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  • Trois hommes condamnés au Maroc à 40 ans de prison pour des viols répétés sur une fillette de 11 ans

    Trois hommes condamnés au Maroc à 40 ans de prison pour des viols répétés sur une fillette de 11 ans

    Une affaire sordide qui a ému le monde entier. Comme si, la population terrienne découvrait l’insoutenable cruauté dont l’être humain fait preuve parfois. Sauf que cela se déroule dans un douar près de Tiflet, au Maroc. Si les articles du Code pénal diffèrent dans les termes, le viol est réellement défini. L’article 486 du Code pénal marocain dispose qu’un viol est « l’acte par lequel un homme a des relations sexuelles avec une femme contre le gré de celle-ci ».

    La démonstration des lignes des articles ne souffre d’aucune ambiguïté. Abdelouahed Ragragui, Karim El Abdi et Youssef Zouaye ont été reconnus coupables de viol sur mineure. Ils sont condamnés en appel à 20 et 10 années de réclusion criminelle. « Nous sommes satisfaits du verdict qui a rendu justice à la victime, ceci dit nous n’avons pas compris pourquoi deux accusés ont écopé de 10 ans chacun seulement », a déclaré à l’AFP Abdelfattah Zahrach à la sortie du tribunal. Il envisage le pourvoi en cassation « après concertation avec la famille ».

    Une affaire sordide

    Dans le journal le360, Soumaya Naamane Guessous relate le calvaire que Sanae 11 ans a vécu. « Son père a refusé de l’inscrire à l’école, à 6 km de la maison, derrière une forêt, de peur qu’elle se fasse violer ». Sauf qu’un mercredi, jour de souk, elle est seule chez elle.

    Sanae est alors « assaillie par trois hommes du voisinage. Ils la violent tous les trois et la menacent de tuer sa famille si elle parle. Les viols se répètent. » L’homme condamné à 20 ans de prison est marié et père de 3 enfants. Le second est son neveu, quant au troisième, il est le voisin des deux premiers.

    Cette affaire pourrait précipiter et accélérer la refonte du Code pénal marocain.

    Selon l’article « Abdelouahed Ragragui a une nièce de l’âge de Sanae à qui il demande, plusieurs fois, de lui ramener Sanae. » La nièce aurait assisté aux viols. Lors du procès elle a soutenu la version de la victime avant de se rétracter. Une répétition sans fin jusqu’à ce que le sordide soit… Une fois de plus, un jour de plus, tandis que l’un des violeurs déshabillait la fillette, il s’aperçoit que son ventre dissimule un enfant à naître. Tétanisée, et sous l’emprise des trois hommes elle ne dira rien, mais la rumeur se propage rapidement dans le douar.

    C’est alors qu’un voisin se décide enfin à alerter le père. Sa grand-mère accompagne la fillette chez le médecin. Le verdict tombe : Sanae est enceinte de huit mois à tout juste 12 ans ! La justice des Hommes n’a eu lieu qu’à travers cette naissance. Quand en aurait-il été de la fillette sans cette grossesse ? Car de longs mois durant, les trois hommes âgés de 25, 32 et 37 ans la violent à répétition.

    De 24 mois à 20 ans de prison

    Le premier verdict minimise les chefs d’accusation. Les trois hommes avaient été condamnés à deux ans de prison ferme et 18 mois ferme pour les deux autres. Leurs crimes étaient de « détournement de mineure » et « attentat à la pudeur sur mineure avec violence entraînant une défloration », qui sont des actes stipulés dans les articles 471, 485 et 488 du Code pénal marocain.

    La pédophilie ne connaît pas de frontière, ni de préférence sexuelle. Les crimes sexuels sont également une arme de guerre.
    En première instance, ils sont condamnés à 18 à 24 mois de prison provoquant un tollé général et rapidement mondial. (Crédits : le360)

    L’enjeu du second procès est la requalification des faits reprochés. « En première instance, des accusés ont été condamnés pour attentat à la pudeur et séduction de mineure. Les faits commis dépassent largement cette qualification. Nous sommes face à des rapports sexuels complets et répétés. Ce comportement à un nom : le viol », appuyait Me Abdelkrim Elmlih, avocat au barreau de Casablanca.

