Étiquette : Trump

  • Des partisans de l’ex-président du Brésil envahissent le congrès et le bâtiment présidentiel

    Des partisans de l’ex-président du Brésil envahissent le congrès et le bâtiment présidentiel

    Bolsonaro n’est plus président, mais ses partisans ne l’entendent pas de cette façon. Les aficionados de l’ancien président refusent d’accepter sa défaite électorale. Ils ont pris d’assaut le Congrès, la Cour suprême et le palais présidentiel, seulement une semaine après l’investiture de son rival de gauche, le président Luiz Inácio Lula da Silva. L’affaire n’est pas sans ressemblance avec celle concernant l’affaire Trump et l’envahissement du capitole par des partisans de l’ancien résidant de la Maison-Blanche.

    Quasiment trois ans jour pour jour, le Capitole à Washington était pris d’assaut par des dizaines de militants « trumpistes » pour empêcher la validation de l’élection présidentielle de Joe Biden. Au Brésil, hier dimanche 8 janvier 2023 des milliers d’individus effectuaient un copycat.

    https://twitter.com/tomphillipsin/status/1612165514654285824?ref_src=twsrc%5Etfw

    Ils contournaient les barricades de sécurité, grimpaient sur les toits, brisaient des fenêtres et envahissaient les trois bâtiments, qui sont reliés par la vaste place des Trois Pouvoirs à Brasilia. « Certains appellent à une intervention militaire pour rétablir le pouvoir de Bolsonaro »,, relate ABCNews.

    Des manifestants pro-trump devant le capitole le 6 janvier 2020. Trois années sont passées, les mêmes images se déroulent en Amérique du sud. (Crédits : Joseph Prezioso/AFP)

    Sur les réseaux sociaux, des vidéos et des photos des scènes sont publiées. Elles montrent des foules envahissant et saccageant le palais présidentiel et la Cour suprême. Les « Bolsonaristas », qui définissent les groupes ou essaims de partisans de Bolsonaro.

    Les images datent de trois ans, elles ressemblent trait pour trait aux images prises par les agences de presse ce dimanche 8 janvier 2023. (Crédits : Samuel Corum/Getty images/AFP)

    Les incidents qui remémorent l’invasion du Capitole américain le 6 janvier 2020, un événement contre lequel de nombreux analystes politiques et le pouvoir judiciaire de Bolsonaro ont mis en garde depuis des mois, ou auraient-ils en martelant les différentes mises en garde créer un stimuli ?

    Depuis la victoire M. da Silva le 30 octobre 2022, les partisans de M. Bolsonaro protestaient en campant devant des casernes dans tout le pays, incendiant des véhicules, bloquant des routes et en demandant aux forces armées d’intervenir. « Cette tentative absurde d’imposer leur volonté par la force ne prévaudra pas », a tweeté le ministre de la Justice, Flavio Dino. « Le gouvernement du district fédéral a assuré qu’il y aurait des renforts. Et les forces à notre disposition sont à l’œuvre ». Les forces de l’ordre ont évacué le Congrès brésilien, la Cour suprême et le palais présidentiel à Brasilia, plus de quatre heures après l’assaut des partisans du président déchu. Selon les médias brésiliens, au moins 200 « bolsonaristes », vêtus de jaune et de vert, ont été arrêtés.

  • Fraude à l’élection présidentielle française

    Fraude à l’élection présidentielle française

    Quel serait votre état d’esprit, si au lendemain de la proclamation de la personne élue au poste de président de la République française, celle-ci était entachée d’une fraude avérée ? Qui plus est lorsqu’elle est fortement suspectée en fonction du ressenti de chaque électeur. Oui, l’être humain fonctionne à l’émotion plus qu’à l’information. Existe-t-il un précédent ? Est-ce possible en France ? Puisque toute rumeur distillée par « radio moquette » est susceptible de voir le jour, quelles sont les conduites à tenir ? Que disposent les lois du Code électoral en ce sens ?

    La fraude dite électorale désigne toutes irrégularités pouvant se dérouler pendant un scrutin. Elle peut concerner les opérations électorales elles-mêmes, des manœuvres constatées pendant la durée de la campagne, et même après les résultats officiels. Alors que plus de 30 % des collectivités locales ont subi une infection par codes malveillants de type ransomware, que risque l’élection présidentielle française ? En ce qui concerne les machines à voter, 63 communes françaises de plus de 3 500 habitants en sont équipées, représentant 1,3 million d’électeurs. « Un seul modèle de machine à voter est utilisé en France, le modèle ESF1 de la société néerlandaise NEDAP commercialisé par la société France Élections qui n’a aucun lien avec la société Dominion », affirment les services du ministre de l’intérieur Gérald Darmanin. Pour autant trois arrêtés, selon les sources dudit ministère de l’intérieur semblent indiquer le contraire :

    L’article L118-3 dispose trois cas où l’élu de la République peut être destitué, comme le fut Al Capone pour fraude fiscale. « Lorsqu’il relève une volonté de fraude ou un manquement d’une particulière gravité aux règles de financement des campagnes électorales, le juge de l’élection, saisi par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques », alors peut être déclaré inéligible :

    • Le candidat qui n’a pas déposé son compte de campagne dans les conditions et le délai prescrits à l’article L. 52-12
    • Le candidat dont le compte de campagne, le cas échéant après réformation, fait apparaître un dépassement du plafond des dépenses électorales
    • Le candidat dont le compte de campagne a été rejeté à bon droit

    L’inéligibilité est prononcée pour une durée maximale de trois ans et s’applique à tous les scrutins. Toutes sauf sur les mandats acquis antérieurement à la date de la décision. « Si le juge de l’élection a prononcé l’inéligibilité d’un candidat ou des membres d’un binôme proclamé élu, il annule son élection ou, si l’élection n’a pas été contestée, déclare le candidat ou les membres du binôme démissionnaires d’office. » Le Conseil constitutionnel est saisi, pour les présidentielles, par les préfets, par les candidats ou par lui-même, notamment après une réclamation des électeurs portée sur le procès-verbal de dépouillement établi à l’issue du décompte des voix dans chaque bureau de vote.

