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  • La cybersécurité de la santé est en hypotension

    La cybersécurité de la santé est en hypotension

    Les attaques cybernétiques mettent le monde de la santé en urgence absolue. Cet univers est confronté à une menace numérique sans précédent. Depuis quelques années, les cyberattaques se multiplient, ciblent les données médicales sensibles, paralysent des services entiers. Ce qui pose des questions sur la résilience du système de santé. L’attaque récente contre le logiciel Weda, utilisé par des milliers de médecins, cristallise ces risques. Est-elle révélatrice d‘un mal encore plus profond ?

    Mais cet incident intervient dans un contexte plus vaste. Le secteur de la santé fait face à une hausse des menaces cyber et à des défis structurels dans l‘exercice de la médecine, autant en milieu rural qu’en milieu urbain. Du CHSF à Cannes en passant par Argenteuil, les hôpitaux souffrent en silence. Bientôt, les professionnels de santé passeront plus de temps sur les écrans que sur les patients. Pour la question cyber, la réponse institutionnelle tient en quatre lettres : CaRE. Acronyme pour Cybersécurité accélération et Résilience des Établissements.

    Crise de tachycardie pour Weda

    Dans la nuit du 10 novembre 2025, Weda, éditeur de logiciels métiers du groupe Vidal, utilisé par des médecins généralistes, spécialistes, sages-femmes ou centres de soins, a été victime d’un cyberincident. Face au risque, l’éditeur a suspendu la plateforme en mode SaaS (Softaware as a Service), invoquant la protection des données des professionnels et des patients.

    Seringue, liquide, santé

    Le bilan, à ce stade, est lourd : 23 000 professionnels de santé auraient été impactés. Tandis que la société revendique 85 000 praticiens. Pendant cette période, de nombreux praticiens ont dû revenir au crayon et au papier. Weda évoque une remise en marche partielle de certains services, mais la situation reste dégradée : les dossiers, les prescriptions ou les ordonnances numériques ne sont pas pleinement accessibles.

    L’éditeur relate avoir « détecté une activité inhabituelle sur certains comptes utilisateurs, laissant penser à des tentatives d’accès non autorisés ». L’éditeur travaille activement avec des équipes techniques et de cybersécurité pour sécuriser l’infrastructure. Avec, en parallèle, l‘alerte auprès des autorités compétentes : le CERT Santé, l’ANSSI et la CNIL. (Crédits : nts01/Pixabay)

    « Les premières analyses indiquent que les accès malveillants auraient pu permettre une extraction partielle de données, mais ni l’ampleur ni la confirmation formelle d‘une fuite de données ne sont encore établies », explique Weda.

    Un contexte de menace en forte croissance

    L’attaque contre Weda ne survient pas dans un vide. Elle s’inscrit dans un contexte où les incidents de cybersécurité dans le secteur de la santé se multiplient, mais où la réponse institutionnelle tente de rattraper le retard.

    Selon le CERT Santé, l’année 2024 a enregistré 749 incidents déclarés dans les établissements de santé et médico-sociaux, soit une augmentation de près de 29 % par rapport à 2023.

    Pour autant, une hausse de signalements n’implique pas nécessairement une aggravation. Selon l’Agence du Numérique en Santé (ANS), elle traduit davantage une meilleure appropriation des dispositifs de remontée d’incidents.

    En même temps, la gravité des incidents (déclarés) majeurs semble diminuer. Les établissements seraient mieux préparés à faire face, grâce à des audits, des exercices de crise, et un accompagnement renforcé par le CERT Santé au sein de CaRE. (Crédits : Engin Akyurt/Pixabay)

    Doigt, saturation, hôpital

    Pour l’année 2023, sur 581 incidents déclarés, la moitié étaient d’origine malveillante, selon les rapports du CERT. Parmi eux, 35 % auraient eu un impact sur la prise en charge de la patientèle.

    Face au fléau des ransomwares : take CaRE

    Les rançongiciels restent l’une des menaces les plus présentes. Sans oublier, les attaques cybernétiques : DDoS, phishing, spearphishing, vishing… En 2024, le CERT Santé signale que la menace due au ransomware est la plus prégnante. Ainsi, plusieurs établissements ont dû recourir à des modes de fonctionnement dégradés durant plusieurs semaines. L’augmentation des incidents liés aux ransomwares (+28,9 %) montre à quel point ces attaques restent un défi majeur.

    Main, radio, hopital

    Face à cette menace croissante, les autorités françaises ont mis en place une stratégie structurée et ambitieuse : le programme CaRE. Qu’est-ce que CaRE ? Lancé par l’ANS, le programme CaRE vise à renforcer la gouvernance et la résilience des établissements de santé face aux cyberattaques. Articulé autour d‘axes, tels que l’amélioration de la sécurité des systèmes d’information, structurer les référentiels de sécurité (via la PGSSI-S), l’accompagnement dans la gestion de crise, et mutualiser des compétences.

