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  • Fuite de données de 27 millions de clients Boulanger

    Fuite de données de 27 millions de clients Boulanger

    La fuite des données de clients de l’entreprise Boulanger est une parmi d’autres. Ce sont donc exactement 27 561 592 lignes de la firme Boulanger qui se retrouve à être en vente sur le dark web. Mais c’est le cas pour les transports dijonnais avec DiviaMobilités, sans oublier l’entreprise Cultura. Les fuites de données s’enchaînent. La dernière est suite à une intrusion non autorisée d’un prestataire informatique externe. Comme la fuite de 43 millions d’usagers de France Travail, ex-Pôle Emploi en début d’année 2024.

    En quelques jours, plusieurs enseignes communiquent sur le fait d’être victime de cyberattaques. Cultura annonce par voie de presse qu’un prestataire informatique est victime d’une intrusion non autorisée. Les données divulguées sont conséquentes. Il s’agit des prénoms, noms, identifiants clients, numéro de téléphone mobile, adresse de courriel et postale, et les produits achetés. Mais c’est sans oublier la société de transports Divia à Dijon, qui est elle aussi victime d’une cyberattaque.

    De nombreuses données en vente

    « Les données relatives aux mots de passe et aux données bancaires ne sont pas compromises », assure le communiqué de Cultura. La faille est corrigée, les mesures correctives appliquées. Si vous avez reçu ce type de courriel de la part de Boulanger, alors il est fort à parier que vos données sont parmi les 27 millions de clients.

    Comme pour Cultura, l’enseigne Boulanger se veut rassurante. « Aucune donnée bancaire client n’est concernée. D’ores et déjà, l’incident est circonscrit. »

    Boulanger, pour autant, ne confirme pas le nombre de 27 millions de clients concernés. Next relate la précision de la firme : « Les données récupérées sont uniquement des données de livraison (adresse, mail, téléphone) et concerne uniquement quelques centaines de milliers de clients. […] »

    SaxX explique quant à lui, sur X (Ex-twitter), que de son côté que le 7 septembre 2024 une personne avait mis en vente « une base de données comportant 27 561 592 lignes de #Boulanger ».

    Dans cette base de données à vendre, on retrouve « prénom, nom, numéro de téléphone, adresse postale complète, coordonnées géographiques (latitude et longitude), e-mail… », affirme SaxX. Depuis, le même cybercriminel divulgue 2,6 millions de comptes clients de chez Cultura.

    (Crédits : capture d’écran)

    À Dijon, c’est l’entreprise DiviaMobilités qui, à travers l’un de ses prestataires a essuyé une cyberattaque, à la fin du mois d’août 2024. Le 4 septembre, « nous avons découvert cette action malveillante », stipule Nolwenn Leguillon la directrice de communication de Keolis Dijon Mobilités à Le Bien Public. Les prénoms, noms, dates de naissance, numéros de téléphone et IBAN de certains clients ont fuité. L’utilisation d’infostealer est envisagé au commencement. « La plupart du temps, à l’origine, survient un infostealer », affirme SaxX.

  • Hôpitaux londoniens touchés par une cyberattaque

    Hôpitaux londoniens touchés par une cyberattaque

    Une offensive massive s’est déroulée au début du mois de juin 2024. Le service de santé britannique NHS England communique : « Le lundi 3 juin, Synnovis, un fournisseur de services de laboratoire, a été victime d’une cyberattaque de ransomware ». Du fait de cette cyberattaque, les deux principaux centres hospitaliers annulent 832 interventions chirurgicales. Mais également, il faut réorganiser 736 rendez-vous avec des spécialistes. La cyberattaque est de type ransomware.

    Pas moins de sept hôpitaux, gérés par deux Trusts du NHS (National Health Service), subissent de sérieuses perturbations de leurs services. Ils sont le Guy’s, St Thomas‘ et King’s College, mais également l’hôpital pour enfants, Evelina. Tout aussi préoccupant, les répercussions sur les hôpitaux Royal Brompton et Harefield. Ils constituent, à eux deux, le plus grand centre spécialisé en pathologie cardiaque et pulmonaire au Royaume-Uni.

