Étiquette : Pornographie

  • Accès suspendu à Pornhub, et après…

    Accès suspendu à Pornhub, et après…

    Depuis le milieu de l’après-midi du mercredi 4 juin 2025, certains sites WEB proposant du contenu pornographique sont suspendus. YouPorn, RedTube et Pornhub de l’éditeur Aylo ne sont plus « accessibles » en France. L’un engage la liberté, l’autre la protection des mineurs. « S’ils ne veulent pas protéger nos enfants, alors qu’ils s’en aillent. C’est inacceptable, ce coup de pression qu’ils nous mettent », répond Clara Chappaz, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du numérique.

    « À partir du 4 juin, nous suspendons l’accès à notre site Internet en France pour s’adresser à vous, nos usagers adultes français ! », écrit Aylo, éditeur de trois sites pornographiques (YouPorn, RedTube et Pornhub). Suite au blocage des sites pornos accessibles aux mineurs, la ministre se targue en affirmant que : « comme un videur en boîte de nuit, il nous faut aujourd’hui une vérification d’âge. » Peut-on encore protéger efficacement les mineurs sur le web, avec en permanence leur smartphone, quand la technologie évolue plus vite que la loi et que les adolescents en maîtrisent déjà tous les codes ?

    La bataille est engagée

    Cette interrogation, que partagent de nombreux parents, enseignants comme juristes, révèle la complexité d’un monde numérique en mutation constante. Les jeunes savent déjà contourner les filtres, créer des comptes anonymes, utiliser des VPN, change de serveur DNS et bien d’autres astuces encore. Face à cela, les lois, souvent lentes à être votées puis appliquées, peinent à suivre dans le WEB 2.0.

    Les internautes français découvrent désormais une page d’accueil vide, car ils sont inaccessibles depuis le territoire. Enfin, pas tout à fait vide, une illustration évoquant le tableau d’Eugène Delacroix « La Liberté guidant le peuple » est proposée avec un texte. La cause ? Une loi française exigeant des sites pornographiques une vérification d’âge plus stricte, destinée à bloquer l’accès des mineurs.

    Sur le papier, l’intention est noble. Éviter que nos enfants, parfois dès 11 ou 12 ans, ne tombent sur des contenus explicites. Les contenus proposés, qui mettent en scène des acteurs et actrices, sont de la fiction, qui peut être souvent violents ou dégradants. La réaction d’Aylo en dit long : elle préfère se retirer que se soumettre à des obligations jugées « dangereuses pour la vie privée » et « techniquement inefficaces ». (Crédits : Pavel Danilyuk/Pexels)

    L’Arcom affiche des statistiques sur un rapport de mai 2023 : dès 12 ans, plus de la moitié des garçons se rendent sur des sites adultes en moyenne chaque mois (12-13 ans, 51 % de garçons, 31 % de filles). « Je refuse que nos enfants grandissent avec la pornographie », assure la ministre. L’étude porte sur 14 111 sites recensés par Médiamétrie, dont 179 sites disposent d’une audience significative, soit plus de 50 panélistes. En précisant que les plateformes de partage de vidéos ou les réseaux sociaux ne sont pas prises en compte.

    Pornographie cs Réalité

    La fiction cinématographique suit l’évolution de la société. Par des expériences neurobiologiques, en faisant visionner des images pornographiques à des mineurs avec des capteurs sur le cerveau, vous observerez des réactions neurobiologiques apparentes sont les mêmes que dans un trauma, explique Marie Estelle Dupont, psychologue clinicienne.

    Quand tout un chacun visionne vidéos et images, les neurones miroirs entrent en jeu. L’apprentissage par répétition produit des traces mnésiques. Nommée aussi « engramme », elle est une modification durable du cerveau résultant de l’encodage d’une nouvelle information. L’apprentissage s’effectue par l’encodage, la consolidation, le stockage et le rappel. Lorsqu’une expérience, un fait ou une compétence est appris, le cerveau ne se contente pas de stocker cette information de manière statique.

    Ce concept fondamental amène à comprendre comment notre cerveau encode, conserve et rappelle les informations. Chaque souvenir, chaque compétence apprise laisse une empreinte durable dans notre cerveau, façonnant notre capacité à naviguer dans le monde.

