Peu importe le continent ou le pays, les cyberattaques continuent. Des noms des groupes tels que BlackCat, Clop, LockBit, ViceSociety… pour ne citer qu’eux. Les cybergroupes criminels affichent de très nombreuses victimes. De nombreuses personnes voient donc leurs données jetées en pâture. Quelles personnes sont à condamner ? Il serait facile de dire que la faute incombe à l’être placé entre le bureau et la chaise. La difficulté semble être multiple, où chacun porte une part de responsabilité.
Si de nombreuses attaques cybernétiques sont revendiquées, combien ne le sont pas ? Le plus inquiétant est sans doute ces dernières. Le vol de données pour des raisons étatiques, d’espionnage industriel, purement crapuleuses, ou pour de la surveillance de nos amis, de nos ennemis, faites vos jeux. Depuis le début de l’année les attaques vont crescendo.
Selon Kron Briefing, 117 cyberattaques ont eu lieu en janvier 2023, 124 en février et 149 en mars dans le monde. En avril, elles seraient de 86. De janvier à mars 2023, le trio de tête est composé des États-Unis, de l’Allemagne et de la France. Au 27 avril, l’Allemagne afficherait 18 attaques subies, le Canada 11, Israël 10, les États-Unis 8 et la France 6. L’hôpital Pembina aux États-Unis (Pembina County Memorial Hospital) voit plus de 200 Mo de données sensibles diffusées par Avos Locker en guise de preuve. Le reste des données est à vendre.
Le ransomware BlackCat revendique les attaques contre la firme suisse Bernina qui fabrique des machines à coudre et à broder, l’Indien SunPharma, le Brésilien Fundação Carlos Chagas, l’Américain Transformative Healthcare qui fournit des solutions de soins à divers hôpitaux. Les opérateurs revendiquent avoir exfiltré plus d’un TB de données (Rapports médicaux, rapports du personnel paramédical, détails sensibles sur les patients, factures, contacts, informations sur les partenaires…).
Chez Vice Society, l’armateur grec Neptune Lines, les universités Lakeland et Lewis et Clark avec bien sûr de très nombreux documents confidentiels. Des groupes français sont affichés. Le ransomware Play indique rendre publiques prochainement les données d’entités françaises : un groupe de Commissaires de Justice à Bordeaux, le groupe Gambetta. De son côté, Lockbit menace l’entreprise BG2i en formation professionnelle en Pays de Loire… La liste s’implémente à chaque instant.
Des faits-divers pas comme les autres, ce 10 juillet 1922. À Bordeaux, un gendre qui ne s’entendait pas avec son beau-père, voulait résoudre le problème. Selon lui, la meilleure façon était de le brûler, avec sa maison dans son sommeil. Un courtier en bijou à la langue bien pendue, prenait expérience. Voyageant en train de Paris à Londres, il conservait une modeste valise contenant 200 000 francs de joyaux. Charmé par deux inconnues durant son périple, il alla déjeuner avec l’une d’elles aux voitures-restaurants.
Jean Pelletier, 25 ans, mutilé de guerre, décoré de la Médaille militaire et de la croix de guerre, décida par un soir de juin 1922 de se débarrasser de ce qui le gênait. L’homme possédait des immeubles à Petit Palais, tout proche de Coutras, à quelques encablures au nord-est de Libourne, où il séjournait. Le gendre vouait de la haine à son beau-père et à son beau-frère. C’est ainsi qu’il échafauda un plan pour résoudre l’origine de son mal-être. Jean Pelletier qui vivait avec les deux individus pour des raisons d’intérêt décida de mettre le feu à ses biens, et de tout brûler, belle-famille comprise.
L’incendie allumé, il interdisait à son épouse de prévenir les secours, et son clan endormi. Elle ne l’écouta, appela au secours et put sauver ses parents d’une mort certaine. Jean Pelletier fit des aveux complets, il était écroué à la maison d’arrêt de Libourne en ce 10 juillet 1922.
L’histoire ne dit pas si le courtier avait réellement des pierres dans cette valise, ni si les femmes étaient complices de près ou de loin. (Crédits : DWilliam/Pixabay)
Un courtier en diamants prenait une leçon à 200 000 francs. Tandis qu’il débarquait dans la cité de Big Ben, il s’empressait de déclarer à ScotlandYard la disparition de sa précieuse cargaison. L’homme bien connu du quartier des diamantaires de HatonStreet expliquait avoir voyagé à bord du train au départ de Paris. Au sein de son compartiment, deux femmes siégeaient. Il engagea la parole. Sans être au fait, à priori, de la Fable de Jean de la Fontaine, « le corbeau et le renard ».
