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  • Ransomware: 200 000 dossiers de patients et employés copiés

    Ransomware: 200 000 dossiers de patients et employés copiés

    Le nombre de patients et d’employés touchés par l’attaque informatique des systèmes de santé de Terre-Neuve-et-Labrador l’année dernière continue d’augmenter. Elle avait eu lieu le 30 octobre 2021, à la suite de laquelle les systèmes de santé régionaux de la campagne canadienne Terre-Neuve-et-Labrador et Labrador ont fermé leurs réseaux et annulé des milliers de rendez-vous médicaux. Les conséquences d’une infection par codes malveillants de type ransomware peuvent durer plusieurs mois, voire plus…

    Le ministre de la Santé, John Haggie déclarait le mardi 2 novembre 2021 qu’on ne pouvait pas encore déterminer précisément l’ampleur de l’arriéré qui serait créé par la cyberattaque présumée ni sur le temps qu’il faudrait pour reconstruire et restaurer les services. Elle avait conduit à la fermeture des réseaux des systèmes de santé régionaux, annulant ainsi des milliers de rendez-vous médicaux. Les conséquences visibles concernaient immédiatement les systèmes de santé en Central Health, Santé de l’Est, Western Health et les régies régionales de la santé Labrador-Grenfell, mais aussi les contribuables tant au niveau de leurs santés que des données de celle-ci.

    « Nous comprenons maintenant plus que jamais l’importance d’une vigilance continue et la nécessité de renforcer nos systèmes pour prévenir de futures attaques », a également soutenu Haggie. Espérons qu’en France un maximum de protection entoure Mon espace santé. (Crédits : urformat/Pixabay)

    Plus de cinq mois après, il existe désormais un aperçu, puisque le nombre de patients et d’employés touchés par cet événement ne cesse d’augmenter. Lors d’un appel aux journalistes mercredi 30 mars 2022, David Diamond, le directeur général du district sanitaire de l’Est de la province a affirmé que des dossiers avaient été copiés. « Plus de 200 000 fichiers ont été pris sur un lecteur réseau dans l’environnement informatique d’Eastern Health », a-t-il déclaré. Une partie de ces dossiers peut renfermer des renseignements sur les patients et les employés. Les différentes agences procèdent à un examen manuel pour déterminer le nombre exact de fichiers qui contenaient des informations personnelles ou de santé. « Ces informations peuvent inclure le diagnostic médical, le type de procédure, le numéro du MCP (Medical Care Plan) et les informations sur le fournisseur de soins de santé pour certains services de soins de santé qui sont fournis par la médecine de laboratoire, dans les programmes de chirurgie, de soins du cancer et de cardiologie, entre autres. Il peut également inclure des informations relatives aux ressources humaines et à l’administration. »

  • USA: une fraude à près de 600 milliards de dollars

    USA: une fraude à près de 600 milliards de dollars

    Impressionnant, monumental, incroyable… les superlatifs manquent tellement la fraude, révélée, qui émeut les États-Unis est gigantesque. Le plan d’aide du au SARS-CoV-2 sur le sol américain connu sous l’acronyme PPP a été détourné de sa vocation, épauler les personnes en maintenant leurs rémunérations, sauf que… pourquoi uniquement les Américains auraient été victimes de ce genre de malversation, pourquoi elle n’aurait touché que le seul sol américain, et pourquoi pas les autres pays que compte notre globe terrestre.

    À défaut de jouer à la loterie nationale, il est plus facile, semble-t-il, de dérober, l’argent destiné à la survie financière des individus que de tenter régulièrement sa chance. Le fonctionnaire en charge de l’aide dite « Covid » déclarait à Lester Holt de NBC News, que les programmes comme le « PPP » (Programme de protection des salaires) étaient structurés d’une manière qui était « une invitation » aux fraudeurs, mis en place par le gouvernement du président Biden. Que penseriez-vous, d’une personne qui passant devant un achalandage de commerçant en fruits et légumes prendrait une pomme, parce que l’étal n’est pas surveillé, est-ce une invitation ? Que penseriez-vous, d’une personne qui voyant une jeune femme en jupe, balayée pudiquement pas le vent d’été se permettrait une agression sexuelle au prétexte que sa tenue serait une invitation ? Que penseriez-vous, d’une personne qui… bref vous avez compris.

