Étiquette : eau

  • La compagnie d’eau du nord du Texas victime de cyberattaque du ransomware Daixin

    La compagnie d’eau du nord du Texas victime de cyberattaque du ransomware Daixin

    Il y a tout juste une semaine, le 28 novembre 2023 le groupe de cybercriminels connus sous le nom de Daixin Team revendique la cyberattaque contre la compagnie d’eau du nord Texas (NTMWD). Depuis, les dossiers extirpés sont en ligne sur le site de fuite. Au nord-est du pays, l’état de Pennsylvanie est aussi la cible de cyberattaques de la part d’une organisation criminelle « Cyber Av3ngers ». Les infrastructures du système d’eau potable d’Aliquippa ciblés. Les opérateurs prenaient partiellement le contrôle sur la distribution.

    La compagnie North Texas Municipal Water District (NTMWD) subissait une cyberattaque fin novembre. Elle fournit deux millions de personnes en eau potable dans le nord du Texas, mais pas seulement. L’entreprise fournit également, avec plus de 850 employés, des services de gestion de l’eau, des eaux usées et des déchets solides à de nombreuses villes de l’État.

    Une enquête est en cours pour déterminer la teneur des fuites. Le réseau téléphonique est toujours en dérangement. « La plupart de notre réseau d’entreprises a été restauré. […] Nous continuons de fournir ces services comme d’habitude », a déclaré Alex Johnson, directeur des communications pour NTMWD.

    Le NTMWD a engagé des experts qui enquêtent activement sur l’ampleur d’une intrusion non autorisée. L’enquête comprend un examen de toute donnée potentiellement touchée par le district, ce qui prend du temps.

    Sur l’éventualité d’une rançon exigée par Daixin Team, l’entreprise n’a pas souhaité répondre à The Record.

    La CISA avait émis une note sur les attaques contre les sociétés de délivrance et de traitements de l’eau en octobre 2021.

    (Crédits : capture d’écran/Daixin Team)

    Déjà en 2021, des cyberattaques visant des infrastructures de traitement ou d’alimentation en eau touchaient les États-Unis. Une installation californienne d’approvisionnement en eau et de traitement des eaux usées, mais aussi dans le Maine et le Nevada. Ces incidents ont donné naissance à une alerte et un dossier de la part des services de sécurité américains (America’s cyber defense agency). The Record relate que des cybercriminels auraient entrepris d’empoissonner l’eau d’une station de traitement de la baie de San Francisco en janvier 2021. En février, une tentative de modification chimique à Oldsmar, en Floride et une autre en mai 2021 dans la commune de Belle Vernon en Pennsylvanie.

    33 844 fichiers sur le site de fuite

    Toutefois, Daixin Team avait annoncé la divulgation prochainement des informations volées, c’est désormais chose faite. Deux liens sont en ligne. Le premier est une arborescence des fichiers disponibles. L’autre propose les documents publiés. Les données sont découpées en trois fichiers TX1, TX2 et TX3.

    Des fichiers d’audit, des vidéos de lieux de construction d’infrastructure, au format PDF, XLSX… des photos de l’état des installations, des tuyaux… L’entreprise n’a pas fait plus de déclarations sur l’étendue des fuites et des circonstances de l’attaque.

    Sauf que l’incident dont elle est victime intervient un jour après qu’une attaque contre une autorité de l’eau en Pennsylvanie ait lieu. Une cyberattaque a frappé Aliquippa. La cyberattaque aurait incité les travailleurs à prendre du matériel hors ligne pour maintenir la pression de l’eau pour les usagers.

    (Crédits : capture d’écran/Daixin Team)

    L’eau d’Aliquippa attaquée par Cyber Av3ngers

    Municipal Water Authority of Aliquippa (MWAA), la compagnie des eaux de l’État de Pennsylvanie a fait l’objet d’une intrusion non autorisée le 27 novembre 2023. La revendication est effectuée par le groupe de cybercriminels pro-iranien Cyber Av3ngers. Ils auraient ciblé un équipement de confection israélienne employé par la firme, sous fond du conflit armé entre Israël et le Hamas. Celui-ci se trouve dans plusieurs entreprises aux États-Unis.

    L’objet fabriqué par la société israélienne Unitronics est utilisé dans les installations d’approvisionnement en eau et de traitement des eaux usées, le PLC.

    Matthew Mottes, le président du conseil d’administration de la municipalité de l’Autorité des eaux d’Aliquippa, a confirmé à KDKA-TV que le Cyber Av3ngers, avait pris le contrôle de l’une des stations. Une alarme s’est déclenchée dès que le piratage s’était produit. Ce qui a permis de reprendre le contrôle.