    Au chevet du malade

    Le programme prévoit aussi un accompagnement financier et technique : le CERT Santé joue un rôle capital en accompagnant opérationnellement les structures et en réalisant des audits ciblés. Toutefois, la Cour des comptes a tiré la sonnette d’alarme. Le rapport sur « la sécurité informatique des établissements de santé » est factuel. Elle rappelle que « cet engagement financier (750 millions d’euros) n’est assuré que jusqu’à la fin de l’année 2024. Il est indispensable qu’il soit poursuivi jusqu’au terme du programme. »

    Dans sa première partie, le rapport présente « l’état de la menace à laquelle les 2 400 hôpitaux publics et privés sont confrontés expose les raisons de la vulnérabilité des systèmes d’information hospitaliers et évalue les conséquences des cyberattaques sur les hôpitaux en termes de fonctionnement et de coût. »

    (Crédits : Pixabay/Pexels)

    Constat effectué, en page 11, entre janvier 2021 et mars 2023, sur 215 incidents identifiés. La France est première avec 43 incidents, l‘Espagne deuxième avec 25, puis l’Allemagne avec 23, avant les Pays-Bas et l’Italie avec respectivement 20 et 19. La Cour des comptes ajoute que, dès 2027, c’est aux établissements eux-mêmes de s’en charger : « Le financement par les établissements de santé de l’élévation de leur cyberprotection devra être poursuivi. »

    Entre menaces, régulation et résilience

    Comment le secteur santé va-t-il se transformer pour devenir cyber-résilient ? Trois axes principaux se dessinent. Les rançongiciels ne sont pas le seul danger. À l’avenir, les cybercriminels pourraient exploiter l’IA pour automatiser et cibler leurs attaques. La multiplicité des dispositifs médicaux connectés IoMT (Internet of Medical Things) élargit la surface d’attaque. Chaque appareil connecté est un point d’entrée vulnérable en devenir.

    À la mi-septembre 2025, Anthropic détecte une activité suspecte. L‘enquête a ensuite permis de déterminer une campagne d’espionnage très sophistiquée. Les attaquants ont utilisé l’IA à un degré sans précédent, en utilisant l’IA pour exécuter les cyberattaques elles-mêmes.

    « L’acteur de menace — que nous évaluons avec une grande confiance comme étant un groupe parrainé par l’État chinois — a manipulé notre outil Claude Code pour tenter d’infiltrer environ trente cibles mondiales et a réussi dans un petit nombre de cas », argumente Anthropic.

    Vers une culture cyber

    Pour que le secteur de la santé devienne véritablement résilient, comme d’autres, plusieurs leviers sont essentiels. En premier lieu, ils doivent posséder une culture du cyber et une gouvernance structurée, en plus de leur profession. Trois scénarii pour 2030

    L’optimiste : la majorité des établissements ont atteint une maturité, avec des PCA/PRA, une gouvernance, des audits réguliers et des investissements. L’IA est utilisée, comme le garde des Sceaux le préconise dès 2026, pour la justice avec des question de Droit.

    Le réaliste : des progrès sont perceptibles, mais inégaux. Le programme CaRE fonctionne, mais certains établissements sont limités par les ressources. Quant au pessimiste, les financements ralentissent, les cyberattaques, au sens large, deviennent de plus en plus fréquentes.

    (Crédits : Tara Winstead/Pexels)

    Pilulier, santé, sucre

    L’attaque contre Weda, comme celle du Centre hospitalier de la Haute-Comté à Pontarlier, est un signal d’alarme : elle rappelle brutalement que, dans un monde de plus en plus numérisé, la cybersécurité en santé n’est plus une option, mais vitale. Les chiffres 2023‑2024 montrent une situation paradoxale : plus d’incidents, mais aussi une maturité grandissante. Pour autant, les défis restent nombreux en 2025. Car la menace ne cesse d’évoluer.

  • L’ASSE, en Uruguay, subit une cyberattaque

    L’ASSE, en Uruguay, subit une cyberattaque

    L’administration des services de santé de l’État d’Uruguay (ASSE) est victime d’une cyberattaque. Un groupe de cybercriminels indique avoir eu accès au réseau interne. Ils déclarent, dans le but de prouver la véracité de leurs dires, avoir changé les mots de passe du directeur et du vice-président. Un fichier compressé de près de 100 Mo est disponible sur un célèbre forum, Breach Forums pour ne pas le citer. La ou les personnes derrière cette attaque expliquent que « les citoyens uruguayens ne méritent pas d’être escroqués ni que l’État joue avec leur santé ».

