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  • Passer une nuit blanche

    Passer une nuit blanche

    Cette expression est utilisée par ceux qui rentrent de soirée au petit matin, allant en cours ou au boulot, comme ceux qui ont un bébé ne faisant pas encore ses nuits. Mais quelle est son origine ? Peu usité, la formule « Il me snobe » dorénavant « il me ghoste » lorsque qu’une personne nous ignore, ne nous considérant pas assez bien pour lui, d’où vient-elle ? Ne pas déclarer tout ou partie de son activité est du travail dissimulé ou « travail au noir ». Puni par la loi, en connaissez-vous l’origine ?

    Replongeons-nous au moyen-âge. Afin de comprendre la société d’époque, il faut savoir qu’elle est divisée, comme aujourd’hui. « En s’ouvrant sur l’étude des profils des moines, des guerriers et des paysans, elle reprend la théorie médiévale des trois composantes de la société chrétienne : oratores, bellatores, laboratores », écrit Houari Touati (Approche des élites. Quelques réflexions de méthode. Hypothèses, vol. 4, no. 1, 2001, pp. 119-121).

    Elle comprend trois catégories. La première est celle des bellatores. Ils sont ceux qui combattent, soit les « nobles » (princes, seigneurs, chevaliers). Puis les oratores, ou ceux qui prient (les hommes d’Église). Puis, celle qui représente 80 à 90 % de la population, les laboratores, ou ceux qui travaillent.

    À l’origine, l’adoubement est un geste martial. Une passation d’un pouvoir. L’arme remise des mains du seigneur, ou accessoirement du père, l’éperon est fixé à la botte, la ceinture du glaive nouée comme une alliance, tout un cérémonial

    L’adoubement est une cérémonie octroyant le rang et les devoirs de chevalier, aux jeunes écuyers, après quatre années d’apprentissage. Une métamorphose sociale, un passage rituel où l’enfant noble devenait chevalier mais également un serviteur d’une cause, d’un idéal.

    Donc se croisent paysans, cerfs, gueux, seigneurs, chevaliers, abbés, moines, évêques, ménestrels, reines, souverains et autres personnages de l’histoire, comme les écuyers. Ces derniers sont à l’origine, des gentilshommes accompagnant un chevalier et porte son écu.

    De là, écuyer (du bas latin scutarius : soldat de la garde impériale qui portait un bouclier) a été employé comme titre pour un jeune homme qui se prépare à devenir chevalier par adoubement. La cérémonie est codifiée.

    Mais à partir du XIIᵉ siècle, le rite prend un tour sacré.

    (Crédits : WikiImages/Pixabay)

    Ils devaient se soumettre à un rituel : vêtus de blanc, les prétendants devaient prier toute la nuit. Au petit matin, une messe est organisée et l’épée de l’écuyer était bénie. Après avoir prêté serment sur l’évangile, avoir obtenu des armes, il reçoit l’accolade ou collée. Frappé aux épaules, à l’endroit de la nuque par la lame de son seigneur, il devient chevalier. À travers ce rituel, ils faisaient ainsi « nuit blanche », et prolongeaient, la fête battait son plein en l’honneur du nouveau chevalier.

    Du noble au snob

    Snob est la contraction latine de « sine nobilitate ». Elle s’écrivait sous l’égide romaine à l’origine « S.nob ». Car cette locution se libellait en face du nom des élèves plébéiens inscrits aux écoles, jusqu’alors réservé aux patriciens. Puis, au XIXe siècle, de grandes universités, telle Cambridge en Angleterre, usaient de ceci pour indiquer les individus dits « sans noblesse ». Selon Le Larousse, être noble se définit par une personne « qui appartient à une catégorie sociale par naissance ou décision des souverains et jouit de certains privilèges ». L’anoblissement par les rois de France est connu depuis le XIIe siècle. pour autant, elle est régie par des règles :

    • Par la possession
    • Par des Lettres d’anoblissement
    • Par l’exercice des emplois et charges militaires
    • Par l’investiture des fiefs de dignité

    Avec les premiers anoblissements spécifiés par un acte écrit, les rois de France se sont réservé le droit de créer la noblesse et d’ériger des fiefs en titre. Les derniers anoblissements en France datent du règne de Napoléon III. Ils sont consultables sur le Dictionnaire des anoblissements d’après les auteurs Henri Gourdon de Genouillac et Léonce Hallez-Claparède. Souvent, la personne qui vous snobe, et fait preuve de snobisme tend à imiter le comportement d’une classe sociale ou intellectuelle, sans y appartenir.

