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  • La protection sociale en France

    La protection sociale en France

    Ah, notre très chère protection sociale que certains nous envient, mais savez-vous ce que c’est réellement ? Directement vous allez répondre la sécurité sociale, bonne réponse, quoiqu’incomplète. Elle est l’ensemble des mécanismes de prévoyance collective qui permettent aux individus, aux ménages de faire face financièrement aux conséquences des risques sociaux que nous rencontrons chaque jour.

    Sous l’Empire romain, les compagnons d’esclavage se cotisaient pour aider la famille du défunt à supporter le risque du décès. L’Église en France prend en charge l’assistance aux plus démunis (vivre, habits…). À la fin du XIIe, Aliénor d’Aquitaine au crépuscule de sa vie fait rédiger des mesures pour la prévoyance des accidents et des morts de marins en service. Au XIIIe siècle, les Hôtels-Dieu sont les premiers établissements dédiés à l’accueil des indigents. Le 14 mai 1604, un fonds est créé pour la prise en charge des soins aux ouvriers mineurs blessés durant leur travail. Plus proche de nous, selon les écrits, à la date du 22 septembre 1673, par l’Édit de Nancy à l’initiative de Jean-Baptiste Colbert, secrétaire d’État à la Marine du roi Louis XIV en 1668. Il instaure ainsi une récompense et fidélise les meilleurs dans la Marine royale, et le lendemain une taxation de six deniers (monnaie française d’argent, créée à l’époque carolingienne et valant 1/12e de sous ou 1/240e de livre), l’équivalent de 2,5 % de la solde pour financer.

    En 1793, l’article 21 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen reconnaît le droit pour chaque citoyen à l’assistance et à la protection sociale.

    Au XIXe siècle, chez nos voisins allemands, Otto von Bismarck, chancelier de son état mets en place le premier système complet d’assurances sociales. Puis sous la présidence de Félix Faure, la loi promulguée le 9 avril 1898, sur les responsabilités des accidents dont les ouvriers sont victimes dans leur travail, tisse un peu plus le lien social. Pourtant, il fallut attendre encore près de cinquante ans, avec la fin de la seconde Guerre mondiale pour l’ordonnance du 4 octobre 1945. Il s’inspire des modèles allemand et anglais.

    Un dessin vaut plus que mille explications. (Crédits : Dessine-moi l’éco)

    L’article premier définit les dispositions générales : « Il est institué une organisation, de la sécurité sociale destinée à garantir les travailleurs et leurs familles contre les risques de toute nature susceptible de réduire ou de supprimer leur capacité de gain, à couvrir les charges de maternité et les charges de famille qu’ils supportent […] Des ordonnances ultérieures procéderont à l’harmonisation desdites législations et pourront étendre le champ d’application de l’organisation de la sécurité sociale à des catégories nouvelles de bénéficiaires et à des risques ou prestations non prévues par les textes en vigueur. »

    Un plafond journalier a été mis en place pour les actes paramédicaux et les transports sanitaires. On ne peut pas déduire, plus de 2 € par jour pour les actes paramédicaux et plus de 4 € par jour pour les transports sanitaires. Avec un plafond annuel, de 50 € pour l’ensemble des actes ou prestations concernés.


    L’article 11 du préambule de la constitution du 27 octobre 1946 pose les fondements de la sécurité sociale telle que nous al connaissons : « Elle garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l’incapacité de travailler a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence. »

    Depuis, elle ne cesse d’évoluer comme change la société :