    L’administration indique enquêter sur la situation afin d’avoir plus d’informations à ce sujet. De son côté, une entité cybercriminelle déclare, dimanche 9 mars 2025 avoir eu accès au réseau interne de l’ASSE. « Depuis quelque temps, notre groupe a accès au réseau interne de l’ASSE, ce qui nous permet d’accéder à de nombreuses bases de données. » La fuite de données exposent professionnels et patients.

    Le fichier mis à disposition est de 95,6 Mo compressé pour un total de 282 documents pour un poids de 150 Mo. La base SQL affiche près de 6200 lignes de données des personnels soignants. De nombreux documents sous formats de tableurs indiquent les identités de personnes ayant effectué des tests PCR en rapport au Covid-19. Ainsi les prénoms, noms et résultats des tests sont affichés, comme le détail des facturations des personnes vaccinées ou non. (Crédits : Capture d’écran)

    Concernant les tests d’autres données sont affichées : institution, professionnel, ID, lieu, numéro d’identité, date, date de réception, médecin prescripteur, type de patient, date de naissance, prénom, nom, âge, secteur, test composite, test simple, statut, résultat, unité, plage normale, libération, date de validation… L’ASSE, quant à elle, enquête sur des allégations de piratage impliquant la possibilité de retirer ou d’ajouter des prescriptions médicales au système.

  • Cent hôpitaux roumains hors ligne après la cyberattaque du ransomware BackMyData

    Cent hôpitaux roumains hors ligne après la cyberattaque du ransomware BackMyData

    Alors qu’en France les sociétés Almerys et Viamedis sont en proie à une fuite de 33 millions de données d’utilisateur unique, la Roumanie voit cent de ses hôpitaux hors ligne. La faute incomberait au ransomware « BackMyData » sui s’est attaqué à la plateforme Hipocrate. L’attaque a eu lieu durant la nuit du 11 au 12 février 2024. Ils sont 21 hôpitaux directement touchés par l’attaque cybernétique, qui est passée à 25 le matin du 13 février 2024. Par précaution, 79 autres établissements de soins ont été mis hors ligne. En France l’hôpital d’Armentières subit aussi une cyberattaque.

    C’est le système d’information utilisé par les hôpitaux roumains qui a été visé. Hipocrate (HIS) est le système de gestion des soins de santé. Les autorités déclaraient 21 centres touchés dans le sixième pays le plus peuplé en Europe. « Pendant la nuit du 11 au 12 février 2024, une cyberattaque de type ransomware visait les serveurs de production utilisant le système d’information HIS. À la suite de l’attaque, le système est en panne, les fichiers et les bases de données sont chiffrés », a déclaré le ministère roumain de la Santé.

    Le ransomware BackMyData à l’origine de la cyberattaque

    La direction nationale roumaine de la cybersécurité (DNSC) relate que les attaquants ont utilisé le rançongiciel Backmydata pour chiffrer les données des hôpitaux, une variante de ransomware de la famille Phobos.

    BackMyData, explique PcRisk, désactive le pare-feu, supprime les points de restauration, sans avoir au préalable chiffré l’ensemble des dossiers.

    Comme Phobos il exploite les vulnérabilités des services de protocole de bureau à distance (RDP) pour l’infection. Ils ciblent souvent la faiblesse des identifiants. C’est pour ça qu’il faut avoir une passphrase solide. Car il utilise l’attaque par brut force et des dictionnaires de mots de passe. Cet ensemble de combinaison permet un accès non autorisé à des systèmes d’information dont la sécurité n’est pas optimale.

    (Crédits : PcRisk)

    « La plupart des hôpitaux concernés ont des sauvegardes de données sur les serveurs concernés, avec des données sauvegardées relativement récemment (1-2 jour sauf une, dont les données ont été sauvegardées il y a 12 jours », a déclaré le DNSC le lendemain de l’attaque. Une rançon de 3,5 BTC, soit 157 000 dollars américains sont réclamés par les cybercriminels (167 828, 675 € le 14 février 2024).

    L’hôpital pédiatrique de Pitesti touché le samedi 10 février

    Selon le DNSC les autres centres de soins ont été touchés à partir du 11 et 12 février 2024. Les 79 autres unités mises hors ligne font l’objet de complément d’enquêtes afin de déterminer si elles étaient (ou non) la cible de l’attaque.

    Les hôpitaux concernés ou non ont reçu une série de recommandations. Identifier les systèmes concernés, et les isoler du reste du réseau et bien sûr d’Internet. Ne pas les éteindre, ce qui supprimerait les preuves stockées dans la mémoire volatile (RAM). Conserver une copie du message de rançon et de toute communication. Collecter et conserver toutes les informations de journal pertinentes des équipements concernés, mais également des équipements réseau, pare-feu. Examiner les journaux système pour identifier le mécanisme par lequel l’infrastructure informatique a été compromise.

