Étiquette : Weinstein

  • Les violences faites aux Femmes (fin)

    Les violences faites aux Femmes (fin)

    Qu’elles soient conjugales, intrafamiliales, sexuelles, une violence reste une violence. Longtemps elles se sont tues, car non crues ou discréditées. Depuis l’affaire Weinstein qui a secoué le cinéma mondial, le scandale Epstein semble faire trembler les puissants. La dernière (en date) nouvelle est le procès pour agression sexuelle du prince Andrew, qui éclabousse la couronne britannique. La journée symbolique du 8 mars pour le Droit des femmes rappelle l’interminable chemin pour que l’équité juridique voie le jour. Comme les bracelets électroniques ou les téléphones grave danger qui doivent nous protéger, d’un ex-conjoint, d’un ex-mari… avant d’être le énième meurtre ou assassinat qualifié de « féminicide ».

    « Flashback » est la comédie de, et par Caroline Vigneaux, montre à qui veut bien découvrir la condition féminine à travers les siècles. Certaines personnes pourraient trouver à redire, sachant que cette œuvre est réalisée par une femme, mais peu importe. C’est le récit d’une avocate surdouée, cynique et narcissique, qui, après avoir gagné un nouveau procès, fait la connaissance d’Hubert. Chauffeur anticonformiste, interprété par Issa Doumbia, il l’embarque dans une course rocambolesque dans les couloirs du temps. De la préhistoire à la Révolution française, elle croise celles qui se sont battues pour les droits des femmes, tout en étant la témoin privilégiée d’événements marquants qu’elle n’aurait jamais dû oublier. Pour sortir de cette boucle, elle doit admettre son rôle en tant que femme dans la société, et apprendre à aider celles dont la voix n’est ni entendue ni écoutée.

    Cette comédie fait écho à une société bien réelle où des lois existent contre le harcèlement de rue. Un mot cristallise tous les maux, le féminicide. La définition est simple, du latin femina, femme, et cædere, tuer. C’est l’homicide d’une femme, d’une jeune fille ou d’une enfant en raison de son sexe. (Crédits : Diana Cibotari/Pixabay)

    Le 31 janvier 2016, François Hollande, président de la République accordait une remise de peine gracieuse, à Jacqueline Sauvage. La prévenue était condamnée par la cour d’assises de Blois en décembre 2015, à dix ans de réclusion criminelle, pour le meurtre de son mari, violent et incestueux. Lorsqu’elle commence, la violence devient insidieuse. Celui, celle qui tue un être humain, commet un homicide. « Cela a été une erreur de la gracier. Je pense que ce n’était pas la bonne personne. Il y a des femmes battues qui ont tué leur mari, qui auraient plus mérité de l’être », déclarait le mercredi 29 juillet 2020 sur franceinfo Hélène Mathieu. Moins d’une semaine plus tard, le 5 février 2016, la cour d’assises de Grenoble condamnait Bernadette Dimet à cinq ans de prison avec sursis pour avoir tué son mari violent, qui l’avait battue et humiliée pendant 40 ans. Le nombre de femmes tuées par les coups de leurs ex-compagnons est de 213, en 2021.

    « Papa a tapé Maman »

    Ce sont les mots d’enfants décrivant une scène inimaginable que le président de la cour d’assises de Bordeaux a lus ce lundi, la salle en résonne encore. Le procès d’un père de famille, pour tentative de meurtre et viol sur son ex-conjointe, a débuté ce 17 janvier 2022. Les faits reprochés au prévenu auraient été commis à Lormont, tout près de Bordeaux, un quelconque soir d’octobre 2018. Lors du premier jour de l’audience, la cour d’assises rappelait que l’accusé avait déjà été condamné pour violences et harcèlement téléphonique (1 088 appels en 4 mois) à la suite de leur séparation en janvier 2018. Le témoignage des enfants continue. « Que disait ton papa à ce moment-là ? », questionne l’agent de Police. « Je ne veux pas dire, ça me fait peur, répond le garçon de 6 ans. Il allait lui faire beaucoup de mal ». L’aîné de 10 ans se souvient : « Il disait qu’il voulait la tuer. »

    AnnéeVictime féminine d’homicide volontaire (France/Europe)Victime masculine d’homicide volontaireVictime féminine de violVictime masculine de violVictime féminine d’agression sexuelleVictime masculine d’agression sexuelle
    2015361/2 267659/5 14110 729/66 1381 671/7 29395/94 432147/17 698
    2016311/2 280559/5 51313 050/76 6941 910/8 77919 041/120 8212 764/23 881
    2017279/2 317511/5 51314 899/91 4792 171/10 52621 179/132 0953 899/24 729
    2018244/2 219520/4 87117 558/48 3882 388/5 09025 614/95 4594 547/16 049
    2019285/1 908550/4 14620 694/20 1102 886/5 43528 165/95 0414 860/15 914
    Eurostat propose les données concernant les homicides volontaires, viols et agressions sexuelles selon le statut juridique et le sexe de la personne impliquée. Le féminicide n’est pas juste un meurtre, il a pour but de tuer la femme, la compagne, la mère en tant qu’être, en tant que personne, entité, symbole, car son seul reproche est d’être… une femme.