    En cassation, la Cour à Rabat rend une décision attendue : les peines passent à 20 ans pour le principal prévenu et 10 ans de réclusion criminelle pour les deux autres.

    Ne jamais se taire !

    Le fait d’avoir des relations sexuelles non consenties est un viol. Le viol est un acte de pénétration sexuelle commis avec violence, contrainte, menace ou surprise ! Quel que soit le sexe, ou identité de genre de l’agresseur et de la victime. Ainsi majeure comme mineure, il faut porte l’affaire devant la justice. Premièrement pour être reconnue comme victime au sens juridique, pour se reconstruire, ou tenter de le faire. Deuxièmement (après enquête et preuves des faits reprochés) pour que l’agresseur soit déféré devant la justice et écroué s’il est reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés. Toute personne à des devoirs, mais également des droits :

    • Portez plainte au commissariat le plus proche en ville ou en zone rurale auprès de la gendarmerie ;
    • Signaler un viol ou une agression sexuelle en ligne ;
    • Quelles sont les violences sexuelles ? ;
    • Les infractions sexuelles sur majeur, mineur entre 15 et 18 ans et moins de 15 ans.
  • L’avortement devient légal en Colombie

    L’avortement devient légal en Colombie

    Dans ce pays d’Amérique du Sud, l’avortement était passible d’une peine maximale de quatre ans et demi de prison. Dans sa toute bonté la loi colombienne autorisait l’interruption volontaire de grossesse pour trois motifs, seulement depuis 2006 : viol, malformation du fœtus ou risque pour la santé de la mère, sans limite de temps. La Cour constitutionnelle colombienne rend un arrêt emblématique par cinq voix contre quatre, l’avortement libre et légal jusqu’à 24 semaines de gestation est garanti, à effets immédiats.

    Il a fallu 518 jours à la Cour constitutionnelle colombienne (CC) pour accoucher d’un arrêt historique, quasiment deux grossesses portées à terme. Le 21 février 2022, la plus haute instance juridique comprend neuf membres, cinq hommes et quatre femmes. Les juges Antonio José Lizarazo, Alberto Rojas Ríos, José Fernando Reyes, Diana Fajardo Rivera et Julio Andrés Ossa ayant voté pour. La population est composée de fervents pratiquant de la religion. Après un débat acharné, conclu par cinq voix contre quatre, l’avortement libre et légal jusqu’à 24 semaines de gestation a été garanti. Au-delà il est illégal et susceptible de vous envoyer en prison.

    L’avortement ne sera punissable que lorsqu’il sera pratiqué après la vingt-quatrième semaine de gestation et, en tout état de cause, ce délai ne sera pas applicable aux trois cas dans lesquels l’arrêt C-355 de 2006 prévoyait que le délit d’avortement n’est pas encouru.

    Antonio José Lizarazo. Cour constitutionnelle colombienne

    Les motifs que reconnaissait la législation colombienne étaient la malformation du fœtus, la connaissance charnelle violente ou fécondation non consensuelle, et le risque pour la santé physique et mentale de la femme. Ils restent établis jusqu’au dernier moment de la grossesse.

    L’origine du mouvement

    Le chemin vers la dépénalisation de l’avortement a connu des hauts et des bas depuis le début du XIXe siècle. En 2005, l’avocate Monica Roa a déposé un recours constitutionnel contre quatre articles du Code pénal pour violation de trois droits, dont celui au libre développement de la personnalité. Un an plus tard, la Cour constitutionnelle lui donnait raison et a procédé à la reconnaissance de l’autonomie des femmes sur leur corps. À partir de ce moment, elle a établi les conditions dans lesquelles l’avortement n’était plus sanctionné lorsqu’une femme était maltraitée, que sa vie fût en danger ou en raison de la malformation du fœtus. Maintenant, la Cour constitutionnelle a conditionné, mais pas éliminé, l’avortement du Code pénal colombien.