    (Crédits : capture d’écran/Hôpital de Spitalului)

    Capture d'écran de l'hôpital ciblé par la cyberattaque

    Mais il faut immédiatement informer, l’ensemble des employés, les clients, partenaires commerciaux concernés, de l’incident et de son étendue. Restaurez les systèmes concernés en fonction des sauvegardes de données après un nettoyage complet du système. Il est absolument nécessaire de s’assurer que les sauvegardes sont intactes, à jour et sécurisées contre les attaques. Auparavant (sur les smartphones, tablettes, ordinateurs personnels et professionnels), s’assurer que tous les programmes, applications et systèmes d’exploitation sont mis à jour.

    Une rançon de 3, 5 Bitcoins exigé

    L’institut d’Orthophonie et de Chirurgie fonctionnelle ORL de Bucarest, le Sanatorium de pneumophtisiologie Brad à Hunedoara, l’Hôpital de pneumophtisiologie Roșiori de Vede, et la Clinique privée de Sante Călărași font partie des quatre premiers centres de soins a être confirmés comme victimes de la cyberattaque. Aucune exfiltration n’a été confirmée par les autorités compétentes.

    Si aucune exfiltration n’a été confirmée par les autorités compétentes, ces dernières recommandent de ne pas contacter ni de payer les attaquants.

    « Après l’arrêt de 400 ordinateurs et serveurs, nous avons travaillé principalement sur le papier », a déclaré Mirela Grosu, responsable de l’Institut régional d’oncologie.

    Le ministère roumain de la Santé, dont M. Alexandru Rafila est à la manœuvre a déclaré que : « l’incident fait l’objet d’une enquête menée par des informaticiens, y compris des experts en cybersécurité de la Direction nationale de la cybersécurité (DNSC), et les possibilités de reprise sont évaluées. Des mesures de précaution exceptionnelles ont également été activées pour les autres hôpitaux qui n’ont pas été touchés par l’attaque. »

    (Crédits : Mohamed Hassan/Pixabay)

    Depuis que les systèmes ont été mis hors ligne ou fermés, les médecins ont été contraints de revenir à la rédaction de prescriptions et à la tenue de registres sur papier. Il n’y a pas eu de mise à jour sur les informations depuis. Concernant la demande de rançon, chaque intervenant dans les sphères de l’État roumain, martèle de ne pas payer la demande. Comme la mésaventure que connaît l’hôpital d’Armentières survenue au cours du même week-end, les demandes de rançons sont sorties des imprimantes. L’ampleur des dégâts sera déterminée par l’enquête, en France comme en Roumanie.

  • Cyberattaques des hôpitaux de Vittel et Neufchâteau

    Cyberattaques des hôpitaux de Vittel et Neufchâteau

    Une nouvelle cyberattaque a ciblé deux sites hospitaliers français. Le premier se situe à Vittel, le second à Neufchâteau. Samedi 7 octobre 2023, le Centre hospitalier de l’Ouest Vosgien communiquait sur sa page Facebook avoir été victime d’une cyberattaque. Les premières actions ont été le confinement des systèmes. Les soins ont pu se poursuivre par l’adaptation des personnels hospitaliers avec un retour des transcriptions papier. Les activités programmées, consultations, interventions chirurgicales sont suspendues jusqu’au mardi 10 octobre.

    Une fois de plus la sécurité des systèmes d’information des hôpitaux français est mise à rude épreuve. Vosges Matin explique que la cyberattaque se serait produite à 1 h 30 ce samedi 7 octobre 2023. Plus d’affichage sur les écrans, seul le noir subsiste. « C’est un service de soins qui nous a appelés, car son accès au dossier patient informatisé était perturbé », explique le directeur Dominique Cheveau à France Bleu. « C’est le black-out. On s’est cyberconfinés, c’est-à-dire que l’ensemble des systèmes d’information a été coupé. »

    L’attaque cybernétique contre le CHU de Rennes du 21 juin 2023 fut l’œuvre du ransomware Bianlian. Sur son site de fuite, il est indiqué que le volume d’information est de 300 Gb dans lequel se trouvent des documents techniques, des données personnelles, financières… (Crédits : capture d’écran/Bianlian)

    Aucune demande de rançon n’est encore apparue. Le directeur indiquait qu’une plainte allait être déposée. Le retour à la normale peut prendre des jours, des semaines et plusieurs mois en fonction de l’attaque. Le but des malfaiteurs est de générer de l’argent en vendant les informations volées. Les derniers cyberattaques en date en France, hormis l’une des plus connues comme Corbeil-Essonnes, sont le CHU de la Réunion, celui de Bourg-en-Bresse, de Rennes et celui de l’Ouest Vosgien.

