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  • Présidentielle camerounaise, vers une crise politique ?

    Présidentielle camerounaise, vers une crise politique ?

    Le Cameroun s’apprête à vivre, le 12 octobre 2025, une présidentielle qui s’annonce sous haute tension. La Commission électorale (Elecam) a invalidé la candidature de Maurice Kamto, principal opposant au président sortant Paul Biya, âgé de 92 ans et en lice pour un huitième mandat. Cette décision, confirmée par le Conseil constitutionnel, a déclenché une onde de choc politique et sociale. Derrière l’événement se dessine un malaise profond : quel avenir pour la démocratie camerounaise et pour la jeunesse désabusée ?

    Pas un seul Camerounais, à Yaoundé, dans tout le pays ou ailleurs sur Terre, n’a manqué la retransmission de l’Elecam, soit sur place ou sur son smartphone. Un camouflé de justice, disent certains, quand d’autres applaudissent. Si l’élection à venir divise, imaginez un pays en Europe comme partout ailleurs où le président serait au pouvoir depuis près d’un demi-siècle.

    Un héritage multiple et complexe

    Le Cameroun, situé en Afrique centrale, est surnommé « l’Afrique en miniature ». La raison en est la diversité de ses paysages et cultures. Ce pays est le résultat d’une histoire millénaire marquée par des migrations successives. Dès le XIᵉ siècle, le nord du pays est sous domination de l’empire de Kanem-Bornou. Il s’étend à son apogée — au XVIᵉ siècle — sur la majorité du Tchad, la bordure orientale du Niger, le nord-est du Nigeria, le nord du Cameroun et une partie du sud de la Libye. Ce royaume structure des routes commerciales transsahariennes et développe un réseau administratif avancé, comme l’instauration d’impôts. Ces échanges permettent l’introduction de l’islam dans la région, influençant la culture, l’éducation et le droit coutumier.

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    Au sud-ouest, des chefferies bantoues telles que les Bamums, les Bamilékés et les Tikars s’organisaient autour de structures politiques hiérarchisées. Le royaume Bamoun, fondé au XIVᵉ siècle, se distingue par la création d’un alphabet syllabique, le Shü-mom, et par l’émergence d’une riche tradition artistique. Les Bamilékés sont connus pour leurs chefferies indépendantes et leur dynamisme commercial, en particulier le commerce du café et du cacao. Ces sociétés précoloniales témoignent de l’immense richesse culturelle et linguistique : le Cameroun compte environ 250 langues et dialectes regroupés en quatre grandes familles linguistiques (bantou, nigéro-congolaise, soudanique et nilo-saharienne).

    L’arrivée des Européens à la fin du XIXᵉ siècle le transforme profondément. La colonisation allemande (1884 ‑1918) introduit des routes et des plantations commerciales, avec une administration centralisée, souvent brutale, pour contrôler la population et exploiter les ressources.

    Après la Première Guerre mondiale, le traité de Versailles divise le pays. La France administre environ 80 % du territoire : le centre et le sud. Comme dans toute invasion, quelle qu’elle soit, des coutumes sont instaurées. La France impose la langue, un système éducatif et administratif centralisé. Elle développe des cultures d’exportation (le cacao, le café et l’hévéa).

    Les Britanniques prennent le contrôle du nord-ouest et du sud-ouest. Ils imposent leur système éducatif, langue et des institutions plus décentralisées. Cette division historique commente les disparités linguistiques, administratives et culturelles persistantes, à l’origine des tensions contemporaines. (Crédits : Safari Consoler/Pexels)

    Le Cameroun inaugure un mouvement africain de 18 pays. Il devient indépendant le 1ᵉʳ janvier 1960 sous le nom de République unie du Cameroun, suivie par le rattachement du Cameroun britannique du sud en 1961 après un référendum. Ahmadou Ahidjo fut le premier président. Il instaure un régime centralisé visant à consolider l’unité nationale. La modernisation du pays s’effectue par la construction d’infrastructures, la nationalisation d’industries et la création d’institutions étatiques.

    Si le Cameroun inaugure les festivités le 1ᵉʳ janvier 1960, d’autres suivent de près. D’ailleurs cette période est nommée « Année de l’Afrique ».

    27 avril 1960 – Togo, 25 juin 1960 – Somalie, 26 juin 1960 – Madagascar, 30 juin 1960 – République démocratique du Congo, 1ᵉʳ août 1960 – Bénin, 3 août 1960 – Niger, 5 août 1960 – Burkina Faso, 7 août 1960 – Côte d’Ivoire, 11 août 1960 – Tchad, 13 août 1960 – République centrafricaine, 15 août 1960 – République du Congo, 16 août 1960 – Gabon, 17 août 1960 – République du Cameroun du Nord, 20 août 1960 – Sénégal (après dissolution de la Fédération du Mali), 22 septembre 1960 – Mali (après séparation d’avec le Sénégal), 1ᵉʳ octobre 1960 – Nigéria, 28 novembre 1960 – Mauritanie.

    (Crédits : amphithéâtre de l’université de Yaoundé 1 en 2014/Bdx/Wikipédia)

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    Mais au Cameroun, un homme cultive le secret depuis plus de 40 ans. Depuis son arrivée au pouvoir en 1982, Paul Biya ne l’a plus quitté, faisant de lui l’un des dirigeants les plus anciens, pas seulement en Afrique. Seul Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (Guinée équatoriale) fait mieux que lui. Il est président depuis 1979, soit 46 ans. Concernant Paul Biya, l’ensemble de ses discours sont scénarisés, le protocole est rigide. Quant au contre-pouvoir qu’est le monde du journalisme, il n’est pas souvent, voire jamais convié. La dernière interview, consentie à un journaliste local, remonte à 2002.

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    Cette continuité amène forcément une stabilité politique. Mais à contrario, elle accentue des tensions ethniques, régionales et linguistiques, ainsi qu’entre zones urbaines en forte croissance et zones rurales marginalisées. C’est en surfant sur ces différences que son règne perdure.