    « Quand vous aimez le tennis et que vous regardez Roger Federer jouer au tennis, vos neurones miroirs vont faire progresser les schémas moteur. Mais quand vous regardez une scène de crime, une scène de viol, une scène de torture, vous avez des traces mnésiques », explique Marie Estelle Dupont.

    Pour prendre du recul, l’expérience est vitale. Le mineur n’a pas la maturité pour cela. Ce qui explique « quand on fait des enquêtes, il y a 46 % des jeunes qui nous disent qu’ils ont des pratiques violentes. 97 % du temps, c’est des garçons vers les filles, évidemment, puisque dans le porno, on retourne à quelque chose de très archaïque, où, en fait, ce n’est pas la dimension du plaisir qui compte, c’est la dimension de la domination et de la destructivité », martèle Marie-Estelle Dupont. (Crédits : Liza Summer/Pexels)

    Sur les réseaux, de nombreuses vidéos évoquent un chiffre, prônant la quantité à la qualité : le « bodycount ». Ce dernier prône la qualité des personnes. Comme par hasard, une fille qui aurait, selon les suppositions perdrait de sa « valeur » selon certains « influenceurs ». Les mêmes garçons qui ont été biberonnés à la pornographie débridée, où, quand ils émettent une onde cérébrale, pensent que les fictions pornographiques sont la réalité. « Maintenant, il y a une notion de réputation sexuelle où, si les filles ne se soumettent pas à très jeune à certaines pratiques, elles ont peur d’être harcelées et qu’il y ait un espèce d’effet de délation de celles qui ne veulent pas. »

    Temps juridique vs Adolescents

    L’étude de l’Arcom détermine que 57,5 % des garçons de 12 à 17 ans consultent des sites à caractère pornographique, contre 27,25 % des filles du même âge. Pour de nombreuses personnes, cette loi est une avancée essentielle. La bataille entre les législateurs et les adolescents ressemble à un jeu de chat et de souris… sauf que la souris court à la vitesse de la fibre, et le chat s’embourbe dans les procédures parlementaires. La loi française du 30 juillet 2020, comme celle en cours au Royaume-Uni (Online Safety Act, votée en 2023), et la loi étasunienne Senate Bill 287, plus connue sous « S.B. 287 », imposent donc un contrôle renforcé.

    Il est nécessaire de prouver son identité par différents moyens (carte bancaire, reconnaissance faciale…), autant d’outils pour s’assurer que l’internaute est majeur.

    En France, la loi produit ses premiers effets. Côté britannique, elle entrera pleinement en vigueur dans un mois, avec des obligations de « robust age assurance » pour les plateformes. Mais là encore, le rythme reste lent face à la créativité numérique des adolescents. Pendant ce temps, les États-Unis avancent en ordre dispersé. La Californie indique que toute application qui ne limite pas ses contenus nocifs aux mineurs peut être poursuivie en justice. L’approche plus dissuasive que protectrice ne garantit pas non plus une application uniforme à l’échelle fédérale. Partout, les États tâtonnent, contraints de réécrire des lois dans un monde où les ados ont déjà changé de plateforme, de langage et d’algorithmes. Le temps juridique est un temps long, le leur est instantané. (Crédits : Kindel Media/Pexels)

    Finalement, on peut bien légiférer, filtrer, surveiller… Mais peut-on vraiment protéger efficacement les mineurs dans un univers qu’ils comprennent mieux que nous ? Quand la technologie galope, que les codes se déverrouillent à douze ans, et que la loi, elle, marche encore à pas d’escargot ? Cette question, chaque parent se la pose. Mais c’est une question d’éducation. Le comportement, les attitudes, le savoir-vivre sont l’apanage des parents ou de l’État ? Logiquement, l’État produit des enseignements et les parents éduquent leurs enfants. Il est temps de remettre l’église au milieu du village, en affrontant avec lucidité et humilité : nous ne dresserons pas de murailles numériques solides si nous oublions de parler, d’écouter et de transmettre.

