Une filiale suédoise du géant de la sécurité connectée Verisure a été victime d’un accès non autorisé. L’incident a été révélé le vendredi 17 octobre 2025, par un communiqué. C’est également la date où Dairy Farmers of America confirme que la cyberattaque du mois de juin a causé la fuite de données personnelles. Outre manche, la facture est très salée pour Jaguar-Land Rover et l’industrie britannique, qui affiche la somme astronomique de 2,5 milliards d’euros. Ces trois événements font écho aux cyberattaques toujours aussi nombreuses et dévastatrices.
Le ransomware Play est l’un des plus prolifiques depuis la « mise en sommeil » de LockBit. Il placarde, depuis sa première découverte 1052 victimes. Le groupe cible en particulier les États-Unis. Ils procéderaient, selon le CISA, par l’achat probable de véritables comptes ainsi que l’exploitation des données.
Fuite de données en Suède pour Verisure
Sur un communiqué officiel daté du 17 octobre, Verisure indique avoir détecté « un accès non autorisé d’un tiers » concernant des données liées à sa filiale suédoise Alert Alarm, stockées sur le système d’un prestataire externe de facturation. L’entreprise n’a pas fait plus de communication.
Selon l’enquête diligentée par la société, les informations compromises contiennent des prénoms, noms, adresses postales, adresses e-mail ainsi que des numéros de sécurité sociale (personnummer) d’environ 35 000 clients actuels et anciens de Alert Alarm. La firme suédoise dessert moins de 6 000 clients actifs à l’heure actuelle.
Verisure affirme qu’à ce stade « aucune preuve d’intrusion dans son propre réseau ou système » n’a été relevée.
Dairy Farmers of America
C’est au mois de juin que le ransomware Play revendique l’attaque contre l’entreprise DFA. Sur leur site de fuite, 74 fichiers compressés de 500 Mo et un de 345,5 Mo sont affichés. Soit plus de 45 Gb de données confidentielles.
C’est à nouveau des fuites de renseignements de 4546 personnes qui se retrouvent sous les feux des projecteurs. Les informations volées sont les prénoms, les noms, les numéros de sécurité sociale, le permis de conduire ou les numéros d’identification délivrés par l’État, les dates de naissance, les numéros de compte bancaire et les numéros Medicare ou Medicaid.
Dans la lettre adressée aux autorités compétentes, la société confirme la détection de l’intrusion non autorisée en date du 13 juin, commencée le 11 par une campagne d’ingénierie sociale. Cela touche l’ensemble des succursales de l’Iowa à l’Oregon, du Nouveau-Mexique, Columbia, Maryland, New York, Caroline du Nord et Rhode Island (Crédits : Mike N/Pexels)
L’enquête aboutie le 15 septembre dernier. Il s’avère que deux jours avant la détection les cybercriminels étaient déjà au cœur de l’entreprise. Les risques à venir sont réels : les données exposées que sont les identifiants, les adresses, les numéros personnels, etc. peuvent être réutilisées pour du phishing ciblé, du vishing ou encore du vol d’identité. Alors, les victimes bénéficient de deux ans de services de protection de l’identité.
Le fournisseur d’accès à l’Internet Orange Espagne a souffert d’une cyberattaque mercredi 3 janvier 2024. Si l’opérateur mentionne que l’installation était pratiquement revenue à la normale le jour même, la secousse du dysfonctionnement a bien été ressentie. La personne, dont le pseudo est « Snow » à l’origine de cette intrusion explique que le mot de passe n’était pas approprié. Des bots auraient été utilisés, mais une compromission par un infostealer semble plus que probable, comme le célèbre Raccoon stealer.
La société Orange en Espagne a subi mercredi 3 janvier 2024 dans l’après-midi une cyberattaque. La conséquence fut la chute de l’accès à l’Internet pour l’ensemble de ses clients ibériques. Ce que confirme la société de téléphonie mobile via le réseau social X (ex-Twitter) : « Le compte d’Orange au Centre de coordination du réseau IP (RIPE) a subi un accès non autorisé qui a affecté la navigation. » Snow déplore sur le niveau de sécurité, indiquant même que le mot de passe serait « ripeadmin » et le manque d’authentification à double facteur (2FA).
Les équipes de vx-underground ont dévoilé une capture d’écran relayée sur X (ex-Twitter) de la compromission d’Orange. Celle-ci démontre que l’enquête d’Hudson Rock indique le même mot de passe mentionné par Snow.
