Après le congé menstruel, le continent ibérique a le vent en poupe. C’est une assiette jetée dans l’évier ou plutôt le non-vidage du lave-vaisselle qui fait polémique. La période du Covid-19 a passé au révélateur les pratiques des ménages à travers le monde. Tant et si bien que les hommes japonais découvraient les tâches domestiques durant la pandémie. Une application mobile devrait voir le jour en Espagne courant de l’été. Elle devrait permettre une meilleure répartition des corvées.
Dorénavant tout semble se résoudre grâce aux smartphones, ces outils sont tellement intelligents qu’ils supplantent l’être humain. Comment résoudre un problème d’éducation, faites une application ! Comment résoudre un problème de discussion, faites une application ! Donc le gouvernement espagnol se penche pour une réalisation avant l’été d’une « application » pour mesurer le partage des tâches ménagères.
Le confinement a eu du bon au Japon. Les hommes japonais en temps normal, « ne voient généralement leur famille que brièvement le matin et le soir », ont passé les jours de semaine à la maison en raison de l’état d’urgence déclaré par le gouvernement. « Ce qui leur permet de constater le nombre de tâches à accomplir ». (Crédits : Simon Kadula/Pixabay)
L’OCDE estime, dans son rapport 2022 que les femmes effectuent deux fois plus de corvées que la gent masculine. Selon l’OCDE « Les femmes continuent de consacrer une part disproportionnée de leur temps aux tâches familiales et domestiques non rémunérées, ce qui compromet leur présence sur le marché du travail, surtout lorsqu’elles ont des enfants. » Le 16 mai 2023, la secrétaire d’État à l’Égalité et contre la Violence de genre, Ángela Rodríguez Martínez, a annoncé l’élaboration de cet outil devant le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes, à Genève, en Suisse.
Statistiques et répartition des tâches
La secrétaire d’État a rappelé que « la coresponsabilité en matière de soins et la répartition effective au sein du foyer » ne sont pas encore égales. « Les femmes consacrent plus de temps aux tâches domestiques que les hommes », a-t-elle ajouté. De son côté Abestit explique que les femmes travaillent huit semaines de plus que les hommes. « Elles consacrent 31 heures, contre 18 pour les hommes, soit 13 heures de plus », évoque Eurofound. Ainsi selon le rapport Eurofound 2022, nous sommes 41 % à nous occuper des enfants contre 30 % de nos conjoints. Concernant les tâches ménagères, elles sont 74 % à effectuer des tâches ménagères quotidiennes, contre 42 % des hommes. Des pourcentages qui n’ont que très peu évolué depuis 2003.
Chaque semaine, elles y consacrent 31 heures, contre 18 pour les hommes, soit 13 heures de plus, rappelle Eurofound. Elles sont ainsi 41 % à s’occuper des enfants tous les jours, contre 30 % des hommes, et 74 % à réaliser des corvées quotidiennes, contre 42 % des hommes. Des pourcentages qui n’ont que très peu évolué depuis 2003. Certes, les hommes effectuent davantage de travail à l’extérieur que les femmes : 42 heures par semaine en moyenne en Europe, contre 37 heures pour les femmes. Ce qui explique d’ailleurs qu’ils soient plus nombreux (46 %) que les femmes (43 %) à souhaiter réduire leur temps de travail, note Eurofound.
Inégalité dans l’exécution des tâches
Faire les courses, la vaisselle, le petit déjeuner, le ménage, enlever le rouleau de papier toilette vide… régulièrement, pour ne pas dire tout le temps, c’est l’apanage des femmes. « Dans un avenir proche, nous présenterons une application permettant de comptabiliser les tâches ménagères effectuées par les différents membres de la famille, afin de connaître les heures de travail que nous nous devons les uns aux autres à la maison et de pouvoir ainsi réorganiser notre temps de travail à la maison », annonçait Irene Montero à Genève.
Tous les journaux s’en donnent à cœur joie. Les dernières données de l’INE, l’INSEE espagnol, « 76,5 % des femmes effectuent la majeure partie des tâches ménagères, contre 23,5 % des hommes ». Le côté amusant est qu’Ana Iris Simón explique, pour El País, que dans les villes de plus de 50 000 habitants (El Ejido, Ceuta, Marbella et Melilla) les hommes ne cuisent même pas les œufs. « Il serait curieux de croiser ces données avec celles relatives à la consommation de jambon. »
Il est incorrect semble-t-il de dire « j’aide ma compagne, mes colocs, ma femme… » dans les tâches ménagères, elles doivent être réalisées tout simplement. Alors peu importe la personne qui s’en occupe. Le but est de remettre en question les usages, mais pas besoin d’application pour ça, juste du bon sens, enfin j’espère.
En ce jour du 20 mai 1923, un article dans L’Ouest-Éclair mentionnait l’étonnement. Le journaliste se prenait à rêver qu’une personne fonde la fameuse ligue contre l’abus des poignées de main. Il y a tout juste 100 ans, les microbes, virus et autres germes semblaient effrayer les Français. Il est vrai que la grippe dite « Espagnole » restait ancrée dans les mémoires. Cette pandémie fit 50 millions de morts. Le malaxage des phalanges, en signe de virilité, s’opérait une douzaine de fois par jour pour tout un chacun.
Le salut diffère selon les époques. Dans le livre « Histoire de la politesse : de 1789 à nos jours », de Frédéric Rouvillois, il apparaît des phases distinctes. Son étude porte quatre périodes :
De 1789 à 1800 : l’âge de la Révolution
De 1800 à 1914 : âge d’or de la politesse bourgeoise
De 1914 à la libération : temps des ruptures
Après 1950 : ère des incertitudes
Paul Olivier pour le quotidien expliquait que les médecins « sont tout disposé à proscrire, non seulement l’abus des poignées de mains, mais leur usage ». Il vient à comparer un champ de culture à une main. Mentionnant que les microbiologistes ont calculé que 80 000 bacilles par centimètre carré peuplent nos mains. Le journaliste prenait alors l’exemple de nos chers représentants du Peuple. « Un honnête citoyen ne distribue pas moins de douze poignées de main à la journée et je ne parle pas des députés et sénateurs qui y vont facilement de leurs douze douzaines… »
Le libre-échangisme à la ronde des bacilles et des miasmes…
La nudité du cou est comme celle des mains, elle ne dévoile pas au début du XIXe siècle. Le salut à la française, explique Frédéric Rouvillois « c’est à l’inférieur qu’appartient l’initiative : à l’homme, donc. »
Au XIXe siècle, concernant la poignée de main, c’est tout le contraire. Selon les us et coutumes de l’époque, « c’est toujours à la femme qu’il revient de tendre la main la première ». La raison en est simple dans sa compréhension. « C’est la reine qui parle la première, et dans les rapports mondains, la femme est reine ».
