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  • Un réveillon aux pâtes carbonara (épis. 15/46)

    Un réveillon aux pâtes carbonara (épis. 15/46)

    Dans deux jours, Flavien fête Noël à l’autre bout du monde, seul face à la nature. Il aura son cadeau bien avant la date : un renard de Magellan. Après les réjouissances, les plats à la carte sont copieux : des névés, un dénivelé positif, des chemins presque vierges de tout passage. La nostalgie le tient, c’est son troisième Noël sans sa famille autour. Pour autant, il peut se vanter d’avoir pris le petit déjeuner avec des flocons de neige illuminant le ciel.

    « À midi, sur le bord de la lagune j’aperçois un renard de Magellan, le fameux dont Darwin parle dans son récit ! » Le culpeo se positionne près de la zone de pique-nique. Il doit être coutumier du fait, pense l’observateur. Trêve de plaisanteries, « je ne traîne pas. J’attaque la grande randonnée avant 13 h. » Le sentier demeure introuvable durant les premiers kilomètres. Précautionneux, il use de son GPS pour tracer sa voie, afin d’éviter les grosses courbes de niveau.

    Une verticalité incroyable

    Les personnes qui tentent ce trek ne sont pas nombreuses. « J’arrive dans une tourbière où je réussis à discerner une sente, il n’y a pas beaucoup de monde qui fait ce trek… » pense Flavien. Les heures s’enchaînent. Le forcené se trouve nez à nez avec quelques cairns. Ces « tas de cailloux » indiquent le chemin à suivre dans les endroits où un balisage « classique » n’est pas pratique ou voyant.

    Avant d’attaquer le dénivelé positif, quelques torrents sont à traverser. Un refuge, pas mentionné sur les cartes de Flavien se découvre.

    « Je passerais bien une nuit ici, mais il n’est que 16 h 30, il faut que j’avance si je veux réussir à faire le trek en 3 jours. »

    Quelques dizaines de pas engloutis « je découvre le col qu’il me faut passer pour rallier l’autre vallée où je compte poser ma tente. »

    Il semble infranchissable, surtout avec les nombreux névés subsistant en cette fin d’année. « En me rapprochant, ça semble faisable. » Il poursuit en direction des 250 m positifs, d’une verticalité incroyable.

    « J’attaque les névés de côté, en pas chassés, pour éviter de dévaler la pente. Là-haut ça caille, mais la vue commence à être sympa. J’enchaîne un col voisin à plus de 800 m après avoir traversé un éboulis très grossier. » (Crédits : Flavien Saboureau)


    Il est 18 h quand il s’attelle à la descente. La hantise de ne pas trouver de bivouac plat et sec augmente. « Je trouve un spot idéal près d’un torrent, ce qui me permettra d’avoir de l’eau pour la cuisine », se réjouit-il. Le temps se couvre, le froid tombe. « Je croise les doigts pour qu’il y ait un fin manteau neigeux au réveil. Je protège les côtés de la tente au cas où je m’endorme très tôt. Cette journée pleine d’incertitudes m’a épuisé. »

    Réveillon de Roi pour Noël

    « Il est 21 h 41. Je viens de finir de manger mes pâtes carbonara lyophilisées. À la maison tout le monde doit être sorti de table, les enfants avec leurs cadeaux. » Pour marquer le coup, des branches de Nothofagus betuloides et Chiliotrichum diffusum sont à l’entrée de la tente. « C’est la première fois que je fête un réveillon seul, pas dingue comme situation, mais je n’avais pas le choix si je voulais faire ce trek avant de partir d’Ushuaïa. » C’est le troisième réveillon de rang sans sa famille, les deux précédents étaient sur Amsterdam.

    Installé sur son bivouac à 550 m d’altitude, il tombe quelques flocons de neige durant son petit déjeuner. « C’est sûrement la seule fois où j’en ai vu le jour du réveillon », s’amuse-t-il.

    La tente se plie malgré l’humidité des quelques flocons. Il descend plein ouest. « La sente se distingue à peu près, mais la traversée d’une rivière me pose quelques soucis », assure-t-il.

    Arrivé au point prévu, impossible de trouver quelconque sente ou indication. Le GPS sort de son sommeil. « J’essaye de le suivre, mais je ne suis pas assez assidu et je me retrouve à littéralement escalader une forêt de lengas ».