Des informations indiquent que la famille d’info stealer est de type Raccoon, que la détection remonte au 4 septembre 2023 peu après 15 h 30. Le fait de prendre le contrôle d’un compte d’administration d’un opérateur tel qu’Orange, permet d’administrer vers des routes nouvelles. Donc d’attribuer des possibilités vers de nouvelles plages d’adresses IP.
(Crédits : Hudson Rock)
Le RIPE NCC se définit par « Réseaux IP Européens – Network Coordination Centre », elle est une organisation à but non lucratif. Son but la distribution des ressources internet, telles que les adresses IPv4, IPv6, les numéros d’Autonomous System (ASN) utilisés pour le routage entre opérateurs (avec l’utilisation du protocole BGP). Le RIPE dessert l’Europe, le Moyen-Orient et une partie de l’Asie.
Mais qu’est-ce que c’est que ça ?
Internet est une toile, un réseau de réseaux. Deux ordinateurs connectés forment un réseau. Mais ils ont besoin de protocole pour échanger. C’est à ce moment qu’intervient l’AS. L’Autonomous System est un très grand réseau ou groupe de réseaux ayant une politique de routage interne cohérente. « Chaque AS se voit attribuer un ASN unique, qui est un numéro permettant d’identifier l’AS ».
Chaque AS contrôle un certain nombre d’adresses IP. « En général, chaque AS est exploité par une seule grande organisation, par exemple un fournisseur d’accès à Internet, une grande entreprise technologique, une université ou une agence gouvernementale », explique Cloudflare.
Le BGP (Border Gateway Protocol) est un protocole d’échange de route externe, issu de l’EGP (exterior gateway protocol), utilisé sur le réseau Internet. En 1966, aux États-Unis, le premier réseau à transfert de paquets de données est conçu par la DARPA (Defense advanced research Projects Agency). Il est connu comme l’ancêtre de notre Internet, le fameux réseau ARPAnet.
(Crédits : RÜŞTÜ BOZKUŞ/Pixabay)
Chaque AS utilise ce protocole pour indiquer les adresses IP de direction pour la distribution des paquets. L’Internet Protocol (IP) est utilisé pour le routage. Sans lui ils rebondissent sur l’internet sans trouver la destination. Le BGP est un élément fondateur de l’Internet. Boris Rogier écrit sur Kadiska que « comme elle doit être configurée manuellement, elle est sujette aux erreurs humaines ainsi qu’aux attaques de sécurité. Dans un contexte de services numériques mondiaux, la surveillance du comportement de BGP en termes de découverte de chemins, de surveillance des performances, ainsi que de changements de chemins, devient critique ! »
Le voleur de mots de passe : Raccoon stealer
Le mot de passe est partout. Par manque de culture « informatique », utopisme ou fainéantise, tout un chacun use du même : un vrai bonheur pour les cybercriminels. D’autant que depuis avril 2019, le plus populaire des infostealer est né : Raccoon. Le 14 août 2023, le raton laveur annonçait son retour. L’information était partagée sur le compte X (ex-twitter) de vx-underground.
Mark Sokolovsky à la genèse du Raccoon infostealer est en prison depuis le mois d’octobre 2022. Sauf qu’à chaque fois qu’un individu, ou un groupe est arrêté, son code demeure. Dans l’acte d’accusation du FBI, plus de 50 millions d’identifiants (courriels, comptes bancaires, numéros de cartes de crédit, sites WEB…) avaient été volés via cet outil en 2022.
« Après la perte de notre coéquipier, nous avons pris la décision de ne pas abandonner notre projet et de continuer notre travail en son honneur. Raccoon Stealer 2.0 a été entièrement codé depuis le début. Nouveau back-end, nouveau front-end, absolument nouveau logiciel de vol », affirme le collectif.
(Crédits : 3export)
Ce logiciel se déploie classiquement. Une fois votre terminal compromis, le cybercriminel peut dérober les données d’environ 60 applications différentes. Le tableau de configuration du Raccoon v1 ci-dessus permet de nombreuses possibilités. « Notre équipe a travaillé sans relâche pour vous apporter nos derniers développements qui enrichiront votre expérience avec le stealer. Nous sommes fiers de vous présenter la mise à jour avec la version numéro 2.3.0. Les changements ont été implémentés sur la base du feedback et de l’analyse des besoins de nos clients et des tendances du marché. »
Plus d’un demi-million de Françaises et Français affectées. Après la divulgation détectée en Bretagne, il y a quelques mois de cela, c’est encore une fois une fuite des données de santé qui potentiellement se retrouve sur la toile. Le secteur de la santé reste une cible de choix pour les cybercriminels, à l’instar de Lapsus$ et l’attaque du ministère de la Santé brésilienne, en 2021. Hasard du calendrier, quand en France, le gouvernement vient de lancer sa campagne pour « Monespacesanté », et que les premiers mails et courriers parviennent aux assurés de l’hexagone.