  • Escroquerie 2.0 : l’IA face-swapping sévit en Chine

    Escroquerie 2.0 : l’IA face-swapping sévit en Chine

    En Chine, l’escroquerie atteint des sommets encore insoupçonnés. Dans un pays où tout est enregistré, où le crédit social fait loi, des caméras de surveillance à la reconnaissance faciale, cette montée en puissance de l’escroquerie est impressionnante. À l’heure de la communication comme arme de guerre, de propagande, où tout passe sur les réseaux, que le tribunal populaire dépasse le judiciaire, que penser de cette vague qui sévit en Chine ? Est-il possible qu’elle arrive en Europe, voire en France ?

    Une affaire anodine de prime abord, pourtant, elle prodigue écho aux vols de données à travers le monde. Imaginez vous recevez un appel ! C’est votre mère au téléphone. La liaison est mauvaise, votre téléphone portable est sur un réseau saturé, vous n’êtes plus en 5G. Elle passe sur un chat pour discuter. Elle à besoin que vous transfériez de toute urgence une forte somme d’argent sur sa carte bancaire. Bizarre, mais c’est votre mère. En plus vous avez reconnu sa voix, son numéro de téléphone, alors sereinement vous effectuez le transfert… vous venez de vous faire escroquer.

    C’est à peu de chose près, la mésaventure subit par Dang Yangyu, habitant de Jinan, capitale du Shandong. Fin juin 2023, Zhang Zhenhua, chef d’escadron de la brigade de police criminelle du Bureau de la sécurité publique du comté de Shanghe, présentait l’affaire au journaliste du New Beijing News : « Il s’agit de la récente popularité de la “fraude à l’IA”, un moyen frauduleux consistant à utiliser la technologie intelligente de l’IA pour commettre des escroqueries. »

    Des données volées exploitées, du deepfake et la fraude au dumping peut commencer. Ou bien pour vous amuser tout simplement de nombreux outils sont disponibles en ligne.

    Selon Fang Yangyu, la police criminelle de Shanghe s’est rendue dans le Guangdong, où l’on soupçonne Xie Mou et trois autres personnes d’avoir aidé à commettre des crimes par lettre. L’affaire fait actuellement l’objet d’une enquête. (Crédits : Sécurité publique de Jinan)

    Un appel de 7 secondes

    Un appel vidéo de 7 secondes suffit à Fang Yangyu pour transférer 300 000 yuans, près de 39 000 euros. Le 29 mai 2023, Fang Yangyu, regardait des vidéos chez lui à Jinan quand il reçoit un message d’un inconnu. Celui-ci se présente comme un membre de sa famille. Il lui envoie des identifiants QQ. (une application de messagerie gratuite et populaire en Chine). Dans cet appel en visio, la voix et le visage de son « grand frère » sont reconnus. Évoquant la mauvaise qualité de l’appel, le tiers raccroche. La discussion se poursuit par chat.

    La personne indiquait qu’elle avait besoin de transférer une somme d’argent de toute urgence ne pouvant directement payer. Ainsi il voulait d’abord transférer de l’argent à Fang Yangyu, puis qu’il transfère l’argent à son tour sur la carte bancaire désignée. Le soi-disant « grand frère » insiste lourdement auprès de Fang Yangyu pour qu’il avance l’argent. Le harcèlement finit par payer.

    Il cède en transférant 300 000 yuans sur ledit compte. Une demande supplémentaire de 350 000 yuans était faite. C’est à ce moment-là qu’il se remémore la propagande antifraude. Il appelle en toute hâte ses proches, pour découvrir que tout était faux.

    En attendant de se présenter à la police, il s’est aperçu que la vidéo exposant le visage familier était « fausse ». Les criminels utilisaient la technologie de l’intelligence artificielle pour synthétiser l’image de la vidéo.

    Un homme de Jinan, Fang Yangyu, a été confronté à une fraude à l’IA, 7 secondes après la vidéo, il a transféré 300 000 yuans sur un compte désigné par le criminel, comme le montre la capture ci-contre. (Crédits : Sécurité publique de Jinan/Weixin)

    Reconnaissance faciale en France

    Le lundi 12 juin 2023, par 226 voix contre 117, le Sénat adoptait la proposition de loi destinée à « expérimenter » pour une durée de trois ans le recours à la reconnaissance faciale dans l’espace public. Marc-Philippe Daubresse se voulait rassurant sur le fait de ne pas tomber dans une société de surveillance. Des lignes à ne pas franchir sont délimitées, avant qu’il ne cite : « Interdiction de la notation sociale, interdiction de la catégorisation d’individus en fonction de l’origine ethnique, du sexe ou de l’orientation sexuelle sauf s’il s’agit de recherches scientifiques ».