    Il est facilité « par les complexités inhérentes au Cameroun, la diversité ethnique et linguistique de la nation, englobant plus de 250 groupes, entrave l’opposition unifiée. Les alliés politiques exploitent ces divisions, alimentant les sentiments tribaux, tandis que les héritages religieux et coloniaux contribuent à cette fragmentation. Le nord majoritairement musulman est souvent en désaccord avec le sud chrétien, tandis que les différences persistantes entre les régions anglophone et francophone — s’éloignant des divisions coloniales — compliquent encore une position unifiée contre le dirigeant de longue date », explique Shuimo Trust Dohyee (Africascountry). (Crédits : Kelly/Pexels)

    Aujourd’hui, le Cameroun se trouve à un carrefour historique et démographique. Sa population estimée à plus de 29,12 millions, un taux de croissance démographique de 2,6 % par an, le pays doit relever des défis majeurs en matière d’urbanisation, d’emploi et de services publics. Entre héritage, diversité culturelle, pression démographique, le Cameroun illustre la complexité d’un pays qui tente de conjuguer traditions, héritages et modernité dans un contexte africain en pleine mutation.

    Invalidation du candidat Maurice Kamto

    Le 12 octobre prochain, le Cameroun se prépare à élire son prochain président. À 92 ans, Paul Biya brigue alors un huitième mandat consécutif. Cette longévité comme la situation interroge : le Cameroun peut-il encore espérer une véritable alternance démocratique ? Mais à quelques semaines du scrutin, l’invalidation de la candidature de Maurice Kamto, principal opposant au président sortant Paul Biya, soulève une question plus qu’une autre : « Le Cameroun bénéficie-t-il d’un régime démocratique ? »

    Maurice, Kamto, Cameroun

    Arrivé second de la présidentielle de 2018 (503 384 voix, 14,23 % des votants, 7,55 % des électeurs), remporté par Paul Biya (2 521 934 voix, 71,28 % des votants, 37,82 des électeurs) l’invalidation de sa candidature par Elecam scelle son avenir.

    L’invalidation de sa candidature est justifiée au motif que son parti aurait présenté deux dossiers de candidature (Maurice Kamto et Dieudonné Yebga), en contradiction avec le code électoral. « La décision d’exclure Maurice Kamto de la course à la présidence reflète la persistante intolérance du gouvernement à l’égard de toute opposition et dissidence et intervient dans un contexte de répression accrue à l’encontre d’opposants, d’activistes et d’avocats à l’approche des élections, prévues plus tard cette année », écrit Human Rights (HWR). Le débat persiste sur l’indépendance de ces institutions, souvent perçues comme proches du régime. En marge de la décision du 26 juillet, des marches et manifestations sont organisées à Yaoundé, puis le 4 août. (Crédits : Bagassi Koura/Vox Africa)

    Elles sont 52 personnes à avoir été arrêtées ce jour-là. Parmi elles, dix sont toujours retenues, indique RFI. Des militants et sympathisants du parti d’opposition de Maurice Kamto, le MRC. Ils étaient venus assister aux audiences publiques du contentieux préélectoral au Conseil constitutionnel, dont l’accès à la salle leur avait été interdit. « Il n’y a eu ni bagarre ni manifestation », assure l’avocat Hyppolite Meli. Pourtant, ces militants ont été interpellés peu après, dans un supermarché, et accusés de « rébellion ». À noter qu’Olivier Bibou Nissack est privé de liberté depuis 2020. « Les autorités devraient mettre fin à la répression de l’opposition et libérer immédiatement toutes les personnes arrêtées pour des raisons politiques », poursuit HRW. Il existe toujours une différence entre ce qui est légitime et ce qui est légal.

    L’État des lieux du Cameroun

    À la question : « Le Cameroun bénéficie-t-il d’un régime démocratique ? » Pour répondre à cette simple question, il est nécessaire de faire l’État des lieux. Le parlement européen en date du 3 avril 2025, acte le comportement délétère du pouvoir en place contre les journalistes. Elle prie instamment les autorités camerounaises de mettre « un terme à leur pratique consistant à juger des civils devant des tribunaux militaires, contraire au droit international, et de cesser d’invoquer abusivement des accusations de terrorisme, de subversion et de diffusion de fausses informations dans les procédures engagées contre des journalistes. »

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    L’Union européenne exhorte à libérer immédiatement et sans condition Amadou Vamoulké, Kingsley Fomunyuy Njoka, Mancho Bibixy, Thomas Awah Junior et Tsi Conrad. Mais également de cesser leur pratique consistant à juger des civils devant des tribunaux militaires, ce qui est tout bonnement contraire au droit international.

    Elle invective de cesser sur le champ d’invoquer de manière abusive des accusations de terrorisme, de subversion et de diffusion de fausses informations dans les procédures engagées contre des journalistes. Comme Christophe Gleizes, journaliste français qui est condamné à sept ans de prison ferme en Algérie pour « apologie du terrorisme ».

    Fin 2024, 361 journalistes étaient emprisonnés dans le monde, selon un décompte du Comité de protection des journalistes (CPJ) publié vendredi 16 janvier. Pour la première fois Israël se trouve dans le haut du classement des pays qui enferment le plus, derrière la Chine. (Crédits : OurWorldinData.org/democracy|CC BY)

    Selon l’ONG Freedom House, le Cameroun obtient en 2024 un score de 15/100. Les droits politiques sont notés à 6/40 et les libertés civiles 9/60. De ce fait, l’ONG le classe parmi les pays « non libres ». En comparaison la France affiche 89/100 (38/40 et 51/60), avec des nuances marquées concernant la période du Covid-19. Le Democracy Index de l’Economist Intelligence Unit (EIU) attribue au Cameroun de Paul Biya la note de 2,2/10, dans son dernier rapport. Ce qui lui confère une place dans la catégorie « régime autoritaire ».

    L’EIU se base sur différents facteurs : le pluralisme électoral, les libertés civiles, la participation politique, la culture démocratique et le fonctionnement du gouvernement. Quant au Polity IV Project, il évalue le pays à -7, confirmant une dynamique autocratique enracinée. Ces indicateurs internationaux mettent en lumière la fragilité de la démocratie camerounaise et confortent les critiques adressées au régime Biya.

    Jusqu’ici, la communauté internationale s’est montrée prudente. Ce silence relatif reflète un équilibre délicat : préserver la stabilité régionale tout en dénonçant les atteintes aux libertés. Avec plus de 1,2 million d’électeurs inscrits, d’après les chiffres d’ELECAM, l’extrême nord du Cameroun reste un bastion électoral important pour le parti au pouvoir. Ce qui inquiète les pays voisins du Cameroun est le risque de crise postélectorale, donc de stabilité dans la région. (Crédits : Kelly/Pexels)

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    Bien au-delà du scrutin qui ne semble selon la presse n’avoir que peu de changement, le Cameroun reste confronté à des crises sécuritaires majeures. Dans l’Extrême-Nord, Boko Haram a repris ces attaques terroristes, fragilisant la cohésion nationale. Dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, le conflit séparatiste, déclenché en 2016, a déjà fait plus de 6 000 morts, de nombreux otages et déplacé plus d’un million de personnes. Une élection contestée pourrait attiser ces foyers de tensions et amplifier la violence politique.