    La joie des manifestantes n’est pas dissimulée suite à la victoire obtenue au forceps, par cinq vois contre quatre. Le combat continue tant que restera un endroit sur terre où ne sera pas respectée l’équité des droits et devoirs entre femmes et hommes. (Crédits : Luisa Fernanda González/Reuters)

    Cette décision est le résultat d’une demande de groupes féministes déposée en 2020, dont le juge Antonio José Lizarazo est partie prenante. Il est l’un des responsables de l’étude de l’action en justice, présentée par le mouvement Causa Justa, mais pas que. Il est surtout le défenseur de l’idée que « l’avortement en tant que crime ne respecte pas la Constitution, la vie de la femme enceinte ou la liberté des femmes ». Chaque année, elles sont 400 à être incarcérées, ce jusqu’à 54 mois de prison pour avoir interrompu volontairement une grossesse, impensable en France. Quoiqu’avant 1975 et la loi Veil, nous n’étions pas mieux loties.

    Année18701890189519001905
    Femmes emprisonnées1518262816
    Année19101920192519301935
    Femmes emprisonnées34123361332277
    Année19431945196019651970
    Femmes emprisonnées38853820289588350
    Année19711972197319741975
    Femmes emprisonnées527354671013
    Le nombre de femmes reconnues coupables et déférées, jusqu’en 1975 d’avortement a connu un pic monstrueux sous le gouvernement de Vichy.
    (Crédits : La France en chiffres, de 1870 à nos jours. De Olivier Wieviorka, Julie Le Gac, Anne-Laure Ollivier et Raphaël Spina)

    Depuis deux décennies, la loi fixe à douze semaines de grossesse, et quatorze en cas d’aménorrhée, la période pendant laquelle une femme peut demander une interruption de grossesse. Comme en Colombie l’avortement, lorsque la grossesse met en danger la vie de la femme, quand le fœtus est atteint d’une maladie grave et incurable au moment du diagnostic, peut être pratiqué au-delà de ce délai, et sans limite de temps.

    Sur fond d’élections

    À trois semaines des législatives, les éloges de n’importe quel candidat sont hauts en couleur. « Un triomphe pour les femmes de notre pays. La lutte contre le patriarcat continue », a déclaré Francia Márquez, pré-candidate à la présidence du Pacte historique. « Une étape fondamentale a été franchie pour garantir la pleine citoyenneté des femmes », a soutenu Juanita Goebertus, membre du Congrès pour Alianza Verde. « Pour vous, pour eux, pour tous ! La voie a toujours été la décriminalisation », a célébré Profamilia.

    L’élimination de tout obstacle à l’exercice des droits sexuels et reproductifs reconnus dans cet arrêt, l’existence d’instruments de prévention de la grossesse et de planification, le développement de programmes éducatifs sur l’éducation sexuelle et reproductive pour toutes les personnes, […] des mesures qui garantissent les droits des personnes […] qui souhaitent avorter.

    Cour constitutionnelle de Colombie

    « La dépénalisation de l’avortement est un pas contre la discrimination dont souffrent les femmes », a déclaré Alejandro Gaviria, l’ancien ministre de la Santé et le candidat à la présidence lors des élections du 29 mai 2022. Tous ne sont pas du même avis que la cour. « La Constitution colombienne dit que la vie est le droit fondamental de tous les Colombiens et que c’est le point de départ de tous les autres droits », regrette le président de la Conférence épiscopale, Monseigneur Luis José Rueda.

    Humberto de la Calle, ancien négociateur dans le processus de paix avec les FARC et le candidat au Sénat pour la Coalición Centro Esperanza, a estimé que cet arrêt place la Colombie à « l’avant-garde des droits ». (Crédits : Getty Images)

    Chaque groupe politique y va de son épigraphe envers ses partisans à trois semaines des élections. C’est ainsi que le Centro Democrático, ancien parti du président Álvaro Uribe, et l’un des adhérents au Forum de Madrid avec lequel Vox promeut l’unité de l’ultra-droite hispano-américaine s’est exprimé : « Où sont protégés les principes et les valeurs de notre société, de notre famille et surtout de nos enfants ? » A contrario le sénateur du Polo Democrático, Iván Cepeda Castro estime qu’il y a eu « des progrès substantiels dans le respect des droits des femmes, de leur liberté et de leur autonomie ».

