Étiquette : Conflit

  • Qu’est-ce que l’antisémitisme ?

    Qu’est-ce que l’antisémitisme ?

    Il est le terme entendu dans n’importe quelle émission télévisuelle ou radiophonique. Utilisé à tort et à travers par des personnes publiques et galvaudé, une mise à jour s’impose. Du fait du conflit armé qui oppose les belligérants que sont Israël et la Palestine, les envolées lyriques sont nombreuses. Ce qui est dramatique est la mort d’un être humain, quelle qu’en soit la cause. Il est nécessaire de poser les bases sur les principales religions à travers le monde. Pour ensuite différencier, les personnes qui se revendiquent de cette confession, les habitants d’un pays et les divers courants de religions.

    Aujourd’hui, il existe huit religions les plus répandues : le bouddhisme, le christianisme, l’hindouisme, l’islam, le jaïnisme, le judaïsme, le shintoïsme, puis le taoïsme et confucianisme. Puis en fonction des États et contrées, la spiritualité autochtone. Remontons d’un millénaire, le 27 novembre 1095. Odon de Lagery, plus connu en tant que Urbain II lance aux chevaliers de faire le voyage jusqu’à Jérusalem pour repousser les infidèles. Car les Turcs et les Arabes étendraient leurs conquêtes sur les « Terres des chrétiens ». Urbain II, d’après Foulcher de Chartres demandait aux riches et moins riches de faire la « guerre sainte ».

    En 1078, les Turcs Seldjoukides, venant des steppes asiatiques s’emparent de la ville de Jérusalem aux mains des Arabes abbassides. Ils interdisent l’accès aux chrétiens, provoquant l’ire du pape. « C’est pourquoi, je vous avertis et vous conjure, non en mon nom, mais au nom du Seigneur, vous les hérauts du Christ [les évêques et abbés du concile], d’engager par de fréquentes proclamations les Francs de tout rang, gens de pieds et chevaliers, pauvres et riches, à s’empresser de secourir les adorateurs du Christ, pendant qu’il en est encore temps, et de chasser loin des régions soumises à notre foi la race impie des dévastateurs. Cela, je le dis à ceux de vous qui sont présens (sic) ici, je vais le mander aux absents ; mais c’est le Christ qui l’ordonne. » 1

    « Quelle honte ne serait-ce pas pour nous si cette race infidèle si justement méprisée, dégénérée de la dignité de l’homme, et vile esclave du démon, l’emportait sur le peuple élu du Dieu tout-puissant » exhortait Urbain II dans son appel à Clermont en 1095. (Crédits : Annette Jones/Pixabay)

    L’origine et fondement des croisades

    Les pèlerinages existent depuis bien longtemps. Les premiers d’envergure vers la Palestine se déroulent du IIIe au IVe siècle. Car l’édit de Constantin de 313 promulgue le christianisme comme religion de l’Empire romain. Des pèlerinages ont lieu jusqu’en 1078, date où les Turcs Seldjoukides interdisent l’accès aux chrétiens. Les croisades seront au nombre de huit de 1095 à 1921. En parlant de « race infidèle » Urbain II met en place une hiérarchisation des peuples. Comme l’explique le dictionnaire de l’Académie française, c’est l’ensemble de doctrines selon lesquelles « les variétés de l’espèce humaine appelées races, principalement distinguées les unes des autres par leur apparence physique, seraient dotées de facultés intellectuelles et morales inégales, directement liées à leur patrimoine génétique. » Mais le racisme entendu au XXe et XXIe siècle n’est pas celui des croisades. De chaque côté, le but fut de sauver la terre sainte.

    Le bilan est l’agrandissement du fossé entre musulmans et chrétiens, sans oublier un ressentiment en Orient à l’égard des Occidentaux. Ce qui aurait selon Jacques Le Goff « […] l’échec des croisades fut une condition très favorable à l’unité de l’Europe ».

    Elles divisent les trois religions monothéistes dont leur origine est la même et unique Jérusalem. En deux siècles, les croisades modifient durablement les rapports géopolitiques et économiques.

    Il existe cependant la création des États latins d’Orient, avec un enrichissement des places commerciales européennes. « Mais elles échouent finalement à conserver la Terre sainte, accentuent la rupture entre chrétiens et musulmans et creusent un fossé entre catholiques et orthodoxes. On leur doit aussi l’apparition de la violence antisémite de masse en Europe, qui ne cessera guère au cours des siècles suivants » relate Geo.

    L’évolution du Royaume d’Israël au VIIIe siècle avant notre ère. Cartes du Moyen-Orient, vers 733 avant notre ère : Israël et Juda. (Crédits : Frank E. Smitha/Jewishvirtuallibrary)

    La naissance de la différence dans la religion

    Dès l’instant où les religions expliquent qu’une personne, parce qu’elle n’a pas votre religion est une « race infidèle si justement méprisée, dégénérée de la dignité de l’homme, et vile esclave du démon […] » alors c’est un dénigrement nommé racisme. Les personnes de confession juive subissaient dès le premier siècle de notre ère une mise en exergue. Elle semble ne pas avoir de fin en soi. Sous l’Empire romain, le christianisme est assimilé à une « secte juive » précise André Larané sur Hérodote. Pour se détacher, les chrétiens vont alors montrer leurs différences.