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    L’économie camerounaise repose encore sur des piliers fragiles : l’exportation de pétrole, de cacao, de café et de bois. Malgré une légère augmentation du PIB de 3,5 % en 2024, contre 3,2 % en 2023, « sous l’effet de la hausse des prix du cacao, de l’augmentation des rendements du coton et de l’amélioration de l’approvisionnement en électricité. »

    Une diminution de l’inflation moyenne de 7,4 % à 4,5 % entre 2023 et 2024, le déficit budgétaire global s’est creusé jusqu’à 1,5 % du PIB en 2024 (0,7 % en 2023). La dette publique augmente de 1,52 %, passant de 46,1 % à 46,8 % du PIB, l’essentiel sous forme de dette extérieure. D’autant que « malgré la croissance globale de la richesse totale qui a atteint 553 milliards de dollars en 2020, contre 311 milliards de dollars en 1995, la richesse nationale par habitant a diminué de 11 % entre 1995 et 2020. » (Crédits : Quang Nguyen Vinh/Pexels)

    « Le pays est confronté à un risque élevé de surendettement dû à des problèmes de liquidité », communique la Banque mondiale. Le communiqué alerte sur l’épuisement des forêts du pays. « L’épuisement des forêts du Cameroun s’est considérablement accéléré après 2010, avec une conversion significative des forêts de plaine en mosaïques forestières entre 2010 et 2020 et dépassant cinq fois le taux observé au cours de la décennie précédente. » Il est donc impératif de mettre en œuvre des réformes budgétaires audacieuses pour combler ces lacunes et stimuler la productivité à l’échelle de l’économie, insiste Robert Utz, économiste (la Banque mondiale) et l’un des auteurs du rapport.

    La jeunesse camerounaise, une génération désenchantée

    L’invalidation de Kamto a provoqué un sentiment de résignation chez de nombreux jeunes. Témoignages et reportages montrent que certains ont choisi de déchirer leur carte d’électeur, symbole d’un désengagement politique profond, et face au chomage. La jeunesse, qui représentait un espoir de renouvellement, semble aujourd’hui désabusée par un système politique verrouillé. Ce désenchantement reflète une fracture sociale : entre un pouvoir enraciné et une jeunesse aspirant à plus de transparence, le fossé se creuse inexorablement.

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    Le recul durable de la participation électorale et l’affaiblissement de la société civile sont à envisager. En 2018, la participation atteignait 53,85 %. La stabilité politique du pays et de la région Afrique centrale pourrait être fragilisée. « C’est une espèce d’oligarchie qui gouverne aujourd’hui notre nation (Cameroun). Bien malin celui qui dirait qui actionne les manettes », a déclaré l’ancien ministre de la Communication Issa Tchiroma Bakary à TV5 Monde.

    La gestion de cette élection sera donc scrutée de près, tant à l’échelle nationale qu’internationale, d’autant que la fille du président, Brenda Biya appelait dans une vidéo supprimée depuis à ne pas voter pour son père. Ce avant de revenir sur ses déclarations. (Crédits : Kelly/Pexels)

    Trois scénarios s’ouvrent alors pour le Cameroun. Le statu quo : Paul Biya est réélu sans contestation majeure, prolongeant la stabilité institutionnelle, mais aussi le blocage politique, le manque de liberté, les arrestations arbitraires… La crise politique : la contestation post-électorale dégénère en répression, avec un isolement international accru et un risque de radicalisation des mouvements sociaux, ainsi qu’une instabilité ressentie chez les pays voisins. Ou bien la transition forcée : un départ naturel ou politique du président ouvre une ère d’incertitude, avec une succession difficile à maîtriser et des luttes internes au sein du RDPC, son parti.

  • Les vaccins et l’obligation vaccinale (dernière partie)

    Les vaccins et l’obligation vaccinale (dernière partie)

    Alors que la réponse du Conseil constitutionnel est attendue, demain jeudi 5 août 2021, des manifestations partout en France ont eu lieu. Leur point commun le « passe sanitaire » et l’obligation vaccinale. Or mis, l’avis des médecins qui leur est propre, la question est juridique. Puisque la saisine du Conseil constitutionnel fut faite le 26 juillet 2021 par le Premier ministre, ainsi que des députés et sénateurs, afin de savoir si elle « a été adoptée dans le respect des règles à valeur constitutionnelle relatives à la procédure législative. »

    Tout tient en la différence d’obligatoire et d’obligation. Le premier « Qui a la force d’obliger. Une clause obligatoire. », comme dans Polysynodie de Rousseau « Loin d’envisager leur pouvoir par ce qu’il a de pénible et d’obligatoire, ils [les princes] n’y voient que le plaisir de commander ». Quant à « obligation », qui est imposée, nécessaire : « Les femmes [à la cour de Turin] avaient chacune un amant d’obligation », Hamilton, Gramm. 4. Oui, la différence est subtile, mais importante. D’ailleurs, l’obligation vaccinale résulte de la Loi du 15 février 1902, le saviez-vous ?

    Onze vaccins obligatoires

    Depuis la promulgation de la loi du 30 décembre 2017, l’extension à onze vaccins est rendue obligatoire. Ce suite à la proposition d’Agnès Buzin, ministre des Solidarités et de la Santé. « L’obligation de ces onze vaccins est sans doute la manière la plus rapide et la plus efficace de rattraper le retard de la couverture vaccinale, en attendant qu’une information de nos concitoyens, qu’une formation renforcée de nos personnels de santé, amène à une prise de conscience qui permette, à terme, d’envisager la levée de cette obligation », déclarait Professeur Philippe Sansonetti (institut Pasteur, collège de France) en décembre 2017. Auparavant, seuls les vaccins antidiphtérique, antitétanique et antipoliomyélite étaient obligatoires.

    Les vaccins, comme ici l’injection contre la grippe saisonnière, ont pour but de limiter et prévenir les maladies. (Crédits : LuAnn Hunt/Pixabay)

    Dorénavant, pour les enfants nés à partir du premier janvier 2018, il faut ajouter celui contre la coqueluche, les infections invasives à Haemophilus influenzae de type b, contre le virus de l’hépatite B, les infections invasives à pneumocoque, le méningocoque de sérogroupe C, la rougeole, les oreillons et la rubéole (les trois derniers composent le ROR).

