Ce 14 juillet 2022, la cyberattaque n’est pas encore revendiquée sur le DarkWeb. Durant le week-end du 9 et 10 juillet, la société suisse Cremo a été la cible d’une attaque informatique. L’entreprise basée à Fribourg a déclaré qu’elle est en mesure d’assurer la production sur l’ensemble de ses sites, à l’heure actuelle. Le numéro deux du lait en Helvétie emploie plus de 800 personnes dans cinq cantons. Une enquête en cours tente de quantifier l’ampleur des dégâts.
La Suisse était relativement épargnée depuis l’attaque de l’université de Neuchâtel en février. Des cabinets médicaux faisaient la désagréable expérience d’une attaque par codes malveillants. Ces derniers jours l’école de l’arc jurassien était la nouvelle victime. L’offensive se serait déroulée le 2 juillet 2022. Lundi 11 juillet, par un bref communiqué diffusé à 16 h 30 l’établissement expliquait aux médias que « la Haute École Arc est soumise à une attaque informatique. Elle a décidé de couper l’accès à tous ses serveurs et à sa messagerie, ceci afin de protéger son infrastructure et ses données. Les téléphones mobiles restent accessibles. »
« De plus amples investigations sont en cours […]. Nous ne disposons pour l’instant pas d’informations supplémentaires », précise la polie cantonale. (Crédits : HE-Arc)
À nouveau la Suisse est frappée par une cyberattaque. Cette fois il s’agit de l’institution de produits laitiers Cremo. « Nous avons été informés ce week-end d’un piratage informatique chez Cremo. Nous sommes en contact avec les responsables de l’entreprise afin de les aider dans leurs démarches. Une plainte pénale a été déposée et l’enquête est en cours », affirmait MartialPugin Chef du secteur communication et prévention de la police cantonale fribourgeoise. Au téléphone, le secrétaire général de Cremo, Thomas Zwald, semble pressé : « Rappelez-moi demain, il se passe beaucoup de choses, ici », raconte AlexandreBeney pour Arcinfo.
En Suisse, le Conseil d’État neuchâtelois expliquait qu’il avait progressé en matière de sécurité informatique, suite à l’infection de l’université le 18 février 2022. Mi-mars deux cabinets médicaux neuchâtelois sont la cible de hackers, qui ont publié sur le darknet les données de 43 651 fichiers médicaux, révèle une enquête du Temps. Ils avaient fixé un ultimatum pour le mardi 29 mars. Faute de percevoir une rançon, ils diffuseraient les renseignements. Ils sont passés à l’acte.
Cette nouvelle attaque informatique, et le partage des données font l’effet d’une claque. Les opérateurs qui usent, compilent des lignes de codes dans un but malveillant qui produisent des attaques ont la plupart du temps, plusieurs longueurs d’avance sur les personnes qui œuvrent à la protection, et s’adaptent aux mesures de sécurité. Après la cyberattaque à l’Université le 18 février 2022, le canton a réduit l’indisponibilité de l’infrastructure informatique et amélioré la capacité de résister à une offensive au niveau des systèmes centraux. « Selon le dernier audit, la défense informatique est bonne », a ajoutéCrystelGraf conseillère d’État. Le canton avait lancé le 7 mars 2022, pour une durée de dix mois une campagne de prévention.
Prévue pour le 8 avril 2022, la publication d’informations du site de prise de rendez-vous suisse a été reportée par les opérateurs derrière le ransomware Lockit 2.0. En Suisse OneDoc peut être assimilé à Doctolib en France. (Crédits : capture d’écran)
Les données exfiltrées suite à l’attaque de l’université s’avéraient plus sensibles que nous pouvions penser jusqu’à présent expliquait le journal Le Temps. Selon l’enquête, certains fichiers divulgués rapportent un conflit entre professeurs ou le licenciement d’un collaborateur, des courriels de la Police judiciaire neuchâteloise, des documents de justice… Sur la diffusion du 30 mars 2022, les pièces contenaient des listes de patients, leurs prénoms et noms, adresse, numéro de téléphone, fixe et portable, profession, date de naissance… Mais ce n’est pas tout, de nombreuses informations concernant pathologies, examens médicaux s’affichent sur le Darknet, comme savoir si un patient est séropositif, consomme de la drogue, etc. Ils ont été retirés le jour même suite au second ultimatum aux cabinets médicaux de payer la rançon.
