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  • Est-ce que les arbres sont de grands bavards ?

    Est-ce que les arbres sont de grands bavards ?

    Entrez dans une forêt ! Écoutez… Rien, vous n’entendez rien. Seul le calme, parfois ponctué par le souffle du vent dans les arbres et le bruissement de vos pas sur le sol. Pourtant, sous vos pieds, c’est une vraie salle de rédaction, remplie de bavards. Les arbres, immobiles et silencieux à nos yeux et à nos oreilles, sont en réalité de véritables commères. Est-ce un mythe poétique ou vérité scientifique ? Depuis plusieurs décennies, les chercheurs découvrent que ce qu’on croyait un « tas de troncs plantés là » ressemble plutôt à un réseau social… mais avec de la chlorophylle.

    Juste sous la surface du sol se cache une autoroute souterraine sans limitation de vitesse : le Wood Wide Web. Pas un simple WiFi, plus un réseau Ethernet, fait de filaments de champignons mycorhiziens reliant les racines des différents arbres. Imaginez un câblage en forme de pieuvre. Tel un clavardage, les arbres échangent des nutriments, du carbone, de l’eau et… des informations chimiques.

    Le langage des racines et des champignons

    Ces réseaux, jalousement cachés à nos yeux, sont étudiés depuis des décennies. Elles montrent comment des arbres transfèrent du carbone via leurs connexions fongiques. L’entraide n’est plus l’apanage de l’être humain, bien au contraire. Un arbre malade ou attaqué peut redistribuer ses ressources vers ses plus proches voisins. C’est comme envoyer un « SMS ». Le biologiste allemand Peter Wohlleben, dans son best-seller « La vie secrète des arbres », décrit ce système comme l’équivalent de veines qui relieraient les arbres entre eux.

    Arbre, femme, racines

    Derrière ces métaphores se joue une réalité complexe. Il ne s’agit pas de mots échangés sur une terrasse. Nous parlons de signaux biochimiques et physiologiques déclenchés par différents facteurs de stress (environnement, lumière, attaques d’insectes). Les mycorhizes facilitent les échanges. Quant à leur exact rôle dans la communication ? C’est un sujet encore débattu au sein de la communauté scientifique.

    Car, ces échanges ne se limitent pas au sous-sol. Dans les savanes d’Afrique, les acacias possèdent en eux une arme redoutable. Quand une girafe commence à grignoter leurs feuilles de manière gargantuesque, ils réagissent.
    Ils libèrent du tanin pour rendre le repas désagréable… Puis, ajoute autour d’eux une barrière, par l’émission de gaz volatil.
    (Crédits : The local bus/Pexels)

    Ces signaux chimiques préviennent également les voisins : « Attention ! Goinfre en approche ! » C’est ainsi que les autres acacias montent leur taux de tanins, au cas où la girafe aurait encore un petit creux. De quoi nous donner des complexes quant à notre propre « efficacité » en communication et en sécurité. Les arbres possèdent un système d’alerte anti-intrusion inné, automatique, opérationnel et inviolable… en théorie, du moins.

    À quoi sert cette communication ?

    Nous pourrions nous émerveiller de cette « solidarité »… mais restons factuels. Il ne s’agit pas de gentillesse en mode princesse de conte de fées, mais d’un mécanisme de survie collective. En coopérant, chaque arbre augmente ses chances. Les vieux arbres… Pardon… les plus expérimentés, surnommés « arbres-mères », redistribuent du carbone stocké à de jeunes pousses qui peine à se faire une place au soleil. Ce n’est pas de la philanthropie, mais la survie de la forêt dépend de l’équilibre global.

    De nouvelles études nous plongent encore plus dans l’invisible, voire le sensationnel. Des chercheurs observent dans les forêts des Dolomites (Italie) que des épinettes (Picea abies) synchronisent leurs signaux bioélectriques avant une éclipse solaire partielle de deux heures.

    C’est comme si elles anticipaient l’événement et se coordonnaient collectivement. Les plus expérimentés anticiperaient. Ils agiraient comme banques de mémoire, influençant la réaction des plus jeunes. Ce phénomène, baptisé synchronisation bioélectrique, remet en perspective la forêt comme un superorganisme vivant, où chaque arbre n’est pas isolé, mais fait partie d’un tout.

    Avis et vents contraires

    Mais tous ne sont pas d’accord à propos de cette publication. « C’est décevant que ce papier reçoive tellement de presse parce que c’est juste une idée et qu’il n’y a pas grand-chose ici à part l’affirmation », a déclaré James Cahill, professeur à la faculté d’Alberta. Ce à quoi « The Royal Society Open Science » répond que « toutes les recherches publiées par la Royal Society Open Science passent par un examen approfondi par les pairs avant d’être acceptées ».

    Chacun y trouvera sa croyance et sa certitude, d’un côté comme de l’autre.