    Cyberattaque de Synnovis

    « Lundi 3 juin, Synnovis, un prestataire de services de laboratoire, a été victime d’une cyberattaque par ransomware », déclare un porte-parole du NHS London. Après l’annulation de très nombreuses opérations et le report de plus de 700 rendez-vous ambulatoires, les services continuent de fonctionner. Mais les tests sanguins particuliers (VIH, Hépatite C et Hépatite B) sont actuellement suspendus.

    L’entreprise Synnovis est en étroite collaboration avec le NHS. Il est le laboratoire réalisant des tests pour de nombreuses pathologies. Ainsi leur travail est plus que vital pour de nombreux patients, autant dans le public que le privé.

    Les conséquences sont bien réelles. « Cela a un impact majeur sur la prestation de nos services, les transfusions sanguines étant particulièrement touchées », explique le professeur Ian Abbs, directeur général du GSTT (Guy’s and St Thomas’ NHS Foundation Trust). Le 4 juin 2024, l’entreprise communique sur les partenariats entre les trois principaux établissements hospitaliers (Guy’s, St Thomas’s et King’s College hospitals) et SYNLAB.
    (Crédits : capture d’écran/Royal Brompton Hospital))

    Synlab est selon le communiqué : « le plus grand fournisseur européen de tests et de diagnostics médicaux ». Or ce géant a subi, au sein de sa succursale italienne une cyberattaque en avril 2024. Mais également en France en juin 2023 via l’attaque dite « MOVEit ».

    Cyberattaque de Synlab

    Vers la mi-avril 2024, le prestataire de services médicaux Synlab est victime d’une cyberattaque en Italie. Ils sont plus de 380 laboratoires situés en Lombardie. Ainsi, c’est environ 35 millions de tests qui sont réalisés chaque année. Donc autant de données personnelles et confidentielles.

    Des informations sensibles ont été volées le 18 avril 2024. Dès le lendemain la communication du groupe en Italie, affirmait reprendre ses activités en mode réduit.

    La cyberattaque de type ransomware est l’œuvre de Black Basta. Synlab ayant refusé de payer, le groupe criminel publie tout ou partie des données exfiltrées.

    C’est le 13 mai 2024 que les cybercriminels derrière le ransomware diffusent les données. Si le nombre de patients n’est pas connu, on sait par contre que 1, 5 Téraoctet de données est publié.

    Comme pour la cyberattaque du centre hospitalier Cannes Simone-Veil, bilans de santé, diagnostiques, pathologie, documents internes sont accessibles sur le dark-web. (Crédits : capture d’écran/BlackBasta)

    « Nous regrettons les désagréments causés par cette attaque cybercriminelle […] », martèle la direction. Comme à chaque fois, les dommages sont immédiats, et la remise en route, prends plusieurs jours, semaines voire des mois en fonction des dommages.

    Qilin serait à l’origine de la cyberattaque

    Suite à l’attaque contre Synnovis, l’enquête est en cours. Comme pour l’attaque de Synlab, la piste d’un groupe d’opérateurs russes semble la plus probable selon les médias britanniques. Plusieurs sites gouvernementaux français auraient été la cible d’attaque de groupes russophone.

    C’est l’information que Ciaran Martin ancien directeur général du Centre national de cybersécurité divulgue à la radio. Interrogé durant l’émission Today de BBC Radio 4, Ciaran Martin déclare : « Nous pensons que c’est un groupe russe de cybercriminels qui s’appellent Qilin. »

    Le groupe d’opérateurs gère un modèle RaaS (Ransomware-a-a-Service). Sur le site vitrine, les affidés affichent leur victime et diffusent toute ou partie ds informations volées.

    La première victime est Sipex Medica, le 12 avril 2023, la Municipalité La Guadeloupe au Québec en avril 2024, le cabinet d’architectes Jean-Nouvel en France pour ne citer que ces quelques victimes. (Crédits : capture d’écran/Qilin)

    Les dernières entreprises affichées sont basées aux États-Unis : Next Step Healcare, St Vincent de Paul (école), EnviroApplications… Sur le sujet de Synnovis et du NHS, le ransomware n’a à ce jour, le 18 juin 2024, pas revendiqué la cyberattaque ni divulgué la moindre information sur son site vitrine, ce dans le cas où Qilin serait responsable de la cyberattaque.