    Lors du deuxième jour, les témoignages de voisins se suivent. Jules Brelaz journaliste à France Bleu rapporte qu’Amandine 33 ans, encore traumatisée par les événements dits avoir entendu « comme des coups de masse dans le sol. En fait, en m’approchant, j’ai vu que c’était les coups de poing dans la victime allongée sur le sol, elle était en chemise de nuit, avec des écorchures aux pieds et le visage tuméfié, il lui lançait ” ferme bien ta gueule, sale pute ” ».

    Une trentaine de lésions

    L’audition du médecin légiste glace le sang. L’énumération ne semble pas avoir de fin : « Abrasions, décollement de la peau, lésions hémorragiques, hématomes, traces de coups de pied et de poing sur le visage ». Il relate une à une la trentaine de lésions relevées sur l’ensemble du corps. Les descriptions se suivent, mais les photos projetées dans la salle choquent. « Des traces d’ongles dans le cou de la victime » témoignent d’une tentative d’étranglement. Des genoux ensanglantés et les cheveux arrachés rappellent que la jeune femme a été traînée sur le sol. Mais, l’horreur ne s’arrête pas là. Le professeur détaillait longuement les lésions génitale et anale constatées lors de l’examen clinique. Il atteste « incontestablement » d’un viol, affirmait l’expert. Tandis que les avocats de la défense relevaient qu’« il n’y a ni fracture ni suture », le professionnel de santé acquiesçait en ce sens, expliquant que certains des coups portés au crâne auraient « pu tuer » la victime.

    De manière fréquente, lors des séparations, les enfants sont pris à partie, d’un côté comme de l’autre. Ils souffrent, sauf qu’eux n’ont pas choisi ni pris la décision, mais la subissent.
    « Il faisait du chantage à ses enfants pour qu’ils ne fassent pas de câlin à leur mère », indiquait pour enfoncer le clou Caroline Bris, l’une des avocates de la partie civile. (Crédits : DR)

    Fréquemment dans les affaires de violences conjugales, et de violences sexuelles, c’est la victime qui a honte. Il promet qu’il changera, que c’était un accident, qu’il nous aime et que ça ne se reproduira plus, mais les scènes se répètent, comme dans un mauvais film. La différence est que lorsque la salle de cinéma s’allume, la fiction, elle s’arrête… Les mots de l’une des avocates de la partie civile, Caroline Bris, martèle et enfonce les derniers rivets, s’il y avait besoin. « Jalousie maladive », « manipulation », « instrumentalisation des enfants », « sentiment de honte de la victime », un « schéma d’emprise classique des violences conjugales » pour l’avocate. « J’avais l’impression d’être Jacqueline Sauvage », témoignera la mère de famille.

    15 années de réclusion criminelle

    L’homme de 43 ans a été reconnu coupable et condamné mercredi 19 janvier 2022 par la cour d’assises de la Gironde à quinze années de réclusion criminelle pour tentative de meurtre et viol sur la mère de ses enfants. La peine d’emprisonnement est assortie d’un suivi socio-judiciaire de quatre ans avec une injonction de soins à l’issue de son incarcération. Il aura interdiction d’entrer en contact avec la victime, de fréquenter un débit de boisson, et devra soigner son alcoolisme. En cas de non-respect de ces obligations, la cour d’assises a prononcé une peine de trois années de détention. La déchéance de l’autorité parentale à l’encontre de l’accusé, n’a pas été prononcée. Il devra néanmoins indemniser les parties civiles à hauteur de 96 000 euros de dommages et intérêts, dont 60 000 euros à la mère de ses enfants et ex-compagne au titre du préjudice subi lors de la tentative de meurtre et le viol.

    Mes Caroline Bris, Pierre Cuisinier et Marion Lavaud défendent les parties civiles : l’ex-compagne d’Yvan Poungui et sa famille. (Crédits : Laurent Theillet/SUD OUEST)

    Que faire en cas de violence ?