    « Faites une demande, signez et dites-nous que vous avez vraiment droit à l’argent, indiquait Michael Horowitz, président du Comité de responsabilité de la réponse à la pandémie. Et, bien sûr, pour les fraudeurs, c’est une invitation. … Ce qui n’a pas été fait, c’est qu’il n’y a pas eu de contrôles minimaux pour s’assurer que l’argent parvenait aux bonnes personnes au bon moment. »

    « Les procureurs ont déclaré que Mustafa Qadiri, 38 ans, d’Irvine, en Californie, a utilisé le fonds du programme de protection des salaires pour acheter trois voitures coûtant six chiffres chacune, dont cette Ferrari 458 Italia 2011. » (Crédits : Bureau du procureur des États-Unis, Los Angeles)

    Les procureurs outre-Atlantique s’offusquent de ce qu’ils désignent comme la plus grande fraude de toute l’histoire des États-Unis. Kevin Chambers, qui a été nommé procureur en chef, a affirmé qu’il mettait en place des équipes pour analyser « une quantité presque choquante de données ». « Les gens ont acheté des maisons de vacances, des Bentley et des Rolex. Il se peut que nous ne récupérions pas tout l’argent, mais ce n’est pas le seul intérêt d’intenter ces procès », poursuivait-il. Sans oublier des manoirs, des vols en jet privé, des vacances de luxe…

    L’escroquerie épique a été effectuée, d’après les procureurs, par des criminels individuels ou des groupes organisés utilisant des identités volées pour réclamer des allocations de chômage aux agences de main-d’œuvre des États qui versent les fonds fédéraux. « Chaque identité peut valoir jusqu’à 30 000 dollars de prestations », selon Horowitz.

    Un exemple parmi tant d’autre passé comme à venir, le ministère de la Justice accusait une star de la télé-réalité d’Atlanta de fraude bancaire après avoir obtenu un prêt PPP de 3,7 millions de dollars. Elle aurait utilisé le produit de ce prêt pour acheter 85 000 dollars de bijoux (une montre Rolex présidentielle, un bracelet en diamants et une bague en diamants de 5,73 carats), pour louer une Rolls-Royce Wraith 2019, pour effectuer des paiements de prêt et pour payer 40 000 $ de pension alimentaire pour enfants. Au final, Maurice Fayne écope de 17,5 ans de prison.

    Maurice Fayne, qui a joué dans Love & Hip Hop, a été condamné par la justice de son pays à 17 années de réclusion criminelle pour conspiration et fraude électronique, fraude bancaire et fausse déclaration dans le cadre du fameux programme de protection des salaires (PPP). (Crédits : Gettyimages)

    Une spoliation de l’aide aux personnes dans un besoin vital de survie dans un lieu où le rêve peut se transformer en cauchemar américain, et sans, à priori, aucun scrupule, jusqu’à preuve du contraire. Certains, indiquent les médias au pays de l’oncle Sam, auraient acquis leur richesse en participant à ce que les experts considèrent comme un vol de 80 milliards de dollars. Le montant présumé du préjudice, tant qu’un jugement ne déclare pas les prévenus coupables des crimes dont ils seraient accusés, s’ajouterait aux 90 à 400 milliards de dollars supplémentaires. Pour rappel la somme complète du PPP était de 900 milliards de dollars du programme d’aide. L’escroquerie totale, même si les estimations sont gonflées, pourrait rivaliser avec les 579 milliards de dollars. À ce jour, 178 ont été condamnées à dans des affaires dites de fraude au PPP, de nombreuses enquête sont encore en cours.

  • Plusieurs banques subissent des pannes informatiques

    Plusieurs banques subissent des pannes informatiques

    Elles sont deux banques à avoir informé leurs usagers de dysfonctionnement informatique ces derniers jours. La cyberattaque de la banque centrale de Tunisie, est revendiquée par le ransomware Conti, concernant celle de la République d’Haïti (BRH), qui affichait une anomalie encore le 30 mars 2022, aucune doléance à l’heure actuelle. Au sein du même pays, la banque de l’union haïtienne subissait depuis le début du mois de décembre 2021, du moins ses clients de fraudes à la carte bleue.

    Conti revendique sur son site de fuite l’attaque de la banque centrale de Tunisie, qui eut lieu le 23 mars 2022. L’organisme bancaire annonçait hier 30 mars, que les premiers éléments de l’enquête ont confirmé que toutes les informations sont saines et sauves et que l’attaque a touché les serveurs de l’interface du site. Le serveur mail et le guide ont été la cible de piratage. « Cette attaque a été maîtrisée grâce aux efforts coordonnés entre les services de la BCT et ceux de l’Agence nationale de la sécurité informatique (ANSI). Toutes les données du système d’information de la BCT sont intègres et intactes », soulignait-elle dans un communiqué.