    Ce que de nombreuses personnes nomment antisémitisme se base sur deux périodes distinctes : de 610 jusqu’à 1492, puis de 1492 à nos jours. Mais il fait référence au judaïsme. Ce dernier remonte au deuxième millénaire avant notre ère. Le sentiment d’antijudaïsme s’exprime par le terme « déicide ». Pour faire abattre son chien, ne dit-on pas qu’il a la rage ?

    L’Académie française explique qu’il était « appliqué naguère au peuple juif, tenu pour responsable de la mort de Jésus-Christ. Au deuxième concile du Vatican, l’Église catholique a rejeté l’appellation “Peuple déicide». Ce IIe concile œcuménique du Vatican se déroulait du 11 octobre 1962 au 8 décembre 1965.

    L’évolution des groupes religieux au XXIe siècle et sa projection en 2060 (*) en pourcentage. Le christianisme et l’Islam devraient représenter près des deux tiers d’individus en 2060, avec la baisse des autres courants. (Crédits : Pew Research Centre/Statista)

    Ce qui est d’autant impressionnant est que les pratiquants de la religion juive représentent 0,2 % des personnes sur Terre en 2015 selon Pew Search Centre, alors pourquoi autant d’actes d’antisémitisme contre les personnes de confession juive ?

    Confession, peuple et courant

    Le constat est sans appel. Les personnes de confession juive ont été malmenées à travers l’histoire, mais de nombreuses autres également. Pour ne prendre que le XXe siècle, les crimes de guerre et génocides sont légion. Le génocide est selon l’Académie française une « entreprise d’extermination systématique d’un groupe humain. » Ainsi le massacre des Hereros (1904), les Arméniens (1915), les Ukrainiens (1932), les Juifs d’Europe (1941-1945), les Tutsis (1994) ou encore le massacre de Srebenica (1995). Mais seul sera reconnu par l’ONU le terme de génocide pour les Arméniens, les Tutsis et les Juifs d’Europe.

    Sauf qu’il est nécessaire d’effectuer la différence entre la religion, les habitants et les courants. Ainsi vous pouvez être Français, résider en Espagne et être de confession catholique, mais de courant orthodoxe, anglican, évangélique… Vous pouvez être Irlandais, être de confession musulmane, mais être sunnite ou chiite. Donc, vous pouvez être de confession juive, résider aux USA et être ashkénazes ou séfarades, donc soit orthodoxes et traditionalistes ou libéraux et conservateurs.

    Régulièrement, et par facilité, nombreux usent de raccourci en disant « je suis juif », « je suis musulman », « je suis chrétien ». Il ne faut pas confondre sa confession et sa nationalité. Il ne faut pas confondre être israélien et être de confession juive. (Crédits : NoName_13/Pixabay)

    Deux conceptions s’affrontent : être pour ou contre le sionisme. « Le sionisme constitue une rupture dans la continuité historique du judaïsme. Les intellectuels sionistes et les rabbins orthodoxes qui s’y opposent s’entendent sur le fait que le sionisme représente une négation de la tradition juive », martèle Yako M. Rabkin2. L’appel à se rassembler, à la fin du XIXe siècle en Palestine pour y former « une nation nouvelle » a rebuté la grande majorité, tant laïcs que pratiquants écrit l’auteur de « L’opposition juive au sionisme ». Pour le rabbin Isaac Breuer (1883-1946), l’un des penseurs éminents de l’orthodoxie moderne, rappelle Yakov Rabkin ce nouveau mouvement politique « est l’ennemi le plus terrible qui ait jamais existé pour le peuple juif. […] Le sionisme tue le peuple et élève ensuite son corps au trône ».

    Êtes-vous antisémite ?

    Réponse aisée : « Bien sûr que non ! ». Mais savez-vous ce que cela veut dire ? En décomposant le nom, celui-ci est composé de anti et de sémite. Le préfixe anti est emprunté grec anti‑, « qui est en face », et, par extension, « qui est opposé, contraire ». Donc une défense antiaérienne est celle qui s’oppose aux attaques aériennes. Selon l’Académie française, l’adjectif sémite est « dérivé de Sem, nom du fils aîné de Noé dans la Genèse, lui-même emprunté, par l’intermédiaire du latin Sem et du grec Sêm, de l’hébreu Shem. » Il représente les populations originaires du Proche et du Moyen-Orient, dont le principal caractère commun est l’usage d’une langue appartenant à la famille des langues sémitiques.