    Mais, cette idée fascine, autant qu’elle dérange, parce qu’elle humanise la forêt. Est-ce que nous projetons nos codes sociaux sur eux, ou est-ce eux qui nous ont influencés ? Les voir parler ou s’entraider flatte notre imaginaire. Depuis Tolkien et ses Ents, jusqu’aux contes populaires de forêts magiques, l’arbre parlant est une vieille antienne humaine. Mais attention un arbre ne rédige pas de haïkus sous ses racines. (Crédits : Luis Quintero/Pexels)

    Laissons libre cours à notre imagination. Pour le reste des légendes existent. En France, il y a la forêt de Mercoir et la bête de Gévaudan (Languedoc-Roussillon), Merlin l’enchanteur et la forêt de Brocéliande (Bretagne), celle de Mervent-Voucant le domaine de la fée Mélusine (Pays de la Loire), les mystères entourant celle des Andaines (Basse-Normandie) ou encore les légendes en pays Tronçais (Auvergne).

    Les arbres, une société bruyamment silencieuse

    Malgré tout, cette découverte modifie en profondeur notre regard. La forêt n’est pas une juxtaposition d’individus, mais une communauté interconnectée. Bien plus importante que la société humaine avec ses portables et ses réseaux dits sociaux. Chaque arbre adopte un rôle primordial dans un gigantesque écosystème solidaire.

    silence, arbre, banc

    Ce que nous prenons pour une conversation est en fait de la biochimie collective, mais le résultat est là : ils communiquent. La forêt est un superorganisme à part entière. En comparaison, nos sociétés « hyperconnectées » font pâle figure.
    L’être humain parle beaucoup, mais ne démontre que peu. La forêt, silencieuse en surface, agit en permanence.

    Alors, les arbres communiquent-ils vraiment entre eux ? Oui.
    Ces mots nous sont encore inconnus. Peut-être est-ce un bien pour la survie de la nature. La forêt ne s’encombre pas de paroles inutiles, pas de tirades ou d’envolées lyriques, juste des gestes. Par signaux chimiques, par réseaux souterrains, par molécules volatiles. C’est une communication discrète, pragmatique, au service de la survie commune. (Crédits : Jeswin Thomas/Pexels)

    La morale ? Là où nous avons inventé le bruit permanent, eux ont mis au point le murmure efficace. Alors, la prochaine fois que vous traversez une forêt, souvenez-vous : même si vous ne les entendez pas, les arbres, eux, sont peut-être déjà en train de commenter votre présence. Autour de vous, ça « parle vert ». Et sans jamais se couper la parole.

  • Une nuit glaciale au sommet du Taranaki (38/55)

    Une nuit glaciale au sommet du Taranaki (38/55)

    Une nuit sans nuage, mais éclairée par les cités aux alentours. Ce passage nocturne est accompagné de vents aux alentours de 20 km/h, et de rafales cinq fois plus rapides. Le tout à 2518 mètres d‘altitude. Comme attendu, la nuit fut fraîche. La température moyenne au sommet du Tarakani Maunga est de -1 °C. Alors, qu’a dû ressentir Flavien à l’aube au moment où le soleil affiche timidement ses premiers rayons ? Car, dans les premières heures de la journée, le froid peut encore s’amplifier. Un véritable bonheur à cette altitude.

    Le Tarakani Maunga est plus qu‘un symbole, que ce soit pour les touristes ou les Néo-Zélandais. Flavien voulait absolument tenter cette expérience. Y passer une nuit, coûte que coûte.

    Une grosse dose de motivation

    Cette nuit, une dose conséquente de motivation est plus que nécessaire pour sortir à quatre heures. L’air colle la poussière sur chaque obstacle rencontré, c’est à dire partout sauf dans le sac de couchage. « Je m’encourage, m’habille véritablement chaudement, et essaie de me protéger du vent, moi et mon appareil photo » ajuste Flavien. Pas un seul nuage à l’horizon, mais une pollution visuelle malgré les 2518 mètres d’altitude.

    Froid, vent, stalagmite

    En contraste avec la Patagonie, où la pollution visuelle est inexistante, « ce n’est pas la plus belle observation de la Voie lactée que j’ai faite. Mais le spectacle vaut quand même le coup de se geler », admet Flavien.

    À peine le temps de se tomber dans les bras de Morphée et surtout de se réchauffer qu‘il faut à nouveau sortir de la tente, enfin seulement Flavien. Dix minutes après six heures, le réveil sonne de nouveau. Les premières lueurs éclairent déjà l’Univers endormi.

    Le vent présent a forci durant la nuit. L’aventurier du bout du monde pose un œil sur le paysage, l’autre sur l’évolution des rafales. Pour ne pas se faire dépasser et qu’il puisse réussir à ranger la tente.

    (Crédits : Flavien Saboureau)

    Au sol, l’effet conjugué du froid et du vent forme, ce qui s’apparente à de très fines et très détaillées stalagmites faites de poussières et de glace. « Je n’ai jamais vu ça ! C’est beau ! Ça craque sous le poids des pas », s’émerveille le naturaliste. Quelques nuages effleurent la ligne d’horizon. Les couleurs de l’aube projetées par le soleil réchauffent et éclairent le visage frigorifié de Flavien. Au loin, seul le mont Ruapehu dépasse majestueusement des nuages. « Le moment est encore magique, j’essaie d’en profiter un maximum, mais à 6 h 45, je dois plier la tente. »

    En aparté, le Ruapehu est un des strato-volcans actifs, parmi les 1500, sur plus de 10 000. Il est couronné par un lac de cratère au sommet.