    La discrimination

    La faculté de discerner, de distinguer établit Le Littré, ou le fait de distinguer et de traiter différemment (le plus souvent plus mal) quelqu’un ou un groupe par rapport au reste de la collectivité ou par rapport à une autre personne, ajuste Le Larousse. Ces deux définitions représentent le nom féminin, « discrimination » (du latin discriminatio, — onis, séparation, avec l’influence de l’anglais discrimination). Lors d’une manifestation, certaines personnes arboraient une « étoile jaune » qui, sous le joug de l’Allemagne nazie, différenciait les personnes de confession juive des divers individus. Il n’est point possible d’accepter l’analogie de ces deux situations. « La comparaison entre le passe sanitaire et l’étoile jaune est une honteuse instrumentalisation de l’Histoire et un outrage aux victimes de la barbarie nazie et à leurs descendants », note le CRIF lors d’un communiqué. Cependant, le ressenti peut-être semblable, sachant qu’il est personnel. L’Histoire raconte, la différence que certains êtres humains ont imposée aux autres. Comme une femme ou un homme d’origine africaine qui ne pouvait pas aller dans les mêmes toilettes que le type caucasien de l’américain moyen, ou encore les places de bus aux États-Unis. L’histoire de Rosa Parks est le parfait exemple. L’apartheid en Afrique du Sud, qu’a vécu Nelson Mandela, etc.

    L’obligation vaccinale

    À l’origine, cette obligation vaccinale résulte de la loi du 15 février 1902 (variole). S’y sont ensuite ajoutés les vaccins contre la diphtérie (1938), le tétanos (1940), la poliomyélite (1964)… jusqu’à l’extension à onze vaccins par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2018. « La clé de la liberté, ce n’est absolument pas la vaccination, c’est une problématique sanitaire, une problématique médicale, ça n’a rien à voir avec une problématique démocratique. Et on est en permanence en train de mélanger les genres, comme en 39-45, on a mélangé les genres en disant la purification ethnique c’est la survie de notre société », expliquait le docteur Louis Fouché lors d’une interview.

    Le discours du président de la République française avait eu le but escompté par ce dernier, augmenter le nombre de rendez-vous pour la vaccination contre le SARS-CoV-2. (Crédits : DR)

    Le président de la République annonçait le 12 juillet, « passe sanitaire » ainsi que la réforme des retraites. « A partir du début du mois d’août donc, le passe sanitaire s’appliquera dans les cafés, les restaurants, les centres commerciaux, ainsi que dans les hôpitaux, les maisons de retraites, les établissements médico-sociaux mais aussi dans les avions, trains et cars pour les longs trajets. Là encore, seuls les vaccinés et les personnes testées négatives pourront accéder à ces lieux, qu’ils soient d’ailleurs clients, usagers ou salariés. » Puis embrayait sur « Vous l’avez compris, la vaccination n’est pas tout de suite obligatoire pour tout le monde, mais nous allons étendre au maximum le passe sanitaire pour pousser le maximum d’entre vous à aller vous faire vacciner. »

    Au point de vue politique, il n’y a qu’un seul principe, la souveraineté de l’homme sur lui-même. Cette souveraineté de moi sur moi s’appelle Liberté »

    Victor Hugo

    Faire valoir ses droits est légitime

    Refuser le vaccin est possible si vous avez des contre-indications sur le vaccin contre le virus du SARS-CoV-2. Ils sont régis par l’article L.1111-4 du Code de la santé publique, à savoir PIMS, allergies, syndrome de fuite capillaire. L’arrêt de travail est une possibilité, à la condition sine qua non d’être vraiment malade, car la vaccination en principe doit s’effectuer sur le lieu de travail (en attente de la loi et de la décision du conseil des sages). La dernière serait l’expatriation vers un pays où les vaccinations ne sont pas obligatoires (Allemagne, Suisse, Luxembourg). Le même article est au cœur de la polémique de la vaccination obligatoire des personnels soignants.

    Samedi 24 juillet 2021, les mariés sortent de la mairie de Poitiers quand les manifestants l’investissent. S’en suit le déchirement du portrait du président. 48 heures de garde à vue pour un Montmorillonais de 52 ans, poursuivi pour vol aggravé (commis en réunion et suivi de dégradations), est condamné à 15 jours de prison avec sursis. (Crédits : Romuald Pena)

    Maître Sophia Albert-Salmeron rapporte en regard du « passe sanitaire » et de l’obligation sous-jacente à la déclaration du Président de la République française, une décision du conseil constitutionnel 2020-805 DC. Elle est suite à la Loi instaurant des mesures de sûreté à l’encontre des auteurs d’infractions terroristes à l’issue de leur peine : « Cohérent, le Conseil constitutionnel a censuré la loi en raison des atteintes inadaptées et disproportionnées aux libertés individuelles ; une façon de rappeler que le droit pénal — même non punitif — ne doit pas l’emporter sur le droit constitutionnel. »

    Conseils d’État et constitutionnel

    Le Collectif « AVOCATS SANTÉ ET LIBERTÉ » souhaite attirer l’attention du Conseil constitutionnel sur les atteintes portées au respect de la dignité humaine au travers de l’atteinte portée aux principes constitutionnels de liberté, d’égalité et de fraternité. En effet, un arrêt du conseil d’État, décision n°419242 , qui aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ».

    La loi doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse ».

    Article 6 de la Déclaration de 1789

    Le Conseil d’État poursuit « Une vaccination obligatoire constitue une ingérence dans ce droit, qui peut être admise si elle remplit les conditions du paragraphe 2 de l’article 8 et, notamment, si elle est justifiée par des considérations de santé publique et proportionnée à l’objectif poursuivi. »

    De très nombreux Français sont pendus aux lèvres des sages du Conseil constitutionnel quand à leur rendu sur la loi. Notamment sur les restrictions de libertés pour lesquels certains Français préfèrent se faire vacciner pour continuer à jouir des plaisirs, sans évoquer la raison de se protéger du virus. (Crédits : Thomas Samsom AFP)

    Le droit à l’intégrité physique

    Le droit à l’intégrité physique fait partie du droit au respect de la vie privée au sens de ces stipulations, telles que la Cour européenne des droits de l’homme les interprète. « Une vaccination obligatoire constitue une ingérence dans ce droit […]. Il doit ainsi exister un rapport suffisamment favorable entre, d’une part, la contrainte et le risque présentés par la vaccination pour chaque personne vaccinée et, d’autre part, le bénéfice qui en est attendu tant pour cet individu que pour la collectivité dans son entier, y compris ceux de ses membres qui ne peuvent être vaccinés en raison d’une contre-indication médicale, compte tenu à la fois de la gravité de la maladie, de son caractère plus ou moins contagieux, de l’efficacité du vaccin et des risques ou effets indésirables qu’il peut présenter. »