À l’heure du déjeuner, il se rendit accompagné des deux femmes aux voitures-restaurants, avec sa valise. Puis flatté de cette délicieuse compagnie, il regagna son compartiment avec l’une d’elles, l’autre étant restée assise sur place. Quelques minutes plus tard, le diamantaire se rendit compte de l’oubli de sa valise. Il revint donc au wagon-restaurant, et croisa la deuxième femme déambulant dans un couloir, les mains ballantes. Malheureusement, la valise et ses pierres ne furent pas retrouvées, malgré les fouilles minutieuses du train, et de l’interrogatoire des deux voyageuses.
La ville de Bordeaux voyait l’incendie d’une usine fraîchement construite, le 28 mai 1922, sur le quai de Brazza : les Grands Moulins de Paris. La minoterie venait grossir la maison mère pour produire les 7 000 000 de quintaux de consommation annuelle parisienne. Non loin de là, un autre drame se déroulait. Lors d’une banale promenade, un jeune homme de 23 ans, accompagné d’une jeune fille recevait une balle perdue et mourait.
Le quotidien Le Radical écrivait qu’au cours d’une promenade en charmante compagnie, Jean Ducos, 23 ans, était tué d’une balle à la nuque. La personne à ses côtés avait été soupçonnée et arrêtée. L’autopsie innocenta la jeune fille, car le projectile venait de loin. L’enquête suivant les différentes pistes pour élucider ce mystère. C’est la gendarmerie de Lormont qui appréhenda un jeune homme de 19 ans nommé Merzy. Le manœuvre demeurait au camp de Genicart. Il reconnaissait s’être amusé à vider le barillet d’un revolver espagnol de gros calibre dans la direction où fut tué Jean Ducos. Selon les investigations, la distance entre le défunt et le prévenu était de 450 m, la portée de l’arme en question variait de 600 à 700 m.
Fondé par HenryMaret en 1881, ce journal républicain proche de Rochefort avant le boulangisme devint progressivement le quotidien du radical-socialisme. A son apogée avant 1914, il perd progressivement de son influence, avant de devenir hebdomadaire de 1926 à 1931 et disparaître. (Crédits : BnF/Gallica/Le Radical)
Au cours de cette même journée, l’usine des Grands Moulins de Paris à Bordeaux était détruite par un incendie. C’est aux alentours de neuf heures que le drame se déclarait. Les Grands Moulins se situent quai de Brazza. Le feu aurait pris au sein du bâtiment central, où se trouvait la machinerie évaluée à 13 millions de Francs. En quelques minutes, l’édifice entier s’embrassait et terminait en cendre. Plus rien ne restait. Luttant contre le brasier, deux sapeurs-pompiers et le peintre Viguié furent intoxiqués. L’usine fut construite en 1920, bien qu’elle ne fut pas encore achevée, elle employait deux cents ouvriers. L’estimation des dégâts se chiffe à une vingtaine de millions de Francs.
Les Grands Moulins de Paris, sont en arrière plan de l’entrée des bassins à flot du port de Bordeaux. (Crédits : Archives Sud Ouest)
Constitué en avril 1919. La société avait pour but de concourir à la production de la farine destinée à la région parisienne dont la consommation dès avant guerre était estimée à 7 millions de quintaux par an. Elle construisit à Ivry-sur-Seine, en région parisienne sur un terrain de 22 870 m2, un grand moulin qui atteignait en 1924 trois millions de quintaux. Elle décida se s’agrandir en prenant à bail le moulin de Port-Saint-Louis-du-Rhône, l’usine de la Meunerie lilloise de Marquette-lès-Lille et les Grands Moulins de Bordeaux, et ainsi produisait les 400 000 tonnes nécessaires à Paris. Elle affichait un chiffre de vente d’un milliard et demi de francs par an.