    Elle a brûlé, il y a quelques années. Sur les 300 m de dénivelé positif « je m’échine à m’arrimer aux troncs, parfois trop cramés… » (Crédits : Flavien Saboureau)


    Après deux heures de concentration pour se dépêtrer de cet amas de branches, il retrouve un semblant de sentier, il est 14 h. L’estomac crie famine. « Il fait faim depuis quelque temps », lâche-t-il. À peine arrivé où il prévoit de pique-niquer, un condor le repère. « Il se rapproche en tournoyant à une cinquantaine de mètres par moment. Cela dure cinq minutes, incroyable ! » Flavien mange sur le pouce. Cette mésaventure lui fait perdre beaucoup de temps sur sa prévision. « Le paysage est remarquable, un semblant de cirque me fait face. »

    En direction du col du papillon

    Désormais, direction le Paso Mariposa, à 920 m. Il s’engage dans la vallée. Voyant les quantités de neige restantes, « je commence à appréhender de ne pas avoir de crampons. » Surtout qu’il n’y a pratiquement aucune trace. Traversant trois ou quatre névés d’une centaine de mètres, son arrivée au col s’effectue sous un soleil radieux. « Finalement, bien que molle, la neige était bonne pour pouvoir y aller sans crampons. »

    « Il n’y a presque pas de vent en ce 24 décembre, les conditions sont idéales pour la plus alpine des étapes. » Il redescend jusqu’au Paso Valdivieso, et profite du spectacle de condors profitant des courants ascendants. « Je suis à 620 m, et le bivouac espéré est à 250 m, il y a encore du chemin », souligne Flavien. D’autant que la tocante sonne 17 h 30.

    Il suit le cours d’un torrent de montagne. « Les berges sont recouvertes par de magnifiques coussins de sphaignes, dans lesquelles poussent des lengas aux formes incroyables. » C’est un des plus beaux paysages qu’il a pu observer. Il touche enfin au but. Le site de bivouac indiqué sur son GPS. La zone est inondée compte tenu du travail des castors. Il s’emploie à trouver en vain un lieu idéal. « Je ne trouve rien de plat et sec alors je continue mon chemin entre les nombreux troncs abattus par les castors », se désole Flavien. (Crédits : Flavien Saboureau)


    Il est déjà 20 h, le soleil passe derrière les montagnes. « Je suis un peu stressé de ne pas savoir si je vais trouver une zone de bivouac. » Finalement, quelques dizaines de minutes plus tard, sa bonne étoile lui sourit. Enfin un endroit plat. Il est situé dans un méandre de rivière. « Ouf ! Je peux souffler et commencer à monter la tente avant que la pluie annoncée demain ne fasse son apparition. » À suivre…

  • Connaissez-vous Noël, le père Noël et ses Rennes ?

    Connaissez-vous Noël, le père Noël et ses Rennes ?

    À quelques heures du passage pour la plupart du père Noël, Saint-Nicolas ou Santa Claus, vous risquez de voir ses rennes dans le ciel (si vous avez de la chance). La légende veut que le traîneau soit tracté par des rennes, huit au total. Sauf que sécurité oblige, même pour le père Noël, un autre renne est apparu : Rudolph. Il se raconte au coin du feu que son nez rouge permettrait de guider le troupeau à travers la neige et le brouillard. Chose étrange, les rennes seraient tous féminins, vu que les mâles perdent leurs bois l’hiver. Mais Noël est aussi évocatrice de belles histoires, comme la trêve du 24 décembre 1914.

    Avant tout la célébration de Noël est à l’origine la fête de la nativité. La nativité dans le sens de baptême dans les eaux du Jourdain. Elle se célébrait le 6 janvier, jour de l’épiphanie, mais également le 19 avril ou encore le 28 mars. Il faudra attendre les travaux mathématiques du moine Denys le Petit pour que la date soit fixée le 25 décembre. Pour remplacer la fête païenne des Saturnales romaines et du soleil vainqueur. La religion chrétienne veut faire passer le message que Jésus serait la « Lumière du Monde ».

    La célébration de Noël

    Noël est à la base une fête religieuse de la religion chrétienne. Elle célèbre le jour de naissance de Jésus, le 25 décembre. Il serait né ledit jour à Bethléem en Galilée. Les calculs de la naissance de Jésus sont l’œuvre d’un moine nommé Denys le Petit, et arrếté par le pape Libère au IVe siècle. Mais le choix de la date dans le calendrier revient au pape Libère à Rome en 354.

    Sauf que « les calculs sont pas bons Kévin !!! »

    En 2012, dans le troisième tome de sa trilogie consacrée à L’Enfance de Jésus, le pape Benoît XVI reconnaissait que le moine « s’est à l’évidence trompé de quelques années dans ses calculs ».

    La date de la naissance de Jésus est à fixer quelques années auparavant, écrit-il. Elle serait estimée entre -6 et -4, selon Andreas Dettwiler, professeur du Nouveau Testament à l’Université de Genève.

    Donc Denys le Petit, astronome et religieux chrétien érudit aurait fait une erreur de calcul… Jésus étant né sous le règne d’Hérode, qui est mort en l’an 750 de la fondation de Rome… le Christ serait donc né entre l’An 3 et l’An 6 avant l’ère chrétienne.