    La première chose, mais pas la plus facile, fuir. Oui, mais où ? Comment ? Vers qui ? Les démarches sont de plus en plus présentes. Il existe 175 bureaux d’aide aux victimes du tribunal judiciaire de Poitiers à Quimper, comme partout sur le territoire. Des conduites à tenir sont référencées sur le site du gouvernement « Violence Conjugale » :

    • Appeler le 17, 112, 15, 18 et 114 (pour les personnes sourdes, malentendantes, aphasiques, dysphasiques), Si vous avez des difficultés à entendre ou parler, vous pouvez aussi envoyer un SMS au 114.
    • Le 3919 Écoute, informe et oriente les femmes victimes de violences, ainsi que les témoins de violences faites à des femmes
    • Le 116006 écoute, informe et conseille les victimes d’infractions ainsi que leurs proches. Leur site références toutes les associations d’aide aux victimes
    • Quitter le domicile conjugal, appeler le 115 pour un relogement d’urgence
    • Faire constater les blessures. Si vous êtes victime de violence conjugale, vous pouvez vous rendre à l’hôpital, chez un médecin ou une sage-femme (si vous êtes une femme). Les constatations médicales seront utiles lorsqu’il s’agira de juger l’auteur des violences. Contacter un avocat
    • Il faut déposer une plainte soit à la Gendarmerie, ou au poste de Police. Si le dépôt de plainte vous est refusé, demander le numéro de téléphone du procureur de permanence, la réception de la plainte ne peut pas vous être refusée
    • Si vous êtes victime de violences au sein de votre couple, vous pouvez déposer auprès du juge aux affaires familiales une requête en vue de la délivrance d’une ordonnance de protection. Vous pouvez faire cette démarche même si vous ne vivez pas en cohabitation avec l’auteur des violences
    • Le bracelet anti-rapprochement sert à vous protéger en tant que victime de violence conjugale, en empêchant votre conjoint ou ex-conjoint violent d’entrer en contact physique avec vous
    • Le téléphone grand danger permet à une victime de violences conjugales de contacter directement une plate-forme spécialisée en cas de danger. C’est cette plate-forme qui alertera la police ou la gendarmerie si nécessaire. La victime pourra être géolocalisée si elle le souhaite.
  • Les violences faites aux Femmes (2e partie)

    Les violences faites aux Femmes (2e partie)

    Un évènement judiciaire va ébranler la France, il y a quarante-trois ans. Le procès d’Aix-en-Provence en 1978, qui fut électrique et symbolique à bien des égards, a marqué l’Histoire en ouvrant la réflexion, plus que nécessaire sur une nouvelle définition du viol. Alors que les actrices contemporaines de ce monde ont déferlé avec les mouvements #Metoo et #Metootinceste, les affaires #Weinstein comme #Epstein, ne cessent de révéler de sombres chapitres supplémentaires.

    C’est l’histoire de deux jeunes femmes qui changea à jamais le regard de la société française. Imaginez-vous, au mois d’août 1974, vous, de la même manière que beaucoup de personnes, filez affichant le sourire de circonstance vers le soleil et le sable fin des plages. Le choix de la destination est le vôtre, comme le fut celui d’Anne Tonglet et de sa compagne Aracelli Castellano. Ce couple de touristes belges souhaite rejoindre un camp naturiste de Sugiton, mais le mauvais temps les oblige à bivouaquer dans sur la calanque de Sormiou, près du port de Morgiou dans les Bouches-du-Rhône. C’est alors qu’un jeune homme les interpelle, elles l’éconduisent fermement, il recommencera le lendemain, pour le même résultat. Accompagné d’Albert Mouglalis, ouvrier de 24 ans, et Guy Roger, maçon de 29 ans, père de cinq enfants, Serge Petrilli, serveur âgé de 22 ans reviendra dans la nuit du 21 au 22 août 1974, une fois la soirée terminée au bar le Nautic. Avec la ferme intention de se venger dira-t-il aux gendarmes.

    J’ai essuyé un refus blessant. Cela était intolérable et je m’étais promis de me venger

    Serge Petrilli. Le figaro

    Le procès des trois auteurs présumés commençait, le mardi matin 2 mai 1978, devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône, présidée par M. Marcel Fourgeaud. Les trois hommes, représentés par Mes François Tubiana, Gilbert Collard et Jean-Claude Simoni, plaidaient non coupables en face d’un jury composé de sept hommes et deux femmes. Les deux femmes affirmaient, quant à elles, avoir été violées. Les avocats de la partie civile étaient la défenseure des droits des femmes Gisèle Halimi et Agnès Fichot.

    Josyane Savigneau, journaliste couvrait le procès pour Le Monde : « Je n’avais plus l’énergie de réagir, indique Anne ; aucun son ne sortait de ma bouche […] Mais nous avons dû “subir”, contrairement à ce que semble nous faire dire le procès-verbal de nos déclarations au juge d’instruction. […] Aracelli Castellano, enceinte après les faits de cette nuit-là, avortera quelques semaines plus tard ».