Oui toutes les femmes sont des reines, ce n’est pas moi qui le dis, mais Yannick Noah dans sa chanson Les Lionnes : « Mais tu sais les lionnes sont vraiment des reines ».
La main d’une femme, donc d’une Reine, ne doit pas être saisie par l’homme. Lorsque l’homme serre la main d’une femme, cela doit être fait avec délicatesse, franchise. Ce geste doit se faire sans rapidité ni lenteur suspecte. Tout un art. (Crédits : nicnicnic78/Pixabay)
Ce geste était réservé à de grands instants de la vie : fiançailles, mariage, départ pour les colonies, la guerre… Sauf que pour Paul Olivier le dégoût ou a précaution était de mise : « Voyez quelle effrayante circulation de pneumocoques ou de streptocoques favorise inconsciemment notre courtoisie ! C’est le libre-échangisme à la ronde des bacilles et des miasmes… »
La poignée de main : tout un symbole
Deux styles s’opposent, comme le french kiss, ou les french fries, le style à la française se répand sur terre.
Pour les poignées de main, deux genres sont connus : la Française et le shake-hand à l’anglaise. Le jeu d’égal à égal fait de la poignée de main son symbole après la Révolution française. Pour autant elle est symbolique. Au temps des Romains, les protagonistes se saluaient comme le chef d’œuvre cinématographique « Ben-Hur » par une empoignade des avant-bras. Ils vérifiaient ainsi si une arme se dissimulait dans la manche.
« Il y a des gens à qui je tends la main, mais à qui je ne la serrerais pas pour tout l’or du monde », évoquait un mendiant à Paul Olivier sur le parvis d’une église parisienne. La manière dont est effectuée la poignée de mains révèle beaucoup de choses sur les personnes concernées. (Crédits : Schorsch/Pixabay)
Elles étaient interdites durant la période durant la période du SARS-CoV-2. Depuis cette période rare sont les personnes à se saluer de la même manière qu’avant. Fin février 2020, un article de L’Indépendant relate que la Ligue de football professionnel et la fédération prenaient des précautions. Deux années passent, le 28 juillet 2022 le président de la République française, Emmanuel Macron accueillait Mohamed Ben Salmane sur le tapis rouge à l’Élysée. Une longue poignée de main était échangée, mais cette visite divisait la classe politique française. La poignée de main est devenue incontournable au niveau de la communication politique. Elle évoque pour les plus âgés, la conclusion d’une vente, d’un accord par simple serrage de phalange, quand la parole d’un homme avait encore de la valeur…
Les débats font rage lorsque des personnes répondent à la question de l’utilité des masques depuis l’apparition à Wuhan du SARS-CoV-2, et le capharnaüm qui s’en suit sur les décisions qui semblent juste politiques depuis le mois de mars 2020. Les ministres de la Santé, comme Olivier Véran, commencèrent par dire qu’il n’y avait aucune pertinence à le porter. Puis le Premier ministre, Jean Castex, ordonne le port du masque dans les centres villes de France, soit dès qu’il existe un trottoir. Mais suspendu depuis le 14 janvier 2022 à Paris…
Personne n’ose, ne s’aventure ou pis encore, ne sait quoi répliquer à la fameuse question dont la réponse, pourrait-être 42, quoique… Le masque est-il utile dehors, en intérieur ? Des « TikTokeurs » s’amusent par des vidéos courtes à nous interroger : « Pourquoi je dois porter un masque à l’extérieur, et l’enlever chez moi, mais je dois ouvrir mes fenêtres dix minutes toutes les heures, pour faire rentrer de l’air extérieur ? ». De la même manière, si selon les estimations de la sécurité routière on évalue à 20 % les accidents mortels dont la cause principale serait l’alcool. Alors 80 % des autres n’auraient consommé que de l’eau. Oui, c’est choquant comme exemple. C’est pourquoi il faut toujours faire attention à l’utilisation des chiffres, par les politiques, les intervenants lors d’émissions radiophoniques ou télévisuelles, sans oublier les journalistes. La seule consigne avoir les sources du protagoniste, et croiser par trois fois pour certifier ses dires.
Il faut partir d’un constat simple et primordial, nous sommes entourés de particules naturelles et d’origine anthropique. Puis, avoir à l’esprit deux faits numériques. Les Gouttelettes sont des particules de plus de 10 microns, quand aux Aérosols elles sont comprises entre moins de 5 à 10 microns. La taille des particules peut aller de 0,001 à 100μm. Les aérosols infectieux contiennent des micro-organismes. Selon l’institut national de recherche et de sécurité (INRS), un masque chirurgical est un dispositif médical (norme EN 14683). Il est destiné à éviter la projection vers l’entourage des gouttelettes (>10 microns) émises par celui qui porte le masque. II protège également celui qui le revêt contre les projections de gouttelettes émises par une personne en vis-à-vis. « En revanche, il ne protège pas contre l’inhalation de très petites particules en suspension dans l’air », explique l’INRS. On distingue trois genres de masques chirurgicaux :
Type | : efficacité de filtration bactérienne > 95 % d’un aérosol de taille moyenne 3 µm
Type Il : efficacité de filtration bactérienne > 98 % d’un aérosol de taille moyenne 3 µm
Type IIR : efficacité de filtration bactérienne > 98 % d’un aérosol de taille moyenne 3 µm et résistant aux éclaboussures
Les masques chirurgicaux doivent filtrer plus de 98 % d’un aérosol de taille moyenne 3 microns pour être qualifiés de type II. Donc il protège des gouttelettes de façon certaine, et une grande partie des aérosols supérieurs à 3 microns, mais pas complètement (il reste 2 %).