    Dans le fichier Hosts.csv est indiqué, sur 1560 lignes, les DNS Host names indispensables pour que les administrateurs des systèmes puissent identifier la machine sur laquelle ils doivent intervenir. De plus, sont stipulés les OS des systèmes d’information, dont certains sont encore sous Windows XP. (Crédits : capture d’écran)

    « Le site de la banque centrale de Tunisie a été réactivé dans la soirée de dimanche 27 mars 2022 », renseignait Tuniscope. De l’autre côté de l’Océan Atlantique, non loin de Cuba, de la Floride, et de la République dominicaine, les banques de la République d’Haïti souffrent. Déjà en décembre 2021, plusieurs consommateurs de la Banque de l’Union haïtienne (BUH) témoignaient d’avoir été victimes de piratage sur leurs comptes bancaires, notamment via Mastercard. En janvier 2022, l’organisme cernait les problèmes. « Nous savons combien de clients ont été victimes ainsi que les montants en question (…), mais cette information est interne et confidentielle à la banque et ne peut être divulguée », explique Arielle Tovar Lévêque, du département de marketing et de communication de la BUH au journaliste Jameson Francisque.

    Les données exfiltrées par les opérateurs derrière le ransomware Conti fournissent de précieuses indications critiques sur les différents systèmes d’information de la banque centrale de Tunisie. Microsoft a mis fin au support le 8 avril 2014 pour XP. Entre autres, il n’y a plus de mises à jour et la base virale de Windows Defender n’est plus gérée. (Crédits : capture d’écran)

    En quelques secondes seulement, admettait la BUH, ce sont plus de 400 comptes ciblés. Ces transactions, comme c’est le cas pour John Ronard, ont eu lieu dans des pays lointains : Hong Kong, Nigeria, Singapour, Australie… Les informations volées ont été revendues sur le Darknet, ce qui a engendré d’autres attaques sur une même carte. Ainsi, en moins d’une minute, des centaines d’autorisations ont pu être obtenues par les hackers.

    La peur envahit la République d’Haïti et ses habitants, déjà victimes de fraudes à carte bancaire en décembre 2021. Il y a 3 jours, « le site de la Banque de la République d’Haïti (BRH) n’est plus accessible depuis la matinée de ce lundi 28 mars », informait TripFoumi Enfo

    « Chat échaudé craint l’eau froide », stipule l’adage. C’est en ce sens que TripFoumi avertissait que « le site de la BRH inaccessible, on craint qu’il ne s’agisse d’un piratage informatique […] TripFoumi Enfo a tenté à maintes reprises d’accéder au site de ladite banque. Peine perdue. Il semble avoir une panne technique. Notre rédaction a aussi vérifié les pages Twitter et Facebook de la BRH. Aucune information y relative n’a été communiquée. Du piratage ? On ne le sait pas. Mais cela est inquiétant, quand on sait qu’il s’agit de la Banque centrale du pays. » Même constat chez HaïtiStandard, « au moins une banque commerciale du pays était l’objet de piratage informatique, durant les jours passés. Ce qui avait provoqué une grogne chez des habitants de certaines communes situées dans le département de l’Ouest. La BRH serait-elle l’objet elle aussi de piratage? Une affaire à suivre… »

  • Fuite au ministère des Finances du Congo

    Fuite au ministère des Finances du Congo

    LockBit vient de publier, le jeudi 24 mars 2022 une première partie des données du ministère des Finances et du Budget de la République du Congo. Coutumiers du fait, ils avaient affiché des informations du groupe français J. Richard, comme celles du cabinet d’avocats caennais. Ils promettent, sans aucune action de la part des sociétés, soit payer une rançon à travers le monde, de divulguer tous les renseignements en leur possession. Dans le mur de leurs exactions, l’entreprise Avidoc est désormais placardée avec un décompte de moins de six jours et onze heures.

    Le continent africain est touché comme tous les autres par les menaces cyber. Le Ransomware-as-a-Service (RaaS) LockBit 2.0 est redoutable et prolifique d’attaque. Sur le site de fuite, les opérateurs disséminent ainsi des informations, plus ou moins importantes, de la procédure, des rapports à imprimer jusqu’au budget 2022, et des documents confidentiels de la banque des États de l’Afrique centrale, dont Rigobert Roger Andely ministre des Finances et du Budget de la République du Congo, fut le vice-gouverneur. Si certains affichent une date récente de l’année en cours, la plupart sont des fichiers des années précédentes.

