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  • Il y a cent ans… une vague d’espionnage en France

    Il y a cent ans… une vague d’espionnage en France

    Le complot qui vient d’être révélé le 4 mai 1922 fait froid dans le dos. Si le public le découvre, les forces de l’ordre l’ont mis au jour, il y a quelques semaines déjà. Il s’agit tout simplement d’une vaste organisation d’espionnage, dont la première indication parvenait au ministère de la Marine. Le commissaire de surveillance avertissait le service de renseignement de la disparition de documents secrets, intéressant nos constructions navales.

    Après la construction navale, c’était au tour d’une poudrière du centre de la France de voir ses ouvrages s’évanouir. Les services de renseignements d’époque, sans systèmes d’information, trouvaient une correspondance adressée au secrétaire d’un groupement libertaire, dans laquelle un plan détallait l’état de la marine française, la construction des sous-maris, les stocks de matières premières… le tout était livré à intervalles réguliers aux agents des soviets en France, qui transmettaient à Moscou.

    Jacques Oumstymchouck, dit François Bettemps paraissait vouloir confondre ce qu’il appelait « politique » avec espionnage. François Bettemps avait déjà connu le service de l’anthropométrie en 1920 pour entraves à la liberté du travail. (Crédits : David Mark/Pixabay)

    L’Action Française expliquait que des embryons de centres d’espionnage existaient à Brest, Lorient, Toulon, dans les poudrières du centre de l’hexagone. Chose cocasse, ces courriers passaient par la capitale allemande. Les suspects, Henri Coudon, dit Méric et François Bettemps subissaient le 4 mai 1922 leur premier interrogatoire. Le premier des deux voyaient des documents saisis chez lui, sur les chantiers de Saint-Nazaire, des détails précis sur l’expérimentation d’un phare pour suivre les avions, une note sur les moteurs diesels des sous-marins : « Il est très utile d’étudier de près les modes de propulsion de ces bâtiments. Mais nous croyons que la marine rouge aurait intérêt à traiter avec l’Allemagne et certaines maisons suédoises : intérêt technique, en ce qui concerne es moteurs légers, intérêt pécuniaire eu égard au change ».

    Le suspect se défendait suggérant aux enquêteurs que tout ceci n’est qu’une simple réflexion de militant internationaliste admet Coudon. « Nous autres communistes, nous considérons la Russie comme notre patrie. C’est ainsi que j’ai été amené à dire que si la marine rouge adoptait tel ou tel procédé, cela pouvait être de son intérêt. »

    Les accusés étaient Henri Coudon, Jacques Oumstymchouck, dit François Bettemps, le Russe Wladimir Kroprine et Mlle Marthe Morissonnaud. C’est au cours de son emprisonnement que Coudon se maria avec Marthe Morissonnaud, dactylographe à la Fédération unitaire des cheminots. (Crédits : L’Action Française/BnF/Gallica)

    Mais la surprise venait de François Bettemps. Sous ce pseudo un sujet russe de confession juive en possession de 6 000 francs le jour de son arrestation, répondant au nom de Jacques Oustymtchouk. Comme source de ses revenus, il donna à entendre qu’il est « traducteur et guide-interprète pour les étrangers à Paris. Mes occupations ne me permettent pas de m’occuper de politique… je suis cependant inscrit à la 18e section du parti communiste » Adoptant le même système de défense, le journaliste laisse avancer sa plume en supposant qu’ils finiront par dire au juge « nous n’en faisons pas plus que Cachin : pourquoi n’inculpez-vous pas monsieur le député ? ». Condamné le 3 juin 1922, à une année d’emprisonnement et 500 francs d’amende, pour complot contre la sûreté de l’État, Henri Coudon fut incarcéré à Fresnes où il fit la grève de la faim pour obtenir le régime politique. Les trois autres accusés recevaient respectivement trois ans de prison et 1 000 francs d’amende pour Jacques Oumstymchouck, dit François Bettemps, Wladimir Kroprine six mois et 200 francs d’amende et Marthe Morissonnaud quatre mois et 50 francs d’amende.

