Étiquette : ransomware

  • Air Mauritius et Transavia cyberattaqués

    Air Mauritius et Transavia cyberattaqués

    Les employés et clients d’Air Mauritius (MK) ont éprouvé de grandes difficultés à utiliser les différents outils informatiques de la compagnie, ce depuis lundi 14 février 2022. La cause est une infection par codes malveillants. Chez Transavia, c’est une fuite de données massive qui affole la tour de contrôle en France. En novembre 2021, sa filiale hollandaise devait régler une amende de 400 000 € par les instances néerlandaises pour des manquements graves quant à la sécurité d’informations liées aux passagers.

    Les serveurs de la compagnie aérienne mauricienne étaient indisponibles durant quasiment une journée, du lundi au mardi 15 février 2022. Les techniciens en compétents d’Air Mauritius auraient identifié des « Cyber-Threats » sur les serveurs. Ils sont des actes malveillants visant à endommager ou à voler des données, et à perturber la vie numérique en général. Ces cybermenaces sont par exemple des « virus » informatiques, des violations de données, les attaques par déni de service (DDoS) et bien d’autres encore. Des mesures ont aussitôt été prises pour basculer certaines activités sur de distincts réseaux, et résoudre en parallèle les problèmes des serveurs principaux de MK.

    Des individus, derrière la divulgation, trouvaient le moyen d’extraire des données privées et personnelles d’un espace numérique de la compagnie aérienne Transavia, une filiale d’Air France/KLM. Elles sont les CV, passeports, visites médicales, certificats de membre d’équipage émis par la Direction générale de l’Aviation civile…(Crédits: ZATAZ)

    Transavia France confirme avoir été victime d’une intrusion malveillante. Les premières investigations menées déterminent que des informations privées de collaborateurs ont été copiées. « Tous les documents qui nous ont été demandés lors de notre embauche étaient stockés sur un serveur de fichiers et que celui-ci était facilement accessible. Ce sont donc les données personnelles de centaines de personnes qui ont fuité », soulignait un employé. Un courriel envoyé le 15 février 2022 aux employés, par les opérateurs leur indiquait que « Vous trouverez en photo sur ce mail, une liste non exhaustive des utilisateurs concernés par cette fuite. » Les personnes à l’origine de cet envoi s’apparenteraient à des lanceurs d’alertes. « Vos documents privés ont été divulgués, mais n’oublions pas que nous ne sommes pas des ordures. Vos données privées resteront privées, et nous ne les divulguerons ni ne les vendrons. »

    Transavia Hollande a été condamné, en 2020, à 400 000 euros d’amende pour la fuite de données concernant 80 000 clients ayant empruntés les services de la compagnie entre le 21 et 31 janvier 2015. « Nous avons récemment constaté qu’il y avait eu un cas d’accès indésirable à une boîte aux lettres de Transavia », alertait-elle. (Crédits : Lars Nissen/Pixabay)

    Enfin, Transavia France a immédiatement renforcé la protection de son système informatique interne. L’entreprise travaille en étroite collaboration avec les personnels spécialisés en cybercriminalité. Une enquête de police judiciaire est en cours. Les auteurs malgré leur « bienveillance » risquent jusqu’à 3 ans de prison et plusieurs dizaines de milliers d’euros d’amende.

  • Ransomware: la faïence de Gien ralentie

    Ransomware: la faïence de Gien ralentie

    Tandis que la liste d’établissements de santé ciblés par des cybercriminels n’a cessé de s’allonger en 2021, passant de 730 signalements au CERT contre 369 en 2020, c’est au tour de la ville de Gien et sa manufacture d’être au centre de l’attention. L’institution qui vient de fêter don deuxième siècle d’existence en 2021, commence l’année sous l’emprise d’un ransomware avec une demande de rançon. Sur son site web, la faïencerie évoque une panne informatique depuis le 10 février 2022, une enquête est en cours.

    Depuis le jeudi 10 février, l’entreprise est sous le joug d’un opérateur malveillant. « Nous avons découvert l’attaque le matin, car nos postes se sont retrouvés bloqués », racontait Yves de Talhouët, président-directeur général (PDG) de la Faïencerie. Depuis une plainte a été déposée à la gendarmerie de Gien, l’investigation est en cours.

