Étiquette : Databreach

  • Les centres hospitaliers du GHT victimes d’une cyberattaque

    Les centres hospitaliers du GHT victimes d’une cyberattaque

    Le Groupement Hospitalier de Territoire (GHT) Cœur Grand Est subit une attaque informatique. Il comprend 9 établissements, 287 000 habitants, 12 pôles territoriaux, et 450 millions d’euros de budget consolidés. Les GHT ont été créés par la loi de modernisation du système de santé en 2016. La cyberattaque découverte ce mardi 19 avril 2022 touche l’ensemble des établissements. Une rançon de 1,3 million de dollars américains est demandée, par le groupe d’opérateurs américains Spy industrial.

    Ce nouveau groupe de malfaiteurs réclame 1,3 million de dollars américains au groupe hospitalier s’il ne souhaite pas voir les fichiers volés diffusés sur Internet. De plus, ils ne réclament pas l’argent directement aux sociétés victimes de leurs actes malveillants, mais propose de vendre le butin du vol à tout un chacun, pour tout savoir sur leurs adversaires commerciaux.

    Avant tout les victimes représentent 3 370 lits et places d’hospitalisation, 5 831 agents, 287 000 habitants sur le territoire du Groupe Hospitalier Cœur Grand Est. Au sein du GHT, les centres hospitaliers de Verdun Saint-Mihiel (établissement support qui a le rôle de « pilote »), de Bar-le-Duc, de Haute-Marne, de Saint-Dizier, de Vitry-le-François, de Montier-en-Der, de Wassy, de Joinville et le Centre Hospitalier Spécialisé de Fains-Véel. Si la prise en charge des patients n’a pas été affectée, des données administratives ont été volées, indiquait le groupement sur France-Bleu.

    Au total 28,7 GB d’informations sensibles tels numéros de sécurité sociale, coordonnées bancaires… ou encore, dossiers médicaux. L’entreprise touchée par l’offensive informatique, n’est pas maître de son destin. Puisqu’ils ne demandent par de rançon aux victimes, mais s’adressent aux potentiels acheteurs… (Crédits : capture d’écran)

    « La cellule de cyberveille du ministère de la Santé, l’ARS Grand Est et les services de police spécialisés sont en soutien du GHT Cœur Grand Est ». Une plainte va être déposée. Le Service Veille ZATAZ a pu constater dans les propos des pirates plusieurs faits inquiétants. « Ils expliquent permettre aux “concurrents” de tout savoir, et le cas échéant, de couler/ruiner la victime », explique Damien Bancal.

    « Grâce à nos informations, vous pouvez refuser de vous associer à un partenaire sans scrupules, révéler les secrets de vos concurrents et de vos ennemis et gagner des millions de dollars en utilisant des informations privilégiées », revendique Industrial Spy. Ils affichent également une citation qui serait de Nathan Mayer Rothschild : « Celui qui possède l’information, possède le monde ».

    Il existe trois types de vente sur le site d’Industrial Spy. Le Premium, accessible sept jours, avant, s’il n’est pas acheté, déplacé dans la section général. Mis à un prix bas et plus accessible. La dernière étape est dans le domaine libre, diffuser gratuitement sans être effacée des bases de données du site de fuite. (Crédits : capture d’écran)

    Sur leur site de fuite sur le Darknet, il explique que « vous pouvez y acheter ou télécharger gratuitement des données privées et compromettantes de vos concurrents. Nous publions des plans, des dessins, des technologies, des secrets politiques et militaires, des rapports comptables et des bases de données de clients. Toutes ces données ont été recueillies auprès des plus grands sociétés, conglomérats et entreprises du monde entier, quelle que soit leur activité. Nous recueillons des données en utilisant la vulnérabilité de leur infrastructure informatique. »

  • L’entreprise Dedalus condamnée à 1,5 million d’euros d’amende

    L’entreprise Dedalus condamnée à 1,5 million d’euros d’amende

    Une fuite de données médicales qui avait fait grand bruit dans la presse et les chaumières. Le 23 février 2021, une divulgation d’informations massive concernant près de 500 000 personnes a été révélée dans les médias, qui mettait en cause la société Dedalus. La CNIL avait annoncé dès le lendemain mercredi 24 février 2021 qu’elle avait lancé une enquête pour savoir si les établissements (dont les données ont été volées) ont manqué à leurs obligations. Elle vient d’aboutir à la délibération le 15 avril 2022 à 1,5 million d’euros d’amende.