    Le scandale Cambrige Analytica

    Facebook avait estimé à environ 87 millions le nombre de ses utilisateurs « piégés » au Royaume-Uni pour favoriser le Brexit, mais aussi aux États-Unis afin de faciliter l’accession de Donald Trump à la Maison-Blanche en 2016. « De nouveaux documents révèlent que la Malaisie, le Kenya, le Brésil et plus de 60 autres pays pourraient être également concernés par les manipulations de l’entreprise britannique », écrivait La Croix. Cambridge Analytica est une société spécialisée dans l’analyse comportementale. L’objectif est de récolter des informations sur les individus pour connaître leurs biais d’influence. La firme met ses bases de données au service de ceux qui veulent optimiser l’efficacité de campagnes de communication.

    Ce n’est pas illégal, amoral selon vos convictions, mais pas illégal. Cette méthode permet numériquement de faire apparaître plus souvent dans votre champ de vision le sujet.
    Un film sorti en 2015 illustre ces propos, « Focus » avec Will Smith et Margot Robbie.

    Un meilleur ciblage de l’audience se targue Cambridge Analytica : « Le big data a révolutionné la façon dont les organisations identifient et localisent leurs meilleurs prospects. […] Cambridge Analytica construit un avenir […] en montrant aux organisations non seulement où se trouvent les gens, mais aussi ce qui les intéresse vraiment et ce qui motive leur comportement. […] nous utilisons la modélisation des données et le profilage psychographique pour développer les audiences, identifier les influenceurs clés et entrer en contact avec les gens de manière à les inciter à agir. »

    La guerre de la communication

    Vol de données, prise de contrôle d’un site Web, intrusion dans la sphère numérique d’un candidat, désinformation… tous les moyens sont bons. Aux États-Unis en 2016 des milliers de mails d’Hillary Clinton sont publiées. En 2017, environ 70 663 mails et documents, soit 15 Go, sont divulgués. En 2020, des hackers ont ciblé les équipes de campagne du président républicain Donald Trump et du candidat démocrate Joe Biden. En septembre 2021, lors des dernières élections législatives, la Commission électorale russe a dénoncé trois cyberattaques d’origine étrangère visant son site internet. Les actions effectuées par des opérateurs peuvent être le fait des propres partis en lice, comme leurs adversaires ou encore des États qui auraient plus de conciliation et d’intérêts financiers avec un prétendant plus qu’un autre.

    La Croix titre « Covid, guerre en Ukraine : le poids de l’émotion pèse sur la campagne électorale ». Car « la foule ne régit pas à la raison, mais à l’émotion. » écrivait la journaliste canadienne Naomi Klein, en 2007 dans son essai « The Shock Doctrine: The Rise of Disaster Capitalism ». (Crédits : DR)

    Concernant le ouï-dire qu’il soit prononcé le coude sur le zinc, en terrasse, entre deux bouchées des ortolans farcis tant attendus… il suffit de prendre quelques minutes de votre vie pour vérifier avec un minimum de trois sources différentes. Quant à savoir si cela est possible en France, « impossible n’est pas Français » dit l’adage. D’autant que si truquer directement l’élection proprement dite s’avère difficile, influencer les 47 947 555 inscrits sur les listes au 24 mai 2021 (Source : INSEE) est plus simple, et déjà effectuée dans de nombreux pays. C’est en ce sens que le ministre Alexandre de Moraes, du STF (Cour suprême brésilienne), a décidé que l’application de messagerie Telegram serait bloquée au Brésil, outil favori de propagande du président Jair Bolsonaro. Avant de révoquer sa décision, deux jours plus tard. Il existe pléthores façons d’influencer une élection. « Selon nos analyses, les cibles principales sont les partis politiques et les candidats » , confie Gérôme Billois, Expert en cybersécurité au cabinet de conseil Wavestone.

    Le jour de l’élection, les scores de chaque candidat seront transmis par les mairies aux préfectures, puis ces dernières les feront remonter jusqu’au ministère de l’Intérieur, en utilisant les réseaux informatiques dudit ministère. (Crédits : Alexa Fotos/Pixabay)

    « Il y a une vraie problématique, car chaque équipe de campagne doit assurer elle-même sa propre protection informatique, et en période d’élection, leur activité se démultiplie », constate-t-il. Une armée de bénévoles viennent renforcer les rangs, usant d’adresses mail privées (non chiffrées) et téléphones personnels pour échanger rapidement, une véritable caverne d’Ali-Baba pour des individus malintentionnés. Dans ce contexte, les attaques peuvent être multiples et variées. « Le piratage informatique pourrait agir comme le fioul jeté sur le feu de la désinformation ». Il peut s’agir de vol de données, d’une intrusion dans la boîte mail d’un candidat ou dans celles de l’équipe de campagne, d’une paralysie ou d’une perturbation de leur système informatique, ou encore d’une prise de contrôle du site internet du parti.

  • Arrestation digne d’un film d’espionnage

    Arrestation digne d’un film d’espionnage

    C’est un nouveau film qui pourrait naître, ou bien un volet de la plus célèbre série cinématographique « James Bond 007 ». Car c’est un chapitre qui s’ouvre après l’arrestation et l’extradition de Wladislav Klyushin. Le 21 mars 2021, un homme est emprisonné à Sion en Valais. Selon son avocat, cette personne séjournait en Suisse avec sa famille pour des vacances au ski. L’Office fédéral de la justice l’arrête et lui ordonne à la garde à vue. Son extradition est décrétée le 24 juin et exécutée le 18 décembre. Son procès a commencé lundi 3 janvier 2022.