  • Suis-je complotiste ? (dernière partie)

    Suis-je complotiste ? (dernière partie)

    La xénophobie, ou la crainte de ce qui est étranger, voici ce qui a permis à de nombreuses personnes d’envahir, d’exterminer, d’accomplir des crimes contre l’humanité… En fait, tout ce que la bassesse humaine est capable de faire, la peur le permet. Le complot à travers la peur donne le pouvoir recherché, ainsi il ne saurait tarder de voir celle sur l’astéroïde Apophis. Une théorie du complot en plus ? Quelles sont-elles ? Intéressons-nous au SARS-CoV-2 et à tout ce qui l’entoure.

    Considérant qu’elle risquerait d’émerger d’ici quelques années, la NASA (National Aeronautics and Space Administration) confirme dès à présent qu’Apophis ne percutera pas notre planète. Concentrons-nous ! Les théories les plus répandues concernent John F. Kennedy, Lady Di, le SIDA et sa création secrète en laboratoire, la mission Apollo, la Terre est plate, Mark Zuckerberg serait un illuminati, les traînées d’avions dans le ciel ou chemtrails, des reptiles extraterrestres aux commandes, le 11 septembre 2001, les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hypercacher, Pizzagate ou encore le Deep State, Ebola. Michael Jackson, Elvis Presley et Adolf Hitler ne seraient pas morts… Le complot ne connaît pas d’origine, si ce n’est celle de l’être humain. Ainsi l’assassinat de Jules César par Brutus son fils, la conjuration des Pazzi, celui des Poudres, Ravaillac ou le fou du roi, la conjuration des Égaux avec Gracchus Babeuf, le Reichstag qui brûle, la Cagoule ou encore l’extermination des Templiers… sont des complots, non des philosophies.

    Philippe IV le Bel et les Templiers

    « Si toutes les théories du complot ne sont pas aussi dangereuses que dans le cas d’une pandémie (certaines sont même inoffensives), l’adhésion à ce type de raisonnement peut conduire à la violence », écrit Caroline Weill. Le roi français, Philippe IV le Bel, avait contracté de nombreux emprunts auprès de l’ordre des Templiers. Ruiné, avec les caisses de l’État vides, une seule solution s’imposait, celle d’éliminer les problèmes, donc les créanciers.

    Croyance, templier, armure

    Ainsi le dernier des Capétiens n’aurait plus de dettes et récupérerait le trésor des hommes à la Croix rouge, en charge de l’argent des croisés.

    Accusés de tous les maux, notamment de pratiquer des obscénités, de cracher sur le crucifix en reniant le Christ, ils sont sur ordre du souverain arrêtés le 13 octobre 1307, un fameux vendredi.

    Jacques de Molay, qui occupait la fonction prestigieuse de grand maître de l’ordre du Temple, assistait la veille, au côté du roi, aux obsèques de Catherine de Courtenay, épouse de Charles de Valois. (Crédits : DangrafArt/Pixabay)

    La commune de Poitiers joue un rôle important dans le déroulement de l’affaire des Templiers, car c’est là que réside le pape Clément V, en 1308, avant l’installation de la papauté en Avignon. C’est donc à Poitiers que des commissions d’enquête ecclésiastiques ont été envoyées. C’est également là que les discussions entre le pape et les émissaires royaux ont contribué à légitimer partiellement les procès contre l’ordre.

    Il sera arrêté dans la maison cheftaine de l’Ordre, à Paris. Au soir du 11 mars 1314, Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay sont livrés aux flammes, sur l’« île aux Juifs », et de ce bûcher, Jacques de Molay lancera sa malédiction.

    « Pape Clément ! Roi Philippe ! Avant un an, je vous cite à comparaître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment ! Maudits ! Maudits ! Soyez tous maudits jusqu’à la treizième génération de vos races ! »

    (Crédits : Marie-Christine Potteau/Pixabay)

    La malédiction du grand-maître allait s’avérer : Clément V meurt le 20 avril 1314 d’étouffement. Philippe IV le Bel décède dans la nuit du 26 au 27 novembre 1314 d’un ictus cérébral et ses trois fils mourront dans les douze années suivantes sans laisser de descendance mâle, mettant ainsi fin à la lignée directe des Capétiens. Inspirée de ces faits, l’œuvre de Maurice Druon, Les Rois Maudits, parait en 1977.