Qu’elles soient conjugales, intrafamiliales, sexuelles, une violence reste une violence. Longtemps elles se sont tues, car non crues ou discréditées. Depuis l’affaire Weinstein qui a secoué le cinéma mondial, le scandale Epstein semble faire trembler les puissants. La dernière (en date) nouvelle est le procès pour agression sexuelle du princeAndrew, qui éclabousse la couronne britannique. La journée symbolique du 8mars pour le Droit des femmes rappelle l’interminable chemin pour que l’équité juridique voie le jour. Comme les bracelets électroniques ou les téléphones grave danger qui doivent nous protéger, d’un ex-conjoint, d’un ex-mari… avant d’être le énième meurtre ou assassinat qualifié de « féminicide ».
« Flashback » est la comédie de, et par CarolineVigneaux, montre à qui veut bien découvrir la condition féminine à travers les siècles. Certaines personnes pourraient trouver à redire, sachant que cette œuvre est réalisée par une femme, mais peu importe. C’est le récit d’une avocate surdouée, cynique et narcissique, qui, après avoir gagné un nouveau procès, fait la connaissance d’Hubert. Chauffeur anticonformiste, interprété par IssaDoumbia, il l’embarque dans une course rocambolesque dans les couloirs du temps. De la préhistoire à la Révolution française, elle croise celles qui se sont battues pour les droits des femmes, tout en étant la témoin privilégiée d’événements marquants qu’elle n’aurait jamais dû oublier. Pour sortir de cette boucle, elle doit admettre son rôle en tant que femme dans la société, et apprendre à aider celles dont la voix n’est ni entendue ni écoutée.
Cette comédie fait écho à une société bien réelle où des lois existent contre le harcèlement de rue. Un mot cristallise tous les maux, le féminicide. La définition est simple, du latin femina, femme, et cædere, tuer. C’est l’homicide d’une femme, d’une jeune fille ou d’une enfant en raison de son sexe. (Crédits : Diana Cibotari/Pixabay)
Le 31 janvier 2016, FrançoisHollande, président de la République accordait une remise de peine gracieuse, à Jacqueline Sauvage. La prévenue était condamnée par la cour d’assises de Blois en décembre 2015, à dix ans de réclusion criminelle, pour le meurtre de son mari, violent et incestueux. Lorsqu’elle commence, la violence devient insidieuse. Celui, celle qui tue un être humain, commet un homicide. « Cela a été une erreur de la gracier. Je pense que ce n’était pas la bonne personne. Il y a des femmes battues qui ont tué leur mari, qui auraient plus mérité de l’être », déclarait le mercredi 29 juillet 2020 sur franceinfoHélène Mathieu. Moins d’une semaine plus tard, le 5 février 2016, la cour d’assises de Grenoble condamnait Bernadette Dimet à cinq ans de prison avec sursis pour avoir tué son mari violent, qui l’avait battue et humiliée pendant 40 ans. Le nombre de femmes tuées par les coups de leurs ex-compagnons est de 213, en 2021.
« Papa a tapé Maman »
Ce sont les mots d’enfants décrivant une scène inimaginable que le président de la cour d’assises de Bordeaux a lus ce lundi, la salle en résonne encore. Le procès d’un père de famille, pour tentative de meurtre et viol sur son ex-conjointe, a débuté ce 17janvier2022. Les faits reprochés au prévenu auraient été commis à Lormont, tout près de Bordeaux, un quelconque soir d’octobre 2018. Lors du premier jour de l’audience, la cour d’assises rappelait que l’accusé avait déjà été condamné pour violences et harcèlement téléphonique (1 088 appels en 4 mois) à la suite de leur séparation en janvier 2018. Le témoignage des enfants continue. « Que disait ton papa à ce moment-là ? », questionne l’agent de Police. « Je ne veux pas dire, ça me fait peur, répond le garçon de 6 ans. Il allait lui faire beaucoup de mal ». L’aîné de 10 ans se souvient : « Il disait qu’il voulait la tuer. »
Eurostat propose les données concernant les homicides volontaires, viols et agressions sexuelles selon le statut juridique et le sexe de la personne impliquée. Le féminicide n’est pas juste un meurtre, il a pour but de tuer la femme, la compagne, la mère en tant qu’être, en tant que personne, entité, symbole, car son seul reproche est d’être… une femme.
Lors du deuxième jour, les témoignages de voisins se suivent. JulesBrelaz journaliste à FranceBleu rapporte qu’Amandine 33 ans, encore traumatisée par les événements dits avoir entendu « comme des coups de masse dans le sol. En fait, en m’approchant, j’ai vu que c’était les coups de poing dans la victime allongée sur le sol, elle était en chemise de nuit, avec des écorchures aux pieds et le visage tuméfié, il lui lançait ” ferme bien ta gueule, sale pute ” ».