    « Nous observons en Afrique un développement des attaques de type malware et notamment ransomware », remarque Emmanuel Cheriet, directeur général d’Orange Cyberdéfense pour le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest. « Il devient urgent que les États africains investissent dans la sécurité informatique […] » (Crédits : capture d’écran)

    Le rapport d’Interpol sur l’évaluation 2021 des cybermenaces en Afrique est sans appel. « La menace des rançongiciels se répand sur le continent africain. Au cours de la seule année 2020, plus de 61 % des entreprises de la région auraient subi des attaques par rançongiciel. »

    En France, après le cabinet d’avocats caennais, c’est la société Avidoc établie dans le Languedoc-Roussillon à Vendres qui est cyberattaquée par le ransomware LockBit 2.0.
    La compagnie vend des produits surgelés pour les professionnels. (Crédits : capture d’écran)

    African Manager publie ce jeudi 24 mars 2022 un article pour prévenir contre une nouvelle variante du RaaS en Afrique. Elle touche aussi bien les machines sous Windows ainsi que celle sous Linux. « Baptisé AvosLocker, ce malware se propage en exploitant les vulnérabilités ProxyShell de Microsoft Exchange : CVE-2021-34473, CVE-2021-31206, CVE-2021-34523 et CVE-2021-31207 », met en garde l’Agence nationale de la sécurité informatique (ANSI). D’autant que Microsoft est une des dernières victimes du groupe Lapsus$.

  • Fraude à l’élection présidentielle française

    Fraude à l’élection présidentielle française

    Quel serait votre état d’esprit, si au lendemain de la proclamation de la personne élue au poste de président de la République française, celle-ci était entachée d’une fraude avérée ? Qui plus est lorsqu’elle est fortement suspectée en fonction du ressenti de chaque électeur. Oui, l’être humain fonctionne à l’émotion plus qu’à l’information. Existe-t-il un précédent ? Est-ce possible en France ? Puisque toute rumeur distillée par « radio moquette » est susceptible de voir le jour, quelles sont les conduites à tenir ? Que disposent les lois du Code électoral en ce sens ?

    La fraude dite électorale désigne toutes irrégularités pouvant se dérouler pendant un scrutin. Elle peut concerner les opérations électorales elles-mêmes, des manœuvres constatées pendant la durée de la campagne, et même après les résultats officiels. Alors que plus de 30 % des collectivités locales ont subi une infection par codes malveillants de type ransomware, que risque l’élection présidentielle française ? En ce qui concerne les machines à voter, 63 communes françaises de plus de 3 500 habitants en sont équipées, représentant 1,3 million d’électeurs. « Un seul modèle de machine à voter est utilisé en France, le modèle ESF1 de la société néerlandaise NEDAP commercialisé par la société France Élections qui n’a aucun lien avec la société Dominion », affirment les services du ministre de l’intérieur Gérald Darmanin. Pour autant trois arrêtés, selon les sources dudit ministère de l’intérieur semblent indiquer le contraire :

    L’article L118-3 dispose trois cas où l’élu de la République peut être destitué, comme le fut Al Capone pour fraude fiscale. « Lorsqu’il relève une volonté de fraude ou un manquement d’une particulière gravité aux règles de financement des campagnes électorales, le juge de l’élection, saisi par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques », alors peut être déclaré inéligible :

    • Le candidat qui n’a pas déposé son compte de campagne dans les conditions et le délai prescrits à l’article L. 52-12
    • Le candidat dont le compte de campagne, le cas échéant après réformation, fait apparaître un dépassement du plafond des dépenses électorales
    • Le candidat dont le compte de campagne a été rejeté à bon droit

    L’inéligibilité est prononcée pour une durée maximale de trois ans et s’applique à tous les scrutins. Toutes sauf sur les mandats acquis antérieurement à la date de la décision. « Si le juge de l’élection a prononcé l’inéligibilité d’un candidat ou des membres d’un binôme proclamé élu, il annule son élection ou, si l’élection n’a pas été contestée, déclare le candidat ou les membres du binôme démissionnaires d’office. » Le Conseil constitutionnel est saisi, pour les présidentielles, par les préfets, par les candidats ou par lui-même, notamment après une réclamation des électeurs portée sur le procès-verbal de dépouillement établi à l’issue du décompte des voix dans chaque bureau de vote.