    • Le 21 août 1967, quatre ordonnances réorganisent le régime général de la Sécurité sociale. Elle garantit la séparation financière des risques dans trois « branches » distinctes (santé, vieillesse, famille). Cette séparation est consacrée par la réalisation de trois entités, la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS), la Caisse nationale d’assurance vieillesse des travailleurs salariés (CNAVTS), la caisse nationale des allocations familiales (CNAF). La gestion de la trésorerie des différentes branches est confiée à l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (ACOSS).
    • Le 25 octobre 1972, loi instituant la protection obligatoire des salariés agricoles contre les accidents du travail.
    • Le 1er décembre 1988, loi créant le Revenu minimum d’insertion (RMI), prestation financée par le budget de l’État mais versée par les caisses d’allocations familiales.
    • En 1997, mise en place la carte vitale, puis 2007 l’arrivée de la seconde génération de la carte vitale
    • Le 27 juillet 1999, promulgation de la loi créant la Couverture Maladie Universelle (CMU)
    • En 2016, la Protection Universelle Maladie (PUMA) est un dispositif garantissant à toute personne qui travaille ou réside en France de façon stable et régulière la prise en charge de ses frais de santé
    • En 2017, la loi de modernisation de notre système de santé tend à rendre notre système de santé plus juste et efficace
    Les médicaments remboursés à 15% correspondent à la prestation PH2, à 30% PH4 et 65% PH7. Le montant de la franchise est de 0,50 € par boîte de médicaments, 0,50 € par acte paramédical, 2 € par transport sanitaire.


    Depuis que je me souviens, j’ai toujours entendu parler du « trou de la sécu ». Puis de la mise en place de la CRDS, CSG, sans oublier la fameuse participation forfaitaire (FRT) d’un euro, elle est plafonnée à 50 € par an et par personne comme la franchise médicale. Si je suis sûr que vous avez déjà eu cette ligne sur les documents de remboursement. Regardez bien, les 0,5 € pris par boîte de médicaments, et 1 euros par visite chez votre médecin traitant.

    Évolution du solde du régime général et du Fonds de solidarité vieillesse (FSV) de 1999 à 2021. La période traversée due au SARS-CoV-2 et l’instauration de Mon Espace Santé sont une évolution de la société. (Crédits : DR)

    Revenons en arrière, en 1991, c’est l’année d’abolition de l’apartheid en Afrique du Sud, mais aussi la création de la contribution sociale généralisée ou CSG est un impôt destiné à participer au financement de la protection sociale. En 2017, elle rapporte quatre-vingt-dix-neuf milliards, les impôts quant à eux soixante- dix-sept milliards. Sa petite sœur, la CRDS naquit en 1996. Pour ses sept ans, un point de CSG rapportait, en 2013, 12,3 milliards d’euros, tandis qu’un point de CRDS en rapportait 13,3.Pour autant, il semblerait que le régime drastique porte ses fruits. En effet, la Tribune écrivait en juin 2018 : « Presque sortie du rouge, la Sécu reprend des couleurs. […] Du jamais-vu depuis 2001. » Pourquoi l’État français se priverait d’une telle manne financière, autant proroger et diversifier la CSG. Le rendement de la CSG brute s’est élevé à 121,7 Md€ en 2020 pour l’ensemble de ses attributaires (branches famille, autonomie et maladie du régime général, FSV, Cades et Unédic), indique le rapport en 2022.

  • Ransomware: 200 000 dossiers de patients et employés copiés

    Ransomware: 200 000 dossiers de patients et employés copiés

    Le nombre de patients et d’employés touchés par l’attaque informatique des systèmes de santé de Terre-Neuve-et-Labrador l’année dernière continue d’augmenter. Elle avait eu lieu le 30 octobre 2021, à la suite de laquelle les systèmes de santé régionaux de la campagne canadienne Terre-Neuve-et-Labrador et Labrador ont fermé leurs réseaux et annulé des milliers de rendez-vous médicaux. Les conséquences d’une infection par codes malveillants de type ransomware peuvent durer plusieurs mois, voire plus…

    Le ministre de la Santé, John Haggie déclarait le mardi 2 novembre 2021 qu’on ne pouvait pas encore déterminer précisément l’ampleur de l’arriéré qui serait créé par la cyberattaque présumée ni sur le temps qu’il faudrait pour reconstruire et restaurer les services. Elle avait conduit à la fermeture des réseaux des systèmes de santé régionaux, annulant ainsi des milliers de rendez-vous médicaux. Les conséquences visibles concernaient immédiatement les systèmes de santé en Central Health, Santé de l’Est, Western Health et les régies régionales de la santé Labrador-Grenfell, mais aussi les contribuables tant au niveau de leurs santés que des données de celle-ci.