  • Cyberattaque : One Brooklyn Health lutte depuis fin novembre

    Cyberattaque : One Brooklyn Health lutte depuis fin novembre

    Depuis le 19 novembre 2022, des professionnels de santé sont revenus au papier et aux crayons, pendant que les experts des systèmes d’information s’efforcent de rétablir les différents outils opérationnels. One Brooklyn Health est un regroupement d’établissements hospitaliers qui s’occupent des personnes les plus pauvres de ma mégapole New York. Les 3 hôpitaux de l’organisation retrouvent peu à peu l’utilisation de divers services critiques a déclaré la direction.

    Le groupement One Brooklyn Health comprend trois hôpitaux : Interfaith Medical Center, Brookdale Hospital Medical Center et Kingsbrook Jewish Medical Center. La direction a confirmé l’attaque, qui a été détectée pour la première fois fin novembre. Des experts en sécurité luttent depuis au rétablissement des outils. Leurs fermetures ont entraîné la coupure de postes de travail hospitaliers. Ceux grâce auxquels les prestataires de soins de santé accèdent aux dossiers médicaux, commandent des ordonnances et remplissent les dossiers des patients.

    Des avancées conséquentes ont été effectuées. Sur l’origine de l’attaque cybernétique, et la demande de rançon, le FBI n’a donné aucune réponse. (Crédits : BankInfoSecurity)

    « One Brooklyn Health a fait des progrès considérables dans son enquête et son processus de remédiation en réponse à un incident de cybersécurité que nous avons détecté fin novembre », a déclaré Mme Brown dans un communiqué. « Dans l’intervalle, tous nos hôpitaux et établissements sont ouverts, et nous continuons à fournir des soins à nos patients en utilisant des procédures d’arrêt bien établies pour lesquelles nos cliniciens et administrateurs sont largement formés. »

    Si l’information d’une rançon de 5 millions de dollars américains est ainsi exposée, le PDG de One Brooklyn Health, Laray Brown, a déclaré au personnel que 250 ordinateurs et 775 appareils mobiles ont été distribués dans les trois hôpitaux pour contourner les systèmes hors ligne depuis le 19 novembre.

  • Cyberattaque du centre hospitalier André Mignot de Versailles-Le Chesnay, le plan blanc est déclenché

    Cyberattaque du centre hospitalier André Mignot de Versailles-Le Chesnay, le plan blanc est déclenché

    Une fois de plus un organisme de santé en France subit une attaque cybernétique. Après l’affaire du centre hospitalier sud-francilien (CHSF) en août 2022, c’est au tour de l’hôpital André Mignot. L’offensive se serait déroulée samedi soir aux alentours de 21 h. La régulation des urgences et les transferts de patients à risque sont assurés par le SAMU. À ce stade, quelques transferts de patients, six, ont été effectués vers d’autres établissements du territoire et d’autres sont en préparation.

    L’accueil de nouveaux patients est limité. À l’heure de l’utra-connectivité, une attaque des systèmes d’information d’un établissement, force le réseau à être coupé. Vous pouvez oublier l’ensemble des moyens de communication dits modernes, les e-mails, les rapports de suivi des patients, et tout autre document via l’informatique. « Tout se fait à l’ancienne avec papier et stylo », souffle Richard Delepierre, co-président au conseil de surveillance et maire du Chesnay-Rocquencourt.

    La perspicacité du ministre de la Santé et de la Prévention, François Braun est relayée par le nombre de tweets reçus en guise de réponse.

    L’hôpital André-Mignot concentre consultations et services d’hospitalisation de court séjour et ambulatoire. Ce qui représente plus de 800 lits et 3 000 personnels soignants. « L’établissement est également le siège administratif, technique et logistique du centre hospitalier de Versailles, c’est pourquoi l’hôpital Richaud et la maison Despagne sont aussi affectés », révèle France Bleu.

    Les investigations ont été confiées au Centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N) de la gendarmerie, qui mènera l’enquête et à la Sous-direction de la lutte contre la cybercriminalité (SDLC) de la police judiciaire. Les attaques sont légion dernièrement en France, le CHSF, de Thales, Loehc, la région Guadeloupe ou les alpes maritimes. (Crédits : DR)

    « C’est la galère, on doit tout refaire sur papier à la main depuis ce matin et les médecins doivent faire toutes leurs prescriptions de médicaments manuellement aussi », ont expliqué sous couvert d’anonymat à l’AFP trois aides-soignantes. Les attaques d’hôpitaux en France étaient de 27 en 2020. La revendication de l’attaque cybernétique n’est pas encore connue, ni s’il y a chantage à la publication des données souvent exfiltrées contre une somme d’argent, sous compte à rebours.