    Une sanction qui ramène le sujet peu abordé lors du débat de l’entre-deux tours de l’élection présidentielle entre Marine Le Pen (RN) et Emmanuel Macron (LaREM) candidat à sa succession, de la sécurité réelle de nos données. Le règlement général de protections des données (RGPD), en plus de prodiguer des consignes de sécurisation des données, impose aux entreprises ayant subi une violation de leurs données de le signaler. Or la Commission nationale informatique et libertés (CNIL) déclarait ne pas en avoir été avertie. Plus inquiétant, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) avait communiqué mercredi 24 février 2021, avoir identifié l’origine de cette fuite de données dès le mois de novembre 2020, et prévenu le ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran.

    Une année après la fuite, c’est 510 000 Françaises et Français qui sont à nouveau impactés par le même type d’incident informatique. Cette fois issue directement l’Assurance Maladie. Elle adressait une notification à la CNIL le 16 mars 2022 et déposait une plainte au pénal. (Crédits : capture d’écran)

    Lesdites informations étaient les nom, prénom, numéro de sécurité sociale, nom du médecin prescripteur, date de l’examen, mais pas seulement. Plus dommageables pour les personnes elles-mêmes, des informations médicales à savoir si les patients sont atteints par le VIH, cancer, maladies génétiques, en situation de grossesses, les traitements médicamenteux suivis par le patient, ou encore des données génétiques ont ainsi été diffusées sur internet.

    De nombreux manquements techniques et organisationnels en matière de sécurité ont été retenus à l’encontre de la société Dedalus Biologie dans le cadre des opérations de migration du logiciel vers un autre :

    • absence de procédure spécifique pour les opérations de migration de données
    • absence de chiffrement des données personnelles stockées sur le serveur problématique
    • absence d’effacement automatique des données après migration vers l’autre logiciel
    • absence d’authentification requise depuis internet pour accéder à la zone publique du serveur
    • utilisation de comptes utilisateurs partagés entre plusieurs salariés sur la zone privée du serveur
    • absence de procédure de supervision et de remontée d’alertes de sécurité sur le serveur

    « Cette absence de mesures de sécurité satisfaisantes est l’une des causes de la violation de données qui a compromis les données médico-administratives de près de 500 000 personnes. Un manquement à l’obligation d’encadrer par un acte juridique formalisé les traitements effectués pour le compte du responsable de traitement (article 28 du RGPD) », martèle la CNIL. Les articles 29 et 32 font également partie des manquements. Quand les opérateurs utilisant les Ransomware-a-as-Service attaquent des entreprises, tel Conti avec la cyberattaque subie par le Costa Rica, il faut souhaiter que l’exemple de Dedalus servent aux entités privées et publiques pour protégé, à défaut de retarder voire décourager les opérateurs malveillants de voler vos données comme les miennes.

  • Ransomware: le Costa Rica dans la tourmente

    Ransomware: le Costa Rica dans la tourmente

    Depuis maintenant quelques jours, les opérateurs derrière le ransomware Conti affichent des menaces si la rançon de 10 millions de dollars américains n’est pas réglée. « Nous avons téléchargé 1 TB des bases de données de votre portail […] ainsi que des documents internes, nous commencerons à publier ces données le 23 avril ». Le ministère des Finances publiques infiltré et crypté… le scénario du Costa Rica est une version bêta d’une cyberattaque mondiale contre un pays entier, revendiquent-ils.

    Les instances gouvernementales costariciennes sont confrontées à une cyberattaque depuis le dimanche 17 avril 2022. Elle affecte le ministère des Finances, touchant l’outil de déclaration des impôts, de leur règlement et la plateforme de paiement des salaires des fonctionnaires. « Au cours des dernières heures, l’exposition de certaines des données appartenant à la Direction générale des douanes a été détectée, qui est en train de réaliser les processus d’investigation de l’information, comme établi dans le plan de réponse. Les données identifiées jusqu’à présent sont de nature historique et sont utilisées par le Service national des douanes. »

    Le numéro d’identification, prénom, nom, adresse, coordonnées GPS, profession, courriel… sont des renseignements à la disposition des opérateurs usants de Conti. Ils menacent de révéler 1 TB d’informations. (Crédits : capture d’écran)

    Si ces hackers publient des indications sensibles sur les contribuables, les criminels costariciens pourraient en profiter pour commettre d’autres délits dans le pays, prévient l’expert. « Nous avons pénétré leur infrastructure critique, obtenu l’accès à environ 800 serveurs, pompé environ 900 Go de bases de données et environ 100 Go de documents internes, bases de données au format MSSQL, mdf, ndf », expliquent les cybercriminels.