    Ce lac de cratère est un tapu. Il revêt une importance culturelle et spirituelle pour les communautés autochtones, ce qui ajoute à la signification profonde de la montagne. Comme l’est le célèbre rocher australien d’Uluru.

    En Nouvelle-Zélande, c‘est un site vénéré par l’iwi local dans la région. Un tapu est une interdiction à caractère religieux pesant sur une personne, un objet, un lieu ou une situation particulière. Il s’agit d’un concept de tapu qui existe dans plusieurs sociétés polynésiennes — par exemple aux Tonga, aux Samoa, à Wallis-et-Futuna et chez les Maoris de Nouvelle-Zélande. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Il réside toujours des menaces d‘éruptions et de coulées de lahar. Un lahar, mot d’origine indonésienne, est une coulée boueuse d’origine volcanique. Elle est principalement constituée d’eau, de cendres volcaniques et de téphras. L’endroit où il se rencontre donc le plus régulièrement sur les pentes des volcans gris émettant des laves andésitiques. Le risque zéro n’existant pas, des mesures de précaution, tels des systèmes d’alerte précoce sophistiqués, sont en place. L’ultime éruption majeure remonte à 1996 et le dernier lahar en mars 2007.

    Tarakani, volcan, POV

    De son côté Flavien lutte contre le froid qui le saisit aux doigts. Car, avec le vent omniprésent, il faut réfléchir. L‘aventurier commence par retirer les sardines du côté abrité.

    « Pour ça, j’enlève les mitaines… mais mes doigts gelés me font souffrir. Le ressenti est autour de -15 °C. Je n’arrive pas à accomplir grand-chose avec. Ils sont tout blancs. C’est la première fois que j’ai aussi froid aux doigts », s’effraie Flavien. Pour être tatillon, Flavien, sans instrument de mesure, est très proche.

    La formule dite du « wind chill » est Température (ressentie) = 13,12 + 0.6215 x T − 11,37 x V 0.16 + 0.3965 x T x V 0.16 (Température de l’air en °C, V la vitesse du vent en km/h). Ce qui, selon les données météorologiques, une température ressentie de -12 °C. (Crédits : Flavien Saboureau)

    Flavien souffle sur ses doigts, autant que possible. « Je réussis à plier la tente à l’arrache, sans fermer la housse. Je dois faire vite, toutes mes affaires exposées au vent sont pleines de poussières, car la tente va au fond du sac… » Enfin, le sac sur le dos, l‘aventurier laisse la croupe sommitale derrière lui, relâchant la pression de l’instant. « Là-haut, le climat est souvent comparé à celui de l’Antarctique. Il affiche une moyenne annuelle de -1 °C… Je répète : -1 °C ! Pas étonnant que je ne trouve aucune plante vasculaire. »

    La légende de Taranaki Mounga

    La terre de Nouvelle-Zélande est un lieu haut en couleur et légende. Le volcan Taranaki Mounga ne déroge pas à la règle. Parmi Tane Mahuta, le dieu des forêts, et Tangaroa, le dieu de la mer, et Maui, le héros qui a pêché les îles de la Nouvelle-Zélande du fond de l’océan, celle de Taranaki tient une bonne place.

    Il est dit que Taranaki Mounga était nommé Pukeonaki. Il se tenait près de Tūrangi, avec Ruapehu, Tongariro et Pihanga. Pukeonaki et Tongariro ont tous deux chéri Pihanga. Comme souvent, la discussion monte en tension, devient houleuse, pour se finir en bagarre.

    À ce jeu, Tongariro est plus fort. Des suites de la férocité des coups échangés, Pukeonaki (Taranaki), qui porte les cicatrices de la bataille, se retire sous terre.

    C‘est ainsi que le lit du fleuve Whanganui se dessine, lors de son voyage vers la mer. Quand il a fait surface, il a vu la belle chaîne de Pouākai se tenir à l’intérieur des terres et est attiré vers elle. La progéniture de Pouākai et de Taranaki est devenue les arbres, les plantes, les oiseaux, les rochers et les rivières qui coulaient de leurs pentes. (Crédits : Gaurav Kumar/Pexels)

    Le 10 janvier 1770, le capitaine James Cook rebaptise Taranaki Mounga, mont Egmont. Le double nom du mont Egmont/Mount Taranaki en usage officiel depuis 1986, disparait. Désormais, la montagne ne conserve que son nom maori Taranaki Maunga.

    Sommet de la francophonie en terre étrangère

    « À la redescente, la glace du cratère est dure telle de la pierre. Sur les falaises les plus exposées, de longues stalactites côtoient les premières plantes vasculaires, comme un Colobanthus», commente Flavien. La descente est extrêmement poussiéreuse, accentuée par les rafales érodant les flancs du volcan. Le début est rocailleux, la suite, l’est beaucoup moins. « Je lace mes chaussures au plus haut, mais cela n’empêche pas quelques scories de rentrer dans cette descente rapide, mais harassante ».

