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  • Le milieu médical infecté par l’informatique

    Le milieu médical infecté par l’informatique

    Les hôpitaux font souvent dans les gros titres de la presse à travers le globe. En Amérique du Nord, deux faits corroborent cette situation, le premier à Boston aux USA, le second à Laval au Québec. La conclusion est qu’il existe une probabilité non nulle que de très nombreuses données sensibles soient potentiellement compromises. Elles représentent plusieurs millions d’informations, qui sont les civilités des patients, mais également les personnels soignants actuels ou passés.

    Une attaque informatique contre l’entreprise Shields Health Care Group basée au Massachusetts pourrait avoir compromis l’identité et les informations médicales d’environ 2 millions d’individus. Elles pourraient contenir les prénoms et noms, les numéros de sécurité sociale, dates de naissance, adresses, diagnostics, les données de facturation, les numéros d’assurance et du dossier médical et d’autres informations médicales ou de traitement. Shields a déclaré être en train d’examiner les données touchées. L’attaque a été signalé au ministère américain de la santé et des services sociaux que le 27 mai 2022. Le rapport initial faisait référence à un incident concernant un serveur de réseau, qui a compromis les informations de plus de 50 clients du prestataire. La déclaration fournie par les représentants de Shields indique un accès non autorisé sur une période de deux semaines en mars. L’opérateur a acquis des données, mais la société n’a confirmé le vol qu’après sa première alerte de sécurité à la mi-mars.

    Il serait temps de renforcer les systèmes d’information des personnels hospitaliers, pour qu’il ne soit concentré que sur les soins à apporter. (Crédits : David Mark/Pixabay)

    Quand les individus malveillants n’arrivent pas à conduire une attaque en ligne… ils viennent dérober directement les ordinateurs sur place, c’est ce qu’a vécu le CHU de Québec. Les malfaiteurs sont entrés par effraction dans la nuit du 5 au 6 juin 2022. Les services de Police ont déjà procédé à des arrestations. Une partie du matériel volé a été récupéré, cela dit l’établissement ne peut pas présumer que les informations contenues n’ont pas été transférées à un tiers. Cette fois, la patientèle ne serait pas impactée, mais les personnels hospitaliers passés comme présents, soit environ 10 000. Toutes personnes affectées par ce bris potentiel de confidentialité seront contactées, assure le CHU. Cela concerne tout individu ayant travaillé entre le 1er mars 1991 et le 14 mai 2022. Cette fois encore des données intéressantes pour toutes personnes désireuses de commettre des délits ou crimes :

    • Prénom et nom
    • Adresse personnelle
    • Numéro de téléphone privé
    • Courriel
    • Date de naissance
    • Numéro de sécurité sociale
    • CV
    • Impôts…

    « Jusqu’à maintenant, rien ne nous indique que les données contenues sur le matériel informatique volé auraient été utilisées à des fins malveillantes ou frauduleuses ni qu’elles auraient été vendues à des tiers. Nous demeurons en contact continu avec le service de police de la Ville de Québec afin de connaître le niveau de risque associé à l’utilisation malveillante ou à la vente de ces données. » Au début de l’année, le Réseau de santé de Scarborough (SHN) dit avoir été victime d’une cyberattaque à la fin de janvier, révèle Ici Radio Canada, le 26 mai dernier. La personne pourrait avoir eu accès aux civilités, adresses, carte d’assurance maladie… de certains patients. Le regroupement de trois hôpitaux (Birchmount, Centenary et General) précise que des activités inhabituelles ont été détectées dans ses systèmes le 25 janvier. La brèche a été colmatée le 1er février 2022 assure le SHN, néanmoins, il offre à ses patients un service gratuit de surveillance du dossier de crédit par le biais de la firme TransUnion, et ce, pendant deux ans, si la demande est effectuée avant le 30 septembre.


  • Compromission de données au Canada

    Compromission de données au Canada

    Les attaques par ransomware ou tout autre moyen, occasionnent des dégâts sur les systèmes d’information, mais aussi sur la vie privée à travers les infos exfiltrées. Concernant le collège de Montmorency, situé à Laval au Québec dont « certains renseignements personnels » relatifs aux étudiants et aux employés de l’établissement « ont potentiellement été compromis ». L’Arnprior Regional Health dont la cyberattaque de décembre 2021 compromet des données datant de plusieurs décennies.

