualité des fortifications. Celui que l’on surnommait l’Universelle Aragne avait fait faire un somme conséquente de cellules, sans doute pour cloîtrer ses opposants. Il semblait exceller en ce domaine, grâce à son principal fabricant Hans Ferdargent. La première fut faite en février 1471 et servit à enfermer le cardinal la Balue. Trois années plus tard, une fut installée à l’hôtel des Tournelles, à Paris. En 1476, on en construisit une troisième, dans la cour de la Bastille, pour Guillaume de Haraucourt, évêque de Verdun. En 1479, Louis XI établit trois forges dans son château du Plessis-lès-Tours, pour y faire faire, sous ses yeux, plusieurs cages de fer. Des preuves indiquent l’existence de deux d’entre elle à Loches, une à Chinon au sein de la forteresse royale, une à Angers et une au Mont-Saint-Michel.

    Au temps des moines, Dubourg séjourna un an dans la cage de fer, punis es prisonniers d’État n’y passaient généralement que quelques jours. L’interstice de trois carrés sur l’estampe correspond au passage nécessaire de l’écuelle. (Crédits : Dessin de Louis Boudan, 1699/Bibliothèque nationale)

    Il faudra attendre que Madame de Genlis raconte dans ses Mémoires, le pire cachot qu’il soit possible de voir. « Pour y arriver, on été obligé de traverser des souterrains si obscurs qu’il fallait des flambeaux ; et après avoir descendu beaucoup d’escaliers, on parvenait à une affreuse cave où était l’abominable cage. J’y entrai avec un sentiment d’horreur. » Le cachot en question est une cage de bois consolidée de ferrures d’environ 2, 5 m et de 2 m de côté. D’autre étaient bien plus infamante, les fillettes où Louis XI poussait le vice à suspendre la cage de fer à un anneau pour qu’elle oscille au moindre des mouvements du prisonnier.

    « Il y avait aux parois deux ou trois petites fenêtres, si drument treillissées d’épais barreaux de fer qu’on n’en voyait pas la vitre. La porte était une grande dalle de pierre plate, comme aux tombeaux. De ces portes qui ne servent jamais que pour entrer. Seulement ici, le mort était un vivant », écrit Victor Hugo dans Notre-Dame de Paris. (Crédits : DR)

    Victor Hugo relate l’existence de cages utilisées sous Louis XI pour incarcérer les prisonniers d’état, et nomme ces cages « Fillettes du Roy ». Il faudra attendre quelques décennies supplémentaires pour apprendre qu’elles sont en réalité de pesants fers que l’ont fixait aux chevilles des détenus et qui étaient lestés d’un boulet de fer accroché à une lourde chaîne. Autant dire que vous renonciez rapidement à toute tentative d’évasion. Si vous hésitiez, et pour faire rentrer dans le rang les plus hardis, un traitement de faveur leur était réservé.

    Les personnels de la prison d’État vous posaient des fers destinés à lier à la fois les bras, les jambes, le corps et le cou, le Graal en la matière. Voici des menottes de mains et de pieds, chaînes de cou, similaires à celles utilisées dans les prisons par le roi Louis XI. (Crédits : Hjart)

    L’abbaye fortifiée de tours et de remparts est une citadelle imprenable défendue par la mer. Elle fut durant des décennies un impitoyable univers carcéral avec ses cachots insalubres, ses sombres oubliettes et ses cages de fer. Des milliers de prisonniers, hommes, femmes, enfants, déportés politiques, chouans, bagnards, ou encore princes de sang y furent enfermés. D’ailleurs, Avedick dit aussi Vertabied, le patriarche des Arméniens est accusé de persécuter les catholiques par Louis XIV qui le fait enlever à Constantinople. Il sera conduit et séquestré dans la tour Perrine du Mont-Saint-Michel du 10 novembre 1706 à décembre 1709, date de son transfert Bastille. Certains ont vu en lui le fameux Masque de fer.

