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  • Qui a le plus gros cerveau : la mouche ou l’être humain ?

    Qui a le plus gros cerveau : la mouche ou l’être humain ?

    On la chasse d’un revers de main, on peste contre son bourdonnement entêtant et on la soupçonne de ne servir à rien. Et pourtant… la mouche, cet insecte que l’on croit bête et sans mémoire, recèle bien des surprises. Si elle ne joue pas tout sur son physique, elle oublie qu’elle n’a aucune chance. Car derrière ses ailes fines et ses yeux en mosaïque se cache une vérité de lapalissade. L’être humain a le plus gros cerveau, sans aucun doute. Mais la mouche qui existe, elle, depuis 240 millions d’années, doit a priori mieux s’en servir.

    Capucine est de retour pour le week-end à Berd’huis, elle doit couvrir les élections municipales pour son école. Le premier adjoint sortant, Alain Sabras, y présente sa liste en ce 15 mars 2026, car l’ancien édile, Brigitte Luypaert, a déposé son tablier après un quart de siècle aux commandes. Les prémices du printemps colorent le ciel, les arbres et les odeurs, et le gel fait craindre pour les fruitiers. Si bien que comme chaque année, son grand-père, Sépa Phot, va s’évertuer, tant bien que mal à courir les mouches. Mais comme toujours, ces petites empêcheuses de tourner en rond vont le rendre fou. Mais peut-être pas autant que la politique.

    — Papy, tu installes déjà tes pièges à mouches, questionne Capucine

    — Oh oui, le combat est en marche. Cette année je gagne la manche.

    — Mais bien sûr s’esclaffe-t-elle.

    Puis la jeune femme s’interroge. « Comment est-il possible qu’une si petite créature arrive à s’échappe à chaque fois ? ». Papy dit toujours que nous sommes intelligents, que notre cerveau a des milliards de neurones. Apparemment, ce n’est pas encore suffisant quand je vois l’actualité. Mais la mouche a-t-elle réellement un cerveau, se questionne-t-elle. Comme toute espèce vivante sur cette Terre, ou presque, il semble de prime à bord, qu’elle en soit dotée. Mais avoir un cerveau rempli de neurones ne signifie pas forcément être intelligent, s’amuse-t-elle.

    Un cerveau minuscule, mais bien réel

    Il y a, dans notre manière de juger les bêtes, une arrogance humaine. Ce qui est petit serait simple, et ce qui nous agace serait forcément stupide. La mouche dément ce préjugé avec une élégance quasi vexante. Car la réponse est sans appel. Oui, la mouche possède un cerveau. Il est proportionné, bien entendu. Chez la drosophile (mouche du vinaigre), son encéphale compte environ 140 000 neurones, contre 250 000 chez la fourmi (86 milliards du côté de l’être humain). À l’échelle du vivant, c’est peu. À l’échelle de l’efficacité, c’est formidable, vous ne trouvez pas ?

    Mouche, nature, insecte

    Car ce minuscule organe suffit à traiter des informations visuelles, à guider le vol, à détecter le danger et à adapter le comportement. Chez elle, chaque circuit va droit au but. Le cerveau est relié à des ganglions nerveux situés dans le thorax et l’abdomen, qui agissent comme des relais. Chaque neurone est mis à profit, sans superflu.

    Alors, réduire la mouche à un simple insecte mécanique est une erreur. Elle dispose de capacités cognitives étonnantes. Sa vision, par exemple, repose sur des yeux composés de milliers d’unités visuelles, les ommatidies, capables de détecter le moindre mouvement en une fraction de seconde.

    Là où nous voyons une scène continue, elle perçoit une pluie de signaux, de variations, de mouvements. (Crédits : Satheesh Cholakkal/Pexels)

    C’est précisément cette architecture qui fait sa force. La mouche détecte très vite les changements autour d’elle. Un geste brusque, une ombre, une menace… tout est presque aussitôt repéré. Ce que nous prenons pour de la nervosité n’est rien d’autre qu’une lecture fulgurante de la réalité. En plus, elle possède aussi une forme de mémoire. Des démonstrations révèlent que les mouches peuvent associer une odeur à une expérience négative, et éviter cette odeur par la suite. Une capacité d’apprentissage simple, mais présente.

    L’art de l’évasion sur six pattes

    Qui n’a jamais tenté d’attraper une mouche, pour la voir s’échapper à la dernière seconde ? Ce n’est pas de la magie, mais de la biologie. Son tout petit cerveau lui permet de traiter l’information sept fois plus vite que le nôtre. Elle dispose d’un système sensoriel associé à un moteur d’une redoutable rapidité. Lorsqu’un danger survient, elle peut préparer sa fuite et s’envoler en une fraction de seconde. Ce n’est pas de la ruse, c’est bien mieux. Elle s’est fait une spécialisation biologique si fine qu’elle donne l’illusion de l’anticipation. Ce sens de l’évasion, allié à un temps de réaction fulgurant, explique pourquoi elle semble toujours avoir une longueur d’avance.