    Yves de Talhouët, répondait que des négociations, des discussions et d’analyses techniques sont en cours. Des experts en cybersécurité sont à pied d’œuvre. Ils tentent de limiter les dégâts en comprenant les failles utilisées pour corriger et reconstruire le système d’information avec un minimum de perte. (Crédits : capture d’écran)

    Le ransomware a infecté le système d’information, de ce fait une partie de l’entreprise se trouve à l’arrêt depuis une semaine. La direction admet ne plus avoir accès aux fichiers clients ni aux commandes, et se veut rassurante déclarant qu’il n’y aura pas d’impact sur la production à court terme. « Nous avons bon espoir que le système puisse repartir dans le courant de la semaine prochaine », confiait Yves de Talhouët.

  • Ransomware: Les San Francisco 49ers touchés

    Ransomware: Les San Francisco 49ers touchés

    À quelques heures avant le coup d’envoi du Super Bowl, les San Francisco 49ers confirmaient être infectés. Des lignes de code malveillantes issues des opérateurs derrière le ransomware BlackByte, atteignaient des systèmes d’information. Le match qui mettait en présence les Rams de Los Angeles, champions de la National Football Conference (AFC), et les Bengals de Cincinnati, champions de l’American Football Conference (AFC). Les Rams gagnaient leur second titre depuis la création de la franchise en 1937, tandis que les 49ers officialisaient l’enquête sur leur réseau informatique.

    Les quintuples vainqueurs du trophée majeur annonçaient, samedi 12 février 2022 être infectés par le ransomware Blackbyte. Les opérateurs derrière le Ransomware-a-as-Service (RaaS) publiaient des documents de l’équipe sur un site de fuite sur le Darknet, au sein d’un fichier intitulé « 2020 Invoices ». Ils étaient passés tout près d’une qualification pour le Super Bowl. Au début du dernier quart-temps, les 49ers avaient une avance de 17-7 sur les Los Angeles Rams. Dans le money time, les visiteurs s’offraient une double récompense en remportant la victoire 20-17 ainsi qu’un ticket pour la finale à domicile.

    La franchise de San Francisco a remporté le Super Bowl en 1981 (26-21 contre Cincinnati) , 1984 (38-16 contre Miami), 1988 (20-16 contre Cincinnati), 1989 (55-10 contre Denver) et 1994 (49-26 contre San Diego), pour deux défaites en 2012 (31-34 face à Baltimore) et 2019 (20-31 face à Kansas City). (Crédits : San Francisco 49ers)

    L’équipe, qui fait partie des franchises les plus précieuses et les plus historiques de la NFL déclarait dans un communiqué avoir récemment pris connaissance d’un « incident de sécurité du réseau » qui avait perturbé certains de ses systèmes informatiques. « À ce jour, nous n’avons aucune indication que cet incident implique des systèmes en dehors de notre réseau d’entreprise, tels que ceux liés aux opérations du Levi’s Stadium ou aux détenteurs de billets. Pendant que l’enquête se poursuit, nous travaillons avec diligence pour restaurer les systèmes concernés aussi rapidement et aussi sûrement que possible », affirmait la franchise.

    Cette information survient quarante-huit heures après que le FBI et les services secrets américains aient émis une alerte sur le ransomware BlackByte. Eminem, lors du show, a mis un genou à terre comme l’avait fait Colin Kaepernick, pour protester contre les violences policières faites aux Afro-Américains. (Crédits : capture d’écran)

    Les forces de l’ordre annonçaient qu’ « en date du 20 novembre 2021, le ransomware BlackByte avait compromis de multiples entreprises américaines et étrangères, y compris des entités dans au moins trois secteurs d’infrastructures critiques américaines (installations gouvernementales, financières, et alimentaires et agricoles). BlackByte est un groupe de ransomware as a Service (RaaS) qui chiffre les fichiers sur les systèmes hôtes Windows compromis, y compris les serveurs physiques et virtuels », a communiqué le FBI. Selon Brett Callow, expert en ransomware chez Emsisoft, « comme de multiples autres types de ransomware, Blackbyte ne chiffre pas les ordinateurs qui utilisent les langues de la Russie et des pays post-soviétiques ». Une analyse du RaaS par Red Canary a révélé que les opérateurs ont exploité les vulnérabilités ProxyShell (CVE-2021-34473, CVE-2021-34523, CVE-2021-31207) présentes sur le serveur Microsoft Exchange d’un client.