    La thèse de l’accident ressurgit

    Le Wall Street Journal relance celle d’un accident de laboratoire à Wuhan, en Chine. Ce dernier a affirmé avoir eu accès à des données inédites du renseignement américain. Selon ces indiscrétions, trois chercheurs de l’Institut de virologie de Wuhan avaient été atteints dès novembre 2019 de « symptômes compatibles à la fois avec ceux de la COVID-19 et une infection saisonnière ». Pékin a démenti les informations du Wall Street Journal, les qualifiant de « totalement fausses ». Aux États-Unis, l’hypothèse d’une fuite du virus d’un laboratoire chinois avait jusqu’ici surtout été alimentée par l’administration précédente.

    Trump, USA, covid

    Ainsi, selon les instances sanitaires, le nombre de décès du SARS-CoV-2 serait de 3 489 658 à travers le monde. Sur 168 105 518 cas, 149 494 595 sont en rémission, soit 15 121 265 actuellement infectés, avec 96 325 patients en situation grave ou critique (NDLR Au 25 mai 2021, 15 h GMT). « Je ne suis pas un complotiste, je ne pense pas que l’on organise la peur, je pense que le ministre de la Santé a peur, il a peur pour de bon », répondait le professeur Didier Raoult, directeur de l’IHU, au journaliste Bruce Toussaint, vendredi 16 avril 2021.

    Cette sensation réserve bien des surprises, amène à des gestes et postures que nous n’aurions jamais envisagés ni soupçonnés. « Il y a une contamination émotionnelle […] tous paranoïaques, tous peur les uns des autres, une obsessionnalité, toutes les autres pathologies n’existaient plus », explique la psychologue clinicienne et psychothérapeute, Marie-Estelle Dupont. (Crédits : Capture d’écran/independent)

    Dans une dépêche, il affirme « qu’il avait “très peu de doutes” que le COVID-19 provenait d’un laboratoire de Wuhan ! » Puis, dans un communiqué du 24 mai 2021, l’ex-président américain adopte un ton triomphant « maintenant, tout le monde reconnaît que j’avais raison quand j’ai très tôt déclaré Wuhan comme la source de la COVID-19 ». La vérité pourrait être révélée si et seulement si la République populaire de Chine donnait accès à toutes ses données et infrastructures. Autant croire au père Noël, à moins qu’un nouveau lanceur d’alerte apparaisse tels Julian Assange, ou Edward Snowden.

    Test PCR positif au Coca-Cola

    Les tests PCR positifs suite à l’ajout de Coca-Cola, comme en appui d’un article du New York Times du 29 août 2020, mis à jour le 29 avril 2021, une théorie d’un site rapporte que 90 % des gens auraient dû être négatifs lors de vérification d’infection. « En juillet 2020, le laboratoire a identifié 872 tests positifs, sur la base d’un seuil de 40 cycles. […] Dans le Massachusetts, de 85 à 90 pour cent des personnes qui ont été testées positives en juillet avec un seuil de 40 cycles auraient été jugées négatives si le seuil était de 30 cycles », a déclaré le Dr Mina.

    Tout est une question de chiffre et de perspective. En Inde, au 24 mai 2021, 303 720 décès sont à déplorer, soit 0,022 % de la population. À la même date, 108 658 Français ont succombé, soit 0,16 %.

    « Je pense effectivement que dans la panique il y a eu une espèce de surenchère et de focalisation sur le COVID qui n’a fait qu’apporter de l’eau au moulin aux gens, aux complotistes […] », Marie-Estelle Dupont sur la chaîne YouTube (fermée depuis par le géant du WEB) du conseil Me Di Vizio. « En temps de guerre, la vérité est si précieuse qu’elle devrait toujours être protégée par un rempart de mensonges », martèle Winston Léonard Spencer-Churchill.

    (Crédits : Kaboompics.com/pexels)

    Elle déclarait sur Sud Radio : « Je crois que les décisions qui sont prises au nom du bien sont quand même très souvent déconnectées de la réalité humaine et que malheureusement la vie ce n’est pas évité la mort et la santé, c’est contrôler une courbe statistique de circulation virale […] Depuis un an nous ne vivons plus pour une maladie qui n’est pas la peste noire […] L’être humain étant un mammifère, sa survie dépend des interactions et des contacts affectifs. »

    La surmortalité

    Dans un article du Monde, publié le 15 janvier 2021, les auteurs indiquent en titre : « la France a connu en 2020 la plus importante mortalité de son histoire récente », et écrivent que sur la totalité de l’année (2020), près de 667 400 décès ont été enregistrés, soit 9 % de plus qu’en 2018 ou 2019. Mais que représente l’histoire récente ? Estimons que l’examen de l’histoire récente réfère à l’anthropologie (la science de l’Homme) et à la sociologie (la science de la société).