    « Nous comprenons maintenant plus que jamais l’importance d’une vigilance continue et la nécessité de renforcer nos systèmes pour prévenir de futures attaques », a également soutenu Haggie. Espérons qu’en France un maximum de protection entoure Mon espace santé. (Crédits : urformat/Pixabay)

    Plus de cinq mois après, il existe désormais un aperçu, puisque le nombre de patients et d’employés touchés par cet événement ne cesse d’augmenter. Lors d’un appel aux journalistes mercredi 30 mars 2022, David Diamond, le directeur général du district sanitaire de l’Est de la province a affirmé que des dossiers avaient été copiés. « Plus de 200 000 fichiers ont été pris sur un lecteur réseau dans l’environnement informatique d’Eastern Health », a-t-il déclaré. Une partie de ces dossiers peut renfermer des renseignements sur les patients et les employés. Les différentes agences procèdent à un examen manuel pour déterminer le nombre exact de fichiers qui contenaient des informations personnelles ou de santé. « Ces informations peuvent inclure le diagnostic médical, le type de procédure, le numéro du MCP (Medical Care Plan) et les informations sur le fournisseur de soins de santé pour certains services de soins de santé qui sont fournis par la médecine de laboratoire, dans les programmes de chirurgie, de soins du cancer et de cardiologie, entre autres. Il peut également inclure des informations relatives aux ressources humaines et à l’administration. »

  • 510 000 Français touchés par une fuite de données de l’Assurance Maladie

    510 000 Français touchés par une fuite de données de l’Assurance Maladie

    Plus d’un demi-million de Françaises et Français affectées. Après la divulgation détectée en Bretagne, il y a quelques mois de cela, c’est encore une fois une fuite des données de santé qui potentiellement se retrouve sur la toile. Le secteur de la santé reste une cible de choix pour les cybercriminels, à l’instar de Lapsus$ et l’attaque du ministère de la Santé brésilienne, en 2021. Hasard du calendrier, quand en France, le gouvernement vient de lancer sa campagne pour « Mon espace santé », et que les premiers mails et courriers parviennent aux assurés de l’hexagone.

    L’organisme annonce dans un communiqué avoir détecté une fuite de données affectant 510 000 de ses affiliés. Elle spécifie également que parmi les données dérobées se trouvaient « des données d’identités (nom, prénom, date de naissance, sexe) ainsi que des données relatives aux droits (déclaration d’un médecin traitant, attribution de la complémentaire santé solidaire ou de l’aide médicale d’État, éventuelle prise en charge à 100 %) ».

    En l’état des investigations, qui se poursuivent, 510 000 assurés sont concernés par cette fuite de données. Ceux-ci seront informés individuellement de cet incident et sensibilisés au risque accru d’hameçonnage dont ils pourraient faire l’objet. (Crédits : capture d’écran/Assurance maladie)

    L’Assurance Maladie précise avoir détecté le phénomène aux alentours du 11 mars 2022, et explique que les adresses IP utilisées pour réaliser cette collecte d’informations ont été immédiatement bannies et les comptes compromis réinitialisés. Il ressort des premières analyses que les opérateurs ont pu se connecter à 19 comptes de professionnels de santé dont les adresses e-mail avaient été compromises. Elle indique que les personnes concernées par cette fuite de données seront prévenues individuellement et « sensibilisées au risque accru d’hameçonnage dont ils pourraient faire l’objet ». L’Assurance Maladie a adressé une notification à la CNIL le 16 mars 2022 et dépose ce jour une plainte pénale.

    Mon espace Santé

    Hasard du calendrier, les premier courriels concernant « Mon espace santé » sont arrivés sur les boites mail cette semaine, en fonction de l’échéancier préétabli. Il contient « un Dossier médical partagé (DMP), ou espace de stockage et de partage d’informations médicales, une messagerie sécurisée, un agenda ainsi qu’un catalogue de services numériques de santé. » Selon le Ségur du numérique en santé, son ambition affichée est de « généraliser le partage fluide et sécurisé de données de santé entre professionnels et usagers pour mieux soigner et accompagner. » À l’instant même où des comptes de professionnels de santé viennent d’être « piratés ». Sera-t-il protégé à 100 % ? Rien de plus simple, la réponse est non. Je suis catégorique, car, je me suis amusée à effectuer le MOOC l’ANSSI. Vous y trouverez l’ensemble des informations pour « vous initier à la cybersécurité, approfondir vos connaissances, et ainsi agir efficacement sur la protection de vos outils numériques. Ce dispositif est accessible gratuitement. Le suivi intégral de ce dispositif vous fera bénéficier d’une attestation de réussite. » Il n’a pas vocation à déterminer votre choix sur « Mon espace santé », mais de voir plus clair sur ce qu’est l’Internet.