    Louis XI visitant le cardinal La Balue, 1883, peinture d’histoire présentant une vision romancée des « Fillettes », devenues légendaires. (Crédits : Peinture de Jean-Léon Gérôme)

    Entre 1666 et la Révolution française, 153 personnes passent dans les cellules du Mont, souvent « exilés » à la demande de leurs familles qui payaient une pension, comprise entre 600 et 1 200 livres. Des cellules plus « agréables », où si l’on en croit les moines, les prisonniers auraient été bien traités. Ils recevaient une demi-livre de pain blanc, du beurre, du fromage et une pinte de cidre au petit-déjeuner. « Le 4 janvier 1842, le directeur Firmin Bonnet remit en liberté le nommé Jean-Pierre selon avis du procureur du Roi d’Avranches qui donnait avis que Sa Majesté Louis-Philippe avait daigné faire à cet individu remise du reste de la peine de 2 ans d’emprisonnement pour vol d’un drap de lit prononcé contre lui le 19 novembre 1840 par le tribunal correctionnel de Châteaulin », relate Robert Sinsoilliez dans Prisonniers au Mont-Saint-Michel. La prison fermée en 1863 aura eu pour mérite de sauver l’abbaye de la destruction, mais elle laisse l’édifice dans un état de délabrement avancé. En 1874, l’abbaye est classée monument historique et sa longue restauration commença.

  • Il y a cent ans… un septuple assassinat odieux à Belfast

    Il y a cent ans… un septuple assassinat odieux à Belfast

    Les massacres, assassinats ou tout autre crime effectué pour des questions de religions ou de non-tolérance ne datent pas d’hier. Il y a tout juste cent ans, dans la ville de Belfast en Irlande, la mort de sept personnes de la même famille faisait les gros titres de presse. Froidement abattus dans leur salon, d’une balle de revolver en pleine tête, car leur faute était d’être de confession catholique. Ainsi huit jours après la fête de la saint Patrick, un père et ses six fils décédaient fauchés, pas des meurtriers assoiffés de religion.

    Le petit journal relatait le 25 mars 1922 un crime odieux commis à l’aube du jour à Belfast. Il est 4 h 30 lorsque des bandits revêtus d’uniforme d’agents de Police enfonçaient la porte d’une maison habitée par la famille Owen Mac Mahon. Située à Kinnaird Terrace, près d’Antrim Road, la famille de dix personnes dormait paisiblement. Revolver à la main, les gangsters les réveillèrent et les obligèrent à descendre dans le salon. Mari et femme, suivi par les fils et filles se retrouvèrent au rez-de-chaussée, avant d’être séparés. Les hommes de la famille, soit le père et ses six fils furent alignés contre l’un des murs de la pièce. Les criminels les abattirent l’un après l’autre, à bout portant. Durant le massacre, Mme Mahon et ses deux filles étaient dans la pièce contiguë surveillées par un des membres dudit gang armé.

    Quand on évoque les drames sanglants en associant l’Irlande, il vient en tête la chanson, entre autres (John Lennon, dans Some Time in New York City/Stiff Little Fingers avec Bloody Sunday) de U2 « Sunday Bloody Sunday » faisant référence à une tuerie de 1972, malheureusement, 50 ans plus tôt, elles existaient déjà… (Crédits : Le Petit Journal/BNF Gallica)

    Le bruit généré par les détonations d’armes à feu alerta les voisins qui prévinrent le poste de police le plus proche. Le journal relate que « la mère et ses deux jeunes filles étaient agenouillées devant les cadavres […] » à l’arrivée des forces de l’ordre. Elles n’étaient pas en capacité de donner quelconque renseignements. « Les meurtriers ne peuvent même pas invoquer le prétexte de crime politique […] Son seul forfait, aux yeux des assassins, était d’appartenir au catholicisme. » Les catholiques de l’Ulster tenaient une réunion au cours de laquelle ils ont protesté énergiquement contre les meurtres commis avec préméditation dont sont quotidiennement victimes les familles catholiques. Les guerres de religion, les assassinats, la non tolérance parce vous êtes différents ne date pas d’hier.