    Quant à savoir si cette possibilité pourrait arriver en Europe comme en France, tout dépend de l’utilisation de l’outil. Le Parlement européen interdit la reconnaissance faciale, sans protéger les personnes migrantes, réfugiées et demandeuses d’asile. (Crédits : Sénat/YouTube)

    Le sénateur poursuivait en projetant de nouvelles interdictions sur « l’analyse d’émotions sauf à des fins de santé ou de recherche, la surveillance biométrique à distance en temps réel sauf exception très limitées avec des garanties considérables ». Sauf qu’une fois que la porte est ouverte, les personnes malveillantes peuvent s’immiscer et utiliser les données à mauvais escient. D’autant que le vol des données peut engendrer des usurpations d’identité, chantages aux vidéos.

    L’hypertrucage comme levier d’extorsion

    L’hypertrucage, ou deepfake est l’utilisation de l’IA pour diffuser de l’information mensongère, canulars malveillants ou destructeurs de réputations et e-réputations. Si l’outil qu’est le deepfake n’est pas dangereux en soi, c’est son utilisation qui peut engendre de graves problèmes. L’hypertrucage est le fait de remplacer le visage d’une personne sur le corps d’une autre. Cette méthode est de plus en plus utilisée pour créer des contenus pornographiques. Selon Sensity, 96 % des vidéos concernent les femmes. Le but est, pour des sommes souvent dérisoires, la marchandisation de visages d’actrices, ou encore une « extorsion » envers les publics les plus sensibles.

    Certains vont même plus loin. Ils utilisent les données en libre accès d’enfants, adolescentes et adolescents sur les différents réseaux sociaux pour créer de la pornographie juvénile. Au Canada, la Justice rendait en avril 2023 un verdict de 8 ans d’emprisonnement pour détentions de fichiers pédopornographique. Steven Larouche possédait sur son ordinateur 545 000 fichiers, dont 86 000 créées, par hypertrucage.

    Le juge Gagnon est revenu sur les 86 000 fichiers produits grâce à la technologie de l’hypertrucage. Car elle permet « d’intégrer le visage d’une personne sur le corps d’un autre individu dans une séquence vidéo ». En utilisant un logiciel, Larouche réussissait à créer des fichiers dont il est « impossible de distinguer le vrai, du faux », écrivait le magistrat. (Crédits : Pexels/Pixabay)

  • Désir, consentement et pornographie

    Désir, consentement et pornographie

    Les études montrent que la première fois qu’une personne visionne de la pornographie c’est à l’âge de 12 ans, en moyenne. Le boom de l’Internet et des smartphones rendent son accessibilité encore plus grande. Les années 2000 voient l’émergence de « tubes ». Ces grandes plateformes numériques proposent des dizaines de milliers de contenus pornographiques. Une décennie plus tard, Onlyfans ou MYM apparaissent. Elles partagent contre rémunération des contenus. Le 27 septembre 2022 en France, un rapport sénatorial sur la pornographie est publié.

    À l’heure de l’IoT, où l’ultraconnexion est de mise, je vous offre un retour au XIXe siècle. Les frères Lumière viennent d’inventer le cinématographe. Georges Méliès rivalise d’ingéniosité avec son « Voyage dans la Lune ». C’est en 1896 que le premier film pornographique voit le jour : le Coucher de la Mariée. Après deux Guerres mondiales, les années 60-70 voient une libération des mœurs. La mini-jupe qui défrisent les moustaches des conservateurs, la projection sur grands écrans des films pornographiques.

    Le premier film porno a plus de 120 ans. Les acteurs effectuent des performances avec une préparation en amont, avec la prise de facilitant pour les érections, comme de l’autre côté des antidouleurs. Les actrices et acteurs ont la sexualité de monsieur et madame tout le monde dans la vie privée. (Crédits : DR/YouTube)

    Consentement Vs Désir

    Si la loi sur le viol indique qu’à défaut de consentement, il y a crime, quelle est la différence entre désir et consentement ? Le dernier est l’action d’accepter, de donner son accord. Ce soir je mage chez mes parents, ils cuisinent du chou fleur. Je n’aime pas le choux fleur, mais je consent à en manger. Ce qui ne veut pas dire que je l’ai désiré. Vous avez compris la nuance ? Le désir est la vive aspiration à la possession d’un objet, d’un bien, d’un avantage. « Aucun adulte ne peut se prévaloir du consentement sexuel d’un enfant s’il a moins de 15 ans, ou moins de 18 ans en cas d’inceste. » À l’origine, le texte créait un crime de pénétration sexuelle sur mineur de moins de 13 ans.