    La fuite ne concernerait pas « les coordonnées de contact (e-mail, adresse, téléphone) et coordonnées bancaires, ainsi que les données relatives aux éventuelles pathologies/maladies et à la consommation de soins, ne sont pas concernées », assure l’organisme. (Crédits : capture d’écran/Assurance Maladie)

    Deux points de vue vont alors s’affronter. Le premier est l’individu ultra connecté, qui ne peut pas faire un pas sans son ordiphone, ou smartphone. « Plus besoin de s’embêter à tout apporter à chaque visite médicale. Quand on a des enfants, c’est pratique. Dès que c’est opérationnel, je le ferais », explique une personne interrogée. De l’autre, des voix, comme la Quadrature du Net s’alarme. « Nous avons passé en revue les fonctionnalités de Mon Espace Santé et force est de constater qu’elles présentent des insuffisances alarmantes en matière de respect du consentement et de gestion des données de santé. » Vous avez le choix d’accepter la création, ou de vous y opposer. À défaut de choix, votre espace sera crée automatiquement. Si vous faites machine arrière, et que vous souhaitiez clôturer votre espace santé « vos données seront conservées 10 ans. Vous pouvez demander la suppression de toutes vos données, de celles de votre enfant ou de la personne majeure dont vous assurez la représentation lors de la clôture de Mon espace santé. » Votre choix sera le bon, car il est celui qui vous convient le plus.

  • Quand santé rime avec…

    Quand santé rime avec…

    C’est en grande pompe que le ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran annonçait le jeudi 3 février 2022 « Mon Espace Santé ». Il s’envisage comme son prédécesseur Bernard Kouchner l’instigateur d’une évolution des moyens numérique de la santé. Il y a 25 ans (avril 1998) naissait la carte vitale. Elle se voulait inviolable avec la seconde génération, en mars 2007… mais la méthode pour la « pirater » prenait de vitesse la sortie de cette fameuse carte verte française. Que penser de « Mon Espace Santé » ?

    Me direz-vous, il faut vivre avec son temps ! Après tout, tout un chacun possède un terminal de téléphonie, communément appelé « smartphone », mais que savez-vous de l’usage de vos données partagées, avec votre consentement éclairé ? Quelques secondes de réflexion… rien pour la plupart d’entre vous ? Cela est logique, car, pour user de l’application, ou du jeu à la mode, vous devez accepter les conditions générales d’utilisation (nous sommes nombreux à ne pas les lire). Pour vos données de santé, c’est quasiment du même acabit. « Mon espace santé est un service numérique individuel et personnalisable, pour tout usager du système de santé. Il permet à chacun de stocker et partager ses documents et ses données de santé en toute sécurité. Les données sont hébergées en France, sous la protection de l’État et de l’Assurance maladie », explique le site en question.

    Cash Investigation

    Il y a près d’une année, Élise Lucet et son équipe enquêtaient sur un (nouveau) scandale. Le 20 mai 2021, Cash révélait « comment vos téléphones vous espionnent et collectent des données très personnelles sur votre religion, votre moral ou votre grossesse sans votre consentement. […] lorsque vous vous connectez sur des sites de santé, vous transmettez des informations qui vont être envoyées à votre insu à des entreprises appelées des data brokers. […] Un marché colossal, estimé à 400 milliards d’euros en Europe. » Juste avant la future émission sur le scandale retentissant des Ehpad privés, gérées par Korian et Orpea, faisant écho au livre « Les Fossoyeurs » de Victor Castanet, Élise Lucet promet de nouvelles révélations.