    Le 13 décembre 2021, le Tribunal pénal fédéral suisse a rejeté le recours de Vladislav Klushin contre la décision de l’extrader vers les États-Unis. Selon l’homme d’affaires russe, l’affaire a pour but de « le coincer pour des accusations de délit d’initié forgées de toutes pièces ». Mercredi 5 janvier 2022, un homme comparaissait au sein d’une cour américaine au Massachusetts, présidé par la juge Marianne Bowler, pour entendre sa mise en accusation sur des faits de délits d’initié, qu’il nie. Les co-accusés sont Ivan Ermakov, Mikhail Vladimirovich Irzak, Igor Sergeevich Sladkov et Nikolai Rumiantcev sont toujours pourchassés pour être traduits devant la justice américaine. La pression monte d’un cran sur les Cosy Bear avec l’arrivée de Joe Biden à la Maison-Blanche, souligne 24Heures. Selon Oliver Ciric, avocat de Vladislav Klushin le président démocrate voudrait se venger.

    L’avis de recherche contre le hacker présumé Ivan Yermakov, qui travaille pour Vladislav Klyushin dans la société M-13. Il est un gros poisson dans le milieu de l’espionnage. La justice américaine indique qu’il a le grade d’officier dans l’unité 26165 au sein du GRU. (Crédits : DR)

    Les personnes dites « initiées » sont celles susceptibles de détenir des informations confidentielles à titre professionnel (L. 465-1 du Code monétaire et financier). Au-delà de cette affaire de fraude boursière, il pourrait cependant fournir des infos très importantes, notamment sur l’ingérence russe supposée dans l’élection de 2016 ainsi que d’autres opérations de renseignement, déclarent d’anciens responsables américains à CNN. Des dirigeants à la retraite du ministère de la Justice et de la Sécurité intérieure affirment que cela porte un intérêt majeur. Car, ils évoquent une interaction étroite entre la société de cybersécurité de Vladislav Klyushin, basée à Moscou, et le gouvernement russe, ainsi qu’une relation présumée de Klyushin avec un ancien officier du renseignement militaire du GRU.

    Recherché depuis 2019

    L’homme était recherché, poursuivi depuis 2019. Il semblait se dérouler le jeu du chat et de la souris. Des Américains auraient tenté de le pourchasser dans le sud de la France dès 2019. Les Britanniques échouaient à Édimbourg, en 2020. En mars 2021, c’est la Suisse « neutre » qui met la main sur Wladislav Klyushin. Il est le premier directeur général adjoint de la compagnie M-13 basée à Moscou, entreprise qui conseillerait les autorités. Selon l’acte d’accusation, le site de M-13 indiquait que les « solutions informatiques » de la société étaient utilisées par « l’administration du président de la Fédération de Russie, le gouvernement de la Fédération de Russie, les ministères et départements fédéraux, les organes exécutifs régionaux, les sociétés commerciales et les organisations publiques ».

    Il a reçu des mains de Vladimir Poutine, la médaille de l’Ordre d’Honneur. la médaille de l’Ordre d’Honneur. Il est décerné aux citoyens russes en récompense d’accomplissements ayant mené à une amélioration des conditions de vie dans le pays, ou pour services rendus. (Crédits : DR)

    Les quatre Russes accusés y travaillent tous, selon le document de la justice américaine. L’arrestation de Klyushin est potentiellement un trésor inestimable, voire une « mine d’or », considère l’expert en sécurité Christopher Krebs. « S’il cède, il pourra peut-être confirmer les thèses des services secrets sur l’influence de la Russie sur les élections de 2016. S’il ne coopère pas, sa condamnation pourrait servir d’exemple », déclarait Christopher Krebs à CNN.

    Jeu de poupée russe

    Le gouvernement américain n’a pas publiquement relié Klyushin à la supposée ingérence russe dans l’élection de 2016, menant à la victoire de Donald Trump. Mais l’un des coaccusés de Klyushin dans l’affaire de fraude boursière est Ivan Ermakov, est un ancien officier de la Direction principale du renseignement russe. Le président de la Russie, Vladimir Poutine a été directeur du FSB. « Lorsque quelqu’un comme lui a été arrêté, toute opération dont il aurait eu connaissance devient immédiatement suspecte du point de vue du contre-espionnage », a déclaré Holden Triplett, un ex-haut fonctionnaire du FBI basé en Russie à CNN. « Tout ce qu’ils ont touché est maintenant sous le microscope ».

    Les deux candidats, Donald Trump et Hillary Clinton à la primaire républicaine de 2016, avant le drame. 26 165 est le numéro qui désigne la redoutable section d’État chargée des attaques informatiques contre des institutions et des tiers. L’agent Ivan Yermakov agirait pour le compte de l’organisation nommée Fancy Bear ou Cosy Bear. (Crédits : AFP)

    Le fait d’armes mondialement connu d’Ivan Ermakov se déroulait de 2015 à avril 2016. Cozy Bear, ou APT29 est suspecté d’être impliqué dans le piratage du Comité national démocrate en lien avec l’Ingérence russe présumée dans l’élection présidentielle américaine de 2016. Cozy Bear s’était infiltré dans le parti démocrate depuis l’été 2015, mais c’est en avril 2016 qu’un autre groupe appelé Fancy Bear aurait piraté également le parti de manière indépendante. Il aurait donc participé à l’infection pour soutirer des documents des serveurs du parti démocrate aux États-Unis. Ainsi près de 30 000 courriels sont alors jetés en pâture sur les réseaux sociaux, comme Hillary Clinton est éclaboussée. L’acte est toujours considéré aux États-Unis au même degré qu’une tentative de la part du Kremlin d’influencer le processus électoral. De plus, l’organisation Cozy Bear est accusée par les autorités de renseignement canadiennes (CST), américaines (NSA) et britanniques (NCSC) de différents essais d’exfiltration, qui seraient survenus en juillet 2020, sur le développement d’un vaccin contre le SARS-CoV-2, provocant le Covid-19.