Depuis la mi-décembre 2021, le bond de la part du variant Omicron parmi les cas testés positifs ne se traduit que dans des proportions très faibles en soins critiques.
Un masque dit FFP (filtering facepiece, littéralement « pièce faciale filtrante ») est un appareil de protection respiratoire (norme NF EN 149). Il est destiné à protéger celui qui le porte contre l’inhalation à la fois de gouttelettes et de particules en suspension dans l’air. Le port de ce type de masque est plus contraignant (inconfort thermique, résistance respiratoire) que le fameux chirurgical. Il existe trois catégories selon leur efficacité, qui est estimée en fonction de l’efficacité du filtre et de la fuite au visage.
Ainsi, on distingue :
Les masques FFP1 filtrant au moins 80 % des aérosols de taille moyenne 0,6 µm (fuite totale vers l’intérieur < 22 %)
Les masques FFP2 filtrant au moins 94 % des aérosols de taille moyenne 0,6 µm (fuite totale vers l’intérieur < 8 %)
Les masques FFP3 filtrant au moins 99 % des aérosols de taille moyenne 0,6 µm (fuite totale vers l’intérieur < 2 %)
La vraie question est la taille du SARS-CoV-2, ou Covid-19. Avec un diamètre compris entre 0,06 et 0,14 micron, sa dimension le rend quasiment insaisissable par lesdits masques, mais rappelons-nous qu’il est transporté par aérosols et gouttelettes. Pour autant, il n’existe à ce jour, aucune étude scientifique démontrant l’efficacité ni le contraire du bien fondé à les porter. Seuls les avis divergent comme retranscrit FranceInfo. « On explique aujourd’hui que lorsqu’on est à l’intérieur il faut aérer les pièces pour disperser les particules, donc on imagine bien que lorsqu’on est dehors, c’est l’aération maximale possible », explique le docteur BenjaminDavido, infectiologue à l’hôpital de Garches (AP-HP). Tandis que les passants interrogés sont plus enclins, par peur, par habitude, par confort, par certitude à le conserver. Seul bémol, nous prenons régulièrement exemple sur ceux qui nous gouvernent. Quoi penser du ministre de la Santé, Mr Olivier Véran qui pendant des conférences avec le Premier ministre, Jean Castex, retire son masque, le mets en boule, pour le glisser dans sa poche de pantalon, avant de le remettre. Le masque selon les directives du ministère de la Santé et des solidarités, doit être positionné, puis ne plus être touché, sinon, il devient contaminé et ne sers plus à rien. « Quelqu’un lui a dit ? », moquerait Jean-Marc.
C’est le sujet brûlant, voire explosif du moment, ce quelque soit le pays ou continent. Une discussion peut devenir un pugilat, un concours de mots, qui ne révèlent en fait que l’incapacité d’écoute, et sans jugement, des arguments des uns et des autres. Chacun campe sur sa position, même sans connaissance… mais quel est le thème ? Le vaccin contre le SARS-CoV-2, tout simplement ou presque. Il est à ajouter le « pass sanitaire ». Tâchons de placer en lumière les faits, et uniquement les faits.
Donc, qu’est-ce qu’un vaccin ? L’Académie de Médecine explique que c’est une préparation antigénique immunogène, utilisée dans la prévention ou le traitement de maladies infectieuses, qui mettent en jeu le système immunitaire. Il est nécessaire de clarifier « antigénique immunogène ». Le premier adjectif caractérise une substance qui possède deux propriétés : la spécificité antigénique est la capacité d’être reconnue soit par des anticorps, soit par des récepteurs cellulaires, et l’immunogénicité, celle de déclencher une réaction de la part du système immunitaire (une substance qui ne possède que la première propriété est qualifiée d’haptène). Puis, le second dispose de la propriété d’induire une réponse immunitaire lorsqu’il est introduit dans un organisme qui en est dépourvu (NDLR du latin immunis, exempt de).
Il était une fois… les vaccins
C’est à Edward Jenner que l’on doit, en 1796, la première tentative de vaccination systémique contre la variole. Pour autant, il faudra attendre Pasteur, un siècle plus tard, pour pouvoir aborder et comprendre le problème de la vaccination. Il est nécessaire d’appréhender la genèse de la question afin de faire évoluer la science pour le bien de tous.
C’est là que la réflexion de Louis Pasteur fit la différence. Le médecin français démontre l’origine des maladies infectieuses, tout en apportant des protections contre elles. Ce, par l’injection de germes atténués, déterminant une maladie bénigne inapparente, laissant une immunité active solide et durable, les anticorps.
Le virus (poison en latin) représente un agent infectieux réduit à son strict minimum. Pour se multiplier, le virus, environ vingt fois plus petit qu’une bactérie, doit rentrer dans la cellule hôte et parasiter ses fonctions de réplication. Les virus sont tous à l’origine de maladies : poliomyélite, grippe, rage, Sida, variole…
(Crédits : Edward Jenner/Pexels)
L’étape décisive fut franchie en 1885, lorsque Pasteur appliqua, pour la première fois, une vaccination antirabique au petit Joseph Meister sévèrement mordu par un chien atteint de rage. Une décennie passe quand, en 1896, Sir Almroth Edward Wrigth expérimente le premier vaccin tué contre la typhoïde et, vingt ans plus tard, en 1915, Fernand Widal suggère l’emploi d’une vaccination triple associant au bacille typhoïdique les bacilles paratyphoïdiques A et B. En 1884, Robert Koch découvre le vibrion cholérique, et Jaume Ferran i Clua, puis, Waldemar Haffkine, en 1892, tente d’immuniser les sujets par des bacilles vivants.