    Travailler au noir

    C’est un travail rémunéré exécuté en violation des dispositions législatives et réglementaires, sociales ou fiscales, régissant l’exercice d’une activité professionnelle, explique Le Larousse. La loi punit les personnes usant de femmes et d’hommes œuvrant au noir, d’ailleurs les délations sont encouragées, car rétribuées en France comme en Espagne.

    « À de maintes reprises dans l’histoire, les autorités ont poussé les citoyens à dénoncer leurs compatriotes pour, prétendument, défendre l’intérêt général. Une attitude largement alimentée par les crises, les guerres ou les attentats ». Quand on imagine que les puissants emploient des travailleurs « au noir », cela pourrait-être révoltant. Comme celui d’engager quelqu’un pour payer moins cher, et que cet artisan engrange de la menue monnaie, là n’est pas le sujet, ni le jugement. Tel un palindrome, nous remontons à nouveau au moyen-âge. Car l’origine de cette expression relève du douzième siècle. La tâche devait être réalisée seulement de jour, pour éviter de trop longues journées aux laboratores.

    La nuit tous les chats sont gris, car toutes les choses se ressemblent, il est alors difficile de les distinguer. (Crédits : Mumu’s Pictures)

    Mais au temps d’Aliénor d’Aquitaine, Reine des Francs (couronnée duchesse d’Aquitaine en la cathédrale Saint-Pierre de Poitiers, le 8 août 1137) ou de Blanche de Castille, Reine de France, certains seigneurs outrepassaient leurs droits. Pour fournir une œuvre bonne et loyale, le travail de nuit état interdit, les artisans devaient confectionner à la vue du public, afin de ne pas les tromper, et ainsi d’augmenter leur bourse de monnaie sonnante et trébuchante. Pour autant, quelques souverains exigeaient, à la nuit tombée, notamment en hiver que l’activité continue. Les pauvres bougres devaient alors se cacher et travailler dans le noir pour ne pas se faire repérer.

  • L’avenue des Champs Élysées ou le boulevard Haussman ?

    L’avenue des Champs Élysées ou le boulevard Haussman ?

    Choix difficile pour se promener, flâner, déambuler nonchalamment au gré des échoppes, boutiques, vendeurs ambulants, senteurs, effluves pâtissières ou celle du pain sortant du four, qui craquelle sa croûte blonde. Du boulevard Haussman, la rue Sainte-Catherine, l’avenue de Grammont, la rue des caillons, jusqu’à la célèbre des Champs-Élysées… chacune des ces voies de circulation vous rappellent des souvenirs, des faits plus ou moins historiques. Mais connaissez-vous la différence entre un boulevard, une avenue, une rue, une ruelle, un faubourg ?

    Mme Séki Kharéson et M. Sépa Phot profitent de la rentrée des classes toute proche pour quitter, le temps d’une journée, leur endroit de quiétude qu’est le village de Berd’huis. La fraîcheur du matin obligea Séki à se couvrir d’une écharpe, il faut dire que le thermomètre montrait péniblement 14 degrés Celsius, ce jeudi 26 août 2021. L’occasion était trop belle pour monsieur Phot, il sortit sa Renault dauphine Gordini de 1957, toute rouge, du garage.

    Le bolide de 630 kg était construit dans les usines de Flins. Au menu, une nouvelle culasse, l’augmentation du taux de compression, ainsi que l’utilisation d’un carburateur de 32 mm, donne à ce petit bijou la possibilité d’afficher 126 km/h au compteur, après le passage du « Sorcier », Amédée Gordini. (Crédits : Arnaud Clerget)

    Puis tous deux partirent en direction de la gare de Nogent-le-Rotrou pour prendre le TER. Le bolide avalait les six petits kilomètres en ronronnant de plaisir à travers ses 845 cm3 et ses 36 chevaux. Il faut dire qu’Amédée Gordini, portait à merveille son surnom de « Sorcier ». Il avait fait alors de petites préparations avec des modifications techniques, ainsi naissait la Dauphine Gordini (type R1091).