    Selon l’étude, trois quarts des Français seraient intéressés. Or, d’après Médiamétrie, la France comptait 53,8 millions d’internautes en avril 2021, soit 85,2 % des Français de deux ans et plus. Au final seuls 64 % le sont véritablement. La cohorte est de 1510 Français de plus de 18 ans, dont 497 patients ayant répondu au questionnaire… en ligne. (Crédits : DR)

    De plus, cet espace numérique personnel, expliquent-ils, a pour vocation de devenir le futur carnet de santé des patients, accordant à demi-mots le fiasco du dossier médical partagé (DMP). Il contiendrait un coffre-fort « sécurisé » où seront classés tous les documents de santé, et serait alimenté de manière automatique par les médecins, laboratoires, cliniques, hôpitaux

    Est-il nécessaire de rappeler les différents attaques subies par les hôpitaux français, ou encore les données de 500 000 dossiers médicaux exfiltrées ? (Crédits : capture d’écran)

    L’aspect pratique, pour chacun, est l’utilisation et l’accès aux données par les professionnels de santé afin de mieux vous soigner. Ce qui vous évite d’avoir avec vous lesdits documents, alors très bien, soyons modernes et allons-y. Cela dit, est-ce que les systèmes d’information qu’utilisent les différents professionnels de santé sont véritablement sécurisés, et transmettent dans un tunnel chiffré vos données de santé ? Usent-ils des clés de chiffrement ?

    À l’insu de mon plein gré

    L’ouverture de chaque espace de santé sera automatique pour chacun des 68 millions d’assurés que compte l’hexagone, dont les enfants dans le courant de l’été. Les assurés recevront un code d’activation pour ouvrir leur espace par courrier ou courriel. « Vous pouvez vous opposer si vous ne souhaitez pas avoir d’espace santé. Sans action de votre part, votre espace santé sera automatiquement créé. Vous pourrez à tout moment changer d’avis », déclarait lors de la conférence de presse, le jeudi 3 février 2022, Thomas Fatôme, le directeur général de l’Assurance maladie. Pour vous y opposer, il faudra donc utiliser le code provisoire reçu, se connecter sur « Monespacesante.fr », ou appeler le 34 22. Six semaines après l’inscription, il sera toujours possible de clôturer son « espace santé », mais les données présentes resteront archivées dix ans par l’Assurance maladie. À vos claviers, prêts ?

  • Problèmes sur l’authenticité du « passe sanitaire »

    Problèmes sur l’authenticité du « passe sanitaire »

    Tandis que le gouvernement français veut proroger le « passe sanitaire » jusqu’au 31 juillet 2022. Des problèmes récurrents arrivent ici et là quant à l’édition, ou la sécurisation des données dudit sésame. Des informations confidentielles se retrouvent ainsi dans la nature, quand d’autres lieux subissent leurs troisièmes pannes en un petit mois. Sans oublier l’enquête de Cyberguerre sur la gigantesque faille européenne, et le bug révélé par le journal suisse Waston.

    Le mardi 26 octobre 2021 le ministre de la Santé, Olivier Véran était auditionné au Sénat dans le cadre du projet de loi « vigilance sanitaire ». En préambule, ce dernier rappelle qu’ « il ne s’agit plus d’état d’urgence sanitaire, mais bien de vigilance sanitaire ». Pendant près de 2 h 30 les explications et échanges fusent entre les participants. Le dessein de la loi prévoit de prolonger jusqu’au 31 juillet 2022 le régime de sortie de l’état d’urgence sanitaire et donc la possibilité de recourir au passe sanitaire. Il reporte à la même date la fin desdites dispositions.

    Prorogation du « passe sanitaire »

    « J’ai observé dans les deux avis du conseil scientifique du 5 et du 6 octobre qu’autant le conseil scientifique estime qu’il est absolument certain que le passe sanitaire a joué un rôle déterminant pour l’accélération des vaccinations, autant dit-il, le rôle du passe sanitaire en tant que mesures favorisant la protection des individus est plus difficile, à mettre en évidence. Le passe sanitaire a été mis en place début août alors que la décroissance de l’épidémie du variant delta est plutôt survenue vers le 20 juillet donc il a pu contribuer, dit le conseil scientifique, à cette décroissance, mais il est difficile de mesurer exactement dans quelle mesure », martèle le sénateur Philippe Bas (LR), rapporteur de la loi « Vigilance sanitaire ».