    La Colombie rejoint la vague de changements déjà en cours dans d’autres pays de la région comme l’Argentine, le Chili, l’Uruguay et le Mexique. (Crédits : Luisa Fernanda González/Reuters)

    Cet arrêt constitue une nouvelle étape pour la CC, qui protège depuis longtemps les droits sociaux et démocratiques dans un pays qui tente d’oublier l’épisode des FARC. Très loin de la France et de l’Europe, même s’il reste beaucoup à faire, nous Françaises avant des droits que les Colombiennes connaissent depuis peu. En effet, la Cour constitutionnelle colombienne a empêché la réélection indéfinie, approuvé l’égalité du mariage et défini des orientations concrètes pour garantir les droits des femmes à la santé, à l’éducation et à la politique dans un pays où il n’existait pas de loi sur les quotas il y a encore quelques années.

  • Les violences faites aux Femmes (2e partie)

    Les violences faites aux Femmes (2e partie)

    Un évènement judiciaire va ébranler la France, il y a quarante-trois ans. Le procès d’Aix-en-Provence en 1978, qui fut électrique et symbolique à bien des égards, a marqué l’Histoire en ouvrant la réflexion, plus que nécessaire sur une nouvelle définition du viol. Alors que les actrices contemporaines de ce monde ont déferlé avec les mouvements #Metoo et #Metootinceste, les affaires #Weinstein comme #Epstein, ne cessent de révéler de sombres chapitres supplémentaires.

    C’est l’histoire de deux jeunes femmes qui changea à jamais le regard de la société française. Imaginez-vous, au mois d’août 1974, vous, de la même manière que beaucoup de personnes, filez affichant le sourire de circonstance vers le soleil et le sable fin des plages. Le choix de la destination est le vôtre, comme le fut celui d’Anne Tonglet et de sa compagne Aracelli Castellano. Ce couple de touristes belges souhaite rejoindre un camp naturiste de Sugiton, mais le mauvais temps les oblige à bivouaquer dans sur la calanque de Sormiou, près du port de Morgiou dans les Bouches-du-Rhône. C’est alors qu’un jeune homme les interpelle, elles l’éconduisent fermement, il recommencera le lendemain, pour le même résultat. Accompagné d’Albert Mouglalis, ouvrier de 24 ans, et Guy Roger, maçon de 29 ans, père de cinq enfants, Serge Petrilli, serveur âgé de 22 ans reviendra dans la nuit du 21 au 22 août 1974, une fois la soirée terminée au bar le Nautic. Avec la ferme intention de se venger dira-t-il aux gendarmes.

    J’ai essuyé un refus blessant. Cela était intolérable et je m’étais promis de me venger

    Serge Petrilli. Le figaro

    Le procès des trois auteurs présumés commençait, le mardi matin 2 mai 1978, devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône, présidée par M. Marcel Fourgeaud. Les trois hommes, représentés par Mes François Tubiana, Gilbert Collard et Jean-Claude Simoni, plaidaient non coupables en face d’un jury composé de sept hommes et deux femmes. Les deux femmes affirmaient, quant à elles, avoir été violées. Les avocats de la partie civile étaient la défenseure des droits des femmes Gisèle Halimi et Agnès Fichot.

    Josyane Savigneau, journaliste couvrait le procès pour Le Monde : « Je n’avais plus l’énergie de réagir, indique Anne ; aucun son ne sortait de ma bouche […] Mais nous avons dû “subir”, contrairement à ce que semble nous faire dire le procès-verbal de nos déclarations au juge d’instruction. […] Aracelli Castellano, enceinte après les faits de cette nuit-là, avortera quelques semaines plus tard ».