  • Caen, Maisons-Alfort, Les Mureaux et le CHSF victimes de cyberattaques et après ?

    Caen, Maisons-Alfort, Les Mureaux et le CHSF victimes de cyberattaques et après ?

    Le centre hospitalier sud-francilien a déposé une plainte suite à l’attaque informatique par codes malveillants de type ransomware subie. Les opérateurs derrière LockBit 3.0 ont revendiqué l’attaque sur leur site de fuite. Dernièrement, le 26 septembre 2022, c’est la ville normande de Caen qui fait les frais d’une attaque informatique. De nombreux reportages se sont déroulés. Puis à la même date, la commune de Maisons-Alfort affichait sur la page d’accueil de son site WEB être victime d’une cyberattaque.

    Si celle concernant le CHSF a fait grand bruit, c’est qu’elle touche un hôpital après une période de deux années particulière, ce dans un climat tendu de dégradation des conditions de travail hospitalières dénoncées depuis bien longtemps. « L’étude de leur évolution fait apparaître un léger recul de l’exposition à certaines formes de pénibilité inhérentes aux missions de soin : les horaires décalés et les efforts physiques importants. En revanche, les personnels font face à une pression temporelle accrue, qui alimente un sentiment de “qualité empêchée” chez une part croissante de ces personnels. Rythme et qualité du travail sont ainsi en tension à l’hôpital », expliquait en janvier 2019 Samia Bennalah, maître de conférences en économie, à l’université de Reims Champagne-Ardenne.

    Le département d’Indre-et-Loire a subi une attaque le 11 juillet 2022 par le ransomware Vice Society. « […] huit semaines de perturbations alors que certaines ont mis plus d’un an à retrouver un fonctionnement normal », conclut Boris Courbaron. Seul bémol, la diffusion sur le Dark Web des données. (Crédits : DR)

    Les données exfiltrées par les opérateurs du ransomware LockBit 3.0 sont pour le moment une archive de 11,7 Go d’informations compressées. Le fichier désigné « Part1 » semble indiquer d’autres publications futures. La réelle question qui se pose est « que font-ils de toutes ces données ? », et quel est le devenir d’une victime suite à une attaque informatique. Sur l’utilisation première, la monétisation des informations. La seconde éplucher comme un scientifiques les datas, pour en extraire la quintessence, en vue de prochaines attaques. Sur le devenir des victimes, très peu d’entre elles communique, comme toute victime d’un crime ou d’un délit.

    Les opérateurs usant du ransomware Lockbit 3.0 ont divulgué sur le darknet des comptes rendus nominatifs de coloscopie, d’accouchement, d’examens gynécologiques, comme souvent lorsque les demandes de rançons restent lettre morte. La data est livrée en pâture, telle quelle. (Crédits : Capture d’écran)

    D’autant que les villes de Caen, de Maisons-Alfort et des Mureaux subissent en quelques jours des attaques informatiques. « Ce samedi 24 septembre, la ville des Mureaux a été victime d’une tentative de piratage. L’intervention des services municipaux a permis de stopper très rapidement cette attaque. Par mesure de précaution, la ville est contrainte de restreindre fortement son accès à ses serveurs et à Internet », explique la commune sur son site.

    Tous ceux que l’on accuse parfois de négligence, d’incompétence… sont des victimes avant tout. Si on n’est pas capable de leur expliquer avec les bons mots et de réexpliquer régulièrement ces questions de sécurité numérique… il ne faut pas s’attendre à ce que les utilisateurs aient la science infuse

    Guillaume Poupard, directeur général de l’ANSSI

    De son côté la ville normande, « nous avons dû tout arrêter », a affirmé le maire à l’assemblée, en ouverture de séance. Les désagréments risquent de perdurer quelque temps. Seul bémol reconnu par l’édile, « il n’y avait plus de sauvegardes régulières externes de l’ensemble de nos données depuis cinq ans ». La douloureuse hormis les préjudice financier et matériel, la municipalité a perdu des informations sur des éléments financiers, ressources humaines, dossier de cantine des enfants… liste le quotidien francilien.