    La joie du TER

    L’église Saint-Hilaire sonnait 8 h 30, quand le moteur de la gordini se tut. Le train express régional n° 862466 de Nogent-le-Rotrou via Condé-sur-Huisne, La Loupe, Maintenon avant son terminus à Chartres, partait à 8 h 37 pile. Rapidement, ils entrèrent dans la gare, prirent place au sein de leur wagon, et s’assirent. Moins d’une heure après (53 minutes), les deux amoureux descendirent pour monter dans le TER n° 862418 en direction de Paris, fort heureusement sur le même quai. Ils eurent à loisir de contempler les paysages hauts en couleur et divers du parc naturel régional du Perche, de la forêt de Rambouillet et du parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse.

    La rue principale de Berd’huis (Route de Nogent, puis de Bellême) est emprunté par de nombreux véhicules, nuit et jour. Lorsque vous êtes juste à côté de l’église, le coucher de soleil vous procure une lumière et des couleurs sensationnelles. (Crédits : Mumu’s Pictures)

    Les personnels de la SNCF invitèrent les passagers à se préparer, quelques instants avant l’arrivée au terminus la gare de Montmartre, entre le boulevard Pasteur et l’avenue du Maine. C’est à ce moment qu’une interrogation tombait. Dans la file des voyageurs, juste devant eux, un jeune homme d’une vingtaine d’années posait une question à son oncle : « C’est quoi la différence entre avenue et boulevard ? »

    De la charmille au cours

    Interloqué, l’oncle se creusa la tête et lui répondit : « Je ne sais pas Mischa. » Le couple qui entendit se posait également la question. « Il me semble que c’est une histoire d’arbre, de rempart, mais je n’en suis pas sûr » claque le neveu. Toute la journée, les Berd’huisiens ne pouvaient enlever cette interrogation de leurs pensées. S’ils avaient attendu quelques instants, ils auraient su. Après des recherches fructueuses au tournant des pages d’un dictionnaire, le suspens prit fin. « Une avenue est une allée large, généralement rectiligne et plantée d’arbres, conduisant à une habitation, un bâtiment officiel, un lieu public. Le boulevard (du moyen néerlandais bolwerc, bastion) est une voie spacieuse établie dans les villes sur l’emplacement des anciens remparts, cette large voie de communication urbaine plantée d’arbres », définit Le Larousse.

    « Donc c’est pareil », interrogea Mischa

    « Tatillon, il faut-être. C’est pratiquement la même chose, c’est une question de linguistique »

    Nous sommes contraints prendre de plus vieux livres pour comprendre. Le nom boulevard est un vieux terme du Génie militaire qui se définit par le : « terre-plein d’un rempart, tout le terrain d’un bastion ou d’une courtine. Il se dit, par extension, d’une promenade plantée d’arbres qui fait le tour d’une ville et qui occupe ordinairement l’espace où étaient d’anciens remparts. Aujourd’hui, par généralisation, il se dit de toute rue large, plantée d’arbres, qui traverse une ville. » Tandis que l’avenue est le « chemin par lequel on arrive en quelque lieu, ou encore d’une allée plantée d’arbres qui conduit à une habitation, un château. » Après un bref silence, l’explication se ponctua d’un « Ah, d’accord ».

    Sur les restes de fortification de la ville de Poitiers, au lieu-dit de la « tour à l’oiseau », la vue est imprenable. Vous avez le loisir d’observer le boulevard sous Blossac, et d’entrapercevoir la promenade des cours (côté droit de la photo), au-delà de la rivière Le Clain. (Crédits : DR)

    Tout en continuant leur discussion, ils s’entichèrent de connaître les définitions des différentes voies d’une ville ou d’un village. Ainsi la ruelle est une rue étroite (ça semble logique). L’allée est une ruelle généralement encadrée par deux rangées d’arbres. tandis que la rue est caractérisée par une largeur relativement faible et par son absence de contre-allées. « D’ailleurs, sais-tu que la rue des caillons est la plus petite rue de Poitiers », questionna l’oncle. Quant au chemin, il est normalement une voie de terre aménagée, parfois goudronnée. Enfin, la route est une voie qui porte le nom du lieu où elle aboutit.