    « C’était extrêmement violent. Il y avait des crachats, on recevait des insultes, Gisèle Halimi a été giflée. C’était inouï », se rappelait Anne Tonglet dans L’Express.
    Propos que relatait le journaliste Claude Sérillon au micro de France 2. « C’étaient, à l’entrée comme à la sortie de l’audience les mèmes scènes. » (Crédits : capture d’écran INA)

    Malgré des débats extrêmement houleux, une ambiance nauséabonde à l’extérieur, les trois prévenus seront condamnés. Serge Petrilli à six ans de réclusion criminelle pour viol, Guy Roger et Albert Mouglalis n’écoperont que de quatre ans chacun pour « tentative de viol ». La circonstance aggravante de viol en réunion ne sera pas retenue, mais le regard juridique sur ce crime vient (enfin) de changer en France.

    Une femme violée est une femme cassée, c’est une femme éclatée, une femme qui, à mon sens, ne s’en remettra jamais

    Gisèle halimi. France 3 Reims. Ina. 26 mai 1977

    En 1975, il y aurait eu 22 000 viols en France, mais seules 1 600 femmes ont porté plainte. « Les femmes ne veulent plus se taire, les femmes veulent crier qu’elles en ont marre, elles en ont marre d’être violées, elles en ont marre d’être battues ». Il faudra attendre 1980 et la proposition de loi de la sénatrice Brigitte Gros, pour qu’il soit puni de 15 ans de réclusion criminelle. « Pour la première fois, a honte a changé de camp, devant tout le monde », martelait Anne Tonglet.

    Le rapport affiche 54 800 violences sexuelles en 2020. En 2019 les chiffres sont ahurissants : 11 568 viols sur majeurs, 11 971 viols sur mineurs, 13 669 harcèlements sexuels et autres agressions sexuelles sur majeurs, 18 636 pour les mineurs, et 15 013 atteintes sexuelles. (Crédits : SSMSI, base des crimes et délits enregistrés par la police et la gendarmerie, Gouv.fr)

    Le verdict fait un effet domino, il incite de nouvelles femmes à prendre publiquement la parole, dans les jours et semaines qui suivirent le procès, pour témoigner de leur propre viol. « Avant ce procès, personne n’en parlait. C’était tabou, explique Jacqueline Rémy, une toute jeune femme lorsque le procès commence. Il ne fallait pas se plaindre. Même les familles des victimes refusaient de l’entendre. Et si on allait au commissariat, les policiers ricanaient, le plus souvent. »

    Depuis 2020, Harvey Weinstein purge une peine de 23 ans de prison à New York. Accusé par 90 femmes au total, il encourt jusqu’à 140 années supplémentaires derrière les barreaux. L’ancien producteur lors d’une audience préliminaire à son procès au tribunal de Los Angeles, le 29 juillet 2021. (Crédits : Étienne Laurent-POOL-AFP)

    Les deux textes sont fusionnés et longuement débattus au Sénat puis à l’Assemblée nationale. Il faudra finalement attendre le 23 décembre 1980 pour que la loi soit promulguée. Elle établit le viol comme : « Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte ou surprise » dans l’article 222-23 du Code pénal. Cette nouvelle définition élargit donc le viol à tous les cas de pénétration sexuelle, et le réprime plus fortement par quinze ans de réclusion criminelle contre cinq auparavant. D’autres dispositions sont aussi adoptées : le huis clos n’est plus obligatoire, les associations peuvent se porter parties civiles et le nom des victimes ne doit pas apparaître sans leur accord. Des avancées comme autant de victoires pour ce « procès du viol » devenu historique.

    Libération de la parole

    Les plaintes pour violences sexuelles recueillies en 2019 croissent de 240 % depuis 2010 (2,6 fois quand la victime est majeure, 2,2 fois lorsqu’elle est mineure). Ce sont 56 000 victimes de violences sexuelles enregistrées en 2019, dont 55 % de mineures. L’augmentation, plus marquée depuis 2018, peut être liée avec l’évolution du dépôt de plainte, ce dans le contexte de l’affaire Weinstein et des différents mouvements, tel #MeToo, favorisant la libération de la parole.

