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  • Qui sent le mieux : le chien ou le requin ?

    Qui sent le mieux : le chien ou le requin ?

    L’un vit à nos côtés, reniflant nos chaussettes, notre entrejambe en créant un moment gênant, ou suivant la trace d’un rongeur égaré. L’autre hante nos imaginaires marins, prédateur furtif capable, dit-on, de flairer une goutte de sang à des kilomètres. Le chien et le requin partagent un don sensoriel exceptionnel : l’art de sentir le monde. Mais qui possède vraiment le meilleur odorat ? Le chien renifle un gant oublié à trois kilomètres, le requin détecte une goutte de sang dans l’océan. Mais lequel des deux domine réellement l’univers des odeurs ? Le flair terrestre ou le nez marin ?

    Derrière cette question, une exploration fascinante des sens extrêmes et des mondes qu’ils révèlent. À l‘heure où la lutte contre le narcotrafic, pister des personnes recherchées ou disparues occupe les forces de l’ordre, le flair possède une importance de plus en plus primordiale. Mais pour autant, entre les vérités tronquées et les légendes urbaines, il faut du flair pour distinguer le vrai du faux.

    Ce chien à du flair, vous ne trouvez pas ?

    Impossible de parler d’odorat sans évoquer nos fidèles compagnons à quatre pattes. Toujours la truffe dans un trou, prêt à gratter. Ce nez est le fruit d’une longue évolution, il a transformé son nez en une véritable machine à décoder les odeurs. Son museau abrite entre 220 et 300 millions de récepteurs olfactifs, quand nous, pauvres êtres, nous nous contentons de 5 à 6 millions. Mais comme tout un chacun, nous avons des capacités plus ou moins développées. Ce que nous nommons talents. Certains se distinguent : le Saint-Hubert est le champion des pistes, lorsque le berger allemand est un policier qui a du flair.

    Chien, noir, truffe

    Leurs prouesses dépassent notre imagination. Ils retrouvent la trace d‘une personne disparue plusieurs jours après son passage, identifient un criminel dans une foule, ou détectent des maladies, comme certains cancers, l’hypoglycémie ou l’imminence d’une crise d’épilepsie.

    Leur secret, un système olfactif associé à un organe voméronasal capable de capter les phéromones. Ajoutez à cela un cerveau dont une large partie est dédiée à l’analyse des signaux chimiques, et vous obtenez un champion du pistage terrestre. L’air qu’il inspire se sépare en deux flux : l’un se dirige vers les poumons, l’autre — réservé à la détection — est dirigé vers une cavité spécialisée. Cet endroit où les molécules odorantes sont piégées, analysées, puis comparées. Une architecture subtile, décrite par la recherche scientifique, qui maximise le temps de contact entre l’odeur et les récepteurs.

    Un flair à toute épreuve

    Son reniflement crée un jeu de turbulences qui aspire en continu de nouvelles particules odorantes. Il agit telle une IRM 3D. Comme un athlète, le chien progresse avec l’entraînement. Ils distinguent donc des signatures complexes, identifient des mélanges où l’humain serait totalement perdu, et s’adaptent à des environnements saturés d’odeurs.

    Ainsi, chaque reniflement n’est pas un simple geste instinctif : c’est une lecture du monde. Une lecture dont la finesse dépasse de loin nos capacités humaines, et qui n’a pas fini d’inspirer les chercheurs — car comprendre le nez du chien, c’est peut-être entrevoir les limites de nos propres sens. (Crédits : Charles/Pexels)

    C’est l’un des champions incontestés du monde terrestre. Son bulbe olfactif, la zone du cerveau dédiée aux odeurs, est 40 fois plus développé que le nôtre, proportionnellement à sa taille. Certaines races, comme le Bloodhound (Chien de Saint-Hubert), peuvent suivre une odeur sur 300 kilomètres. Mais surtout, il ne se contente pas de sentir : il décrypte, il analyse, et associe chaque odeur à une information. Son odorat est interprétatif, contextuel et émotionnel.