Une trentaine de lésions
L’audition du médecin légiste glace le sang. L’énumération ne semble pas avoir de fin : « Abrasions, décollement de la peau, lésions hémorragiques, hématomes, traces de coups de pied et de poing sur le visage ». Il relate une à une la trentaine de lésions relevées sur l’ensemble du corps. Les descriptions se suivent, mais les photos projetées dans la salle choquent. « Des traces d’ongles dans le cou de la victime » témoignent d’une tentative d’étranglement. Des genoux ensanglantés et les cheveux arrachés rappellent que la jeune femme a été traînée sur le sol. Mais, l’horreur ne s’arrête pas là. Le professeur détaillait longuement les lésions génitale et anale constatées lors de l’examen clinique. Il atteste « incontestablement » d’un viol, affirmait l’expert. Tandis que les avocats de la défense relevaient qu’« il n’y a ni fracture ni suture », le professionnel de santé acquiesçait en ce sens, expliquant que certains des coups portés au crâne auraient « putuer » la victime.
De manière fréquente, lors des séparations, les enfants sont pris à partie, d’un côté comme de l’autre. Ils souffrent, sauf qu’eux n’ont pas choisi ni pris la décision, mais la subissent. « Il faisait du chantage à ses enfants pour qu’ils ne fassent pas de câlin à leur mère », indiquait pour enfoncer le clou CarolineBris, l’une des avocates de la partie civile. (Crédits : DR)
Fréquemment dans les affaires de violences conjugales, et de violences sexuelles, c’est la victime qui a honte. Il promet qu’il changera, que c’était un accident, qu’il nous aime et que ça ne se reproduira plus, mais les scènes se répètent, comme dans un mauvais film. La différence est que lorsque la salle de cinéma s’allume, la fiction, elle s’arrête… Les mots de l’une des avocates de la partie civile, Caroline Bris, martèle et enfonce les derniers rivets, s’il y avait besoin. « Jalousie maladive », « manipulation », « instrumentalisation des enfants », « sentiment de honte de la victime », un « schéma d’emprise classique des violences conjugales » pour l’avocate. « J’avais l’impression d’être Jacqueline Sauvage », témoignera la mère de famille.
15 années de réclusion criminelle
L’homme de 43 ans a été reconnu coupable et condamné mercredi 19 janvier 2022 par la cour d’assises de la Gironde à quinzeannéesderéclusioncriminelle pour tentativedemeurtre et viol sur la mère de ses enfants. La peine d’emprisonnement est assortie d’un suivi socio-judiciaire de quatre ans avec une injonction de soins à l’issue de son incarcération. Il aura interdiction d’entrer en contact avec la victime, de fréquenter un débit de boisson, et devra soigner son alcoolisme. En cas de non-respect de ces obligations, la cour d’assises a prononcé une peine de trois années de détention. La déchéance de l’autorité parentale à l’encontre de l’accusé, n’a pas été prononcée. Il devra néanmoins indemniser les parties civiles à hauteur de 96 000 euros de dommages et intérêts, dont 60 000 euros à la mère de ses enfants et ex-compagne au titre du préjudice subi lors de la tentative de meurtre et le viol.
Mes Caroline Bris, Pierre Cuisinier etMarion Lavaud défendent les parties civiles : l’ex-compagne d’Yvan Poungui et sa famille. (Crédits : Laurent Theillet/SUD OUEST)
Que faire en cas de violence ?
La première chose, mais pas la plus facile, fuir. Oui, mais où ? Comment ? Vers qui ? Les démarches sont de plus en plus présentes. Il existe 175 bureaux d’aide aux victimes du tribunal judiciaire de Poitiers à Quimper, comme partout sur le territoire. Des conduites à tenir sont référencées sur le site du gouvernement « Violence Conjugale » :
Appeler le 17, 112, 15, 18 et 114 (pour les personnes sourdes, malentendantes, aphasiques, dysphasiques), Si vous avez des difficultés à entendre ou parler, vous pouvez aussi envoyer un SMS au 114.
