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  • Usitée et mal connue, l’expression faire grève est de rigueur

    Usitée et mal connue, l’expression faire grève est de rigueur

    Vendredi 14 avril 2023, le conseil des sages se portera sur la constitutionnalité de la loi sur lé réforme des retraites. Ce projet endossé par le gouvernement de la Première ministre Élisabeth Borne et du président Emmanuel Macron sera-t-il adoubé ? Quoi qu’il en soit, savez-vous d’où est issue l’expression « faire grève » ? Sans être de mèche pour ne pas me faire alpaguer, il est de bon aloi de vous expliquer. Quatre expressions françaises en une seule fois, de quoi faire parler ce cher M Sépa Phot, une fois de plus.

    L’actualité française ne vit qu’à travers les réformes et surtout celle de la « Retraite ». Jeune pensionné le Berd’huisien vit paisiblement dans cette commune de l’Orne. Sauf qu’il ne se passe pas un jour sans que le sujet des grèves ne fasse la Une de la presse. Tandis que les nouvelles fraîches arrivent avec la baguette moulée toute chaude, Mme Kharéson s’épanche sur la presse.

    « Tu as vu les derniers sondages sur la réforme », questionne-t-elle

    « Oui, c’est de plus en plus difficile pour le gouvernement »

    Mais les heurts en France sont légion. Depuis le 13 mai 1958 jusqu’à aujourd’hui, chaque époque son combat.

    « D’ailleurs sais-tu d’où vient l’express… »

    « Non, mais je t’écoute », coupa-t-elle

    « Alors, je vais t’expliquer », sourit-il

    Beaucoup de choses viennent de la capitale française, Paris. L’expression « les poulets » dont sont surnommés les policiers naît du fait que sur l’île de la Cité se trouvait le marché aux volailles. Suite à l’incendie de la préfecture de police lors de la Commune de Paris, en 1871 la police judiciaire déménage. Elle s’installera en 1913 dans ses nouveaux locaux au 36 quai des Orfèvres sur les lieux mêmes du marché aux volailles. C’est d’ailleurs là-bas que Jules Bonnot de la bande du même nom se fait alpaguer.

    La bande à Bonnot dont le cerveau Jules Bonnot dit le Bourgeois mourut en 1912. Sa bande multipliait vols, braquages et meurtres sur tout Paris. Les survivants à l’assaut de la police furent condamnés pour la plupart à mort, d’autre aux travaux forcés à perpétuité les derniers à la prison. (Crédits : DR)

    Se faire alpaguer est associé aux manteaux en alpaga. Particulièrement coûteux, ils attiraient les convoitises de tous les voleurs. Parfois, ils se faisaient alpaguer en flagrant délit de vol. Mais souvent, ce n’est pas un, mais deux malfaiteurs qui tombaient dans les filets de policiers. Ces personnes étaient de mèches. Étymologiquement de l’italien mezzo, qui veut dire moitié, les bandits liés par des intentions généralement mauvaises, écopaient de la même sanction.

    Manifestation contre la réforme des retraites à Paris le 9 janvier. (Crédits : Le Monde)

    Remontons au XIIIe siècle. Être de bon aloi est souvent confondue avec de bon augure. La qualité est liée à l’aloi, mais rien à voir avec nos forces de l’ordre. L’aloi était la quantité d’or et d’argent présent dans les pièces de monnaie. Si la qualité de l’alliage n’était pas au rendez-vous, la monnaie était de bas aloi. Mais revenons à nos moutons. Au tout départ faire grève fait référence à la place de Grève à Paris.

    L’île de la Cité à Paris. (Crédits : Dezalb/Pixabay)

    La Place de l’hôtel de ville se nommait place de Grève pour une bonne raison. La grève est le terrain uni et sablonneux le long de la mer ou d’une grande rivière, ici la Seine. La Grève à côté de l’hôtel de ville fut le lieu où se faisaient les exécutions durant cinq siècles. Les ouvriers sans travail se réunissaient sur cette même place pour en trouver un. Au XIXe siècle, les mêmes ouvriers, en colère, commençaient à se réunir pour réclamer de meilleurs salaires et des conditions de travail plus humaines. Les patrons ne cédant pas, les ouvriers décidaient de stopper tout travail. Voici l’origine de l’expression « faire grève ».

