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  • Une arrivée triomphale à Paris pour le vainqueur du Tour de France

    Une arrivée triomphale à Paris pour le vainqueur du Tour de France

    Ce 23 juillet 2023, c’est Jonas Vingegaard qui triomphe de la Grande Boucle. Les journaux lui feront la part belle demain. Mais il y a cent ans, c’est un français Henri Pélissier qui s’offrait le 17e Tour de France. Il faut dire que juste après la Première Guerre mondiale, la victoire revenait à des Belges. Mais les amoureux de la petite reine sont tous uniques. Quand certains prennent des vacances pour admirer les coureurs dans les étapes de montagnes, d’autres s’endorment devant.

    « Enfin », exulta Séki du coin de table.

    « Quoi ? Hein, se réveilla Sépa. Quelle victoire ! »

    « Oui bien sûr, tu vas me dire que tu as tout vu ? » s’amusa-t-elle en avance.

    « Oui »

    La position devant le poste de télévision est adaptée pour une meilleure compréhension de l’épreuve cycliste. Personne ne dort devant le Tour de France, ils mettent juste en éveil certains sens plus que d’autres. (Crédits : Shanon/Pixabay)

    « Mais bien sûr, pouffa Séki. Tu me rappelles quelqu’un qui s’endormait devant, se réveillait dès que nous changions de chaîne, ou à l’arrivée. »

    « Mais ça demande de la concentration, c’est fatiguant, tu n’as pas idée », se moquait Sépa

    « Apparemment, je ne suis pas la seule à le dire et à le vivre », dit-elle en riant à gorge déployée

    « Tu peux me faire un résumé ? »

    « Oui, le temps que je cherche mes notes… Oh, regarde ce que je viens de trouver », s’écria-t-il avec le journal L’Ouest-Éclair de 1923 dans les mains.

    « J’aurais mieux fait de me taire… » pensa Séki

    Les titres sont éloquents, ce lundi 23 juillet 1923. Il faut dire que les Français attendaient un tricolore en maillot jaune depuis longtemps. Mais les rescapés franchissant la ligne ne sont que 48 sur 139. Les forçats parcouraient en quinze étapes, la distance de 5386 km à la vitesse moyenne de 24,23 km/h. Ils faisaient à l’époque un véritable tour de France, au sens figuré comme au littéral.

    Les distances des étapes variaient de 275 à 482 km. La plus longue fut de 1919 à 1924 celle reliant Les Sables-d’Olonne à Bayonne. Si Tadej Pogačar et Jonas Vingegaard comptent 4 Tours de France à eux deux, ils sont encore loin des extra-terrestres que sont :

    Jacques Anquetil (1957, 1961à 1964)

    Eddy Merckx (1969 à 1972 et 1974)

    Miguel Indurain (1991 à 1995)

    Bernard Hinault (1978, 1979, 1981, 1982 et 1985)

    Ils ont remporté 5 titres chacun.

    (Crédits : Wikipédia)

    Si le vainqueur de l’édition 2023 ne faisait plus guère de doute depuis la leçon de Vingegaard sur le contre-la-montre, la dernière étape et le final parisien enflamment toujours les passions. La couverture médiatique n’est pas la même il y a cent ans qu’aujourd’hui. Si nous sommes dans l’immédiateté avec nos smartphones, les passionnés se languissaient en ce dimanche 22 juillet 1923. Imaginez-vous au vélodrome du Parc des Princes, pour l’arrivée de la dernière et quinzième étape. Vous attendez, vous attendez… le retard cumulé sur l’horaire rend impatient, près d’une heure et demi. Mais la délivrance arrive pour quelques secondes de bonheur dans le final.