Le 3919 Écoute, informe et oriente les femmes victimes de violences, ainsi que les témoins de violences faites à des femmes
Le 116006 écoute, informe et conseille les victimes d’infractions ainsi que leurs proches. Leur site références toutes les associations d’aide aux victimes
Quitter le domicile conjugal, appeler le 115 pour un relogement d’urgence
Faire constater les blessures. Si vous êtes victime de violence conjugale, vous pouvez vous rendre à l’hôpital, chez un médecin ou une sage-femme (si vous êtes une femme). Les constatations médicales seront utiles lorsqu’il s’agira de juger l’auteur des violences. Contacter un avocat
Il faut déposer une plainte soit à la Gendarmerie, ou au poste de Police. Si le dépôt de plainte vous est refusé, demander le numéro de téléphone du procureur de permanence, la réception de la plainte ne peut pas vous être refusée
Si vous êtes victime de violences au sein de votre couple, vous pouvez déposer auprès du juge aux affaires familiales une requête en vue de la délivrance d’une ordonnance de protection. Vous pouvez faire cette démarche même si vous ne vivez pas en cohabitation avec l’auteur des violences
Le bracelet anti-rapprochement sert à vous protéger en tant que victime de violence conjugale, en empêchant votre conjoint ou ex-conjoint violent d’entrer en contact physique avec vous
Le téléphone grand danger permet à une victime de violences conjugales de contacter directement une plate-forme spécialisée en cas de danger. C’est cette plate-forme qui alertera la police ou la gendarmerie si nécessaire. La victime pourra être géolocalisée si elle le souhaite.
Choix difficile pour se promener, flâner, déambuler nonchalamment au gré des échoppes, boutiques, vendeurs ambulants, senteurs, effluves pâtissières ou celle du pain sortant du four, qui craquelle sa croûte blonde. Du boulevard Haussman, la rue Sainte-Catherine, l’avenue de Grammont, la rue des caillons, jusqu’à la célèbre des Champs-Élysées… chacune des ces voies de circulation vous rappellent des souvenirs, des faits plus ou moins historiques. Mais connaissez-vous la différence entre un boulevard, une avenue, une rue, une ruelle, un faubourg ?
Mme Séki Kharéson et M. Sépa Phot profitent de la rentrée des classes toute proche pour quitter, le temps d’une journée, leur endroit de quiétude qu’est le village de Berd’huis. La fraîcheur du matin obligea Séki à se couvrir d’une écharpe, il faut dire que le thermomètre montrait péniblement 14 degrés Celsius, ce jeudi 26 août 2021. L’occasion était trop belle pour monsieur Phot, il sortit sa Renault dauphine Gordini de 1957, toute rouge, du garage.
Le bolide de 630 kg était construit dans les usines de Flins. Au menu, une nouvelle culasse, l’augmentation du taux de compression, ainsi que l’utilisation d’un carburateur de 32 mm, donne à ce petit bijou la possibilité d’afficher 126 km/h au compteur, après le passage du « Sorcier », Amédée Gordini. (Crédits : Arnaud Clerget)
Puis tous deux partirent en direction de la gare de Nogent-le-Rotrou pour prendre le TER. Le bolide avalait les six petits kilomètres en ronronnant de plaisir à travers ses 845 cm3 et ses 36 chevaux. Il faut dire qu’Amédée Gordini, portait à merveille son surnom de « Sorcier ». Il avait fait alors de petites préparations avec des modifications techniques, ainsi naissait la Dauphine Gordini (type R1091).
La joie du TER
L’église Saint-Hilaire sonnait 8 h 30, quand le moteur de la gordini se tut. Le train express régional n° 862466 de Nogent-le-Rotrou via Condé-sur-Huisne, La Loupe, Maintenon avant son terminus à Chartres, partait à 8 h 37 pile. Rapidement, ils entrèrent dans la gare, prirent place au sein de leur wagon, et s’assirent. Moins d’une heure après (53 minutes), les deux amoureux descendirent pour monter dans le TER n° 862418 en direction de Paris, fort heureusement sur le même quai. Ils eurent à loisir de contempler les paysages hauts en couleur et divers du parc naturel régional du Perche, de la forêt de Rambouillet et du parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse.