Vaccin
Auteur / Année
Vaccin
Auteur / Année
La Variole
Edward Jenner / 1798
Infections à Méningocoque / La Rubéole
Emil Claus Gotschlich / Stanley Alan Plotkin / 1969
Le Charbon
Louis Pasteur / 1881
La Varicelle
Michiaki Takahashi / 1973
La Rage
Louis Pasteur / 1885
Hépatite B
Philippe Maupas, puis Maurice Ralph Hilleman / 1976
La Fièvre Thyphoîde
Sir Almroth Edward Wright / 1896
Infections à Pneumocoque
Robert Austrian / 1983
Tuberculose (BCG)
Albert Camette et Camille Guérin / 1921
Méningite bactérienne haemophilus influenzae de type B
John B Robbins / 1985
La Coqueluche / La Diphtérie
Thorvald Madsen / Gaston Ramon / 1923
Hépatite A
1992
Le Tétanos
Gaston Ramon / 1927
Zona / Infections à Rotavirus de l’enfant (gastro-entérites)
2006
La Grippe / La Fièvre Jaune
Jonas Salk / Max Theiler / 1937
Papillomavirus humains
2007
La Polomyélite
Jonas Salk / 1954
Infections à Méningocoques B
2014
La Rougeole
John Franklin Enders / 1963
La Dengue
2016
Les Oreillons
Michiaki Takahashi / 1966
L’histoire des vaccins à travers les âges a permis à l’humanité d’augmenter de manière significative l’espérance de vie à la naissance, bien que l’accès aux soins modernes soit hétérogène selon les continents, les ressources et les individus. Le Covid-19 sera-t-il ajouté au tableau ? (Source : Vaccination info-services)
Ce n’est qu’en 1923 que les premiers résultats de vaccination contre la coqueluche à germes entiers furent rapportés par Thorvald Madsen. À la même époque, Ramon découvre l’anatoxine diphtérique, puis tétanique, tandis que Albert Calmette et Camille Guérin découvrent le BCG. Un livre sorti en 2009, écrit par Nizar Ajjan « La vaccination : Manuel pratique de tous les vaccins » était considéré comme la « bible ». Il fut conçu pour faciliter la consultation et la recherche d’informations utiles, cet ouvrage annonce aussi les progrès à venir en matière de prévention des maladies transmissibles.
Les types de vaccins
L’académie de médecine distingue différents genres de vaccins. Les inactivés, les atténués (exemple : rougeole, rubéole, oreillons), ceux composés de sous-unités (exemple : hépatite B), les vaccins polyosidiques (exemple : pneumocoques) et les vaccins conjugués formés d’une unité oligosaccharidique couplée à une protéine (exemple : Haemophilus influenzae de type b). Le centre d’appui pour la prévention des infections associées aux soins (CPIAS) Auvergne-Rhône-Alpes met à disposition un fascicule afin de mieux saisir les différences.
Clarifions la compréhension. En parlant de « virus entier », les scientifiques utilisent un virus qui ne peut pas induire de maladie. Atténué, il est injecté « vivant », il peut être répliqué (Ex. : fièvre jaune, rougeole, oreillons, rubéole). Lorsqu’il est inactivé, le virus ne peut donc pas se multiplier (hépatite A, rage, poliomyélite, grippe).
Les bactéries sont des êtres vivants microscopiques constitués d’une unique cellule entourée d’une paroi et dépourvue de noyau. Beaucoup d’entre elles ne sont pas nocives, mais d’autres sont à l’origine de maladies graves, comme la peste, le choléra, la tuberculose ou, moins terrible, l’angine. (Crédits : Arek Socha/Pixabay)
Ensuite un vaccin « à vecteur viral » contient une version affaiblie d’un virus rendu inoffensif pour l’humain, dans lequel une partie du matériel génétique du virus a été introduit (Ebola). Lorsque le vecteur viral pénètre dans nos cellules, il donne des instructions pour fabriquer la protéine Spyke. Notre système immunitaire reconnaît que cette protéine est étrangère et produit des lymphocytes T et des lymphocytes B pour la neutraliser, explique le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec. Le vaccin du laboratoire suédois britannique AstraZeneca utilise cette méthode.
Ce dernier contient une infime quantité d’adénovirus, du chlorhydrate de L-histidine monohydraté, du chlorure de magnésium hexahydraté, du chlorure de sodium, de l’édétate disodique dihydraté, de la L-histidine, de l’éthanol, du Polysorbate 80 et du saccharose.
D’autres usent de protéine recombinante. La première est une sous-unité protéique, l’injection d’une protéine immunogène produite de manière dite « industrielle » va induire la réponse immunitaire. Ce type de vaccin nécessite la présence d’un adjuvant et de plusieurs doses pour être immunogène. Comme le sont les vaccins contre l’hépatite B et la coqueluche.
Concernant la seconde, il s’agit simplement d’un virus dépourvu de tout pouvoir infectieux qui imite la structure du virus, capable d’induire la réponse immunitaire (papillomavirus, hépatite C). Le CPIAS Auvergne-Rhône-Alpes souligne que pour les vaccins à ADN, le gène d’une protéine immunogène est inclus dans une molécule d’ADN. Après pénétration dans la cellule, ce gène va intégrer le génome cellulaire et être traduit en ARNm, puis en protéine immunogène. (Crédits : Nothing Ahead/Pexels)
Cette protéine va provoquer la réponse immunitaire. Développée dès les années 90, il n’existe pas de résultat probant chez l’Homme pour VIH, VHB, VHC, tuberculose ou paludisme. Enfin, ceux utilisant l’acide nucléique, autrement dit les ARNm. Une molécule d’Acide RiboNucléique est incluse dans une nanoparticule lipidique qui va fusionner avec la paroi cellulaire et libérer l’ARNm dans le cytoplasme. L’ARNm est transcrit en protéine immunogène excrétée par la cellule. Cette protéine va provoquer la réponse immunitaire. À suivre…
De nombreuses personnes expriment, sur l’internet, qu’une pandémie arriverait tous les siècles 1820, 1920, 2020… Ils semblent oublier celles des années 1957 et 1968, le SIDA ou encore la tuberculose, pour ne citer que ces dernières. De l’ignorance à la désinformation, jusqu’au complot, il n’y a qu’un pas que tout un chacun peut franchir consciemment ou inconsciemment. Mais que sont les pandémies ? Sont elles des périodes de l’histoire contemporaine ? Comprendre et observer pour mieux saisir les enjeux.