    Rendu du conseil constitutionnel

    Gabriel Attal indiquait, ce 28 juillet 2021, à l’issue du Conseil des ministres que l’extension du « passe sanitaire » aux cafés, bars et restaurants, terrasse y comprises, sera également exigé à l’hôpital, hors urgence. Ce dernier entrerait en vigueur seulement le 9 août, sous réserve de sa validation par le Conseil constitutionnel dont la décision est attendue demain 5 août 2021. Deux possibilités s’offrent au Conseil constitutionnel, il déclare soit que la totalité ou qu’une partie de la loi est contraire à la constitution. Dans le premier cas, la procédure législative devra reprendre depuis le début. Dans l’autre cas, la loi sera promulguée, mais sans les articles contraires à la constitution…

    « Par sa décision n° 2021-824 DC du 5 août 2021, |…] il était notamment reproché à ces dispositions de subordonner l’accès aux grands magasins et centres commerciaux et aux transports publics à la présentation d’un ” passe sanitaire “, ce qui n’aurait pas d’intérêt dans la lutte contre l’épidémie dispositions. Il était soutenu qu’en outre, ces dispositions emporteraient des effets disproportionnés au regard de l’objectif poursuivi, ce dont il résulterait une méconnaissance de liberté d’aller et de venir, du droit au respect de la vie privée et du droit d’expression collective des idées et des opinions. »

    « En deuxième lieu, ces mesures ne peuvent être prononcées que pour la période, allant de l’entrée en vigueur de la loi déférée au 15 novembre 2021, période durant laquelle le législateur a estimé qu’un risque important de propagation de l’épidémie existait en raison de l’apparition de nouveaux variants du virus plus contagieux. »

    « Ainsi, s’agissant de leur application aux services et établissements de santé, sociaux et médico-sociaux, le législateur a réservé l’exigence de présentation d’un ” passe sanitaire ” aux seules personnes accompagnant ou rendant visite aux personnes accueillies dans ces services et établissements, ainsi qu’à celles qui y sont accueillies pour des soins programmés. Ainsi, cette mesure, qui s’applique sous réserve des cas d’urgence, n’a pas pour effet de limiter l’accès aux soins. »

    Il reste maintenant à promulguée la Loi, au journal officiel pour qu’elle puisse s’appliquer à tout un chacun. (Crédits : capture d’écran)

    « En quatrième lieu, les dispositions contestées prévoient que les obligations imposées au public peuvent être satisfaites par la présentation aussi bien d’un justificatif de statut vaccinal, du résultat d’un examen de dépistage virologique ne concluant pas à une contamination ou d’un certificat de rétablissement à la suite d’une contamination. Ainsi, ces dispositions n’instaurent, en tout état de cause, ni obligation de soin ni obligation de vaccination. En outre, le législateur a prévu la détermination par un décret, pris après avis de la Haute autorité de santé, des cas de contre-indication médicale faisant obstacle à la vaccination et la délivrance aux personnes concernés d’un document pouvant être présenté dans les lieux, services ou établissements où sera exigée la présentation d’un ” passe sanitaire “. »

    « En cinquième lieu, le contrôle de la détention d’un des documents nécessaires pour accéder à un lieu, établissement, service ou événement ne peut être réalisé que par les forces de l’ordre ou par les exploitants de ces lieux, établissements, services ou événements. En outre, la présentation de ces documents est réalisée sous une forme ne permettant pas de connaître ” la nature du document détenu ” et ne s’accompagne d’une présentation de documents d’identité que lorsque ceux- ci sont exigés par des agents des forces de l’ordre. »

  • Les vaccins et l’obligation vaccinale (2de partie)

    Les vaccins et l’obligation vaccinale (2de partie)

    Après avoir rappelé l’histoire des vaccins à travers le monde, ainsi que les différents types, intéressons-nous-y de plus près. Qu’entend-on par « autorisation de mise sur le marché ». Que représente ce terme, à quoi correspond-il ? Sur les vaccins les avis divergent dans les différents médias, les uns pour, les autres contre, et sans aborder l’obligation vaccinale. Quelle est leur composition ? Comment m’informer ? Quels sont les effets indésirables ? Quelles sont leurs efficacités ?

    Comme tout médicament, le vaccin suit un processus afin de devenir une solution administrable. Le Graal est l’autorisation, et aboutissement, de mise sur le marché, cela représente un long chemin semé d’embûches. La première étape est la production de la substance active :

    • banque de germes
    • mise en culture et amplification
    • récolte
    • purification et concentration
    • inactivation et fabrication des valences

    Elle est soumise à divers paramètres (la température, le potentiel hydrogène, le taux d’oxygène, la stérilité et l’homogénéité). Cette étape primordiale peut durer quarante-huit heures à trois mois en fonction des vaccins recherchés. Les antigènes produits à partir de micro-organisme sont alors récoltés. Vient la purification, qui est l’extraction des virus ou bactéries de leur environnement. Puis la pathogénicité est supprimée (neutralisation du virus ou de la bactérie pour l’empêcher de se propager), en conservant bien entendu les propriétés immunologiques, c’est la phase d’inactivation. Enfin la production des valences antigéniques, qui dans le cas des vaccins correspond à la protection apportée pour un germe et un seul. Un vaccin peut être monovalent (agis contre un seul germe) ou plurivalent (agis contre plusieurs germes différents). La seconde étape est la Mise en forme pharmaceutique. Elle se définit par :

    • Assemblage des valences pour les vaccins combinés
    • Formulation
    • Répartition
    • Lyophilisation
    • Conditionnement
    • Contrôle des lots
    • Livraison

    Le vaccin peut donc être monovalent comme plurivalent. Alors les combinaisons de valence ne doivent en aucun cas interférer entre elles pour garder l’efficacité du vaccin. C’est pourquoi cela requiert des années de recherche et de développement scientifiques. Des adjuvants, stabilisateurs, et conservateurs sont ajoutés en très petites quantités pour améliorer l’efficacité et la stabilité du vaccin. Le remplissage est le chapitre subséquent, la lyophilisation si nécessaire permet une meilleure conservation. La température des produits pendant les transports est strictement contrôlée et suivie. Les laboratoires constituent des tests, effectuent des prélèvements d’échantillons sur chaque lot envoyés aux instances de santé pour contrôle de qualité. C’est alors que la livraison débute.

