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  • Des partisans de l’ex-président du Brésil envahissent le congrès et le bâtiment présidentiel

    Des partisans de l’ex-président du Brésil envahissent le congrès et le bâtiment présidentiel

    Bolsonaro n’est plus président, mais ses partisans ne l’entendent pas de cette façon. Les aficionados de l’ancien président refusent d’accepter sa défaite électorale. Ils ont pris d’assaut le Congrès, la Cour suprême et le palais présidentiel, seulement une semaine après l’investiture de son rival de gauche, le président Luiz Inácio Lula da Silva. L’affaire n’est pas sans ressemblance avec celle concernant l’affaire Trump et l’envahissement du capitole par des partisans de l’ancien résidant de la Maison-Blanche.

    Quasiment trois ans jour pour jour, le Capitole à Washington était pris d’assaut par des dizaines de militants « trumpistes » pour empêcher la validation de l’élection présidentielle de Joe Biden. Au Brésil, hier dimanche 8 janvier 2023 des milliers d’individus effectuaient un copycat.

    https://twitter.com/tomphillipsin/status/1612165514654285824?ref_src=twsrc%5Etfw

    Ils contournaient les barricades de sécurité, grimpaient sur les toits, brisaient des fenêtres et envahissaient les trois bâtiments, qui sont reliés par la vaste place des Trois Pouvoirs à Brasilia. « Certains appellent à une intervention militaire pour rétablir le pouvoir de Bolsonaro »,, relate ABCNews.

    Des manifestants pro-trump devant le capitole le 6 janvier 2020. Trois années sont passées, les mêmes images se déroulent en Amérique du sud. (Crédits : Joseph Prezioso/AFP)

    Sur les réseaux sociaux, des vidéos et des photos des scènes sont publiées. Elles montrent des foules envahissant et saccageant le palais présidentiel et la Cour suprême. Les « Bolsonaristas », qui définissent les groupes ou essaims de partisans de Bolsonaro.

    Les images datent de trois ans, elles ressemblent trait pour trait aux images prises par les agences de presse ce dimanche 8 janvier 2023. (Crédits : Samuel Corum/Getty images/AFP)

    Les incidents qui remémorent l’invasion du Capitole américain le 6 janvier 2020, un événement contre lequel de nombreux analystes politiques et le pouvoir judiciaire de Bolsonaro ont mis en garde depuis des mois, ou auraient-ils en martelant les différentes mises en garde créer un stimuli ?

    Depuis la victoire M. da Silva le 30 octobre 2022, les partisans de M. Bolsonaro protestaient en campant devant des casernes dans tout le pays, incendiant des véhicules, bloquant des routes et en demandant aux forces armées d’intervenir. « Cette tentative absurde d’imposer leur volonté par la force ne prévaudra pas », a tweeté le ministre de la Justice, Flavio Dino. « Le gouvernement du district fédéral a assuré qu’il y aurait des renforts. Et les forces à notre disposition sont à l’œuvre ». Les forces de l’ordre ont évacué le Congrès brésilien, la Cour suprême et le palais présidentiel à Brasilia, plus de quatre heures après l’assaut des partisans du président déchu. Selon les médias brésiliens, au moins 200 « bolsonaristes », vêtus de jaune et de vert, ont été arrêtés.

  • Un Génocide, késako ?

    Un Génocide, késako ?

    Le terme a été utilisé le 12 avril 2022 par le président américain Joe Biden, puis par le Premier ministre canadien, Justin Trudeau pour qualifier les actions perpétrées en Ukraine. Biden a accusé son homologue russe Vladimir Poutine de mener un « génocide » en Ukraine. Ce mot était jusque-là employé par Volodymyr Zelensky, mais jamais par l’administration de l’oncle Sam. En France, Emmanuel Macron tempérait son usage, au grand dam du pouvoir ukrainien, jugeant sa position de « décevante », mais qu’est-ce qu’un génocide ?

    L’Organisation des Nations unies, anciennement la Société des Nations, à la sortie de la Seconde Guerre mondiale définissait le « génocide ». Il est issu du grec genos (race) et du latin cide (tuer). Il désigne l’extermination physique, intentionnelle, systématique et préméditée d’un groupe humain ou d’une partie d’un groupe en raison de ses origines. L’expression est employée pour la première fois par son créateur, Raphaël Lemkin (1900-1959), réfugié polonais de confession juive, professeur de droit international aux États-Unis. Marqué par les violences de masse en Arménie (1915), il souhaitait un nouveau terme pour définir et rendre compte de l’ampleur, de la nature des crimes nazis. S’il n’est pas encore usité lors du procès de Nuremberg (1945-1946).

    « Oui, j’ai parlé de génocide parce qu’il est devenu de plus en plus clair que Poutine essaie simplement d’effacer l’idée de pouvoir être ukrainien et les preuves s’accumulent », martelait Biden. Le 23 décembre 2021, il signait la loi sur la prévention du travail forcé chez les Ouïghours, dans le contexte du génocidaire au Xinjiang. (Crédits : Al Drago/REUTERS)

    Il est aujourd’hui présent dans l’article 6 du statut de la Cour pénale internationale. La résolution 96 du 11 décembre 1946, de l’ONU définit le génocide de l’un quelconque des actes ci-après, commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel :

    • Meurtre de membres du groupe
    • Atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe
    • Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle
    • Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe
    • Transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe

    L’adoption de la convention sur le génocide date du 9 décembre 1948, et entre en vigueur le 12 janvier 1951. Si 149 États l’ont signé, peu d’entre eux ont ratifié les 18 traités internationaux relatifs aux droits de l’homme. D’ailleurs, la convention ajoute dans l’article III que seront punis les actes suivants, à savoir, le génocide, l’entente en vue d’en commettre un, l’incitation directe et publique à le commettre, sa tentative et la complicité dans le génocide. À ce jour, trois génocides sont reconnus par l’ONU. Elle admet le génocide des Arméniens perpétré par l’Empire ottoman, en 1915-1916, celui des Juifs par les nazis, de 1941 à 1945, et le génocide des Tutsis commis par le pouvoir hutu, au Rwanda, en 1994.