L’organisme annonce dans un communiqué avoir détecté une fuite de données affectant 510 000 de ses affiliés. Elle spécifie également que parmi les données dérobées se trouvaient « des données d’identités (nom, prénom, date de naissance, sexe) ainsi que des données relatives aux droits (déclaration d’un médecin traitant, attribution de la complémentaire santé solidaire ou de l’aide médicale d’État, éventuelle prise en charge à 100 %) ».
En l’état des investigations, qui se poursuivent, 510 000 assurés sont concernés par cette fuite de données. Ceux-ci seront informés individuellement de cet incident et sensibilisés au risque accru d’hameçonnage dont ils pourraient faire l’objet. (Crédits : capture d’écran/Assurance maladie)
L’Assurance Maladie précise avoir détecté le phénomène aux alentours du 11 mars 2022, et explique que les adresses IP utilisées pour réaliser cette collecte d’informations ont été immédiatement bannies et les comptes compromis réinitialisés. Il ressort des premières analyses que les opérateurs ont pu se connecter à 19 comptes de professionnels de santé dont les adresses e-mail avaient été compromises. Elle indique que les personnes concernées par cette fuite de données seront prévenues individuellement et « sensibilisées au risque accru d’hameçonnage dont ils pourraient faire l’objet ». L’Assurance Maladie a adressé une notification à la CNIL le 16 mars 2022 et dépose ce jour une plainte pénale.
Mon espace Santé
Hasard du calendrier, les premier courriels concernant « Mon espace santé » sont arrivés sur les boites mail cette semaine, en fonction de l’échéancier préétabli. Il contient « un Dossier médical partagé (DMP), ou espace de stockage et de partage d’informations médicales, une messagerie sécurisée, un agenda ainsi qu’un catalogue de services numériques de santé. » Selon le Ségur du numérique en santé, son ambition affichée est de « généraliser le partage fluide et sécurisé de données de santé entre professionnels et usagers pour mieux soigner et accompagner. » À l’instant même où des comptes de professionnels de santé viennent d’être « piratés ». Sera-t-il protégé à 100 % ? Rien de plus simple, la réponse est non. Je suis catégorique, car, je me suis amusée à effectuer le MOOC l’ANSSI. Vous y trouverez l’ensemble des informations pour « vous initier à la cybersécurité, approfondir vos connaissances, et ainsi agir efficacement sur la protection de vos outils numériques. Ce dispositif est accessible gratuitement. Le suivi intégral de ce dispositif vous fera bénéficier d’une attestation de réussite. » Il n’a pas vocation à déterminer votre choix sur « Mon espace santé », mais de voir plus clair sur ce qu’est l’Internet.
La fuite ne concernerait pas « les coordonnées de contact (e-mail, adresse, téléphone) et coordonnées bancaires, ainsi que les données relatives aux éventuelles pathologies/maladies et à la consommation de soins, ne sont pas concernées », assure l’organisme. (Crédits : capture d’écran/Assurance Maladie)
Deux points de vue vont alors s’affronter. Le premier est l’individu ultra connecté, qui ne peut pas faire un pas sans son ordiphone, ou smartphone. « Plus besoin de s’embêter à tout apporter à chaque visite médicale. Quand on a des enfants, c’est pratique. Dès que c’est opérationnel, je le ferais », explique une personne interrogée. De l’autre, des voix, comme la Quadrature du Net s’alarme. « Nous avons passé en revue les fonctionnalités de Mon Espace Santé et force est de constater qu’elles présentent des insuffisances alarmantes en matière de respect du consentement et de gestion des données de santé. » Vous avez le choix d’accepter la création, ou de vous y opposer. À défaut de choix, votre espace sera crée automatiquement. Si vous faites machine arrière, et que vous souhaitiez clôturer votre espace santé « vos données seront conservées 10 ans. Vous pouvez demander la suppression de toutes vos données, de celles de votre enfant ou de la personne majeure dont vous assurez la représentation lors de la clôture de Mon espace santé. » Votre choix sera le bon, car il est celui qui vous convient le plus.