La rue principale de Berd’huis (Route de Nogent, puis de Bellême) est emprunté par de nombreux véhicules, nuit et jour. Lorsque vous êtes juste à côté de l’église, le coucher de soleil vous procure une lumière et des couleurs sensationnelles. (Crédits : Mumu’s Pictures)
Les personnels de la SNCF invitèrent les passagers à se préparer, quelques instants avant l’arrivée au terminus la gare de Montmartre, entre le boulevard Pasteur et l’avenue du Maine. C’est à ce moment qu’une interrogation tombait. Dans la file des voyageurs, juste devant eux, un jeune homme d’une vingtaine d’années posait une question à son oncle : « C’est quoi la différence entre avenue et boulevard ? »
De la charmille au cours
Interloqué, l’oncle se creusa la tête et lui répondit : « Je ne sais pas Mischa. » Le couple qui entendit se posait également la question. « Il me semble que c’est une histoire d’arbre, de rempart, mais je n’en suis pas sûr » claque le neveu. Toute la journée, les Berd’huisiens ne pouvaient enlever cette interrogation de leurs pensées. S’ils avaient attendu quelques instants, ils auraient su. Après des recherches fructueuses au tournant des pages d’un dictionnaire, le suspens prit fin. « Une avenue est une allée large, généralement rectiligne et plantée d’arbres, conduisant à une habitation, un bâtiment officiel, un lieu public. Le boulevard (du moyen néerlandais bolwerc, bastion) est une voie spacieuse établie dans les villes sur l’emplacement des anciens remparts, cette large voie de communication urbaine plantée d’arbres », définit Le Larousse.
« Donc c’est pareil », interrogea Mischa
« Tatillon, il faut-être.C’est pratiquement la même chose, c’est une question de linguistique »
Nous sommes contraints prendre de plus vieux livres pour comprendre. Le nom boulevard est un vieux terme du Génie militaire qui se définit par le : « terre-plein d’un rempart, tout le terrain d’un bastion ou d’une courtine. Il se dit, par extension, d’une promenade plantée d’arbres qui fait le tour d’une ville et qui occupe ordinairement l’espace où étaient d’anciens remparts. Aujourd’hui, par généralisation, il se dit de toute rue large, plantée d’arbres, qui traverse une ville. » Tandis que l’avenue est le « chemin par lequel on arrive en quelque lieu, ou encore d’une allée plantée d’arbres qui conduit à une habitation, un château. » Après un bref silence, l’explication se ponctua d’un « Ah, d’accord ».
Sur les restes de fortification de la ville de Poitiers, au lieu-dit de la « tour à l’oiseau », la vue est imprenable. Vous avez le loisir d’observer le boulevard sous Blossac, et d’entrapercevoir la promenade des cours (côté droit de la photo), au-delà de la rivière Le Clain. (Crédits : DR)
Tout en continuant leur discussion, ils s’entichèrent de connaître les définitions des différentes voies d’une ville ou d’un village. Ainsi la ruelle est une rue étroite (ça semble logique). L’allée est une ruelle généralement encadrée par deux rangées d’arbres. tandis que la rue est caractérisée par une largeur relativement faible et par son absence de contre-allées. « D’ailleurs, sais-tu que la rue des caillons est la plus petite rue de Poitiers », questionna l’oncle. Quant au chemin, il est normalement une voie de terre aménagée, parfois goudronnée. Enfin, la route est une voie qui porte le nom du lieu où elle aboutit.
Le retour aux pénates
La journée se termine à Paris, tant pour les uns que pour les autres. Ainsi, par le plus grand des hasards, le couple retrouve le neveu et son oncle à la gare Montparnasse. La discussion s’engage immédiatement sur la question qui taraudent, depuis le matin, l’esprit des voyageurs ornais. Le neveu prit un malin plaisir à leur expliquer. À l’annonce du train à destination de Nogent-le-Rotrou, tous se séparèrent. Les Pictes-charentais quant à eux attendaient, à peine un petit quart d’heure, leur TGV de 18 h 19. Après une balade sans encombre, jusqu’à la capitale de la Vienne, ils rejoignent le parvis de la gare.
Venant d’Angoulême, le passage par l’avenue de la Libération, la porte de la Tranchée (disparue depuis), était et reste l’un des axes privilégiés d’accès à la ville.
En sortant, ils empruntent le boulevard Pont-Achard, où se trouvait l’ancienne caserne de Sapeurs-Pompiers du même nom, pour utiliser les escaliers du diable en direction du parc de Blossac. Les deux marcheurs déambulent au sein de ce poumon vert pour atteindre la Tour à l’Oiseau, puis observent le boulevard sous Blossac et la promenade des cours avec ses rangées d’arbres. Ces derniers, las de la journée, via l’avenue de la Libération, se rendaient au faubourg de Chilvert, qui n’est autre qu’un quartier d’une ville située en dehors de son enceinte.