    Le retour aux pénates

    La journée se termine à Paris, tant pour les uns que pour les autres. Ainsi, par le plus grand des hasards, le couple retrouve le neveu et son oncle à la gare Montparnasse. La discussion s’engage immédiatement sur la question qui taraudent, depuis le matin, l’esprit des voyageurs ornais. Le neveu prit un malin plaisir à leur expliquer. À l’annonce du train à destination de Nogent-le-Rotrou, tous se séparèrent. Les Pictes-charentais quant à eux attendaient, à peine un petit quart d’heure, leur TGV de 18 h 19. Après une balade sans encombre, jusqu’à la capitale de la Vienne, ils rejoignent le parvis de la gare.

    Venant d’Angoulême, le passage par l’avenue de la Libération, la porte de la Tranchée (disparue depuis), était et reste l’un des axes privilégiés d’accès à la ville.

    En sortant, ils empruntent le boulevard Pont-Achard, où se trouvait l’ancienne caserne de Sapeurs-Pompiers du même nom, pour utiliser les escaliers du diable en direction du parc de Blossac. Les deux marcheurs déambulent au sein de ce poumon vert pour atteindre la Tour à l’Oiseau, puis observent le boulevard sous Blossac et la promenade des cours avec ses rangées d’arbres. Ces derniers, las de la journée, via l’avenue de la Libération, se rendaient au faubourg de Chilvert, qui n’est autre qu’un quartier d’une ville située en dehors de son enceinte.

  • Les vaccins et l’obligation vaccinale (dernière partie)

    Les vaccins et l’obligation vaccinale (dernière partie)

    Alors que la réponse du Conseil constitutionnel est attendue, demain jeudi 5 août 2021, des manifestations partout en France ont eu lieu. Leur point commun le « passe sanitaire » et l’obligation vaccinale. Or mis, l’avis des médecins qui leur est propre, la question est juridique. Puisque la saisine du Conseil constitutionnel fut faite le 26 juillet 2021 par le Premier ministre, ainsi que des députés et sénateurs, afin de savoir si elle « a été adoptée dans le respect des règles à valeur constitutionnelle relatives à la procédure législative. »

    Tout tient en la différence d’obligatoire et d’obligation. Le premier « Qui a la force d’obliger. Une clause obligatoire. », comme dans Polysynodie de Rousseau « Loin d’envisager leur pouvoir par ce qu’il a de pénible et d’obligatoire, ils [les princes] n’y voient que le plaisir de commander ». Quant à « obligation », qui est imposée, nécessaire : « Les femmes [à la cour de Turin] avaient chacune un amant d’obligation », Hamilton, Gramm. 4. Oui, la différence est subtile, mais importante. D’ailleurs, l’obligation vaccinale résulte de la Loi du 15 février 1902, le saviez-vous ?

    Onze vaccins obligatoires

    Depuis la promulgation de la loi du 30 décembre 2017, l’extension à onze vaccins est rendue obligatoire. Ce suite à la proposition d’Agnès Buzin, ministre des Solidarités et de la Santé. « L’obligation de ces onze vaccins est sans doute la manière la plus rapide et la plus efficace de rattraper le retard de la couverture vaccinale, en attendant qu’une information de nos concitoyens, qu’une formation renforcée de nos personnels de santé, amène à une prise de conscience qui permette, à terme, d’envisager la levée de cette obligation », déclarait Professeur Philippe Sansonetti (institut Pasteur, collège de France) en décembre 2017. Auparavant, seuls les vaccins antidiphtérique, antitétanique et antipoliomyélite étaient obligatoires.

    Les vaccins, comme ici l’injection contre la grippe saisonnière, ont pour but de limiter et prévenir les maladies. (Crédits : LuAnn Hunt/Pixabay)

    Dorénavant, pour les enfants nés à partir du premier janvier 2018, il faut ajouter celui contre la coqueluche, les infections invasives à Haemophilus influenzae de type b, contre le virus de l’hépatite B, les infections invasives à pneumocoque, le méningocoque de sérogroupe C, la rougeole, les oreillons et la rubéole (les trois derniers composent le ROR).