    Flavien affiche une forme à toute épreuve. Ainsi, il croise une petite dizaine de personnes, dont un français de Châteauroux les Alpes près de Briançon. « C’est là que David, avec qui j’ai partagé une partie de la Patagonie, habite, improbable… »

    Flavien continue son cheminement, sans grands rebondissements. « La piste se transforme en sentier pour 4×4. J’ai connu plus agréable comme descente, mais au moins ça roule. » Un parcours qui met à l‘épreuve pieds et genoux.

    Un anticyclone l’accompagne. La vue sur le volcan depuis les forêts à Libocedrus bidwilii et Cordyline indivisa est incroyable, souffle-t-il. « Je presse le pas dans le dernier kilomètre, car je ne suis pas loin de perdre la bataille face à mon envie d’aller aux toilettes… » (Crédits : Flavien Saboureau)

    La flamme rouge passée, Flavien engage une course contre la montre. « Mon envie assouvie, j’achète une glace et un soda au Feijoa à la demeure du parc pour me réconforter des 1600 m de dénivelé négatif avalés ce matin. » Avant de visiter le mini musée de la maison du parc, Flavien discute avec deux compatriotes, dont un mignalien. « Incroyable, c’est le premier Poitevin que je croise dans mes voyages. » Il est temps de rentrer en ville, pour profiter d‘une délicieuse douche à l’auberge. Un couple à bord d’un SUV prend Flavien au passage.

    Un duo atypique. « Navigateurs, ils se sont rencontrés en 1972, en Australie. Elle est Néo-Zélandaise, il est Québécois. Le couple vit un semestre par pays. »

    Durant le trajet, les échanges en anglais paraissent naturels et compris de part et d‘autre, ce qui ravit Flavien. « Ils me déposent là où j’avais commencé mon périple vers le Ttaranaki, il y a deux jours. Que demander de plus ! »

    Avant de foncer dans la salle de bain, le baroudeur effectue un crochet au supermarché pour acheter un savon et sa boîte en plastique.

    « À l’auberge, je cuis mes pâtes pour terminer mon pesto Rosso et file sous douche, bien méritée ! » Après s’être lavé, c’est au tour du linge.

    Un restaurant en récompense

    L’après-midi est consacré à la distribution de nouvelles, jusqu’à l’achat des son billet de train de Paris à Poitiers. « Ce qui m’évite de payer une fortune au dernier moment. Le linge sec, je peux enfin enfiler un pantalon et aller me faire un resto. »

    Depuis trente jours, Flavien n’a pas mis les pieds sous la table.

    « Après les efforts de ces derniers jours, c’est mérité. »

    Une certitude, avec l’ensemble des périples et aventures connus de Flavien, le retour à la vie civile sera comme la retraite sera à préparer en amont. Car, depuis sa première péripétie sur l’île d’Amsterdam, à l’Amérique du Sud en passant par le pays au long nuage blanc, la routine pourrait apparaître quelconque. À moins que le hasard ne fasse bien les choses…

    (Crédits : Arnaud Malan/Pexels)

    Il est temps de faire le plein de protéines. « Je trouve une brasserie attenante à l’auberge. Je commande une pièce de bœuf de 300 g, avec un mille-feuille de pommes de terre et des onions rings, le tout en tee-shirt », se réjouit-il. C’est le grand écart de températures. Avant de rentrer profiter d’un vrai lit, une promenade digestive sur le front de mer, avec le sommet du Taranaki en point de mire. « Je n’en reviens pas d’avoir passé la nuit là-haut… » À suivre…

  • Qui est le plus intelligent : le corbeau et la pie ?

    Qui est le plus intelligent : le corbeau et la pie ?

    Lorsqu’on évoque des oiseaux mal-aimés, plusieurs noms viennent en tête. Mais deux énergumènes volent la vedette aux autres. Il s’agit de la pie et du corbeau. Bruyants, omniprésents, chapardeurs ou de mauvais augure selon les cultures, les siècles et les croyances… Mais derrière ces préjugés se cachent deux espèces d’une intelligence redoutable. Décriés, ils se moquent bien de ce les autres pensent d’eux. Alors, entre la pie, cette voleuse d’objets brillants, et le corbeau, stratège silencieux, lequel est le plus intelligent ?

    L’un marche dans le vent tel un prince vêtu de nuit. Son plumage n’est pas noir, il est noir corbeau. Au sein de son œil, une mémoire, un éclat de sagesse, une prophétie. Son vol, il l’effectue sans bruit, cueilleur de secrets, sculpteur d’outils, stratège des grands silences. La pie, est messagère des bois, elle rit bruyamment et vole les reflets argentés. Sous ses trilles vifs se cache un esprit joueur, un regard espiègle avec un sérieux brin d’arrogance. Dans son nid, des trésors que seuls les poètes et les pies savent voir.