    2010-20122013-20152016-2018
    Nombre de victimes déclaréesViolences sexuelles
    Violences physiques
    dont dans le ménage
    183 000
    961 000
    328 000
    208 000
    982 000
    311 000
    307 000
    862 000
    268 000
    Taux de prévalence (en %)Violences sexuelles
    Violences physiques
    dont dans le ménage
    0,4
    2,2
    0,8
    0,5
    2,2
    0,7
    0,7
    1,9
    0,6
    Taux de plainte (en %)Violences sexuelles
    Violences physiques
    dont dans le ménage
    5,7
    22,4
    10,3
    8,2
    20,5
    7,7
    20,3
    19,4
    9,0
    Le tableau relate les déclarations et les plaintes des personnes âgées de 18 à 75 ans victimes de violences physiques et sexuelles déclarées. Il est mis en ligne le 9 décembre 2021. (Crédits : Gouv.fr)

    La hausse des violences sexuelles enregistrées devant les services de sécurité résulte d’un double mouvement : les personnes déclarant avoir subi de telles atteintes sont plus considérables et elles portent plus fréquemment plainte. Ainsi, le nombre d’individus de 18 à 75 ans s’affirmant victimes de violences sexuelles augmente de 13,7 % entre les périodes 2010‐2012 et 2013‐2015, puis de 47,6 % entre 2013‐2015 et 2016‐2018, dans le contexte particulier de l’affaire Weinstein et du mouvement #MeToo. Sur le même laps de temps, le taux de plainte pour violences sexuelles a quasiment quadruplé entre 2010-2012 et 2016-2018. Il en résulte que quatre victimes sur cinq ne se sont pas rendues auprès des institutions de sécurité, dont les motivations sont effrayantes.

    Les justifications de non-déplacement glacent le sang. Surtout lorsque plus de 65 % des victimes indiquent que « cela n’aurait servi à rien », ou bien pire « ce n’était pas grave » pour 40 %. (Crédits : Gouv.fr)

    De plus, les victimes de violences sexuelles sont en très grande majorité… des femmes. Sur la période de 2010-2012 et 2016-2018, près de quatre d’entre elles sur cinq sont de la gent féminine, quant à celle comprise en 2013 et 2015, le taux bondit à plus de 85 %.

    À suivre

  • Les violences faites aux Femmes (1re partie)

    Les violences faites aux Femmes (1re partie)

    C’est un terme qui évoque et englobe tellement de choses, une succession de mots, qui traduisent souvent des maux. Cette locution semble appartenir qu’aux femmes. Mais quelles sont ces violences ? Lorsque le sujet est abordé, pléthore de personnes répondent de prime abord la sexualité. Est-ce vraiment que ces crimes, ou existe-t-il d’autres formes ? La violence se caractérise par la « force dont on use contre quelqu’un, contre les lois, contre la liberté publique, etc. »

    Partons d’un postulat, en 2011 naissait la petite Danica, à Manille, aux Philippines. Elle créait la liesse dans son pays, fier d’abriter la 7 milliardième locataire officielle de notre planète bleue. Selon l’Institut national d’études démographiques (INED), le nombre d’habitants sur terre était de 7 910 176 220, le 6 décembre 2021 à 11 h 51 (GMT). De plus, selon les données de l’ONU de 2019, s’il y a peu près autant de femmes que d’hommes sur Terre, ces derniers sont légèrement plus nombreux. En effet, pour cent femmes existent deux de plus, en 2020. Plus précisément encore, sur un millier de personnes, ils représentent 50,4 % (504) et par conséquent 496 sont des femmes (49,6 %).