    La rançon exigée pour ne pas divulguer les informations est de 10 millions de dollars, mais s’il n’y a pas de versement, les autorités doivent être conscientes que les données et les informations obtenues par les pirates seront en danger. Ce matin, 21 avril 2022 plus de 15 GB de données compressées sont disponibles. (Crédits : capture d’écran)

    Le site web du ministère des Sciences, des technologies et des télécommunications a également été infecté. Ils ont mis à disposition 736 Mo de fichier EML, qui sont des courriels en données brutes, accessibles par un éditeur de texte. « Le pays ne peut pas s’exposer à payer de l’argent aux criminels, car il sera considéré comme un territoire vulnérable et exploitable pour d’autres organisations criminelles sur Internet », explique Adalid Medrano, avocat spécialisé dans le droit informatique et formateur en cybercriminalité.

  • Ransomware: cyberattaques de société italienne

    Ransomware: cyberattaques de société italienne

    Si le calme du printemps apaise les tensions, sur la toile il n’y a pas de saisons. Les offensives informatiques ne s’arrêtent pas. Au sein de l’Italie, de multiples infections font étalage de données variées et diverses. Ainsi après celle perpétrée chez le groupe Ferrovie dello Stato, le ransomware Hive ayant infiltré l’infrastructure informatique de la grande entreprise italienne. Sans oublier la maison Armani et aujourd’hui 19 avril 2022, les renseignements de Martinelli Ginetto par le ransomware Conti.

    Le transport italien et les informations de ses passagers semblent intéresser de nombreux opérateurs. Le 23 mars 2022, un incident informatique avait lieu. Les pirates auraient d’abord introduit un cryptolocker dans les systèmes pour bloquer des données, puis ont exigé une rançon de 5 millions de dollars pour les déchiffrer, obligeant la société à « suspendre la vente de billets dans les gares de toute l’Italie ». Précaution afin d’éviter d’autres risques de compromission qui pourraient mettre en crise d’autres systèmes informatiques, y compris ceux qui gèrent l’infrastructure. Une somme demandée sous un délai de trois jours faute de quoi elle doublait.

    Capture d’écran de la discussion entre des individus et les opérateurs du ransomware Hive. « On ne sait pas qui a pris contact avec le cybergang […] puisque les identifiants pour accéder au backend ont été divulgués en ligne sur Twitch », souligne Redhotcyber. (Crédits : RHC)

    Redhotcyber révèle que l’entreprise publique, équivalente à la SNCF en France, Ferrovie dello Stato adressait elle-même un message pour les usagers de Trenitalia : « Bonjour, en raison de problèmes de sécurité du réseau de l’entreprise, veuillez éteindre les ordinateurs même s’ils sont présents en mode de travail intelligent. Merci. »

    Il semblerait que les cybercriminels auraient pénétré les infrastructures du groupe, à minima deux semaines auparavant, soulève Redhotcyber, mais le ransomware aurait été activé dans la nuit du 23 mars 2022. « Depuis ce matin, des éléments pouvant être liés à une infection par cryptolocker ont été détectés sur le réseau informatique de l’entreprise. Les activités de vérification sur le réseau sont en cours. Par mesure de précaution, certains utilisateurs des systèmes de vente physique de Trenitalia ont été désactivés. Par conséquent, il est temporairement impossible d’acheter des billets aux guichets et aux stations en libre-service, tandis que la vente en ligne est opérationnelle », communiquait la société.

    La création textile touchée

    Le 16 avril 2022, « il semble que la célèbre société de mode italienne Armani ait également été visée par les cybercriminels. L’attaque a été confirmée par la maison de mode milanaise », souligne Redhotcyber. Les systèmes d’information ont été placés hors d’usage par des cybercriminels mettant hors service certaines usines. Les spécialistes mandatés par la maison de couture auraient été occupés à repousser la menace, bien que limitée, qui a effectivement bloqué les systèmes informatiques du siège de Milan. Les usines de Mattarello-Trento et l’usine Antinea de Trissino, dans la vallée d’Agno, située dans la province de Vicence, ont rapidement repris leurs activités.