    Depuis le 11 mai 2022, le réseau interne du collège Montmorency est paralysé précisait le communiqué. « Des informations nous poussent à croire que l’intégrité de nos infrastructures informatiques semble avoir été compromise », avait indiqué la direction. Le collège d’enseignement général et professionnel (cégep) public de Laval est victime d’une attaque informatique. Selon les premières constations l’établissement a juger que la situation nécessitait l’intervention de différentes entités, le centre opérationnel de cyberdéfense de Québec, du ministère de la Cybersécurité et du Numérique, mais d’une entité externe à savoir KPMG, spécialisée en cybersécurité.

    Le Collège Montmorency offre 5 programmes de formation préuniversitaire, 23 en technique, dont 19 en alternance. Il accueille plus de 7000 étudiants et étudiantes à l’enseignement régulier, donc un nombre conséquent de data. (Crédits : DR)

    L’enquête lancée à la suite de l’attaque admet que certains renseignements personnels se trouvant sur les serveurs informatiques de l’établissement d’enseignement pourraient être tombés dans les mains de gens malintentionnés. « Actuellement, selon l’information que nous détenons, une partie seulement des systèmes informatiques du Collège semble avoir fait l’objet d’exfiltration de données, et ce, pour une période limitée, ce qui explique que nous n’avons aucune preuve qui confirme que les informations relatives aux étudiantes et aux étudiants sont mises en cause », a précisé la direction.

    L’entité médicale Arnprior Regional Health attaquée

    L’ARH, situé à Arnprior dans l’Ontario au Canada, est constitué d’un hôpital, d’un établissement de soins de longue durée et d’autres services de santé. Le 21 décembre 2021, déclarait sur son site Web avoir été averti en décembre 2021 « d’un accès non autorisé à notre système informatique. Notre enquête a confirmé que les informations personnelles de certains de nos patients ont été consultées. » Malheureusement, le 1er avril 2022, les enquêtes en cours ont révélé que certaines données de l’ADFHT avaient, en fait, été compromises. La cyberattaque détectée a compromis un large éventail de données, dont certaines remontent à 1996 (coloscopies, les vaccinations contre le COVID-19 et la grippe, les enquêtes de satisfaction des services d’urgence et des patients hospitalisés, et les patients sur les listes d’attente).

    Les données personnelles et de santé potentiellement compromises comportaient le nom, la date de naissance, le numéro de santé, l’heure de la visite, la procédure et le diagnostic, et des indications démographiques. (Crédits : DR)

    « Tant que les établissements de santé ne regardent pas au-delà des systèmes de production actuels et ne comprennent pas tous les endroits [où les données des patients] sont stockées, conservées, traitées ou transmises au sein de leur organisation – et n’appliquent pas les contrôles de sécurité appropriés à tous les niveaux – il n’est pas surprenant que des violations de cette ampleur se produisent. », déclarait Cathie Brown, vice-présidente des services de conseil chez Clearwater.

    L’utilisation de nos données peut être à des fins criminelles, mais elles peuvent servir dans une manipulation à des fins commerciales ou politiques, comme le fut Facebook/Cambridge Analytica. Mais elle n’est pas la seule, une invasive en France, celle avec le Compte Personnel Formation (CPF). (Crédits : Roma1880/Pixabay)

    En France, La Quadrature du Net lutte pour qu’elles ne soient pas considérées comme des marchandises, mais pas seulement. Elle met tout en œuvre « pour qu’aucune entreprise ne puisse surveiller nos comportements et nous manipuler à des fins commerciales ou politiques, notamment en sélectionnant la publicité et les informations que nous recevons. Elle lutte pour qu’aucune décision sur nos vies (emploi, crédit, études, etc.) ne soit prise automatiquement sur la base de ces données. »

  • Attaques dans la Presse écrite

    Attaques dans la Presse écrite

    Dans le dernier week-end du mois de février, ces attaques des systèmes d’information au Canada et en France se déroulaient. La plateforme de publication d’éditions électroniques de journaux PressReader, où sont publiées Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec, ont éprouvé des difficultés techniques, dimanche matin, à la suite d’un « incident de cybersécurité ». En France, c’est le journal L’Équipe qui subissait une cyberattaque le 27 février 2022.