  • EPS Sanitas est victime d’une cyberattaque qui impacte la santé de 5,5 millions de Colombiens

    EPS Sanitas est victime d’une cyberattaque qui impacte la santé de 5,5 millions de Colombiens

    Le système général de santé colombien semble être en mauvaise posture, du moins ses affiliés. Il est victime d’une cyberattaque de grande ampleur qui connaît des répercussions dramatiques. Keralty, groupe d’EPS Sanitas et Colsanitas, confirme que ses services informatiques ont fait l’objet d’une cyberattaque, qui a généré des défaillances techniques dans ses systèmes. Les Entidades Promotoras de Salud (EPS) sont responsables de l’affiliation et de la collecte des cotisations sociales.

    Le groupe Keralty a subi une cyberattaque le 28 novembre 2022. Ses services en ligne ont donc été interrompus pendant plus de 24 heures. Mais ses services et son site ne sont toujours pas disponibles. Les utilisateurs des EPS de Sanitas, Colsanitas et Medisanitas s’inquiètent depuis de l’indisponibilité des portails web de ces institutions de santé, ainsi que de l’application de chacune d’entre elles.

    Depuis hier, le groupe Keralty a envoyé des SMS à ses utilisateurs pour les informer du problème. « EPS Sanitas. Nous présentons une intermittence dans l’accès à nos canaux d’attention, nous espérons établir le système avant 46 heures », communiquent-ils mercredi 30 novembre 2022. (Crédits : capture d’écran/Keralty)

    Des centaines d’utilisateurs affiliés à EPS Sanitas ont signalé très tôt ce mardi qu’ils n’ont pas pu prendre de rendez-vous médicaux ou autres demandes, en raison du dysfonctionnement du site web. Ce n’est pas la première fois que Sanitas rencontre des problèmes avec ses services informatiques révèle le périodique Semana. « Plusieurs patients de l’EPS se sont plaints de difficultés à se procurer les médicaments distribués par Cruz Verde la semaine dernière. »

    La Superintendencia nacional de Salud a pour rôle de protéger les droits des usagers du système général de sécurité sociale en matière de santé par l’inspection, la surveillance, le contrôle et l’exercice de la fonction juridictionnelle et de conciliation, de manière transparente et opportune. (Crédits : ElNuevoSiglo)

    « Afin de maintenir l’attention portée à nos utilisateurs, Keralty continue de mettre en œuvre les plans d’urgence nécessaires au maintien du service. Notre principale priorité est et reste de prendre soin de la santé et du bien-être de nos membres. Pour cette raison, nous regrettons les inconvénients que cette situation a générés », explique le groupe.

    Le système général de santé colombien comprend :

    • Les Entidades Promotoras de Salud (EPS) qui sont responsables de l’affiliation et de la collecte des cotisations sociales.
    • Les instituciones prestadores de salud (IPS) qui sont les structures de soins telles que les hôpitaux, les cliniques, les centres de soins et les laboratoires
    • Les Entidades Territoriales y la Superintendencia nacional de Salud qui exercent un rôle de surveillance, de contrôle, de coordination et d’exécution des politiques du système général de sécurité sociale.

    Il existe dans tous le pays 44 EPS, dont la moitié sont dirigées par la Superintendencia nacional de Salud. Sauf que l’entité étatique a signalé que les plaintes contre les EPS montent en flèche. À la mi-septembre, elle explique avoir enregistré 700 000 plaintes d’utilisateurs. Deux mois plus tard, ce sont déjà 1 043 026 plaintes signalées, ce qui signifie que chaque jour de cette année, environ 3 500 Colombiens ont demandé de l’aide à SuperSalud.

    La gravité de cette situation tient au fait qu’une demande sur trois n’est pas prise en compte. Cela met la vie du patient en danger, car si elle n’est pas prise en charge dans les 48 premières heures. Les attaques sur les hôpitaux et systèmes de santé croissent chaque jour.(Crédits : Gustavo9917/Pixabay)

    Les dix territoires où le nombre de plaintes est selon, les informations de Bluradio, le plus élevé sont les suivants : Bogotá (22 % des plaintes), Antioquia (16 %), Valle (14 %), Santander (5,3 %), ainsi que Bolívar, Atlántico, Guaviare, Vaupés, Risaralda, Vichada et Chocó.