    Violences et Génocides

    La différence entre violence menée contre une ethnie et un génocide est l’apanage des historiens, et juristes. Ainsi, l’Allemagne reconnaît, en 2015 les cruautés contre les Héréros et les Namas en Namibie entre 1904 et 1905. Le massacre des Cambodgiens de 1975 à 1979 est discuté, l’objectif des Khmers rouges ayant été dans un but d’uniformisation idéologique, ethnique et religieuse. Leur peuple et non de destruction (près de 2 millions de morts). Les brutalités perpétrées durant la guerre de libération du Bangladesh en 1971, une campagne de viol des femmes et l’épuration ethnique font partie de la répression à outrance de la rébellion bengalie par l’armée pakistanaise et des milices islamistes.

    Justin Trudeau tenait des propos similaires à la déclaration d’Emmanuel Macron : « Je dirais que la Russie a déclenché d’une manière unilatérale une guerre brutale, qu’il est maintenant établi que des crimes de guerre ont été faits par l’armée russe et qu’il faut maintenant en trouver les responsables ». (Crédits : Sean Kilpatrick/La Presse canadienne)

    Sans oublier celles que subirent les Amérindiens par le peuple qu’allaient devenir les citoyens des États-Unis d’Amérique, mais il est juridiquement nécessaire de définir, voire d’élargir le terme de Génocide. Des historiens défendent le principe de la prise en compte de certains massacres, ou mortalités de masse, qui permettrait d’éviter une forme de banalisation. Des cas évoluent, tels la suite donnée à la Guerre du Darfour, et emprisonnement de Omar el Bechir. Le 14 décembre 2019, il est incarcéré pour deux ans. Il est mis en accusation par la Cour pénale internationale pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre dans le cadre de la guerre du Darfour, sans être à ce jour, jugé… car non rendu par la République du Soudan à la CPI.

    Envolées lyriques de dirigeants

    Outre-Atlantique, les prises de parole sont devenues joutes verbales s’amusant de la communication, pour permettre ou non de diriger les sentiments des différents peuples, sans que ces derniers ne puissent vérifier les dires des journalistes et médias. « Il est de plus en plus clair que Poutine essaie simplement d’effacer l’idée même de pouvoir être un Ukrainien », développait le président américain lors d’un déplacement dans l’Iowa. Pour l’homme d’État, il est avare de doute, « Nous laisserons les juristes décider au niveau international s’il s’agit ou non d’un crime, mais il me semble que c’est le cas ». Jake Sullivan, conseiller à la sécurité nationale enchérissait, car « sur la base de ce que nous avons vu jusqu’à présent, nous avons vu des atrocités. Nous avons vu des crimes de guerre. Nous n’avons pas vu un niveau de privation systématique de la vie du peuple ukrainien qui s’élève au niveau du génocide. »

    « Il existe de fait un risque de dérive verbale, le terme étant souvent employé dans le but de frapper les consciences. » Le président de la République française et candidat à sa réélection s’est voulu plus modéré, évoquant que l’escalade des mots ne servait aucunement.

    Joe Biden affirmait que les « preuves s’accumulaient » sur les « choses horribles qu’ont faites les Russes en Ukraine », il prédisait que le monde « en découvrirait encore davantage sur la dévastation ». Un autre président américain, Georges W. Bush persuadait quasiment l’entièreté de la planète Terre que des armes de destructions massives se trouvaient en Irak… l’Histoire amène toujours la vérité, tôt ou tard… Plus au nord, Justin Trudeau estime « qu’on peut de plus en plus parler de génocide » en Ukraine. Il évoquait d’ailleurs que les atrocités perpétrées par « […] l’armée russe, que Poutine est en train de commettre en Ukraine », sont « tout à fait inacceptables » mentionnant notamment les attaques délibérées contre des civils et l’utilisation de la violence sexuelle comme arme de guerre, mais pas au point d’envoyer des troupes de l’OTAN sur le terrain.

    Le président russe Vladimir Poutine dénonçait le 15 février 2022, lors d’une conférence de presse organisée à la suite des entretiens russo-allemands que « selon nos estimations, ce qui se passe aujourd’hui dans le Donbass est un génocide. » (Crédits : Oleksandr Klymenko/REUTERS)

    Sur la tempérance du président français, le porte-parole de la diplomatie ukrainienne, Oleg Nikolenko, réagissait promptement, jugeant « décevante » la position de la présidence française. « S’ils sont vrais, de tels propos sont très blessants pour nous », déclarait Volodymyr Zelensky lors d’une conférence de presse commune avec les chefs d’État polonais, lituanien, estonien et letton, en visite à Kiev. « Je ferai de mon mieux pour discuter de cette question avec M. Macron aujourd’hui. Si ce n’est pas le cas, alors demain, quand il trouvera le temps », a-t-il ajouté. La Russie, de son côté, se défend en dénonçant une « mise en scène » et des « falsifications » orchestrées par les Ukrainiens et destinées à lui nuire. Il y a donc un enjeu intellectuel et pédagogique dans l’emploie du terme « génocide » à bon escient, comme « stratégie ». Une typologie des violences de masse existe, ce qui donne des nuances d’approches. L’ethnocide est l’éradication culturelle d’un groupe sans qu’il n’y ait nécessairement massacre de masse, l’épuration ethnique est son éradication d’un territoire, et le politicide qui est le massacre d’un groupe pour raisons politiques.

  • La Guerre, késako ? (deuxième partie)

    La Guerre, késako ? (deuxième partie)

    Il existe un discours, une langue qu’apprennent les officiers supérieurs dans l’Art de la Guerre, cours dispensé à l’École de Guerre. Il peut paraître abscons, obscur ou incompréhensible que les conflits devenant des Guerres soient régis par un langage, voir de bonnes manières. C’est ainsi qu’il apparaît une stratégie, une conduite de l’armée, terme utilisé à tort et à travers dans le domaine civil. Il n’y a également pas de gentils et de méchants, mais des belligérants ou neutre dans un conflit comme une guerre.

    Les guerres ne sont plus politiques, mais religieuses, ou écologiques, mais sans nul doute climatiques selon l’évolution de notre planète et de nos comportements dans les années à venir. « Quelque soit le projet sur lequel on s’affronte, religieux, économique, idéologique, à partir du moment où il y a enjeu de pouvoir, entre collectivités, nous sommes dans le domaine politique », martèle Martin Motte. Le plus grand stratège du XIXe siècle Carl von Clausewitz affirmait que « la guerre est la continuation politique par d’autres moyens. La guerre est un caméléon ».