    LieuPopulationFemmesHommesRatio Femmes/Hommes
    Finistère905 238464 799440 4391.05
    Hérault1 165 412607 643557 7691.09
    Nord2 592 1851 251 7851 340 4001.07
    Oise825 207422 127403 0801.05
    Pyrénées-Atlantiques679 354353 017326 3371.08
    Paris2 140 5261 135 6931 004 8871.13
    Vienne437 368226 590210 7781.08
    France64 812 05233 450 61331 361 4391.06
    Il y a donc plus de femmes en France que d’hommes, même si les naissances annoncent le contraire. (Source : Insee, Estimations de population 2019)

    S’il naît plus de garçons que de filles (106 garçons pour 100 filles), la mortalité y est plus forte chez la gent masculine, dans l’enfance, comme à l’âge adulte. Il faut attendre et atteindre entre 50 et 54 ans pour que l’égalité des sexes se prononce. Au-delà de cet âge, ce sont les femmes qui sont plus nombreuses, l’écart se creusant avec la maturité. Ainsi, huit centenaires sur dix sont des femmes en 2020.

    Qu’est-ce que la violence envers les femmes ?

    Cela regroupe et englobe l’ensemble des comportements violents, qui sont majoritairement perpétrés par des hommes, en individuel ou collectif, dirigés contre les femmes. Elles sont multiples et constituent une violation grave des droits humains et un obstacle majeur à la réalisation de l’égalité entre les femmes et les hommes explique la Convention d’Istanbul :

    • Mariages forcés
    • Grossesses forcées
    • Avortements forcés
    • Mutilations génitales
    • Lapidations
    • Défigurations à l’acide et autres crimes dits d’honneur
    • Esclavages
    • Agressions sexuelles
    • Violences conjugales et ordinaires
    • Violences psychologiques
    • Viols d’épuration ethnique
    • Trafic d’être humain
    • Esclavage sexuel

    La violence à l’égard des femmes exercée dans la famille et dans la société se répand partout, quels que soient le revenu, la classe sociale et la culture.

    ONU. 23 février 1994

    Il n’y a que depuis le 20 décembre 1993 et Déclaration sur l’élimination de toutes les aspects de maltraitance envers des femmes, qu’elles sont reconnues. Elle atteste d’une confirmation internationale du fait que les violences concernant la gent féminine constituent une violation des droits de l’Homme et une forme de discrimination à l’égard des femmes. L’ONU constate « avec préoccupation » que les femmes appartenant à des minorités, autochtones, réfugiées, migrantes, vivant dans des communautés rurales ou reculées, sans ressource, internées, détenues, les petites filles, handicapées, âgées et les femmes dans des zones de conflit armé, « sont particulièrement vulnérables face à la violence ».

    En France, l’État et les gouvernements, actuels comme passés, ont décidé de focaliser l’attention depuis peu sur les violences sexistes et sexuelles. (Crédits : Alexas_Fotos/Pixabay)

    Le 25 novembre 2017, le président de la République fraîchement élu, Emmanuel Macron, érigeait l’égalité entre les femmes et les hommes en grande cause du quinquennat : « Pour cela, je me suis en effet engagé à ce que la cause du quinquennat soit celle de l’égalité entre les femmes et les hommes et le premier pilier de cette cause, c’est bien la lutte pour l’élimination (complète) des violences faites aux femmes… pour que la honte change de camp… c’est une question de dignité pour notre République ».

    Qu’en est-il de l’équité des droits, des devoirs, des traitements et de la considération des deux genres de l’être humain ?

    L’Observatoire des violences

    La première information de cet observatoire date de novembre 2013, vingt années après la convention d’Istanbul. Mais le poste de secrétaire d’État à la condition féminine fut créé en 1974, sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing. La première personne à occupé ce poste est du 16 juillet 1974 au 24 août 1976 se nomma Françoise Giroud. Depuis et à grand renfort de communication, les lois, décrets diligentés par la chambre haute et basse (dont la majorité est constituée d’hommes) se targue d’avoir fait évoluer le cadre.