    La discrimination

    La faculté de discerner, de distinguer établit Le Littré, ou le fait de distinguer et de traiter différemment (le plus souvent plus mal) quelqu’un ou un groupe par rapport au reste de la collectivité ou par rapport à une autre personne, ajuste Le Larousse. Ces deux définitions représentent le nom féminin, « discrimination » (du latin discriminatio, — onis, séparation, avec l’influence de l’anglais discrimination). Lors d’une manifestation, certaines personnes arboraient une « étoile jaune » qui, sous le joug de l’Allemagne nazie, différenciait les personnes de confession juive des divers individus. Il n’est point possible d’accepter l’analogie de ces deux situations. « La comparaison entre le passe sanitaire et l’étoile jaune est une honteuse instrumentalisation de l’Histoire et un outrage aux victimes de la barbarie nazie et à leurs descendants », note le CRIF lors d’un communiqué. Cependant, le ressenti peut-être semblable, sachant qu’il est personnel. L’Histoire raconte, la différence que certains êtres humains ont imposée aux autres. Comme une femme ou un homme d’origine africaine qui ne pouvait pas aller dans les mêmes toilettes que le type caucasien de l’américain moyen, ou encore les places de bus aux États-Unis. L’histoire de Rosa Parks est le parfait exemple. L’apartheid en Afrique du Sud, qu’a vécu Nelson Mandela, etc.

    L’obligation vaccinale

    À l’origine, cette obligation vaccinale résulte de la loi du 15 février 1902 (variole). S’y sont ensuite ajoutés les vaccins contre la diphtérie (1938), le tétanos (1940), la poliomyélite (1964)… jusqu’à l’extension à onze vaccins par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2018. « La clé de la liberté, ce n’est absolument pas la vaccination, c’est une problématique sanitaire, une problématique médicale, ça n’a rien à voir avec une problématique démocratique. Et on est en permanence en train de mélanger les genres, comme en 39-45, on a mélangé les genres en disant la purification ethnique c’est la survie de notre société », expliquait le docteur Louis Fouché lors d’une interview.

    Le discours du président de la République française avait eu le but escompté par ce dernier, augmenter le nombre de rendez-vous pour la vaccination contre le SARS-CoV-2. (Crédits : DR)

    Le président de la République annonçait le 12 juillet, « passe sanitaire » ainsi que la réforme des retraites. « A partir du début du mois d’août donc, le passe sanitaire s’appliquera dans les cafés, les restaurants, les centres commerciaux, ainsi que dans les hôpitaux, les maisons de retraites, les établissements médico-sociaux mais aussi dans les avions, trains et cars pour les longs trajets. Là encore, seuls les vaccinés et les personnes testées négatives pourront accéder à ces lieux, qu’ils soient d’ailleurs clients, usagers ou salariés. » Puis embrayait sur « Vous l’avez compris, la vaccination n’est pas tout de suite obligatoire pour tout le monde, mais nous allons étendre au maximum le passe sanitaire pour pousser le maximum d’entre vous à aller vous faire vacciner. »

    Au point de vue politique, il n’y a qu’un seul principe, la souveraineté de l’homme sur lui-même. Cette souveraineté de moi sur moi s’appelle Liberté »

    Victor Hugo

    Faire valoir ses droits est légitime

    Refuser le vaccin est possible si vous avez des contre-indications sur le vaccin contre le virus du SARS-CoV-2. Ils sont régis par l’article L.1111-4 du Code de la santé publique, à savoir PIMS, allergies, syndrome de fuite capillaire. L’arrêt de travail est une possibilité, à la condition sine qua non d’être vraiment malade, car la vaccination en principe doit s’effectuer sur le lieu de travail (en attente de la loi et de la décision du conseil des sages). La dernière serait l’expatriation vers un pays où les vaccinations ne sont pas obligatoires (Allemagne, Suisse, Luxembourg). Le même article est au cœur de la polémique de la vaccination obligatoire des personnels soignants.

    Samedi 24 juillet 2021, les mariés sortent de la mairie de Poitiers quand les manifestants l’investissent. S’en suit le déchirement du portrait du président. 48 heures de garde à vue pour un Montmorillonais de 52 ans, poursuivi pour vol aggravé (commis en réunion et suivi de dégradations), est condamné à 15 jours de prison avec sursis. (Crédits : Romuald Pena)

    Maître Sophia Albert-Salmeron rapporte en regard du « passe sanitaire » et de l’obligation sous-jacente à la déclaration du Président de la République française, une décision du conseil constitutionnel 2020-805 DC. Elle est suite à la Loi instaurant des mesures de sûreté à l’encontre des auteurs d’infractions terroristes à l’issue de leur peine : « Cohérent, le Conseil constitutionnel a censuré la loi en raison des atteintes inadaptées et disproportionnées aux libertés individuelles ; une façon de rappeler que le droit pénal — même non punitif — ne doit pas l’emporter sur le droit constitutionnel. »

    Conseils d’État et constitutionnel

    Le Collectif « AVOCATS SANTÉ ET LIBERTÉ » souhaite attirer l’attention du Conseil constitutionnel sur les atteintes portées au respect de la dignité humaine au travers de l’atteinte portée aux principes constitutionnels de liberté, d’égalité et de fraternité. En effet, un arrêt du conseil d’État, décision n°419242 , qui aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ».