  • Un blockbuster vénézuélien

    Un blockbuster vénézuélien

    Cela pourrait être un nouveau film à gros budget, mais ce n’est, in fine, qu’une réalité parmi tant d’autres. Dans l’hémisphère sud, c’est le Venezuela qui voit son système électrique puis bancaire attaqué. Tandis qu’en Suisse, des codes malveillants ont ciblé le canton de Vaud. Après la commune de Rolle, c’est la compagnie de navigation sur le Léman qui en fait les frais, ce une semaine avant la cinémathèque suisse qui a subi une agression de type ransomware, en date du 17 septembre 2021.

    Tout a commencé le 30 mai 2021, lorsque l’administration de Rolle en Suisse essuyait une infection en bonne et due forme. Les opérateurs du groupe Vice Society sont à l’origine de celle-ci. « Il ne s’agit, en réalité, que d’une faible attaque. Nous avons sollicité l’aide de la Confédération et du Canton, qui nous ont demandé de rester discrets à ce sujet », affirme syndique Monique Choulat Pugnale. Elle est cheffe de l’exécutif et responsable de l’informatique de Rolle. De nombreux documents sont mis en ligne sur le Darknet. Des courriels, la planification financière… « On nous a piraté uniquement des mails, et ils ne contenaient aucune donnée sensible sur la Commune », assure-t-elle.

    Les données de la commune de Rolle affichées par les opérateurs de Vice Society sont en libre accès. (Crédits : capture d’écran)

    Les opérateurs derrière Vice Society ont ciblé pléthores de sociétés :

    Au mois d’août, le gymnase de Payerne subit une attaque, avant la compagnie de navigation sur le lac Léman (CGN). « L’attaque n’a duré que quelques jours avant que nous sécurisions le plus rapidement possible notre site internet, indiquait la directrice vente et marketing, Florentine Baron Pailhès. Par souci de précaution, nous avons informé […] par courrier tous les clients qui avaient commandé des billets sur notre site depuis fin avril ». Enfin, c’est la Cinémathèque suisse qui a subi, vendredi 17 septembre 2021 une tentative d’extorsion par ransomware. Ce malgré la sécurité informatique en place et les mises à jour régulières de ses systèmes de pare-feu, spécifie l’institution. Ce qui engendre le blocage de serveurs et la messagerie indisponible.

    La ville paisible de Rolle dans le canton de Vaud, a subi une attaque par ransomware du groupe Vice Society. Les dommages sont moindres selon les autorités. Cependant, la Suisse a été sujette à de multiples agressions durant l’année 2021. (Crédits : Philippe Maeder)

    Fondée en 1948, elle est reconnue par la Fédération internationale des archives du film (FIAF) comme l’une des dix plus importantes au monde. Cela par l’étendue, la diversité et la qualité de ses collections en sa possession. Son siège administratif, ses salles de projection se situent à Lausanne, dans le canton de Vaud. La dernière a immédiatement alerté la Confédération (Centre National pour la Cybersécurité, NCSC) ainsi que la Police cantonale. Une analyse complète de cette intrusion est menée par la société Kudelski pour identifier la faille qui a permis cette attaque. L’étude et le contrôle de l’ensemble du réseau et des serveurs affectés sont toujours en cours.

    Attaque terroriste

    Le Venezuela détient la première réserve mondiale prouvée de pétrole brut (302,25 Mds de barils, soit 1/5 ème des réserves mondiales) et les 4e de gaz naturel. Le pays dispose également de vastes ressources minières (or, bauxite, fer, nickel, charbon…) et hydrauliques, ainsi que d’un potentiel agricole important. « Nous voulons signaler une nouvelle attaque contre le système électrique national dans le cadre de ce plan de sabotage permanent, qui fait partie de la guerre multiforme que nous recevons constamment », a affirmé Néstor Reverol, ministre vénézuélien de l’Énergie électrique, dimanche soir 12 septembre 2021 à travers des déclarations téléphoniques à la chaîne publique Venezolana de Televisión. Il a indiqué que l’« attaque terroriste » a frappé la sous-station d’Aragua à Santa Cruz, dans la municipalité de José Ángel Lamas, et a provoqué une « perte de charge dans plusieurs États du pays, car il s’agit d’un système interconnecté ». « Nous avons déjà récupéré la charge dans toute la région de la capitale, nous sommes en train de la récupérer complètement dans les États de Zulia, Mérida, Táchira, Nueva Esparta et Falcón, qui ont été partiellement touchés », a-t-il ajouté. Or des pannes d’électricité sont enregistrées depuis 2010, date à laquelle le rationnement a commencé. Elles se sont aggravées en 2019, après une surcharge de la centrale hydroélectrique Simón Bolívar, laissant le pays sans électricité pendant plusieurs jours.