    Un cerveau petit, mais redoutablement bien calibré pour survivre. Un modèle pour la science. L’ironie de l’histoire, c’est que la mouche, que beaucoup considèrent comme superflue, est l’un des êtres les plus étudiés par les chercheurs. Les chercheurs ont utilisé la drosophile depuis plus d’un siècle dans les laboratoires. Son cerveau simplifié, sa courte durée de vie et son génome bien connu en font un modèle de choix pour étudier la mémoire, les comportements, et même certaines maladies humaines, comme Parkinson ou Alzheimer.

    Mais elle rejoint l’homme au moins sur un aspect. Des chercheurs britanniques ont testé la réaction au danger des mâles drosophiles lorsque, sur un malentendu, ils possèdent une chance de conclure, une chance de s’accoupler. Ils constatent alors que lorsque le mâle est sur le point de finaliser, il ne réagit plus du tout au danger, il reste concentré sur son objectif. Ainsi, l’amour rend aveugle… (Crédits : Pixabay/Pexels)

    Mouche, insecte, nature

    Alors, la mouche a-t-elle un cerveau ? Oui, plus gros que le nôtre, non. Mais sans aucun doute le plus efficient en mode survie, jusqu’au moment de la possibilité de conclure. Ce cerveau, minuscule par sa taille, mais immense par son ingéniosité, lui permet d’assurer son immortalité depuis près d’un quart de milliard d’années. Ce que l’on prenait pour de la stupidité ou de la simplicité masque en fait un prodigieux condensé d’évolution. Derrière l’insecte que nous balayons d’un geste impatient se cache un champion de la rapidité, un maître de la perception, et un allié discret de la science, pour notre gros cerveau humain.

  • « Quand je dirai ça à ma femme »

    « Quand je dirai ça à ma femme »

    Parfois, la durée d’une situation aussi courte soit elle vous marque à jamais. Elle crée en peu de temps un souvenir mémorable qui restera gravé, bien des années plus tard. Les séries « Columbo », « Amicalement vôtre », « Chapeau melon et bottes de cuir » sont emblématiques d’une époque. J’imagine facilement que vous vous rappelez votre premier jour de collège, votre premier baiser, le cadeau merveilleux que vous eussiez espéré un soir de Noël ou d’anniversaire, le premier chagrin, la première chute… Mais comment se forment ses souvenirs ?

    Ah ! La mémoire ! Quel outil magnifique, malléable et façonnable ! Utile à l’écolier, au physionomiste d’une entrée de discothèque, d’un musée… Puis, avec les années, ils s’envolent, se raréfient. Mais que sont-ils ? Des moments de bonheur s’ils sont partagés.

    Parler pour ne rien dire et s’en souvenir

    Le lieutenant Columbo, policier de la brigade criminelle de Los Angeles, est un personnage de fiction mythique. Avec son air nonchalant, son aspect négligé, un fouillis capillaire ordonné, et cette phrase désormais culte « Quand je vais dire ça à ma femme », pour les plus de 30 ans. Par ailleurs, l’épouse de l’acteur apparaîtra à l’écran à différentes reprises, mais aucune fois vous ne verrez l’épouse du lieutenant. Elle fait partie de votre mémoire, sans n’avoir jamais existé.

    Cette expression est issue du soap-opéra aux 13 saisons et 129 épisodes. Le premier date du 20 février 1968 sur la chaîne NBC, et se clôture le 30 janvier 2003 sur ABC. Le personnage joué par Peter Michael Falk a tenu en haleine de nombreux téléspectateurs à travers le monde. Le concept était original, car la série commence toujours par le meurtre et chacun suit, pas à pas, son enquête. Tout autant le sobriquet du Basset Hound paresseux comme pas deux, « le chien ». Avez-vous d’autres souvenirs de cette série ?

    Ce n’est pas un hasard si elles ressurgissent intactes, parfois au détour d’une phrase ou d’un générique. Elles activent ce que les neurosciences appellent la mémoire émotionnelle et la mémoire procédurale : celle qui ne passe pas par l’effort conscient, mais par l’automatisme. Une musique, une silhouette, une réplique suffisent à réveiller tout un faisceau de réminiscences.

    (Crédits : NBC Televisions)

    Le cerveau associe alors images, émotions, contexte et sensations, les reliant dans des réseaux neuronaux durables. Ainsi, Columbo ou Amicalement vôtre ne sont pas seulement des objets culturels ; ils deviennent des déclencheurs mnésiques, des raccourcis vers un passé partagé. La fiction, bien écrite, ne s’efface pas : elle s’imprime. Selon la génération, certains évoquent Le Prisonnier, d’autres Game of Thrones, Breaking Bad, The Boys, Entrevias ou L’Agence tous risques… Aussitôt, des images surgissent : un générique fredonné sans y penser, un canapé un peu usé, un rendez-vous tacite à heure fixe.