    Les tours effectués dans Paris sont pour les coureurs exceptionnels. La victoire de la dernière étape est mythique sur un palmarès. (Crédits : stokpic/Pixabay)

    Les coureurs partaient le matin de Dunkerque à 9 h. Ils profitaient de la fraîcheur de la nuit. Après plus de 5000 km, l’allure fut ralentie par la chaleur accablante. Il faudra attendre les derniers kilomètres pour que les cyclistes accélèrent. Sûrement galvanisés par les acclamations d’une foule enthousiaste. Les frères Pélissier, Henri et Charles menaient la danse dès Poissy. Un homme s’extirpait du peloton, et comptait 90 mètres d’avance à l’entrée du vélodrome. Goêthals remportait l’étape, Henri Pélissier le Tour et la deuxième place d’étape, son frère Charles finissait 6e. Ce dernier détient le record de victoires d’étapes sur une même grande boucle : huit. Cette performance ne sera égalée que par Eddy Merckx en 1970 et 1974 et Freddy Maertens en 1976.

  • Il y a cent ans… commençait le XVIe Tour de France

    Il y a cent ans… commençait le XVIe Tour de France

    Cinq mille trois cent soixante-quinze kilomètres en quinze étapes attendaient les 121 coureurs cyclistes en cette première journée du Tour de France 1922, le 25 juin. Les épreuves verront la plaine, puis la montagne, l’océan Atlantique avant la mer Méditerranée, et les Alpes avant les Vosges. En ce dimanche, les dix formations s’élançaient de la porte Maillot, pour un départ réel d’Argenteuil à 2 h. La dernière étape reliera Dunkerque à Paris sur 340 kilomètres le 23 juillet.

    Chaque spectateur a encore en mémoire la victoire du Belge Léon Scieur, dit la Locomotive en 1921. Il prit le maillot jaune de leader lors de la deuxième étape pour le conserver jusqu’à la 15e et dernière étape. Il affichait 18 min et 36 secondes d’avance du son compatriote Hector Heusghem et 2 heures 1 minute sur le français Honoré Barthélemy. Au menu de l’édition 1922, dix équipes, huit françaises, une belge et une italienne. Les amoureux de la petite reine sont scindés en deux groupes, 26 en première classe et 95 en seconde.

    La première édition du Tour de France se déroulait du 1er au 19 juillet 1903. La course cycliste était organisée par le journal L’Auto, et se déroulait en six étapes. L’édition 2022, du 1er au 24 juillet, comptera 21 étapes, pour un total de 3 328 km avec pas moins de 22 équipes. (Crédits : Le Petit Parisien/BnF/Gallica)

    Les quinze étapes :

    • 1re étape étape 25 juin Paris (Luna Park) — Argenteuil – Le Havre (388 km)
    • 2e étape 27 juin Le Havre — Cherbourg (364 km)
    • 3e étape 29 juin Cherbourg — Brest (405 km)
    • 4e étape 1er juillet Brest — Les Sables-d’Olonne (412 km)
    • 5e étape 3 juillet Les Sables-d’Olonne — Bayonne (482 km)
    • 6e étape 5 juillet Bayonne — Luchon (326 km)
    • 7e étape 7 juillet Luchon — Perpignan (323 km)
    • 8e étape 9 juillet Perpignan — Toulon (411 km)
    • 9e étape 11 juillet Toulon — Nice (284 km)
    • 10e étape 13 juillet Nice — Briançon (274 km)
    • 11e étape 15 juillet Briançon — Genève (SUI) (260 km)
    • 12e étape 17 juillet Genève (SUI) — Strasbourg (371 km)
    • 13e étape 19 juillet Strasbourg — Metz (300 km)
    • 14e étape 21 juillet Metz — Dunkerque (432 km)
    • 15e étape 23 juillet Dunkerque — Paris — Parc des Princes (325 km)