  • Ransomware: Prudence et rigueur

    Ransomware: Prudence et rigueur

    Un début d’année de moindre envergure, semble-t-il, sur les attaques par ransomware à travers le monde, sauf en France. La tendance dans l’hexagone est sensiblement équivalente. Le Groupement d’Intérêt Public Action contre la Cybermalveillance (GIP ACYMA) dénombre 167 demande d’assistance en janvier 2022, contre 169 le mois précédent. Cela dit, ce n’est pas parce que les actions des malfaiteurs ne sont pas publiques, que leurs offensives n’existent pas. La prudence comme la rigueur sont les maîtres mots.

    Le site « Cybermalveillance » du gouvernement a vu sa notoriété croître depuis sa création. En 2021, la fréquentation compte plus de 2 000 000 visiteurs uniques, contre 1 235 545 visiteurs en 2020. Ce qui va de pair est que plus de 135 000 victimes sont venues chercher de l’assistance depuis le 1er janvier, contre 105 000 l’année précédente, soit une augmentation de 28.57 %. Les victimes en ce début d’années sont nombreuses :

    • Hardisk, Qlocker, 5 janvier 2022
    • Paul Beuscher, Grief, 6 janvier 2022
    • Pôle Santé Léonard de Vinci, 7 janvier 2022
    • Stimm, Grief, 10 janvier 2022
    • Torann France, LockBit, 10 janvier 2022
    • KastorMedia, 15 janvier 2022
    • 3CMA, BlackCat, 16 janvier 2022
    • Saint-Cloud, LockBit, 21 janvier 2022
    • Cabinet d’avocats CDMF, 22 janvier 2022
    • Egis, 23 janvier 2022
    • Cabinet d’avocats de Caen DL2M, LockBit, 27 janvier 2022
    • ESTPM, LockBit, 27 janvier 2022
    • Corsica Linea, 28 janvier 2022
    • CIG de la Grande Couronne, Haron, 28 janvier 2022
    • L’Hotellerie Restauration, LV, 29 janvier 2022

    Le GIP ACYMA est mal connu du grand public, pourtant il est nécessaire d’en prendre connaissance avant d’avoir besoin de leurs services. Il en est de même lorsque vous êtes victime d’un accident, qu’il soit domestique, professionnel, ou sur la voie publique… des gestes, des réflexes, des conduites à tenir, souvent issues de retour d’expérience (RETEX) regroupe des acteurs étatiques impliqués tels que l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI).

    La commune de Saint-Cloud a été victime d’une attaque par ransomware des opérateurs derrière LockBit. Ils ont divulguées toute ou partie des données exfiltrées des différents systèmes d’information de la ville, exposant des civilités, des coordonnées… (Crédits : capture d’écran)

    Le mois de février dénombre les offensives malveillantes contre SVA Jean Rozé (Alphv, 01/02/2022), Air Calédonie, Ametis (LockBit, 04/02/2022), l’Hôtel des Cèdres (LockBit, 04/02/2022), Progereal (LockBit, 04/02/2022). Les attaques lorsqu’elles sont détectées font l’objet de procédure, mais les personnes derrières tout ceci sont à même de conserver les données sans demander de rançon, ni divulgation. Les informations glanées pourraient être le point de départ d’un conflit économique, politique, voire armé.

  • Quand l’avion à du plomb dans l’aile

    Quand l’avion à du plomb dans l’aile

    Deux sociétés, Air Calédonie et Swissport en proie à des agressions informatiques, voient leurs systèmes d’information momentanément hors d’usage. La mésaventure qu’elles subissent semble, selon les compagnies, en voie de résolution. Néanmoins, cela impacte un secteur déjà fragilisé par les différentes mesures de confinements sur la planète, entre autres. Le prestataire de services Swissport infecté par un rançongiciel est l’énième entité suisse venant allonger la liste outre-Alpes des victimes de ransomware.