  • Lapsus$: Un adolescent accusé d’être un cybercriminel

    Lapsus$: Un adolescent accusé d’être un cybercriminel

    Le 24 mars 2022, la police de Londres révèle avoir récemment arrêté sept personnes liées à une organisation d’opérateurs malveillants. L’inspecteur-détective Michael O’Sullivan de la police de la ville de Londres a déclaré que sept individus âgés de 16 à 21 ans avaient été interpelés dans le cadre d’une investigation sur un groupe de piratage. Tous ont depuis été libérés, a affirmé O’Sullivan, ajoutant que l’enquête était en cours. Un jeune homme de 16 ans, connu en ligne sous le pseudonyme de « White », a été accusé d’être l’un des chefs du gang Lapsus$ par la police londonienne.

    L’adolescent qui vit avec sa mère à Oxford soupçonné d’appartenir à Lapsus$ et d’en être l’un des leaders. Les forces de l’ordre de Londres n’ont pas voulu dire s’il en faisait partie du groupuscule. L’ado qui d’après la BBC aurait amassé une fortune de 14 millions de dollars (12,73 millions d’Euros) a été « doxxé » par des opérateurs rivaux. Reconnue en ligne comme « White » ou « Breachbase », serait à l’origine de la prolifique équipe de pirates Lapsus$, qui selon les informations serait basée en Amérique du Sud.

    L’adolescent, qui ne peut être nommé pour des raisons évidentes et juridiques, fréquente une école spécialisée à Oxford. L’enfant qui est autiste passait beaucoup de temps sur les ordinateurs, son père imaginait « qu’il jouait à des jeux ». (Crédits : TheOtherKev/Pixabay)

    « Je n’avais jamais entendu parler de tout cela jusqu’à récemment. Il n’a jamais parlé d’un quelconque piratage, mais il est très bon en informatique et passe beaucoup de temps sur l’ordinateur », s’étonnait le père du garçon au micro de la BBC. La compagnie récente s’est illustrée sur les infections de NVidia, Okta, Microsoft, Samsung, mais auparavant le ministère de la Santé brésilienne et la société de presse Impresa, également au Brésil. « Nous avons son nom depuis le milieu de l’année dernière et nous l’avons identifié avant le doxxing », a déclaré Allison Nixon, responsable de la recherche à la société d’investigation en cybersécurité Unit 221B.

    300 Bitcoins amassés

    Les individus qui l’ont dénoncé ont également révélé son nom, adresse et ses photos sur les réseaux sociaux. Ils ont encore publié une biographie de sa carrière de pirate, en disant : « Après quelques années, sa valeur nette s’est accumulée pour dépasser largement les 300 Bitcoins… il est maintenant affilié à un groupe de ransomware connu sous le nom de Lapsus$, qui a extorqué et piraté plusieurs organisations. »

    Mme Nixon affirme que les chercheurs l’ont suivi à la trace grâce à un flux d’activité lié à un flux presque ininterrompu des comptes en ligne du garçon. Elle assure que la piste a été suivie grâce aux erreurs commises par l’adolescent, qui n’a pas su couvrir ses traces. (Crédits : Kevin Snyman/Pixabay)

    Lapsus$ existe depuis peu, mais c’était rapidement créée une réputation sulfureuse. Cette compagnie est l’une des bandes d’opérateurs informatiques les plus connues et les plus redoutées, après avoir réussi à pénétrer dans de grandes entreprises comme Microsoft, et s’en être vanté en ligne. Un péché d’orgueil ? « Unit 221B travaillant avec Palo Alto après avoir identifié l’acteur, l’a surveillé sur ses exploits tout au long de l’année 2021, envoyant périodiquement aux forces de l’ordre un avis sur les derniers crimes. »

  • Fuite au ministère des Finances du Congo

    Fuite au ministère des Finances du Congo

    LockBit vient de publier, le jeudi 24 mars 2022 une première partie des données du ministère des Finances et du Budget de la République du Congo. Coutumiers du fait, ils avaient affiché des informations du groupe français J. Richard, comme celles du cabinet d’avocats caennais. Ils promettent, sans aucune action de la part des sociétés, soit payer une rançon à travers le monde, de divulguer tous les renseignements en leur possession. Dans le mur de leurs exactions, l’entreprise Avidoc est désormais placardée avec un décompte de moins de six jours et onze heures.