    Des noms sont évocateurs de palmarès, Philippe Thys vainqueur en 1913, 1914 et 1920, Firmin Lambot 1919, Léon Scieur 1921, puis des concurrents sérieux tels Hector Heusghem, Jean Alavoine, Christophe Barthélemy, Rossius, Deman, Bellanger, Mottiat, Sellier, Dejonghe, Goethals, Lenaers, Jacquinot, Tiberghien, Despontin, Dhers, Muler, Louis Heusghem, Vandaele, Masson, Degy, Grassin, Alancourt, Gremo, Gay. Concernant la seconde classe, ils ne sont pas moins méritants, se trouvent J. Pelletier, Forestier, Amene, Alpini, Nempon, Meyer, Constantin, Perel, Bordier, Beeckman, Leroy, Hudsyn, Archelais…

    Jacquinot s’imposait au Havre en 15 h 11 min 48 s après 381 kilomètres. Il devance de près de neuf minutes Eugène Christophe suite à une crevaison. « Ils sont partis cent vingt, quatre-vingt-deux d’entre eux ont abandonné, brisés les uns après les autres par l’effort surhumain de la gigantesque épreuve ». (Crédits : Le Petit Parisien/BnF/Gallica)

    La première étape était remportée par un tricolore Robert Jacquinot qui conservera la tunique du leader jusqu’aux Sables-d’Olonne. Le Belge Philippe Thys s’adjuge la victoire en Vendée. Eugène Christophe enfile à 37 ans le maillot jaune, et le porte trois jours. Jean Alavoine qui survolait les Pyrénées. Durant cinq jours, le « Gars Jean » est en jaune, et en tant que leader, Alavoine subit les assauts de Thys avant d’être vaincu par la malchance. Firmin Lambot (BEL) assure sa deuxième victoire finale sur le Tour à Metz. Il terminera en 222 h 8 min et 6 s, devant Jean Alavoine (FRA) à 41 min 15 s, et Félix Sellier (BEL) à 42 min 2 s. Ils ne seront que trente-huit à terminer la boucle, dont Daniel Masson avec 65 h53 min et 41 se derrière le double vainqueur 1919 et 1922. Il ne reste plus qu’une petite semaine avant le départ du contre-la-montre individuel à Copenhague, au Danemark pour la 109e édition du Tour de France.

  • Il y a cent ans… il tue une femme et se suicide

    Il y a cent ans… il tue une femme et se suicide

    Le titre pourrait être récent, pourtant il est contemporain, et arbore une centaine d’années. C’est le quotidien Le Matin qui relatait les faits le 10 avril 1922. Si le terme de féminicide est apparu dernièrement, au XXIe siècle, certains individus souhaiteraient ardemment qu’il rentre pour distinguer l’homicide volontaire d’une personne, à celui d’une femme à l’instant où ce crime est odieusement dirigé vers une femme, qui plus est lorsqu’elle est conjointe, concubine, épouse…

    Tout le drame se déroulait au sein de la ville balnéaire de Biarritz. Le traditionnel week-end de Pâques offrait à chacun qui le pouvait un avant-goût de libertés. C’est ainsi qu’un jeune parisien de 23 ans, comptable de profession, retenait une chambre dans un hôtel. Louis Déjardin était rejoint par une femme, Mme Simonet, née Émilie Baillat âgée de 22 ans. Elle était infirmière au sanatorium d’Hendaye et mariée depuis tout juste deux mois.

    A la 143e heure, bouclée avec 3649,65 kilomètres, les sprints bonificateurs commençaient. Mais la messe était dite, le duo Georges Sérès et Émile Aerts remportaient la course des six jours au vélodrome d’hiver de Paris. Un doublé en deux années pour Sérès, qui l’emportait en 1921 avec Oscar Egg, et à nouveau en 1924 avec Aerts. (Crédits : Le Matin/BnF Gallica)

    Dans la soirée le couple s’enfermait dans la chambre retenue. Peu après des coups de revolver se firent entendre. La police dépêchée sur place ne put constater le décès des deux personnes. Louis Déjardin aurait tué la jeune infirmière avant de retourner l’arme contre lui. Ce 10 avril 1922, M. Simonet venait reconnaître le cadavre de sa jeune épouse.