    Dans un conflit, comme dans une élection présidentielle, le pouvoir ultime est le contrôle des médias, d’une façon ou d’une autre. Ainsi le dimanche 27 février, les serveurs du journal l’Équipe ont commencé à planter les uns après les autres, raconte le journaliste sur la chaîne Bfmtv. Ensuite vient le tour des ordinateurs des journalistes. Les différents serveurs donnant accès au chemin de fer du journal (mise en page), permettant d’intégrer les cartons (article normé) à la maquette du journal du lendemain.

    La plateforme distribue les plus grands quotidiens et magazines de la planète, comme le Wall Street Journal ou le Washington Post. (Crédits : DR)

    La rédaction craignait de ne pas pouvoir sortit le journal lundi 28 février, car au fur et à mesure de la journée de nombreux outils informatiques tombaient. À ce jour personne ne sait ou n’a voulu communiquer, sur l’origine de l’attaque. Au Canada, Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec n’étaient pas disponibles via PressReader. La société donne accès à plus de 7 000 publications de journaux, bibliothèques et musées du monde entier. Elle a confirmé que les dysfonctionnements étaient dus à un incident de cybersécurité. Sur les questions de ransomware, la société n’a pas souhaité apporter de réponse. La société ajoutait dimanche 6 mars 2022 que les équipes basées à Vancouver et aux Philippines œuvraient pour restaurer le service. « Nos équipes ont travaillé sans relâche pour rétablir les opérations et nous sommes désormais en mesure de traiter et de diffuser les journaux et magazines actuels. Toutefois, nous continuons à faire évoluer ces systèmes pour qu’ils retrouvent leur pleine capacité. »

  • Histoire d’infections par ransomware

    Histoire d’infections par ransomware

    Le canton de Vaud en Suisse a essuyé de nombreuses offensives par codes malveillants. Il est le plus à l’ouest de la Confédération helvétique, et compte 805 098 habitants au dernier recensement. La fondation Les Oliviers subissait le 17 janvier 2020 une « cyberattaque ». Quasiment au même endroit, c’est GRF, une importante société fiduciaire vaudoise d’être une cible, mais de choix.. La commune de Rolle en faisait l’expérience en mai 2021. Outre-Atlantique, c’est la chaîne californienne « Pizza Chicken » qui révèle une fuite considérable le 18 novembre 2021.

    Le quotidien suisse 24 heures propose le récit vu de l’intérieur d’une attaque, car personne n’est véritablement préparé. Le chef-lieu qu’est Lausanne offre un havre de paix et un décor de rêve, elle se situe entre le massif du haut Jura et le lac Léman. C’est par un beau matin d’hiver que la foudre s’abat sur les épaules de la directrice Sanda Feal. La fondation dans laquelle elle œuvre, Les Oliviers, est destinée à toute personne qui se sent en difficulté avec sa consommation d’alcool et/ou d’autres produits, ce depuis 1976.

    Le message reçu par l’organisation de la part des opérateurs derrière le ransomware PYSA ne laisse guère de doute. (Crédits : DR)

    « Il est 6 h 40 quand un SMS arrive sur le portable de Sandra Feal, chargée du service technique. Un de ses informaticiens lui apprend qu’aucun serveur ne répond. Il a essayé à plusieurs reprises de relancer les ordinateurs, sans succès. Le dossier système est vide. La directrice adjointe quitte son domicile précipitamment et arrive à la Fondation à 7 h », raconte 24 heures.

    Le ransomware PYSA est à l’origine de cette infection, comme celle de l’UAB. Le coût estimé est de 350 000 francs suisses (334 000 euros) en réponse à l’engagement de spécialistes, le rachat de matériel et le manque à gagner. (Crédits : capture d’écran)

    « J’ai ressenti de la colère, raconte Sandra Feal. Ils n’en ont rien à fiche de qui on est. Ils s’attaquent à des personnes précaires. C’est comme s’ils volaient l’argent d’un musicien de rue. » La directrice jouait la carte de la transparence à travers un communiqué de presse relayé dans divers médias. Les premières mesures mises en place, une plainte est déposée l’après-midi. C’est lors du contact avec la cellule spécialisée de la police cantonale qu’elle découvre son existence.