    Le CHSF est devenu l’une des proies du ransomware LockBit 3.0. « Ils font ce que j’appelle du marketing de la malveillance, explique le spécialiste. En ce moment a lieu l’opération “Octobre rose” destinée à sensibiliser au cancer du sein », explique Damien Bancal fondateur de Zataz. (Crédits : Poudou99)

    Une plainte avait été déposée, mais personne ne sait si les informations ont seulement été chiffrées, si elles ont fuité, ou si elles serviront pour coordonner d’autres attaques. Le quotidien Ouest France en avait fait les frais le 21 novembre 2020, mais peu de victimes parlent des attaques et surtout des conséquences, comme s’il y avait un tabou.

    https://www.dailymotion.com/video/x8e06nc
    Le mois d’octobre est celui de la mise en lumière pour la lutte contre le cancer du sein, mais également le Cybermoi/s pour expliquer avec les bons mots ce qu’est la cybersécurité. Le Webinaire est en deux parties que l’on peur retrouver sur le site de l’ANSSI. (Crédits : ANSSI)

    Seule la ville de Bondy s’est épanchée. Le Parisien indique que la cyberattaque avait coûté, en date du 11 juillet 2022, la somme de 1,5 million d’euros à la mairie de Bondy. Les conséquences de l’attaque devraient perturber la commune de Seine–Saint-Denis au moins jusqu’en juin 2023. « On a mené un travail très long, très coûteux, très anxiogène aussi, résume-t-il. C’est une nouvelle collectivité de 1 600 agents repartie de zéro. » Les opérateurs derrière le ransomware avaient demandé 1,3 million de dollars en bitcoin.

  • Cyberattaque : des documents portugais de l’OTAN classés « Secret et Confidentiel » en vente sur le Darknet

    Cyberattaque : des documents portugais de l’OTAN classés « Secret et Confidentiel » en vente sur le Darknet

    Une enquête est en cours pour déterminer l’étendue des dommages. Selon des sources, l’affaire classée comme étant d’une « extrême gravité », aurait été découverte par des cyberespions du renseignement américain. Ils ont détecté la vente sur le Darkweb de plusieurs centaines de documents envoyés par l’OTAN au Portugal, classés « Secret et Confidentiel ». D’après les premières avancées de l’enquête, des règles de sécurité auraient été enfreintes.

    Comme tout état-major des forces armées, il bénéficie de connexions sécurisées. Il s’agit d’un système intégré de communications militaires (SICOM), pour recevoir et transmettre des publications classifiés, mais « il semble que des lignes non sécurisées aient été utilisées », explique Valentina Marcelino pour le journal portugais Diário de Notícias. La cyberattaque aurait eu lieu précédemment la révélation du 8 septembre 2022. En effet, le gouvernement portugais n’en a eu connaissance qu’en août dernier, selon DN. Il a été informé par les services de renseignement américains, via l’ambassade à Lisbonne, dans une correspondance qui aurait été faite directement au Premier ministre António Costa.

    L’EMGFA est l’agence gouvernementale responsable du contrôle, de la planification et des opérations des forces armées du Portugal. À ce jour, aucune déclaration officielle n’a été publiée par l’État portugais sur le sujet, mais la pression de l’opposition politique pour un briefing augmente suite aux révélations de DN. (Crédits : EMGFA)

    La porte-parole officielle de l’ambassade des États-Unis à Lisbonne n’a pas démenti l’information. Mais pour seule réponse aux pléthores de questions des journalistes, elle a distillé la phrase : « Nous ne faisons pas de commentaires sur les questions de renseignement ». L’EMGFA, commandé par le chef d’état-major, l’amiral Silva Ribeiro, a été la cible d’une « cyberattaque prolongée et sans précédent » qui a entraîné l’exfiltration de documents classifiés de l’OTAN, selon les sources de DN.