Le dictionnaire de l’Académie de médecine définit le terme pandémie par : « Épidémie qui frappe de nombreux pays ou le monde entier ou qui atteint la plupart des individus d’un même pays. » L’étymologie de pandémie est issue du grec « pan », qui signifie « tout » et « demos » pour « peuple ». Elle survient lorsqu’un nouveau virus, ou bactérie apparaît, se propage dans le monde entier, en l’absence d’immunité dans la grande majorité de la population, par exemple un nouveau type de grippe.
Depuis quand existent-elles ?
Les témoignages de pandémie se transmettent grâce à l’écriture. Les grandes épidémies sont rares, puis augmentent avec les échanges commerciaux. Ainsi la première épidémie connue fut la peste dite « d’Athènes » entre 430 à 426 avant notre ère. C’est au début de la guerre du Péloponnèse, en 430, quand les spartiates entrent en Attique, péninsule et région de la Grèce, menée par Périclès, que la force des Athéniens est vaincue par un ennemi invisible, mais meurtrier, la peste.
Décrite par l’historien Thucydide — atteint puis guéri —, la maladie se manifeste par des diarrhées, des rougeurs, des convulsions précédées par des fièvres. Elle aurait tué plus du quart de la population de l’Attique.
« Il brûle d’une fièvre si dévorante qu’il ne peut supporter le contact des tissus les plus légers. Il faut rester nu. Par désir d’une eau fraîche, beaucoup, pris d’une soif inextinguible, sont entraînés à se jeter au fond des puits », raconte l’article « La peste d’Athènes. Épidémie et conséquences politiques » d’Olivier Battistini pour Conflits.
De l’année 165 à 190, la peste Antonine, a touché l’Empire romain, durant les règnes de Marc-Aurèle et Commode. Il s’agit probablement d’une épidémie de variole. Elle est connue par des écrits antiques, dont celui du médecin Gallien. Elle aurait tué environ 10 % de la population, soit plusieurs millions d’individus. La variole est une affection contagieuse aiguë, causée par le virus variolique.
(Crédits : Michel Serre, Vue de l’hôtel de ville pendant la peste de 1720/DR)
Elle se transmet d’un individu à l’autre par des particules en suspension ou des gouttelettes provenant des personnes infectées qui présentent les symptômes de la maladie. « Suite à une campagne de vaccination mondiale menée par l’OMS, la variole a été déclarée éradiquée en 1980. Elle ne survient plus de façon naturelle, mais des stocks de virus variolique sont encore conservés dans deux laboratoires de confinement renforcé », souligne l’OMS.
Près de 50 000 cas de peste entre 1990 et 2020
La toute première pandémie n’arrive qu’à partir du milieu du Ve siècle. La peste – Yersina Pestis – serait probablement venue d’Asie, par la route de la soie. Dans le livre « Les Sociétés en Europe du milieu du VIe à la fin du IXe siècle » où les textes sont réunis et présentés par Alain J. Stoclet, l’historien Procope de Césarée raconte : « Il y eut en ces temps-là une pestilence qui manqua d’emporter la race humaine tout entière. […] Elle ne se manifesta pas seulement dans une région ni n’affligea tel homme plutôt qu’un autre […], mais embrassa toute la terre et prit la vie de tous les hommes. […]». L’estimation du nombre de morts, principalement autour de la méditerranée, oscille de vingt-cinq à cent millions de décès.
Grégoire de Tours, dans son Histoire des Francs, livre quatrième « De la mort de Théodebert Ier à celle de Sigebert Ier, roi d’Austrasie (547 – 575) » raconte : « […] il y eut dans tout le pays une telle mortalité sur le peuple, qu’il est impossible de compter les multitudes qui périrent. Comme les cercueils et les planches manquaient, on en enterrait dix et plus dans une même fosse ; on compta, un dimanche, dans une basilique de Saint-Pierre, trois cents corps morts. La mort était subite ; il naissait dans l’aine ou dans l’aisselle une plaie semblable à la morsure d’un serpent ; et ce venin agissait tellement sur les hommes qu’ils rendaient l’esprit le lendemain ou le troisième jour [xxxvi] ; et la force du venin leur ôtait entièrement le sens. Ainsi mourut le prêtre Caton […] » Comme le fit le pape Pelage II, en 590.
La peste noire, du XIVe siècle à aujourd’hui
La plus grande épidémie de l’histoire est sans doute celle de la peste noire, qui débuta en 1347 pour finir en 1352. Elle aurait tué d’un tiers à la moitié de la population européenne, soit environ 34 millions de personnes. À nouveau, elle arrive par la route de la soie. Constantinople fut la première ville touchée en Europe, puis Marseille… Elle atteint les îles britanniques et la Scandinavie.
(Crédits : Carte de diffusion de la peste noire en Europe et Afrique du Nord. /FlyingPC)
Elle frappe de nouveau et à maintes reprises au XVIIe siècle, à Lyon. Puis en 1656, plus de la moitié des habitants de Naples sont morts, leur nombre est estimé à 450 000. Dix ans plus tard, c’est Londres qui est meurtrie. Près de 100 000 décès, soit 20 % de la population. Le grand incendie de la City du jeudi 2 septembre au lundi 6 septembre 1666 aurait aidé à clore la pandémie.
Le même nombre de défunts est à déplorer en Provence. Arrivée par le biais d’un navire marchand en 1720, jusqu’à 1722, cette épidémie de peste est la dernière sur le sol français. « La peste est une maladie infectieuse très grave chez l’homme avec un taux de létalité de 30 % à 100 % en l’absence de traitement », prévient l’OMS.
Selon la voie d’infection, il est observé trois formes de peste : la peste bubonique, septicémique et pulmonaire. La forme bubonique, caractérisée par une tuméfaction douloureuse des ganglions lymphatiques appelés « bubons », est la plus courante. De 2010 à 2015, l’OMS rapporte que 3248 décès sont imputés à la peste.