    Le maître des effluves marins

    Sous la surface, un autre nez règne en maître. Le requin, prédateur millénaire, possède une réputation qui n’est pas usurpée. Une simple goutte de sang diluée dans 25 millions de litres d’eau — soit dix piscines olympiques — peut suffire à éveiller son appétit. Légende urbaine ou vérité ?

    Ses narines, situées sous le museau, ne servent pas à respirer, mais uniquement à sentir. Pour s‘oxygéner, il doit être en mouvement perpétuel, et user de ses branchies comme pour la plupart d’entre eux. Chaque narine est scindée en deux canaux, permettant une détection directionnelle ultra-précise. C’est en comparant le temps d’arrivée de l’odeur dans chaque conduit que le requin remonte la piste olfactive.

    En plus, son arsenal inclut les fameuses ampoules de Lorenzini, capables de détecter les champs électriques produits par les muscles et les battements de cœur de ses proies. Le combo des deux systèmes en fait un chasseur d’élite.

    Ampoules de Lorenzini

    Elles sont décrites pour la première fois au XVIIe siècle par l’anatomiste italien Stefano Lorenzini. Lesdits pores remplis de gelée se regroupent autour du museau et de la tête du requin. Chacun s’ouvre et se connecte à un canal menant à un bulbe sensoriel riche en cellules électroréceptrices. Ces cellules sont capables de détecter des champs électriques incroyablement faibles, jusqu’à cinq nanovolts par centimètre (0,000 000 005 Volt) un niveau de sensibilité qui dépasse l’entendement. Ce que la roussette (Scyliorhinus canicula) est capable de faire.

    Concernant la goutte de sang détecté par le requin reste une légende urbaine. Il ne peut ni détecter une goutte d’eau dans 25 millions de litres d’eau ni sentir une goutte de sang à plusieurs kilomètres. Seulement « dans des conditions optimales, de nombreux requins peuvent détecter le sang à partir d’un quart de mille de distance (463 mètres) ».

    (Crédits : Daniel Torobekov/Pexels)

    Requin, poisson, océan

    Cependant, ce qui peut déclencher un stimulus, c‘est une goutte de sang ou une explosion d’acides aminés provenant d’un poisson blessé. Cette incitation amène le requin à en chercher l’origine en nageant à contre-courant. Au dur et à mesure qu’il se rapproche, le requin perçoit petit à petit des signaux visuels et auditifs. Pour clore la légende urbaine, « des études scientifiques ont montré à plusieurs reprises que de nombreux requins ne trouvent pas le sang humain particulièrement attrayant. »


    Deux mondes, deux stratégies sensorielles

    Le chien interagit, comprend et communique via son odorat. Son nez est connecté à son intelligence sociale. Le requin lui chasse, survit et navigue au pif. Son odorat est efficace, mais plus instinctif. Chacun a donc développé un odorat parfaitement adapté à son environnement.

    Chat, mug, calme

    Alors, qui gagne ? Le chien, avec ses centaines de millions de récepteurs et sa polyvalence, ou le requin, capable de percevoir une trace infime dans l’immensité liquide ?

    Mais peut-on vraiment les comparer ? L’un respire l’air, l’autre filtre l’eau. L’un comprend une émotion, l’autre traque une goutte de sang.

    Là où le chien identifie, le requin localise. Deux stratégies, deux mondes. Mais avec l‘être humain, cela devient un trio et trois manières de sentir la vie. L’humain perçoit les odeurs comme des signaux, le chien les interprète comme des histoires et le requin les lit comme des coordonnées.

    (Crédits : Dagmara Dombrovska/Pexels)

    À l’heure où les technologies biomimétiques s’inspirent de plus en plus du vivant — capteurs chimiques, drones renifleurs, robots sous-marins —, comprendre ces différences n’est plus seulement un exercice. Et vous, que feriez-vous de ce super-pouvoir ? Flairer la vérité ou sentir le danger avant qu’il n’arrive ?

  • L’animal le plus dangereux pour l’Homo sapiens est…

    L’animal le plus dangereux pour l’Homo sapiens est…

    Excellente question me direz-vous ! Mais à votre avis, quel est-il ? Je suis certain que vous avez une idée, une impression peut-être… Les serpents, les araignées comme la tarentule… En premier, il tient de définir le terme dangereux afin de cerner et de classer chaque individu. En 2019, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) indique les dix principaux motifs de mortalité ont été responsables de 55 % des 55,4 millions de décès survenus dans le monde. Quelles sont celles causées par les animaux ?