    Déjà en 2018, une affaire de fuite de données vers l’étranger, la Russie en l’état faisait les gros titres de la presse. Cette fuite de renseignements amenait au procès puis à la condamnation de l’ancien espion portugais du SIS, Carvalhão Gil. Il a écopé de 7 ans et 4 mois de prison après deux années d’enquête. (Crédits : DR)

    Selon plusieurs sources de la Défense portugaise, des experts du Cabinet de sécurité nationale (GNS), et du Centre national de cybersécurité ont rejoint les militaires du Centre national de cyberdéfense, situé à l’EMGFA. Ils ont procédé à un scan complet de l’ensemble des systèmes d’information interne de la Défense. Les ordinateurs principalement de l’état-major des forces armées, des services secrets militaires (CISMIL) et de la Direction générale des ressources de la défense nationale, à partir desquels les documents ont été exfiltrés ont pu être identifié.

  • Attention aux arnaques à la Canicule

    Attention aux arnaques à la Canicule

    Les tentatives d’arnaques par courriels, sur des crimes de pédophilie, à l’assurance, aux comptes bancaires, compte personnel de formation… sont de plus en plus fréquentes, mais pas seulement. Nous sommes des dizaines, des centaines voire plusieurs milliers en France à recevoir des SMS pour nous vanter, ceci ou cela… La plupart du temps, pour ne pas dire, à chaque instant, c’est une arnaque. Donc, ne cliquez pas sur un lien parce que vous l’avez tout simplement reçu sur votre smartphone, prenez un temps de réflexion.

    Alors que Météo France annonce le passage en vigilance rouge de 12 départements à savoir la Charente (16), Charente-Maritime (17), Deux-Sèvres (79), Gers (32), Gironde (33), Haute-Garonne (31), Landes (40), Lot-et-Garonne (47), Tarn (81), Tarn-et-Garonne (82), Vendée (85) et la Vienne (86), il existe une autre alerte à prendre en considération. Les messages que vous recevez sur votre précieux, celui qui ne vous quitte pas, même aux cabinets d’aisances, que sont les toilettes. Les nombreuses fuites (Facebook, Hôpitaux…) suites à des attaques de sites, qu’elles soient par DDoS, brute force, hameçonnage… affichent vos données personnelles sur le DarkWeb où elles peuvent être vendues. Le but faire tout simplement du profit et gagner de l’argent.

    Le lien joint au SMS pointe en définitive sur le site du ministère des Solidarités et de la Santé. Avec des outils, vous pourriez décortiquer son trajet, ainsi voir s’il passe par un tiers, pour vous voler vos informations privées (lieu de bornage, répertoire, type d’appareil, opérateur…) par exemple. (Crédits : capture d’écran)

    Souvent, comme sur l’exemple ci-dessus, et selon des sources, « le lien pointe d’abord sur une régie publicitaire et par conséquent, le petit malin se rémunère au passage. » Pour preuve, il suffit de se renseigner sur le site officiel (en faisant attention), ou en sur les réseaux sociaux ou encore en téléphonant. Car il n’existe pas de communication officielle ou de messages sur les réseaux sociaux expliquant la mise en place d’éventuels envois de SMS aux citoyens.

    L’entité étatique possède un dispositif digital de ciblage à savoir « des messages géolocalisés — via les réseaux sociaux, et des SMS — envoyés aux personnes les plus vulnérables dès qu’un département passera en vigilance jaune. » Au préalable chaque mairie aura collecté les numéros de téléphone des personnes dites fragiles, pour envoyer des recommandations à ce sujet (s’hydrater, fermer les volets…). Les personnes qui reçoivent donc les SMS sont connues des municipalités et inscrites à leur demande. Comme le dirait le sage, qui sans cesse s’époumone et rabâche de ne pas « cliquer » sur des liens suspects, prenz un temps de réflexion. Comme lorsque vous devez prendre la parole vous prenez une gorgée d’eau avant de commencer, retenez un temps votre doigt avant de cliquer sans réfléchir.