    De nombreuses indications telles les taxes, photos de l’intérieur de certains lieux, des plans, des photocopies de pièces d’identité sont publiés. (Crédits : capture d’écran)

    Le groupe de fabrication Martinelli Ginetto couvre la chaîne d’approvisionnement en textiles de maison haut de gamme et occupe une position de premier ordre au niveau mondial a été touché par le ransomware de Conti le 11 avril, et les opérateurs révèlent sur le site de fuite le 19 avril 2022 plus de 22 GB de données compressées. Le fichier Balazs contient 260 Mo d’informations et Pubblica Scan 163 Mo. Le dernier dispose de pièces d’identité, de factures dans douze dossiers différents classés par prénom. L’autre exemple affiche des plans de diverses usines, de photos, de cartes grises…

  • RaidForums n’est plus

    RaidForums n’est plus

    Pour la majeure partie des personnes naviguant sur l’Internet, ce forum n’évoquera rien du tout. Il était un marché très fréquenté par les cybercriminels pour l’achat et la vente de données exfiltrées lors d’attaques informatiques. Les États-Unis ont lancé des poursuites pénales contre le présumé fondateur et administrateur en chef de « RaidForums », Diogo Santos Coelho, âgé de 21 ans. Ce dernier a été arrêté au Royaume-Uni le 31 janvier, à la demande des États-Unis. Il est depuis en détention en attendant la résolution de sa procédure d’extradition.

    Révélé par Europol le 12 avril 2022, le marché en ligne « RaidForums » a été fermé, son infrastructure saisie dans le cadre de l’opération « TOURNIQUET ». Elle était coordonnée par Europol pour soutenir des enquêtes indépendantes aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Suède, au Portugal et en Roumanie. L’administrateur du forum et deux de ses complices ont été arrêtés. « Un acte d’accusation n’est qu’une simple allégation, et tous les accusés sont présumés innocents jusqu’à ce que leur culpabilité soit prouvée au-delà d’un doute raisonnable dans un tribunal », dans l’acte d’accusation, Jessica Diane Aber procureur du District Est de la Virginie, aux États-Unis. « Nos efforts interagences pour démanteler cette plateforme en ligne sophistiquée — qui facilitait un large éventail d’activités criminelles — devraient soulager les millions de personnes qui en ont été victimes et servir d’avertissement aux cybercriminels qui ont participé à ce type d’activités néfastes, a déclaré Jessica D. Aber. L’anonymat en ligne n’a pas pu protéger le défendeur dans cette affaire de poursuites, et il ne protégera pas non plus les autres criminels en ligne. »

    La saisie de RaidForums va perturber les nombreux membres, qui utilisaient cet espace pour proposer à la vente des bases de données piratées contenant des informations privées et financières, ainsi que pour organiser différentes actions, et des attaques de type « swatting » contre n’importe qui pour lui nuire.

    Lancé en 2015, RaidForums était considéré comme l’un des plus grands forums de piratage au monde avec une communauté de plus de 750 000 usagers. Cette place de marché s’était fait connaître en vendant l’accès à des fuites de bases de données très médiatisées appartenant à un certain nombre de sociétés américaines de différents secteurs. Ces bases de données contenaient des informations sur des millions de cartes de crédit, des numéros de comptes bancaires et des informations d’acheminement, ainsi que les noms d’utilisateur et les mots de passe associés nécessaires pour accéder aux comptes en ligne.

    L’expression « dormir sur ses deux oreilles » ne doit plus rien évoquer, auprès de ceux qui ont eu recours RaidForums à des fins criminelles… En février 2021, les données médicales de 500 000 français étaient notamment à vendre sur RaidForums, après le piratage de plusieurs laboratoires d’analyses médicales. (Crédits : DR)

    Coelho a été inculpé de six chefs d’accusation pour conspiration, fraude de dispositif d’accès et vol d’identité aggravé. Il aurait aussi proposé un service payant d’« intermédiaire » consistant à assister personnellement aux transactions entre l’individu souhaitant commercialiser une base de données piratée et celle désirant l’acheter. Si l’administrateur présumé Diogo Santos Coelho a été arrêté fin janvier, maintenu en détention préventive au Royaume-Uni et que les autorités ne rendent publique la fermeture de RaidForums que maintenant, il est fort probable qu’ils ont à leur tour fait un tour de marché pour voir, aussi bien les marchandises pour les chalands et les vendeurs, recueillant de nombreuses et précieuses informations.