    Il ne faut pas grand chose pour déclencher un conflit, une guerre, vous connaître vous et vôtre adversaire, et le final recherché, le reste est stratégie. La dépêche de « Ems » est un papier qui froissa l’Ego de Napoléon III pour le précipiter dans une guerre, alors que sa préparation n’était pas achevée. (Crédits : DR)

    Le 29 septembre 1806, la Prusse mobilise son armée contre Napoléon. Le capitaine Clausewitz écrivit à sa fiancée qu’il ne doutait pas de la victoire. En quinze jours l’empereur anéantit sa confiance. L’officier est fait prisonnier de guerre, il passera deux ans en France et en Suisse. Il en tirera des enseignements qui changeront à jamais sa vision des conflits. « Le premier, le plus important, le plus décisif acte de jugement qu’un homme d’État, ou un commandant en chef exécute consiste dans l’appréciation correcte du genre de guerre qu’il entreprend, afin de ne pas la prendre pour ce qu’elle n’est pas et de ne pas vouloir en faire ce que la nature des circonstances lui interdit d’être ».

    Culture, communication et stratégie

    La stratégie selon le général André Beaufre est « l’art de la dialectique des volontés employant la force pour résoudre leur conflit. » De son côté le général de Gaulle assurait que « la culture générale est la véritable école du commandement ». Car si vous accumulez des connaissances en histoire, géographie, en politique, en économie sans oublier l’histoire des religions et des philosophies, vous obtiendrez une meilleure compréhension du camp antagoniste. Sun Tzu dans l’art de la guerre, le travail du stratège est de créer des conditions favorables. Puis vient le jeu de dupe, soit cacher ses troupes en les camouflant dans des localités, bois, forêts, ou au contraire laisser croire en intoxicant l’adversaire que les forces sont innombrables.

    « L’opération fortitude de 1944, où les alliés ont déployé des chars factices sur la rive britannique du Pas-de-Calais pour faire croire aux Allemands que le débarquement aurait lieu précisément dans le Pas-de-Calais », distille Martin Motte, Historien et directeur d’étude à l’École pratique des Hautes Études (EPHE). Ici un char américain. (Crédits : DR)

    Dans l’émission spéciale de C politique la suite du 13 mars 2022, le général de division Vincent Desportes, répond à Roger Cohen, journaliste, chef du bureau du New-York Times à Paris indiquant que Poutine serait fou et irrationnel. « Il n’est pas tombé dans quelque chose qui est irrationnel, mais qui fait partie de sa propre rationalité […] Je crois que la plus grande erreur c’est de dire que quelqu’un est fou. Si vous voulez comprendre l’autre vous ne devez pas avoir une explication psychologique, vous devez chercher à comprendre quels sont ses intérêts, quel est son mode de raisonnement », martèle le Général.

    Il a ce que, nous militaire, appelons un final recherché, il s’aperçoit qu’il n’y arrive pas […] il va donc progressivement monter en violence

    Général de division vincent desportes. ancien directeur de l’école de guerre. c pol 13/03/22

    Daphné Rousseau, journaliste à l’AFP, intervenait dans l’émission « C Politique la suite » du 13 mars 2022 sur France5 dont le titre était « L’Ukraine est-elle en train de gagner la bataille des images ? ». Elle indique qu’il est nécessaire de se méfier des images, mots et autres moyens de communiquer, car elle fut confrontée à une scène incroyable, sur le sol ukrainien. Elle raconte que les journalistes de différents médias sont invités par les services secrets ukrainiens à une conférence de presse avec dix prisonniers russes.

    Propagande : nom féminin (latin congregatio de propaganda fide, congrégation pour propager la foi, de propagare, propager). Est l’action systématique exercée sur l’opinion pour lui faire accepter certaines idées ou doctrines, notamment dans le domaine politique ou social : La propagande électorale. (Crédits : Tayeb Mezahdia/Pixabay)

    « […] Puants, les larmes aux yeux, préparés par un petit briefing, lequel on entendait tout à travers la porte, comprenez ce que vous avez fait, regardez les gens que vous avez tué, vos mères pensent que vous êtes morts… puis ils alignent ces soldats face à des journalistes pour leur faire dire à quel point le président Poutine est fou […] ». La journaliste indique que les campagnes de propagande quelques soit le côté, peuvent et pourraient aller bien plus loin encore, et qu’en tant que journaliste il faut garder la tête froide. Et surtout se méfier des comparaisons, entre les images que les médias partagent et ce que vit la population, car il n’y a aucune mesure, et surtout coller le plus au réel.

    La stratégie avant tout

    Pour Sun Tzu, la planification stratégique doit commencer par l’étude des cinq facteurs fondamentaux que sont l’influence morale, les conditions météorologiques, le terrain, l’autorité du général et la doctrine. Tout dépend de votre force et de votre aptitude à communiquer dans le sens premier du terme. Ainsi la victoire découle d’une appréciation correcte du rapport de forces, chaque protagoniste se doit de fausser la perception de son adversaire en usant de dissimulation, de ruse et d’intoxication (opération fortitude) : « Proche, faites croire que vous êtes loin, et loin, que vous êtes proche ». La provocation est un moyen comme un autre. Bismarck en 1870, trafiquait la fameuse « dépêche d’Ems » pour humilier Napoléon III et le forcer à déclarer la guerre à la Prusse alors que l’armée française n’avait pas fini ses préparatifs.

    Il obéit forcément à un mode de raisonnement

    Général de division vincent desportes. ancien directeur de l’école de guerre. C pol 13/03/22

    « Plus près de nous, il est probable qu’Al-Qaïda, en frappant le World Trade Center, a voulu pousser les États-Unis à une réaction irréfléchie, et de fait l’invasion de l’Irak n’a guère servi leur image internationale… », note Martin Motte. Le principal ennemi n’est pas celui auquel nous pensons. Comme dans la vie quotidienne, la seule limite est celle que vous vous imposez. « Connaissez l’ennemi et connaissez-vous vous-même ; en cent batailles, vous ne courrez jamais aucun danger. Quand vous ne connaissez pas l’ennemi, mais que vous vous connaissez vous-même, vos chances de victoire ou de défaite sont égales. Si vous êtes à la fois ignorant de l’ennemi et de vous-même, vous êtes sûr de vous trouver en péril à chaque bataille ».

    En ordre rangé

    L’idéal dicte l’ordre des priorités. Ainsi, il faut s’attaquer à la stratégie de l’ennemi, et ne surtout pas le sous-estimer en le prenant pour fou. Chaque individu possède son raisonnement, il peut être à l’inverse du vôtre contradictoire, loufoque, voire grossier, mais il existe. L’entendre est saisir la voie de la réussite, le comprendre, la victoire. Transformer votre point faible, par ruse, tactique ou stratégie et rendre celui-ci votre plus grand atout. Autrement dit, manœuvrer pour inverser le cours de la bataille, afin d’obtenir une supériorité locale alors que vous êtres infériorité globale. « En conséquence, le général avisé veille à ce que ses troupes se nourrissent sur l’ennemi, car un boisseau de vivres pris à l’ennemi équivaut à une vingtaine des siens ».