Chassez une épidémie, une autre prend la place. La variole fut un fléau majeur durant trois siècles, de 1500 à 1800. À la fin du XVIIIe siècle, le médecin anglais Edward Jenner vaccine James Phillips 8 ans, le 14 mai 1796. Il utilise du pus issu de la vaccine des vaches, maladie apparentée, mais bénigne pour l’homme. Ce sera le début avec succès de la vaccination.
De 1817 à 1923, c’est le choléra qui fait des ravages. À travers six pandémies, de l’Asie — dont il est originaire — au continent américain en passant par l’Europe, l’infection fera des millions de morts. Mais c’est la troisième vague de 1852 à 1860 qui sera la plus meurtrière. De 1855 à 1945, la peste de Chine a fait des ravages en Inde, avec une dizaine de millions de morts. L’Europe et l’Amérique maîtriseront les quelques cas.
(Crédits : Les soldats suédois touchés par l’épidémie de grippe qui a ravagé la planète en 1918. /EL MUNDO)
La grippe espagnole est la plus forte pandémie ayant frappé l’Europe depuis la peste noire du XIVe siècle. Elle aurait tué entre 20 et 50 millions de personnes en 1918 et 1919, selon l’OMS (voir tableau ci-dessous). Originaire d’Asie, elle apparaît en mars 1918 dans les bases militaires américaines, au Kansas. Nommée ainsi, car l’Espagne, non soumise au secret militaire, fut la première à en parler publiquement. Le virus s’est propagé comme une traînée de poudre, suite à l’arrivée, en Europe des militaires d’outre-Atlantique.
Tableau récapitulatif des pandémies de grippe (Crédits : OMS)
De 1956 à 1958, la grippe asiatique affecte mortellement d’un à quatre millions de personnes, essentiellement en Asie. Les souvenirs français sont moindres, elle aurait causé 15 000 décès. Une décennie plus tard, la grippe de Hong-Kong sévit. Si elle laisse peu de souvenirs aux Français, elle dénombre 30 000 morts dans l’hexagone, et jusqu’à 4 millions selon l’OMS. Quant à la grippe H1N1, dite « influenza », elle engendre entre 100 et 400 mille décès. Les jeunes adultes et les enfants sont les plus touchés. La tuberculose a contaminé 10 millions de personnes, dont 1,4 million de morts dans le monde en 2019 : 56 % sont des hommes, 32 des femmes et 12 % sont des enfants.
Chaque semaine, environ 5500 jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans sont infectées par le VIH.
Le virus d’immunodéficience humaine (VIH) communément nommé SIDA atteint le système immunitaire. Les premiers signes sont apparus en 1970, aux États-Unis. À ce jour, un traitement à base de médicament antirétroviral peut permettre de vivre comme tout un chacun. 26 millions de personnes avaient accès à la thérapie antirétrovirale en juin 2020. Sur les cinq continents, 38,0 millions de personnes vivaient avec le VIH en 2019, 1,7 million est devenu nouvellement infecté en 2019.
Des maladies liées au sida en 2019, 690 000 personnes meurent. 75,7 millions ont été infectés par le VIH depuis le début de l’épidémie. Au total 32,7 millions de personnes décédées de suite de maladies liées au sida depuis le début de l’épidémie (fin 2019) selon l’ONUSIDA.
« Les femmes et les filles représentaient environ 48 % de toutes les nouvelles infections à VIH en 2019. En Afrique subsaharienne, elles représentaient 59 % de toutes les nouvelles infections. Plus d’un tiers (35 %) des femmes dans le monde ont subi des violences physiques ou sexuelles de la part d’un partenaire intime ou des violences sexuelles de la part d’un partenaire non régulier à un moment de leur vie. Chaque semaine, environ 5500 jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans sont infectées par le VIH», martèle l’ONUSIDA
Message explicite et sans équivoque (Crédits : ONUSIDA)
Depuis plus d’une année, il est plus célèbre qu’une rock-star, la planète entière ne parle que de lui, le Covid-19. Tout est entendu sur ce virus, mais qu’est-ce que c’est ? C’est un virus, me répond l’écho ! Un peu court comme réponse… Mardi 9 février 2021, la mission scientifique internationale diligentée par l’OMS a livré ses premières conclusions. La conférence de presse se tenait depuis Wuhan, en République populaire de Chine (RPC). Après un séjour de quatre semaines, dont deux passées en isolement, l’équipe a annoncé n’avoir pu définir les origines de la pandémie.
« Le SARS-CoV-2 peut avoir pour origine une transmission zoonotique mes les réservoirs hôtes restent à identifier », expliquait le professeur Liang Wannian, chef de la délégation chinoise. Du côté de Peter Ben Embarek, chef de la délégation de l’OMS, ce n’est pas plus probant.
« La conclusion est que nous n’avons pas trouvé de preuve d’une grande épidémie qui pourrait être reliée à des cas de Covid-19 avant décembre 2019, à Wuhan ou ailleurs. »
Seule paraît, selon les experts, hautement improbable l’hypothèse d’un incident de laboratoire. « La théorie la plus probable est la contamination de l’être humain par un animal intermédiaire », ajoute Peter Ben Embarek.
La transparence de l’empire du Milieu n’est plus à démontrer. Thea Fischer a déclaré à la presse qu’elle n’avait pas pu obtenir de la Chine les données brutes qu’elle souhaitait. « Je dois me fier à l’énorme quantité de données qui ont été analysées et qui m’ont été présentées », a-t-elle déploré.
(Crédits : Hector Retamal /AFP)
La structure générale des virus
Son étymologie vient du latin, qui signifie poison. L’Académie de Médecine le définit comme ce qui suit. « Virus : se reproduisant à partir de son matériel génétique et utilisant les matériaux de la cellule qu’il infecte pour la biosynthèse de ses propres constituants. Il est constitué d’un acide nucléique (ADN ou ARN), d’une capside protéique, faite d’un assemblage de capsomères (protéines), destinée à protéger l’acide nucléique viral, responsable de l’antigénicité du virus, et parfois d’une enveloppe dérivée des membranes cellulaires, porteuses des récepteurs se fixant sur la cellule à infecter. »
Oui, beaucoup de termes du lexique médical qui ne sont pas forcément accessibles à tous. Simplement, c’est une cellule dotée d’une intelligence lui permettant de se multiplier, de muter (pour devenir le plus contagieux possible) le tout en très grande quantité pour contaminer un être vivant, puis un autre, etc. Ce qui à terme peut provoquer une pandémie (comme en 1918, 1957 et 1968), qu’explique Jamy Gourmaud dans un épisode de l’émission « C’est pas Sorcier ». (Crédits : Nicolas Joubert, Université de Tours)
C’est un organisme vivant. Il utilise une cellule pour se répandre dans l’organisme provoquant une inflammation. En réaction, des anticorps sont créés. Il existe des virus qui infectent des animaux (l’être humain est un animal, classé comme mammifère, doté d’une certaine intelligence), les végétaux et également les bactéries (bactériophages).