    Être dangereux, selon Le Larousse se dit : « d’un animal qui s’attaque à l’homme et qui constitue pour lui un danger. Qui constitue un danger, qui expose à un risque, à un mal ». Rappelons que l’homme est un animal doté d’une certaine intelligence. « Il n’y a de “monde” animal que pour l’homme, à qui la science et la philosophie inculquent le sens de l’animal. Sans cette sortie de soi et de chez soi, l’individu ne perçoit que ce qui est perceptible, les différences visibles, sensibles entre les “races” d’homme, et les ressemblances entre membres d’une même race. L’homme, comme horizon de l’universalité, n’est visible qu’aux yeux de l’âme, d’une pensée qui reconnaît le fait du langage dans la variété des langues » (Pierre Guenancia, Chap. 5, L’homme et l’animal, la question des frontières).

    Les dix plus grandes causes de mortalité chez l’Homme sont les suivantes :

    • Cardiopathie ischémique
    • AVC
    • Bronchopneumopathie chronique obstructive
    • Infections des voies respiratoires basses
    • Affection néonatale
    • Cancer de la trachée, cancer bronchique et du poumon
    • Alzheimer et autres démences
    • Maladies diarrhéiques
    • Diabète sucré
    • Maladies rénales

    Les 18 animaux les plus dangereux

    Pourtant, elles ne sont pas les seules à causer la mort, les animaux le peuvent également. Le dernier de ce classement est le requin. Sur les 350 espèces que compte l’ordre, trois sont responsables des dépouilles chez l’homme : le blanc, le tigre et le bouledogue. Au cours du siècle passé, six attaques se seraient produites, avec moins de dix décès par année. La peur envers ce gros poisson vient du succès du film « JAWS ». Aujourd’hui 80 % la population de cet animal vieux de plusieurs centaines de millions d’années, a péri. Ainsi, plus de 50 millions de requins sont pêchés chaque année et bon nombre d’espèces sont en voie de disparition. De très près, autant que des légendes qui leur sont associées, le loup n’est à l’origine que de dix morts par an dans le monde, en France, depuis plus d’un demi-siècle aucune victime humaine n’est à déplorer.

    La cuboméduse d’Australie (Chironex fleckeri), aussi appelée guêpe de mer ou main de la mort vit dans les moyennes profondeurs, dans les eaux du littoral australien et du Sud-est asiatique. Elle est la plus venimeuse connue à ce jour. (Crédits : Guido Gautsch/Flickr)

    Puis, vient la méduse. La responsable principale des accidents mortels létaux est la méduse-boîte (découverte au cinéma dans Seven Pounds), un animal marin à 24 yeux pouvant peser jusqu’à deux kilos. Se déplaçant très rapidement (21, 6 km/h maximum), il se défend et attaque avec ses tentacules de six mètres de long et contenant un venin pouvant être mortel pour l’homme, selon les espèces. Au sein du film « L’Année des méduses » Chris (Valérie Kaprisky) pousse de son bateau Romain (Bernard Giraudeau) dans un banc alors qu’il y est allergique, et décède. Elle causerait entre 50 et 100 morts par an.

    Ils défendent leurs territoires

    Le roi des animaux (ici le Lion mais différents en fonction des cultures) est à l’origine, quant à lui, du double de morts (100 à 200 décès). Comme pour le loup, ses attaques sont dues à une intrusion de l’individu sur son territoire. Katherine Chappell, en a fait la mortelle expérience. L’ancienne directrice des effets spéciaux de Game of Thrones est décédée en 2015 d’une morsure à la gorge pendant un safari photo, après avoir baissé la vitre de sa portière. L’éléphant, qu’il soit d’Afrique ou d’Asie, avec ses six tonnes est extrêmement dangereux lorsqu’il s’en prend à l’être humain. Végétarien, il n’en est pas moins l’un des mammifères les plus imposants du monde, ainsi rien de bien étonnant à ce que des hommes succombent à la charge du pachyderme ou d’un troupeau entier. Imaginez qu’une personne entre dans votre domicile sans y avoir été invitée, les animaux sont des êtres à part entière. De ce fait, ils réagissent de la même manière que tout un chacun, ils défendent leurs territoires. Pensez-y lorsque sur un panneau est indiqué « Attention abeilles ». En effet, si les morts pour cause de piqûre d’abeilles ou de frelons sont nombreuses, elles sont en grande majorité dues à des allergies au venin injecté par ces insectes (environ 400 morts par an).