Le 10 juillet 2021, une enquête, débutée il y a plus d’un an après de multiples plaintes, a débouché sur l’arrestation de seize personnes à travers toute l’Espagne. Les prévenus sont détenus pour des délits présumés de fraude et d’appartenance à une cellule criminelle. La « Guardia Civil » a démantelé un réseau d’escroqueries sur Internet qui usurpaient l’identité de la direction générale de la circulation (DGT) et de la Poste, entre autres. Des techniques de phishing et de spoofing sur de nombreuses victimes sont mises en place.
Une opération de Police aboutie à l’arrestation de 16 personnes à travers la péninsule ibérique. De l’usurpation d’identité aux courriels, pour détourner de fortes sommes d’argent à l’insu des victimes. « Aguas Vivas » de la Guardia Civil (Gendarmerie en France) triomphe d’une entente de malfaiteurs dédiée à la réalisation de malversations sur Internet.
La Guardia Civil démantèle un réseau d’escrocs
Cette opération a permis l’arrestation de 16 personnes dans diverses villes de la péninsule Ibérique. Elles s’effectuent à Ribeira, Madrid, Parla et Móstoles, Seseña, Villafranca de los Barros et Aranda de Duero pour les délits présumés d’escroquerie et d’appartenance à une organisation criminelle. Ils recouraient au spoofing (technique d’usurpation d’adresse de courriel), selon les forces de l’ordre espagnoles.
L’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) la définit par l’« action malveillante qui consiste à utiliser délibérément l’adresse d’un autre système en lieu et place de la sienne ».
Les gendarmes de l’Internet ajoutent que cette action doit être rapprochée de l’usurpation d’identité, considérée comme un délit par le droit pénal français. L’idée est de faire passer son système d’information pour un autre. L’adresse usurpée peut être une adresse MAC (Media Access Control), une adresse IP (Internet Protocol), une adresse de messagerie, etc.
Le nombre d’e-mails envoyés par jour avoisine les 293 milliards en 2019, les prévisions pour l’année 2022 ciblent 347 milliards. Cela représente 1,4 milliard en France, sachant que chaque français possède, en moyenne, plus de deux comptes. (Crédits : PublicDomainPictures/Pixabay)
Un groupe criminel structuré et hiérarchisé. Les escrocs présumés auraient installé un « logiciel » malveillant sur l’ordinateur de leurs multiples victimes en utilisant cette technique de spoofing. C’est-à-dire l’envoi frauduleux d’e-mails à travers lesquels les attaquants supplantaient l’identité d’organismes, tels que l’Agence des impôts, le Trésor public, la DGT ou encore la Poste.
Des demandes de règlement de dettes fiscales, d’amendes routières ou de récupération de colis… pour lesquels ils devaient ouvrir un lien contenu dans le courriel reçu, pour en connaître les détails. En cliquant, une redirection s’opère à une adresse, ou à une page Web. Sur celle-ci, le programme malveillant s’installe en arrière-plan après son téléchargement. Ils auraient ainsi réussi à détourner, vers leurs comptes, d’importantes sommes d’argent, rapporte le communiqué de la Guardia Civil.
Les services de la Benemérita lors de la perquisition d’un domicile visé par l’enquête. (Crédits : DR)
L’association est parfaitement structurée et hiérarchisée en quatre échelons. D’une part, certains individus se consacrent à recevoir les montants des transferts frauduleux (niveau 1), qui sont transmis à d’autres membres de l’organisation (niveau 2). D’autre part, certaines personnes ont déplacé l’argent vers de nouveaux comptes situés à l’étranger (niveau 3) et, enfin, d’autres ont masqué le fonctionnement en ligne des comptes (niveau 4).
Plus de trois millions d’euros bloqués
Une fois installé sur le terminal, il reste en sommeil, jusqu’au moment où l’utilisateur accède à n’importe quel site Web de sa banque et exécute une transaction financière. À cet instant, le code malveillant interceptait et modifiait les données émises, de sorte que les bénéficiaires des opérations fiduciaires soient les 30 comptes bancaires appartenant au réseau criminel.
Ensuite, on répartit l’argent sur divers comptes. Mais aussi extrait du circuit par des retraits d’espèces dans des distributeurs automatiques de billets (DAB), des transferts BIZUM, des cartes REVOLUT, etc., afin de noyer les recherches d’une éventuelle enquête de police.