    Le continent africain est touché comme tous les autres par les menaces cyber. Le Ransomware-as-a-Service (RaaS) LockBit 2.0 est redoutable et prolifique d’attaque. Sur le site de fuite, les opérateurs disséminent ainsi des informations, plus ou moins importantes, de la procédure, des rapports à imprimer jusqu’au budget 2022, et des documents confidentiels de la banque des États de l’Afrique centrale, dont Rigobert Roger Andely ministre des Finances et du Budget de la République du Congo, fut le vice-gouverneur. Si certains affichent une date récente de l’année en cours, la plupart sont des fichiers des années précédentes.

    « Nous observons en Afrique un développement des attaques de type malware et notamment ransomware », remarque Emmanuel Cheriet, directeur général d’Orange Cyberdéfense pour le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest. « Il devient urgent que les États africains investissent dans la sécurité informatique […] » (Crédits : capture d’écran)

    Le rapport d’Interpol sur l’évaluation 2021 des cybermenaces en Afrique est sans appel. « La menace des rançongiciels se répand sur le continent africain. Au cours de la seule année 2020, plus de 61 % des entreprises de la région auraient subi des attaques par rançongiciel. »

    En France, après le cabinet d’avocats caennais, c’est la société Avidoc établie dans le Languedoc-Roussillon à Vendres qui est cyberattaquée par le ransomware LockBit 2.0.
    La compagnie vend des produits surgelés pour les professionnels. (Crédits : capture d’écran)

    African Manager publie ce jeudi 24 mars 2022 un article pour prévenir contre une nouvelle variante du RaaS en Afrique. Elle touche aussi bien les machines sous Windows ainsi que celle sous Linux. « Baptisé AvosLocker, ce malware se propage en exploitant les vulnérabilités ProxyShell de Microsoft Exchange : CVE-2021-34473, CVE-2021-31206, CVE-2021-34523 et CVE-2021-31207 », met en garde l’Agence nationale de la sécurité informatique (ANSI). D’autant que Microsoft est une des dernières victimes du groupe Lapsus$.

  • Il y a cent ans… le marié se trompait de sœur

    Il y a cent ans… le marié se trompait de sœur

    Imaginez-vous que vous allez assister au mariage de votre meilleure amie. Sauf que tout ne se passera pas comme prévu, bien au contraire. Les fiançailles suivirent d’une année pour que le couple puisse, selon la tradition, convoler. Dans l’Ouest-Éclair, un chapitre du roman « De l’Amour et de la Pitié », par Jacques Grandchamp semblait être à propos. « Si j’avais su », murmurait Sigisbert allongé sur son lit. Comme le personnage d’Aliette dans ledit roman, la promise et sa famille, allait se souvenir de cette journée toute leur vie.

    La cérémonie était sur le point de se dérouler, ce vendredi 24 mars 1922 à Genève. Le capitaine hongrois Oserheim était fiancé avec la seconde des trois filles de M Brionner à Bregentz. Cependant, l’aînée éprise du militaire se résolut à se marier avec lui coûte que coûte. Elle imagina un plan que seules les fictions pouvaient supposer, il y a cent ans.

    Les droits des Femmes n’étaient pas ceux qu’ils sont aujourd’hui. L’audace n’était pas non plus une qualité recherchée. (Crédits : L’Ouest-Éclair/BNF Gallica)

    Elle se substitua à sa sœur, couverte d’un voile épais elle se présenta à l’autel. Ce ne fut qu’après la cérémonie nuptiale que le marié s’aperçut de la supercherie. Furieux, le jeune épousé prit ses affaires pour se rendre à Budapest séance tenante. Il entamait les démarches nécessaires pour faire annuler l’union. Le journal ne dit pas si la cadette finit par se marier avec le capitaine ni comment la benjamine vécut cette étrange cérémonie.