    Un drame sanitaire et humain se déroule en Colombie sans qu’aucune aide internationale ne leur soit octroyée. (Crédits : City/YouTube)

    « Nous avons besoin de toute urgence d’une forte impulsion, car les besoins en matière de santé exigent une attention et des solutions immédiates. Les administrateurs qui gèrent les ressources financières de la santé (EPS) ne peuvent pas oublier qu’ils travaillent avec des ressources publiques et que, par conséquent, ces ressources appartiennent aux personnes qu’ils ont affiliées, et ces personnes affiliées sont les véritables propriétaires du système et, en ce sens, les administrateurs des ressources doivent se conformer à ce que ces personnes affiliées exigent en matière de services », a ajouté le surintendant Beltrán López.

  • Augmentation de 94 % des attaques par ransomwares dans le domaine de la santé

    Augmentation de 94 % des attaques par ransomwares dans le domaine de la santé

    La firme britannique de cybersécurité Sophos a publié son rapport 2022 concernant l’état de la menace « rançongiciel » dans le monde de la santé. Les résultats promulgués indiquent une augmentation de 94 % des attaques par rançongiciel ciblant les organismes de santé interrogés. En 2021, 66 % des établissements de santé avaient été touchés par ces attaques, contre 34 % en 2020. Ils ne sont pas visés au hasard, car ils se classent au premier rang, avec 61 % des organisations payant une rançon afin de récupérer les données chiffrées.

    Cette année, 5 600 professionnels de l’informatique, dont 381 dans le secteur de la santé, issus de 31 pays ont participé à l’étude de Sophos. Le secteur de la santé s’améliore grandement dans la restauration des données après une attaque informatique. Les ransomwares étant de plus en plus fréquentes et répandues, les organisations sont devenues plus aptes à gérer les conséquences. C’est pourquoi la quasi-totalité des organismes de santé (99 %) touchés par un ransomware en 2021 réapproprie une partie des informations chiffrées, soit une augmentation de 93 % par rapport à l’année dernière. Si certains usent des données de sauvegarde, près de deux tiers (61 %) ont déclaré avoir payé une rançon pour les restaurer et 33 % avoir utilisé d’autres moyens. Parallèlement, 44 % des entités de santé ayant subi une attaque au cours de 2021 ont mis une semaine pour se remettre de celle-ci, tandis que 25 % d’entre elles ont mis jusqu’à un mois pour récupérer leurs données, et plus encore pour le reste.

    Le coût approximatif suite aux impacts de la dernière attaque par ransomware (en prenant en compte les temps d’arrêt, le temps des personnes, coût des appareils, coût du réseau, perte d’opportunité, des ransomwares payés, etc.). 3 702 organisations de santé ont été touchées par un ransomware. (Crédits : Sophos)

    Le secteur de la santé est celui qui a acquitté au total la plus petite valeur de rançons, alors qu’il est en tête de liste pour le volume des paiements, il est en fait en bas pour le montant déboursé. Si l’on examine plus en détail les rançons versées par le secteur de la santé, explique Sophos « on constate que 60 % d’entre elles sont inférieures à 50 000 USD. Seuls trois répondants ont déclaré que leurs organisations ont déclaré que leur organisation avait payé 1 million de dollars US ou plus. » Dans l’ensemble, le montant réglé est le plus faible — environ 197 000 dollars — de tous les secteurs cités contre une moyenne mondiale de 812 000 dollars américains. Mais les dommages ne s’arrêtent pas au seul montant de la rançon. La moyenne mondiale du coût de remédiation d’un organisme de santé victime d’un rançongiciel s’élève à 1,85 million de dollars US.

  • Cyberattaque: un hôpital de plus

    Cyberattaque: un hôpital de plus

    Vivalia, intercommunale de soins de santé au Luxembourg est actuellement retournée au papier crayon. Dans la nuit de vendredi 13 à samedi 14 mai 2022, à 3 h 29 précisément, les systèmes de surveillance envoient des alertes tous azimuts indiquant que le système informatique était agressé. Une cyberattaque confirmée à 3 h 42, et qui aurait débuté vers 1 h 30 du matin. Elle a entraîné le blocage de 200 serveurs et 1 500 ordinateurs des hôpitaux et maisons de repos de cette structure active en province de Luxembourg.

    C’est au duché du Luxembourg que cette fois-ci un hôpital est victime d’opérateurs malveillants. Aux alentours de 3 h 30 une attaque informatique de « grande ampleur » est détectée, des mesures d’urgence sont immédiatement prises pour empêcher la propagation de l’infection. « Dans ce genre de situation, la ligne de conduite est bien claire. Il faut empêcher la propagation du virus en interne, identifier la faille de sécurité pour la corriger, neutraliser le virus, et enfin restaurer les systèmes pour revenir à un fonctionnement normal », mentionne Yves-Henri Serckx, directeur informatique de Vivalia. L’entité regroupe six sites hospitaliers, une polyclinique, quatre maisons de repos et maisons de repos et de soins, une maison de soins psychiatriques et trois crèches, situés en province de Luxembourg.