Les forces de l’ordre, en collaboration avec le département informatique du Conseil provincial de Cáceres, ont détecté une activité suspecte dans des comptes de messageries. C’est au sein de 68 de ces derniers, appartenant à des organismes officiels, que les enquêteurs découvraient l’infection par les chevaux de Troie « Mekotio » et « Grandoreiro ». Les véritables échanges de courriels représentent moins de 20 % de la totalité des e-mails reçus. Les spams et hameçonnages sont à 65 %, les publicités à 15 % et les virus, malware ou ransomware tout juste 1 %. (Crédits : Ryan McGuire/Pixabay)
Ils étaient en attente d’effectuer les opérations délictueuses. Les agents ont réussi à bloquer des tentatives de transfert pour un montant de 3 500 000 euros, après avoir analysé plus de 1 800 courriels. En outre, la police a élucidé 20 délits de fraude pour un total de 276 470 euros, dont elle a pu récupérer 87 000 euros.
Quelles sont les conduites à adopter ?
« En dépit de mécanismes additionnels et correctement utilisés, les courriels ne garantissent en rien l’authenticité d’un émetteur et encore moins l’intégrité d’un courriel », martèle un œil averti. C’est en cela que l’ANSSI exhorte tout un chacun à adopter cinq réflexes. Avec en préambule un conseil avisé : « N’importe qui peut vous envoyer un courriel en se faisant passer pour un autre ! Cela n’est pas beaucoup plus compliqué que de mettre un faux nom d’expéditeur au verso d’une enveloppe. N’ayez pas une confiance aveugle dans le nom de l’expéditeur ». Le premier demeure dans le fait d’être attentif à tout indice qui initierait le doute quant à l’origine réelle du courriel.
« Vous devez admettre que dans le domaine de la messagerie électronique, il n’existe pas d’expéditeur a priori de confiance », appuie l’agence nationale. Puis se méfier des pièces jointes, en ayant votre antivirus activé et à jour, mais pas seulement. Dans le cas d’un comportement anormal, exigez qu’un professionnel contrôle votre poste. Les requêtes de confirmation d’informations confidentielles (mots de passe, code PIN, coordonnées bancaires…) ne s’effectuent pas via un courriel. En cas d’incertitude, on n’a qu’à requérir auprès du correspondant la reconnaissance de sa demande, bien sûr par le biais d’un nouveau, et non en répondant à celui reçu (phishing).
La confiance doit être remise en doute à chaque ouverture du poste, et souligner toute anomalie auprès du responsable compétent. (Crédits : TheDigitalWay/Pixabay)
Une technique plus simple qu’il n’y paraît avec votre souris. Il suffit de passer cette dernière au-dessus du lien et observer l’adresse de renvoi. « De manière générale, il est préférable de saisir manuellement l’adresse dans le navigateur. » Enfin, configurez correctement votre logiciel de messagerie. « Il faut conserver vos logiciels à jour, si possible en activant la procédure de mise à jour automatique. Puis paramétrer votre logiciel de messagerie pour désactiver la prévisualisation mécanique des courriels. Dans les paramètres de sécurité en options, interdisez l’exécution systématique des ActiveX, des plug-ins et les téléchargements, soit en les désactivant, soit en imposant de vous en demander l’autorisation. Enfin, dans un environnement sensible, lisez tous les messages au format texte brut », conclut l’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information.
C’est un pavé dans la mare qui va effrayer de nombreux parents tout autour du globe. Un homme, de citoyenneté britannique, a été appréhendé dans la ville de Benidorm, en Espagne, le 20 juin 2021. La police nationale a arrêté un pédophile présumé qui est accusé d’avoir eu accès illégalement aux caméras de surveillance domestique de plus de 70 familles dans différents pays, et d’avoir ainsi obtenu plus de 1 000 enregistrements d’enfants nus. Le détenu s’est proposé en baby-sitter à domicile et a travaillé comme professeur d’anglais privé.
Imaginez que les dispositifs que vous venez d’aménager pour sécuriser votre résidence soient utilisés à mauvais escient, et à votre insu. Dans le film « Une souris verte» de Mathias Ledoux, un informaticien installait des webcams et les piratait. Cette œuvre cinématographique dans lequel joue Edward Furlong, est une fiction, l’information dans cet article est une réalité crue et nue.