  • Il y a cent ans… tombait la neige

    Il y a cent ans… tombait la neige

    La mémoire est un outil que l’on doit travailler pour qu’elle puisse transmettre aux moins expérimentés de la vie. Les plus de cent ans vous raconterait, ponctué de silences leurs souvenirs, les archives à travers la France au sein des bibliothèques, archives départementales, permettent de saisir un instant le daguerréotype d’une époque révolue. Sépa Phot entrepris pour ses petits-enfants, de remonter de la cave, les documents que son père, et le père de son père, avaient conservés, durant tant d’années.

    Aujourd’hui, 23 mars 2022, il fait un temps radieux sur Berd’huis, comme à chaque coin de rue en France, le soleil brille. Pourtant, il y a cent ans, c’était une autre paire de manches. Il y a tout juste un siècle, l’Écho de Paris, dans son édition de cinq heures, titrait « la neige tombe partout en France ». Une situation qui inspira peut-être la chanson de Salvatore Adamo « Tombe la neige ». « La neige qui, de quelques rares flocons avait baptisé mardi le premier jour de printemps ne s’en est pas tenue là », commentait le journaliste. La capitale et le territoire français se couvraient de blanc. Le bulletin météorologique annonçait dans la région parisienne des vents de nord-est modérés, du froid, des gelées, des éclaircies et averses de neige, ce dans tout l’hexagone. Le sud n’était guère plus épargné. Elle tombait dans le territoire toulousain, mais fondait en touchant le sol.

    Le budget de la France recueillait déjà les inquiétudes. « L’immensité de la dette intérieure et extérieure de France s’élevait à 330 milliards de Francs ». Le passage des anciens au nouveau Franc s’effectuait en 1960, à cette date, 100 anciens francs ne valaient plus qu’un Franc. (Crédits : L’Écho de Paris/BNF Gallica)

    Plus bas, ce n’était pas la même chanson, une violente tempête de neige s’abattait sur les hauts arrondissements de Prades et de Céret. Les poteaux téléphoniques et électriques pliaient sous la charge. Un enchevêtrement inextricable qui stoppa la circulation des trains sur la ligne Villefranche-Montlouis.
    En Dordogne, à Bergerac, c’est une trombe d’eau qui coupait routes et voies de communication dans le Périgord noir. Partout l’identique constat, il neige. À Aurillac, elle est tombée durant dix heures, pour atteindre 5 cm, au Lioran quatre fois plus. Plus à l’est, Saint-Étienne passait du vert au blanc, sur 10 bons centimètres, rien à voir avec le temps de ce jour, 23 mars 2022 et ses 18 degrés Celsius.

  • Lapsus$ s’attaque à Okta après Samsung et NVidia

    Lapsus$ s’attaque à Okta après Samsung et NVidia

    Le groupe aurait fait son apparition au mois de décembre 2021. Ils ont commencé par cibler principalement des victimes de langue portugaise, telles que l’entreprise de médias Impresa et aussi le ministère de la Santé du Brésil. Mais il s’est fait remarquer par le vol de données chez de grandes compagnies que sont Nvidia, Samsung, Ubisoft, ou encore Microsoft. Dernier en date, Okta. L’entreprise a nié avoir été compromis et enquête sur les revendications d’une violation de données supposée.

    Comme l’organisation de Ransomware-as-a-Service, LockBit 2.0, le groupe #Lapsus$ est prolifique. Il semble cependant se concentrer exclusivement sur le vol de données et l’extorsion. Okta Inc, dont les services d’authentification sont exploités par de nombreuses sociétés telles Fedex Corp, Moody’s Corp, Ymeris, Engie, Unify… pour donner accès à leurs réseaux, a déclaré mardi 22 mars 2022 qu’elle avait été attaquée par des « pirates informatiques » et que certains clients avaient pu être affectés.