    L’art de la guerre peut s’apparenter aux échecs. Votre ouverture fixe l’attention de l’adversaire, ce qui vous rend extraordinaire est d’exploiter cette fixation en portant ailleurs un coup auquel l’ennemi ne s’attend pas. (Crédits : Rick Brown/Pixabay)

    Alors, pour sortir d’un conflit, d’une guerre, il faut comprendre le but du belligérant adverse, ne pas le prendre pour fou, ne pas le sous-estimer, cerner son raisonnement… mettre en contraste l’histoire de la région, des peuples, ethnies, religions, politiques qui font ce qu’ils sont. Comme il est impossible de comparer l’Europe avec son histoire, à travers les siècles et confronter celle des États-Unis, sans adjoindre l’Histoire des Amérindiens. La guerre à son école, dont l’enseignement est distillé par des individus ayant les capacités à transmettre à d’autres, militaires, ayant la faculté de l’enregistrer et de l’appliquer sur le terrain. À suivre…

  • Iberdrola, distributeur d’électricité ibérique attaqué

    Iberdrola, distributeur d’électricité ibérique attaqué

    Ce jeudi 31 mars 2022, l’Institut national de cybersécurité (Incibe) avertissait que la société I-DE Redes Eléctricas Inteligentes, distributeur d’électricité du groupe Iberdrola avait subi une cyberattaque. Les données de 1,3 million de clients étaient exposées, bien qu’elle ait été résolue le jour même, le 15 mars, où elle a eu lieu, explique Incibe. Ce n’est que le lendemain, une fois la brèche colmatée, que l’entreprise a détecté des offensives massives qui n’ont pas atteint leur objectif, indiquait la compagnie.

    Dans le communiqué de presse, la multinationale ibérique de distribution d’électricité tente de rassurer ses abonnés en spécifiant que « nous vous informons que nous avons subi une cyberattaque de nos systèmes d’information. L’incident, qui a maintenant été rectifié, a entraîné l’accès aux données de certains de nos clients. Nous vous informons qu’en aucun cas ils n’ont eu accès aux données financières (compte courant ou carte de crédit) ou aux données de consommation électrique. » Seules les indications relatives au prénom, nom, le numéro d’identification, l’adresse de domicile, le téléphone et le courriel ont fuité. Ces seules données suffisent à établir des faux en écritures concernant les identités, mais aussi de pouvoir créer des contrats avec un nouveau fournisseur d’électricité. Une plainte auprès de la Brigade centrale d’investigation technologique de la police nationale et l’information de l’attaque pour l’Agence espagnole de protection des données ont été effectuées.

    Des attaques auraient eu lieu à Cercanías, au Congrès des députés et dans d’autres institutions européennes. La société de Ignacio Galán est devenue jeudi 31 mars 2022 la première firme espagnole en valeur sur le marché boursier, et principal investisseur espagnol sur le sol américain pour les énergies renouvelables. (Crédits : capture d’écran)

    Le quotidien El Mundo révèle qu’après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le gouvernement américain aurait avisé la compagnie ibérique, qu’elle faisait partie des groupes susceptibles de subir une cyberattaque russe de grande envergure. Iberdrola n’a rien dit à ce sujet, seule confirmation, elle admet avoir essuyé des tentatives de piratage de ses bases de données qui ont affecté 1,3 million de clients. « Nous avons été avertis par les autorités américaines », indiquaient les sources d’Iberdrola, qui expliquent que cette recommandation était liée à « la situation critique que nous vivons », en référence au conflit armé entre la Russie présidée par Vladimir Poutine, et l’Ukraine de Wolodymyr Selenskyy.

  • USA: une fraude à près de 600 milliards de dollars

    USA: une fraude à près de 600 milliards de dollars

    Impressionnant, monumental, incroyable… les superlatifs manquent tellement la fraude, révélée, qui émeut les États-Unis est gigantesque. Le plan d’aide du au SARS-CoV-2 sur le sol américain connu sous l’acronyme PPP a été détourné de sa vocation, épauler les personnes en maintenant leurs rémunérations, sauf que… pourquoi uniquement les Américains auraient été victimes de ce genre de malversation, pourquoi elle n’aurait touché que le seul sol américain, et pourquoi pas les autres pays que compte notre globe terrestre.

    À défaut de jouer à la loterie nationale, il est plus facile, semble-t-il, de dérober, l’argent destiné à la survie financière des individus que de tenter régulièrement sa chance. Le fonctionnaire en charge de l’aide dite « Covid » déclarait à Lester Holt de NBC News, que les programmes comme le « PPP » (Programme de protection des salaires) étaient structurés d’une manière qui était « une invitation » aux fraudeurs, mis en place par le gouvernement du président Biden. Que penseriez-vous, d’une personne qui passant devant un achalandage de commerçant en fruits et légumes prendrait une pomme, parce que l’étal n’est pas surveillé, est-ce une invitation ? Que penseriez-vous, d’une personne qui voyant une jeune femme en jupe, balayée pudiquement pas le vent d’été se permettrait une agression sexuelle au prétexte que sa tenue serait une invitation ? Que penseriez-vous, d’une personne qui… bref vous avez compris.

    « Faites une demande, signez et dites-nous que vous avez vraiment droit à l’argent, indiquait Michael Horowitz, président du Comité de responsabilité de la réponse à la pandémie. Et, bien sûr, pour les fraudeurs, c’est une invitation. … Ce qui n’a pas été fait, c’est qu’il n’y a pas eu de contrôles minimaux pour s’assurer que l’argent parvenait aux bonnes personnes au bon moment. »

    « Les procureurs ont déclaré que Mustafa Qadiri, 38 ans, d’Irvine, en Californie, a utilisé le fonds du programme de protection des salaires pour acheter trois voitures coûtant six chiffres chacune, dont cette Ferrari 458 Italia 2011. » (Crédits : Bureau du procureur des États-Unis, Los Angeles)

    Les procureurs outre-Atlantique s’offusquent de ce qu’ils désignent comme la plus grande fraude de toute l’histoire des États-Unis. Kevin Chambers, qui a été nommé procureur en chef, a affirmé qu’il mettait en place des équipes pour analyser « une quantité presque choquante de données ». « Les gens ont acheté des maisons de vacances, des Bentley et des Rolex. Il se peut que nous ne récupérions pas tout l’argent, mais ce n’est pas le seul intérêt d’intenter ces procès », poursuivait-il. Sans oublier des manoirs, des vols en jet privé, des vacances de luxe…

    L’escroquerie épique a été effectuée, d’après les procureurs, par des criminels individuels ou des groupes organisés utilisant des identités volées pour réclamer des allocations de chômage aux agences de main-d’œuvre des États qui versent les fonds fédéraux. « Chaque identité peut valoir jusqu’à 30 000 dollars de prestations », selon Horowitz.