    Bis repetita

    Grâce à la Doloréane, remontons dans le futur, en octobre 2021. Des opérateurs tentèrent, encore en Suisse, d’entrer dans le système de GRF Société fiduciaire SA, une importante fiduciaire vaudoise qui gère les données de pouvoirs publics (des informations budgétaires publiques et facturations de consommation d’eau). Une douzaine de communes et de collectivités du district de Morges sont ainsi concernées. Le 22 octobre 2021, la dernière sommation faisait été de 48 petites heures pour payer le total de 200 000 francs en bitcoins, menaçant de laisser fuiter les renseignements sur le darknet. « […] nous n’avons rien trouvé sur le darkweb », commente Marc Caron de la société O plc, le 18 novembre 2021. GRF, de son côté, envisage de déposer une plainte pénale contre cette cyberattaque que la police cantonale vaudoise qualifie de sérieuse. « La question n’est plus de savoir si une collectivité sera un jour cyberattaquée, mais quand », explique Marc Genton.

    La porte d’entrée dévoilée

    Le 15 novembre 2021, la mairie de Turin se trouvait ciblée par un ransomware. C’est toute la structure de la cité des quatre rivières qui était hors service, lundi dernier. « Nous vous informons que l’activité de certains services, dont les services d’enregistrement, a été suspendue ce matin ». Dans une note, la municipalité explicite que « les techniciens de la Ville et de CSI Piedmont — le consortium public qui gère les services informatiques — travaillent pour rétablir le bon fonctionnement du système […] ».

    L’ordinateur utilisé comme accès par le groupe Conti, explique La Stampa pour diffuser le malware était un PC appartenant à la police de la commune. Il était connecté au système informatique municipal et servait de canal d’entrée. (Crédits : Pexels/Pixabay)

    Les équipes craignaient de subir la même chose que l’Azienda Territoriale per la Casa, le 11 avril dernier. Elle avait été victime d’une lourde attaque, 43 téraoctets de données, qui a sérieusement compromis la prestation de services, les pratiques et les procédures informatiques, avec une rançon de 700 000 dollars (plus d’un demi-million d’euros). La porte d’entrée de l’offensive contre le conseil municipal de Turin aurait été un ordinateur appartenant à la police de la circulation, révèlent les enquêteurs.

    Attaque d’une chaîne de Pizzeria

    Chez l’oncle Sam, la California Pizza Kitchen (CPK) a révélé une violation de données exposant les numéros de sécurité sociale de plus de 100 000 employés actuels et anciens. La chaîne qui compte plus de 250 établissements dans 32 États a confirmé l’incident. « La société a déclaré avoir été informée d’une “perturbation” de ses systèmes le 15 septembre et avoir pris des mesures pour “sécuriser immédiatement” son environnement », raconte Techcrunch. L’infection se serait déroulée le 4 octobre 2021.

    Une notification du bureau du procureur général du Maine a indiqué qu’un total de 103 767 employés actuels et anciens – dont huit résidents du Maine – sont concernés. La découverte de cette intrusion ne date que du 13 octobre 2021, selon la note de l’institution du Maine. (Crédits : capture d’écran)

    « La sécurité des informations fait partie de nos plus hautes priorités, et nous avons mis en place des mesures de sécurité strictes pour protéger les informations dont nous avons la charge, ajoutait CPK. […] Nous révisons les politiques de sécurité existantes et avons mis en place des mesures supplémentaires pour nous protéger davantage contre des incidents similaires à l’avenir. »

    Le ministère de la santé québécois attaqué

    Entre le 5 et 10 octobre dernier, il était impossible d’accéder à certains services web des centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) de Montérégie. Plus particulièrement au « Virtuo », dans lequel se trouvent des données personnelles et sensibles sur les employés, annonce Le Montarvillois. La porte-parole, Joëlle Jeté confirmait qu’il y avait eu effectivement une tentative d’intrusion visant les serveurs « Virtuo », du fournisseur Médisolution, hébergés sur les infrastructures informatiques du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). « Des modifications ont été apportées pour empêcher que cela ne se reproduise et que les services ont été rétablis lors de mise en place des correctifs », concluait-elle.

    Attention aux mises à jour

    Diverses méthodes sont utilisées par les agents malveillants pour souiller comme pour voler de la liquidité à leurs victimes. Parmi elles, deux sont particulièrement nuisibles cite le site de cyberveille français :

    • les alarmiciels
    • les mises à jour frauduleuses

    Les premières ont pour finalité l’extorsion d’argent, les suivantes la contamination du poste de travail avec aussi un fort risque de racket de monnaie sonnante et trébuchante. Souvent, l’une ne vient pas sans l’autre. Les Scarewares existent sous pléthores de formes (pop-up, programme…), et tentent de vous faire croire que votre système est victime de plusieurs infections très dangereuses. Le message et son contenu incitent à vous diriger vers une solution payante garantissant une hygiène informatique, en toute bonne foi. Tout n’est que fadaise, leur but vous faire peur pour vous extorquer de l’argent.