    Les peuples sémites, qui regroupaient notamment dans l’Antiquité les Assyriens, les Araméens, les Cananéens, les Hébreux, les Moabites, les Phéniciens, désignent aujourd’hui les « Juifs et les Arabes ». Mais il est abusivement utilisé pour dire qu’une personne est contre un Juif, un israélite. Le terme antisémite vient renforcer les crimes et morts comme celle d’Ilan Halimi (2006), crimes de Mohamed Merah (mars 2012), morts de l’hypercasher de Vincennes (janvier 2015), meurtre de Sarah Halimi (2017), meurtre de Mireille Knoll (2018). Mais jamais utilisé lors de la mort d’une personne qui est dite « Arabe ». Alors si vous êtes antisémite, vous êtes contre les « Juifs et les Arabes », donc contre la barbarie des hommes.

    Dans son rapport annuel, le « Service de sécurité de la communauté juive » (SPCJ) relève ce qu’il qualifie de phénomène « nouveau et inquiétant » : un quart des incidents se sont produits à l’intérieur ou à proximité du domicile des victimes, un tiers des actes auraient été motivés par le conflit israélo-palestinien. Tout comme durant l’opération « Les gardiens de la Muraille » du 13 avril au 21 mai 2021. (Crédits : 696 188/Pixabay)

    Que penser des émeutes qui ont eu lieu en Algérie, à la libération de la France en 1945. Des slogans se mélangeaient, d’un côté « Vive la Victoire alliée », de l’autre « Vive l’Algérie indépendante ». Un ordre du sous-préfet ordonne de retirer pancartes et banderoles, mais un homme, scout de confession musulmane âgé de 22 ans, Bouzid Saâl, refuse de baisser le drapeau algérien. Des heurts éclatent, un policier tire et le jeune homme est mortellement touché. La foule est saisie de panique. C’est le début des émeutes, qui selon l’histoire officielle algérienne feront 45 000 morts. Les Occidentaux avancent un bilan de 15 à 20 000 morts, dont une centaine d’Européens. Ou bien le massacre du 17 octobre 1961 à Paris de 100 à 200 algériens. Leurs crimes avoir manifesté suite à l’appel du Front national de Libération, contre le couvre-feu discriminatoire qui leur était imposé. Tous ces morts avant les accords d’Évian le 19 mars 1962. Était-ce des crimes antisémites, au sens littéral du terme ?

    Conflits et crimes de guerre

    Le mal qui ronge cette partie de la Terre est aussi vieux que l’écriture. Mais les crimes perpétrés par le Hamas ne sont pas ceux des Palestiniens, les crimes de guerre sont régis par la loi et les conventions de Genève. Cela concerne les belligérants de tous conflits. Sont considérés comme crimes de Guerre : L’homicide intentionnel, la torture ou les traitements inhumains, y compris les expériences biologiques […] la déportation ou le transfert illégal ou la détention illégale, la prise d’otages. Mais également le fait de diriger intentionnellement des attaques contre le personnel, les installations, le matériel, les unités ou les véhicules employés dans le cadre d’une mission d’aide humanitaire ou de maintien de la paix conformément à la Charte des Nations Unies.

    Il n’y a aucune excuse à la barbarie de l’action du Hamas, qui est une organisation terroriste. De l’autre le peuple palestinien est coincé entre quatre murs depuis 1958 par la volonté des dirigeants d’Israël. « Le problème c’est l’après » exhorte Alain Bauer. (Crédits : Europe1/CNews/YouTube)

    Mais également le fait de diriger intentionnellement une attaque en sachant qu’elle causera incidemment des pertes en vies humaines dans la population civile, des blessures aux personnes civiles, des dommages aux biens de caractère civil ou des dommages étendus, durables et graves à l’environnement naturel qui seraient manifestement excessifs par rapport à l’ensemble de l’avantage militaire concret et direct attendu. La guerre comme les conflits armés sont décidés par les dirigeants, et à la fin ce sont les civils qui trinquent. Ce qui est certain est que la mort d’autant plus le meurtre ou l’assassinat d’une personne, quelle qu’elle soit, peu importe sa religion, ses croyances, ses origines, ses pensées est une tragédie.

    1. Foulcher de Chartres, Histoire des Croisades, édité par François Guizot, Collection des mémoires relatifs à l’histoire de France, Paris, J-L-J Brière, 1825, p. 7-9. ↩︎
    2. L’opposition juive au sionisme. Yakov M. Rabkin. Dans Revue internationale et stratégique 2004/4 (N°56), pages 17 à 23 ↩︎
  • Il y a cent ans… se terminait la conférence de Gênes

    Il y a cent ans… se terminait la conférence de Gênes

    Du 9 avril au 19 mai 1922, les anciens belligérants, trente-quatre nations, se retrouvaient pour rétablir l’ordre monétaire planétaire, qui fut désorganisé par la Première Guerre mondiale. Cette réunion s’est clôturée sous une avalanche de fleurs en rhétorique, par soixante-quinze discours de neuf heures à une heure de l’après-midi. Lloyd Georges la comparait à une bouée de sauvetage lancée du rivage, ajoutant qu’aucun naufragé ne s’y était accroché.