    « C’était extrêmement violent. Il y avait des crachats, on recevait des insultes, Gisèle Halimi a été giflée. C’était inouï », se rappelait Anne Tonglet dans L’Express.
    Propos que relatait le journaliste Claude Sérillon au micro de France 2. « C’étaient, à l’entrée comme à la sortie de l’audience les mèmes scènes. » (Crédits : capture d’écran INA)

    Malgré des débats extrêmement houleux, une ambiance nauséabonde à l’extérieur, les trois prévenus seront condamnés. Serge Petrilli à six ans de réclusion criminelle pour viol, Guy Roger et Albert Mouglalis n’écoperont que de quatre ans chacun pour « tentative de viol ». La circonstance aggravante de viol en réunion ne sera pas retenue, mais le regard juridique sur ce crime vient (enfin) de changer en France.

    Une femme violée est une femme cassée, c’est une femme éclatée, une femme qui, à mon sens, ne s’en remettra jamais

    Gisèle halimi. France 3 Reims. Ina. 26 mai 1977

    En 1975, il y aurait eu 22 000 viols en France, mais seules 1 600 femmes ont porté plainte. « Les femmes ne veulent plus se taire, les femmes veulent crier qu’elles en ont marre, elles en ont marre d’être violées, elles en ont marre d’être battues ». Il faudra attendre 1980 et la proposition de loi de la sénatrice Brigitte Gros, pour qu’il soit puni de 15 ans de réclusion criminelle. « Pour la première fois, a honte a changé de camp, devant tout le monde », martelait Anne Tonglet.

    Le rapport affiche 54 800 violences sexuelles en 2020. En 2019 les chiffres sont ahurissants : 11 568 viols sur majeurs, 11 971 viols sur mineurs, 13 669 harcèlements sexuels et autres agressions sexuelles sur majeurs, 18 636 pour les mineurs, et 15 013 atteintes sexuelles. (Crédits : SSMSI, base des crimes et délits enregistrés par la police et la gendarmerie, Gouv.fr)

    Le verdict fait un effet domino, il incite de nouvelles femmes à prendre publiquement la parole, dans les jours et semaines qui suivirent le procès, pour témoigner de leur propre viol. « Avant ce procès, personne n’en parlait. C’était tabou, explique Jacqueline Rémy, une toute jeune femme lorsque le procès commence. Il ne fallait pas se plaindre. Même les familles des victimes refusaient de l’entendre. Et si on allait au commissariat, les policiers ricanaient, le plus souvent. »

    Depuis 2020, Harvey Weinstein purge une peine de 23 ans de prison à New York. Accusé par 90 femmes au total, il encourt jusqu’à 140 années supplémentaires derrière les barreaux. L’ancien producteur lors d’une audience préliminaire à son procès au tribunal de Los Angeles, le 29 juillet 2021. (Crédits : Étienne Laurent-POOL-AFP)

    Les deux textes sont fusionnés et longuement débattus au Sénat puis à l’Assemblée nationale. Il faudra finalement attendre le 23 décembre 1980 pour que la loi soit promulguée. Elle établit le viol comme : « Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte ou surprise » dans l’article 222-23 du Code pénal. Cette nouvelle définition élargit donc le viol à tous les cas de pénétration sexuelle, et le réprime plus fortement par quinze ans de réclusion criminelle contre cinq auparavant. D’autres dispositions sont aussi adoptées : le huis clos n’est plus obligatoire, les associations peuvent se porter parties civiles et le nom des victimes ne doit pas apparaître sans leur accord. Des avancées comme autant de victoires pour ce « procès du viol » devenu historique.

    Libération de la parole

    Les plaintes pour violences sexuelles recueillies en 2019 croissent de 240 % depuis 2010 (2,6 fois quand la victime est majeure, 2,2 fois lorsqu’elle est mineure). Ce sont 56 000 victimes de violences sexuelles enregistrées en 2019, dont 55 % de mineures. L’augmentation, plus marquée depuis 2018, peut être liée avec l’évolution du dépôt de plainte, ce dans le contexte de l’affaire Weinstein et des différents mouvements, tel #MeToo, favorisant la libération de la parole.

    2010-20122013-20152016-2018
    Nombre de victimes déclaréesViolences sexuelles
    Violences physiques
    dont dans le ménage
    183 000
    961 000
    328 000
    208 000
    982 000
    311 000
    307 000
    862 000
    268 000
    Taux de prévalence (en %)Violences sexuelles
    Violences physiques
    dont dans le ménage
    0,4
    2,2
    0,8
    0,5
    2,2
    0,7
    0,7
    1,9
    0,6
    Taux de plainte (en %)Violences sexuelles
    Violences physiques
    dont dans le ménage
    5,7
    22,4
    10,3
    8,2
    20,5
    7,7
    20,3
    19,4
    9,0
    Le tableau relate les déclarations et les plaintes des personnes âgées de 18 à 75 ans victimes de violences physiques et sexuelles déclarées. Il est mis en ligne le 9 décembre 2021. (Crédits : Gouv.fr)