    Le cinéma porno en France

    Un film d’environ sept minutes a été tourné en novembre 1896 dans l’un des premiers studios cinématographiques de la capitale. Il s’agit d’une adaptation de la pièce du même nom, dont les représentations données à l’Olympia, en mai 1895, s’étaient effectuées à guichet fermé. Imaginez-vous au temps de vos arrière-arrière-grands-parents… l’actrice effectuait un strip-tease sur scène, allant jusqu’à dévoiler… son maillot de corps. La plupart des cinémas « porno » ont fermé au début des années 90.

    En février 2019, les parisiens, curieux et nostalgiques assistaient à la dernière séance de la dernière salle du cinéma porno de Paris. Avant l’apparition de l’Internet et sa démocratisation, il y avait le samedi soir sur Canal+ et le téléfilm d’après minuit sur M6. (Crédits : Éric Le Mitouard/Christine Henry/Le Parisien)

    Les chiffres de la pornographie

    Quatre sénatrices se sont penchées sur la question de la pornographie. Dans un rapport de 205 pages, elles effeuillent cette industrie. Selon les sources citées par le rapport, la pornographie symbolise plus d’un quart du trafic vidéo en ligne (27 %), soit 136 milliards de vidéos visionnés chaque année. Si le chiffre d’affaires du secteur de la pornographie est évalué mondialement à 7,5 Mds $, il faut y ajouter les revenus générés par le trafic. L’estimation fournie est de 140 milliards $, en comparaison Netflix affiche 25 Mds $ de chiffre d’affaires.

    Les chiffres sont issus d’un sondage réalisé auprès d’un échantillon de 1 179 individus représentatif de la population française âgée de 18 à 30 ans, avril 2018. Le danger n’est pas l’outil, mais son utilisation par des personnes malintentionnées, comme sur Omegle. La corruption de mineur est un délit. (Crédits : Opinionway/Sénat)

    La France est le quatrième pays le plus consommateur de contenus pornographique. Les Françaises et Français se situent derrière les États-Unis, le Royaume-Uni et le Japon. Selon les estimations du rapport, 19,3 millions de personnes se rendent au moins une fois dans le mois sur un site, dont 2,5 millions de mineurs. Les quatre femmes et sénatrices mettent en avant les violences faites aux femmes. Elles rendent compte de l’affaire « French Bukkake », avec 43 victimes parties civiles, 12 personnes mises en examen, l’affaire « Jacquie et Michel », 7 plaignantes et 4 mis en examen. Les personnes misent en examen sont innocentes jusqu’à preuve du contraire.

    Pornographie contre réalité

    Comme explique l’actrice Nikita Bellucci, « le problème c’est que maintenant dans le porno on demande des pratiques de plus en plus extrêmes, je ne pense pas que le fantasme de Monique 40 ans c’est de se prendre trois pénis dans les fesses. C’est tout le temps de la surenchère, de la surenchère ». Quand votre copain ou votre copine vous explique que telle pratique est bien, car elle est dans des films porno… en avez-vous envie ? Les relations sexuelles sont des relations entre deux personnes ! « Le porno, c’est du cinéma ! […] Les scènes, moi que j’ai pu faire c’est pas forcément la sexualité que j’ai en privé… ». Si la construction de votre sexualité c’est de reproduire ce qui est fait dans les films, vous vous trompez.