    Une cellule de crise fédérale spécialisée en cybersécurité apporte son expertise et est venue renforcer les équipes IT de Vivalia, de même que la Police judiciaire, avec le soutien de l’ensemble des autorités provinciales. Dès la mise en alerte des systèmes, les serveurs, les ordinateurs et la connexion de Vivalia avec l’extérieur ont été mis à l’arrêt pour les protéger au maximum.

    Vivalia

    L’attaque informatique semble analogue à celle qu’ont subie d’autres hôpitaux en Belgique et à l’étranger que ce soit au Japon, en France ou en Italie. Vivalia n’aurait reçu jusqu’à présent aucune demande de rançon. Une cellule de crise composée des forces vives de Vivalia et d’experts fédéraux en cybersécurité s’est réunie.

    Le plan d’urgence hospitalier a été déclenché « compte tenu de l’ampleur de l’attaque sur nos services », a déclaré Yves Bernard, le directeur général samedi après-midi, lors d’une conférence de presse.

    Plusieurs hôpitaux wallons ont été victimes de cyberattaque, comme le Centre hospitalier de Wallonie picarde de Tournai (ChWapi), début 2021, ou la clinique André Renard à Herstal, en 2019, explique RTL. (Crédits : capture d’écran/TvLux)

    Depuis samedi matin, les services de Vivalia vivent au ralenti, « renouant avec des méthodes du passé », ajoute Yves Bernard. Rien n’indique actuellement que des données personnelles de patients, comme de résidents ont été dérobées, confirme l’hôpital

    Une cellule d’urgence a été convoquée dans la foulée et l’intercommunale a rapidement reçu le soutien du gouverneur de la province de Luxembourg et de la Police judiciaire fédérale ainsi que d’experts en cybersécurité de la police. « Nous sommes actuellement dans la deuxième phase. Nous essayons d’identifier l’origine de l’attaque pour boucher la faille de sécurité avant de relancer, voire de restaurer, nos systèmes informatiques », relatait Yves-Henri Serckx lors de la conférence de presse, samedi après-midi.

    Le retour du papier et du stylo-bille. Un retour 20 à 30 ans en arrière pour certains services. L’essentiel étant préservé : les soins et la sécurité du patient. L’objectif affiché est l’identification du virus et la faille informatique, avant de restaurer les serveurs. Le tout devrait prendre plusieurs jours. (Crédits : capture d’écran/TvLux)

    « Toutes nos équipes sont sur le pont depuis cette nuit : informatique, technique, médicale, infirmière… chacun fait le maximum pour rétablir la situation et il est prématuré de pouvoir fixer une échéance pour un retour à la normale. |…] Nous demandons au public de n’appeler nos hôpitaux qu’en cas de réelle nécessité et pour des cas urgents ! Merci de votre compréhension », précise Vivalia

  • Suncrypt s’attaque à la clinique amérindienne d’Oklahoma City

    Suncrypt s’attaque à la clinique amérindienne d’Oklahoma City

    La société américaine à but non lucratif, OKCIC est victime du ransomware Suncrypt. Elle se consacre à la fourniture de soins de santé pour les personnes qui ont souvent du mal à les obtenir, tant culturellement qu’en raison de l’absence d’assurance, du manque de prestataires dans certaines régions et de l’engorgement des salles d’urgence. De plus que ce soit le renouvellement des médicaments ou les services de vente par correspondance sont indisponible pour une durée inconnue.

    La Clinique amérindienne d’Oklahoma City qui évoquait des « problèmes technologiques » a subi une infection de type ransomware. Suncrypt affirme avoir acquis plus de 350 Go de fichiers, notamment des bases de données de dossiers médicaux électroniques et des documents financiers. Les opérateurs proposent sur leur site de fuite 27 Mo compressés de preuves, soit 232,5 Mo au total.

    L’Oklahoma City Indian Clinic (OKCIC) prend en charge 20 000 patients issus de plus de 200 tribus amérindiennes. Une indication sur leur site Web et leur compte Twitter s’excuse actuellement des problèmes technologiques rencontrés par les utilisateurs. (Crédits : capture d’écran)

    La cyberattaque des opérateurs derrière le ransomware Suncrypt contre OKCIC « contredit directement une déclaration qu’ils ont faite à ce site en septembre 2020 et que ce site a rapporté à l’époque ». Après avoir initialement attaqué un organisme médical, « ils avaient retiré l’entité de leur site de fuite et déclaré à DataBreaches.net qu’ils avaient soigneusement évité de verrouiller les systèmes de survie ou d’interférer avec les opérations hospitalières. »