    C’est impressionnant d’entendre la nouvelle personne en charge du ministère de la Santé et des Préventions, Mme Brigitte Bourguignon, sur un point conférence indiquer, avec une certaine hésitation, que ses services ont envoyé plus de dix millions de SMS, le jeudi 16 juin 2022, sans que quiconque ne soit averti. D’autant que règne une certaine opacité, sur le fonctionnement, les règles de communication, surtout après ce que soulignait Guillaume Poupard, directeur de l’ANSSI lors du forum international de la #cybersécurité : « La pire des menaces est celle dont on parle le moins : la pression d’un espionnage étatique d’un niveau incroyable ». Non sans redouter que le jour où cette capacité deviendra offensive, au sens de destruction massive. « Ce jour-là, on comptera ceux qui se sont préparés au mieux »

  • LockBit2.0 et le ministère de la Justice

    LockBit2.0 et le ministère de la Justice

    Un coup de pression si l’on en croit les journaux ici et là. Il semblerait au vu des données publiées sur le site de fuite que les opérateurs derrière le ransomware LockBit 2.0 ne jouent pas au poker menteur. Depuis ce matin 2 février 2022 des informations identifiant plus particulièrement le monde de la Justice dans le Calvados sont accessibles. Hormis le ministère de la Justice, la ville de Saint-Cloud est mentionnée comme cible d’une infection par codes malveillants, et susceptibles de voir ces documents sur le DarkWeb.

    L’information était prise très au sérieux dès la parution de l’annonce, le ministère indiquait s’être « immédiatement organisé pour procéder aux vérifications nécessaires, en lien avec les services compétents dans ce domaine ». Lockbit 2.0 est connu pour avoir ciblé d’autres organisations françaises, comme la société de sécurité Thales ou encore le site de Schneider Electric en décembre dernier. Mais pour l’expert, plusieurs zones d’ombre sont à éclaircir : « Pour l’instant, nous ne savons pas s’ils préparent une fuite massive de données ou s’il s’agit uniquement d’un coup de pression en lien avec le contexte politique », indiquait Guillaume Maguet, expert en cybersécurité chez Deep Instinct au Figaro. Ce n’est pas à proprement dit le ministère de la Justice française qui était la cible, mais un cabinet d’avocats, maillon essentiel de l’appareil judiciaire.

    Les contrats de travail des personnes, la liste des avocats présents en 2016, des factures de téléphone, des coordonnées internes du cabinet, de différentes chambres sont désormais diffusés sur le site de fuite des cyber-malfaiteurs. (Crédits : capture d’écran)

    Ce sont des données très sensibles qui sont disponibles sur le DarkWeb. Ne déplaise à personne, les personnes œuvrant dans l’ombre et la profondeur de l’internet ne bluffent, que dans les fictions et encore… Leur but est, purement et simplement de vous soutirer de la menue monnaie. D’autres parties prenantes de la Justice à travers le monde ont déjà fait les frais de ce genre d’attaque « informatique ». Le cabinet Jones Day, celui de Brandon Sua et Associés, Greenberg & Stein Avocats, tous trois basés aux États-Unis, et en France celui de Me Rémy Le Bonnois. Ces différents cabinets, pour ne citer qu’eux furent ciblés, infectés et les informations diffusées par l’équipe usant le ransomware Everest.

    Des dossiers de jugement mentionnant les patronymes des différentes parties amenées devant les tribunaux sont lisibles. (Crédits : capture d’écran)

    La société civile professionnelle DL2M, qui est le cabinet d’avocats Dorel Lecomte Marguerie est particulièrement mentionnée dans les dossiers mis en ligne par LockBit 2.0. Ainsi de très nombreuses pièces juridiques sont libres d’accès, à savoir des coordonnées de TGI, RIB, des noms, des employés, des actions et affaires judiciaires, mais pas seulement. Des dictées ou bobines dans le jargon sont disponibles. Ce sont des fichiers audio sur lesquels les avocats transmettent au personnel du secrétariat des courriers à rédiger. Quand il est indubitable que l’internet des objets (IoT) remplit de jour en jour les foyers français, et que les commandes vocales ont le vent en poupe, cela peut porter à préjudice. De plus, les coordonnées des intervenants du cabinet DL2M de messagerie fournies par l’opérateur Orange sont un des nombreux documents au format PDF. Datant de 2017, des griffonnages semblent afficher les identifiants et mots de passe, espérons qu’ils furent depuis changés, mais surtout que les professionnels du droit soient déjà en relation avec l’ANSSI.