    En fonction de la dangerosité du virus ou de la bactérie, les laboratoires sont hautement sécurisés comme le P4, ci-dessus, au centre international de recherches médicales de Franceville (CIRMF) au Gabon. (Crédits : DR)

    Puis, viennent les essais cliniques chez l’être humain qui se déroulent en quatre phases. Les essais de la Phase I ont lieu généralement sur quelques dizaines de volontaires. Ils observent les éventuels effets secondaires très fréquents (en comparant avec un placebo ou un vaccin connu). Ils permettent également de déterminer la meilleure dose de vaccin expérimental, en mesurant les anticorps produits par lesdits volontaires. Les essais de Phase II élargissent les connaissances, en incluant plusieurs centaines, voire milliers de volontaires, ce dans plusieurs centres cliniques différents. Les individus sont suivis pendant plusieurs mois, notamment pour observer l’évolution dans le sang de leurs taux d’anticorps ou de lymphocytes B et T. Cette étape permet d’étudier les détails de la réponse immunitaire, de préciser les schémas d’administration (nombre de doses, etc.), et d’identifier les effets secondaires fréquents. Les essais de Phase III incluent plusieurs dizaines voire centaines de milliers de volontaires pour répondre à la question : « Le vaccin protège-t-il contre la maladie ? ».

    Les phases I, II, III et IV sont nécessaires à chaque médicaments. Afin d’améliorer la réponse immunitaire au final. (Crédits : Gerd Altmann/Pixabay)

    Il s’agit donc d’observer dans quelle mesure les personnes vaccinées, exposées au microbe, résistent à la maladie dans les semaines et mois après la vaccination. Ces essais à large échelle sont les seuls capables de détecter les effets secondaires rares, ainsi que de définir dans quelles classes d’âge ou groupes de population le candidat-vaccin est efficace, ou non. Enfin, les essais de Phase IV sont réalisés après la commercialisation d’un vaccin pour préciser son utilisation auprès de populations qui n’avaient pas été incluses dans les essais de phase II et III. Il s’agit aussi de vérifier si des effets indésirables très rares, mais grave, surviennent chez les millions de personnes vaccinées.

    Le 27 mai 2021, Sanofi et GSK annonçaient le recrutement des participants dans leur étude clinique de phase III. Cette dernière visant à évaluer la sécurité, l’efficacité et l’immunogénicité de leur candidat-vaccin recombinant avec adjuvant contre la COVID-19 a débuté. Dans le cadre de cette étude internationale de phase III, randomisée, en double aveugle, contrôlée par placebo, plus de 35 000 volontaires âgés de 18 ans et plus seront mobilisés dans différentes nations, dont les États-Unis et plusieurs pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine.

    De plus, le manque d’explication peut engendrer des colères. « En devenant volontaire à des essais cliniques vaccinaux contre la COVID-19, chacun peut devenir acteur de la lutte contre la pandémie, faire avancer la recherche et ainsi contribuer sur le moyen terme à se protéger et à protéger chaque Français et notamment les populations les plus fragiles. Devenir volontaire, c’est aussi laisser la possibilité à des enfants et adolescents de prendre part à ces essais vaccinaux », rédige sur son site Covireivac. Le projet destiné à la recherche clinique vaccinale COVID-19 est coordonné par l’INSERM. Les études cliniques sont effectuées pour tous médicaments. Le programme du français Sanofi avec l’anglais GSK semble être intimement lié avec ce qu’écrit Covireivac. Pour cela que l’EMA entame l’examen continu du vaccin Vidprevtyn Share de Sanofi Pasteur depuis le 20 juillet 2021.

    Autorisation de mise sur le marché

    Le collège de Médecine générale donne accès aux fiches des quatre vaccins contre le virus du SARS-CoV-2 en autorisation de mise sur le marché conditionnelle. Sur le site de l’agence nationale de la sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). « Les Autorisations de mises sur le marché (AMM) seront délivrées par la Commission européenne à l’issue de cette évaluation et seront valables dans tous les États membres de l’UE. Dans le contexte de la pandémie et de l’urgence de santé publique, les AMM seront dites conditionnelles, écrit l’agence nationale sur son site avant de poursuivre. L’AMM conditionnelle rassemble tous les verrous de contrôles d’une autorisation de mise sur le marché standard pour garantir un niveau élevé de sécurité pour les patients. Une fois qu’une AMM conditionnelle a été accordée, les laboratoires doivent fournir les données supplémentaires provenant d’études nouvelles ou en cours dans des délais fixés par l’EMA pour confirmer le rapport-bénéfice/risque positif. » L’autorisation de mise sur le marché conditionnelle est octroyée pour un an et peut être renouvelée. Lorsque les autorités européennes ont reçu et évalué tous les renseignements complémentaires exigés, l’AMM conditionnelle peut être convertie en une AMM standard.

    Ci-dessous la composition des différents vaccins ayant l’AMM en France, se référant à l’Agence européenne du Médicament, EMA (NDLR pour traduire différents textes en langues étrangères non maîtrisées, la rédaction utilise le site deepl).