    L’agence pour la cybersécurité et la sécurité des infrastructures (CISA) n’a pas indiqué le nombre de cibles touchées. L’agence fédérale a informé les fonctionnaires du Sénat et de la Chambre des représentants que les pirates s’étaient introduits dans au moins 10 entreprises de traitement de l’eau relate CNN, selon une de leurs sources.

    (Crédits : MWAA)

    Ils seraient environ 1 800 PLC exposés dans le monde, dont quelques centaines comme celui visé par l’attaque d’Aliquippa. « Ces dispositifs compromis ont été publiquement exposés à Internet avec des mots de passe par défaut », a déclaré la CISA. En date du 1er décembre 2023, la CISA et ses partenaires publient un avis sur le groupe Cyber Av3ngers. Comme l’explique Zataz, leurs actions passaient sous les radars avant juillet 2023. Avant qu’en septembre ils revendiquent la perturbation de 150 serveurs appartenant aux chemins de fer israéliens.

  • Sécheresse : L’Uruguay tire la langue faute d’eau potable

    Sécheresse : L’Uruguay tire la langue faute d’eau potable

    H2O, est une combinaison que chaque collégien, lycéen connaît. Elle est l’indispensable de tout être vivant sur Terre, du règne animal au végétal. Sauf que depuis quelques années, les bulletins météorologiques alertent de la baisse des nappes phréatiques, mais pas que. S’ils sont connus, car télévisés, des usagers et releveurs s’inquiètent depuis longtemps. Déjà il y a cent ans, la ville de Paris subissait des coupures d’eau potable de minuit à six heures.

    Des chiffres pour planter le décor. La surface de la Terre est recouverte à 71 % d’eau, 97 % sont salées pour 3 % d’eau douce. Un être humain adulte est composé d’environ 65 % d’eau. Ce qui représente pour un homme de 80 kg, une masse d’environ 52 kg, et pour une femme de 66 kg, environ 43 kg. Sans eau, pas de vie possible… Buvons de l’eau salée ! Pas possible, une consommation d’eau salée entraîne une déshydratation par effet d’osmose.

    Consommation d’eau potable en France

    La moyenne de consommation d’eau est différente si vous habitez en ville ou à la campagne, en maison ou en appartement et de votre lieu de résidence. Peu ou prou de départements n’ont pas encore pris des mesures de restrictions concernant l’eau. Il faut comprendre que chaque Française ou Français consomme une moyenne de presque 150 litres d’eau chaque jour (149 l). Imaginez plus de seize packs de si bouteilles d’un litre et demi, soit 54,3 m3 par habitant et par an.

    Le simple fait de « tirer la chasse » expulse en moyenne 9 litres d’eau potable. Les décisions des politiques à travers les âges ont une résonance. Il y a plus de deux décennies, dans un article du Parisien, le 9 janvier 2001, la journaliste Jacqueline Meillon évoquait les inondations. « Alors que la disparition progressive des talus et des haies apparaît comme une des causes des inondations en Bretagne et dans le Calvados ». La députée du Maine-et-Loire Roselyne Bachelot s’apprêtait à déposer à l’Assemblée une proposition de loi en ce sens.

    Selon une étude de l’INRA une superficie supérieure à 350 000 Ha de haies, bosquets et arbres épars ont disparu entre 1960 et 1990. D’autant que ces mêmes haies favorisent le stockage du carbone dans les sols.

    La consommation domestique en eau potable en 2019. (Crédits : OFB – DDT(M)/DRIEAT/DEAL – Collectivités – 2019 Traitements : SDES. 2021)

    Une crise sanitaire en devenir en Uruguay

    Près de deux tiers de la population est confrontés à un problème d’eau potable. La cause est une sécheresse qui dure depuis le mois de novembre 2022. Le 4 mai 2023, le gouvernement de Lacalle Pou réagissait en mélangeant le peu d’eau douce disponible avec l’eau du Río de la Plata. Ce dernier est chargé en sels en raison de son contact avec l’océan Atlantique. Sauf que l’entreprise publique Obras Sanitarias del Estado (OSE), en charge de la gestion de l’eau, a décidé d’augmenter les taux de chlorure et de sodium. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) fixe un seuil à ne pas dépasser de 200 milligrammes de sodium par litre d’eau. L’eau qui sort des robinets en contient 440. Les prévisions du gouvernement indiquent qu’elle va continuer à augmenter, souligne le quotidien El Diario.

    Réactions en chaîne

    L’eau salée est partout dans les canalisations. Si la chaleur envahit la France et l’Europe, c’est l’hiver en Uruguay. L’eau salée détériore le chauffage, la réparation engendre 10 000 pesos d’entretien, près de 240 euros, quand le salaire moyen atteint 405 euros. Si cela ne suffisait pas, l’entretien des canalisations pour le transport de l’eau laisse à désirer. Selon le quotidien uruguayen El Observador, les canalisations perdraient depuis des années entre 30% et 50% de l’eau qu’elles transportent, faute d’entretien. Se laver avec de l’eau salée abîme la peau et les cheveux : « Lorsque vous vous douchez dans ces conditions pendant 60 ou 70 jours, cela se voit », explique Gerónimo Olmando, consultant en affaires publiques et gouvernementales à Montevideo.