  • Des milliers de données du département de l’Ardèche dévoilées

    Des milliers de données du département de l’Ardèche dévoilées

    Il était à craindre que le chantage des cybercriminels usant du ransomware LockBit 2.0 soit mis à exécution. Le Département de l’Ardèche avait jusqu’à ce mardi pour verser une rançon à l’association d’opérateurs derrière le ransomware ayant revendiqué l’attaque informatique du Département de l’Ardèche. Le groupe menaçait de diffuser 40 000 fichiers subtilisés, le 12 avril 2022 à 23 h 59 ce fut chose faite. Ils sont ainsi exposés depuis le 13 avril sur leur site de fuite sur le Darknet.

    La finalité de telles offensives est l’argent. Damien Bancal l’expliquait sur France Bleu Drôme Ardèche. « […] je vous vole des infos, et si vous ne souhaitez pas que je les diffuse, payez-moi ! ». L’équation est simple à comprendre. Alors, d’innombrables données sont retransmises, une arborescence décomposée en un ou plusieurs dossiers. Ils contiennent de multiples informations telles des identités, des billets de train, des plaques d’immatriculation, mais également des courriels avec les prénoms et noms des agents…

    « Soyons honnêtes : le Département ne payera pas. Même si on est une entreprise ou un particulier, on ne paye pas. Parce qu’on a en face des criminels » déclarait Damien Bancal sur France Bleu Drôme Ardèche dans la journée du 12 avril 2022. (Crédits : capture d’écran)

    Les coordonnées dérobées vont servir à d’autres opérateurs malveillants pour atteindre de nouvelles cibles. Les numéros de téléphone peuvent recevoir des SMS piégés, le phishing s’effectue par le biais de courriel, comme de nombreuses fraudes. Les mails peuvent contenir des lignes de codes dissimulées dans des images, logos… L’inconscient collectif imagine que du fait que seule la menue monnaie les intéresse, ils ne prennent que les coordonnées ou les cartes bancaires. La triple authentification fut mise en place, au départ, dans cette optique. Les renseignements ne sont que des outils pour parvenir à la finalité, l’argent.

  • Lockbit 2.0 attaque plusieurs entités françaises

    Lockbit 2.0 attaque plusieurs entités françaises

    Tandis que les opérateurs, derrière le ransomware Lockbit 2.0, revendiquaient l’attaque menée sur le Département de l’Ardèche, ils assument également celle effectuée sur le Collège ostéopathique de Bordeaux. Comme sur l’entreprise d’agencement, de décorations sur mesures pour les professionnels, Sadeco. Une partie des systèmes informatiques et téléphoniques du Département de l’Ardèche était impactée par une offensive informatique perpétrée dans la matinée du mercredi 6 avril 2022.

    Le dimanche 10 avril 2022, LockBit 2.0 affiche de nouvelles victimes. Le Ransomware-as-a-Service est prolifique, au vu du nombre grandissant des victimes affichées sur leur site de fuite. Ils ne sont pas tendres quant aux commentaires en ce qui concerne les négociations et intervenants. « Cet idiot […] ne peut payer que 100 000 $ pour 200 gigaoctets de données classifiées d’une société qui gagne des milliards. Je me demande combien il veut obtenir pour lui-même en escroquant centuryaluminum.com ? Si ceci est lu par la direction qui a engagé cet idiot pour négocier, écrivez-moi une tox pendant que vous avez le temps de sauver vos actions NASDAQ », soulignent-ils.

    « Nous n’avons pas crypté l’entreprise, nous avons juste identifié les faiblesses […] et pris 100 gigaoctets d’informations privées, comme un garant de payer pour notre humble et utile travail, nous ne voulons pas que les gens meurent de faim », écrivent-ils après l’attaque menée sur l’entreprise Scoular. (Crédits : capture d’écran)

    Le Collège ostéopathique de Bordeaux affirme accueillir 12 000 patients chaque année, et autant de données. Quelles sont les informations copiées, encryptées que le RaaS à en sa possession ? De la même manière, l’entreprise Sadeco basée dans le Pas-de-Calais à Saint Martin Lez Tatinghem, spécialiste en agencement pour professionnels, fabrication sur mesure et décoration est également victime. Les deux sociétés ont été contactées par la rédaction, sans réponses à la parution, logiquement fermées le dimanche, qui plus est jour de scrutin présidentiel en France.