    Les résultats du visionnage de contenu pornographique peut engendrer des dommages sur la sexualité des adolescents comme celle des adultes. Les relations et les pratiques sexuelles doivent s’effectuer entre personne consentantes. (Crédits : Sam Williams/Pixabay)

    Apprenez le désir, la découverte, l’imagination, le partage, l’écoute. Ne reprochez pas à votre mec d’avoir sa courgette qui ne se lève pas, c’est juste normal, les pannes touchent n’importe quel homme au moins une fois. Ne blâmez pas votre nana parce qu’elle ne semble pas avoir eu de plaisir, parlez-lui, servez-vous de votre langue pour communiquer. Vous pouvez chercher le fameux bouton de marche/arrêt, l’essayer, c’est l’adopter. Et quand la personne vous dit non, c’est que c’est non, tout simplement.

    Des outils gratuits à disposition

    Dans le cas où vous êtes victime, fille ou garçon, de fait d’agression sexuelle, de violence, d’atteinte sexuelle, de corruption de mineur ou de tentative, de viol ou d’une tentative de viol contactez :

    • Les forces de l’Ordre, Police ou Gendarmerie aux numéros 17 et 112
    • Les services de transports RATP et SNCF au numéro 3117, et 31177 par SMS
    • Après avoir subi ou être témoin de violences le 3919
    • Pour les femmes et hommes victimes d’agressions sexuelles ou de viol, faites le 0800 05 95 95

    Vous êtes parents d’enfants, d’ados, un site mit en place par le gouvernement pour savoir comment protéger vos enfants de la pornographie. Vous pouvez selon leurs âges avoir une discussion sur ce sujet, un homme avertit en vaut deux remarque l’adage.

  • Il y a cent ans… avait lieu la bataille contre la pornographie

    Il y a cent ans… avait lieu la bataille contre la pornographie

    Un sujet que l’on pense contemporain, pourtant le 7 juin 1922, Charles Gide présidait le second congrès contre la pornographie. Déjà en 1908, les congressistes avaient demandé aux pouvoirs publics de les aider à lutter contre « l’immoralité » et au besoin de prendre la charge de défendre le patrimoine moral de la France. La définition, il y a un siècle de la pornographie est l’excitation à la débauche par l’image ou par la plume, à travers des « feuilles immondes dont la voie publique est encombrée »…

    L’Académie française la définit comme une « représentation directe, voire brutale, de scènes, de sujets à caractère sexuel, et délibérément obscènes » qui lui-même est tiré du mot pornographe du XVIIIe et XIXe siècle « emprunté du grec pornographos, “auteur d’écrits sur la prostitution”, composé à l’aide de pornê, “femme de mauvaise vie, prostituée”, lui-même dérivé de pernanai, “exporter, vendre”, et graphein, “écrire” ». Paul Gaultier considérait la pornographie au même titre que la criminalité adolescente, l’alcoolisme, la dépopulation, le suicide, en qualité de grands fléaux dans son livre « Les maladies sociales ».

    François Rabelais, serait un précurseur de la pornographie moderne, « Pantagruel » a d’ailleurs été condamné en 1533 comme ouvrage « obscène » par la Sorbonne. Ci-dessus, fresque murale peinte à Pompéi, à la réputation galvaudée de ville de débauche. (Crédits : DR)

    La ville de Pompéi enseveli sous les frasques du Vésuve conserve depuis l’an 79 la vie telle qu’elle était. Ses murs sont couverts représentations diverses. Entre un homme se vantant de ses prouesses, une liste stipulant les tarifs des prostituées, les inscriptions et fresques érotiques, se retrouvent en grand nombre dans la cité ensevelie endormie. Elles lui ont longtemps valu la réputation d’une ville de débauche où les femmes étaient vouées avant tout au plaisir masculin. Il s’agit en fait d’une « équivoque archéologique » martèle l’historienne Éva Cantarella. Les femmes qui n’avaient ni le droit de vote ni celui d’être élues, avaient énormément d’influence sur la société au vu des inscriptions signées de leurs mains, explique le magazine ça m’intéresse.

    La bienséance

    Eugène Le Breton signait un article dans L’Ouest-Éclair, où, expliquait-il que pour lutter contre cette gangrène, il fallait pour « résister victorieusement aux assauts de la pornographie, pour vaincre la pornographie, mère du vice, du crime, de la débauche, de la souffrance et de la misère, et par surcroît, ennemie née de l’Art, de l’art plastique et de l’art littéraire, il faut l’union des forces morales du pays et des pouvoirs publics ». Les images sont pléthores au sein de l’Empire romain, des peintures murales, mais également en Chine. Le journaliste concluait que si l’on veut que la France soit forte, prospère et peuplée, c’est d’abord la moralité publique qu’il faut défendre, c’est la conscience nationale qu’il faut élever ce sont les âmes des enfants qu’il ne faut pas laisser corrompre.