    Cette conférence se déroulait alors que les brûlots de la Première Guerre mondiale fumaient encore. Les rancœurs, dettes, désillusions seront un terreau fertile au nationalisme exacerbé, qu’il soit Russe, Italien, Espagnol ou Allemand. D’autant que la Grande Guerre sonna le glas des empires allemand, austro-hongrois, russe et ottoman et créa une multitude de nouveaux États aux frontières « arbitraires ». Le traité de paix de Saint-Germain-en-Laye disloque la République d’Autriche Allemande, et interdit à l’Autriche tout rattachement à l’Allemagne. La disparition de l’Empire austro-hongrois entraîne une restructuration du monde danubo-balkanique. Des Autrichiens manifestèrent alors leur mécontentement en brûlant l’ambassade de France à Vienne, le 23 mai 1919.

    Les accords prévoient un découpage du Proche-Orient, ci-dessus. L’Empire russe participe aux délibérations et octroie son accord, comme l’Italie, aux termes du traité secret. (Crédits : Les accords de Sykes-Picot, 1916 de Flavien Bardet/Outre-Terre)

    Les accords Sykes-Picot furent le travail de deux hommes qui donnèrent leurs noms à ce traité, Sir Mark Sykes et François Georges-Picot. Ils furent signés secrètement en 1916 par la France et la Grande-Bretagne. Les changements géopolitiques, ainsi que le choix de la Turquie de se ranger aux côtés de l’Allemagne à la fin de l’année 1914, sont à l’origine de ceux-ci. La fin des possessions ottomanes de Syrie, Palestine et Arabie prévue au traité de Sèvres (1920) est confirmée, et les frontières de la Turquie sont revues (Armistice de Moudros, 1918, le traité de Lausanne, 1923). De nouveaux États apparaissent, tandis que la France et la Grande-Bretagne obtiennent des mandats en Syrie, au Liban et en Palestine. Les vainqueurs proposaient même la création d’États nationaux pour les Arméniens et les Kurdes.

    La conférence économique internationale de Gênes

    Les individus en haut de forme se congratulaient des six semaines écoulées où la montagne accouchait encore d’une souris. D’ailleurs, les puissances en présence acceptaient la prorogation de la conférence de Gênes, à La Haye le 15 juin 1922. Puis vint les discours où chaque convive se félicitait de l’avance historique, ne convainquant qu’eux-mêmes. Ainsi durant cinq heures, soixante-quinze allocutions s’enchaînaient « L’Europe n’est pas pour nous une simple expression géographique, une vague et mystique surpatrie, c’est une grande tradition du passé et une grande espérance d’avenir. L’Europe est traditionnellement fondée sur les traités. Attenter aux traités, c’est attenter à la vie de l’Europe », annonçait Maurice Colrat pour la France.

    L’histoire n’est qu’un éternel recommencement. Car après l’acceptation du pacte de non-agression, chaque pays à travers le chef de délégation prit la parole. La Nouvelle-Zélande déclara qu’elle n’avait pas l’intention d’attaquer la Russie, le Canada, l’Afrique du Sud, les Indes, l’Australie emboîtèrent le pas sans difficulté, tout comme l’Islande, l’Albanie, le Portugal, l’Espagne… des traités étaient signés en coulisse. Ce découpage mit en couveuse les conflits de la mer Baltique au golfe Persique. Les vainqueurs européens — la France, l’Italie et la Grande-Bretagne — étaient financièrement et politiquement épuisés, le krach boursier de 1929, américain puis international terminait de tuer dans l’œuf les espoirs de paix pérenne.

    Le continent européen avant la Première Guerre mondiale qui durera du 28 juillet 1914 au 11 novembre 1918. Le Casus Belli est l’assassinat le dimanche 28 juin 1914, de l’archiduc François-Ferdinand, et de son épouse, Sophie Chotek, duchesse de Hohenberg. Son successeur renonça au trône. (Crédits : Musée Canadien de la Guerre)

    La France ne put pas empêcher le pacte qui se nouait le 16 avril 1922 à Rapallo, un faubourg de Gênes. Il était signé par l’Allemagne et la République soviétique fédérative socialiste de Russie (RSFSR), qui donnera naissance à l’URSS le 30 décembre 1922. Il entérine deux accords principaux. Le premier est l’abandon des réparations de guerre. « L’Empire allemand et la R. S. F. S. R. renoncent réciproquement aux indemnités pour leurs dépenses de guerre ainsi qu’aux indemnités pour les dommages de guerre, c’est-à-dire pour les dommages résultant pour eux ou leurs ressortissants dans les zones de guerre de mesures militaires, y compris toutes réquisitions effectuées en territoire ennemi. Les deux Parties renoncent également aux indemnités pour dommages civils ayant été causés aux ressortissants d’une des Parties par les lois dites lois exceptionnelles de guerre ou par des mesures d’autorité prises par les organismes d’État de l’autre Partie », cite l’article 1er.