    Si l’être humain bâille et que cela est contagieux, le mastodonte en ouvrant grand sa gueule vous demande de réévaluer votre position avant qu’il ne soit trop tard. (Crédits : Sylwia Głowska/Pixabay)

    L’hippopotame est un adepte du bâillement, afin de montrer sa supériorité, et qui plus, est enclin à se battre pour le prouver. Bien qu’herbivore, il est dommageable pour l’homme (pesant jusqu’à 3,2 t.) les hippopotames, très agressifs et imprévisibles, sont considérés comme un des plus dangereux animaux d’Afrique (500 morts/an). Protégeant son territoire, il peut mortellement blesser les humains en chargeant et utilisant ses grandes dents, qui sont à la fois sa force et son talon d’Achille. Menacé par la perte de son habitat, concomitant le braconnage pour sa viande et l’ivoire de ses canines. Ce dernier est placé sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), comme vulnérable.

    Un ver de dix mètres de long

    Si la fiction Crocodile Dundee, sortie en 1986, raconte les aventures d’un chasseur de crocodiles, le véritable se nommait Steve Irwin. Ils les côtoyaient dans son parc zoologique en Australie, à Beerwah (État du Queensland). Lorsque la mâchoire de l’animal se referme, c’est une force de 2 300 kilos (plus de 22 kN) qui s’abat sur la victime. Entre 1000 et 2000 personnes y succombent à travers le monde chaque année. Steve Irwin est décédé des suite d’une blessure venimeuse d’une raie pastenague lors d’un tournage, et non pas d’un coup de mâchoire d’un des animaux qu’il aimait tant capturer.

    Ce ténia semble avoir aujourd’hui presque disparu des pays industrialisés en raison de la facilité pour les services vétérinaires à le détecter. (Crédits : Roberto J. Galindo)

    Beaucoup plus petit que le crocodile, mais non moins redoutable car invisible, arrive en dixième position, le ténia ou ver solitaire. Le Taenia saginata (hôte intermédiaire du bœuf) comme le Taenia solium (hôte intermédiaire du porc) touchent les êtres humains, lorsque ceci ne cuisent pas suffisamment la viande. Une fois installé dans le corps, ce parasite se loge dans les intestins et absorbe directement les aliments qui y passent. Sans traitement, il continue de grandir jusqu’à dix mètres. Il arrive aussi qu’aucun symptôme ne se déclare avant plusieurs années. À son palmarès annuel, 2 000 personnes meurent.

    Connu sous l’Égypte antique, en -3150

    Tout aussi minuscule par sa taille, le scorpion tue 3 500 personnes. Installé dans le midi de la France et en Corse, le pédipalpe n’est alors pas dangereux pour l’homme. En revanche, les piqûres de quelques espèces d’Afrique ou d’Amérique du Sud peuvent être fatales. Se cachant dans les endroits frais des pays chauds (sous les pierres, à l’ombre, sous les lits…), ils sont responsables de plus d’un million de piqûres par an, dont 4 500 deviennent fatales selon GEO. Le buthus occitanus est très répandu au Maghreb. Son venin neurotoxique peut occasionner une douleur intense au point d’injection, de la fièvre, des vomissements et des troubles du rythme cardiaque pouvant conduire à la mort.