    La prudence est mère de sûreté. Dans le cadre de son Patch Tuesday, en date du 14 septembre 2021, Microsoft a initié un correctif pour cette vulnérabilité. Le CERT-FR recommande fortement d’appliquer ce correctif et, le cas échéant, d’enlever les contournements préalablement appliqués pour se protéger de cette vulnérabilité. (Crédits : Tomasi/Pixabay)

    Les mises à jour frauduleuses, ou FakeUpdate s’apparentent à une légitime. Pour autant, elle dispose d’une charge malveillante destinée à déployer un ou plusieurs maliciels dans le système de l’usager. Elle peut commencer comme un alarmiciel, mais aussi se présenter pour perturber la navigation sur Internet via une fenêtre Pop-Up répétitive et intempestive. Le contenu vous incite fortement à effectuer la mise à jour pour reprendre sereinement votre navigation. Lorsque vous accepte le processus d’installation, une véritable charge malveillante est activée. Elles peuvent contenir des ransomwares ou rançongiciels. Le site de cyberveille donne deux exemples :

    Le premier se présente comme une mise à jour (MAJ) importante de Microsoft Windows. Lorsque l’usager accepte l’implantation de cette dernière, son système est rapidement sous l’emprise du rasomware qui chiffre les données. Une rançon est demandée pour retrouver le contrôle des informations. Puis, le Cyborg arrive presque toujours chez l’utilisateur en tant que pourriel, ou dans les indésirables. Également sous le même procédé que le Fantom, il vous invite urgemment à autoriser l’installation de la MAJ. Si vous acceptez, la charge malveillante se déclenche et commence un chiffrement rapide des données. Une rançon est là aussi demandée. Vous n’avez plus qu’à vous mettre en rapport les services de gendarmerie ou de police, comme l’ANSSI. « Il est recommandé que l’antivirus et l’EDR soient à jour sur l’ensemble des systèmes. Dans le cas où certains terminaux ou appareils ne peuvent pas recevoir de protections antivirales, il est conseillé de prendre contact avec le prestataire du produit pour connaître les moyens de protections alternatifs. Installer des filtres anti-pourriel et toujours être vigilant contre les courriels externes. Ne jamais accepter les offres présentées dans des pop-up ou courriels sans d’abord demander l’avis de l’expertise SSI. Effectuer des sauvegardes régulières des données sensibles, et les stocker hors réseau. Appliquer le règlement sur la politique des mots de passe », conseille Cyberveille.

  • Problèmes sur l’authenticité du « passe sanitaire »

    Problèmes sur l’authenticité du « passe sanitaire »

    Tandis que le gouvernement français veut proroger le « passe sanitaire » jusqu’au 31 juillet 2022. Des problèmes récurrents arrivent ici et là quant à l’édition, ou la sécurisation des données dudit sésame. Des informations confidentielles se retrouvent ainsi dans la nature, quand d’autres lieux subissent leurs troisièmes pannes en un petit mois. Sans oublier l’enquête de Cyberguerre sur la gigantesque faille européenne, et le bug révélé par le journal suisse Waston.

    Le mardi 26 octobre 2021 le ministre de la Santé, Olivier Véran était auditionné au Sénat dans le cadre du projet de loi « vigilance sanitaire ». En préambule, ce dernier rappelle qu’ « il ne s’agit plus d’état d’urgence sanitaire, mais bien de vigilance sanitaire ». Pendant près de 2 h 30 les explications et échanges fusent entre les participants. Le dessein de la loi prévoit de prolonger jusqu’au 31 juillet 2022 le régime de sortie de l’état d’urgence sanitaire et donc la possibilité de recourir au passe sanitaire. Il reporte à la même date la fin desdites dispositions.