    Dans un domaine touché de plein fouet par le SARS-CoV-2 en 2020, avec 4,8 millions d’euros de pertes mensuelles pour AirCalin, et 8,4 millions en 2020 pour Air Calédonie, l’infection est une nouvelle épreuve. « Le fonctionnement interne d’Air Calédonie est fortement perturbé en saison d’une cyberattaque en cours », expliquait jeudi 3 février 2022 la compagnie aérienne. Le service informatique impacté, le centre d’appel hors d’usage, la billetterie accuse du retard, la raison à tout ceci, un accès aux outils limité. Le contact téléphonique est rompu, alors que le site internet reste fonctionnel. La compagnie invite toutes personnes désireuses d’acheter un billet, de reporter leur opération. « Afin que les personnes qui ont des urgences puissent être servies en priorité », précise la compagnie.

    « Jeudi vers 6 h, une attaque de ransomware a eu lieu […] Plusieurs serveurs ont été touchés, ce qui a entraîné l’indisponibilité temporaire de certains systèmes. Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour résoudre ce problème informatique le plus rapidement possible […] », écrivait l’entreprise. (Crédits : Outremers360)

    L’infrastructure informatique de l’entreprise zurichoise a été touchée par des codes malveillants jeudi matin 3 février 2022. « Le problème a été immédiatement identifié et contenu par les techniciens de la société », a indiqué un porte-parole. La compagnie suisse a subi une infection de type ransomware, ses systèmes d’information sont en train d’être rétablis. Swissport tente de limiter l’impact de cette intrusion sur l’activité aéroportuaire. « L’entreprise est en mesure d’assurer ses prestations aux compagnies aériennes, mais des retards peuvent survenir », averti le porte-parole. Les cyberattaques contre des entreprises helvétiques se sont démultipliées en 2021. L’année débute à peine que le groupe industriel Chemie + Papier Holding (CPH), Emil Frey ainsi que le distributeur de médicaments et exploitant de pharmacies Zur Rose subissaient des attaques de leurs systèmes.

  • LockBit2.0 et le ministère de la Justice

    LockBit2.0 et le ministère de la Justice

    Un coup de pression si l’on en croit les journaux ici et là. Il semblerait au vu des données publiées sur le site de fuite que les opérateurs derrière le ransomware LockBit 2.0 ne jouent pas au poker menteur. Depuis ce matin 2 février 2022 des informations identifiant plus particulièrement le monde de la Justice dans le Calvados sont accessibles. Hormis le ministère de la Justice, la ville de Saint-Cloud est mentionnée comme cible d’une infection par codes malveillants, et susceptibles de voir ces documents sur le DarkWeb.

    L’information était prise très au sérieux dès la parution de l’annonce, le ministère indiquait s’être « immédiatement organisé pour procéder aux vérifications nécessaires, en lien avec les services compétents dans ce domaine ». Lockbit 2.0 est connu pour avoir ciblé d’autres organisations françaises, comme la société de sécurité Thales ou encore le site de Schneider Electric en décembre dernier. Mais pour l’expert, plusieurs zones d’ombre sont à éclaircir : « Pour l’instant, nous ne savons pas s’ils préparent une fuite massive de données ou s’il s’agit uniquement d’un coup de pression en lien avec le contexte politique », indiquait Guillaume Maguet, expert en cybersécurité chez Deep Instinct au Figaro. Ce n’est pas à proprement dit le ministère de la Justice française qui était la cible, mais un cabinet d’avocats, maillon essentiel de l’appareil judiciaire.

    Les contrats de travail des personnes, la liste des avocats présents en 2016, des factures de téléphone, des coordonnées internes du cabinet, de différentes chambres sont désormais diffusés sur le site de fuite des cyber-malfaiteurs. (Crédits : capture d’écran)

    Ce sont des données très sensibles qui sont disponibles sur le DarkWeb. Ne déplaise à personne, les personnes œuvrant dans l’ombre et la profondeur de l’internet ne bluffent, que dans les fictions et encore… Leur but est, purement et simplement de vous soutirer de la menue monnaie. D’autres parties prenantes de la Justice à travers le monde ont déjà fait les frais de ce genre d’attaque « informatique ». Le cabinet Jones Day, celui de Brandon Sua et Associés, Greenberg & Stein Avocats, tous trois basés aux États-Unis, et en France celui de Me Rémy Le Bonnois. Ces différents cabinets, pour ne citer qu’eux furent ciblés, infectés et les informations diffusées par l’équipe usant le ransomware Everest.