    L’affection qu’apportent les réduves est aussi appelée trypanosomiase américaine car elle sévit en Amérique latine : Chili, Brésil, Mexique, Argentine… (Crédits : DR)

    La mouche Tsé-Tsé et le réduve sont vecteurs de la « maladie du sommeil ». La première frappe majoritairement dans les pays d’Afrique subsaharienne. Elle touche près de 70 000 individus par an et en tue 15 %, mais peut être soignée, si elle est diagnostiquée rapidement. Quant aux punaises mangeuses de sang, les réduves, porteurs de trypanosomes, provoquent la maladie de Chagas. Les stigmates de ce dernier remontent à l’Égypte ancienne où des traces de cette maladie ont été retrouvées sur une momie de plus de 4 000 ans. Transmise à l’homme, et d’après les estimations, six à sept millions de personnes sont infectées par T. cruzi, dont 13 000 en meurent selon l’OMS.

    Toujours se méfier de l’invisible

    Un ver sévit massivement dans les zones tropicales ou subtropicales, il s’agit d’ascaris lumbricoides, ou ver ascaris. À l’origine de l’ascaridiase, une maladie liée à l’eau et à l’hygiène. Contractées majoritairement par les enfants, les infections qu’elle provoque touchent « jusqu’à 10 % de la population en développement […] et occasionnent environ 60 000 décès par an », suivant les chiffres de l’OMS. D’ailleurs, un rapport en parle déjà en 1967. Plus proche de nous, le plus fidèle ami de l’homme. L’Organisation mondiale de la santé stipulait qu’en 2007, la rage était le dixième facteur de mort par contamination chez les homo sapiens. Si elle peut être véhiculée par de nombreux animaux, les plus concernés restent les chiens. En Europe, la maladie a été éradiquée grâce à la vaccination préventive, elle continue de faire entre 40 000 et 70 000 décès par an.

    La rage est une encéphalite virale grave. Après apparition des symptômes, elle est létale dans la quasi-totalité des cas. Cette infection est hautement contagieuse par morsure et transmissible de l’animal à l’homme. Selon l’OMS, elle cause environ 59 000 décès chaque année dans le monde. (Crédits : Guido Gautsch/Flickr)

    Le ver hématophage qu’est le schistosome parasite certains mollusques d’eau douce. Transmis à l’homme, il provoque différents types de bilharziose ou schistosomiase. Cela peut engendrer des varices œsophagiennes, qui en éclatant entraînent des hémorragies internes mortelles. Très répandu en Afrique, en Asie, au Moyen-Orient et Amérique du Sud, il est à l’origine de la plus forte pandémie parasitaire dans le monde, après le paludisme, infectant 261 millions de personnes en 2013. Il est à l’origine de 20 000 à 200 000 décès par an selon l’OMS.

    3 578 espèces de moustiques

    En troisième position, les serpents. « Bien qu’on ignore le nombre exact de morsures, on estime qu’elles concernent 5,4 millions de personnes chaque année et qu’il y a jusqu’à 2,7 millions de cas d’envenimement », assure assure l’organisation. Elle sont la cause de 81 000 à 138 000 décès au moins et d’environ trois fois plus d’amputations et d’autres incapacités définitives, ce par manque d’accès aux soins ou aux dispositifs anti-venin. L’être humain est second car il tue presque un demi-million de ses semblables chaque année, environ 475 000.

    Originaire des forêts tropicales d’Asie du Sud-Est, le moustique tigre (Aedes albopictus) s’est adapté au milieu urbain en profitant d’une multitude de récipients (vases, pots, bidons, gouttières…) dans lesquels il pond ses œufs. (Crédits : WikiImages/Pixabay)

    Le dernier, mais non le moindre, n’est autre que le moustique avec près de 800 000 décès. La principale maladie est le paludisme, mais il en existe de multiples (Dengue, Chikungunya, Zika…). Elle est potentiellement meurtrière car des piqûres de moustiques femelles de l’espèce Anopheles infectées, transmettent des parasites. La malaria est évitable et l’on peut possiblement en guérir. En 2019, l’estimation est de 229 millions de cas sur Terre. Le nombre évalué de morts s’est élevé à 409 000 en 2019. « Les enfants âgés de moins de cinq ans constituent le groupe le plus vulnérable touché par le paludisme ; en 2019, ils ont représenté 67 % des décès, soit 274 000 », affirme l’OMS.