S’ils provoquent des maladies, les virus peuvent être considérés comme des germes pathogènes. Ils sont environ deux cents dans ce cas. Si la majorité des maladies virales sont bénignes, d’autres présentent une gravité certaine (SIDA, fièvres hémorragiques, encéphalites, hépatites…), puis certains virus jouent un rôle dans le développement de tumeurs malignes et de cancers.
La découverte des virus trouve son origine au XIXe siècle, avec les travaux d’Adolf Mayer sur la mosaïque du tabac. Plus tard, le microbiologiste Martinus Beijerinck comprit que la particule infectieuse devait être bien plus petite qu’une bactérie. Le virus de la mosaïque du tabac (VMT) n’a été identifié qu’en 1935 par Wendell Stanley.
(Credits : Medical Art Service, Munich/Wellcome Images)
C’est en 1953 qu’André Lwoff énonçait les trois caractères fondamentaux. Les virus ne contiennent qu’un seul type d’acide nucléique (ADN ou ARN) qui constitue le génome viral, ils se reproduisent à partir de leur matériel génétique et par réplication, enfin ils sont doués de parasitisme intracellulaire absolu.
D’où vient le Covid-19 ?
Tout semblait commencer dans la province d’Hubei, en Chine, au sein de la ville, désormais célèbre, Wuhan. Une épidémie de pneumonies, qui fut décrite comme d’allure virale de cause inconnue a émergé en décembre 2019. Les enquêteurs n’ont découvert aucune indication clinique de la circulation dudit virus à Wuhan et ses environs, stipulait Lian Wannian, professeur et chef de la délégation chinoise lors de la conférence.
Dès le 9 janvier 2020, les autorités sanitaires chinoises et l’OMS officialisaient la découverte d’un nouveau coronavirus. D’abord appelé 2019-nCoV puis SARS-CoV-2, car différent du virus SARS-CoV responsable de l’épidémie de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) en 2003.
Il l’est également du virus MERS-CoV responsable d’une épidémie évoluant depuis 2012 au Moyen-Orient. Ce nouveau virus est responsable de cette maladie infectieuse respiratoire appelée Covid-19 (pour CoronaVIrus Disease 2019).
Plutôt que devenir tous des « Iznogoud », obsédé par l’idée de devenir « calife à la place du calife », le plus simple, et plus sage, est de demander conseil auprès de son médecin traitant. Car, selon l’OMS, il existe différents symptômes : Les classiques : fièvre, toux sèche et fatigue ; Les moins courants sont la perte du goût et de l’odorat, congestion nasale, conjonctivite (yeux rouges), mal de gorge, maux de tête, douleurs musculaires ou articulaires, différents types d’éruption cutanée, nausées ou vomissements, diarrhée, frissons ou vertiges.
La grippe saisonnière admet des symptômes sensiblement identiques : apparition brutale d’une forte fièvre, de toux (généralement sèche), de céphalées, de douleurs musculaires et articulaires, de malaise général, de maux de gorge et d’écoulement nasal.
En vulgarisant, on pourrait admettre que la grippe saisonnière et le Covid-19 sont de la même famille, voire très proche parent. En effet, la transmission des deux virus est semblable. Il se transmet facilement d’une personne à l’autre par l’intermédiaire des microgoutelettes et des particules excrétées par les sujets infectés lorsqu’ils toussent ou éternuent. C’est ainsi que l’on comprend mieux l’intérêt, comme disaient-ils jadis : « Mets ta main devant ta bouche quand tu éternues ! » (Crédits : DR)
Dorénavant, le gouvernement français oblige le port du masque… afin d’éviter d’arroser nos concitoyens de nos postillons (même sans pandémie, cela reste peu agréable) et d’autres gestes, comme de se laver les mains. Si la plupart des sujets atteints, par la grippe comme la Covid-19, guérissent en une ou deux semaines sans traitement médical, chez les personnes âgées et les malades souffrant de pathologies graves, elles peuvent provoquer de graves complications et la mort. Santé publique France déclarait « Ainsi, plus de 71 000 décès liés à la COVID-19 ont été rapportés du 1er mars 2020 au 19 janvier 2021. »
Les données de la pandémie
En France, de nombreux sites diffusent des informations, comme « Cascoronavirus ». Les données sont issues du site « Santé publique France » ou encore le site des « data » Françaises. Les chiffres de « Santé publique France » en date du 9 février 2021 :
3 360 235 cas confirmés, soit 18 870 de plus que la veille
80 147 décès, dont 56 476 à l’hôpital, 439 de plus sur les dernières 24 heures
10 886 nouvelles hospitalisations
1 758 admissions en réanimation sur les derniers sept jours
Les chiffres mondiaux au 09 février 2021 : 107 411 571 cas confirmés dans le monde ; 2 351 195 décès dans le monde
Quid des tests ?
Quasiment chaque jour, des données sont affichées, lues, écrites sur l’avancée et l’ampleur de la pandémie, que ce soit en France, en Navarre ou mondialement. Quoi penser lorsque l’on entend « test positif », « test négatif » ?
Test RT-PCR positif : soit il est détecté de l’ARN du virus vivant, alors le sujet est potentiellement contagieux, que cette personne soit symptomatique – malade – ou asymptomatique – porteur sain. Il peut être détecté de l’ARN du virus mort, qui n’aurait pas été éliminé par les cellules infectées, ou encore que lesdites cellules ne soient pas éliminées de l’organisme. Ce qui a été observé sur une période allant jusqu’à deux mois après la contamination. Il est dit que le sujet est positif au test RT-PCR pour le Covid-19, mais non contaminant.
