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  • Qui a le plus de pattes : le mille-pattes ou le centipède ?

    Qui a le plus de pattes : le mille-pattes ou le centipède ?

    Imaginez un animal minuscule, mais interminable, avançant tel un train ondulant, porteur de centaines de pattes qui s’agitent comme les touches d’un très long piano : Eumillipes persephone. Il est le mille-pattes qui mérite son pseudonyme avec 1306 gambettes. Mais en France, chez les myriapodes, l’un promet mille pattes quand l’autre en annonce cent. À première vue, le match est plié d’avance. Pourtant, dans le monde des petites bêtes du sol, les noms sont souvent plus poétiques que mathématiques. Qui remportera vraiment le grand concours des jambes ?

    Ce duo rampant, discret et très souvent mal aimé appartient au groupe des myriapodes, des arthropodes au corps allongé. Le mille-pattes qui signifie littéralement « mille pieds», tandis que le centipède évoque les « cent pieds ». Mais ces appellations ne sont pas scientifiques. Elles relèvent d’une exagération populaire. Comme lorsqu’on parle de « mille étoiles dans le ciel », le mot traduit une impression d’abondance, plus qu’une réalité chiffrée.

    Une question de vocabulaire, vraiment ?

    L’homme, surpris par la profusion de pattes, a collé un chiffre symbolique, presque poétique, à l’animal. De la même manière, le « poisson-lune » n’a rien à voir avec l’astre de la nuit, et le « ver de terre » n’est pas un véritable ver au sens zoologique. Face au vivant foisonnant, nous exagérons volontiers. Nous arrondissons, nous grossissons, nous simplifions. « Mille » veut dire ici : trop de pattes pour être comptées d’un seul regard. Mais « Mille mercis » évoque une reconnaissance grandiose et éloquente.

    La grande différence se joue dans leur anatomie : chez le mille-pattes, ou diplopode, la plupart des segments portent deux paires de pattes, ce qui lui donne cette allure de petit convoi articulé avançant lentement dans l’humus. Le centipède, ou chilopode, chaque segment ne possède qu’une seule paire de membres antérieurs. Son corps est plus nerveux, plus aplati, plus rapide aussi. Là où le mille-pattes avance avec patience parmi les feuilles mortes et le bois en décomposition, le centipède chasse, file et capture de petits invertébrés. Le premier est un recycleur discret du sol, le second, un prédateur de l’ombre.

    En 2021, des chercheurs ont décrit en Australie l’Eumillipes persephone. Il est le premier vrai mille-pattes connu à dépasser ce seuil symbolique, avec jusqu’à 1 306 pattes. Le centipède, lui, reste loin derrière, même si certaines espèces peuvent tout de même compter plusieurs centaines de pattes. (Crédits : ErikaWittlieb/Pixabay)

    Si l’apparence joue un rôle dans les rencontres, le record du monde des pattes est sans équivoque accordé à l’Australien Eumillipes persephone. Son aspect physique évoque plus, pour une personne non bercée dans la littérature scientifique, un très… mais très long ver.

    Beaucoup de pattes ne veulent pas dire aller plus vite

    Une anatomie particulière des myriapodes. Leurs corps allongés sont constitués de dizaines, parfois de centaines d’anneaux. Sur ces derniers s’accrochent des paires de pattes, un peu comme les patins des années 80 qui se fixaient sur n’importe quelle chaussure. Mais, qui a le plus de pattes ? Alors, sur le terrain du nombre, le verdict est sans appel : c’est le mille-pattes qui l’emporte.

    Mais ce duel n’est pas qu’une simple affaire de chiffres. Le mille-pattes gagne en abondance, en stabilité et en patience quand le centipède gagne en vitesse, en agilité et en prédation. Comme souvent, la nature ne désigne pas un vainqueur : elle invente des corps parfaitement adaptés à leur monde. Il révèle deux stratégies du vivant inscrit dans l’équilibre du réseau trophique, que nous appelons communément la « chaîne alimentaire ». Saviez-vous que les mille-pattes font partie des animaux terrestres les plus anciens de notre chère planète bleue ?
    Des fossiles prouvent que leurs aïeuls existaient déjà il y a plus de 400 millions d’années, bien avant que les dinosaures ne peuplent la Terre.

    Vieux et utile

    Ils sont tout simplement les tout premiers animaux évoluant sur la terre ferme. Ils forment un trio, avec les insectes (Insecta), les arachnides (Arachnida) et les crustacés (Crustacea) : les arthropodes. C’est le groupe le plus diversifié de la planète. Aujourd’hui, on dénombre plus de 13 000 espèces. Elles colonisent les habitats multiples et variés. Ils ont des villégiatures dans les forêts humides jusqu’aux déserts en passant par les réseaux de grottes.