    La hausse des violences sexuelles enregistrées devant les services de sécurité résulte d’un double mouvement : les personnes déclarant avoir subi de telles atteintes sont plus considérables et elles portent plus fréquemment plainte. Ainsi, le nombre d’individus de 18 à 75 ans s’affirmant victimes de violences sexuelles augmente de 13,7 % entre les périodes 2010‐2012 et 2013‐2015, puis de 47,6 % entre 2013‐2015 et 2016‐2018, dans le contexte particulier de l’affaire Weinstein et du mouvement #MeToo. Sur le même laps de temps, le taux de plainte pour violences sexuelles a quasiment quadruplé entre 2010-2012 et 2016-2018. Il en résulte que quatre victimes sur cinq ne se sont pas rendues auprès des institutions de sécurité, dont les motivations sont effrayantes.

    Les justifications de non-déplacement glacent le sang. Surtout lorsque plus de 65 % des victimes indiquent que « cela n’aurait servi à rien », ou bien pire « ce n’était pas grave » pour 40 %. (Crédits : Gouv.fr)

    De plus, les victimes de violences sexuelles sont en très grande majorité… des femmes. Sur la période de 2010-2012 et 2016-2018, près de quatre d’entre elles sur cinq sont de la gent féminine, quant à celle comprise en 2013 et 2015, le taux bondit à plus de 85 %.

    À suivre

  • Connaissez-vous Masha Babko ?

    Connaissez-vous Masha Babko ?

    Cette jeune femme évoque-t-elle quelque chose pour vous ? Rien ! Tant mieux, alors gardez en mémoire l’image de sérénité, de douceur et de paix que dégage son visage ! Elle possède une visibilité sur l’internet qui dépasse l’entendement. Quant à l’origine de sa notoriété, elle s’en passerait volontiers. Elle a été victime d’un pédophile, Sergei Kropochkin, à l’âge de dix ans… quelques années plus tard, des photos et des vidéos d’elle ont été diffusées sur la toile. Qu’est-ce que la pédophilie ? Quelle est la conduite à tenir ? Que faire ?

    Pour comprendre ce fléau, qui connaît ni limite, ni frontière, qui va du diplomate au manutentionnaire, il faut s’attarder sur ce qu’à vécue cette jeune femme, son histoire, qui peut-être celle de n’importe quel gamine ou gamin, et de la sournoiserie que les prédateurs usent pour abuser sexuellement des enfants.

    Le cauchemar commence pour ses dix ans

    Pour cela, situons les lieux, et circonstances. Masha est née en l’an 2000, à Novossibirsk. Cette ville de Russie en Sibérie occidentale est localisée à 1 435 km à l’ouest-nord-ouest d’Irkoutsk et à 2 812 km (3 356 km par la route) à l’est-nord-est de Moscou. Avec une population de 2 093 266 habitants en 2019, Novossibirsk est la sixième commune de Russie et la principale métropole russe à l’est de l’Oural ainsi que la capitale du district fédéral sibérien.

    Le salaire moyen est de 345,71 € (29 826 RUB), une robe d’été à 39,06 € représente 3399 RUB, soit environ un neuvième de l’émolument médian. La paye d’un médecin dépasse tout juste les 1900 euros, quand, en France il est de 10 684 € (près de six fois plus). Le « minimum vital », seuil au-dessous duquel une personne est considérée comme vivant en situation de pauvreté, est passé de 10 038 roubles (142 euros) par mois à 10 753 roubles (152 euros) sans augmentation équivalente de l’inflation, écrit Le Monde en août 2019.

    Ainsi, plus d’un dixième de la population russe survivait en 2017 sous le seuil de pauvreté indiqué par le pays. En 2010, « le taux de pauvreté national était de 12,5 %.»Le cauchemar commence pour ses dix ans.

    (Crédits : A.Savin/Wikipedia)

    « J’étais amie avec une fille qui avait 12 ans, Violette. Un jour, elle m’a demandé de prendre une photo pour un magazine. Elle a stipulé que je devais cacher tout ça à mes parents. […] Nous sommes allés rencontrer le photographe Sergey Kropochkin, la première séance photo s’est déroulée avec des vêtements. Mais même à l’époque, je pensais que c’était mal et que ça finirait probablement mal », précise Masha Babko. Tout se déroulait dans l’appartement loué par le photographe professionnel. « Il était poli, gentil, comment puis-je expliquer ? Juste un homme ordinaire et sympathique. Il m’a donné 500 ou 1 000 roubles pour ce tournage. » Le piège venait de se refermer. Selon le site Pikabu, en 2011, « le pédophile de Novossibirsk a été attrapé et jugé, il pourrait rivaliser avec Chikatilo dans la masse de ses atrocités. Seule sa ligne de travail est différente ».