    Un exemple parmi tant d’autre passé comme à venir, le ministère de la Justice accusait une star de la télé-réalité d’Atlanta de fraude bancaire après avoir obtenu un prêt PPP de 3,7 millions de dollars. Elle aurait utilisé le produit de ce prêt pour acheter 85 000 dollars de bijoux (une montre Rolex présidentielle, un bracelet en diamants et une bague en diamants de 5,73 carats), pour louer une Rolls-Royce Wraith 2019, pour effectuer des paiements de prêt et pour payer 40 000 $ de pension alimentaire pour enfants. Au final, Maurice Fayne écope de 17,5 ans de prison.

    Maurice Fayne, qui a joué dans Love & Hip Hop, a été condamné par la justice de son pays à 17 années de réclusion criminelle pour conspiration et fraude électronique, fraude bancaire et fausse déclaration dans le cadre du fameux programme de protection des salaires (PPP). (Crédits : Gettyimages)

    Une spoliation de l’aide aux personnes dans un besoin vital de survie dans un lieu où le rêve peut se transformer en cauchemar américain, et sans, à priori, aucun scrupule, jusqu’à preuve du contraire. Certains, indiquent les médias au pays de l’oncle Sam, auraient acquis leur richesse en participant à ce que les experts considèrent comme un vol de 80 milliards de dollars. Le montant présumé du préjudice, tant qu’un jugement ne déclare pas les prévenus coupables des crimes dont ils seraient accusés, s’ajouterait aux 90 à 400 milliards de dollars supplémentaires. Pour rappel la somme complète du PPP était de 900 milliards de dollars du programme d’aide. L’escroquerie totale, même si les estimations sont gonflées, pourrait rivaliser avec les 579 milliards de dollars. À ce jour, 178 ont été condamnées à dans des affaires dites de fraude au PPP, de nombreuses enquête sont encore en cours.

  • Fraude à l’élection présidentielle française

    Fraude à l’élection présidentielle française

    Quel serait votre état d’esprit, si au lendemain de la proclamation de la personne élue au poste de président de la République française, celle-ci était entachée d’une fraude avérée ? Qui plus est lorsqu’elle est fortement suspectée en fonction du ressenti de chaque électeur. Oui, l’être humain fonctionne à l’émotion plus qu’à l’information. Existe-t-il un précédent ? Est-ce possible en France ? Puisque toute rumeur distillée par « radio moquette » est susceptible de voir le jour, quelles sont les conduites à tenir ? Que disposent les lois du Code électoral en ce sens ?

    La fraude dite électorale désigne toutes irrégularités pouvant se dérouler pendant un scrutin. Elle peut concerner les opérations électorales elles-mêmes, des manœuvres constatées pendant la durée de la campagne, et même après les résultats officiels. Alors que plus de 30 % des collectivités locales ont subi une infection par codes malveillants de type ransomware, que risque l’élection présidentielle française ? En ce qui concerne les machines à voter, 63 communes françaises de plus de 3 500 habitants en sont équipées, représentant 1,3 million d’électeurs. « Un seul modèle de machine à voter est utilisé en France, le modèle ESF1 de la société néerlandaise NEDAP commercialisé par la société France Élections qui n’a aucun lien avec la société Dominion », affirment les services du ministre de l’intérieur Gérald Darmanin. Pour autant trois arrêtés, selon les sources dudit ministère de l’intérieur semblent indiquer le contraire :

    L’article L118-3 dispose trois cas où l’élu de la République peut être destitué, comme le fut Al Capone pour fraude fiscale. « Lorsqu’il relève une volonté de fraude ou un manquement d’une particulière gravité aux règles de financement des campagnes électorales, le juge de l’élection, saisi par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques », alors peut être déclaré inéligible :

    • Le candidat qui n’a pas déposé son compte de campagne dans les conditions et le délai prescrits à l’article L. 52-12
    • Le candidat dont le compte de campagne, le cas échéant après réformation, fait apparaître un dépassement du plafond des dépenses électorales
    • Le candidat dont le compte de campagne a été rejeté à bon droit

    L’inéligibilité est prononcée pour une durée maximale de trois ans et s’applique à tous les scrutins. Toutes sauf sur les mandats acquis antérieurement à la date de la décision. « Si le juge de l’élection a prononcé l’inéligibilité d’un candidat ou des membres d’un binôme proclamé élu, il annule son élection ou, si l’élection n’a pas été contestée, déclare le candidat ou les membres du binôme démissionnaires d’office. » Le Conseil constitutionnel est saisi, pour les présidentielles, par les préfets, par les candidats ou par lui-même, notamment après une réclamation des électeurs portée sur le procès-verbal de dépouillement établi à l’issue du décompte des voix dans chaque bureau de vote.

    Le scandale Cambrige Analytica

    Facebook avait estimé à environ 87 millions le nombre de ses utilisateurs « piégés » au Royaume-Uni pour favoriser le Brexit, mais aussi aux États-Unis afin de faciliter l’accession de Donald Trump à la Maison-Blanche en 2016. « De nouveaux documents révèlent que la Malaisie, le Kenya, le Brésil et plus de 60 autres pays pourraient être également concernés par les manipulations de l’entreprise britannique », écrivait La Croix. Cambridge Analytica est une société spécialisée dans l’analyse comportementale. L’objectif est de récolter des informations sur les individus pour connaître leurs biais d’influence. La firme met ses bases de données au service de ceux qui veulent optimiser l’efficacité de campagnes de communication.

    Ce n’est pas illégal, amoral selon vos convictions, mais pas illégal. Cette méthode permet numériquement de faire apparaître plus souvent dans votre champ de vision le sujet.
    Un film sorti en 2015 illustre ces propos, « Focus » avec Will Smith et Margot Robbie.