    Prorogation du « passe sanitaire »

    « J’ai observé dans les deux avis du conseil scientifique du 5 et du 6 octobre qu’autant le conseil scientifique estime qu’il est absolument certain que le passe sanitaire a joué un rôle déterminant pour l’accélération des vaccinations, autant dit-il, le rôle du passe sanitaire en tant que mesures favorisant la protection des individus est plus difficile, à mettre en évidence. Le passe sanitaire a été mis en place début août alors que la décroissance de l’épidémie du variant delta est plutôt survenue vers le 20 juillet donc il a pu contribuer, dit le conseil scientifique, à cette décroissance, mais il est difficile de mesurer exactement dans quelle mesure », martèle le sénateur Philippe Bas (LR), rapporteur de la loi « Vigilance sanitaire ».

    Nous estimons que le passe sanitaire, et les mesures de jauges et de gestion qui sont encore en vigueur nous permettent de réduire de 30 % la circulation du virus. Sans ça nous serons bien au-delà de 5 000 cas par jour.

    Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé

    Puis c’est au tour de la rapporteure, Pascale Gruny (LR) : « Comptez-vous dans les mois à venir adapter le schéma de vaccination obligatoire et rendre nécessaire la troisième dose ? » Ce à quoi, le ministre des Solidarités et de la Santé répond : « Ça fait l’objet de réflexions et d’une saisine et aux autorités sanitaires compétentes, le comité de stratégie vaccinale, la haute autorité de santé et le Conseil scientifique. Est-ce qu’il y a lieu ou non, pour conserver le bénéfice de son passe, d’une troisième dose, lorsqu’on est particulièrement fragile ? Je n’ai pas la réponse, mais j’ai posé la question ». Une réponse loin d’être suffisante pour la sénatrice PS, Marie-Pierre de la Gontrie. « Est-ce que j’ai bien entendu qu’en fait, vous n’en saviez rien ? À l’heure où nous parlons, vous ne savez pas dire si le passe sanitaire restera valide. »

    En ce jour, il est établi que le passe a favorisé la vaccination à la suite du discours du président de la République, Emmanuel Macron. Quant au bien fondé du « passe sanitaire », Olivier Véran répond lui-même : « Est-ce qu’on peut quantifier l’impact du passe sanitaire sur la circulation du virus ? Moi je vous pose une autre question est ce qu’on peut quantifier l’impact du masque dans l’épidémie, est-ce qu’on peut quantifier l’impact du gel hydroalcoolique ? »

    Est-il sécurisé ?

    C’est un excellent problème qui s’impose à tout un chacun. La plupart des personnes qui ont dû présenter leur certificat Covid dans un restaurant, en boîte de nuit ou toute manifestation le savent. Il y a ceux qui contrôlent consciencieusement ledit sésame en le scannant, puis les autres qui se limitent à appuyer sur le bouton de vérification. Il existe une grave faille de sécurité dans le cas de la validation rapide. En effet, ceux qui détenaient un certificat grâce à un test négatif ou une guérison pouvaient faire apparaître la couleur verte bien plus longtemps après qu’il soit périmé. « Pour cela, il leur suffisait de changer bêtement la date et l’heure du téléphone portable », rapporte le site Waston.

    Si de tels certificats Covid sont considérés comme en bonne et due forme en Suisse, c’est parce que le logiciel CovidCert ne vérifie que s’il est présent sur la liste de la Confédération.
    Mais d’aucune manière s’il est en cours de validité ou expiré, c’est là que le bât blesse. (Crédits : DR)

    « Il n’est pas permis aux examinateurs d’appuyer sur la touche de rafraîchissement du téléphone portable d’autrui. La seule méthode d’essai autorisée est l’utilisation de l’application d’essai par le testeur », atteste l’Office fédéral de santé publique aux associations et aux cantons suisses. Toujours chez les Helvètes, une panne, la troisième au mois d’octobre, empêchait d’émettre quelconque certificat durant quatre heures. « Il y a actuellement un problème technique dans l’émission des certificats Covid », a indiqué, jeudi 28 octobre 2021 midi, l’Office fédéral de l’informatique et de la télécommunication (OFIT). « Ce n’est pas la première fois que des pannes affectent les certificats. Lundi après-midi, des problèmes concernant la vérification et l’émission des passes ont eu lieu pendant une bonne dizaine de minutes », révèle la Tribune de Genève.