    Ne pas confondre sexualité et pornographie. Le second est une oeuvre cinématographique où les acteurs effectuent des performances filmées et scénarisées, évoquant des fantasmes plus ou moins avouables. L’autre est la recherche du plaisir charnel de deux individus, à travers le désir. (Crédits : Scott Webb/Pixabay)

    Que penser alors de la bienséance, à l’heure où l’affaire menant à la démission d’un député européen hongrois faisait les gros titres, il y a deux ans ? Une orgie sexuelle impliquant vingt hommes adultes se déroulait en Belgique, le vendredi 27 novembre 2020. Deux jours après, Jozsef Szajer officialisait son retrait de la vie politique et du Parlement européen. « Je regrette profondément cette violation des restrictions anti-Covid, c’était irresponsable de ma part. Je suis prêt à payer l’amende prévue dans ce cas », avait-il expliqué. Ce qui est cocasse, est que c’était un proche du président hongrois Orban, membre fondateur du Fidesz, le parti national conservateur au pouvoir, et fervent opposant aux droits LGBT.

    La lutte contre la pornographie continue

    Deux associations de protection de l’enfance réclamaient aux FAI français de bloquer l’accès à des sites pornographiques, accusés de ne pas empêcher l’exposition des mineurs à leur contenu. La cour d’appel de Paris a confirmé le 19 mai 2022 le rejet de la demande. La promulgation de la loi du 30 juillet 2020 permettrait en réalité à l’Arcom (Ex CSA) de mettre en place des mesures pour interdire leur accès aux mineurs. Dans la loi, il est précisé que les sociétés concernées « ne peuvent s’exonérer de leurs responsabilités en se contentant de demander à un internaute s’il est majeur ». Pour cela, les sites web visés ont plusieurs moyens d’agir : le scan de la pièce d’identité, l’estimation de l’âge du visiteur à partir d’un selfie ou encore l’analyse des informations partagées sur les réseaux sociaux. Le danger ne crie gare que lorsqu’il arrive. Entre les fuites de données, le « revenge porn », le logiciel PimEyes, la vie privée existe-t-elle encore ? Alors pourquoi ne pas imaginer, dans un futur proche ou éloigné, que pour visiter n’importe quel site, il vous soit demandé un scan de votre CNI. Attention, de la pièce d’identité à la reconnaissance faciale, il n’y a qu’un pas, mais c’est pour votre bien !

  • Le smartphone chez les jeunes

    Le smartphone chez les jeunes

    La consommation, selon l’étude menée par JAMESfocus de la haute école zurichoise de sciences appliquées (ZHAW) et de Swisscom, affiche un rapport surprenant, tout du moins chez les Suisses, sans que les Français soient en reste. Les recherches françaises démontrent que 94 % des individus âgés de 15-29 ans possèdent un smartphone. Cet outil est devenu, au fil du temps incontournable et indispensable pour entretenir sa vie amicale comme sentimentale, auprès de la génération « Z ».

    Lorsque vous vous promenez dans les rues de n’importe quelle commune, citadine ou rurale de France, il est rare de croiser des personnes sans un téléphone portable coincé dans la main. Véritable outil de la génération « Z » (rien à voir avec le conflit armé entre l’Ukraine et la Russie), les moins de 26 ans ne peuvent s’en passer, le virus touche désormais tous les âges. Il suffit de se poser en salle d’attente d’un cabinet médical pour observer le phénomène. « En 2020, 99 % des jeunes ont déclaré utiliser leur smartphone tous les jours ou plusieurs fois par semaine, alors qu’ils n’étaient qu’à peine la moitié en 2010. » Quotidiennement, nous passerions 3 heures et 22 minutes sur l’Internet à partir de nos téléphones. D’ailleurs, vous entendrez des cris déchirants, ou « je suis au bout de ma vie », si par le plus grand des malheurs, le jeune comme moins jeune, venait à le perdre, car ils ont toutes leurs vies dessus :

    • compte bancaire
    • carte bancaire
    • Mutuelle
    • Carte de transport
    • Badge d’immeuble
    • Photos