    Ces soap-opéras ne se regardent pas distraitement. Ils rythment les semaines, accompagnent l’enfance ou l’adolescence, et laissent derrière elles des traces tenaces, presque tendres. Ils appartiennent à ces souvenirs qui reviennent sans prévenir, chargés d’odeurs, de silences et d’émotions intactes.

    Amicalement vôtre, ou en anglais « The persuaders », est une série britannique de 24 épisodes de 50 minutes diffusées entre le 17 septembre 1971 et le 25 février 1972. Elle le sera en France, sur la deuxième chaîne, qui deviendra Antenne 2 le 6 janvier 1975. Elle met en scène deux individus riches et quelque peu désœuvrés. L’aristocrate britannique Lord Brett Sinclair, quinzième du nom, incarné par Roger Moore, puis Daniel Wilde dit « Danny », personnage interprété par Tony Curtis. (Crédits : DR)

    Acteurs, série, culte

    Lorsque vous écoutez le générique de la série, elle évoque des souvenirs de votre enfance, non ? Une dernière, où les héros et antihéros se côtoient, « Chapeau melon et bottes de cuir ». La bande-son doit ouvrir vos écoutilles. Vous plongez un dimanche après-midi, chez vos grands-parents. Notre mémoire peut enregistrer un événement, une phrase, une action, un automatisme… en seulement quelques secondes. Toutes nos réminiscences sont liées aux neurones. Précisément la mémoire se compose de cinq systèmes interconnectés, avec des réseaux neuronaux distincts. Je vous sens largués, pas de panique, j’explique !

    La création de souvenirs

    La mémoire est semblable à une recette de gâteau, elle contient plusieurs constituants. Ainsi, les ingrédients sont rangés à divers endroits du cerveau. Comme le sont le sucre, les œufs, le yaourt, la farine et la levure sont rangés dans un placard, chacun à sa place. Une situation enregistrée sera décomposée en odeur, son, goût, image, et toucher. Ainsi, sentir le parfum de l’aimée sur vos vêtements, et son visage vous apparait. L’hippocampe, pas le poisson, fixe ces informations et peut le relier entre elles, afin de créer le souvenir.

    Seahorse, hippocampe, ocean

    L’Hippocampe est le siège de bien des rêves. Concernant celui se trouvant dans nos océans, il possède la particularité de la gestation. A contrario des êtres humains, c’est la femelle qui pond et dépose les œufs dans la poche ventrale du mâle.

    Revenons à nos moutons. L’influx nerveux sert à restituer l’anecdote passant de neurone en neurone grâce à des molécules, fondant les traces mnésiques. La répétition crée des liaisons entre neurones ; elle est plus efficace lorsque le sujet à mémoriser suscite de l’attention, de l’intérêt ou des émotions. Dans un système d’information, l’indexation permet de trier ses données. Relier les souvenirs et apprentissages disparates au cours de son existence s’avère nécessaire, pour que les nouvelles infos se greffent aux autres savoirs. Ainsi, vous vous remémorer des mots de passe compliqués, ou des phrases de codes pour entrer dans un club privé ou clandestin à l’époque d’Al Capone.

    À cette alchimie s’ajoute la distinction entre les différentes formes de mémoire. La mémoire épisodique conserve les scènes vécues, situées dans un temps et un lieu précis : un parfum, un rire, un soir d’été. La mémoire sémantique, elle, emmagasine les connaissances, les mots, les concepts, indépendamment de leur contexte d’acquisition. Quant à la mémoire procédurale, elle agit en silence : elle permet de marcher, de conduire, de taper un code sans y penser, comme un courant marin discret, mais constant. Enfin, la mémoire perceptive s’ancre dans les sens ; elle reconnaît une voix, une silhouette, une musique, parfois avant même que la conscience ne s’en mêle.

    Ainsi, le souvenir n’est jamais une entité figée. Il ressemble davantage à une mer intérieure, traversée de courants, de strates et de reflux. Chaque rappel modifie légèrement la trace initiale, comme une vague redessine le rivage. En médecine, on sait que l’émotion joue ici un rôle clé : elle agit comme un catalyseur biologique, facilitant la consolidation mnésique par des mécanismes neurochimiques précis. Ce que l’on ressent intensément s’imprime plus profondément. Le cerveau juge l’information digne d’être conservée. (Crédits : Redforest_Nate/Pixabay)

    C’est pourquoi certaines réminiscences ressurgissent sans effort, tandis que d’autres s’étiolent. La mémoire ne se contente pas de stocker : elle sélectionne, hiérarchise, oublie. Et cet oubli n’est pas une défaillance, mais une fonction vitale. Comme l’océan ne conserve pas chaque vague, le cerveau ne peut tout retenir. Il ne garde que ce qui fait sens, ce qui relie, ce qui touche.