    En février 2022, Lapsus$ a volé 1 To de données à Nvidia, notamment des renseignements sensibles, du code source, des noms d’utilisateur et des mots de passe. Quelques jours plus tard, ils ont annoncé avoir volé 190 gigaoctets à Samsung, des informations sur le système d’authentification biométrique du smartphone Galaxy. (Crédits : capture d’écran)

    Mardi 22 mars 2022, à 4 h 9, Lapsus$ revendiquait sur son canal Telegram, une cyberattaque contre Okta. Dans son message, le groupe précise ne pas avoir accédé à des bases de données de l’éditeur ni en avoir subtilisé, leur « intérêt s’est uniquement porté sur les clients d’Okta ». La firme américaine a publié sur son site Web qu’une « tentative infructueuse de compromission du compte d’un ingénieur de support client travaillant pour un prestataire tiers » s’était produite. Mais assure qu’il n’y a pas eu de brèche, que ses services « restent pleinement opérationnels », sans qu’aucune action corrective ne soit nécessaire du côté de ses clients. « Pour un service qui alimente les systèmes d’authentification de nombreuses grandes entreprises (et approuvé par FEDRAMP), je pense que ces mesures de sécurité sont plutôt médiocres […] », revendiquait Lapsus$.

    Le 10 mars 2022, Ubisoft a publié une déclaration confirmant qu’elle avait subi une violation de ses systèmes. Quant à la firme américaine, elle indique « poursuivre l’investigation », notamment pour « identifier et contacter les clients qui pourraient avoir été contactés ». (Crédits : capture d’écran)

    L’ampleur du méfait n’est pas connue, mais un piratage d’Okta pourrait avoir des conséquences majeures. En effet des milliers d’entreprises comptent sur cette société pour gérer l’accès à leurs propres réseaux et applications, comme en France, Foncia, Renault, Kiwi, BazarVoice… Okta a déclaré que la violation pourrait être liée à un incident antérieur survenu en janvier. David Bradbury, responsable de la sécurité chez Okta, confirmait par un billet que des assaillants ont bien eu la main sur l’ordinateur portable d’un ingénieur, entre les 16 et 21 janvier 2022. Mais que « l’impact potentiel sur les clients d’Okta est limité à l’accès dont disposent les ingénieurs de support. »

  • Les cloches sonnent à 2 h11

    Les cloches sonnent à 2 h11

    Les habitants du 1er arrondissement de la capitale autrichienne ont eu la désagréable surprise d’être réveillés peu après deux heures du matin, le 16 mars 2022. Onze des treize cloches de la cathédrale Saint-Étienne retentissaient durant vingt longues minutes. La plus célèbre, la Pummerin, se trouve cependant dans la tour nord de 68,3 mètres de haut, indépendante informatiquement, n’a pas retenti. Le diocèse en charge de l’édifice religieux qui culmine à 136,44 mètres, s’est confondu en excuse.

    Un incident similaire s’était déjà produit il y a environ 20 ans à Vienne. À l’époque aussi, les cloches s’étaient mises à sonner pendant la nuit. Un jour, la foudre les avait également fait fonctionner. Si dans un premier temps, les responsables supposaient qu’il s’agissait d’une erreur informatique, l’enquête avérait qu’il s’agissait d’un piratage. L’information était confirmée par le prêtre de la cathédrale Toni Faber. La démarche fut de passer à travers le pare-feu en profitant du fait d’une connexion Internet avec l’entreprise de cloches d’Innsbruck. La sonnerie dite de fête dans la tour sud, puis la sonnerie baroque dans la tour nord des païens furent lancées. La « Pummerin », cloche de 20 tonnes n’étant pas connectées, ne s’est pas mise à sonner.

    C’est la deuxième plus grande cloche d’église en activité d’Europe. En France, la plus grosse cloche en service est la « Savoyarde » pesant 18, 8 tonnes pour 3, 06 m de diamètre. Elle trône dans le clocher du Sacré-Cœur de Montmartre à Paris. (Crédits : DR)

    La cathédrale Saint-Étienne mesure 107, 2 mètres de long pour 34,2 de large. Elle possède quatre tours, dont la plus haute culmine à 136,44 mètres. Pour un point de vue imprenable sur Vienne, il vous faudra gravir les 343 marches pour accéder au Türmerstube. Selon Faber, les onze cloches de la cloche de fête de la tour sud de la cathédrale Saint-Étienne ont commencé à carillonner à 2 h 11 précises. Le prêtre officiant à la cathédrale a tenté d’arrêter la sonnerie en « entrant audacieusement dans la cathédrale », selon ses propres termes. Ce n’est qu’au bout de 20 minutes que tout prenait fin. « À 2 h 34, le cauchemar était terminé », raconte-t-il. Depuis, les cloches ont été déconnectées du réseau normal et une ligne VPN fixe a été installée. Du son côté du diocèse de Vienne demande pardon à tous ceux qui ont été réveillés de leur sommeil souhaitant « que cela ne se reproduise plus jamais ».