    Des personnalités des réseaux sociaux évoquent avoir plus de 56 000 photos dans leur précieux appareil. Pratique, il ne faut jamais oublier que c’est un véritable mouchard. Selon les applications que vous utilisez, vos données sont collectées et utilisées. Une personne croisée au détour d’une rue racontait une expérience peu banale. Elle indiquait occuper occasionnellement le poste de conducteur accompagnateur chez Les Titis, et c’est pourquoi « l’employeur m’a confié un nouveau smartphone, avec un nouveau numéro. Une heure après, sans que ce numéro soit connu, on essayé de m’arnaquer avec le compte formation ».

    InstagramSnapchatFacebookTwitterTikTokPinterestLinkedIn
    201764 %82 %93 %53 %32 %44 %
    201873 %73 %67 %33 %4 %18 %22 %
    201981 %74 %61 %33 %10 %17 %23 %
    202082 %74 %54 %39 %38 %23 %22 %
    Instagram s’affiche comme l’outil de communication privilégié dans la promotion de produits, auprès des moins de 30 ans. De son côté la plateforme TikTok se positionne sur une part de marché importante. En 2020, TikTok a été téléchargé plus de 600 millions de fois, plaçant l’application au premier rang mondial. (Crédits : JCM)

    Des anecdotes moins réjouissantes se répandent sur les mêmes réseaux sociaux. De nombreuses personnes, plus souvent féminines, sont harcelées pour avoir leur « insta ». Le moment capturé en vidéo affiche la lourdeur de la demande et de son personnage. Le fameux profil « Instagram » serait un moyen efficace pour nouer des relations sentimentales. Pour 89 % des ados, le smartphone est indispensable pour entretenir ses rapports amicaux. Près de deux tiers (62 %) des adolescents équipés, jusqu’à 73 % des 16-17 ans, avouent qu’avoir un smartphone est incontournable pour nourrir sa vie amoureuse.

    Les rôles s’inversent

    L’étude JAMES est menée depuis 2010 par la ZHAW sur mandat de Swisscom. Elle « interroge tous les deux ans plus de 1000 jeunes âgés de 12 à 19 ans dans les trois grandes régions linguistiques de Suisse sur leur comportement en matière d’utilisation des médias ». Il dévoile aussi que « les rôles traditionnels des hommes et des femmes perdent de plus en plus d’importance ». Cela qui est flagrant dans le rapport à la pornographie. « Les filles en consomment plus souvent qu’auparavant, les garçons moins souvent », précise le compte rendu suisse. Elles sont passées de 16 % en 2010 à 27 % en 2020, soit une augmentation de 68,5 %, tandis que cette même consommation diminue de 22 % chez les garçons, évoluant de 73 % à 57 %. « Les préférences sont de moins en moins liées aux rôles des sexes et de plus en plus aux préférences personnelles », remarque le codirecteur de l’étude, Gregor Waller.

    Gregor Waller explique que « l’industrie réagit et produit de plus en plus de films female friendly, dans lesquels les rôles des femmes et hommes sont moins stéréotypés ». La production pornographique délivre des fictions dont les actes ne peuvent être copiés que dans le consentement éclairé des différents partenaires. (Crédits : DR)

    Concernant la réception et l’envoi de photos, vidéos aguicheuses, jusqu’à érotique de soi-même, les filles ont désormais dépassé les garçons. Pour ces deux aspects, il s’agit d’une part de sexting classique, mais aussi de poses érotiques pour des profils de réseaux sociaux. Beaucoup de « Trend » qui sont en fait des danses sur TikTok « mettent également en scène des gestes sexuels » trop souvent dans des « contextes inadaptés aux mineurs ». Car les sextos sont pratiqués essentiellement au sein de relations existantes. Il faut avoir une véritable confiance pour que ces images ou vidéos ne se retrouvent pas sur les réseaux (Cyberharcèlement), comme dans l’affaire que Laure Manaudou subissait. Les cours d’éducation sexuelle sont-ils adaptés à l’hyper connectivité des jeunes ? Fort heureusement, la sexualité est moins taboue qu’avant. Grâce à l’émancipation des femmes, les filles apprennent que leurs besoins ont la même importance que ceux des garçons.