    Considérons la mortalité, très récente, de 2017 à aujourd’hui.

    DateJanvier 2017Janvier 2018Janvier 2019Janvier 2020Avril 2020Janvier 2021
    Décès66 90058 61159 19156 10065 50065 500
    Évolution-12,39 %-11,52 %-16,14 %-2,09 %-2,09 %
    La comparaison des chiffres dépend toujours de l’abscisse et de l’ordonnée que vous préconisez pour votre étude et du message à faire passer. Mais également du point de référence. Comme les prévisions météorologiques depuis 1880 ou 1947, tout peut alors changer en terme de canicule. (Sources : INSEE)

    Néanmoins, si l’on admet que la femme et l’homme vivent et n’existent qu’à travers ses semblables — autrement dit à l’intérieur d’un système de relations sociales, économiques et culturelles qui lient entre eux les membres d’un même groupe —, on peut considérer que l’anthropologie et la sociologie poursuivent la même finalité : précisément l’étude de l’ensemble des productions sociales et culturelles dont ils sont à l’origine. Donc à la fin du XIXᵉ et début XXᵉ siècle.

    Existe-t-il des pics de mortalité de plus de 60 000 personnes avant 2020 ?

    Mois-Année01-4601-4701-4901-5102-5302-5601-6003-6303-6512-6901-7301-2017
    Décès70 90060 45387 86163 04873 02361 55660 41463 03864 17474 72564 76266 990
    Néanmoins, des surmortalités existent en janvier 1947, mars 1955, janvier 1957, mars 1962, mars 1968, décembre 1974, janvier 1997, janvier 2000, janvier 2009… Tout dépend de la comparaison que vous souhaitez et du message à transmettre. (Sources : INSEE)

    Comme suite à l’action de l’octogénaire, qui, à travers ses avocats, demandait au Conseil d’État de recouvrer ses libertés de mouvement, du fait de sa double vaccination, l’entité répondait négativement. « Le Conseil d’État considère que les restrictions de liberté sont justifiées quoi qu’il en soit pour l’instant », explique Me Clarisse Sand sur Sud Radio. Normalement, un principe en droit veut que le doute profite à l’accusé : « ici le doute doit profiter à la liberté ». Ce qui est très compliqué, c’est que nous sommes dans une situation où la loi impose un principe d’interdiction avec des exceptions. Le paradigme est inversé. Là où le bât blesse, il n’y a pas eu de débat scientifique. « Pas guidés par un désir de vivre, on est guidés par une peur de la mort. Quand vous êtes guidés par la peur, vous prenez des décisions irrationnelles, quand vous êtes guidés par le désir de vivre, vous construisez un chemin », justifie Marie-Estelle Dupont.

    Gouverner par la peur

    « Enfermer de force des gens bien portants ne peut et ne pourra jamais, à mon sens, être défini comme un remède », relate Marie-Estelle Dupont. Pourtant le chef de service de réanimation à l’hôpital Avicenne, Yves Cohen, exhortait le 26 mars 2021 sur LCI au contraire. « Sur le plan sanitaire, nous, nous partons pour des semaines devant nous parce qu’on n’a vraiment pas compris […] Donc, nous, on appelle fortement à un confinement réel, comme ce qui est passé en avril et mars 2020. »

    Peur, masque, combinaison

    Ce à quoi elle répondait : « On ne peut pas argumenter pour un confinement, surtout que si c’était vraiment efficace, on n’en serait pas au troisième. Cela rend les gens fous ! En psychiatrie, c’est terrible ce que l’on voit, monsieur. On a eu trois défenestrations en dix jours à Robert-Debré, en pédopsychiatrie, chez une population de 7-11 ans. À 7-11 ans, on ne se suicide pas, monsieur, on joue aux Pokémon. »