    Il est tout juste une heure passée d’une minute lorsque ce gazouillis est publié, le 18 septembre 2021. « Nous avons réalisé la restauration complète […] de sorte que dès 14 h 00, aujourd’hui 20 Septembre 2021 nos services et les canaux électroniques seront disponibles. » (Crédits : capture d’écran)

    Puis, c’est le système monétaire qui est convoité affirme le gouvernement vénézuélien. Dans un communiqué publié vendredi, la vice-présidence sectorielle de l’économie a indiqué que l’attaque visait spécifiquement la plateforme de Banco de Venezuela S.A., la principale institution du pays, avec l’intention de violer les actifs des clients. « Cette attaque informatique a affecté les activités des usagers de la banque, qui n’ont pu recourir aux services bancaires, effectuer des opérations et disposer de leurs ressources sur leurs comptes […] nous condamnons fermement ces projets terroristes », peut-on lire. Selon la déclaration, le piratage massif « avait pour but de faire disparaître et d’altérer les données bancaires du système financier vénézuélien », mais, ajoute-t-il, le point central de la cyberattaque a été détecté et neutralisé. « Nous avons demandé au ministère public d’ouvrir une enquête pénale approfondie pour trouver les responsables de cette action criminelle contre le système fiduciaire national. Nous veillerons à ce que justice soit faite. »

    Attaque mondiale

    De plus en plus de médias font publicité des attaques par codes malveillants de type ransomware. Celles dirigées contre des infrastructures étatiques sont quotidiennes. Mais celle qui touchait l’Ukraine, puis le monde entier le 27 juin 2017 est sans commune mesure. Il est 8 h 16, lorsqu’une bombe explose sous le véhicule du colonel Maksim Chapoval, le tuant instantanément. L’officier du renseignement militaire avait été chargé de rassembler des preuves de l’implication russe dans la guerre du Donbass, qui a fait plus de 10 000 morts depuis avril 2014, raconte Numerama. En quelques heures, des lignes de codes malveillantes se répandent de la même manière qu’une traînée de poudre dans les réseaux informatiques du pays, puis à l’étranger comme en France dès 15 h.

    Sur les systèmes d’information affectés, un message en lettres rouges annonce que les données importantes des utilisateurs sont cryptées, chiffrées. « Ooops , your important files are encrypted ». Et que moyennant la somme de 300 dollars, elles seraient de nouveau accessibles. (Crédits : DR)

    La similitude avec le rançongiciel Petya, apparu en 2016 est flagrante, mais Kaspersky Lab dément très rapidement tout lien entre ce nouveau virus employant l’exploit EternalBlue et les versions Petya. Il devient NotPetya. Il est en fait un wiper, dont le but n’est pas l’extorsion, mais la destruction pure et simple des données informatiques, par effacement. L’état ukrainien avait précédemment enduré deux black-out, l’un en décembre 2015, le second une année plus tard. Existe-t-il une similitude entre l’attaque subie par l’Ukraine et le Venezuela ? L’enquête est en cours…

    Déjà en 2019 Pierre Alonso écrivait dans Libération « Pour Caracas, l’auteur est tout trouvé. Il s’agit, sans surprise, des États-Unis, ont répété les responsables vénézuéliens, sans présenter la moindre preuve. Leur soupçon est néanmoins légitime. Washington a un motif. L’administration Trump a reconnu et publiquement soutenu l’opposant, Juan Guaidó. Exacerber le chaos dans le pays, dirigé par Maduro, en le privant d’électricité tend évidemment à affaiblir le président en exercice. L’arme informatique présente l’avantage d’être invisible et difficilement attribuable : l’idéal pour intervenir sans avoir l’air d’y toucher. »

  • Suis-je complotiste ? (2ᵉ partie)

    Suis-je complotiste ? (2ᵉ partie)

    La crise mondiale due au SARS-CoV-2 pose question sur l’information et son rayonnement. Deux termes sont apparus, le premier « fake news », dont la publicité fut faite par l’ancien président des États-Unis, Donald Trump. Puis les « deepfakes », extrêmement plus dangereuses, car on peut faire dire n’importe quoi à n’importe qui. Qui sont ceux qui diffusent les fausses données, les fake news ou les infox ? Qu’en est-il de la vérité lorsque l’intelligence artificielle deviendra plus que performante ?

    Les complotistes mettent en doute chaque média, chaque renseignement et chaque journaliste. Sun Tzu dans « L’Art de la guerre » décompose ses savoirs en treize chapitres. Le dernier, et pas des moindres, s’intitule « De la concorde à la discorde ». Il y dresse cinq types de discordes. Elles sont dans les villes et villages, extérieures, entre les inférieurs et les supérieurs, de la vie et de la mort. Ainsi l’utilisation des dissensions à travers l’usage intensif de l’espionnage est le plus sûr moyen d’user et d’abuser de ces dernières.

    La discorde : union des complotistes ?

    Qu’est-ce que la discorde ? Selon Le Larousse, elle se définit par le « désaccord, dissentiment violent qui oppose des personnes entre elles et les dresse les unes contre les autres ». Plusieurs synonymes aident à saisir la portée du nom féminin : « conflit – désunion – division – querelle – zizanie ». Ainsi vous comprendrez aisément que la guerre est celle du contrôle de l’information, et de ses systèmes.

    Personnages, sensations, vérités

    « Les grands généraux en viennent à bout en découvrant tous les artifices de l’ennemi, en faisant avorter tous ses projets, en semant la discorde parmi ses partisans, en les tenant toujours en haleine, en empêchant les secours étrangers qu’il pourrait recevoir, et en lui ôtant toutes les facilités qu’il pourrait avoir de se déterminer à quelque chose d’avantageux pour lui. » (Sun Tzu, L’Art de la guerre)

    En 2020, le rapport Reuters propose un éclairage extrêmement intéressant et de nombreuses données. Ainsi, il montre la proportion de personnes ayant utilisé différentes sources pour s’informer. Elles sont la télévision, la presse écrite, l’Internet et les réseaux sociaux.

    Le graphique démontre le changement des habitudes. L’information traditionnelle est la grande perdante. Elle représentait, en 2013, 64,16 % des auditeurs, pour chuter d’un quart pour atteindre 47,57 %.