    En 2012, il y a eu 95 000 victimes et de tentatives de viols, dont 83 000 femmes et 13 000 hommes de 18 à 59 ans. (Crédits : Anemone123/Pixabay)

    Une évolution de ce dernier renforce la protection des victimes et la sanction des auteurs de ces violences, notamment la création d’une infraction d’outrage sexiste ou l’allongement du délai de prescription de 20 à 30 ans pour les crimes sexuels commis sur mineurs, etc. En 2012, il y a eu 95 000 victimes et de tentatives de viols. Sur ce nombre 17 % ne connaissent pas l’auteur, pour 31 % d’entre elles, l’auteur est connu, mais ne fait pas partie du ménage de la victime. Pour plus d’une sur cinq, l’auteur fait partie du ménage de la victime (au moment des faits) sans y être le conjoint, enfin l’auteur est le conjoint vivant avec la victime au moment des faits pour 31 %.

    Les démarches entreprises par les femmes victimes de viols et de tentatives de violsEffectifs%
    Nombre total de victimes83 000100
    A été vue par un médecin à la suite de cet incident24 00029
    S’est rendue au commissariat ou à la gendarmerie
    a déposé plainte
    a déposé une main courante
    24 000
    9 000
    11 000
    28
    11
    13
    A appelé un numéro vert, un service téléphonique d’aide aux victimes10 00013
    A rencontré des membres d’une association d’aide aux victimes7 0009
    A parlé de sa situation aux services sociaux9 00011
    A consulté un psychiatre, un psychologue28 00034
    N’a fait aucune des démarches citées ci-dessus38 00046
    « Pour faciliter les comparaisons, les chiffres représentés ci-dessus ont été calculés sur les femmes âgées de 18 à 59 ans et vivant en ménage dit ordinaire en métropole », indique l’étude. (Sources : Insee-ONDRP, enquêtes « Cadre de vie et sécurité » de 2010 à 2012)

    D’autres statistiques font froid dans le dos :

    Les démarches entreprises par les femmes victimes de violences conjugales physiques
    et/ou sexuelles vivant avec leur l’auteur des faits au moment de l’enquête
    Effectifs%
    Nombre de victimes habitant avec l’auteur des faits au moment de l’enquête131 000100
    A été vue par un médecin à la suite de cet incident36 00027
    S’est rendue au commissariat ou à la gendarmerie27 00020
    A appelé un numéro vert, un service téléphonique d’aide aux victimes11 0008
    A rencontré des membres d’une association d’aide aux victimes13 00010
    A parlé de sa situation aux services sociaux23 00017
    A consulté un psychiatre, un psychologue26 00020
    N’a fait aucune des démarches citées ci-dessus68 00052
    « Parce ce qu’elles atteignent la victime dans son intimité et qu’elles sont, le plus souvent, le fait de proches ; les violences conjugales et les violences sexuelles, diffèrent des autres types de violences. Cela justifie la mise en place de dispositifs spécifiques de prise en charge et d’accompagnement des victimes », explique le rapport.

    Dans cette investigation sont définies les violences physiques (gifles, coups et toutes autres violences physiques), sexuelles (attouchements et rapports sexuels non désirés et tentatives) avec le terme conjoint qui est à prendre de manière élargie. Il détermine l’ensemble de partenaires intimes (époux(se), concubin(e), pacsé(e), petit(e)-ami(e), etc.). Quant aux membres du ménage, ils sont les personnes vivant avec l’enquête au moment de l’enquête. Durant l’année 2012, 174 personnes sont décédées, victimes de leur partenaire ou ex-partenaire de vie, 148 sont des femmes et 26 des hommes.

    En 2012, une femme décédait toutes les soixante heures, victime de son compagnon ou de l’ex. Huit ans plus tard, 102 femmes on été tuées, soit une tous les 3,5 jours. Trente-six avaient subi au moins une forme de violences antérieures. (Crédits : Diana Cibotari/Pixabay)

    La moyenne macabre indique qu’une femme décédait tous les deux jours et demi, victime de son compagnon ou de son ex. De l’autre versant, un homme succombait tous les quatorze jours. Suite à ces faits, 51 hommes et 3 femmes auteurs ont mis fin à leurs jours. À ces faits, il faut ajouter 23 homicides (18 femmes victimes et 5 hommes) perpétrés au sein de couples dits non officiels (amants, maîtresses, petit(e)s-ami(e)s, relations épisodiques..) et six suicides d’auteurs.

    À suivre…