Plus de 1000 enregistrements vidéos
Un professeur d’anglais arrêté pour avoir filmé des enfants en tenue d’Adam. Il aurait harcelé sexuellement au moins onze mineurs ayant accédé à des chats vidéo. Il les enregistrait dénudés et les menaçait parfois. L’homme était très actif sur les réseaux profonds du Net. Ainsi, il avait organisé un système de vente de matériel pédopornographique en échange de bitcoins, ou d’images d’abus capturés par leurs clients, rapporte la police espagnole dans un communiqué.
Tout commence lorsque des agents de la « Task Force Argos », le département de la police de l’État du Queensland, en Australie, ont trouvé des images sexuelles, de ce qu’ils soupçonnaient être un enfant de la région du Pacifique. Ces spécialistes, dans la poursuite de ce type de crime, après analyse, déclaraient que les images avaient été modifiées et téléchargées depuis l’Espagne. Les forces de l’ordre ibérique ont été informées et ont coopéré avec les officiers australiens pour identifier et arrêter l’auteur.
La « Task Force Argos » est une branche du service de police du Queensland, chargée d’enquêter sur l’exploitation et l’abus d’enfants en ligne. (Crédits : DR)
Lors de la perquisition, des images d’abus sexuels, des preuves d’utilisation de cryptomonnaies et de transferts d’argent vers la Roumanie ont été trouvées, par l’intermédiaire de personnes impliquées dans la prostitution de mineurs.
La police a également saisi une grande quantité de matériel informatique pour une analyse plus approfondie (huit disques durs, deux clés USB, deux téléphones mobiles et un ordinateur portable). Il a été ensuite découvert que l’homme aurait mis en place un réseau de trafic d’images pédopornographiques sur le dark web.
Les personnes concernées se voyaient proposer du contenu en échange d’un paiement en bitcoins ou de représentations d’abus perpétrés sur des enfants par eux-mêmes. Il est encore accusé de recel en tant qu’intermédiaire entre producteurs et consommateurs, contre commission.
Des échanges commerciaux ont été trouvés par les services de police, car, même virtuel, l’argent laisse des traces. (Crédits : MichaelWuensch/Pixabay)
Il est également désigné comme harceleur présumé d’une des victimes dont il avait rendu publiques les nouvelles scènes en photographie. Les agents allèguent aussi qu’il a été engagé par un adulte, pour obtenir des images sexuelles d’une cible pour 80 dollars par cliché.
Les caméras sont-elles vraiment sécurisées ?
Les caméras de surveillance IP (Internet Protocol) sont un dispositif de vidéosurveillance relié à Internet, par Wifi (sans fil) ou par câble Ethernet (filaire). Les vidéos sont lues depuis un moniteur, comme un ordinateur de bureau ou portable, une tablette ou un mobile. Elle permet de voir en direct les données enregistrées. Ces dispositifs sont très courants pour guetter les activités des enfants lorsque les parents ne sont pas à la maison et peuvent être consultés via des applications mobiles. Le nombre de caméras de vidéosurveillance est en constante augmentation, tout comme la caractéristique du rendu visualisable. Par exemple, les entrées d’immeubles résidentiels à Moscou sont équipées de caméras IP qui fournissent une bonne qualité d’image, même dans le noir.
« La confiance n’exclut pas le contrôle. » Les utilisateurs, comme les fabricants, privilégient la facilité d’utilisation à la sécurité de l’appareil. C’est le motif pour laquelle les caméras de surveillance peuvent être aisément piratées en forçant leur accès. Pour palier, mettre à jour régulièrement son firmware et utiliser des mots de passe sécurisés — les changer souvent —. Les enfants, adolescents sont les plus grands utilisateurs des moyens d’information, comme la visio, les webcams, et les moins bien informés sur les dangers. (Crédits : Marc Thele/Pixabay)
Éteindre les fonctionnalités inutilisées, activer l’accès « HTTPS », ajuster vos matériels pour isoler votre réseau interne de l’extérieur. Vous pouvez également vérifier vos différentes caméras IP, sur votre smartphone, votre tablette, votre ordinateur de bureau ou portable. Si vous croisez quelqu’un dans la rue avec un bout de sparadrap sur son smartphone, ou du papier collé avec du scotch sur le haut de son écran, ne vous moquez pas. Car sans sombrer dans la paranoïa, il sécurise sa vie privée, tout simplement, à condition de ne pas l’étaler sur les réseaux dits sociaux.