Test RT-PCR négatif : pour un patient asymptomatique, il peut n’avoir pas été infecté tout simplement, ou être au début de la phase d’incubation. Il est préconisé de réitérer le test quelques jours plus tard.
Aujourd’hui 9 février 2021, en France, ce n’est pas moins de 45 959 545 tests réalisés, pour 42 829 358 négatifs (93,19 %) et 3 130 187 positifs (6,81 %).
En métropole, le taux de positivité est le plus haut en région Auvergne-Rhône-Alpes. Elle affiche un taux de 9,7 % pour 5 504 588 tests suivi par la Bourgogne-Franche-Comté (7,9 %, 1 871 255).
Au plus bas se trouve la Nouvelle-Aquitaine les chiffres sont de 5,2 % pour 3 472 409 tests, la Bretagne (4,2 %, 1 683 754) et la Corse (3,1 %, 282 364).
Dans les territoires et départements d’outre-mer, Mayotte affole les compteurs. En effet, le taux affiche 11 % pour 72 708 tests, tandis que la Réunion est à 2,5 % pour 425 450 tests.
Cette phrase, issue d’un article du site France Soir, est partagée chez Ze Journal, Bon Sens. Perplexe, j’ai demandé à un docteur en médecine générale de m’éclairer. Voici sa réponse : « Devant un premier test négatif réalisé sur une personne cas contact, symptomatique, on refait un test rtPCR sept jours après si le tableau est très évocateur sinon on en reste là. On ne va sûrement pas faire de test sur le LBA, ni de scanner en ville. Le scanner en ville est fait devant des signes de complications (exemples : suspicion embolie pulmonaire, de péricardite ou de surinfection pulmonaire). »
Inquiétude sur les mutations
La presse écrite évoque la peur des mutations dans ces titres. « Pourquoi la mutation du variant anglais suscite l’inquiétude ? », « Faut-il s’inquiéter de la nouvelle mutation du variant anglais du virus ? », « Le variant anglais poursuit ses inquiétantes mutations », « De nouvelles mutations du virus qui inquiètent », « Progression de la mutation du coronavirus : l’inquiétude grandit dans le monde ». Les mutations E484K, N501Y semblent inquiéter, les professionnels de santé. « Au 27 janvier 2021, 299 cas d’infection au variant 20I/501Y.V1 et 40 cas d’infection au variant 20H/501Y.V2 ont été rapportés en France », communique Santé Publique France.
En France, les résultats préliminaires suivants portent sur 123 laboratoires ayant transmis leurs résultats de criblage au 3 février 2021 à 13h ; ils montrent que parmi les cas diagnostiqués le 27 janvier 2021 :
14,0 % de ces cas seraient des suspicions de variants 20I/501Y.V1 (UK) pour 78 laboratoires utilisant un criblage par technique Thermo Fisher (TFS)
14,6 % seraient des suspicions de variants 20I/501Y.V1 (UK) ou 20H/501Y.V2 (ZA) ou 20J/501Y.V3 (BR) pour 45 laboratoires utilisant un criblage par RT-PCR spécifique recherchant la mutation N501Y.
(Crédits : Markus Spiske/Pexels)
« Les résultats préliminaires de cette deuxième enquête Flash […] confirment d’ores et déjàl’augmentation de la circulation des variants qui était attendue, et une situation hétérogène selon les régions », précise Bruno Coignard, Directeur des maladies infectieuses à Santé publique France. Les mutations posent questions, les centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) aux États-Unis résument bien la situation : Dans quelle mesure ces nouveaux variants se sont répandus ; Comment ces variantes peuvent affecter les thérapies, vaccins et tests existants.
Les responsables de la santé publique veulent savoir si les variants:
Se propagent plus facilement de personne à personne
Causent une maladie plus légère ou plus grave chez les personnes
Sont détectés par les tests viraux actuellement disponibles
Changent l’efficacité des vaccins COVID-19
Le Vaccin AstraZeneca
Après Pfizer et Moderna, un troisième vaccin est validé par la haute autorité de santé (HAS) AstraZeneca va arriver en France pour les soignants et les moins de 65 ans. Mais pourquoi fixer un âge pour un vaccin ? La réponse est simple, l’âge de la cohorte. L’analyse publiée par l’hebdomadaire britannique, The Lancet – qui fait partie des prestigieuses revues scientifiques dans le domaine de la santé – affichait une cohorte totale de 11 636 personnes.
Entre le 23 avril 2020 et le 4 novembre 2020, 23 848 participants ont été recrutés, 11 636 ont été inclus dans les analyses d’efficacité primaires. La majorité était âgée de 18 à 55 ans, 6 542 sur 7 548 (86,7%) au Royaume-Uni et 3 676 sur 4 088 (89,9%) au Brésil.
Les personnes de 56 ans ne représentaient 8, 4% de la cohorte totale, et 3,8 % pour les plus de 70 ans. 60,5% étaient des femmes. Les résultats intermédiaires ont ainsi démontré l’efficacité du vaccin ChAdOx1 nCoV-19 à 90 %, observée chez les participants ayant reçu une faible dose. C’est pour cela qu’il est recommandé pour les personnes de moins de 65 ans.
(Crédits : cottonbro studio /Pexels)
Seule ombre au tableau, les variants pourraient rendre le vaccin d’AstraZeneca moins efficace. Marie-Paule Kienny, virologue et directrice de recherche à l’INSERM, répondait à Apolline de Malherbe sur RMC, le 9 février 2021 : « Il semble être peu efficace contre le variant qui circule en Afrique du Sud […] on ne sait pas s’il est efficace chez les personnes de plus de 65 ans, il semble être prudent, comme l’ont recommandé plusieurs pays européens, d’utiliser ce vaccin chez les personnes plus jeunes, affirme Marie-Paule Kienny. Les campagnes de vaccination qui sont en route sont là pour protéger contre l’hospitalisation, les formes sévères, la mort… »