    Parmi cette grande famille se trouve la scutigère véloce. Bien qu’à sa simple évocation, nous imaginons une chose monstrueuse, elle ne l’est pas. Elle possède une beauté qui ne correspond pas au standard des hominidés, c’est tout. Malgré son aspect jugé « repoussant », la scutigère n’a rien d’un parasite, bien au contraire. Elle est comme la plupart de ses cousines et cousins, nécessaire à l’équilibre fragile de la nature. L’arthropode aide les êtres humains en chassant les moustiques, les punaises de lit, les poux et les cafards. Un melting-pot de qualités qui devraient vous permettre de la voir d’un autre œil. (Crédits : Doğan Alpaslan Demir/Pixabay)



    Le mythe des nombres, loin d’être un abus de confiance, illustre surtout la poésie spontanée de l’être humain face au vivant. Derrière un nom trompeur se cache en réalité une leçon d’humilité. Il n’y a pas besoin de chiffres ronds pour être extraordinaire. Les mille-pattes rappellent que la nature échappe à nos catégories simplistes, et qu’elle marche parfois sur plus de pattes qu’on ne saura jamais compter.

  • La nature est stupéfiante

    La nature est stupéfiante

    L’être humain est un mammifère, pour autant il évolue à une vitesse bien moindre que tous les autres. Dans la vie, nos qualités sont nécessaires à notre survie. Les différentes espèces qui peuplent les cinq continents font preuve de propension à l’ingéniosité. L’aspect des avions est une copie de la forme des oiseaux, la résistance des cartons alvéolés est issue des mathématiciennes que sont les abeilles, la flottabilité des radeaux comme ceux des fourmis de feu…

    Si les dancings, bars de nuit ou discothèques sont les lieux idéaux pour rencontrer, les salles de sports le sont désormais. La danse est une manière de se démarquer de nos congénères, d’attirer, ou d’inciter une personne à s’accoupler avec vous., la faune a recours à d’autres tours et de malice. Dans la nature pléthore d’individus usent de rusent et d’artifices pour obtenir les faveurs de leur muse, qu’elle soit de l’instant ou pour la vie.

    De la danse à l’amour, il n’y a qu’un pas

    Il en est un qui n’a rien à envier à Michael Jackson : le Manakin à cuisses jaunes (Ceratopipra mentalis). Il arbore une couleur prédominante noire, un plumage rouge corail sur sa tête en plus de la teinte de ses cuisses. Endémique à l’Amérique du Sud, il vit au Mexique et en Amérique centrale. Il se lance dans une danse langoureuse pour faire chavirer le cœur de sa bien-aimée.

    Manakin, oiseau, photo

    Il se lance dans une parade nuptiale haute en couleur, car il claque ses ailes et exécute une danse qui s’apparente au « moonwalk ». Mais il n’est pas le seul à faire preuve de techniques peu communes pour susciter de l’intérêt de sa future partenaire.

    Le flamant rose prélève une huile qui est sécrétée par une glande qui se trouve tout près de sa queue. Il la tamponne littéralement sur toutes ses plumes pour les hydrater et leur donner un aspect brillant, un véritable gloss. Le maquillage n’est donc pas l’apanage de l’être humain. Après le pas de danse, ou parade nuptiale, mettant en mouvement le corps entier, et que deux Flamants roses se plaisent, ils s’éloignent discrètement de leur groupe pour aller se reproduire. (Crédits : Bình Nguyễn/Pixabay)

    Tous deux construisent le nid de leur poussin qui viendra au monde, un mois plus tard. Un autre oiseau, le « manakin à ailes blanches », sait conter fleurette à sa mie. Originaires d’Amérique du Sud, ils font partie de la seule espèce de manakin à pouvoir reproduire le son du violon. Contrairement à ce que vous pouvez penser, la mélodie qu’ils émettent ne provient pas de leurs cordes vocales, mais de leurs ailes.

    Il les agite à une vitesse exceptionnelle de cent mouvements par minute, qu’il élève au-dessus de son dos.

    En comparaison, le colibri adulte ne dépasse jamais les cinquante claquements d’ailes, quant aux moineaux pas plus de treize sur la soixantième partie d’une heure. Leurs plumes recréent les notes de musique des instruments à cordes frottées lorsqu’elles se touchent entre elles.

    Ils seraient en mesure de produire pas moins de quatorze sons différents à chaque battement, selon la professeure en Biologie évolutive Kimberley Bostwick de l’Université Cornell. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’au moment propice de la reproduction, il sautille de branche en branche, agitant vigoureusement ses ailes au-dessus de son dos, espérant qu’une femelle l’entende et se joigne enfin à lui.