  • Ransomware : deux arrestations en Ukraine

    Ransomware : deux arrestations en Ukraine

    C’est le 28 septembre 2021 que les deux arrestations ont eu lieu après une enquête minutieuse. Une frappe coordonnée entre la Gendarmerie nationale française, la Police nationale ukrainienne (Національна поліція України) et le Bureau fédéral d’investigation (FBI) des États-Unis, avec la coordination d’Europol et d’Interpol, a permis l’interpellation en Ukraine de deux opérateurs prolifiques de ransomware connus pour leurs demandes de rançon extorquées, entre 5 et 70 millions d’euros.

    Le groupe criminel organisé est soupçonné d’avoir commis une série d’attaques ciblées contre de très grandes compagnies industrielles en Europe, ainsi qu’en Amérique du Nord à partir d’avril 2020. Les criminels présumés déployaient des logiciels malveillants et dérobaient les données sensibles de ces entreprises, avant de crypter leurs fichiers. Ils procédaient ensuite à l’offre d’une clé de déchiffrement en échange d’une rançon de plusieurs millions d’euros, imminant de faire fuir les informations volées sur le dark web si leurs exigences n’étaient pas satisfaites.

    La perquisition a permis l’arrestation de deux personnes, et la confiscation de divers biens. Cette opération a été menée dans le cadre de la Plate-forme multidisciplinaire européenne contre les menaces criminelles (EMPACT). (Crédits : Police ukrainienne)

    Lors de cette journée :

    • deux arrestations et sept perquisitions
    • une saisie de 375 000 dollars américains en espèces
    • deux véhicules de luxe d’une valeur de 217 000 euros
    • le gel des avoirs de 1,3 million de dollars en crypto-monnaies

    Au total, une centaine d’entreprises auraient subi les attaques par code malveillant de type ransomware. C’est dans le cadre de l’opération spéciale internationale, « le département de la cyberpolice, en collaboration avec les enquêteurs du siège de Kiev, les représentants du parquet de la ville de Kiev, avec la participation de collègues d’Interpol et d’Europe, les agents des forces de l’ordre de la République française et des États-Unis, ont identifié un pirate informatique de 25 ans dans la propagation du virus de cryptage », indiquent les services de Police ukrainienne.

    Les autorités jointes à cette opération sont le département de la cyberpolice de la police nationale d’Ukraine, le Centre National de la Cybercriminalité de la Gendarmerie Nationale (C3N), le bureau d’Atlanta du FBI, pour Europol, le Centre européen de la cybercriminalité (EC3), puis Interpol et son Centre de fusion cybernétique. (Crédits : Police ukrainienne)

    Parmi les victimes figurent des entreprises mondiales du secteur de l’énergie, du tourisme ainsi que des développeurs de technologies. Le coût des sommes que les sociétés auraient payé s’élève à 150 millions de dollars. Lors des perquisitions du matériel informatique, des téléphones portables, des véhicules et plus de 360 000 dollars en espèces ont été saisis. En outre, 1,3 million de dollars sont bloqués sur les cryptomonnaies de l’escroc présumé.

    La somme trouvée dans une boîte à chaussure, sous des documents, cachée par un tissu est impressionnante, 375 000 dollars, soit 322 500 euros. (Crédits : Police ukrainienne)

    Une procédure pénale a été ouverte en vertu de l’article 361, paragraphe 2, pour non-dénonciation de crime, l’article 361, partie 2 pour intrusion non autorisée dans les opérations des ordinateurs, des systèmes automatisés, des réseaux informatiques et des communications électroniques, et l’article 209, partie 3, qui concerne le retrait des biens obtenus par des moyens criminels du Code pénal de l’Ukraine. Les prévenus risquent jusqu’à vingt ans d’emprisonnement et la confiscation des biens.