    Selon les enquêteurs, Sergei Kropochkin, 53 ans, habitant de Novossibirsk, a été reconnu coupable d’attentat à la pudeur sur une personne de moins de 14 ans (à 40 reprises), d’attentat à la pudeur sur deux personnes ou plus (à 35 reprises), d’agression sexuelle sur un mineur (trois fois)…

    Celui qui était surnommé « Oncle Seryozha » attirait des filles « défavorisées » dans son studio, leur promettant de faire d’elles des modèles, ce, après la période faste des top models, telles Claudia, Naomi, Carla, Linda, elle… mais, en réalité, il les photographiait et tournait des vidéos à caractères pédopornographiques, auxquelles il participait régulièrement et activement.

    (Crédits : Vadim Alekseyev)

    La dénomination du site, comme de son atelier photographique, était connue sous les « Souris de Sibérie, ou Siberian Mouse ». Le pédophile a, en quinze années, fait de multiples victimes. À la suite à deux années d’enquête criminelle, les victimes ont été quantifiées à 211, mais les survivantes suggèrent, elles-mêmes, qu’il y en a eu beaucoup plus, avançant un nombre bien plus grand : un demi-millier. « Lorsqu’il s’agit d’enfants, ce n’est pas du porno. Ce sont des abus pédosexuels », martèle Interpol.

    Le 19 février 2014, Sergei Kropochkin, 58 ans, par un tribunal de Novossibirsk, a été reconnu coupable de 145 chefs d’accusation sur 211. Tous des crimes violents à caractère sexuel contre de jeunes filles mineures, de moins de quinze ans. Il se mettait en scène avec des enfants, son modèle préféré était Masha Babko.

    « J’ai obtenu 10 000 roubles pour un tournage », expliquait-elle innocemment. La période la plus difficile pour Masha a été, de ces 12 à 16 ans. À l’époque, elle a été victime de brimades de la part de ses pairs, car l’histoire du pédophile était sur toutes les lèvres. La jeune fille a dû changer cinq fois d’école, elle a effectué plusieurs tentatives de suicide.

    (Crédits : Katrin Bolovtsova/Pexels)

    « La trace de cette histoire persiste jusqu’à ce jour, et je ne sais pas quoi faire à ce sujet. Il doit disparaître d’une manière ou d’une autre. Bien que, je réalise que cela me hantera toute ma vie. J’ai fait la paix avec ça. […] Je n’ai rien vécu d’aussi surnaturel, beaucoup de gens se font violer et subissent des choses pires. Et ce qui m’est arrivé m’est arrivé parce que j’étais une enfant naïve », a déclaré la jeune femme. Le tribunal a reconnu coupable Sergei Kropochkin, l’expertise psychologique avait déclaré une maladie mentale de pédophilie hétérosexuelle. Il a été condamné à 14 ans de colonie pénitentiaire à régime strict, à 21 mois de liberté restreinte et au recours à des mesures médicales obligatoires.

    Qu’est-ce que la pédophilie ?

    La pédophilie, du grec pais, enfant, et phileo, aimer est une paraphilie caractérisée par l’attirance sexuelle, ou des sentiments amoureux persistants d’un adulte ou d’un adolescent envers les enfants. Le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM5) la définit « par la présence de fantasmes et/ou de pulsions et/ou de comportements envers un enfant ou plusieurs enfants prépubères». Une personne ayant cette attirance est décrite comme étant « pédophile ». L’hébéphilie, quant à elle, renvoie aux mêmes attirances ressenties pour des enfants âgés de 12 à 14 ans. Dans la revue « Études », Cécile Sales écrit un chapitre intitulé « Pédophilie, sexualité et société » : « La pédophilie est considérée par l’Organisation mondiale de la santé comme un trouble de la préférence sexuelle ».

    Plainte auprès de la PolicePlainte auprès de la GendarmerieParis en 2012Paris en 2020Vienne en 2012Vienne en 2020Tendance 2012 VS 2020Total en 2020
    Atteintes sexuelles [mineur(e)s et majeur(e)s]8 7996 9342 26854667120– 75, 92 %
    + 179, 10 %
    15 733
    Harcèlements sexuels et autres agressions sexuelles contre des mineur(e)s8 2849 3914133579188+ 817, 07 %
    +237, 97 %
    17 675
    Viols sur des mineur(e)s5 9547 11815924046147+ 150, 94 %
    + 319, 56 %
    13 070
    1 fille sur 5 et 1 garçon sur 13 subit ou aurait subi des violences sexuelles, ces actes sont alors très fréquents mais souvent tus. (Sources : data.gouv.fr)

    Les pédophiles sont difficiles à démasquer. Car leur comportement est souvent dissimulé sous une normalité banale et trompeuse. Lorsque le scandale éclate, il n’est pas rare que leurs connaissances, parfois même leur très proche famille, soient abasourdies. « Si, la majorité des pédophiles sont des hommes […] et que les statistiques mentionnent peu de femmes, les incestes mère-fils ou les conduites incestueuses sont loin d’être rares », évoque Cécile Sales. Cette pédophilie féminine, moins violente, donc moins voyante, reste tabou au sein de la société.