    Fraudes internationales

    Le jeudi 28 octobre 2021, le site Cyberguerre de Numerama publiait une enquête sur « Des dizaines de pass sanitaires frauduleux générés : enquête sur une gigantesque faille européenne ». Le problème rencontré en Suisse serait-il l’arbre qui cache la forêt ? Il pourrait s’agir d’une des affaires les plus sensibles concernant la création et l’usage de passes sanitaires dans toute l’Europe, assure-t-il. Ainsi différents sites Internet permettaient de concevoir des QR Code dont au moins l’un d’entre eux engendrait des certificats de vaccination authentifiés dans l’Union européenne. En France, il serait possible pour un soignant d’établir un profil pour un individu n’étant pas couvert par l’assurance maladie. Comme l’explique le guide de l’institution, un personnel habilité doit en principe vérifier les informations à partir d’une pièce d’identité quand il crée un « passe sanitaire ».

    Pléthores de sites (ici sur le Darknet) fournissent des sésames contre monnaie sonnante et trébuchante, ce sans à se faire inoculer les solutions nécessaires à son obtention. Le texte proposé durcit les sanctions en cas de fraude au « passe sanitaire », jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende. (Crédits : capture d’écran)

    Le formulaire qui permet de créer un QR Code exige plusieurs champs obligatoires : nom, prénom, date de naissance, date d’injection, quel vaccin et par quel pays émetteur. Les malversations seraient liées à l’usurpation des clés de chiffrages telles les PGP pour « Pretty Good Privacy ». Ainsi des clés polonaise et macédonienne auraient circulé pour l’impétration du sésame. Depuis plusieurs jours, des individus « revendiquent sur des plateformes de ventes de données volées avoir obtenu une ou plusieurs clés privées européennes », qui leur fourniraient la possibilité de constituer des passes comme bon leur semble. Ce qui présagerait une compromission de la légitimité des différentes clés publiques liées à ces clés privées.

    Quid des nos infos ?

    Au Québec, au moment où les habitants sont vaccinés contre le SARS-CoV-2 leurs informations personnelles sont demandées. Elles sont ensuite utilisées pour créer la preuve, ou QR Code. Lors de ce processus, elles sont vérifiées auprès de chaque personne, afin d’en assurer la véracité. Or, lorsqu’Élodie* a été vaccinée la semaine dernière, rien ne s’est passé comme l’indique le protocole. Une mauvaise coordonnée téléphonique a été employée pour l’envoi de sa preuve vaccinale, avec ses informations privées… « Comme je ne recevais pas la preuve vaccinale, j’ai suivi les directives du ministère pour la télécharger moi-même. C’est là que j’ai vu qu’il n’avait pas utilisé le bon numéro de téléphone », raconte-t-elle à Métro. L’affaire pourrait prêter à sourire, si ce n’est la réponse téléphonique d’un salarié du ministère concerné : « On ne peut rien faire pour vous malheureusement ».

    500 000 patients se retrouvaient avec leurs données les plus confidentielles livrées en pâture. (Crédits : DR)

    Élodie craint donc que ses informations personnelles circulent sur le web, et d’être victime d’une malversation. Devant cette circonstance, elle réfléchit à ester en justice. « Je regrette hautement d’avoir fait confiance au gouvernement avec mes données, avoue-t-elle. C’est quelque chose qui me dérangeait, mais avec la situation actuelle de la pandémie, je me disais que je pouvais accepter cette étape-là. » Quand les attaques par codes malveillants ciblent les entreprises comme les hôpitaux, n’importe quel individu est en droit de se questionner.

    La prise d’Helena aurait été débranchée mardi 26 octobre 2021, avant la publication de l’enquête du Soir. Le site est inaccessible désormais. (Crédits : capture d’écran)

    Chez nos voisins et amis belges, Helena ne les fait plus rire. Cette dernière est un environnement sécurisé pour tous les documents médicaux, comme en France, « Mon espace Santé » qui devrait être déployé en 2022. Cette plateforme permet aux patients et aux professionnels de la santé de communiquer. En 2019, Helena avait réussi à obtenir la possibilité de diminuer le niveau de sécurité exigé pour qu’un patient puisse accéder à son dossier médical. Si bien qu’il est possible d’accéder à un dossier médical sans prouver son identité et sans lien thérapeutique avec un médecin. Face au risque conséquent de fuite de données, une plainte a été déposée auprès de l’Autorité de protection des données (APD) par Medispring, une coopérative regroupant plus de 2 200 médecins, au sujet d’Helena, une des plus importantes applications d’échange de données entre médecins et patients en Belgique, rapporte Le Soir. Quand à la France

    *prénom d’emprunt