    La loi doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse ».

    Article 6 de la Déclaration de 1789

    Le Conseil d’État poursuit « Une vaccination obligatoire constitue une ingérence dans ce droit, qui peut être admise si elle remplit les conditions du paragraphe 2 de l’article 8 et, notamment, si elle est justifiée par des considérations de santé publique et proportionnée à l’objectif poursuivi. »

    De très nombreux Français sont pendus aux lèvres des sages du Conseil constitutionnel quand à leur rendu sur la loi. Notamment sur les restrictions de libertés pour lesquels certains Français préfèrent se faire vacciner pour continuer à jouir des plaisirs, sans évoquer la raison de se protéger du virus. (Crédits : Thomas Samsom AFP)

    Le droit à l’intégrité physique

    Le droit à l’intégrité physique fait partie du droit au respect de la vie privée au sens de ces stipulations, telles que la Cour européenne des droits de l’homme les interprète. « Une vaccination obligatoire constitue une ingérence dans ce droit […]. Il doit ainsi exister un rapport suffisamment favorable entre, d’une part, la contrainte et le risque présentés par la vaccination pour chaque personne vaccinée et, d’autre part, le bénéfice qui en est attendu tant pour cet individu que pour la collectivité dans son entier, y compris ceux de ses membres qui ne peuvent être vaccinés en raison d’une contre-indication médicale, compte tenu à la fois de la gravité de la maladie, de son caractère plus ou moins contagieux, de l’efficacité du vaccin et des risques ou effets indésirables qu’il peut présenter. »

    Rendu du conseil constitutionnel

    Gabriel Attal indiquait, ce 28 juillet 2021, à l’issue du Conseil des ministres que l’extension du « passe sanitaire » aux cafés, bars et restaurants, terrasse y comprises, sera également exigé à l’hôpital, hors urgence. Ce dernier entrerait en vigueur seulement le 9 août, sous réserve de sa validation par le Conseil constitutionnel dont la décision est attendue demain 5 août 2021. Deux possibilités s’offrent au Conseil constitutionnel, il déclare soit que la totalité ou qu’une partie de la loi est contraire à la constitution. Dans le premier cas, la procédure législative devra reprendre depuis le début. Dans l’autre cas, la loi sera promulguée, mais sans les articles contraires à la constitution…

    « Par sa décision n° 2021-824 DC du 5 août 2021, |…] il était notamment reproché à ces dispositions de subordonner l’accès aux grands magasins et centres commerciaux et aux transports publics à la présentation d’un ” passe sanitaire “, ce qui n’aurait pas d’intérêt dans la lutte contre l’épidémie dispositions. Il était soutenu qu’en outre, ces dispositions emporteraient des effets disproportionnés au regard de l’objectif poursuivi, ce dont il résulterait une méconnaissance de liberté d’aller et de venir, du droit au respect de la vie privée et du droit d’expression collective des idées et des opinions. »

    « En deuxième lieu, ces mesures ne peuvent être prononcées que pour la période, allant de l’entrée en vigueur de la loi déférée au 15 novembre 2021, période durant laquelle le législateur a estimé qu’un risque important de propagation de l’épidémie existait en raison de l’apparition de nouveaux variants du virus plus contagieux. »

    « Ainsi, s’agissant de leur application aux services et établissements de santé, sociaux et médico-sociaux, le législateur a réservé l’exigence de présentation d’un ” passe sanitaire ” aux seules personnes accompagnant ou rendant visite aux personnes accueillies dans ces services et établissements, ainsi qu’à celles qui y sont accueillies pour des soins programmés. Ainsi, cette mesure, qui s’applique sous réserve des cas d’urgence, n’a pas pour effet de limiter l’accès aux soins. »

    Il reste maintenant à promulguée la Loi, au journal officiel pour qu’elle puisse s’appliquer à tout un chacun. (Crédits : capture d’écran)