    Un meilleur ciblage de l’audience se targue Cambridge Analytica : « Le big data a révolutionné la façon dont les organisations identifient et localisent leurs meilleurs prospects. […] Cambridge Analytica construit un avenir […] en montrant aux organisations non seulement où se trouvent les gens, mais aussi ce qui les intéresse vraiment et ce qui motive leur comportement. […] nous utilisons la modélisation des données et le profilage psychographique pour développer les audiences, identifier les influenceurs clés et entrer en contact avec les gens de manière à les inciter à agir. »

    La guerre de la communication

    Vol de données, prise de contrôle d’un site Web, intrusion dans la sphère numérique d’un candidat, désinformation… tous les moyens sont bons. Aux États-Unis en 2016 des milliers de mails d’Hillary Clinton sont publiées. En 2017, environ 70 663 mails et documents, soit 15 Go, sont divulgués. En 2020, des hackers ont ciblé les équipes de campagne du président républicain Donald Trump et du candidat démocrate Joe Biden. En septembre 2021, lors des dernières élections législatives, la Commission électorale russe a dénoncé trois cyberattaques d’origine étrangère visant son site internet. Les actions effectuées par des opérateurs peuvent être le fait des propres partis en lice, comme leurs adversaires ou encore des États qui auraient plus de conciliation et d’intérêts financiers avec un prétendant plus qu’un autre.

    La Croix titre « Covid, guerre en Ukraine : le poids de l’émotion pèse sur la campagne électorale ». Car « la foule ne régit pas à la raison, mais à l’émotion. » écrivait la journaliste canadienne Naomi Klein, en 2007 dans son essai « The Shock Doctrine: The Rise of Disaster Capitalism ». (Crédits : DR)

    Concernant le ouï-dire qu’il soit prononcé le coude sur le zinc, en terrasse, entre deux bouchées des ortolans farcis tant attendus… il suffit de prendre quelques minutes de votre vie pour vérifier avec un minimum de trois sources différentes. Quant à savoir si cela est possible en France, « impossible n’est pas Français » dit l’adage. D’autant que si truquer directement l’élection proprement dite s’avère difficile, influencer les 47 947 555 inscrits sur les listes au 24 mai 2021 (Source : INSEE) est plus simple, et déjà effectuée dans de nombreux pays. C’est en ce sens que le ministre Alexandre de Moraes, du STF (Cour suprême brésilienne), a décidé que l’application de messagerie Telegram serait bloquée au Brésil, outil favori de propagande du président Jair Bolsonaro. Avant de révoquer sa décision, deux jours plus tard. Il existe pléthores façons d’influencer une élection. « Selon nos analyses, les cibles principales sont les partis politiques et les candidats » , confie Gérôme Billois, Expert en cybersécurité au cabinet de conseil Wavestone.

    Le jour de l’élection, les scores de chaque candidat seront transmis par les mairies aux préfectures, puis ces dernières les feront remonter jusqu’au ministère de l’Intérieur, en utilisant les réseaux informatiques dudit ministère. (Crédits : Alexa Fotos/Pixabay)

    « Il y a une vraie problématique, car chaque équipe de campagne doit assurer elle-même sa propre protection informatique, et en période d’élection, leur activité se démultiplie », constate-t-il. Une armée de bénévoles viennent renforcer les rangs, usant d’adresses mail privées (non chiffrées) et téléphones personnels pour échanger rapidement, une véritable caverne d’Ali-Baba pour des individus malintentionnés. Dans ce contexte, les attaques peuvent être multiples et variées. « Le piratage informatique pourrait agir comme le fioul jeté sur le feu de la désinformation ». Il peut s’agir de vol de données, d’une intrusion dans la boîte mail d’un candidat ou dans celles de l’équipe de campagne, d’une paralysie ou d’une perturbation de leur système informatique, ou encore d’une prise de contrôle du site internet du parti.

  • L’Ukraine prends un coup de « Katana »

    L’Ukraine prends un coup de « Katana »

    L’invasion de l’Ukraine par la Russie est prévue pour « 3 heures du matin aujourd’hui » avec une attaque de missiles et de chars titrait le journal britannique Mirror, le 15 février 2022. Elle ne fut pas sur terre, mais sur la toile. Dans la soirée du 15 février, des hackeurs ont lancé une offensive DDoS contre les sites de deux banques ukrainiennes et plusieurs sites gouvernementaux. Le portail web officiel du ministère ukrainien de la Défense a probablement souffert d’attaques DDoS, indiquait-il sur sa page Facebook.

    Ce mardi 15 février 2022, le site Web du ministère ukrainien de la Défense et des forces aéroportées ukrainiennes a été perturbé. Privatbank et Oshchadbank ne fonctionnent pas. Le 20 février, Cado Security identifiait « la source probable de ces attaques comme étant un botnet appelé Katana, dont la préparation a commencé au moins dès le dimanche 13 février. » Mardi et mercredi dernier, plusieurs sites Web ukrainiens ont été mis hors ligne en raison d’attaques par déni de service (DDoS). Les sites touchés comprenaient des banques, Privatbank et Oschadbank, les deux banques visées, dont les distributeurs ont été brièvement affectés, le site de l’état-major des armées et celui du ministère de la Défense sont, quant à eux, restés inaccessibles pendant plusieurs heures.

    « Ces dernières heures, l’Ukraine a été la cible de multiples attaques DDoS. Selon @kentikinc, les cibles comprennent Mirohost (AS28907), qui héberge les sites Web de l’armée ukrainienne, ainsi que Privatbank (AS15742), l’une des plus grandes banques de l’UA », expliquait @DougMadory (Crédits : Kentikick)

    La confirmation du ministère ukrainien ne se faisait pas attendre : « Le site Web du ministère de la Défense a probablement été attaqué par un DDoS. Un nombre excessif de requêtes par seconde a été enregistré. Des travaux techniques de rétablissement du fonctionnement régulier sont en cours ». Les attaques, selon les experts en cybersécurité, non pas particulièrement réussies, la combinaison d’un certain nombre de méthodes différentes implique un niveau de sophistication supérieur à la plupart des attaques DDoS. L’intention derrière ces attaques peut être considérée dans le contexte d’activités malveillantes antérieures.