    Ce qui permet logiquement aux autres de croître, l’Internet en général. Ce dernier progresse de 20 %, passant de 27,88 % à 33,49 % des sources, pour occuper 52,42 % (35,84 % en 2013). Dans ce laps de temps, la proportion de terminaux téléphoniques, couramment nommés smartphones, arrive, en une décennie, à 9,038 milliards d’unités contre 5,275 en 2010 (Sources : Statista).


    (Crédits : John Hain/Pixabay)

    Dans ce nouveau paysage numérique, les réseaux sociaux sont devenus le principal théâtre d’opérations de la guerre de l’information. Leur force : la viralité. Leur faiblesse : l’absence de filtre. Propices à l’émotion, aux raccourcis et aux jugements hâtifs, ils transforment l’utilisateur en relais, souvent malgré lui. Des algorithmes, invisibles, mais puissants, favorisent les contenus polarisants, car ils génèrent plus d’engagements — donc plus de profit. C’est dans ce terreau que prospèrent les manipulations, les deepfakes et les campagnes de désinformation organisées, qu’elles émanent de groupes idéologiques, d’États ou d’intérêts privés.

    Voici la résultante à la question posée en avril 2020 : « Au cours de la semaine dernière, quelles sont les sources d’information suivantes que vous avez utilisées ? » La prédominance des réseaux égale la télévision.

    L’échantillon total est Royaume-Uni = 2191, États-Unis = 1221, Allemagne = 2003, Espagne = 1018, Corée du Sud = 1009, Argentine = 1003. (Crédits : Reuters)

    tableau, stats, vérité

    En quelques clics, une rumeur devient vérité pour des millions d’yeux. La discorde n’est plus seulement semée par des discours, elle est entretenue, démultipliée, orchestrée à grande échelle. Et lorsque les réseaux sociaux deviennent la première source d’information, la frontière entre réalité et fiction s’amenuise dangereusement.

    La culture de la désinformation

    Premièrement, la désinformation est l’utilisation des médias pour faire passer un message susceptible de tromper ou d’influencer l’opinion publique. Dans son acception générale, elle peut être définie comme la manipulation d’une cible déterminée à des fins politiques, militaires ou économiques, à l’aide d’une donnée traitée par des moyens détournés.

    Fake news, explosif, mensonge

    La désinformation est un art à part entière. Elle se décompose en plusieurs volets : la désinformation ; la mésinformation ; la réinformation ; la manipulation ; la déstabilisation ; les opérations de « false Flag » ou « deepfake » ; la propagande ; la guerre psychologique ; les morts suspectes.

    Elle désigne, selon Vladimir Volkoff, une technique qui consiste à fournir à des tiers des renseignements erronés, qui les conduisent à commettre des actes collectifs ou à diffuser des jugements souhaités par les instigateurs. Vient ensuite la mésinformation, ou mauvaise qualité du produit. Elle est due en partie à la course aux scoops, ou au besoin de rentabilité exacerbé des organes de presse. L’exemple du regain de violence au Proche-Orient fait à nouveau les gros titres de l’actualité, le conflit israélo-palestinien est « de retour ». (Crédits : Hartono Creative Studio/Pixabay)

    « Tout est parti, à mon avis, de l’action de la police israélienne la nuit de la prière durant le ramadan, des images de grenades lancées dans les mosquées. Avant, lors de périodes de fortes tensions, la police israélienne interdisait aux moins de 40 ans de venir à la mosquée », indique Charles Enderlin, ancien grand reporter et correspondant de presse, lors de l’émission « C Politique » dimanche 16 mai 2021. Le fond du conflit se résume en six dates :

    Remontons le temps… Le 4 novembre 1995, le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin, cheville ouvrière des accords d’Oslo entre Palestiniens et Israéliens, était assassiné par Yigal Amir, jeune Israélien. Dans la continuité, le sioniste religieux Baruch Goldstein est l’auteur le 25 février 1994 du massacre de 29 Palestiniens, dont sept enfants, et de 125 blessés dans la mosquée Ibrahim, à Hébron.

    Baruch Goldstein avait un autre admirateur : Itamar Ben Gvir. Actuel chef de l’organisation Otzma Yehudit (Puissance juive N.D.L.R.), radicalisé lors de la première Intifada, il a 19 ans à l’époque des faits, et est hostile au processus de paix. Il rejoint le parti Moledet, favorable à la déportation des Palestiniens, avant de rallier la mouvance kahaniste exclue de la Knesset en 1984 en raison de la discrimination raciale de son parti.

    « C’est un mouvement nationaliste et raciste israélien », assure Charles Enderlin, habitant à Jérusalem depuis 53 ans. L’homme ci-dessus est entré dans le « saint des saints », la Knesset, il est l’incarnation même de l’extrême droite israélienne.

    Itamar Ben Gvir, président d’Otzma Yehudit, au centre, à Jérusalem, le 22 mars 2021. (Crédits : Menahem Kahana/AFP)

    Foule, Israël, Knesset


    Le président d’Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, a profité de son tout premier discours en plénière en tant que membre de la Knesset, lundi 26 avril 2021, pour insister sur le fait que les médias avaient procédé à un « assassinat » de son mentor, le rabbin radical Meir Kahane, écrit Jacob Magid. En omettant de manière fortuite ou volontaire d’indiquer que le militant d’extrême droite avait été condamné pour incitation à la violence et soutien à une organisation terroriste dans ses jeunes années. Est-ce de la mésinformation ou de la manipulation ?

    La réinformation, ou la vérité détenue

    Ce néologisme est usé par les personnes détenant « la vérité ». Elle part souvent d’un bon sentiment. Les médias sont le pouvoir ultime, galvanisant les foules, déstabilisant d’autres. Au sein d’une mondialisation du mensonge, ou de l’approximation politique, et de la manipulation de l’information, une minorité aurait en charge le rétablissement de la vérité.