  • Je porte un toast à votre anniversaire Thibaud

    Je porte un toast à votre anniversaire Thibaud

    Souvent entendue, jamais égalée la formule peut porter à confusion. Car, les personnes lèvent un verre, et rarement un toast. Mais que vient faire ce mot à l’apparence anglaise dans une expression bien française ? Si dorénavant, on souhaite le meilleur sur le succès social, professionnelle ou en mariage, elle ne l’est que depuis peu de temps. Seriez-vous tombé dans le panneau ? J’avoue n’y avoir vu que du feu, bercé par de tendres illusions de mes connaissances.

    Que ce soit lors d’une union, pour une remise de diplôme, célébrer un bonheur, une réussite… en France il est de coutume de lever son verre pour porter un toast. Que ce soit dans les hautes Pyrénées ou sur la côte d’opale, les us sont respectés. Mais savez-vous d’où vient cette expression ? Malgré votre excellente intuition, il ne provient pas d’Angleterre où règne le Roi Charles III. Le mot toast vient du vieux français pour « tostée, rotie », issu du XIIIe siècle. Rien à voir avec la guerre de Cent Ans qui voit s’affronter Anglais et Français du 24 mai 1337 au 9 octobre 1453. Cette dernière se clôt par le Traité de Picquigny signé le 29 août 1475. Bien qu’il est possible que les deux souverains, Édouard IV et Louis XI, aient porté un toast.

    Le toast est le morceau de pain positionné au fond du verre dans lequel il était versé de la bière ou du vin. Entre la fin du XVIIe et l’entrée dans le XVIIIe siècle, il se disait que l’on « toastait une dame ». Une façon cavalière ou non, de boire à sa santé. (Crédits : Frank Oschatz/Pixabay)

    Le mot toast est entrée dans le langage d’un côté ou de l’autre de la manche. Son origine « tostée » qualifie la tranche de pain grillé que l’on plonge dans une boisson. Mais une légende associe la monarchie britannique à cette pièce de pain. Sous le règne de Charles II, lorsque les hommes portaient un toast envers une femme, leurs verres contenaient un morceau de pain grillé. L’expression est passée dorénavant pour tout un chacun, et toutes occasions.

    Comme figé dans les phares d’une automobile, tomber dans le panneau et ne rien voir venir. (Crédits : Thomas G./Pixabay)

    Si vous êtes tombé dans le panneau de l’origine du mot, vous êtes comme fait comme un lièvre. En effet, le panneau était un filet dont se servaient les personnes voulant capture du petit gibier. Pas besoin de s’approcher de la cible pour l’attraper. Issue du XVe, l’expression ne cesse d’évoluer. Ainsi tendre un panneau à quelqu’un est lui donner l’occasion de piéger à bon escient quelqu’un. Il est tombé dans le panneau de la publicité.

    La publicité use de stratagèmes à des fins commerciales. Ici le paon hypnotisé par son plumage, sa future compagne appuyée d’un son tellement bas en fréquence que peu l’entende. Ni les prédateurs, ni les êtres humains ne sont en capacité de le percevoir. (Crédits : JenniferStr/Pixabay)

    C’est ainsi que les publicitaires semblent joués de nous. Nous n’y voyons que du feu, ébloui par la lumière, ici les promotions, pour nous faire acheter un bien inutile. De là à employer ces trois expressions dans un même paragraphe, il n’y a qu’un pas. « L’homme abasourdi du tour de magie porta un toast à l’artiste. N’y voyant que du feu, le prestidigitateur joua sur l’illusion du tour de passe-passe. L’homme pourtant averti tomba dans le panneau », raconte Sépa Phot.