    Les poupées russes de la mémoire

    Le premier jour d’école, le premier baiser, ou encore le tout nouveau vélo, toutes ces informations sont issus de cinq systèmes interconnectés, impliquant des réseaux neuronaux distincts, et composant la mémoire.

    1. La mémoire de travail est au cœur du système.
    2. La mémoire sémantique et la mémoire épisodique sont deux systèmes de représentation consciente à long terme.
    3. La mémoire procédurale permet des automatismes inconscients.
    4. La mémoire perceptive est liée aux différentes modalités sensorielles.

    On entend parfois le terme « mémoire à long terme », qui dépeint toutes les mémoires sauf celle du travail, également appelé « opérationnelle ». Cette dernière est celle du présent (ou à court terme), octroie de manipuler et s’approprier des informations pendant la réalisation d’une tâche ou d’une activité, ce qui est nécessaire lors d’un apprentissage. On la sollicite en permanence.

    Quand vous rencontrez votre crush et que votre batterie de smartphone est vide, tout est fini ! Que nenni ! C’est grâce à elle que vous retenez son numéro de téléphone le temps de le noter. Vous répétez intellectuellement les nombres en recourant à une boucle phonologique, ou bien par la méthode d’image mentale, simple, non ?!? Les informations qu’elles véhiculent peuvent être rapidement effacées, ou stockées dans la mémoire à long terme, c’est la mémoire tampon. Comme l’explique le film Vice-Versa avec les différentes boules de couleurs.

    Le processus suivant use deux types de mémoires étroitement imbriquées l’une dans l’autre, la sémantique et l’épisodique. La première est celle du langage, des connaissances sur le monde et de soi. Elle s’érige et se réorganise tout au long de notre vie. Les rencontres, l’apprentissage et la mémorisation de concepts génériques (sens des mots, savoir sur les objets), et individuels (savoir sur les lieux, les personnes…) sont essentiels à sa construction. L’épisodique est celle des moments vécus. Quand l’oncle baroudeur raconte à table ses péripéties de voyage, il l’utilise.

    (Crédits : Disney/Pixar)

    Dessin animé, Disney, vice-versa

    Elle permet de nous situer dans le temps et l’espace et, ainsi, de se projeter dans le futur. « Dans sa forme typique, la maladie d’Alzheimer débute généralement par une atteinte précoce de la mémoire épisodique (ou souvenir des événements personnellement vécus dans un contexte spatio-temporel particulier), qui s’étend à d’autres domaines de la cognition, et dont la sévérité est telle que la réalisation des activités de la vie quotidienne s’en trouve perturbée », soulignent Jessica Simon et Christine Bastin. La mémoire épisodique se constitue entre les âges de trois et cinq ans. Les détails précis disparaissent progressivement, tandis que les traits communs à différents événements vécus deviennent petit à petit des connaissances générales.

    Les automatismes de la vie

    La mémoire procédurale est celle des automatismes. Elle nous offre de conduire, de marcher, de manger, de faire du skate-board ou de jouer de la musique sans avoir à réapprendre à chaque fois. Tous ces processus s’effectuent de manière inconsciente. Personne ne peut vraiment expliquer comment nous tenons en équilibre sur une bordure de trottoir sans tomber.

    Plage, soleil, été

    La dernière et pas la moindre, s’appuie sur nos sens et fonctionne la plupart du temps à l’insu de l’individu. Elle permet de retenir des images ou des bruits sans s’en rendre compte. C’est elle qui permet à une personne de rentrer chez elle par habitude. C’est elle qui, après un déménagement, nous amène à nous retrouver au pied de l’ancien immeuble fortuitement.

    Cette mémoire permet de se souvenir des visages, des voix, des lieux. Avec la mémoire procédurale, la mémoire perceptive offre à l’humain une capacité d’économie cognitive, qui lui autorise de se livrer à des pensées ou des activités spécifiques tout en réalisant des tâches devenues routinières. Ainsi, vous pouvez entendre l’impact sur la mémoire procédurale (visages, voix…), et l’épisodique avec la disparition des mouvements inconscients de la vie quotidienne, de la maladie d’Alzheimer. (Crédits : Pixabay/Pexels)

    Les vacances permettent de créer des toiles de fond, des premières fois, des expériences agréables. La seule vue d’une plage peut nous transporter à ces instants gravés dans notre cerveau, notre mémoire, une fois rentré chez nous.
    « N’attendez pas que vos souvenirs s’effacent, que les personnes auxquelles vous tenez obscurcissent les leurs, pour partager des moments heureux de la vie ! »