  • Nouvelle fuite de données en France

    Nouvelle fuite de données en France

    Nombreuses révélations d’attaques informatiques dans la presse, sans compter celles qui ne le sont pas. Les opérateurs derrière ces offensives s’en prennent aux données, véritable mine d’or. Ainsi au Canada, 200 000 dossiers santé de patients et employés étaient copiés, 510 000 Français touchés par une fuite provenant de l’Assurance Maladie, un ransomware attaque l’hôpital de Castellucio, l’université neuchâteloise, puis deux cabinets médicaux dont 43 651 fichiers de la patientèle seraient diffusés.

    Le service de veille de Zataz révèle une nouvelle fuite de renseignements de français, c’est donc que plus de 700 000 personnes sont concernées. La base de données proposée par un pirate informatique affiche pas moins de 754 000 mails et mots de passe. Alors que les deux années passées ont bouleversé les façons de penser, agir, et de comportement, les individus avaient souffert du manque d’interaction, les étudiants en premiers. Alors, imaginez que cette fuite concerne en partie les Universités de Nantes et Poitiers.

    Orange et Wanadoo représentent plus de trois quarts des données qui pour 77, 35 % soit 583 926, les autres opérateurs également dans une moindre mesure : SFR (8, 64 %, 65 217), FREE (5,15 % 38898), BBOX (0,68 %, 5113), NEUF (3,78 %, 28 549)… (Crédits : ZATAZ)

    Tandis que le Département de l’Ardèche est toujours en prise avec l’attaque subie ces derniers jours, cette fois, c’est un combo de 754 955 adresses électroniques et mots de passe diffusés voilà quelques heures. Dans cette propagation malveillante, 583 926 clients Orange/Wanadoo et 65 217 pour Free. Trois universités y sont aussi présentes avec des comptes appartenant aux entités de Nantes et Poitiers. « Les données sont-elles récentes ? Difficile de le savoir même si une adresse d’un vieil espace numérique de la commune de Terssac s’y trouve. Un espace web inactif depuis 2020 », explique Damien Bancal de Zataz.

  • Le ministère italien de la Transition écologique Hors-Service

    Le ministère italien de la Transition écologique Hors-Service

    Le site internet du ministère de la transition énergétique (MiTE) est hors service depuis le début de l’après-midi, ce 6 avril 2022. Alors que le conflit russo-ukrainien continu, l’agence Ansa émet l’hypothèse que l’attaque pourrait être attribuable à des groupes cybercriminels proches des Russes, le ministre Roberto Cingolani reste prudent à cette supposition. Il a déclaré qu’il s’agissait d’une mesure de vigilance après la détection de menaces extérieures sur le réseau. L’enquête pour connaître l’origine est en cours.

    La manœuvre est dirigée par le ministère lui-même, sous la direction de son pensionnaire Roberto Cingolani, afin de freiner par précaution les « menaces externes détectées sur le réseau informatique », selon les termes mêmes du numéro un du ministère. Le ministre que « la sécurité est la priorité numéro un. Outre la sécurité énergétique, à l’heure où je vous parle, je peux vous dire que nous avons des menaces extérieures détectées sur le réseau informatique du ministère et que, par prudence, nous avons dû suspendre le fonctionnement de tous les systèmes informatiques du ministère ».

    Pléthores d’interrogations surviennent. S’agit-il d’une attaque d’un acteur étatique compromis ou la conséquence d’une offensive d’un groupe d’opérateurs malveillants ? Il est intéressant de se questionner, mais il est trop tôt pour faire des suppositions affirmait, Pierluigi Paganini (Crédits : DR)

    Des sites transverses que gère MiTE pourrait souffrir de cette mise hors service. En effet, le département ministériel dirigé par Roberto Cingolani depuis le 13 février 2021 est responsable de la protection de la biodiversité, de l’énergie, de la lutte contre le changement climatique, des déchets, du développement durable, de l’eau et de la mer en Italie. Tel Sif (hxxs://sif-fitosanitari.mite.gov.it) qui informe sur les produits phytosanitaires utilisés pour « soutenir le choix des substances phytopharmaceutiques pour la défense des cultures agricoles », reste comme le site mère, hors ligne.