    La peur engendre un sentiment de sécurité en ne sortant pas de chez soi, en restant en télétravail, en distanciel. N’avez-vous pas croisé des personnes qui, surprises de votre apparition à un croisement de rues, reculent pour être à bonne distance, ou cette personne qui s’écarte de peur de n’être à moins de deux mètres de vous, alors que vous portez ce magnifique masque ? (Crédits : Elliot Alderson/Pixabay)

    Ou bien encore, celle qui, habituée aux remarques du monde du travail, vous indique que si elle ne s’approche pas de vous, c’est qu’elle a… une angine, voici le visage de la peur, le syndrome de la cabane. Identifiés au début des années 1950 grâce aux chercheurs d’or aux États-Unis qui restaient des mois entiers dans des cabanes et, lors de leurs retours à la vie « normale » avec femme et enfants, n’arrivaient plus à s’adapter. Il perdure au-delà du déconfinement décidé par le président de la République, Emmanuel Macron.

    Le complot rend intelligent

    Autre peur : le passage de l’hygiénisme à l’hyperhygiénisme. Le premier a permis de sauver des vies, notamment la mortalité infantile, mais le second devient une dérive psychopathologique, d’autant que plus nous sommes protégés et stériles, plus nous sommes faibles immunitairement. Mais jamais la peur n’a soigné, au contraire elle peut provoquer l’alexithymie.

    Yeux, bleu, film

    Elle est une incapacité à identifier, ou exprimer ses émotions. Ce trait de personnalité est communément observé parmi les patients présentant des troubles du spectre autistique et des symptômes psychosomatiques.

    Les neuromédiateurs qui participent à l’équilibre cérébral, la dopamine, la sérotonine, etc. se synthétisent dans l’intestin, et nos défenses immunitaires sont à 80 % sous la responsabilité de nos tubes digestifs (attention, la pensée est créatrice : se faire un sang d’encre, se mettre la rate au court-bouillon…).

    (Crédits : Lucy de Luc Besson)

    Alexandre Astier, interviewé sur les conspirations, est persuadé que nous sommes allés sur la lune, mais ne se sent pas crédule pour autant. « Le complot donne à des gens l’occasion de résister, d’être intelligents parce qu’on ne la leur fait pas, ils ne veulent pas gober ce qu’on leur dit, c’est hyper sain. » Autrement dit, avoir la faculté de comprendre, mais aussi l’ensemble des fonctions mentales ayant pour objet la connaissance conceptuelle et rationnelle. Il faut croire, mais pas trop facilement et trop naïvement, des choses même invraisemblables, ne pas être crédule en fait. Quand tout parait flou, louche, incompréhensible, cherchez toujours d’où vient l’argent, et l’endroit où le papier-monnaie se dirige, ou bien de qui nous ne pouvons parler.

  • Suis-je complotiste ? (1ʳᵉ partie)

    Suis-je complotiste ? (1ʳᵉ partie)

    Le film « Hold-up » défraie la chronique le 11 novembre 2020, jour de l’armistice de la Première Guerre mondiale. Dès sa sortie, la population est scindée en deux, les personnes qui acquiescent, et celles réfutant la véracité inscrite sur la pellicule. Durant 163 minutes, les images posent des questions sur la pandémie due au SARS-CoV-2. Pour autant, sommes-nous tous des complotistes ? Mais qu’est vraiment une théorie du complot ? Un complotiste ? Sont-ils nombreux ?

    Est-ce qu’émettre des doutes, des interrogations envers les institutions, la parole de nos dirigeants fait de nous des adeptes de la doctrine… sûrement pas. Il est la résolution concertée secrètement et pour un but le plus souvent coupable, en droit, pour un attentat politique définit le Littré. C’est une atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation. Cette dernière est l’ensemble des êtres humains vivants dans un territoire identique, ayant une communauté d’origine, d’histoire, de culture, de traditions, parfois de langue, et constituant un groupe diplomatique.

    Les mécanismes à la base

    Le complot et la conspiration se retrouvent dans le sens de la cabale, dans son sens figuré. « Les menées secrètes de gens qui s’entendent pour un même dessein. Former des cabales. C’est un homme de cabale. On a fait, on a monté une cabale contre cette tragédie. » Ainsi les mécanismes de base se tiennent en cinq points. Le premier est l’opposition à une déclaration, ou thèse officielle, dont les instigateurs seraient des institutions politiques, des lobbies scientifiques voir des médias. Ainsi, les attentats du 11 septembre 2001 commis aux États-Unis ne seraient pas l’œuvre des terroristes, mais de l’administration Bush elle-même.