    Des dossiers de jugement mentionnant les patronymes des différentes parties amenées devant les tribunaux sont lisibles. (Crédits : capture d’écran)

    La société civile professionnelle DL2M, qui est le cabinet d’avocats Dorel Lecomte Marguerie est particulièrement mentionnée dans les dossiers mis en ligne par LockBit 2.0. Ainsi de très nombreuses pièces juridiques sont libres d’accès, à savoir des coordonnées de TGI, RIB, des noms, des employés, des actions et affaires judiciaires, mais pas seulement. Des dictées ou bobines dans le jargon sont disponibles. Ce sont des fichiers audio sur lesquels les avocats transmettent au personnel du secrétariat des courriers à rédiger. Quand il est indubitable que l’internet des objets (IoT) remplit de jour en jour les foyers français, et que les commandes vocales ont le vent en poupe, cela peut porter à préjudice. De plus, les coordonnées des intervenants du cabinet DL2M de messagerie fournies par l’opérateur Orange sont un des nombreux documents au format PDF. Datant de 2017, des griffonnages semblent afficher les identifiants et mots de passe, espérons qu’ils furent depuis changés, mais surtout que les professionnels du droit soient déjà en relation avec l’ANSSI.

  • Le Sénat Portoricain à l’arrêt

    Le Sénat Portoricain à l’arrêt

    Le Sénat de Porto Rico a annoncé mercredi 26 janvier 2022 qu’il a été la cible d’une infection par un ou plusieurs codes malveillants. Cette cyberattaque a pour conséquence de désactiver l’accès à l’Internet, son système téléphonique et son site web. La page officielle affiche que « Le site est peut-être temporairement indisponible ou surchargé ». C’est le dernier d’une série d’incidents similaires au cours des ultimes années. Le plus spectaculaire demeure l’extinction des lumières pour près de 500 000 habitants en juin 2021.

    Alors que les Portoricains restent sur une amertume de la soirée du 10 juin 2021. Un feu dans l’une des stations électriques de l’île américaine de Porto Rico a plongé des milliers de résidents dans le noir. Ce peu après que le fournisseur d’électricité annonçait avoir subi une cyberattaque. « Huit minutes après le début de mon service, un incendie a eu lieu dans la centrale électronique, laissant la moitié de l’île de Porto Rico sans électricité. Ça a été un jour fou au boulot et j’attends toujours de rentrer chez moi », raconte un témoin sur Twitter. Ces deux incidents survenaient peu après les attaques par ransomware de Colonial Pipeline, et du géant mondial de la viande JBS.

    Les opérateurs derrière l’infection ne sont pas encore connus. L’enquête en cours indiquera l’étendue des dégâts potentiellement occasionnés. (Crédits : luisacabello/Pixabay)

    Très tôt hier, le Sénat de Porto Rico a subi mercredi une cyberattaque qui a affecté ses outils informatiques, selon le président de l’organe législatif, José Luis Dalmau. « Nous avons identifié un incident de cybersécurité et activé le protocole de sécurité interne du Sénat et informé les autorités compétentes de la situation, ainsi que le personnel spécialisé pour commencer une évaluation des systèmes d’information », a-t-il affirmé dans un communiqué de presse. Ce dernier se veut rassurant en déclarant que « l’incident de cybersécurité n’a pas entraîné la perte de fonds publics ».

    En 2020, une tentative d’escroquerie plus de 4 millions de dollars aux agences gouvernementales portoricaines, avait obligé les autorités à geler 2,9 millions de dollars. La même année, opérateurs malveillants s’introduisaient dans la base de données du service d’incendie de Porto Rico, et exigeaient 600 000 dollars de rançon. (Crédits DR)

    Les activités du Sénat reprendront avec les mesures adéquates de protection des informations externes, dès que les analystes auront établi que l’incident a été atténué. « Pour l’instant, rien ne prouve que des informations sensibles d’employés, d’entrepreneurs ou de consultants du Sénat ont été exposées, et le personnel spécialisé procède à une analyse pour déterminer la portée de cet incident », déclarait José Luis Dalmau.