  • Fraude à l’élection présidentielle française

    Fraude à l’élection présidentielle française

    Quel serait votre état d’esprit, si au lendemain de la proclamation de la personne élue au poste de président de la République française, celle-ci était entachée d’une fraude avérée ? Qui plus est lorsqu’elle est fortement suspectée en fonction du ressenti de chaque électeur. Oui, l’être humain fonctionne à l’émotion plus qu’à l’information. Existe-t-il un précédent ? Est-ce possible en France ? Puisque toute rumeur distillée par « radio moquette » est susceptible de voir le jour, quelles sont les conduites à tenir ? Que disposent les lois du Code électoral en ce sens ?

    La fraude dite électorale désigne toutes irrégularités pouvant se dérouler pendant un scrutin. Elle peut concerner les opérations électorales elles-mêmes, des manœuvres constatées pendant la durée de la campagne, et même après les résultats officiels. Alors que plus de 30 % des collectivités locales ont subi une infection par codes malveillants de type ransomware, que risque l’élection présidentielle française ? En ce qui concerne les machines à voter, 63 communes françaises de plus de 3 500 habitants en sont équipées, représentant 1,3 million d’électeurs. « Un seul modèle de machine à voter est utilisé en France, le modèle ESF1 de la société néerlandaise NEDAP commercialisé par la société France Élections qui n’a aucun lien avec la société Dominion », affirment les services du ministre de l’intérieur Gérald Darmanin. Pour autant trois arrêtés, selon les sources dudit ministère de l’intérieur semblent indiquer le contraire :

    L’article L118-3 dispose trois cas où l’élu de la République peut être destitué, comme le fut Al Capone pour fraude fiscale. « Lorsqu’il relève une volonté de fraude ou un manquement d’une particulière gravité aux règles de financement des campagnes électorales, le juge de l’élection, saisi par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques », alors peut être déclaré inéligible :

    • Le candidat qui n’a pas déposé son compte de campagne dans les conditions et le délai prescrits à l’article L. 52-12
    • Le candidat dont le compte de campagne, le cas échéant après réformation, fait apparaître un dépassement du plafond des dépenses électorales
    • Le candidat dont le compte de campagne a été rejeté à bon droit

    L’inéligibilité est prononcée pour une durée maximale de trois ans et s’applique à tous les scrutins. Toutes sauf sur les mandats acquis antérieurement à la date de la décision. « Si le juge de l’élection a prononcé l’inéligibilité d’un candidat ou des membres d’un binôme proclamé élu, il annule son élection ou, si l’élection n’a pas été contestée, déclare le candidat ou les membres du binôme démissionnaires d’office. » Le Conseil constitutionnel est saisi, pour les présidentielles, par les préfets, par les candidats ou par lui-même, notamment après une réclamation des électeurs portée sur le procès-verbal de dépouillement établi à l’issue du décompte des voix dans chaque bureau de vote.

    Le scandale Cambrige Analytica

    Facebook avait estimé à environ 87 millions le nombre de ses utilisateurs « piégés » au Royaume-Uni pour favoriser le Brexit, mais aussi aux États-Unis afin de faciliter l’accession de Donald Trump à la Maison-Blanche en 2016. « De nouveaux documents révèlent que la Malaisie, le Kenya, le Brésil et plus de 60 autres pays pourraient être également concernés par les manipulations de l’entreprise britannique », écrivait La Croix. Cambridge Analytica est une société spécialisée dans l’analyse comportementale. L’objectif est de récolter des informations sur les individus pour connaître leurs biais d’influence. La firme met ses bases de données au service de ceux qui veulent optimiser l’efficacité de campagnes de communication.