    Lady Di, Uk, princesse

    En deuxième, il serait la manipulation de l’actualité effectuée en coulisse par une organisation mondiale et confidentielle, dans ses propres intérêts. En France, Mohammed Merah aurait été un agent français, abattu pour permettre la réélection de Nicolas Sarkozy. Le hasard est la troisième composante. Rien n’est dû au hasard, le tremblement de terre secouant Haïti aurait été provoqué à l’aide d’une arme sismique « top secret » américaine. La mort de la princesse de Galles, dite Lady Di, émanerait d’une résultante de la famille royale britannique, et selon Mohamed Al-Fayed, père de Dodi décédé dans le même accident, par le biais du MI6.

    Manipulations et vérités

    L’empilement d’arguments, exact ou non, est l’avant-dernier rouage. Qu’ils possèdent des rapports entre eux ou pas, ils donnent une orientation différente de la mouture dite officielle. Les explications ne convenant pas à leur thèse, les contradictoires sont écartés. Ne reste que ceux qui appuient leur version de la vérité, ils font feu de tout bois. Les virus d’Ebola, du SIDA ou du SARS-CoV-2 seraient les œuvres des laboratoires à la solde des gouvernements. Le projet Apollo 11 est édifiant pour les « complotistes ». Enfin, toutes personnes n’adhérant pas à la théorie sont naïves. (Crédits : DR)

    À l’heure, des réseaux dits « sociaux » ou les informations se partagent sans prendre le temps de les vérifier ni de se poser des questions est légion. Ainsi, la vindicte populaire condamne une personne sans avoir un accès aux documents accumulés par la justice, les belligérants, et les preuves de l’accusation. Ils se fondent une opinion. La rumeur est un grand brouhaha indistinct d’origine quelconque, mais encore un ensemble confus de bruits, de sons, de voix provenant d’un lieu où de nombreux individus sont rassemblés définit Le Larousse. Elle est nommée « radio moquette ».

    Différencier rumeurs, désinformations et théories du complot

    Taper son code de carte bancaire, sur le clavier d’un distributeur de billets (DAB), à l’envers pour appeler la police. La fin du monde prédit par les Mayas en 2012, comme de porter sa bague de mariage à l’annulaire, car directement relié au cœur… Ainsi lorsqu’elle est confirmée, la rumeur devient renseignement authentique, dans le cas contraire, elle est fausse, voire de la diffamation ou pire de la désinformation. Cette dernière, bien plus dangereuse, puisqu’elle utilise les systèmes en place, pour induire en erreur, cacher ou travestir des faits.

    Les exemples ne sont pas rares, certains plus gros que les autres. En France, le nuage de Tchernobyl n’aurait jamais traversé le pays selon le gouvernement et les médias de l’époque. Tout comme l’invasion et la guerre en Irak, car Georges W. Bush connaissait l’existence d’armes de destruction massive.

    Quant aux théories du complot, elles proviennent régulièrement de nos peurs. Elles sont six, à savoir la mort, l’étranger, la maladie, la technologie, le progrès et la mondialisation, dans seul et unique but, à l’initiative de groupes tels les Illuminati, les francs-maçons

    Qu’allons nous faire cette nuit demande Minus à Cortex : « la même chose que chaque nuit, Minus, tenter de conquérir le MONDE ! », répond Cortex. (Sources : TF1.fr)

    Nuage, Tchernobyl, Russie

    Pour le reste, c’est un savant mélange, presque une formule magique issue d’un vieux grimoire. Au départ, quelques soupçons de mensonge, une pincée de crédulité, faire mijoter l’ensemble, et servir bien chaud. « Le mensonge et la crédulité s’accouplent et engendrent l’opinion », explique Paul Valéry (1871 – 1945).

    Le complot, la cabale, la brigue

    La brigue est individuelle, la cabale requiert une association de personne. Le complot diffère de la machination par son côté subversif et politique dont l’intention est le changement. Ces termes ont comme dessein commun l’expression d’une entente à plusieurs pour atteindre un objectif. Une conception de la conjuration mettrait en scène : « un petit groupe de gens puissants qui se coordonne en secret pour planifier et entreprendre une action illégale et néfaste affectant le cours des événements », selon Peter Knight, professeur de littérature et civilisation américaines à l’université de Manchester.