    Le 13 janvier 2017, Alexandria Vera, 24 ans, comme l’affaire américaine du même nom, est condamnée à dix années, pour avoir entretenu une relation avec un élève de 13 ans, dont elle était tombée enceinte. Les chiffres avancés par Le Figaro donnent une femme pour soixante hommes pédophiles.

    Alexandria Vera, enseignante d’anglais dans un collège de la région de Houston a d’abord été accusée d’abus sexuel continu sur un enfant, ce qui entraîne une peine maximale de prison à vie. Au final, elle a plaidé coupable à l’accusation de voies de fait, moins grave. Elle pourra bénéficier d’une libération conditionnelle en 2022.

    (Crédits : Bob Levey/AP/SIPA)

    Que dit la Loi ?

    La loi française a ordonné en 2021 des garde-fous sur cette question. Car quand certains revendiquaient même leurs conduites sexuelles et les justifiaient sous couvert du droit au plaisir des enfants, d’éducation et d’épanouissement sexuels, ce n’est désormais plus possible. L’affaire dite « Jacques Dugué », où le photographe âgé de 65 ans est arrêté pour pédophilie en 2000, ne peut plus être. Il écrivait dans une tribune de Libération : « Tous les garçons que j’ai connus m’ont aimé. Ils ont toujours aimé et voulu tout ce que nous avons fait ensemble… Ça ne leur fait aucun mal. »

    La libération de la Parole est venue en partie du livre de Camille Kouchner « La grande familia ».

    Dans son livre, sorti le 7 janvier 2021, l’auteure accuse son beau-père Olivier Duhamel d’avoir violé son frère jumeau quand ils étaient adolescents à la fin des années 1980. Après la déferlante de libération de paroles, trois ans plus tôt, avec le « #MeToo » naissait le « #MeTooInceste ».

    C’est dans cette délivrance de souffrance que le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire le 5 janvier 2021 pour « viols et agressions sexuelles par personne ayant autorité sur mineur de 15 ans ».

    Suite à la Loi dite « Schiappa », la loi n° 2021-478 du 21 avril 2021 introduit un principe de « prescription glissante ». Le délai de prescription du viol sur un enfant peut désormais être prolongé si la même personne viole ou agresse sexuellement par la suite un autre enfant jusqu’à la date de prescription de cette nouvelle infraction.

    Tribunal, nimes, jugement

    Cinq mois après l’ouverture de l’enquête, « le parquet de Paris a procédé ce jour au classement sans suite de la procédure, en raison de la prescription de l’action publique », écrivait le procureur dans un communiqué.

    Augmenté d’une décennie, il passe de vingt à trente ans : « Le délai de prescription de 30 ans ne s’applique pas aux infractions prescrites avant le 6 août 2018 ».

    De plus, les juges n’ont plus à établir une violence, une contrainte, une menace ou une surprise pour constater et punir le viol ou l’agression sexuelle.

    (Crédits : Fokuza/Pixabay)

    La question du consentement de l’enfant ne se pose donc plus en dessous de l’âge de 15 ans et de 18 ans dans les affaires d’inceste. Les amours adolescentes ne sont pas visées. Une clause dite « Roméo et Juliette » a été introduite afin de préserver les relations sexuelles lorsque l’auteur et le mineur ont moins de cinq ans d’écart d’âge (par exemple relation entre un mineur de 13 ans et un jeune majeur de 18 ans).

    Quelle est la conduite à tenir ?

    L’abomination va de pair avec la cruauté des actes perpétrés par les pédophiles. En effet, pour assouvir leurs pulsions, ils se servent du corps de leur victime. La pratique du tourisme sexuel, ou l’« Exploitation sexuelle des enfants dans le cadre des voyages et du tourisme », selon la recommandation d’Interpol, est monnaie courante. Les délinquants sexuels utilisent les enfants dans des scénarios filmés, photographiés, vont jusqu’à pratiquer la torture, voire le meurtre, et certains participent même à des réseaux.

    Pour Claude Balier (1994), le viol incestueux est un « meurtre d’identité », c’est que l’appropriation du corps de l’enfant, le viol de l’intimité, l’intolérable intrusion, sont l’équivalent d’une tentative de meurtre, dans la mesure où ils impliquent l’annihilation de l’être, la négation de l’autre.