    (Crédits : ELG21/Pixabay)

    De plus, cette fête religieuse n’est célébrée que par les catholiques, protestants et orthodoxes, car pour eux Jésus est le fils de Dieu. Ce qui n’est pas le cas pour les autres religions monothéistes. Il n’existe pas de fête équivalente pour les personnes de confession musulmane. Quant aux personnes de confession juive, ils célèbrent la fête de Hanoël. Dans le monde, la majeure partie laisse de côté le caractère religieux. C’est occasion pour tous de se retrouver en famille, entre amis, pour partager un bon moment, un repas, s’offrir des cadeaux… ou une pause salvatrice comme le 24 décembre 1914, durant la Première Guerre mondiale.

    Le père Noël

    Fictif ou réel ? Peu importe ! Il apporte de la magie et de la féerie dans les yeux des enfants, petits comme grands. Son histoire est étroitement liée à la vie de la mère Noël. La légende raconte que les rois mages auraient frappé à une porte pour les aider à apporter des cadeaux à l’Enfant Jésus. (La pastorale des Santons de Provence raconte une version de l’histoire, écoutée dans les chaumières, dans les années 80). Elle aurait refusé avant de se raviser. Mais depuis l’équité des taches, elle aurait confié la distribution des cadeaux pour les enfants du monde à son mari, mais sous la surveillance des Rennes !!! « Faut pas abuser quand même, une telle responsabilité nécessite un contrôle qualité », sourit la mère Noël.

    L’histoire part du XIe siècle. Une relique de l’évêque Saint-Nicolas, protecteur des enfants, des veuves et des gens faibles est transférée de Bali vers la Lorraine. De la Lorraine à la Hollande, le mythe perdure.

    Saint-Nicolas se mélange au mythe germanique du Dieu Odin. Il se déplace grâce à Sleipnir, un cheval à huit pattes. L’origine du traîneau tiré par huit Rennes en serait issue. Puis la transmission fait apparaître Sinterklaas aux Pays-Bas.

    En traversant l’océan atlantique, les colons néerlandais transforment Sinterklaas en Santa Claus.

    (Crédits : PublicDomainPictures/Pixabay)

    Souvent coloré de vert, il faut attendre que Coca-Cola produise une publicité en 1931 avec une bouteille en verre, pour changer de couleur. Tandis qu’il buvait un verre issue d’une bouteille en verre tout en étant habillé de vert pour que Coca-Cola voie rouge. C’est à travers les yeux et les crayons de l’illustrateur Haddon Sundblom que tout change. « L’illustrateur américain Haddon Sundblom l’a dessiné avec sa barbe caractéristique, son habit rouge et ses grosses bottes façonnant ainsi petit à petit notre perception du père Noël. » Depuis ces années, il est représenté tout en rouge avec une longue barbe.

    Les Rennes du père Noël

    Pour distribuer l’ensemble des jouets aux enfants « sages » dans le monde entier, le père Noël fait confiance à son attelage composé de huit puis de neuf Rennes. Cette tache lui est confiée par la mère Noël elle-même. Autant dire que la pression et le poids des cadeaux pèsent sur les épaules de Raphaël Noël et des Rennes. Le traîneau serait composé exclusivement de dames, les mâles perdant leurs bois l’hiver. Mais connaissez-vous leurs prénoms ?

    Si vous demandez à un enfant, il connaîtra sûrement Rudolph, le renne au nez rouge. Il permet au père Noël de se guider à travers le brouillard et la neige.

    Il y a aussi Tornade, la plus rapide, Danseur, la plus gracieuse, Fringant, la plus belle, Furie, la plus puissante, Comète, celle qui apporte du bonheur aux enfants, Cupidon, celle qui apporte de l’amour aux enfants, Tonnerre, la plus forte et Éclair, celle qui apporte la lumière.

    La composition du traîneau est étudiée. En premier Rudolph avec son nez rouge. Il guide et montre aux autres voyageurs dans le ciel que le traîneau est prioritaire, comme les Sapeurs-Pompiers sur la route. Puis derrière à gauche Tornade et à sa droite Tonnerre. Ensuite Éclair et Furie. Cupidon et Comète au troisième rang. Et pour finir Danseur et Fringant.

    (Crédits : DR/Pixabay)

    Ainsi vous célébrerez la fête de Noël le 25 décembre partout, sauf peut-être comme en Espagne. Une bataille culturelle divise entre les rois mages et le soir de Noël. Le soir du 24 décembre, est la « Nochebuena » une célébration plus familiale où le festin se trouve sur la table. Le 5 janvier est l’arrivée des Rois Mages avec les cadeaux. C’est une journée festive, mais c’est aussi celle qui indique la reprise imminente de l’école pour chaque enfant ibérique.