  • Quand les poules avaient des dents

    Quand les poules avaient des dents

    L’expression qu’usent et abusent nos grands-parents pour signifier à quel moment ils feront ce que nous petits-enfants aimerions leur faire faire, alors qu’ils s’horripilent rien que d’y penser est « Quand les poules auront des dents ». Mais les poules n’ont-elles vraiment aucune dent ? Et le monde marin qu’en est-il ? Toutes ces questions méritent une réponse, afin de clouer le bec aux pique-assiettes, ou simplement engager la conversation et vous sentir comme un poisson dans l’eau, lors de soirée.

    Hors mis l’expression, les gallinacés ont véritablement une dent, nommé « la dent de l’œuf » qui permet au poussin de casser la coquille. Selon une étude conduite par Derek Larson, paléontologue au muséum d’Alberta (Canada), parue dans Current Biology en 2015, il y a de quoi s’en placer sous la quenotte.

    Une histoire de dent

    Car, il y a 65 millions d’années, alors que les gros dinosaures avaient quasiment disparu de la surface de la planète, cohabitaient encore des oiseaux à bec et d’autres munis d’une dentition (héritée en droite ligne des grands sauropodes). L’histoire nous démontre que les premiers sont restés en supplantant les dentés. Selon l’étude en question, la graine serait responsable, ou plutôt une conséquence indirecte, de ce phénomène, je m’explique.

    La chute de la météorite créée une catastrophe planétaire. Les grands sauropodes (herbivores) furent décimés, dès l’instant où ils n’avaient plus rien pour casser la croûte. Car, si la végétation était rare et l’herbe encore plus (la majeure partie a été calcinée), cette étude démontre qu’à l’inverse, les graines étaient abondantes et c’est ainsi que les oiseaux à dentition se sont éteints alors que ceux à bec ont traversé les âges.

    Contrairement à ce que l’on pense, le requin a un adversaire de taille, l’orque. Mais le principal prédateur et premier danger pour le requin reste l’homme. Car environ 100 millions de requins sont tués chaque année, dont 70 millions pour leurs ailerons. (Crédits: PublicDomainPictures/Pixabay)

    À ce jeu, les scientifiques ont eu la dent creuse, en collectant et étudiant 3 104 dents fossiles. Ces dernières venaient de quatre familles différentes de maniraptoriens, des petits dinosaures de la taille d’un oiseau. Le but de leur recherche, suivre l’évolution de ce groupe au cours de 18 millions d’années (jusqu’à la fin du Crétacé). « Les dinosaures maniraptoriens ont maintenu un niveau de variation très stable pendant les 18 derniers millions d’années du Crétacé, raconte Larson. Ils se sont brusquement éteints juste à la limite ». Leurs données démontrent une extinction brutale des dinosaures maniraptoriens à dents.

    Certaines de ces données ont déjà été publiées, mais la plupart des informations proviennent du travail de Larson au microscope, qui a catalogué la forme et la taille de chaque dent. Cela suggéra que seuls les maniraptoriens munis d’un outil performant comme le bec, étaient capables de tirer profit de l’une des uniques sources de nourriture, alors disponible en abondance, la graine…

    « La nature se débarrasse de ce qui est inutile, ce qui ne l’est pas traverse les âges… »

    En 2006, Matthew P. Harris, biologiste du développement à l’Institut Max Planck de Tübingen (Allemagne) avait remarqué la présence d’excroissances bien aiguisées à la surface des mâchoires d’un embryon — âgé de seize jours — de poulet mutant nommé Talpid. Dans un article publié en février de la même année dans la revue Current Biology, les chercheurs avaient révélé que les excroissances présentaient un aspect conique et une forme de sabre comparables à ceux des dents des crocodiles. (Crédits : Pixabay/Pexels)

    Une découverte pas particulièrement étonnante compte tenu du fait que les oiseaux sont des animaux phylogénétiquement proches des reptiles. « Il y a eu des dinosaures ressemblant à des oiseaux et dotés de dents jusqu’à la fin du Crétacé, où ils ont tous disparu très brusquement, explique Larson. Certains groupes d’oiseaux à bec ont peut-être pu survivre à l’événement d’extinction parce qu’ils étaient capables de manger des graines ».