    Ce n’est pas illégal, amoral selon vos convictions, mais pas illégal. Cette méthode permet numériquement de faire apparaître plus souvent dans votre champ de vision le sujet.
    Un film sorti en 2015 illustre ces propos, « Focus » avec Will Smith et Margot Robbie.

    Un meilleur ciblage de l’audience se targue Cambridge Analytica : « Le big data a révolutionné la façon dont les organisations identifient et localisent leurs meilleurs prospects. […] Cambridge Analytica construit un avenir […] en montrant aux organisations non seulement où se trouvent les gens, mais aussi ce qui les intéresse vraiment et ce qui motive leur comportement. […] nous utilisons la modélisation des données et le profilage psychographique pour développer les audiences, identifier les influenceurs clés et entrer en contact avec les gens de manière à les inciter à agir. »

    La guerre de la communication

    Vol de données, prise de contrôle d’un site Web, intrusion dans la sphère numérique d’un candidat, désinformation… tous les moyens sont bons. Aux États-Unis en 2016 des milliers de mails d’Hillary Clinton sont publiées. En 2017, environ 70 663 mails et documents, soit 15 Go, sont divulgués. En 2020, des hackers ont ciblé les équipes de campagne du président républicain Donald Trump et du candidat démocrate Joe Biden. En septembre 2021, lors des dernières élections législatives, la Commission électorale russe a dénoncé trois cyberattaques d’origine étrangère visant son site internet. Les actions effectuées par des opérateurs peuvent être le fait des propres partis en lice, comme leurs adversaires ou encore des États qui auraient plus de conciliation et d’intérêts financiers avec un prétendant plus qu’un autre.

    La Croix titre « Covid, guerre en Ukraine : le poids de l’émotion pèse sur la campagne électorale ». Car « la foule ne régit pas à la raison, mais à l’émotion. » écrivait la journaliste canadienne Naomi Klein, en 2007 dans son essai « The Shock Doctrine: The Rise of Disaster Capitalism ». (Crédits : DR)

    Concernant le ouï-dire qu’il soit prononcé le coude sur le zinc, en terrasse, entre deux bouchées des ortolans farcis tant attendus… il suffit de prendre quelques minutes de votre vie pour vérifier avec un minimum de trois sources différentes. Quant à savoir si cela est possible en France, « impossible n’est pas Français » dit l’adage. D’autant que si truquer directement l’élection proprement dite s’avère difficile, influencer les 47 947 555 inscrits sur les listes au 24 mai 2021 (Source : INSEE) est plus simple, et déjà effectuée dans de nombreux pays. C’est en ce sens que le ministre Alexandre de Moraes, du STF (Cour suprême brésilienne), a décidé que l’application de messagerie Telegram serait bloquée au Brésil, outil favori de propagande du président Jair Bolsonaro. Avant de révoquer sa décision, deux jours plus tard. Il existe pléthores façons d’influencer une élection. « Selon nos analyses, les cibles principales sont les partis politiques et les candidats » , confie Gérôme Billois, Expert en cybersécurité au cabinet de conseil Wavestone.

    Le jour de l’élection, les scores de chaque candidat seront transmis par les mairies aux préfectures, puis ces dernières les feront remonter jusqu’au ministère de l’Intérieur, en utilisant les réseaux informatiques dudit ministère. (Crédits : Alexa Fotos/Pixabay)

    « Il y a une vraie problématique, car chaque équipe de campagne doit assurer elle-même sa propre protection informatique, et en période d’élection, leur activité se démultiplie », constate-t-il. Une armée de bénévoles viennent renforcer les rangs, usant d’adresses mail privées (non chiffrées) et téléphones personnels pour échanger rapidement, une véritable caverne d’Ali-Baba pour des individus malintentionnés. Dans ce contexte, les attaques peuvent être multiples et variées. « Le piratage informatique pourrait agir comme le fioul jeté sur le feu de la désinformation ». Il peut s’agir de vol de données, d’une intrusion dans la boîte mail d’un candidat ou dans celles de l’équipe de campagne, d’une paralysie ou d’une perturbation de leur système informatique, ou encore d’une prise de contrôle du site internet du parti.