    Krusi, réseaux, sociaux

    Ema Krusi, à propos du référé au Conseil d’État en France, et de son ordonnance, exhorte : « C’est incroyable, et c’est écrit noir sur blanc […] Les personnes vaccinées sont celles qui sont le plus exposées aux formes graves et aux décès ».

    Elle dit à juste titre dans cette vidéo postée sur Facebook que les textes juridiques sont rédigés pour se couvrir, chaque mot et ponctuation compte. Elle omet cependant et volontairement, à deux reprises (car elle lit le texte), le terme « aussi ». Consécutivement, elle affiche en encadré le texte tiré de l’article du Figaro. Aussi est un adverbe signifiant une relation d’égalité, également…

    (Crédits : capture d’écran)

    En remplaçant aussi par également, la phrase de l’article indique que les personnes vaccinées sont les mêmes qui sont également exposées aux formes graves et au décès. Oui, toutes les personnes qui dépassent l’espérance de vie à la naissance sont plus susceptibles de décéder. Sur le rôle des médias, Luc Bronner répond : « Les mots ne sont pas neutres ». En effet, chaque mot possède sa propre définition.

    Comme la machination, lorsque pris par le temps d’antenne, la durée d’un reportage, ou la longueur d’un article, on ne peut tout dire, des choix sont alors obligatoires pour que le reportage soit instructif et intéressant. Les adeptes des théories du complot s’introduisent dans cette brèche involontaire.

    Le Larousse définit la manipulation comme le fait d’amener quelqu’un insidieusement à tel ou tel comportement, le manœuvrer. L’incendie du Reichstag en février 1933, où les communistes furent accusés d’avoir mis le feu, est un parfait exemple. Les nazis profitent de cet acte pour invoquer un complot, interdire le Parti communiste et instaurer la dictature.

    (Crédits : Flickr/Pexels)

    Rouages, machine, mouvement

    Outre-Atlantique, Liz Cheney (fille du vice-président Dick Cheney), députée républicaine, et ancien numéro trois du parti dénonce et déclare : « Des millions d’Américains ont été manipulés par l’ancien président. Ils n’ont entendu que ses mots, pas la vérité, et il continue de fragiliser la démocratie américaine. » En cause, hormis les critiques envers Donald Trump, c’est son refus de soutenir sa rhétorique complotiste sur une fraude électorale lors de la présidentielle de 2020, qui lui vaut les foudres des républicains.


    Déstabiliser, propagande, deepfake, et morts suspectes

    Les opérations de déstabilisation sont monnaie courante. Elles peuvent être politiques, géopolitiques, économiques, culturelles… Les deepfakes le permettent, grâce aux technologies de l’intelligence artificielle et au deep learning. Elles peuvent superposer des fichiers audio ou vidéo existants sur d’autres fichiers déjà existants.

    USA, Army, deepfake

    Cette technique peut être utilisée pour créer des infox et des canulars malveillants. Prendre le visage d’un individu sur une vidéo, pour le remplacer dans des vidéos politiques ou pornographiques (revenge porn), mais également reproduire la voix d’une personne pour lui faire dire ce que l’instigateur souhaite. Cela peut se faire à des fins politiques, pour ruiner une vie, que la personnalité soit connue ou non, ou encore de propagande.

    Elle est un concept désignant des techniques de persuasion, mis en œuvre pour propager une idée, une opinion, une idéologie et stimuler l’adoption de comportements au sein d’un public cible. Ces techniques sont exercées sur une population, afin de l’influencer, voire de l’endoctriner, bon gré mal gré (Corée du Nord, Chine, Allemagne nazie…).

    Jouer sur l’affectif

    La propagande utilise la publicité, car cette dernière vise à modifier des choix, des modèles de société, des opinions et des comportements, et la publicité est de la propagande. Elle provoque des conflits, des guerres psychologiques, qui parfois deviennent armés. Ainsi sont déclenchés les drames perpétrés en Irak ou en ex-Yougoslavie.

    La propagande sert à vous faire des choses dont vous n’auriez peut-être pas envie. L’affiche d’enrôlement américain, avec « I Want You for U.S. Army », de James Montgomery Flagg (1877-1960) lors de la Première Guerre mondiale. (Crédits : Library of Congress Prints and Photographs Division Washington, D.C.)

    Colin Powell fut un exemple et l’instrument de l’administration sous Georges W. Bush. « Il ne peut faire aucun doute que Saddam Hussein a des armes biologiques en nombre suffisant pour tuer des centaines de milliers de personnes. Grâce à des laboratoires mobiles clandestins qui fabriquent des agents atroces tels que la peste, la gangrène gazeuse, le bacille du charbon ou le virus de la variole. Nous avons une description de première main de ces installations de la mort », s’exprime-t-il le 5 février 2003, au siège des Nations unies.

    Dans une interview à L’ObsColin Powell : comment la CIA m’a trompé », 3 mars 2013), il avouait avoir seulement trois jours pour préparer son discours, et « à partir d’un texte rédigé par un conseiller du vice-président Cheney » et bien « évidemment, je pensais que la CIA avait vérifié ses informations. »

    Et il ajoutait : « Dix ans plus tard, Tenet n’a toujours pas reconnu que celles-ci étaient fausses ! Pas une fois, il n’a expliqué pourquoi ses services avaient écrit, par exemple, que Saddam Hussein avait des centaines de tonnes d’armes chimiques, alors qu’il n’en possédait pas un gramme ! ».