    Deux oiseaux, deux destins.

    Le grand corbeau (Corvus corax) comme ses cousins corvidés à savoir le choucas, la corneille noire… est un oiseau cosmopolite, adaptatif, que l’on retrouve des campagnes aux villes, dans l’ensemble de l’hémisphère nord. C’est un animal sociable, capable de vivre en groupes complexes et hiérarchisés. Quant à la pie bavarde (Pica pica), reconnaissable à sa queue irisée et son cri ricanant, elle habite aussi bien les jardins que les forêts d’Europe.

    Longtemps considérée comme nuisible, elle est pourtant l’un des oiseaux les plus fascinants du règne animal. La pie bavarde est nettement insectivore. Pour autant, au même degré que le grand corbeau, elle est nécrophage. Donc il est fréquent de voir ses oiseaux au sol sur nos routes, suite à la rencontre malheureuse avec de véhicules avec des hérissons, blaireaux, oiseaux…

    Les deux énergumènes sont comme l’être humain : omnivore. Qui selon le dictionnaire de l’Académie française est définit telle que : « qui se nourrit d’aliments d’origine animale comme d’origine végétale. L’ours et le porc sont des espèces omnivores. » Mal vus, moqués, ces deux oiseaux ont pourtant conquis les chercheurs du monde entier dû aux outils usités pour se nourrir. (Crédits : Tom Swinnen/Pexels)

    Définir l’intelligence animale est un défi, que seuls les êtres humains s’efforcent à quantifier. Ainsi ce n’est pas une question de QI, mais plus des capacités cognitives adaptatives. C’est-à-dire apprendre, résoudre un problème, se souvenir, communiquer, planifier… Les corvidés rivalisent donc avec les primates sur plusieurs de ces plans, sans aucune exagération. D’autant que les corbeaux vivent généralement de 10 à 15 ans, quand les exceptions poussent au bel âge de 40 printemps.

    De la stratégie à la conscience de soi

    Des études menées notamment en Nouvelle-Zélande sur le corbeau calédonien montrent leur capacité et connaissance à utiliser plusieurs outils pour atteindre une récompense. En laboratoire, d’autres espèces de corbeaux ont reconnu des visages humains, anticipé de futures actions. Une étude parue dans Science en 2020 révèle que les corbeaux ne sont pas seulement intelligents, ils possèdent une conscience.

    Similitude avec l’être humain ? « Les derniers ancêtres communs des humains et des corbeaux vivaient il y a 320 millions d’années », répond Andreas Nieder.

    Mais la pie n’est pas en reste. Elle est le premier oiseau connu et l’un des rares animaux — huit au total — à réussir le test du miroir. Elle est également douée pour collecter des objets, comme illustré dans les aventures de Tintin d’Hergé : « Les bijoux de la Castafiore ». Elle mémorise l’emplacement de caches alimentaires, communique par un éventail de sons très nuancé. Son cerveau, bien que petit, est particulièrement dense et efficient.

    La vérité, c’est qu’il n’y a pas de grand gagnant ici. Ces deux oiseaux partagent une intelligence environnementale et sociale, mais différente. (Crédits : Kabomani-Tapir/Pixabay)

    Le grand corbeau excelle dans la stratégie, la manipulation d’objets, la mémoire complexe. La pie bavarde quant à elle se distingue par sa conscience de soi, son comportement ludique et sa communication sociale. La pie et le corbeau bousculent nos préjugés, idées préconçues sur les capacités du vivant. Longtemps cantonnés aux rôles d’oiseaux de malheur, ils nous rappellent qu’intelligence et beauté ne sont pas toujours l’apanage de l’être humain. Il serait grand temps de les regarder, non comme des nuisibles, mais comme des compagnons de l’ordinaire qui nous observent peut-être bien plus que nous ne les comprenons.

  • Quand le sage désigne la lune, l’idiot regarde le doigt

    Quand le sage désigne la lune, l’idiot regarde le doigt

    À quarante-huit heures de la nouvelle lune, les personnes sensibles au sommeil vont encore dire qu’ils ont mal dormi. C’est un sujet qui impose sa dualité, certains sont convaincus, d’autres dubitatifs. Pourtant, elle a une réelle influence sur les marées, avec les coefficients de marnage que connaissent les marins. Mais savez-vous comment est né notre satellite ? La distance Terre-Lune qui est connue aujourd’hui à 385 000 km en moyenne fut calculée pour la première fois, il y a plus de 25 siècles. Quelles sont les légendes s’y rattachant, comme celle entre Zeus, Apollon et Diane ?