    VaccinCormitary de Pfizer-BioNtech (à ARNm à nucléoside modifié)Moderna (à ARNm à nucléoside modifié)Janssen de Johnson & Johnson (à vecteur viral vivant non réplicatif, adénovirus de type 26)AstraZeneca (à vecteur viral non réplicatif , adénovirus de chimpanzé)
    AntigèneARNm COVID-19, incorporé dans des nanoparticules lipidiques 30 μg100 μg d’ARN messager encapsulé dans les nanoparticules lipidiques SM-102au moins de 8,92 log10 unités infectieuses (U.I.)Au moins 2,5 × 108 particules virales (U.I.) de l’Adénovirus codant la glycoprotéine Spike du SARS-CoV-2 (ChAdOx1-S)
    ExcipientsALC-0315 = bis(2-hexyldécanoate) de ((4-hydroxybutyl)azanediyl)bis(hexane-6,1-diyle)Lipide SM-102Éthanol (environ 2 mg par dose)Éthanol (environ 2 mg dans une dose)
    ALC-0159 = 2-[(polyéthylèneglycol)-2000]-N,NditétradécylacétamideCholestérolHBCD (2-hydroxypropyl-β-cyclodextrine)Chlorhydrate de L-histidine monohydraté
    1,2- distéaroyl-sn-glycéro-3-phosphocholine (DSPC)DSPCAcide citrique monohydratéChlorure de magnésium hexahydraté
    cholestérol1,2- dimyristoylrac-glycéro-3-méthoxypolyéthylène glycol-2000 (PEG-2000 DMG)Citrate trisodique dihydratéÉdétate de disodium (dihydraté)
    Chlorure de potassiumTrométhaminePolysorbate-80L-Histidine
    Phosphate monopotassiqueChlorhydrate de trométhamineChlorure de sodiumChlorure de sodium
    Chlorure de sodiumAcide acétiqueHydroxyde de sodiumPolysorbate 80 (E 433)
    Phosphate disodique dihydratéAcétate de sodium trihydratéAcide chlorhydriqueSaccharose
    SaccharoseSaccharoseEau pour préparation injectableEau pour préparation injectable
    Eau pour préparation injectableEau pour préparation injectable
    La liste de tous les vaccins, dont ceux contre le SARS-CoV-2, est sur le site « mes vaccins ». Un comité de rédaction composé d’experts (dont la liste est consultable) veille au grain. Juxtaposé à la liste, une biographie des membres est ajouté par souci de transparence, en cas de doute il suffit de vérifier ici.

    Pharmacovigilance et effets indésirables présumés

    La pharmacovigilance consiste à recueillir des données issues de la surveillance, y compris des informations sur les effets indésirables présumés, d’un médicament, comme d’un vaccin. Que son utilisation soit conforme aux termes de son autorisation de mise sur le marché, ou non (en cas de surdosage, de mésusage, d’abus, ou d’erreurs médicamenteuses). « Les effets indésirables sont généralement notifiés par les professionnels de santé, c’est pourquoi il est conseillé de faire part de vos effets indésirables à votre médecin ou à votre pharmacien. » Le but est de remonter les effets rencontrés durant la Phase IV. L’EudraVigilance (European Union Drug Regulating Authorities Pharmacovigilance) est faite pour. C’est un réseau de traitement des données et le système de gestion, pour la déclaration et l’évaluation des effets indésirables présumés des médicaments. De ceux qui ont été autorisés, ou, qui sont étudiés dans le cadre d’essais cliniques dans l’Espace économique européen (EEE). En date du 19 juillet 2021, sous l’autorité de l’ANSM, une information transmise aux professionnels de la santé sur les risques de myocardite et de péricardite suite à l’injection des vaccins issue de BioNTech-Pfizer et Moderna indique : « Jusqu’au 31 mai 2021, environ 177 millions de doses de Comirnaty et 20 millions de doses de Spikevax ont été administrées dans l’Espace Economique Européen (EEE). Un total de 145 cas de myocardite est survenu chez des personnes ayant reçu le vaccin Comirnaty et 19 cas chez des personnes ayant reçu le vaccin Spikevax. De plus, 138 cas de péricardite sont survenus après l’utilisation de Comirnaty et 19 cas après l’utilisation de Spikevax. »

    L’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé publie des informations de sécurité chaque jour (risques médicamenteux, rappels de produits, d’informations aux utilisateurs et défauts de qualité). (Crédits : ANSM)

    La base européenne de données des rapports d’effets indésirables susceptible d’être liée à l’utilisation de médicaments affiche en préambule une clause de non-responsabilité. Cela est dû au fait que les chiffres doivent être replacés dans un contexte avec d’autres facteurs, comme le nombre de personnes qui prennent le médicament et la durée pendant laquelle le médicament a déjà été commercialisé. À savoir :

    • Les informations présentées sur ce site web ne reflètent aucune confirmation d’un lien potentiel entre le médicament et le(s) effet(s) observé(s).
    • Les informations présentées sur ce site web concernent des suspicions d’associations qui reflètent les observations et avis du déclarant.
    • Les informations peuvent inclure des effets indésirables connus déjà énumérés dans le résumé des caractéristiques du produit (RCP) et la notice.
    • Le nombre d’effets indésirables suspectés d’être liés aux médicaments dans la base de données EudraVigilance (EV) ne doit pas servir de base pour la détermination de la probabilité de la survenue d’un effet indésirable.
    • Chaque circonstance individuelle enregistrée dans le système EV concerne en général un seul patient ; cependant, plus d’un effet indésirable a pu être signalé dans un cas. Par conséquent, le nombre d’effets indésirables ne sera pas toujours identique au nombre de cas.
    • Les déclarations sur les effets indésirables contenus dans la structure EV ne représentent pas l’ensemble des informations disponibles concernant les bénéfices et les risques d’un médicament […] d’autres sources d’informations (informations sur le produit et en matière de prescription, doivent d’abord être consultées.
    • Les patients et les consommateurs ne doivent pas arrêter de prendre leurs médicaments ou en changer sans consultation préalable d’un professionnel de santé.

    Mais d’autres données sont lisibles par tout un chacun. Le nombre de cas individuels d’effets indésirables identifiés dans EudraVigilance pour le vaccin Moderna contre le virus du SARS-CoV-2 (CX-024414) est de 84 547 (jusqu’au 31/07/2021). Les statistiques concernant Pfizer-BioNTech, AstraZeneca et Janssen des laboratoires Johnson & Johnson révèlent respectivement 327 665, 346 881 et 19 915 cas individuels d’effets indésirables.

    Les données complètes tant au niveau de l’âge, du sexe, du pays… permettent de déterminer le rapport-bénéfice/risque et l’autorisation de mise sur le marché. (Sources : EMA)

    Les chiffres en France

    Le Premier ministre, Jean Castex, annonçait sur TF1 le 21 juillet dernier que 96 % des 18 000 cas positifs dus au variant Delta, n’étaient pas vaccinés. Or, ce dernier avait commis une erreur ou imprécision, en tout bonne foi. Les services de Matignon confirmaient HuffPost et au Parisien que le chef du gouvernement tirait ce chiffre de 96 % non des dernières données de Santé publique France, mais d’une étude mentionnée par le ministre de la Santé Olivier Véran et menée par la DRESS (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) portant sur la période du 28 juin au 4 juillet. Concernant un homme politique, devons-nous parler d’erreur ou de « Fake News » ?