    Le scandale Cambrige Analytica

    Facebook avait estimé à environ 87 millions le nombre de ses utilisateurs « piégés » au Royaume-Uni pour favoriser le Brexit, mais aussi aux États-Unis afin de faciliter l’accession de Donald Trump à la Maison-Blanche en 2016. « De nouveaux documents révèlent que la Malaisie, le Kenya, le Brésil et plus de 60 autres pays pourraient être également concernés par les manipulations de l’entreprise britannique », écrivait La Croix. Cambridge Analytica est une société spécialisée dans l’analyse comportementale. L’objectif est de récolter des informations sur les individus pour connaître leurs biais d’influence. La firme met ses bases de données au service de ceux qui veulent optimiser l’efficacité de campagnes de communication.

    Ce n’est pas illégal, amoral selon vos convictions, mais pas illégal. Cette méthode permet numériquement de faire apparaître plus souvent dans votre champ de vision le sujet.
    Un film sorti en 2015 illustre ces propos, « Focus » avec Will Smith et Margot Robbie.

    Un meilleur ciblage de l’audience se targue Cambridge Analytica : « Le big data a révolutionné la façon dont les organisations identifient et localisent leurs meilleurs prospects. […] Cambridge Analytica construit un avenir […] en montrant aux organisations non seulement où se trouvent les gens, mais aussi ce qui les intéresse vraiment et ce qui motive leur comportement. […] nous utilisons la modélisation des données et le profilage psychographique pour développer les audiences, identifier les influenceurs clés et entrer en contact avec les gens de manière à les inciter à agir. »

    La guerre de la communication

    Vol de données, prise de contrôle d’un site Web, intrusion dans la sphère numérique d’un candidat, désinformation… tous les moyens sont bons. Aux États-Unis en 2016 des milliers de mails d’Hillary Clinton sont publiées. En 2017, environ 70 663 mails et documents, soit 15 Go, sont divulgués. En 2020, des hackers ont ciblé les équipes de campagne du président républicain Donald Trump et du candidat démocrate Joe Biden. En septembre 2021, lors des dernières élections législatives, la Commission électorale russe a dénoncé trois cyberattaques d’origine étrangère visant son site internet. Les actions effectuées par des opérateurs peuvent être le fait des propres partis en lice, comme leurs adversaires ou encore des États qui auraient plus de conciliation et d’intérêts financiers avec un prétendant plus qu’un autre.

    La Croix titre « Covid, guerre en Ukraine : le poids de l’émotion pèse sur la campagne électorale ». Car « la foule ne régit pas à la raison, mais à l’émotion. » écrivait la journaliste canadienne Naomi Klein, en 2007 dans son essai « The Shock Doctrine: The Rise of Disaster Capitalism ». (Crédits : DR)

    Concernant le ouï-dire qu’il soit prononcé le coude sur le zinc, en terrasse, entre deux bouchées des ortolans farcis tant attendus… il suffit de prendre quelques minutes de votre vie pour vérifier avec un minimum de trois sources différentes. Quant à savoir si cela est possible en France, « impossible n’est pas Français » dit l’adage. D’autant que si truquer directement l’élection proprement dite s’avère difficile, influencer les 47 947 555 inscrits sur les listes au 24 mai 2021 (Source : INSEE) est plus simple, et déjà effectuée dans de nombreux pays. C’est en ce sens que le ministre Alexandre de Moraes, du STF (Cour suprême brésilienne), a décidé que l’application de messagerie Telegram serait bloquée au Brésil, outil favori de propagande du président Jair Bolsonaro. Avant de révoquer sa décision, deux jours plus tard. Il existe pléthores façons d’influencer une élection. « Selon nos analyses, les cibles principales sont les partis politiques et les candidats » , confie Gérôme Billois, Expert en cybersécurité au cabinet de conseil Wavestone.

    Le jour de l’élection, les scores de chaque candidat seront transmis par les mairies aux préfectures, puis ces dernières les feront remonter jusqu’au ministère de l’Intérieur, en utilisant les réseaux informatiques dudit ministère. (Crédits : Alexa Fotos/Pixabay)

    « Il y a une vraie problématique, car chaque équipe de campagne doit assurer elle-même sa propre protection informatique, et en période d’élection, leur activité se démultiplie », constate-t-il. Une armée de bénévoles viennent renforcer les rangs, usant d’adresses mail privées (non chiffrées) et téléphones personnels pour échanger rapidement, une véritable caverne d’Ali-Baba pour des individus malintentionnés. Dans ce contexte, les attaques peuvent être multiples et variées. « Le piratage informatique pourrait agir comme le fioul jeté sur le feu de la désinformation ». Il peut s’agir de vol de données, d’une intrusion dans la boîte mail d’un candidat ou dans celles de l’équipe de campagne, d’une paralysie ou d’une perturbation de leur système informatique, ou encore d’une prise de contrôle du site internet du parti.