    De l’escargot à la baleine bleue

    La première place est sujette à controverse. L’escargot bat tous les records en termes de quantité, car le mollusque possède plus de vingt mille « dents ». Le terme exact est denticules, il s’agit de petites pointes dures. Elles sont disposées en lignes serrées sur sa langue. Elles lui permettent de broyer les végétaux qu’il ingère. Les denticules de l’escargot sont composées de chitine, contrairement aux vertébrés dont les dents sont faites d’émail et de dentine.

    Les escargots sont apparus sur la planète Terre, il y a 600 millions d’années, d’abord dans l’eau puis sur terre. Leurs « cornes » sont en fait des tentacules, les plus grandes sont les yeux, celles du dessous constituent un organe à la fois tactile et olfactif.

    Le poisson-chat (ameiurus melas) hors mis sa moustache, est pourvu d’une dentition exceptionnelle. Sa mâchoire compte pas moins de neuf mille dents. Très petites par rapport à la taille de sa bouche, elles s’alignent en rangées à l’entrée de sa gueule.

    (Crédits: Pexels/Pixabay)

    Certains individus des trois milliers d’espèces que comprend la famille ont les dents flexibles. Lorsque l’on sait qu’il affectionne les rochers marins pour se nourrir en les raclant. La nature s’est adaptée, les dents souples ont moins de risque de casser. Puis les nageoires dorsales et pectorales présentent une excellente protection contre les prédateurs.

    Les dents de la mer

    Le film des années 1970, « Les Dents de la mer » (Jaws de Steven Spielberg) a contribué à la légende du requin. Il n’est peut-être pas le poisson qui a le plus de dents, mais il est celui qui les régénère le plus. Un requin possède entre trois cents et quatre cents dents, réparties sur plusieurs rangées. La particularité reste l’incroyable capacité du requin à régénérer ses dents, un rêve pour certains.

    Dans les premières années, elles tombent si souvent qu’une dent est remplacée toutes les quinze jours. À l’image d’un escalator, les dents de réserves sont repliées sur le palais et s’ajoutent à la chaîne des autres dents lorsque celles-ci avancent pour substituer une dent perdue ou cassée. Au cours d’une vie, un requin peut ainsi produire trente mille dents.

    Les femelles peuvent atteindre 130 cm et peser plus de 20 kilos. Sa légende est issue de son appendice buccal, avec ses dents acérées. Le brochet (esox lucius) possède une morphologie typique, reconnaissable à tous amateurs de pêche. Un corps allongé, une gueule en bec de canard, il mesure entre 30 et 70 cm. La distinction entre femelle et mâle est principalement l’âge, jusqu’à 25 ans pour ces dames, à peine le tiers pour les messieurs (7 ans). (Crédits : Krzysztof Niewolny/Pixabay)

    Surnommé le « carnassier roi », dû à ses 700 dents acérées extrêmement coupantes et aiguisées, il lui est très facile d’attraper les proies qui passent à ses alentours. Sa mandibule inférieure est munie de grosses canines, alors que son palais et sa langue sont couverts de petites dents, toutes dirigées vers l’intérieur. Cette originalité lui permet de piéger ses proies, sans leur laisser d’échappatoire. Un avantage à double tranchant, s’il se montre trop gourmand en attrapant une proie trop imposante, il risquera de mourir étouffé, car l’implantation de ses dents lui confère l’impossibilité de rejeter la proie de sa gueule.

    Le tatou géant est à croquer

    Premier mammifère au classement, le dauphin est nettement moins impressionnant que ses prédécesseurs. Il possède entre quatre-vingt-dix et cent dents, selon l’espèce. Elles sont toutes identiques, courbées vers l’arrière pour retenir les proies glissantes. Elles ne servent que de pince, car il avale ses gibiers sans les broyer. Les mammifères terrestres, sont la catégorie la moins dentée, sans doute parce que leurs dentures est diversifiée, donc plus efficaces (les mammifères sont hétérodontes).

    C’est en la matière le tatou géant (priodontes maximus), dont la denture est au contraire plutôt homodonte, qui vit en Amérique du Sud, qui remporte la palme avec entre 80 et 100 dents, selon son âge. Omnivore, même s’il se nourrit principalement de fourmis, de termites et d’araignées, il est en voie d’extinction.