    Bienvenue dans notre passé. Il y a tout juste 4, 5 milliards d’années, notre Terre vient de se former à une distance de 150 millions de kilomètres du soleil. Tout s’écoulait bien, jusqu’à que une autre planète, à peine plus grosse que Mars se positionne dans le même axe. La rencontre provoqua un véritable coup de foudre, au détour d’une étoile. En heurtant la Terre, Théia se brise en des milliers de morceaux et forme, après l’accrétion une boule se fixe à quelques 385 000 kilomètres. Elle perd à l’occasion son titre de planète pour devenir satellite. Elle n’est que la cinquième plus grande lune de notre système solaire. Se dresse devant les géantes Ganymède, Titan, Callisto et Io. La distance d’éloignement fut calculée, pour la première fois au cours du IIIe siècle avant J.-C. par Aristarque de Samos, astronome et mathématicien. Il l’estimait à 486 000 km. Hipparque, au IIe siècle avant notre ère donna une approximation plus juste, avec 384 000 km. Elle n’est pas une simple lune, sa rotation autour de la Terre n’est pas un cercle parfait. La distance Terre-Lune évolue sans cesse. Le 23 juin 2013, lors de la super lune entre 356 991,1 km au périgée jusqu’à 406 489,7 km à son apogée.

    Le voyage dans la Lune de Georges Méliès est la première œuvre de science-fiction du cinéma inventé quelque temps plutôt par les frères Lumières. (Crédits : DR)

    L’œuvre d’un graffeur atteste de l’ordre et des noms de nos chers jours de la semaine. Ils ont une origine planétaire. L’artiste dont personne ne connaît le patronyme, a laissé sur un mur une colonne DIE avec les premières lettres des sept planètes connues, juste avant l’an 79. Il fut découvert à Pompéi. L’évolution du langage à travers les siècles touche aussi la Lune. Au XVIIe, un visage joufflu évoquait la forme ronde de notre satellite, ainsi une personne avait une face de lune. Puis, du XIXe au XXe, en témoignant de la lune de quelqu’un, il est était question de ses fesses. La Lune symbole de féminité depuis longtemps. Diane est la déesse de la chasse et de la Lune, sœur d’Apollon, dieu du soleil. L’étymologie du prénom exprime le ciel lumineux au ciel diurne.

    Le mythe de Diane Déesse de la Lune par Jean Honoré Fragonard (Diane et Endymion, 1753-56, huile sur toile, 95×137 cm, National Gallery of Art, Washington). (Crédits : DR)

    Selon les contes et légendes, elle accomplissait une fois par mois le devoir imposé par Zeus, se transformer en lune pour éclaire son ancêtre qu’est la Terre. La croyance indique qu’une relation particulière entre la femme et elle. Symbole de féminité, de maternité et d’une relation mère-fille, elle est omniprésente en astrologie. En accord avec les écrits, elle aurait une influence sur l’œil droit, les bas ventres et les organes sexuels des Femmes. Le cycle menstruel n’est pas forcément régulier, mais une moyenne tourne autour de 27 à 28 jours. En 2022, il y aura un total de 13 nouvelles lunes, une tous les 28 jours (28,07), étrange, non ?

  • Connaissez-vous réellement votre corps ?

    Connaissez-vous réellement votre corps ?

    Il est tout pour nous, en un instant, celui qui nous permet d’être, dans lequel se trouve notre âme, ce qui nous distingue, et ce qui nous rassemble. Ce qui fait l’existence matérielle d’un animal ou d’un homme, vivant ou mort. Une véritable usine, à laquelle nous ne prêtons pas attention, lorsque tout va bien. Qu’est-ce que la chassie ? Situez-vous la glabelle ? À quelle vitesse les ongles poussent-ils ? Vos oreilles grandissent-elles ?

    Le corps possède une importance particulière, il est le lieu de tous les désirs, les fantasmes, les interrogations et le sujet préféré des publicités. Intéressons-nous à notre tête. La glabelle est un mot bien étrange, seules quelques professions ont ouï-dire de cette dernière. Emmanuel Chain, producteur, journaliste et ancien animateur de Capital sur M6, en a un, mais remplie de taroupe.

    Un ensemble d‘ingénierie complexe

    Cet espace se situe entre le sourcil droit et le gauche. Juste en dessous se trouvent nos mirettes, outils indispensables de la vue. Saviez-vous qu’ils sont de la même taille à notre naissance qu’à notre mort ? Vous avez sûrement entendu votre maman, avant de partir à l’école, vous chantonner : « tu as des cacas d’œil ! », tout en vous enlevant ces petites choses placées au bord de chaque paupière.

    Ils sont dus à une sécrétion, ou humeur, onctueuse et jaunâtre exsudée par les glandes de Meibomius (du nom d’Heinrich Meibom, leur découvreur au XVIIe siècle), qui durcissent fréquemment à l’air libre (N.D.L.R. Elle se retrouve dans les muqueuses du nez et de la bouche).

    Ces glandes sont importantes, elles sécrètent du meibum, un corps gras principalement constitué de triglycérides. Ces graisses s’ajoutent aux larmes et en composent la couche supérieure, ce pour une excellente raison.

    Cette couche lipidique sert à éviter l’évaporation de l’eau des larmes, en stabilisant le film lacrymal !

    (Crédits : RF..studio /Pexels)

    Grâce à cela, elles hydratent, nourrissent, oxygènent et surtout lubrifient la cornée. Elles se situent dans le cartilage de la paupière. Leurs inflammations, ou blépharites, provoquent la « rougeur » de l’œil. La conséquence peut-être gênante : sécheresse, chalazion interne ou externe, concrétions et séborrhée des glandes.