    (Crédits : David Monroy Rengifo)

    Manakin, oiseau, danse

    À cet instant, le nouveau-né est le plus exposé, car il ne peut pas encore se tenir debout. Pour autant, une capacité transmise de génération en génération est la faculté à se tenir debout, une heure après sa venue au monde. La durée de vie d’une girafe est de 20 à 30 ans. « Sur la base de cette nouvelle taxinomie, toutes les girafes, sauf deux sous-espèces, seraient considérées comme vulnérables, en danger ou en danger critique d’extinction. À travers toute l’Afrique, les populations ont diminué de près de 40 % en trois décennies. Il ne resterait plus qu’environ 110 000 girafes sur la planète », écrit Joshua Foer. (Extrait de l’article « Girafes » publié dans le numéro 241 du National Geographic Magazine.)

    Ne pas se fier au féroce Zorille du Cap

    La Zorille du Cap — non, ce n’est pas une faute de frappe — est aussi désignée sous le nom de Ratel. Elle ne semble pas si impressionnante, mais il reste somme toute un animal féroce. Elle tient sa place chez les mustélidés, à ne pas confondre avec la mustébouée, le Pokémon. Ils sont des mammifères carnivores généralement sanguinaires et nocturnes, au corps étroit et allongé, bas sur pattes, parmi lesquels on compte la belette, le blaireau, l’hermine, la loutre, la moufette (connue également comme sconse ou skunks), le putois, le vison.

    Zorille, mammifère, nature,

    Sa particularité est sa profonde résistance, due à son métabolisme, à certains venins de reptiles. Mordue par un serpent, elle sera seulement affaiblie. Et si elle perd connaissance, elle se relèvera « frais comme un gardon».

    Sa témérité à se frotter a des scorpions, et d’autres animaux bien plus grands que lui, lui octroie la qualité d’être tenace. Sa peau dure possède plusieurs millimètres d’épaisseur, lui conférant une bonne protection contre les dards du porc-épic, les piqûres d’abeilles et de puissants coups de patte.

    On trouve la zorille du Cap dans le sud et l’ouest du continent africain. Surnommée le « blaireau à miel », elle est d’un courage exemplaire, elle préférera combattre ses prédateurs au péril de sa vie, plutôt que de prendre la fuite. (Crédits : DR)

    L’élasticité de son corps — tel un chat retombant sur ses pattes — l’autorise à se contorsionner de sorte que, saisie au cou par un prédateur, elle est capable de se retourner et de le mordre à son tour. De plus, sa faculté à courir en arrière lui permet d’échapper à ses agresseurs pour mieux les attaquer ensuite. Ses longues griffes acérées déchirent sans peine ses proies et sa puissante mâchoire peut facilement broyer une carapace de tortue. Son incroyable ténacité fait reculer lions, léopards, crocodiles et autres cobras.

    Ne pas juger un livre à sa couverture

    La fourmi de feu (Solenopsis invicta) est un petit insecte. Originaire d’Amérique du Sud, son corps de couleur rouge-brun mesure entre 2 et 6 mm. Une reine produit de 800 à 2 000 œufs par jour. Une colonie mature compte jusqu’à 400 000 ouvrières. Par le biais des cargos de marchandises, cette espèce a fortuitement migré aux États-Unis en 1930, en Australie, il y a deux décennies, puis au Japon en 2017.

    Elle y est à l’heure actuelle considérée comme une entité envahissante et nuisible pour l’Homme et les espèces endémiques. Détail, elle est extrêmement difficile à éradiquer. Elle résiste à des températures jusqu’à -10 degrés Celsius. Elles sont l’une des 266 genres de fourmis Solenopsis. Si c’est une variété très commune, ces dernières sont beaucoup plus agressives que la plupart d’entre elles.

    Elles sont réputées pour posséder l’un des venins les plus irritants au monde (1,2 sur l’échelle de Schmidt). Ses piqûres « ardentes » (NDLR D’où le nom de fourmi de feu) provoquent de fortes douleurs, des démangeaisons, voire plus.

    Les fourmis de feu peuvent dévorer leur proie jusqu’à l’os. Elles ne mordent pas, mais piquent. Sous le phénomène de « Lyse », elles procèdent à l’injection du venin sous la peau et détruisent les cellules. (Crédits : Bình Nguyễn/Pixabay)

    Fourmi, prédateur, feu

    Mortelle pour de petits animaux, tels les oiseaux, elle n’est létale pour l’Homme, mais certains rapports médicaux ont signalé plusieurs décès causés par un choc anaphylactique suite à une piqûre. « Aux États-Unis, rien que les attaques des fourmis de feu entraînent une centaine de milliers d’hospitalisations et 100 décès par an, pour un coût annuel de 6 milliards de dollars», écrit Quang Pham. Une autre particularité est en cas d’intempéries de se rassembler entre elles pour former un radeau. La reine est au sec à l’intérieur et les ouvrières à l’extérieur, elles peuvent dériver plusieurs mois.