    Au vu des attaques informatiques à travers le monde, qui depuis le début du conflit armé entre la Russie et l’Ukraine, se sont renforcées, la question d’une offensive par des opérateurs russes était posée lors de l’émission « Sportello Italia » de la Rai Radio1. « Impossible de répondre pour l’instant, les structures responsables sont en train de travailler, mais en ce moment, la sécurité doit être l’objectif de tous les Italiens », retoquait le ministre.

  • Lapsus$: Un adolescent accusé d’être un cybercriminel

    Lapsus$: Un adolescent accusé d’être un cybercriminel

    Le 24 mars 2022, la police de Londres révèle avoir récemment arrêté sept personnes liées à une organisation d’opérateurs malveillants. L’inspecteur-détective Michael O’Sullivan de la police de la ville de Londres a déclaré que sept individus âgés de 16 à 21 ans avaient été interpelés dans le cadre d’une investigation sur un groupe de piratage. Tous ont depuis été libérés, a affirmé O’Sullivan, ajoutant que l’enquête était en cours. Un jeune homme de 16 ans, connu en ligne sous le pseudonyme de « White », a été accusé d’être l’un des chefs du gang Lapsus$ par la police londonienne.

    L’adolescent qui vit avec sa mère à Oxford soupçonné d’appartenir à Lapsus$ et d’en être l’un des leaders. Les forces de l’ordre de Londres n’ont pas voulu dire s’il en faisait partie du groupuscule. L’ado qui d’après la BBC aurait amassé une fortune de 14 millions de dollars (12,73 millions d’Euros) a été « doxxé » par des opérateurs rivaux. Reconnue en ligne comme « White » ou « Breachbase », serait à l’origine de la prolifique équipe de pirates Lapsus$, qui selon les informations serait basée en Amérique du Sud.

    L’adolescent, qui ne peut être nommé pour des raisons évidentes et juridiques, fréquente une école spécialisée à Oxford. L’enfant qui est autiste passait beaucoup de temps sur les ordinateurs, son père imaginait « qu’il jouait à des jeux ». (Crédits : TheOtherKev/Pixabay)

    « Je n’avais jamais entendu parler de tout cela jusqu’à récemment. Il n’a jamais parlé d’un quelconque piratage, mais il est très bon en informatique et passe beaucoup de temps sur l’ordinateur », s’étonnait le père du garçon au micro de la BBC. La compagnie récente s’est illustrée sur les infections de NVidia, Okta, Microsoft, Samsung, mais auparavant le ministère de la Santé brésilienne et la société de presse Impresa, également au Brésil. « Nous avons son nom depuis le milieu de l’année dernière et nous l’avons identifié avant le doxxing », a déclaré Allison Nixon, responsable de la recherche à la société d’investigation en cybersécurité Unit 221B.

    300 Bitcoins amassés

    Les individus qui l’ont dénoncé ont également révélé son nom, adresse et ses photos sur les réseaux sociaux. Ils ont encore publié une biographie de sa carrière de pirate, en disant : « Après quelques années, sa valeur nette s’est accumulée pour dépasser largement les 300 Bitcoins… il est maintenant affilié à un groupe de ransomware connu sous le nom de Lapsus$, qui a extorqué et piraté plusieurs organisations. »

    Mme Nixon affirme que les chercheurs l’ont suivi à la trace grâce à un flux d’activité lié à un flux presque ininterrompu des comptes en ligne du garçon. Elle assure que la piste a été suivie grâce aux erreurs commises par l’adolescent, qui n’a pas su couvrir ses traces. (Crédits : Kevin Snyman/Pixabay)

    Lapsus$ existe depuis peu, mais c’était rapidement créée une réputation sulfureuse. Cette compagnie est l’une des bandes d’opérateurs informatiques les plus connues et les plus redoutées, après avoir réussi à pénétrer dans de grandes entreprises comme Microsoft, et s’en être vanté en ligne. Un péché d’orgueil ? « Unit 221B travaillant avec Palo Alto après avoir identifié l’acteur, l’a surveillé sur ses exploits tout au long de l’année 2021, envoyant périodiquement aux forces de l’ordre un avis sur les derniers crimes. »