    « En quatrième lieu, les dispositions contestées prévoient que les obligations imposées au public peuvent être satisfaites par la présentation aussi bien d’un justificatif de statut vaccinal, du résultat d’un examen de dépistage virologique ne concluant pas à une contamination ou d’un certificat de rétablissement à la suite d’une contamination. Ainsi, ces dispositions n’instaurent, en tout état de cause, ni obligation de soin ni obligation de vaccination. En outre, le législateur a prévu la détermination par un décret, pris après avis de la Haute autorité de santé, des cas de contre-indication médicale faisant obstacle à la vaccination et la délivrance aux personnes concernés d’un document pouvant être présenté dans les lieux, services ou établissements où sera exigée la présentation d’un ” passe sanitaire “. »

    « En cinquième lieu, le contrôle de la détention d’un des documents nécessaires pour accéder à un lieu, établissement, service ou événement ne peut être réalisé que par les forces de l’ordre ou par les exploitants de ces lieux, établissements, services ou événements. En outre, la présentation de ces documents est réalisée sous une forme ne permettant pas de connaître ” la nature du document détenu ” et ne s’accompagne d’une présentation de documents d’identité que lorsque ceux- ci sont exigés par des agents des forces de l’ordre. »

  • « J’ai été élu, à une large majorité »

    « J’ai été élu, à une large majorité »

    Voici ce que disent tous les politiques, lorsque le dépouillement les nomme vainqueurs de l’élection. Or, lire le résultat d’une étude, d’un sondage, d’une élection est toujours assujetti à votre point de vue, mais pas seulement. Chaque lecture dépend des choix que vous avez effectués au préalable, de vos hypothèses de départ, des questions ouvertes ou fermées… Lorsque vous biaisez volontairement ou fortuitement les bases, votre maison ne peut être stable. Ainsi lorsque les études visent un produit, lucratif potentiellement, il est si simple d’ajouter un grain de sable…

    « J’ai été élu à une large majorité. » Combien de fois avons-nous entendu cette formule ? sans jamais en interroger la mécanique ? Derrière les chiffres officiels se cachent des réalités moins flatteuses, des votes minoritaires érigés en plébiscites. Entre abstentions massives, votes blancs et usages stratégiques des données, les prestidigitateurs ont plus d’un tour dans leurs chapeaux. Car parfois, tout se joue à une virgule près.

    Résultat électif ou réel ?

    Prenons pour commencer le résultat des élections municipales de 2020 dans quatre villes de moins de 100 000 habitants, Avignon, Créteil, Poitiers et Fort-de-France. Elles affichent respectivement une population de 93 434, 92 737, 88 291 et 80 041 âmes, selon l’INSEE. En Avignon, Mme Cécile Helle (LDVG) est élue au 2e tour avec 45,62 % des voix, à Créteil, M. Laurent Cathala (LSOC) est élu avec 69,82 % des voix, sur Poitiers, Mme Léonore Moncond’huy (LDVG) devient l’édile poitevin avec 42,83 %, puis sur l’île de la Martinique à Fort-de-France, M. Didier Laguerre (LDVG) s’impose avec 67,44 % des voix. Réellement, combien de citoyens, inscrits sur les listes électorales, ont finalement voté pour eux ?

    Nom/VilleÉlecteursParticipation
    (1er Tour / 2d Tour)
    Votants / exprimés
    (1er Tour / 2d Tour)
    Résultat électifRésultat réel
    Helle / Avignon55 28534, 93 %/31, 87 %19 278/18 807-17 617/17 19345, 62 %14, 19 %
    Cathala / Créteil44 40730, 14 %/22, 64 %13 386/12 807-10 088/9 56769, 82 %14, 99 %
    Moncond’huy / Poitiers43 70536, 40 %/33, 19 %15 891/18 532-14 504/13 99642, 83 %13, 72 %
    Laguerre / Fort-de-France60 81025, 01 %15 209/14 40367, 44 %15, 98 %
    La différence entre la joie non dissimulée de l’édile à grands coups de chiffres reflète souvent une mascarade quant à la vérité crue.

    Les élections municipales de 2020 connurent un contexte particulier, il faut le reconnaître. La réaction à chaud du maire sortant, réélu à Fort-de-France, semble être sans appel : « […] Merci aux électeurs et aux électrices qui se sont mobilisés et qui, à près de 70 %, ont choisi leur maire à Fort-de-France […] », explique Didier Laguerre. Il se targue d’une victoire à près de 70 %, avec une abstention de trois quarts de la population.