    Les réserves en eau n’ont cessé de descendre pour atteindre un point historiquement bas. Le 11 juillet 2023, le réservoir de Paso Severino, ci-dessus contenait 2,09 millions de m3, soit seulement 3,1 % de sa capacité. (Crédits : El Observador)

    L’eau potable est surexploitée en Uruguay. Le gouvernement invite la population à restreindre sa consommation, sans appliquer les mêmes restrictions aux entreprises martèle El Observador. « L’Uruguay connaît le pire déficit hydrique depuis 74 ans », a reconnu le secrétaire de la présidence, Álvaro Delgado en mai dernier. Entre mardi et mercredi, la pluie est enfin arrivée, ce ne sont que 34 millimètres par mètre carré qui sont tombés dans le bassin de Santa Lucia. Pas assez pour commencer à rétablir le niveau normal, mais assez pour endiguer la chute. Que se passerait-il en France métropolitaine si une telle pénurie d’eau survenait ?

  • Thales et l’OEHC sont victimes du ransomware LockBit 3.0

    Thales et l’OEHC sont victimes du ransomware LockBit 3.0

    Le groupe LockBit 3.0 revendiquait une attaque sur la société Thales au commencement de l’année 2022. L’entité accordait jusqu’au 17 janvier avant que les données soient divulguées. La société française d’électronique est spécialisée dans l’aérospatiale, la défense, la sécurité et le transport terrestre. Puis début novembre les mêmes affirmations de la part du groupe d’opérateurs malveillants réclamaient à nouveau la cyberattaque. Cette fois des informations sensibles, confidentielles, documents commerciaux, logiciels… sont en accès libre sur le darknet.

    « Nous avons eu connaissance d’une allégation de vol de données par LockBit 3.0 ciblant des données qui appartiendraient au groupe Thales », a indiqué le porte-parole à l’AFP, précisant que « le groupe d’extorsion et de ransomware LockBit 3.0 a annoncé vouloir publier les données le 7 novembre 2022 à 6 h 29 UTC ». Le même groupe avait fortement perturbé le fonctionnement du Centre hospitalier sud-francilien (CHSF) de Corbeil-Essonnes en août. Lockbit avait demandé une rançon de 10 millions puis redescendu à un million de dollars, puis avait publié des données de patients, de personnels et de partenaires sur le darknet.

    Concernant Thales, dans un communiqué le groupe explique qu’il n’y a « pas d’intrusion » dans les systèmes d’information de l’entreprise. Deux sources probables de vol est affirmé par le groupe. La première a été identifiée : il s’agit du « compte d’un partenaire sur un portail d’échange dédié » mis en place avec Thales. Les recherches continuent pour identifier l’autre source.

    Dans le dossier newattack, un fichier de 9,5 GB est téléchargeable. De nombreux dossiers renferment d’autres documents sensibles, confidentiels sur les projets, un radar… Dans un seul sous-dossier, 19 fichiers compressés passent de 274 MB à 412 MB décompressés. (Crédits : capture d’écran/LockBit)

    Des informations qui peuvent paraître, pour un œil novice, insignifiantes. Très sensibles, elles doivent permettre la prise de conscience de l’urgence. L’urgence de renforcer la protection des données, s’il n’est pas déjà trop tard… Le manuel pour comprendre, interpréter et utiliser un « automatic regenerated dehydrators » est comme tant d’autres un document exposé. Son utilisation est de préserver les lignes de transmission HF. Il est primordial de pressuriser et de sécher ces lignes afin d’éviter l’ionisation des molécules d’eau et ainsi la destruction de l’émetteur dans le pire des scénarii.

    L’utilité d’un tel dispositif, le déshydratateur est très importante. Il sert pour les radars militaires, embarqués sur des navires ou sur des stations tactiques, et civils. Il est inclus dans le dispositif de guidage de missiles, comme dans les émetteurs de grande puissance de radiodiffusion télévisuelle ou radiophonique. (Crédits : Selecom)

    La multitude de dossiers et de fichiers renseigne sur de nombreux projets et informations sensibles. À lui seul, le fichier « Community Customer Furnished Information » contient 5,78 GB, d’autres documents de protocole, des guides d’interface, d’e-mails d’infrastructure…

    La Corse touchée par LockBit

    L’Uffiziu d’ecchippamentu idrolicu di Corsica a été la cible d’une attaque cybernétique dans la nuit du mercredi 2 au jeudi 3 novembre 2022. Le résultat est la panne générale. Au moyen-âge, la meilleure façon de conquérir un château était de le priver de nourriture et d’eau, en l’encerclant. Ainsi, ils n’avaient plus qu’à attendre que les habitants du château se rendent. Les différentes attaques qui se déroulent à chaque seconde sont un échiquier où chaque belligérant place ses pièces tout autour d’un château.