    Son seul prédateur est l’homme, qui le chasse pour utiliser sa cuirasse pour l’artisanat et sa chair comme aliment. Appelé Cabassou en Guyane, il est sur la liste des animaux menacés. Entre cinquante et quatre-vingts dents composent la mâchoire puissante du crocodile. Il possède cependant un point commun avec le requin qui le rend plus dangereux, la régénération des dents. Imaginez que vous perdiez une dent de lait, lui la remplace très rapidement. Une dent a en général une durée de vie de dix-huit mois, ainsi le crocodile remplace sa dentition une cinquantaine de fois au cours de sa vie.

    Le géant au ventre rose impose de sa présence en montrant ses canines. L’hippopotame possède de trente-six à quarante dents, à peine quelques-unes en plus que l’être humain (32 avec les dents de sagesse). Il détient le record des plus longues canines, jusqu’à soixante centimètres, ne lui servant qu’à combattre. Cet herbivore consomme une quarantaine de kilos de végétaux par nuit.

    De l’éléphant à l’édentée

    L’éléphant n’a que six dents : quatre molaires et deux défenses. Sur une durée comprise entre quatre et huit ans, il régénère sa dentition. Au cours de la période de renouvellement, il arrive que les nouvelles dents viennent pousser les anciennes, pas encore tombées. Chose impressionnante, le pachyderme peut gagner jusqu’à trois cents kilos.

    La seule explication de cette prise de poids, est selon l’hypothèse de Christian Schiffmann, serait étroitement lié aux changements de dents. Ses dents sont en fait tellement lourdes qu’il gagne et perd trois quintaux entre l’apparition des nouvelles la complète régénération de la dentition.

    Contrairement aux êtres humains, leurs dents poussent horizontalement, comme sur un tapis roulant. Quand la dernière série est usée, l’éléphant ne peut plus se nourrir… et finit souvent par mourir d’épuisement.

    Les animaux sont des êtres à part entière, ils sont au même titre que l’être humain primordial et indispensable à la planète Terre, la Pachamama. (Crédits: Sasin Tipchai/Pixabay)

    La baleine bleue, appelée aussi rorqual bleu, est une espèce de cétacés de la famille des Balaenopteridae. Elle peut dépasser 30 mètres de longueur et 170 tonnes, c’est le plus gros animal vivant à notre époque et dans l’état actuel des connaissances, le plus gros ayant vécu sur Terre. Mais le plus gros animal de la planète n’a pas de dent, à la place, elle a des fanons. À chaque fois qu’elle ouvre la bouche, la baleine aspire de l’eau, qui sera expulsée à travers les fanions tandis que sa nourriture en reste prisonnière.

    Chez la baleine bleue, les fanons peuvent mesurer un mètre, et contiennent de la kératine, comme nos cheveux. Grâce aux squelettes et aux carcasses retrouvés, le tout combinés avec les connaissances sur la vitesse de nage, les chercheurs ont pu ainsi modélisé qu’un rorqual bleu de 25 m pouvait engloutir jusqu’à 80 000 litres (80 m3) en une seule bouchée, tandis que l’être humain, est en moyenne à 0,07 litre.

    Chassée durant des décennies pour son huile utilisée comme combustible dans l’éclairage public, la baleine bleue a frôlé de peu l’extinction dans les années 1960. L’interdiction de la pratique a offert un court répit à l’espèce, qui reste menacée par le réchauffement climatique et la pêche illégale. (Crédits : Conservation Nature)

    Si vous acceptez d’élargir votre définition de la dent, c’est une limace des mers (umbraculum umbraculum) qui brillerait de mille feux en souriant sur une photo. Dans sa bouche, sur sa surprenante langue, des centaines de milliers de minuscules épis chitineux constituent ce que les spécialistes appellent une radula. Comme chez le requin, au fur et à mesure que ces dents s’usent, il s’en forme de nouvelles à l’arrière. Pour atteindre, tout au long de sa vie, le nombre ahurissant et peu croyable de 750 000.