    Au final, c’est un électeur sur six qui a voté pour lui. Dans la cité poitevine, une nouvelle venue, Mme Léonore Moncond’Huy rafle la mise avec 42,83 % de votes. « C’est confirmé, ma liste Poitiers Collectif remporte la victoire, et c’est massif », a assuré la jeune femme, âgée de 30 ans, qui s’est affirmée « particulièrement fière que Poitiers ait fait le choix de l’écologie et de la justice sociale », relate France TV Info. C’est exact, près de 43 % des votes, mais au réel moins d’un électeur sur sept. Tout est une question de point de vue

    68 000 décès imputables à la pandémie

    Selon le numéro 587 de mars 2021 de l’Institut national d’études démographiques (INED), la France métropolitaine a enregistré 654 000 décès en 2020. Soit 55 000 décès de plus que les 599 000 de 2019. Pour être exact, les données de l’INSEE indiquent 668 516 morts en 2020 pour 613 456 en 2019, soit un écart de 55 060, entre le 1er janvier et le 31 décembre 2020.

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    C’est une hausse de 9,2 %, justifie le rapport (8,97 % avec les derniers chiffres). Mais parmi ces 55 000 décès supplémentaires, environ 13 000 sont statistiquement imputables au vieillissement de la population. Celui-ci « s’observe chaque année en l’absence de gain d’espérance de vie », ce qui entraîne mécaniquement une hausse annuelle du nombre de décès, indépendamment de tout contexte épidémique, détaille l’étude.

    Restent donc 42 000 décès supplémentaires en 2020, liés à la pandémie de Covid-19. Ces 23 000 décès de moins que les 65 000 imputés à la Covid-19 en 2020 par Santé publique France soulignent les auteurs Gilles Pison et France Meslé. Plusieurs phénomènes, mais un en particulier a influé : « la comorbidité ». Les décès par Covid-19 ont frappé en partie des personnes fragiles souffrant d’autres maladies (diabète, maladie cardiovasculaire, insuffisance respiratoire chronique…). « Une fraction d’entre elles serait de toute façon décédée en 2020, même en l’absence d’épidémie de Covid-19 », martèlent les auteurs. Seule une incertitude est certaine : le solde naturel, qui est la différence entre le nombre annuel des décès et des naissances, ne cesse de décroître depuis 2015 (197,1) pour atteindre 73 aujourd’hui.

    Les deux graphiques montrent un taux de décès très important pour les plus de 60 ans. La pandémie de Covid-19 est supérieure de 9,1 % au taux de mortalité de la grippe de Hong Kong entre 1968 et 1970. (Crédits : INED/Creative Commons)

    « Et si on mangeait, les enfants ? »

    La ponctuation est importante dans un texte, voire vitale. Sur la seule phrase : « Et si on mangeait, les enfants ?! », cela permet de faire la lumière sur sa fonction linguistique. Avec la présence de la virgule placée juste derrière le verbe, elle indique l’invitation aux enfants à venir se restaurer. Omettre cette ponctuation propose aux convives de littéralement manger les enfants, comme un met.

    Une autre phrase célèbre propose une compréhension, sur la simple présence de ladite virgule.

    Il s’agit d’une phrase dont le sens change selon la façon dont elle est ponctuée (rapportée par Beauzée dans son article « Ponctuation » de l’Encyclopédie de Diderot) : « On rapporte que le général Fairfax, au lieu de signer simplement la sentence de mort du roi d’Angleterre Charles 1er songea à se ménager un moyen pour se disculper dans le besoin, de ce qu’il y avoit d’odieux dans cette démarche, & qu’il prit un détour, qui, bien apprécié, n’étoit qu’un crime de plus. » (Crédits : DR)

    Grand'Ma, ponctuation, humour

    Il écrivit sans ponctuation, au bas de la sentence : « Si omnes consentiunt ego non dissentio » ce qui se traduit par « Si tous sont d’accord, je ne diverge pas », mais avec la virgule dans : « Si omnes consentiunt ego non, dissentio » la traduction est tout autre : « Si tous sont d’accord, moi non, je diverge ». Ce qui en laissait le sens ouvert, à charge pour les récipiendaires de l’interpréter.