    L’Office d’Équipement Hydraulique de l’Île de beauté devrait voir les données exposées demain matin peu avant onze heures. Cet organisme gère 12 barrages d’un total de 40 Mm3, 54 stations de pompage, 56 réservoirs, 4 mini centrales hydroélectriques. (Crédits : OEHC)

    La Corse n’avait pas communiqué jusqu’à ce mercredi 16 novembre 2022. Le communiqué indique qu’ils ont pris « […] le temps d’évaluer les dégâts, avant de décider de la marche à suivre […] il n’a pas été donné suite à la demande de contact, ni à aucune négociation de quelque sorte que ce soit avec l’attaquant. » La direction affirme que la remise progressive des systèmes d’information est en cours. « Aujourd’hui (le 16 novembre 2022), malgré la force de l’attaque […] nous sommes confiants sur notre capacité à relancer l’ensemble de nos activités d’ici à quelques semaines. […] nous savons que les conséquences de cette cyberattaque pourraient être longues à être entièrement absorbées. Mais, nous sommes persuadés que cette situation est aussi une opportunité pour l’OEHC d’accélérer la modernisation de ces outils et process », détaille la direction.

  • Il y a cent ans… des restrictions d’eau

    Il y a cent ans… des restrictions d’eau

    La distribution de l’eau est interrompue de minuit à 6 heures dès vendredi 26 mai 1922. Le préfet de la Seine avertissait par affiche que les Parisiens n’auraient pas accès à l’or bleu. En cause, les réserves des bassins de Montsouris, Saint-Cloud et Ménilmontant étaient sous étroite surveillance, pour éviter qu’elles s’épuisent. Les fortes chaleurs du début de la semaine les faisaient passer de 450 000 m3 à 275 000, ce jeudi 25 mai.

    Déjà les vagues de chaleur connues en France en ce mois de mai 2022, se retrouvait en Une des quotidiens il y a cent ans… La température fléchissait, et les réserves remontaient à 333 000 m3. Le service des eaux de Paris constatait qu’en comparaison à l’utilisation moyenne, comprise entre 400 000 en période normale et 450 000 lors de l’été 1921 particulièrement sec, les citadins avaient consommé 530 000 m3. La météorologie nationale relate que du 23 mai au 6 juin 1922 existait une vague de chaleur exceptionnelle. « Des records sont pulvérisés avec 34° à Valenciennes, Tours et Chartres, 35°à Rouen, 35 à 36° à Paris, 36° à Nancy, Charleville Mézières, Épinal et 37° à Chaumont. Dans la soirée du 2 juin, un très violent orage éclate à Paris ». Tout était mis en place pour assurer l’alimentation en eau du service de lutte contre les incendies. Mais c’est le thermomètre qui donnait la tendance. Il ne marquait plus « hier à une heure de l’après-midi que 22 degrés à l’ombre et l’on estimait que le maximum de la journée ne dépasserait pas 25 », expliquait le quotidien Le Petit Parisien.

    L’eau potable est un bien de consommation qui manque à certains humains. Les restrictions comme les coupures d’alimentation sont désormais courantes en fonction des infrastructures, de leurs vétustés. Une panne d’électricité a privé d’eau l’île de Saint-Martin le 19 mai 2022. (Crédits : Nicola Giordano/Pixabay)

    Mais à quoi répondait donc l’arrêt partiel de distribution ? On fera difficilement admettre aux usagers que, sans causes exceptionnelles, Paris puisse manquer d’eau après trois jours de chaleur. Il faut rappeler que l’année 1922 est exceptionnellement sèche après un hiver sans pluie. Le conseiller municipal et député Georges Robaglia admettait au détour d’un couloir, qu’une conduite d’eau de sources s’était rompu à 100 kilomètres de Paris. « Pourquoi ne pas avouer tout simplement, questionnait Elie-Berthet, journaliste à L’Écho de Paris. Si les questions aboutissaient plus vite à l’Hôtel de Ville, si le moindre projet n’exigeait pas dix ans d’études et de palabres avant de voir le jour, nous ne serions pas à la merci de trois journées torrides. » Il faudra attendre le 2 juin 1922, pour que la sécheresse et la chaleur qui sévissaient sur la France entière, cesse. Un violent orage commençait à 2 heures, provoquant une pluie incessante durant près de trois heures. La foudre tombait boulevard Saint-Michel, arrachant quelques pavés à la chaussée.