    Le second stipule que « les relations économiques entre les deux nations devaient être normalisées et les citoyens de l’un ou l’autre des États résidant sur le territoire de l’autre devaient se voir accorder la reconnaissance et certains droits ». Mais celui qui n’apparaît pas, car non enregistré est sans aucun doute le plus important historiquement. Une clause secrète, qui n’a pas été publiée, a établi une coopération militaire entre les deux États, jusqu’en 1933.

    Les pertes humaines de la Première Guerre mondiale s’élèvent à environ 18,6 millions de morts. Sans oublier les 20 à 100 millions de décès par la grippe dite espagnole. Mais le découpage du continent engendrera de nombreux conflits, comme celui qui oppose actuellement la Russie et l’Ukraine. (Crédits : Musée Canadien de la Guerre)

    Dettes et démocratie ne font pas bon ménage

    Au printemps 1922, la conférence internationale de Gênes rétablit la convertibilité des devises, en prenant le dollar ou la livre sterling comme monnaie de référence. Les années d’après-guerre extrêmement difficiles, surtout pour les belligérants d’Europe qui sortent du conflit affaibli et endettés, vis-à-vis des États-Unis. Le versement des réparations allemandes est fixé en 1920 à 132 milliards de marks-or, dont 52 % pour la France. Le ministre français des Finances, Louis-Lucien Klotz, avait déclaré le 3 septembre 1918 : « Il faut que l’Allemagne paie le coût de la guerre ».

    Le démantèlement et découpage des empires allemand, austro-hongrois, russe et ottoman refondent le continent européen, pour le meilleur et le pire. L’histoire dépeint le futur, car la démocratie est rapidement menacée en Italie ou en Allemagne, dans les années 1920. Les régimes autoritaires se multipliaient. Le totalitarisme apparaît comme des contestations violentes du système démocratique.

    L’Europe est un continent regroupant 46 pays répartis sur cinq régions géographiques, dont 27 appartiennent à l’Union européenne. L’histoire du continent découle des conflits précédents et apporte un éclairage aux actuels conflits armés. (Crédits : Atlas-monde)

    Le 1er décembre 1936, l’URSS se dote d’une nouvelle constitution à première vue démocratique, mais en réalité, Staline grâce au parti unique, le parti communiste, concentre les pouvoirs. Comme en République populaire de Chine. Mussolini, après sa marche sur Rome, obtient, lui aussi les pleins pouvoirs, le 25 novembre 1922. L’Italie plonge irrémédiablement dans un système totalitaire avec l’adoption des lois fascistissimes. Fortement affaiblie, l’économie allemande est touchée de plein fouet par la crise économique des années 1930. Usant de propagande et de la violence de rue qui tétanise ses adversaires politiques tout en brouillant le jeu démocratique, Hitler connaît une irrésistible ascension à partir de 1932. Le président Hindenburg le nommera à la chancellerie, le 29 janvier 1933.

  • La Guerre, késako ? (dernière partie)

    La Guerre, késako ? (dernière partie)

    En Europe, et qui plus est en France il n’apparaît y avoir qu’une seule actualité depuis deux mois, hormis l’élection présidentielle et les législatives à venir. L’information est le déroulement de la catastrophique « guerre » qui se tient présentement entre la Russie et l’Ukraine. Les Français comme tous les citoyens européens semblent découvrir, à travers écrans interposés des faits et récits qui divergent selon les intervenants, les lieux de débats et le politiquement correct… les médias nous content ce conflit, mais est-ce l’unique sur Terre ?

    Quel que soit le conflit, il est, et sera toujours regrettable de se rendre compte des atrocités que l’Homo Sapiens Sapiens est capable de commettre, ce sur les cinq continents, tant sur les morts, mutilés, tragédies humanitaire, victimes des bassesses de l’être humain. Si la communication est partie entière de la stratégie, que nous rencontrons avec l’affrontement situé sur le sol européen, elle est déjà traitée dans le précédent volet. Savez-vous, ou pouvez-vous imaginer le nombre de conflits qui se déroulent actuellement sur notre belle planète, qui est bleue comme une orange ? Pourquoi parle-t-on plus de celui-ci que des multiples autres ?

    Les pays où des affrontements armés impliquant des forces étatiques comme des groupes rebelles sont en cours. (Crédits : Statistica)

    Pour saisir la liste non exhaustive des conflits, guerre qui se sont déroulée hier, qui nous préoccupent aujourd’hui et nous terrifierons demain, il est nécessaire de porter un intérêt à la géopolitique. Ce terme qui peut être abscons, barbare est issu du grec gễ signifiant terre et de politikḗ pour politique. Elle est l’étude des rapports qui existent entre les données physiques, en particulier géographiques, et la politique des États. Plus simplement comment « ménager la chèvre et le chou ». C’est une méthode d’analyse de la politique étrangère pour comprendre, expliquer et prédire le comportement politique international à travers les variables dites géographiques. Maintenant, prenez comme paramètres d’ajustement des recherches sur le climat, la topographie, la démographie et les ressources naturelles.