    Les affaires Dutroux, celle des disparues de l’Yonne (Émile Louis), celle du cd-rom de Zandvoort, celle de Michel Fourniret, le réseau de plus de 400 000 membres « Boys-Town », le magistrat déchu en France, quatre hommes condamnés lourdement en Allemagne, un Bambecquois de 21 ans condamné à douze mis de prison, des prêtres impliqués dans près d’un tiers des cas de pédocriminalité en Pologne. (Crédits : INTERPOL)

    Le chanteur R. Kelly lauréat d’un Grammy Award, est notamment accusé d’exploitation sexuelle d’enfants, de racket et de corruption. Il a été condamné à 30 ans de prison, car reconnu coupable de neuf chefs d’inculpation, le 29 juin 2022. Ou encore, l’enquête collaborative mondiale a permis de mettre la main sur un présumé abuseur sexuel d’enfant au Guatemala, révèle INTERPOL, le 6 août 2021… sont autant de preuves que cela existe et qu’il faut éduquer nos enfants à réagir face à ce danger. Apple met en place une technologie pour repérer les images à caractère sexuel impliquant des enfants.

    « Nous voulons aider à protéger les enfants contre les prédateurs qui utilisent des outils de communication pour les recruter et les exploiter, et limiter la diffusion de contenu pédopornographique », a expliqué le groupe sur son site.

    « Les enfants doivent apprendre qu’ils n’ont pas à subir de telles violences et que, si cela arrive, il est important d’en parler aussitôt à un adulte de confiance », explique la docteure Catherine Salinier. Il est alors essentiel de leur expliquer le terme de pédophilie et que sexualité et organes sexuels doivent rester cachés et intimes. Pour cela, il convient de dire qu’il ne faut ni les montrer ni les laisser toucher par quelqu’un qui n’y est pas autorisé ou dans une circonstance autre que les soins. Le « quelqu’un » sous-entend, le papa, la maman, le tonton, le grand-père, le frère, le voisin, les amis de la famille…

    (Crédits : Pixabay/Pexels)

    De telles recommandations peuvent être énoncées à l’occasion de la toilette du corps ou encore de la visite chez le docteur. Lorsqu’une personne est victime de viol, d’une atteinte, de harcèlement, ou de toute autre agression sexuelles, il faut le dénoncer, car la victime n’est, et ne sera jamais pas responsable de l’agression subie.

    Que faire dans une telle situation ?

    En cas d’urgence, et uniquement dans cette situation, il est possible d’alerter la police ou la gendarmerie par appel téléphonique (17 ou 112), ou par SMS (114), si vous êtes dans l’incapacité de parler, ou encore le 119. Si vous êtes victime ou témoin d’une agression dans les transports en commun (SNCF), vous pouvez contacter un agent 24 h/24, par téléphone au 3117 ou envoyez un SMS au 31177. Vous pouvez également télécharger l’application 3117. Il est important de vous rendre au poste de police ou à la gendarmerie le plus rapidement possible après l’agression pour permettre aux enquêteurs d’effectuer toutes constatations utiles. Il est important de préserver tous les indices (empreinte, traces ADN…) qui pourraient servir à identifier l’auteur des faits et à le faire condamner en justice. Conservez les vêtements portés au moment de l’agression et évitez de vous laver. Désormais, pour signaler une violence conjugale, sexuelle ou sexiste, un chat est mis en place. Chose plus qu’importante, il faut porter plainte !

    D’ailleurs, le mineur peut le faire lui-même. Ses parents ou ses représentants (tuteur, curateur…) peuvent également agir en son nom, lorsqu’ils ne sont pas mis en cause, bien sûr. Quant aux délais de prescription, la loi prévoit pour les infractions sexuelles sur mineur des délais de prescription allongés. « Je devais avoir 5 ans. Il s’est arrêté vers mes 12 ans, quand j’ai eu mes règles. Il m’a dit qu’il fallait qu’on arrête et que je ne devais pas lui en vouloir. Lui en vouloir de quoi ? De ne plus faire l’amour avec mon père ? Ou de m’avoir tué en me faisant l’amour ? » (Sources : Cahiers de psychologie clinique/Le silence et la révélation, Pascal Roman, Hie Baron)

    Cela afin que la victime mineure dispose d’un délai plus long que le délai ordinaire pour déposer plainte. Ainsi, une victime peut porter plainte jusqu’à 30 ans (depuis le 6 août 2018, sinon 20 ans) après sa majorité dans les cas les plus graves : Viol, proxénétisme sur mineur (c’est-à-dire le fait de profiter financièrement de la prostitution d’un mineur). Le dépôt peut se faire jusqu’à 20 ans après la majorité de la victime dans les cas d’agression sexuelle, d’atteinte sexuelle avec circonstance aggravante (agression par plusieurs auteurs, menace avec arme…). Enfin, le dépôt de plainte peut se faire jusqu’à dix ans après la majorité de la victime dans les autres cas d’infraction sexuelle, à savoir proposition sexuelle, corruption de mineur, comme le recours à la prostitution de mineur.

    Des outils existent :