    Nous estimons que le passe sanitaire, et les mesures de jauges et de gestion qui sont encore en vigueur nous permettent de réduire de 30 % la circulation du virus. Sans ça nous serons bien au-delà de 5 000 cas par jour.

    Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé

    Puis c’est au tour de la rapporteure, Pascale Gruny (LR) : « Comptez-vous dans les mois à venir adapter le schéma de vaccination obligatoire et rendre nécessaire la troisième dose ? » Ce à quoi, le ministre des Solidarités et de la Santé répond : « Ça fait l’objet de réflexions et d’une saisine et aux autorités sanitaires compétentes, le comité de stratégie vaccinale, la haute autorité de santé et le Conseil scientifique. Est-ce qu’il y a lieu ou non, pour conserver le bénéfice de son passe, d’une troisième dose, lorsqu’on est particulièrement fragile ? Je n’ai pas la réponse, mais j’ai posé la question ». Une réponse loin d’être suffisante pour la sénatrice PS, Marie-Pierre de la Gontrie. « Est-ce que j’ai bien entendu qu’en fait, vous n’en saviez rien ? À l’heure où nous parlons, vous ne savez pas dire si le passe sanitaire restera valide. »

    En ce jour, il est établi que le passe a favorisé la vaccination à la suite du discours du président de la République, Emmanuel Macron. Quant au bien fondé du « passe sanitaire », Olivier Véran répond lui-même : « Est-ce qu’on peut quantifier l’impact du passe sanitaire sur la circulation du virus ? Moi je vous pose une autre question est ce qu’on peut quantifier l’impact du masque dans l’épidémie, est-ce qu’on peut quantifier l’impact du gel hydroalcoolique ? »

    Est-il sécurisé ?

    C’est un excellent problème qui s’impose à tout un chacun. La plupart des personnes qui ont dû présenter leur certificat Covid dans un restaurant, en boîte de nuit ou toute manifestation le savent. Il y a ceux qui contrôlent consciencieusement ledit sésame en le scannant, puis les autres qui se limitent à appuyer sur le bouton de vérification. Il existe une grave faille de sécurité dans le cas de la validation rapide. En effet, ceux qui détenaient un certificat grâce à un test négatif ou une guérison pouvaient faire apparaître la couleur verte bien plus longtemps après qu’il soit périmé. « Pour cela, il leur suffisait de changer bêtement la date et l’heure du téléphone portable », rapporte le site Waston.

    Si de tels certificats Covid sont considérés comme en bonne et due forme en Suisse, c’est parce que le logiciel CovidCert ne vérifie que s’il est présent sur la liste de la Confédération.
    Mais d’aucune manière s’il est en cours de validité ou expiré, c’est là que le bât blesse. (Crédits : DR)

    « Il n’est pas permis aux examinateurs d’appuyer sur la touche de rafraîchissement du téléphone portable d’autrui. La seule méthode d’essai autorisée est l’utilisation de l’application d’essai par le testeur », atteste l’Office fédéral de santé publique aux associations et aux cantons suisses. Toujours chez les Helvètes, une panne, la troisième au mois d’octobre, empêchait d’émettre quelconque certificat durant quatre heures. « Il y a actuellement un problème technique dans l’émission des certificats Covid », a indiqué, jeudi 28 octobre 2021 midi, l’Office fédéral de l’informatique et de la télécommunication (OFIT). « Ce n’est pas la première fois que des pannes affectent les certificats. Lundi après-midi, des problèmes concernant la vérification et l’émission des passes ont eu lieu pendant une bonne dizaine de minutes », révèle la Tribune de Genève.

    Fraudes internationales

    Le jeudi 28 octobre 2021, le site Cyberguerre de Numerama publiait une enquête sur « Des dizaines de pass sanitaires frauduleux générés : enquête sur une gigantesque faille européenne ». Le problème rencontré en Suisse serait-il l’arbre qui cache la forêt ? Il pourrait s’agir d’une des affaires les plus sensibles concernant la création et l’usage de passes sanitaires dans toute l’Europe, assure-t-il. Ainsi différents sites Internet permettaient de concevoir des QR Code dont au moins l’un d’entre eux engendrait des certificats de vaccination authentifiés dans l’Union européenne. En France, il serait possible pour un soignant d’établir un profil pour un individu n’étant pas couvert par l’assurance maladie. Comme l’explique le guide de l’institution, un personnel habilité doit en principe vérifier les informations à partir d’une pièce d’identité quand il crée un « passe sanitaire ».