    La Vénus callipyge

    C’est une partie de votre corps que vous ne voyez pas de prime abord, certaines personnes peuvent vous complimenter, souvent celle qui vous accompagne. Cet endroit comprend le petit, moyen et grand muscle glutéal, toujours pas ? Plus couramment, les femmes que les hommes se font épiler le SIF, à ne pas confondre avec la déesse Sif… oui, il s’agit des fesses.

    Étymologiquement, du latin fissus (fendre), le mot le plus ancien est naches ou nages, issu du bas latin naticæ, venant lui de nates, fesse. « Le cerf doit avoir les nages [fesses] grosses et bien rebrassées [retroussées], les costez hauls et plains, les fesses blanches, la queue courte » (extrait du livre du roi Modus et de la reine Racio). Elles sont l’apanage de l’être humain, dû à la station debout, des vêtements portés et du fantasme féminin comme masculin.

    L’ode au corps

    La Vénus callipyge est un type particulier de statue grecque représentant la déesse Vénus, ou plus exactement Aphrodite, soulevant son péplos pour se mirer dans l’eau et regarder ses fesses, nécessairement superbes, par-dessus l’épaule.

    Mais l’expression avoir un rhume de fesses n’existe pas, mais celui des hanches ou médicalement la boiterie de hanche, oui ! La synovite aiguë transitoire (SAT) de hanche ou « rhume de hanche » survient habituellement entre 3 et 8 ans. Elle peut être confondue avec une ostéochondrite. Le tableau clinique typique est celui d’une boiterie aiguë d’esquive associée à une douleur plus ou moins intense et à une raideur de la hanche.

    Le questionnement révèle fréquemment une infection virale ORL, ou digestive (gastro-entérite) ou encore la réalisation d’une vaccination dans les deux semaines précédant l’apparition des symptômes. Courant chez l’enfant et l’adolescent, elle disparaît en quelques heures au décours de traumatismes bénins, sans fractures ou lésions articulaires. En cas de doutes ou de persistance, consultez votre médecin. (Crédits : DR)

    Longtemps idéalisées, parfois retouchées, souvent discutées, les fesses n’ont pas fini de faire parler d’elles. Car de la mythologie à la médecine, elles relient l’art et la science, le culte et le soin. Mais, elles lient parfois le passé, futur et présent. En effet, les fesses, comme la vie, ne se voient bien qu’en se retournant.

    Excès de vitesse à 55 km/h

    D’un fantasme à l’autre, l’éternuement en est un. La vitesse de cette expulsion fut longtemps estimée à 350 km/h, elle n’est en réalité que de 55 km/h ou 15, 3 m/s, ce qui est déjà considérable. Les postillons, environ 40 000, battent tout de même le recordman du monde sur 100 m plat. La gouttelette effectue la distance reine en seulement 6, 54 secondes, contre 9, 58 secondes pour Usain Bolt.

    Femme, neige, froid

    Mais pourquoi éternue-t-on ? Pour évacuer un indésirable, tout simplement.

    L’éternuement est une évacuation brusque et bruyante de l’air inspiré, par le nez et la bouche. Il se produit sous l’effet du mouvement subit et convulsif des muscles respiratoires déterminé par une irritation de la muqueuse nasale, dixit le CNRTL (N.D.L.R. Centre national de ressources textuelles et lexicales).

    Des picotements emplissent tout le haut du nez, puis vient le fameux « Atchoum ». Les agents pathogènes, les toxines et les particules inhalées constituent un défi permanent pour le système respiratoire.

    Le mode de défense initial est la larme mucociliaire, qui se compose de deux éléments principaux, la production et le transport du mucus.

    La fonction qui en découle est mucociliaire. « Propulsion du mucus nasal par les battements ciliaires de l’épithélium respiratoire de la muqueuse nasale qui entraînent le déplacement de la couche superficielle, visqueuse, du mucus nasal. Elle réalise une barrière mécanico-chimique de protection et contribue à l’humidification et à la filtration de l’air inspiré », explique le dictionnaire de l‘’’académie de médecine.

    (Crédits : Pexels/Pixabay)

    En France, la formule de politesse est simple et charmante : « À vos souhaits ». Cet héritage d’anciennes croyances aurait pour origine de protéger l’âme qui risquait de s’échapper à l’éternuement. Autrefois, les personnes raffinées avaient l’habitude d’ajouter un deuxième souhait après un deuxième éternuement : « Que vos amours prospèrent », suivi d’un troisième : « Qu’ils durent toujours ».

    S’empêcher d’éternuer causerait des dommages graves

    Selon des chercheurs de l’université de Pennsylvanie (États-Unis), cette expectoration chasse les particules et autres pathogènes qui peuvent encombrer le conduit nasal, mais pas seulement. En provoquant une surpression à l’intérieur des poumons jusqu’au nez, l’expiration brutale d’air redynamise le système de circulation du mucus.