Le chat et les souris
Remises en ligne, puis enlevées, puis… des échanges entre les opérateurs et les cabinets médicaux, auraient eu lieu, pour qu’un nouveau délai soit fixé au 8 avril, relate le journal Le Temps. Vendredi soir, un expert du darknet affirmait qu’« il est possible que les cabinets, voire les autorités politiques, négocient désormais avec les pirates pour payer une rançon. » Plusieurs faisceaux pourraient indiquer que l’un des cabinets aurait réglé une somme pour récupérer ses données dès le 22 mars, suppose Arcinfo. « Il faut un vrai électrochoc en Suisse, appuie David Billard, professeur associé à la Haute École de gestion de Genève (HÉS GE) et spécialisé en cybersécurité. Les organisations professionnelles (médecins et autres) devraient se prendre en main et commencer par faire un état des lieux de la capacité numérique de leurs adhérents (ou membres de leur organisation professionnelle). Lorsque l’on va voir un médecin ou un avocat, on s’attend à recevoir un avis médical ou un conseil juridique de qualité. De la même façon, on devrait avoir l’assurance que les informations que l’on échange soient traitées avec le même professionnalisme. »
Les Médecins communiquent
Le communiqué des médecins de Chaux-de-Fonds affirment qu’ils ont été la cible d’un ransomware, sans pour autant avoir fait preuve d’imprudence. Et non, ils ne s’acquitteront pas de la demande d’extorsion, se conformant ainsi aux recommandations des autorités et des spécialistes de cybersécurité. « Suivant le conseil des autorités, nous avons choisi de ne pas payer de rançon. Premièrement, il n’y a aucune garantie que cela aurait influencé le comportement des pirates informatiques et que les données ne seraient pas publiées, à un moment ou à un autre. Deuxièmement, le cabinet ne souhaitait pas financer le crime organisé et encourager ces actes de chantage », écrivent-ils.
Le cabinet touché par l’attaque regroupe les Drs Marjorie Cosandey Tissot, Monika Nobel, Julie Meyrat et Marco Salvi, Francine Glassey Perrenoud (avant 2021), André-Philippe Méan (avant 2013), Marc Pierrehumbert (avant 2013), Ivana Babic (avant 2013) et Robert Muenger (avant 2014) sont également concernés. (Crédits : Alexas_Fotos/Pixabay)
Si, les données volées ne sont pas accessibles à tout un chacun, elles figurent sur le darknet. Le risque de voir des tiers s’en emparer, pour des tentatives d’usurpation d’identité, d’escroquerie… est réel. Il est donc nécessaire de changer ses mots de passe, et se méfier de toute demande urgente ou pressante, qu’elle soit effectuée par téléphone, courrier ou mail. En cas de doute, ne pas hésiter à contacter la police pour être conseillé, conclu le quotidien suisse Le Matin.
À trois jours de la rentrée scolaire, l’université de Neuchâtel est victime d’une attaque de ses systèmes informatiques. Les premiers signes relevés de l’infection sont survenus jeudi 17 février 2022, vers 23 h. Par mesure de sécurité, l’Unine, qui compte quatre facultés en son sein a désactivé l’ensemble de ses serveurs ce vendredi 18 février. Une affaire qui pourrait compliquer le retour des étudiants, prévu ce lundi. Si aucune rançon n’est encore exigée en échange de la clé de chiffrement, cela porte les stigmates et ressemble trait pour trait à une infection par codes malveillants de type ransomware.
Depuis jeudi soir, tous les systèmes d’information de la faculté neuchâteloise sont bloqués, victimes d’une infection de type Ransomware-as-a-Service relate ArcInfo. Plus un ordinateur n’est accessible, l’arrêt général a été décrété. Fort heureusement, peu d’étudiants sont sur place. « Il est très probable que des gens malveillants soient derrière cette attaque, expliquait Nando Luginbühl, le responsable de la communication de l’Université de Neuchâtel. Le problème n’est pas réglé et nous ne pouvons pas dire à quel moment ça va refonctionner. »
Des messages auraient été envoyés à destination du corps enseignant, mentionnant le cryptage des données. L’Université confirme l’existence dudit message, sans avoir « connaissance d’autres demandes à ce stade ». Une partie des professeurs profitent des derniers jours pour mettre à jour leurs supports de cours, de leur côté les élèves devaient consulter leurs horaires, comme échanger les ultimes renseignements par courriel. Il sera nécessaire de le consentir avec résignation.
Les services affirment avoir confiné l’ensemble afin d’éviter que le code malveillant se propage sur de nouveaux terminaux. La Suisse est depuis plusieurs mois la cible de nombreuses infections, comme le fut la Croix-Rouge. L’université tente de restaurer une sauvegarde de l’état du système avant la cyberattaque. (Crédits : DR)
Les cours avaient, jusqu’à présent, lieu à distance du fait du SARS-CoV-2. Le retour, en chair et en os, des étudiants sur le campus doit s’effectuer lundi matin 21 février. Toutefois, les enseignements qui se donnent en vis-à-vis sont aussi pour certains accessibles en ligne, garantit l’institut. Les vacances ne seront, à priori, donc pas prolongées. « Notre objectif est d’assurer la rentrée des cours, lundi. Comme il y a un retour au présentiel, cela tombe bien », affirme NandoLuginbühl.