    Pléthores de sites (ici sur le Darknet) fournissent des sésames contre monnaie sonnante et trébuchante, ce sans à se faire inoculer les solutions nécessaires à son obtention. Le texte proposé durcit les sanctions en cas de fraude au « passe sanitaire », jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende. (Crédits : capture d’écran)

    Le formulaire qui permet de créer un QR Code exige plusieurs champs obligatoires : nom, prénom, date de naissance, date d’injection, quel vaccin et par quel pays émetteur. Les malversations seraient liées à l’usurpation des clés de chiffrages telles les PGP pour « Pretty Good Privacy ». Ainsi des clés polonaise et macédonienne auraient circulé pour l’impétration du sésame. Depuis plusieurs jours, des individus « revendiquent sur des plateformes de ventes de données volées avoir obtenu une ou plusieurs clés privées européennes », qui leur fourniraient la possibilité de constituer des passes comme bon leur semble. Ce qui présagerait une compromission de la légitimité des différentes clés publiques liées à ces clés privées.

    Quid des nos infos ?

    Au Québec, au moment où les habitants sont vaccinés contre le SARS-CoV-2 leurs informations personnelles sont demandées. Elles sont ensuite utilisées pour créer la preuve, ou QR Code. Lors de ce processus, elles sont vérifiées auprès de chaque personne, afin d’en assurer la véracité. Or, lorsqu’Élodie* a été vaccinée la semaine dernière, rien ne s’est passé comme l’indique le protocole. Une mauvaise coordonnée téléphonique a été employée pour l’envoi de sa preuve vaccinale, avec ses informations privées… « Comme je ne recevais pas la preuve vaccinale, j’ai suivi les directives du ministère pour la télécharger moi-même. C’est là que j’ai vu qu’il n’avait pas utilisé le bon numéro de téléphone », raconte-t-elle à Métro. L’affaire pourrait prêter à sourire, si ce n’est la réponse téléphonique d’un salarié du ministère concerné : « On ne peut rien faire pour vous malheureusement ».

    500 000 patients se retrouvaient avec leurs données les plus confidentielles livrées en pâture. (Crédits : DR)

    Élodie craint donc que ses informations personnelles circulent sur le web, et d’être victime d’une malversation. Devant cette circonstance, elle réfléchit à ester en justice. « Je regrette hautement d’avoir fait confiance au gouvernement avec mes données, avoue-t-elle. C’est quelque chose qui me dérangeait, mais avec la situation actuelle de la pandémie, je me disais que je pouvais accepter cette étape-là. » Quand les attaques par codes malveillants ciblent les entreprises comme les hôpitaux, n’importe quel individu est en droit de se questionner.

    La prise d’Helena aurait été débranchée mardi 26 octobre 2021, avant la publication de l’enquête du Soir. Le site est inaccessible désormais. (Crédits : capture d’écran)

    Chez nos voisins et amis belges, Helena ne les fait plus rire. Cette dernière est un environnement sécurisé pour tous les documents médicaux, comme en France, « Mon espace Santé » qui devrait être déployé en 2022. Cette plateforme permet aux patients et aux professionnels de la santé de communiquer. En 2019, Helena avait réussi à obtenir la possibilité de diminuer le niveau de sécurité exigé pour qu’un patient puisse accéder à son dossier médical. Si bien qu’il est possible d’accéder à un dossier médical sans prouver son identité et sans lien thérapeutique avec un médecin. Face au risque conséquent de fuite de données, une plainte a été déposée auprès de l’Autorité de protection des données (APD) par Medispring, une coopérative regroupant plus de 2 200 médecins, au sujet d’Helena, une des plus importantes applications d’échange de données entre médecins et patients en Belgique, rapporte Le Soir. Quand à la France

    *prénom d’emprunt