    Les noms de fichiers (KKveTTgaAAsecNNaaaa et a2b1d5g2e5t8vc) correspondent à un botnet nommé Katana, qui est en fait une variante de Mirai dotée de capacités DDoS améliorées, comme le montre le code source de Katana, explique Cado Security dans son analyse technique. (Crédits : Cado Security)

    Le déploiement de pièces sur l’échiquier peut déstabiliser l’adversaire, et le pousser à commettre une faute. En janvier 2022, la défiguration de sites Web ukrainiens était destinée à provoquer un sentiment de panique. Des signes avant-coureurs dans le passé. Les cyberattaques usant le logiciel malveillant BlackEnergy, juste avant le conflit géorgien en 2008, et plus récemment les attaques destructrices contre le réseau électrique ukrainien en 2015, plongeant le pays dans le black-out total. « Cette attaque est sans précédent, elle a été préparée et son objectif principal était de déstabiliser, de semer la panique et de créer le chaos dans notre pays », déclarait Mykhailo Fedorov, ministre ukrainien de la transformation numérique, mercredi 16 février 2022.

    Un jeu d’échecs

    Il existe de nombreuses ouvertures pour des joueurs d’échecs, de l’Espagnole Ruy Lopez au Gambit de la Dame, qui plus est pour des maîtres. « Les unités du district fédéral du Sud ayant achevé leur participation à des manœuvres tactiques sur les bases de la presqu’île de Crimée sont en train de retourner vers leurs bases d’attache par voie ferrée », indiquait le ministère russe de la Défense aux agences russes. Lundi 21 février 2022, Vladimir Poutine reconnaissait l’indépendance des régions séparatistes de l’Ukraine, suscitant des craintes d’attaques militaires. De plus sa déclaration nomme les deux régions « République populaire de Louhansk » et « République populaire de Donetsk ».

    Le protocole de Minsk est un accord signé le 5 septembre 2014 par les représentants de l’Ukraine, de la Russie, de la République populaire de Donetsk (DNR) et de la République populaire de Lougansk (LNR) pour mettre fin à la guerre en Ukraine orientale. (Crédits : DR)

    Elles sont des territoires non reconnus, créés par des séparatistes soutenus par la Russie dans la région de Donbas, dans l’est de l’Ukraine. Le président russe demande aux législateurs de reconnaître l’indépendance de deux régions ukrainiennes. Une telle décision constituerait une violation unilatérale des accords de Minsk, déclarait le chancelier allemand Olaf Scholz. De son côté, l’administration Biden annoncait que les États-Unis allaient répondre par des sanctions économiques limitées, et d’autres à venir. Les présidents américain, Joe Biden et ukrainien, Volodymyr Zelenskyy ont échangé durant 35 minutes, selon un responsable de la Maison-Blanche. La Maison-Blanche a indiqué que son pensionnaire avait également convoqué ses homologues français et allemand, Emmanuel Macron et Olaf Scholz.

  • Arrestation digne d’un film d’espionnage

    Arrestation digne d’un film d’espionnage

    C’est un nouveau film qui pourrait naître, ou bien un volet de la plus célèbre série cinématographique « James Bond 007 ». Car c’est un chapitre qui s’ouvre après l’arrestation et l’extradition de Wladislav Klyushin. Le 21 mars 2021, un homme est emprisonné à Sion en Valais. Selon son avocat, cette personne séjournait en Suisse avec sa famille pour des vacances au ski. L’Office fédéral de la justice l’arrête et lui ordonne à la garde à vue. Son extradition est décrétée le 24 juin et exécutée le 18 décembre. Son procès a commencé lundi 3 janvier 2022.

    Le 13 décembre 2021, le Tribunal pénal fédéral suisse a rejeté le recours de Vladislav Klushin contre la décision de l’extrader vers les États-Unis. Selon l’homme d’affaires russe, l’affaire a pour but de « le coincer pour des accusations de délit d’initié forgées de toutes pièces ». Mercredi 5 janvier 2022, un homme comparaissait au sein d’une cour américaine au Massachusetts, présidé par la juge Marianne Bowler, pour entendre sa mise en accusation sur des faits de délits d’initié, qu’il nie. Les co-accusés sont Ivan Ermakov, Mikhail Vladimirovich Irzak, Igor Sergeevich Sladkov et Nikolai Rumiantcev sont toujours pourchassés pour être traduits devant la justice américaine. La pression monte d’un cran sur les Cosy Bear avec l’arrivée de Joe Biden à la Maison-Blanche, souligne 24Heures. Selon Oliver Ciric, avocat de Vladislav Klushin le président démocrate voudrait se venger.

    L’avis de recherche contre le hacker présumé Ivan Yermakov, qui travaille pour Vladislav Klyushin dans la société M-13. Il est un gros poisson dans le milieu de l’espionnage. La justice américaine indique qu’il a le grade d’officier dans l’unité 26165 au sein du GRU. (Crédits : DR)

    Les personnes dites « initiées » sont celles susceptibles de détenir des informations confidentielles à titre professionnel (L. 465-1 du Code monétaire et financier). Au-delà de cette affaire de fraude boursière, il pourrait cependant fournir des infos très importantes, notamment sur l’ingérence russe supposée dans l’élection de 2016 ainsi que d’autres opérations de renseignement, déclarent d’anciens responsables américains à CNN. Des dirigeants à la retraite du ministère de la Justice et de la Sécurité intérieure affirment que cela porte un intérêt majeur. Car, ils évoquent une interaction étroite entre la société de cybersécurité de Vladislav Klyushin, basée à Moscou, et le gouvernement russe, ainsi qu’une relation présumée de Klyushin avec un ancien officier du renseignement militaire du GRU.

    Recherché depuis 2019

    L’homme était recherché, poursuivi depuis 2019. Il semblait se dérouler le jeu du chat et de la souris. Des Américains auraient tenté de le pourchasser dans le sud de la France dès 2019. Les Britanniques échouaient à Édimbourg, en 2020. En mars 2021, c’est la Suisse « neutre » qui met la main sur Wladislav Klyushin. Il est le premier directeur général adjoint de la compagnie M-13 basée à Moscou, entreprise qui conseillerait les autorités. Selon l’acte d’accusation, le site de M-13 indiquait que les « solutions informatiques » de la société étaient utilisées par « l’administration du président de la Fédération de Russie, le gouvernement de la Fédération de Russie, les ministères et départements fédéraux, les organes exécutifs régionaux, les sociétés commerciales et les organisations publiques ».