    Au jeu d’échecs, les pièces les plus insignifiantes possèdent une importance capitale. Roi et pion contre roi seul est une des finales élémentaires du jeu d’échecs.
    « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage », donne la fable du Lion et du rat de Jean de la Fontaine. (Crédits : Antoine-Louis de Prémonville/Revue Conflits)

    La carte ci-dessus est extraite de l’article d’Antoine-Louis de Prémonville, écrit dans la revue Conflits, dont le titre est « La Nouvelle-Calédonie, un atout stratégique méconnu dans le Pacifique ». L’homme est diplômé des facultés de droit, sciences politiques et langues de l’université Jean Moulin-Lyon III. Titulaire d’un doctorat ès lettre, langues, linguistiques et arts. Il est officier de l’armée de terre, issu du 4e bataillon de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr.

    Ainsi, il est facile de comprendre, ou du moins dans saisir la moelle, que le territoire du bout du monde qu’est la Nouvelle-Calédonie, revêt une importance géopolitique. « Avec l’exacerbation des tensions liées à la rivalité économique sino-américaine et à la question de la souveraineté de Taiwan, le Pacifique est devenu le théâtre de confrontations à fleurets plus ou moins mouchetés entre les puissances. Le déplacement de l’arc des crises potentielles constitue indéniablement un défi pour la France », écrivait-il le 13 décembre 2021.

    Des garçons marchent dans la vieille ville de Benghazi, en Libye. (Crédits : Giles Clarke/Unocha)

    Les conflits

    Si l’en est un qui est devenu si banal aux différents journaux télévisés, c’est bien le conflit armé birman qui commença en 1948, il y a 74 ans. En lisant Aung San Suu Kyi, lauréate du prix Nobel de la paix en 1991, vos souvenirs remontent. Seize années plus tard, c’est en Colombie que la poudre faisait chanter les armes. Les FARC retirées de la liste des organisations terroristes aux États-Unis en 2021, le pays de l’Oncle Sam était le soutien de l’armée colombienne contre les FARC. L’accord de paix de 2016 a mis fin à plus de cinq décennies d’un conflit armé qui a fait plus de 260 000 morts et des millions de déplacés. Il y a 49 ans, commençait la révolte Oromo en Éthiopie.

    DébutGuerre-ConflitLieuNombre de victimes estimées
    1948Conflit armé birmanBirmanie150 000 à 210 000
    1964Conflit armé colombienColombie Venezuela262 197
    1973Révolte OromoÉthiopie1500 à 8900
    1978Conflit armé afghanAfghanistan1 450 000 et 2 084 468
    1991Guerre civile somalienneSomalie Kenya550 000
    1996Insurrection de l’ADFRépublique démocratique du Congo
    Ouganda
    10 000 à 15 000
    1998Conflit ethniqueNigeriaplus de 70 000
    1999Conflit armé d’itirubiRépublique démocratique du Congo60 000
    2002Insurrection au MaghrebAlgérie, Bénin, Burkina Faso, Lybie
    Mali, Niger, Tchad, Togo, Tunisie
    plus de 25 000
    2003Conflit armé irakienIrakplus de 1 000 000
    Les estimations comprennent les pertes civiles et militaires, de la même manière que les décès indirects dus à la famine attachée au conflit, maladies et perturbations liées aux conflits, ainsi que les morts violentes. (Crédits : Political economy research institute/University of Massachusetts/ACLED/UN)

    L’Afghanistan, magnifique pays, théâtre d’affrontement meurtrier depuis plus de quatre décennies en cinq actes. La première partie oppose, entre 1979 et 1989, les moudjahids, soutenus par les États-Unis, le Royaume-Uni et des pays de majorité musulmane au régime communiste afghan, soutenu par l’URSS. Cette guerre aboutit à la chute du mur de Berlin (1989), de l’URSS (1991) et du régime communiste en 1992. Puis, l’Alliance du Nord, groupe armé musulman afghan, dirigé par le commandant Massoud, échoue face à la prise de pouvoir des taliban en 1996. La guerre se poursuit entre les deux groupes jusqu’au 11 septembre 2001, date à laquelle sont perpétrés les attentats terroristes du World Trade Center.

    Jeunes filles et leur famille déplacées par la violence à Kandahar, Afghanistan (Crédits : Charlotte Cans/Unocha)

    Pour contrer ce fléau, la guerre reprend, menée par une coalition occidentale et l’Alliance du Nord contre les talibans, mais se solde par un retrait des troupes américaines en août 2021 laissant la capitale, Kaboul, aux mains du régime taliban. Les droits n’existent plus sur cette terre. En juin 2021 « on comptait 5 183 personnes tuées ou blessées depuis le début de l’année parmi la population civile, dont 2 409 femmes et enfants. Plus des deux tiers (68 %) de ces victimes étaient imputables aux talibans et à d’autres acteurs non étatiques et 25 % aux Forces nationales afghanes de défense et de sécurité (FNADS) et aux autres forces pro-gouvernementales », relate le rapport d’Amnesty International.