    Ce dernier est chargé de piéger les poussières et de les éliminer (The FASEB Journal, août 2012), une remise à zéro de notre système respiratoire. Pour autant, des éternuements peuvent perturber réunion, séance de cinéma… et la tentation de les retenir est grande.

    Vous produisez une surpression dans votre chanfrein, gorge, yeux, système vasculaire (100 000 kilomètres au total) et dans votre boîte crânienne. Les vaisseaux capillaires sont les plus fragiles. « Ils constituent des points de faiblesse qui peuvent se rompre sous l’effet de la forte pression induite lorsque vous retenez un éternuement ou une toux », souligne la fondation Alzheimer.

    (Crédits : skalekar1992/Pixabay)

    Main, homme, bébé

    En outre, la multiplication de ces micro-lésions participe à une diminution du capital-cerveau et peuvent engendre l’apparition des premiers symptômes de la maladie d’Alzheimer. À vos souhaits !

    Plus de sept mètres d’ongle

    Voici le record que possédait l’Américaine Ayanna Williams jusqu’au 3 avril 2021. La sexagénaire, originaire du Texas et détentrice depuis 2018, du record du monde des ongles les plus longs, vient de décider de se couper les ongles.

    Ongles, USA, record

    « Je me fais pousser les ongles depuis quelques décennies maintenant. Je suis tellement tellement prête pour une nouvelle vie. Je sais quils vont me manquer, mais c’est juste à ce moment-là – il est temps pour eux de partir. »

    Les tâches quotidiennes étaient impossibles à effectuer, comme conduire. Ils nécessitaient trois à quatre bouteilles de vernis, sur plusieurs jours.

    Les ongles poussent aux environs de 3, 5 millimètres par mois, donc pour un doigt, la longueur moyenne annuelle est de 4, 2 centimètres. (Crédits : Rilezy’s)

    La cocasserie vient que les ongles des hommes grandissent plus vite que ceux des femmes, et qu’elles représentent 54,7 % des personnes souffrant d’onychophagie.

    Le nez et les oreilles sallongent

    Lorsque vous regardez vos grands-parents, une particularité vous frappe, leur nez et les oreilles paraissent plus grands que sur les photos de leurs mariages, il y a plusieurs décennies. Rassurez-vous, c’est normal, ou presque… Newton. La loi de la gravité ou force de la pesanteur est une composante. Le pavillon auriculaire gagne en surface, point dû à l‘’’arrivée de nouvelles cellules, mais de la perte d’élasticité du cartilage. Pour ce faire, un biologiste d’outre-Rhin s’est entiché d’organe de l’ouïe de 1448 volontaires de 0 à 92 ans. La croissance est de 0, 19 mm chez la femme pour 0, 26 pour l’homme.

    La nature nous envoie-t-elle un message subliminal ? Cela permet en partie de compenser la perte d’audition. Quant au nez, que dis-je cette péninsule, est également frappé de pesanteur. Une étude de l’Université de l’Iowa précise que cela serait causé par un besoin en oxygène plus important pour l’accroissement et l’irrigation des muscles, l’Univers est bien fait.

    Qu’ouis-je ?

    La loi de la gravité ou force de la pesanteur est une composante. Le pavillon auriculaire gagne en surface, point dû à l‘’’arrivée de nouvelles cellules, mais de la perte d’élasticité du cartilage. Pour ce faire, un biologiste d’outre-Rhin s’est entiché d’organe de l’ouïe de 1448 volontaires de 0 à 92 ans. La croissance est de 0, 19 mm chez la femme pour 0, 26 pour l’homme. La nature nous envoie-t-elle un message subliminal ? Cela permet en partie de compenser la perte d’audition. Quant au nez, que dis-je cette péninsule, est également frappé de pesanteur. Une étude de l’Université de l’Iowa précise que cela serait causé par un besoin en oxygène plus important pour l’accroissement et l’irrigation des muscles, l’Univers est bien fait.

    Deux légendes sont inhérentes à notre nez. La première est l’effet Pinocchio. Dans le roman de Carlo Collodi, le personnage voit son appendice s’allonger à chaque mensonge. Que nenni, c’est au contraire un infime rétrécissement qui s’opère avec la diminution de sa température lorsque qu’un bonimenteur sévit. Ce fut démontré par des chercheurs espagnols, dont le docteur Emilio Gómez Milán. La seconde concerne le lien hypothétique entre le nez et le pénis. Scientifiquement infondée, une rumeur évoque la correspondance possible avec les doigts, plus particulièrement l’index. Evangelos Spyropoulos, médecin à l’hôpital d’Athènes, a étudié une cinquantaine d’individus mâles.

    (Crédits : Anna Shvets/Pexels)

    Après les avoir mesurés sous toutes les coutures, la seule relation qu’il a trouvée, c’est justement avec la taille de l’index ! Hypothèse qui pourrait s’expliquer par les gènes Hox. Inutile, mesdames et messieurs, de scruter les mains de chaque homme pour en tirer des conclusions. À supposer que ladite relation entre doigt et pénis se confirme, elle serait statistique et en aucun cas systématique.