    Colin Powell à l’ONU montrant un tube indiquant que ceci est de l’anthrax comme preuve des centaines de tonnes d’armes chimiques détenues par Saddam Hussein. (Crédits : capture d’écran INA)

    Onu, Powell, fake news

    Mais la guerre de l’image et de l’influence ne se joue plus seulement sur les plateaux de télévision ou à la tribune de l’ONU. Elle se livre désormais sur les réseaux sociaux, devenus les premiers vecteurs de diffusion de l’information — ou de perversion. Ces plateformes sont le théâtre d’une bataille cognitive continue où se mêlent vraies alertes, infox virales et narratifs toxiques. Les algorithmes de recommandations, les bulles de filtres, les bots automatisés et les campagnes de désinformation ciblée (Cambridge Analytica) permettent de manipuler les perceptions, d’orienter les émotions et de polariser les débats. Une vidéo trafiquée, un tweet mensonger, une image sortie de son contexte suffisent à faire basculer l’opinion publique, à allumer des incendies sociaux ou à renforcer les discours radicaux. Ce n’est plus seulement la propagande qui s’adresse à la foule, c’est la foule elle-même qui devient relais, caisse de résonance, et parfois même bourreau volontaire. Il ne reste que les morts suspectes : « Qui a tué Lady Di ? » C’est la théorie du complot qui a le plus d’adeptes, juste après la dangerosité des vaccins. À suivre…

  • Cyberattaque du cabinet d’avocats américain, Jones Day

    Cyberattaque du cabinet d’avocats américain, Jones Day

    L’un des plus grands cabinets d’avocats au monde, Jones Day est victime le 3 février 2021 du ransomware, CLOP. Basé à Cleveland, Ohio aux États-Unis il emploie plus de 2500 avocats sur cinq continents. Le bureau français est à Paris dans le premier arrondissement, à deux pas de la place de la Concorde. Jones Day est l’un des plus grands cabinets d’avocats au monde. Il compte plus de 2500 avocats dans le monde, et affiche un chiffre d’affaires annuel de 2 milliards de dollars.

    Ce cabinet n’est pas un simple cabinet d’avocats. Il entretient des liens étroits avec l’administration Trump, après que plus d’une douzaine de ses avocats ont travaillé à la Maison Blanche, y compris Don McGahn, qui y a été l’avocat jusqu’en 2019.

    100 Gigaoctets de données sur le darknet

    Jones Day a fait la une des journaux outre-Atlantique pour avoir représenté Trump dans sa tentative d’invalidation de l’élection présidentielle américaine de 2020 en affirmant l’existence de « fraude électorale ». Cela a suscité une immense critique outre-Atlantique, pour autant continue de travailler avec l’organisation Trump.

    image, logo, ordinateur

    « Contrairement aux allégations publiées dans divers médias, Jones Day ne représente ni le Président Trump, ni son comité de campagne, ni aucune autre partie dans un quelconque litige relatif à des fraudes électorales. Le Cabinet ne représente aucune partie dans aucun contentieux ayant pour objet de remettre en cause ou de contester les résultats des élections américaines », démentait le cabinet.

    Un cabinet d’avocat attaqué, c’est un comble. Mais ce n’est pas en cela que l’information est détonante. Jones Day compte de nombreux clients de premier plan, dont l’ancien président des États-Unis, Donald Trump, mais pas seulement.

    JP Morgan Chase & Co., Google d’Alphabet inc., et McDonald’s. pour ne citer qu’eux. La fuite de 100 Go de données pourrait avoir des répercussions conséquentes.

    Tyler Combs sur Advintel prophétisait par son article, publié le 12 février 2021, sur les menaces qui pèsent sur les cabinets d’avocats, et comment les opérateurs des ransomwares exploitent les informations confidentielles contre les cabinets d’avocats.

    (Crédits : Google)

    « L’une des principales tâches d’un cabinet d’avocats est de gérer et de protéger les informations privées d’un client. Sachant cela, les acteurs de la menace recherchent ces informations lorsqu’ils pénètrent dans le réseau d’un cabinet d’avocats, les volent et les proposent à la vente sur les forums et les marchés du Dark Web », explique Tyler Combs.

    Déjà en septembre 2020, un opérateur a eu accès à des données contenant les formulaires d’autorisation I-9, nécessaires aux États-Unis pour pouvoir travailler. Ainsi, il accédait aux noms, numéros de téléphone, adresses e-mail, dates de naissance, numéros de sécurité sociale, numéros de passeport…

    Ce qui renvoie à la fuite de données critiques de plus de 220 millions de citoyens au Brésil. (Crédits : DR)

    schéma, databreach, ransom

    Un silence vite balayé

    Dès le 13 février 2021, DataBreaches.net révèle l’information en titre de son article : « Les opérateurs prétendent avoir volé des fichiers Jones Day ; le cabinet d’avocats reste silencieux. » Peu de temps après, les opérateurs affichaient des données comme preuve de leurs délits sur le Darkweb, amorçant de ce fait la négociation. Les pirates affichent 23 liens liés à Jones Day, d’une taille allant de 1, 54 Go à 4, 5 Go. L’un d’eux est signalé comme « e-mails extraits ».

    usa, document, classifié
    Les opérateurs du ransomware, CLOP affichent les preuves de leur délit sur le dark web (captures d’écran)


    Dans un communiqué, Jones Day affirmait qu’il était le deuxième grand cabinet d’avocats en deux semaines à voir des données privées exposées à la suite d’une violation chez Accellion, qui fournit des services de transfert de fichiers et d’autres services à un certain nombre de cabinets.
    « Cependant, le pirate a déclaré au Journal (NDLR The Wall Street Journal) qu’il avait piraté directement le serveur de Jones Day et qu’il n’était pas impliqué dans le piratage d’Accellion », relate The Wall Street Journal.

    avocats, document, fuite

    Les opérateurs affichent sur le Dark Web plusieurs documents qui appartiendraient audit cabinet. « Jones Day continue d’enquêter et sera en discussion continue avec les clients concernés et les autorités compétentes », conclut le porte-parole de Jones Day, David Petrou.