    Sion, Israël, invention

    Elles seraient issues des lettres puis de l’imaginaire des êtres humains. « Beaucoup de théories du complot sont nées dans des œuvres de fiction, qui ont ensuite été considérées comme réelles », martèle l’enseignant dans un article du Monde.

    L’exemple le plus parlant est « Les protocoles des sages de Sion », connu sous le titre original russe « Протоколы сионских мудрецов » ou « Сионские протоколы ». C’est un faux inspiré d’un roman allemand [Biarritz, d’Hermann Goedsche, 1868]. Lui-même calqué, voire plagié, d’un texte français paru fin XIXe [dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu, un pamphlet anti-bonapartiste publié par Maurice Joly en 1864]. Ce texte fut inventé, de toutes pièces, par la police secrète du Tsar en 1903. L’Okhrana, présente un plan de conquête établi par les israélites et les francs-maçons. L’antisémitisme fleurit en Europe au début du XXe siècle, et notamment en France, l’affaire Dreyfus en est le parfait exemple.

    Du pamphlet au complot

    Dans « Les Protocoles des sages de Sion », l’auteur décrit et dénonce les abus de pouvoir de Napoléon III, et les manipulations politiques utilisant les médias écrits durant le Second Empire. Pour information, la liberté de la presse en France est classée, en 2021, 34e sur 180 (25e en 2025) par Reporters sans frontières, pour n’être que 18e des membres de l’Europe, juste devant le Royaume-Uni (avant la loi de sécurité globale). Ce pamphlet lui vaudra l’emprisonnement.

    Cette idéologie d’une machination absolument montée de toutes pièces sera reprise par Adolf Hitler dans Mein Kampf. Elle l’utilise pour fomenter une théorie selon laquelle un ou plusieurs gouvernements seraient contrôlés par des israélites, ZOG (N.D.L.R. Gouvernement d’occupation sioniste, en français).
    (Crédits : DR)

    « Les protocoles des sages de Sion », inventé de toutes pièces servira de nombreuses fois. La police secrète russe, l’Okhrana est à l’origine de l’écrit, dans le but de la préservation de l’ordre et de la sécurité publique. Ci-dessus se trouve la couverture du pamphlet de 1912, réalisée par Sergueï Nilus.

    De nombreuses philosophies étaient des satires à l’origine. C’est ce qu’explore Umberto Eco dans Le Pendule de Foucault [Grasset, 1990], avec ces trois amis inventant, pour s’amuser, un complot mondial qui leur échappe. Ce scénario se produit chaque jour sur l’Internet.

    En 2005, basé sur des romans et théories du complot, l’extrémisme de droite slovaque est entré dans la vie politique du pays avec son dirigeant Marian Kotleba. « Le parti a exalté l’histoire de la guerre en Slovaquie, lorsque le pays a collaboré avec l’Allemagne nazie. Ses membres portaient des uniformes qui ressemblaient beaucoup aux uniformes utilisés par les forces de la force paramilitaire de l’État fasciste slovaque pendant la guerre — la Garde de Hlinka », écrivent les journalistes Irena Bihariová et Daniel Milo. (Crédits : The Slovak Spectator)

    idéologie, nazisme, extrême droite

    « Quand on veut noyer son chien, on dit qu’il a la rage. » Pour nuire à quelqu’un, les calomnies sont le plus court chemin. Elles sont des imputations que l’on sait fausses, et qui blessent la réputation et l’honneur de quelqu’un, pourrait-on y voir un dessein politique ? Un complotiste est donc défenseur d’une ou de plusieurs théories. Il est déterminé par ses paires, car il ne donne pas la même version que les bien pensants, ou se pose-t-il des questions. Quoiqu’il en soit, leur nombre n’est pas connu, seule une estimation existe. En 2018, selon une étude de l’IFOP pour la fondation Jean-Jaurès et le site Conspiracy Watch, 79 % des Français croient à au moins une thèse répandue (Source : Libération). Sur les 66, 97 millions de Français en 2018, quatre sur cinq, soit 52, 91 millions seraient donc considérés comme complotiste, à tort ou à raison. À suivre…