    2003Guerre du DarfourSoudanplus de 300 000
    2004Guerre du KivuRépublique démocratique du Congo
    Rwanda, Burundi
    de 607 000 à 6 000 000
    2006Guerre du trafic de drogueMexiquede 230 000 à 350 000
    2009Insurrection de Boko HaramNigeria, Cameroun, Tchad, Niger358 000
    2011Guerre YéméniteYémen, Arabie Saoudite
    Émirats Arabes Unis
    377 000
    2011Guerre civile syrienneSyriede 350 209 à 606 000
    2011Guerre civile Soudan du SudSoudan du Sudplus de 380 000
    2012Guerre du MaliMaliplus de15 000
    2014Conflit russo-ukrainienRussie, Ukraineplus de 25 000
    2017insurrection djihadiste au MozambiqueMozambique, Tanzanie5 000
    2020Guerre du TigreÉthiopie, Érythrée, Soudande 300 000 à 500 000
    DébutGuerre-ConflitLieuNombre de victimes estimées
    Le crime de guerre a été défini pour la première fois en 1945 par le tribunal de Nuremberg chargé de juger les criminels nazis, le Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI) les détaille dans son article 8. Comme tout crime pour être jugé, il faut des preuves irréfutables. (Crédits : Political economy research institute/University of Massachusetts/ACLED/UN)

    Pourquoi ce conflit occupe-t-il autant les médias ?

    C’est une excellente question. Il est a supposé qu’il se déroule sur la partie EST du continent européen, et que les habitants de la zone la plus large se sentent plus concernés, car il est à leur porte. De plus, chaque année, peut-on entendre que c’est la plus grande période sans guerre en Europe, de la part des dirigeants. Mais jean de la Fontaine, dans la fable le Corbeau et le Renard, tenait une réponse « Mon bon monsieur, apprenez que tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute », soufflait le renard au corbeau.

    Le nombre de veto utilisés par les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU depuis 1946. La Russie a opposé le sien à une résolution pour condamner « l’agression russe ». Le texte avait été co-rédigé par les États-Unis et l’Albanie, onze pays, dont la France, ont voté en faveur, la Chine, l’Inde et les Émirats arabes unis se sont abstenus. (Crédits : DR)

    Mais également, que la mémoire des individus est sélective, et que lorsque l’action se passe à plus de 50 kilomètres, elle est trop loin pour être impacté. Rappelez-vous du conflit basque 1959-2011 (1300 tués), conflit nord-irlandais 1968-1998 (3526 tués), la guerre en ex-Yougoslavie 1991-1999 (103 000 tués)… Aux portes de l’Ukraine, le conflit entre la Roumanie et la Moldavie du 2 mars au 21 juillet 1992 génère plus de 3 500 morts. La guerre en Tchétchénie causa entre 100 000 à 300 000 morts civils sur quasiment dix années de conflits. Comme les prémices du conflit qui nous occupe commencèrent en 2014, durant la révolte du 18 au 23 février. Elle met en opposition des forces pro-européennes et nationalistes ukrainiens, contre le gouvernement ukrainien (jusqu’à a sa chute) et des prorusses. Ce qui engendra l’annexion de la Crimée par la Russie, puis la guerre du Donbass qui fait suite aux cinq jours de février 2014. Le conflit oppose les Ukrainiens prorusses aux forces armées de l’Ukraine.

    Dix mois après la prise d’armes par la guérilla des FARC qui a détruit près de 250 maisons et fait 5 morts parmi les policiers et 18 parmi les civils, la population, avec le soutien du gouvernement d’Antioquia, a organisé une marche de briques pour reconstruire son village. Grenade, octobre 2001. (Crédits : Jesús Abad Colorado)

    « Maintenant nous avons besoin de décisions du Conseil de sécurité pour la paix en Ukraine. Si vous ne savez pas comment prendre cette décision, vous pouvez faire deux choses. Soit exclure la Russie en tant qu’agresseur et à l’origine de la guerre afin qu’elle ne bloque pas les décisions relatives à sa propre agression. Puis faire tout ce que nous pouvons pour mettre en place la paix. Ou l’autre option est de montrer que nous pouvons nous réformer ou changer (…). S’il n’y a pas d’alternative, la prochaine option serait de carrément vous dissoudre », a soutenu Volodymyr Zelensky. Pour qu’une résolution, quelle qu’elle soit, adopté il est nécessaire d’obtenir l’acceptation des cinq membres permanents de l’ONU, que sont la Chine, la Russie, les États-Unis, le Royaume-Uni et la France. Ce qui est humainement étrange est de voir des personnes qui soutiennent Volodymyr Zelensky et d’autre Vladimir Poutine, comme chaque spectateur le ferait pour son candidat privilégié d’un télé-crochet, mais que savez-vous de l’histoire de ce pays ?