    La Drees au paragraphe 2.1 indique : « Sur la semaine du 28 juin au 4 juillet 2120 tests PCR prélevés positifs par joue en moyenne ». Cela représente donc sur sept jours 14 840 personnes testées. Le nombre de personnes non vaccinées atteint est de 80, 57 %. Le tableau pris en compte dans le dossier communiqué par la Drees est celui, ci-dessous. Il détaille l’effectif de cas L452R (variant Delta) de femmes et d’hommes, vaccinées ou non, avec ou sans symptômes venant effectuer un test RT-PCR.

    En reportant les données par sexe et en les compilant, cela donne les donnes suivantes.

    TR-PCR Positifs
    Statut vaccinalNombre moyen par jourGlobalL452R
    Non-vaccinés1694 / 37480, 4 %74, 8 %
    Primo dose récente57 / 192, 7 %3, 8 %
    Primo dose efficace229 / 7910, 87 %15, 8 %
    Vaccination complète127 / 286, 03 %5, 6 %
    Ensemble2107 / 500100100
    Nombre de positifs et taux de positivité par statut vaccinal pour RT-PCR entre le 28 juin et le 4 juillet 2021. (Source : tableau 2a. appariement Sidep-Vacsi, calcul Drees. Champ : France, tous âges. Note : moyenne par jour entre le 28 juin et le 4 juillet.)

    La communication est le sujet prépondérant de tout, ainsi d’innombrables experts s’écharpent depuis le début de la pandémie, non sur le taux de contamination, mais sur celui de la létalité. La définition prodiguée par le centre national de ressources textuelles et lexicales (CNRTL) est le « Rapport entre le nombre de décès dus à une maladie et le nombre de personnes atteintes de cette maladie ». Les données en France par le site« Ourworldindata » à la date du 27 juillet 2021 fournissent le nombre d’êtres humains disparus à 111 883, sur un total d’individus contaminés de 6, 09 millions. Le taux de létalité est de 1, 8371 %. Or, le ratio de mortalité ne tient pas compte des infectés non répertoriés, c’est-à-dire les malades qui n’ont pas eu de test PCR. Ainsi, le taux serait en Italie de 2, 96 %, au Brésil de 2, 79 %, Allemagne 2, 43 %, Iran 2, 38 %, en France de 1, 84 % pour une moyenne mondiale de 2, 14 %.

    Le nombre réel de cas est possiblement plus élevé que celui des cas confirmés. Pour autant, les statistiques n’indiquent pas si les personnes sont symptomatiques, asymptomatique, schéma vaccinal complet ou non. (Source : Ourworldindata)

    Les effets indésirables et les bénéfices des vaccins

    Les essais de Phase IV profitent de ce que chaque effet indésirable est notifié. En fonction des vaccins ayant reçu l’AMM, l’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, met à disposition une fiche récapitulative mentionnant lesdits effets indésirables des vaccins et médicaments. Chaque fait doit être signalé auprès du médecin, de la pharmacie, et en cas de doute il est recommandé de contacter votre praticien traitant, ou le 15.

    Effets indésirablesAstraZenecaJanssenModernaPfizer-BioNTech
    Très Fréquents (≥1/10)Céphalées, nausées, myalgies, arthralgies, fatigue, malaise, état fébrile, frissonsCéphalées, nausées, myalgies, fatigue, douleur au site d’injectionFatigue, céphalées, lymphadénopathie, nausées / vomissements, myalgies, frissons, arthralgies, fièvre, douleur au site d’injectionFatigue, céphalées, myalgies, frissons, arthralgies, fièvre, diarrhée. Réaction au site d’injection (douleur, gonflement au site d’injection)
    Fréquents (≥ 1/100 à < 1/10)Vomissements, diarrhées, fièvre, thrombocytopénie, maladie pseudo grippale, asthénie, douleurs dans
    les extrémités, réaction au site d’injection (gonflement, érythème)
    Toux, arthralgie, fièvre, frissons, gonflement et érythème (au site d’injection)Réaction au site d’injection (érythème, urticaire, rash), éruption cutanéeRéaction systémique : nausées, vomissements. Réaction au site d’injection (rougeur)
    Peu fréquents (≥ 1/1 000 à < 1/100)Douleurs abdominales, lymphadénopathie, urticaire, diminution de l’appétit, léthargie, étourdissements, somnolence, hyperhidrose, prurit, éruption cutanéeTremblement, éternuement, douleur oropharyngée, rash, hyperhidrose, faiblesse musculaire, extrémités douloureuses, dorsalgie, asthénie, malaisePrurit au site d’injectionDouleur aux extrémités, lymphadénopathie, insomnies, malaise, prurit au site d’injection, réactions d’hypersensibilité (rash, prurit)
    Rares (≥ 1/10 000 à < 1/1 000)Hypersensibilité, urticaireParalysie faciale périphérique aiguë (paralysie de Bell) (3 cas sur 15 185 personnes vaccinées dans les essais cliniques), gonflement du visage.Urticaire, angio-œdème, paralysie de Bell (4 cas sur 22 000 personnes vaccinées dans les essais cliniques).
    Très rare (≤ 1/10 000)Réaction systémique : syndrome thrombotique thrombocytopéniqueThrombose en association avec une thrombocytopénie
    IndéterminéAnaphylaxie, hypersensibilité, fuites capillaires, angio-œdèmeAnaphylaxieDes réactions d’hypersensibilité, anaphylactiques et des myocardites/ à péricardites ont été rapportéesDes réactions anaphylactiques et des myocardites/péricardites ont été rapportées
    La liste des effets indésirables est constituée par les remontées des patients, comme des spécialistes de la santé. Les conduites à tenir en cas de doutes suite à l’injection des vaccins AstraZeneca, Janssen, Moderna et Pfizer sont simples, s’adresser à un professionnel de santé. (Sources : ANSM)

    Pour qu’un vaccin soit De l’autre côté, Le CRESS (centre of research in epidemiology and statitics) recense et décrit des estimations en fonction des suites de l’infection au SARS-CoV-2 vacciné ou non. D’ailleurs ce site hors mis qu’il « a pour objectif de visualiser des données scientifiques publiées et n’a pas vocation à se substituer aux recommandations des autorités de santé ou à une consultation et discussion avec un médecin ».

    Il propose des graphiques montrant les bénéfices estimés en fonction de l’âge, du sexe de l’individu et du vaccin inoculé. Cet outil a été développé et évalué avec l’aide de 3152 patients de la Communauté de Patients pour la Recherche (ComPaRe). (Crédits : DR)

    Le texte adopté n°654 dit « Petite loi » sera présenté devant le Conseil constitutionnel le 5 août 2021, avec le « passe sanitaire », « l’obligation vaccinale », la « suspension du contrat de travail »… à suivre