  • Cyberattaque à la banque indonésienne

    Cyberattaque à la banque indonésienne

    Conti fait des siennes, une fois encore. Le Ransomware-as-a-Service a, d’après le communiqué de la Bank Indonesia, infecté l’organisme bancaire durant le mois de décembre. Selon CNN Indonesia, un porte-parole de la BSSN a déclaré qu’aucune donnée critique n’avait été divulguée et que les attaques avaient eu lieu dans un bureau de la Bank Indonesia sur l’île de Sumatra. Déjà en 2016, la banque centrale d’Indonésie avait fait l’objet d’une attaque par déni de service (DDoS) parmi d’autres à travers le monde.

    La banque centrale d’Indonésie affirmait jeudi 20 janvier 2022 avoir subi une infection par codes malveillants de type ransomware. « Nous avons été attaqués, mais jusqu’à présent tout va bien, car nous avons pris des mesures d’anticipation et surtout les services publics de la Bank Indonesia n’ont pas été perturbés du tout », a répondu Erwin Haryono, directeur exécutif du département de la communication de la Banque d’Indonésie, aux journalistes, ajoutant que des opérations de récupération avaient été menées. Les logiciels de rançon fonctionnent en chiffrant les données des victimes et généralement, les pirates offrent une clé en échange de paiements en crypto-monnaies qui peuvent atteindre des centaines de milliers, voire des millions de dollars. Colonial Pipeline avait réglé la somme de 4, 4 millions de dollars, soit 75 bitcoins. Les autorités américaines affirmaient en juin 2021 en avoir récupéré la majeure partie.

    Il y a six jours les informations accessibles affichaient 13, 88 GB, puis 74, 89 (240 SI) pour enfin faire étalage de plus de 144 GB, mercredi 26 janvier 2022. Les opérateurs derrière le ransomware Conti font peser dans la négociation la divulgation des données, et mettent en œuvre leurs actions. (Crédits : capture d’écran)

    Si la victime résiste, les opérateurs menacent de dévoiler des renseignements confidentiels accroissant la pression sur la personne ou l’institution. Cela semble être le cas. Malgré le ton rassurant de l’organisme fiduciaire, Miftah Fadhli, expert en cybersécurité à l’ONG Institute of Policy Research and Advocacy (ELSAM), affirmait que Bank Indonesia devrait enquêter sur la gravité de l’attaque, car elle pourrait « comporter un gros risque » et avoir un impact sur ses transactions.

    « Nous avons renforcé le cadre, y compris au niveau des employés, car le ransomware a été inclus dans le maillon le plus faible plus tôt. Ensuite, nous développons une infrastructure plus étroite et développons également une coopération plus étroite », déclarait Erwin Haryono. (Crédits : DR)

    Wahyudi Djafar, directeur exécutif d’ELSAM, a affirmé que l’Agence nationale de cybersécurité et de mots de passe devrait conduire une investigation plus fouillée sur l’incident de fuite de données. « BSSN mène un processus d’enquête de suivi en profondeur pour la survenue de cet incident de cyberattaque, afin d’être ensuite en mesure de fournir des recommandations pour des systèmes de sécurité fiables dans la gestion des systèmes connexes », a annoncé Wahyudi dans un communiqué écrit mardi 25 janvier 2022. En 2016, Bank Indonesia a fait partie de plusieurs banques centrales touchées par des cyberattaques, bien que les responsables aient déclaré qu’aucun argent n’avait été perdu. Les infections étaient principalement des tentatives de déni de service distribué (DDoS).

  • Cyberattaque sophistiquée de la Croix-Rouge

    Cyberattaque sophistiquée de la Croix-Rouge

    L’attaque a compromis les données personnelles et les informations confidentielles de plus de 515 000 personnes. Celles-ci sont extrêmement vulnérables, car ils ou elles sont des individus séparés de leur fratrie en raison d’un conflit, d’une migration ou d’une catastrophe, mais encore les êtres humains disparus et leur famille, ainsi que les femmes et hommes en détention. Les renseignements proviennent, selon le communiqué, d’au moins 60 Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge du monde entier.

    Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), basé à Genève en Suisse, a annoncé mercredi 19 janvier 2022 avoir été victime d’une vaste cyberattaque. Les opérateurs malveillants se sont emparés des données de plus de 515 000 personnes extrêmement vulnérables. Certaines ont fui des conflits de guerre et d’autres étaient en détention. « Cette cyberattaque met encore plus en danger les personnes vulnérables, celles qui ont déjà besoin de services humanitaires », a déclaré le directeur général du CICR, Robert Mardini, dans un communiqué. Rien n’indique pour l’instant que les informations compromises aient été divulguées ou partagées publiquement, affirme l’entité mondialement connue.

    Vos actions pourraient potentiellement causer encore plus de mal et de douleur à ceux qui ont déjà enduré des souffrances indicibles.

    Robert Mardini, directeur général du CICR

    Le réseau plus large de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge gère conjointement un programme appelé « Rétablissement des liens familiaux ». Ce dernier vise à réunir les membres des familles séparées par un conflit, une catastrophe ou une migration. En raison de l’infection par codes malveillants, « nous avons été obligés de fermer les systèmes qui sous-tendent notre travail de rétablissement des liens familiaux, ce qui affecte la capacité du Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge à réunir les membres des familles séparées ».

    Le CICR, à travers son directeur général Robert Mardini, n’a pas d’indications immédiates sur les auteurs de cette cyberattaque. Rien ne suggère à l’instant que les données aient été divulguées ou partagées. (Crédits : Martial Trezzini/Keystone)

    Les organismes œuvrent aussi rapidement que possible pour identifier des solutions de contournement afin de poursuivre cette action vitale. « Chaque jour, le Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge aide à réunir en moyenne 12 personnes disparues avec leurs familles. Cela représente une douzaine de réunifications familiales joyeuses chaque jour. Des cyberattaques comme celle-ci mettent en péril ce travail essentiel », martèle Robert Mardini.

  • Saint-Jean-de-Maurienne attaquée

    Saint-Jean-de-Maurienne attaquée

    L’année 2022 débute que les attaques par ransomware s’enchaînent. Après Hardisk (Qlocker), Paul Beuscher (Grief) et le pôle Léonard de Vinci à Chambray-lès-Tours, c’est la commune de Saint-Jean-de-Maurienne d’être la cible d’une infection par rançongiciel. Tous les serveurs et le réseau informatique sont paralysés depuis dimanche 16 janvier 2022. La communauté de communes (EPCI) Cœur de Maurienne Arvan fait parti des victimes. Le retour à la normale n’est pas avant fin janvier explique la commune dans son communiqué.

    Alors que les vacances scolaires d’hiver pointent le bout leur nez le 4 février au soir, la commune savoyarde est proie d’un ransomware. Lundi 17 janvier 2022, les 300 agents de l’EPCI Cœur de Maurienne Arvan (3CMA) et de la ville trouvaient une note leur interdisant de reconnecter de quelque manière leur système d’informations, communément appelés pc. L’offensive serait de la même envergure que celle subie par la ville d’Annecy le 25 novembre 2021, ou encore que les centres hospitaliers d’Albertville et Annecy. La « Com Com » avait commencé à déployer un système de protection, rapporte France Bleu, qui a permis de parer une partie de l’attaque et de sauver une partie des données.

    Pas de retour à la normale prévue avant la fin du mois de janvier martèle la présidence de la 3CMA. Impossible de joindre la communauté de communes, le centre communal d’action sociale, l’office de Tourisme Montagnicimes, le syndicat de Pays de Maurienne. Seule la mairie de Saint-Jean-de-Maurienne est disponible au 04 79 64 11 44. (Crédits : DR)

    Immédiatement, Jean-Paul Margueron, Président de la 3CMA, déposait plainte, une enquête est en cours. Un certain nombre de services en ligne seront donc inopérants durant cette période. De la même manière, la 3CMA, le CIAS et plusieurs services sont injoignables téléphoniquement, rappelle le communiqué de la 3CMA.