    Il est alors préférable de saisir le contexte géopolitique, l’histoire des pays, de leurs voisins, de leurs constructions, de leurs présidents… mais prendre en considération un fait, que dans un conflit, il n’existe pas de bon ou de méchant comme dans les contes enfantins, mais au minimum deux belligérants.

  • Renforcement de la vigilance Cyber en France

    Renforcement de la vigilance Cyber en France

    Les tensions internationales actuelles, notamment entre la Russie et l’Ukraine, peuvent parfois s’accompagner d’effets dans le cyberespace qui doivent être anticipés, alerte l’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI). De manière prudente, l’entité rappelle que si aucune menace visant les organisations françaises, elle surveille la toile comme le lait sur le feu. Dans ce contexte, la mise en œuvre des mesures de cybersécurité et le renforcement du niveau de vigilance sont plus que nécessaires pour garantir la protection au bon niveau des organisations.

    Pour preuve les opérateurs derrière le ransomware Conti assurent qu’« en réponse au bellicisme occidental et aux menaces américaines d’utiliser la cyberguerre contre les citoyens de la Fédération de Russie, l’équipe Conti annonce officiellement que nous utiliserons toutes nos capacités pour prendre des mesures de rétorsion au cas où les bellicistes occidentaux tenteraient de cibler des infrastructures critiques en Russie ou dans toute région russophone du monde. »

    Pour autant, l’organisation rappelle qu’elle n’est alliée à aucun gouvernement et « condamne la guerre en cours ». Elle prévient qu’elle n’hésitera pas à utiliser « nos ressources pour riposter si le bien-être et la sécurité de citoyens pacifiques sont en jeu en raison de la cyber-agression américaine ». Car selon eux l’Occident est connu pour mener ses guerres principalement en ciblant des civils.

    Plus aujourd’hui mais autant demain, l’ANSSI recommande de s’assurer de la bonne mise en place des mesures essentielles présentées dans le guide d’hygiène informatique. Ce dernier s’adresse aux entités publiques et privées dotées d’une direction des systèmes d’information (DSI) ou de professionnels dont la mission est de veiller à leur sécurité. Sans jugement, et comme les Sapeurs-Pompiers, l’agence rappelle que la majeure partie des attaques informatiques ayant requis une intervention de l’agence aurait pu être évitée, si les mesures qui y sont édictées avaient été appliquées. À bon entendeur…

  • Cyberattaque sophistiquée de la Croix-Rouge

    Cyberattaque sophistiquée de la Croix-Rouge

    L’attaque a compromis les données personnelles et les informations confidentielles de plus de 515 000 personnes. Celles-ci sont extrêmement vulnérables, car ils ou elles sont des individus séparés de leur fratrie en raison d’un conflit, d’une migration ou d’une catastrophe, mais encore les êtres humains disparus et leur famille, ainsi que les femmes et hommes en détention. Les renseignements proviennent, selon le communiqué, d’au moins 60 Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge du monde entier.

    Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), basé à Genève en Suisse, a annoncé mercredi 19 janvier 2022 avoir été victime d’une vaste cyberattaque. Les opérateurs malveillants se sont emparés des données de plus de 515 000 personnes extrêmement vulnérables. Certaines ont fui des conflits de guerre et d’autres étaient en détention. « Cette cyberattaque met encore plus en danger les personnes vulnérables, celles qui ont déjà besoin de services humanitaires », a déclaré le directeur général du CICR, Robert Mardini, dans un communiqué. Rien n’indique pour l’instant que les informations compromises aient été divulguées ou partagées publiquement, affirme l’entité mondialement connue.

    Vos actions pourraient potentiellement causer encore plus de mal et de douleur à ceux qui ont déjà enduré des souffrances indicibles.

    Robert Mardini, directeur général du CICR

    Le réseau plus large de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge gère conjointement un programme appelé « Rétablissement des liens familiaux ». Ce dernier vise à réunir les membres des familles séparées par un conflit, une catastrophe ou une migration. En raison de l’infection par codes malveillants, « nous avons été obligés de fermer les systèmes qui sous-tendent notre travail de rétablissement des liens familiaux, ce qui affecte la capacité du Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge à réunir les membres des familles séparées ».

    Le CICR, à travers son directeur général Robert Mardini, n’a pas d’indications immédiates sur les auteurs de cette cyberattaque. Rien ne suggère à l’instant que les données aient été divulguées ou partagées. (Crédits : Martial Trezzini/Keystone)

    Les organismes œuvrent aussi rapidement que possible pour identifier des solutions de contournement afin de poursuivre cette action vitale. « Chaque jour, le Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge aide à réunir en moyenne 12 personnes disparues avec leurs familles. Cela représente une douzaine de réunifications familiales joyeuses chaque jour. Des cyberattaques comme celle-ci mettent en péril ce travail essentiel », martèle Robert Mardini.