    Il a reçu des mains de Vladimir Poutine, la médaille de l’Ordre d’Honneur. la médaille de l’Ordre d’Honneur. Il est décerné aux citoyens russes en récompense d’accomplissements ayant mené à une amélioration des conditions de vie dans le pays, ou pour services rendus. (Crédits : DR)

    Les quatre Russes accusés y travaillent tous, selon le document de la justice américaine. L’arrestation de Klyushin est potentiellement un trésor inestimable, voire une « mine d’or », considère l’expert en sécurité Christopher Krebs. « S’il cède, il pourra peut-être confirmer les thèses des services secrets sur l’influence de la Russie sur les élections de 2016. S’il ne coopère pas, sa condamnation pourrait servir d’exemple », déclarait Christopher Krebs à CNN.

    Jeu de poupée russe

    Le gouvernement américain n’a pas publiquement relié Klyushin à la supposée ingérence russe dans l’élection de 2016, menant à la victoire de Donald Trump. Mais l’un des coaccusés de Klyushin dans l’affaire de fraude boursière est Ivan Ermakov, est un ancien officier de la Direction principale du renseignement russe. Le président de la Russie, Vladimir Poutine a été directeur du FSB. « Lorsque quelqu’un comme lui a été arrêté, toute opération dont il aurait eu connaissance devient immédiatement suspecte du point de vue du contre-espionnage », a déclaré Holden Triplett, un ex-haut fonctionnaire du FBI basé en Russie à CNN. « Tout ce qu’ils ont touché est maintenant sous le microscope ».

    Les deux candidats, Donald Trump et Hillary Clinton à la primaire républicaine de 2016, avant le drame. 26 165 est le numéro qui désigne la redoutable section d’État chargée des attaques informatiques contre des institutions et des tiers. L’agent Ivan Yermakov agirait pour le compte de l’organisation nommée Fancy Bear ou Cosy Bear. (Crédits : AFP)

    Le fait d’armes mondialement connu d’Ivan Ermakov se déroulait de 2015 à avril 2016. Cozy Bear, ou APT29 est suspecté d’être impliqué dans le piratage du Comité national démocrate en lien avec l’Ingérence russe présumée dans l’élection présidentielle américaine de 2016. Cozy Bear s’était infiltré dans le parti démocrate depuis l’été 2015, mais c’est en avril 2016 qu’un autre groupe appelé Fancy Bear aurait piraté également le parti de manière indépendante. Il aurait donc participé à l’infection pour soutirer des documents des serveurs du parti démocrate aux États-Unis. Ainsi près de 30 000 courriels sont alors jetés en pâture sur les réseaux sociaux, comme Hillary Clinton est éclaboussée. L’acte est toujours considéré aux États-Unis au même degré qu’une tentative de la part du Kremlin d’influencer le processus électoral. De plus, l’organisation Cozy Bear est accusée par les autorités de renseignement canadiennes (CST), américaines (NSA) et britanniques (NCSC) de différents essais d’exfiltration, qui seraient survenus en juillet 2020, sur le développement d’un vaccin contre le SARS-CoV-2, provocant le Covid-19.

  • Une récompense de 10 millions de dollars

    Une récompense de 10 millions de dollars

    Pour les remporter, il ne faut pas acheter un jeu de grattage, ni même un billet de tombola, ou encore participer à la Lotería de Navidad en Espagne. Comme dans les westerns spaghettis, répondre à un avis de recherche contre des malfaiteurs, par des renseignements. En effet, le Département d’État américain annonce une gratification numéraire pouvant croître jusqu’à 10 000 000 $, pour toute information menant à l’identification, ou à la localisation de toute personne occupant un poste clé au sein du groupe criminel, usant du RaaS connu sous le nom de « DarkSide ».

    Une récompense pouvant aller jusques et y compris à 10 000 000 $, en outre, le ministère en octroie une autre jusqu’à 5 000 000 $, cette fois pour toute indication conduisant à l’arrestation, comme à la condamnation, ce dans n’importe quel pays, de tout individu ayant ou tenté participer à un incident lié au RaaS (Ransomware as a Service) DarkSide. L’affaire dite de Colonial Pipeline en mai 2021 a mis le feu aux poudres. L’infection par codes malveillants a abouti à la décision de la société de fermer de manière proactive et temporaire le pipeline de 5 500 miles qui transporte 45 % du carburant utilisé sur la côte est des États-Unis.

    Le Département qui gère le programme de récompenses pour la criminalité transnationale organisée (TOCRP) est en étroite coordination avec ses partenaires fédéraux chargés de l’application de la loi. Dans le communiqué de presse, l’institution clame haut et fort que plus de 75 hors-la-loi transnationaux et grands trafiquants de stupéfiants ont été traduits en justice depuis 1986 grâce aux efforts conjoints avec le NRP (Programme de récompense des narcotiques). Le ministère se targue d’avoir versé plus de 135 millions de dollars à ce jour.

    L’affiche délivrée par le bureau fédéral d’investigation, et le département de la justice américaine est sans ambiguïté. (Crédits : DR)

    Une autre somme du même acabit est offerte envers un ressortissant colombien pour un système de corruption présumé. D’après l’acte d’accusation de dix-neuf pages, les cinq hommes auraient reçu 1,6 milliard de dollars du Venezuela et auraient transféré 180 millions de dollars par ou vers des comptes bancaires aux États-Unis. Les trois Colombiens et les deux Vénézuéliens font face à un chef d’accusation de conspiration en vue de commettre un blanchiment d’argent et à quatre de blanchiment d’argent. « À partir de 2015, Pulido et d’autres individus ont commencé à travailler pour obtenir ou conserver des contrats pour fournir de la nourriture au peuple vénézuélien. Pulido et ses co-conspirateurs auraient majoré le coût de production des boîtes de nourriture afin de réaliser un profit personnel sur leur production », peut-on lire dans le communiqué.

    De DarkSide à REvil

    REvil, connu également sous le nom de Sodinokibi, a été détecté pour la première fois en avril 2019. Il exploitait la vulnérabilité O-Day Oracle WebLogic. Les opérateurs développant et commercialisant ce ransomware ont déclaré « être d’anciens affiliés de GrandCrab ayant acheté le code source ». REvil est vendu en tant que RaaS sur les forums cybercriminels russophones par l’identité numérique « UNKN » depuis mai 2019, explique L’Usine Digitale. L’association avait disparu la veille de la fête nationale française avant de réapparaître début septembre. Il semble que cette fois, REvil n’est plus. Un acteur lié à REvil connu sous « 0_neday » annonçait la fin des activités. La motivation est extrêmement simple et compréhensible. Un un tiers non identifié dispose d’une copie de l’infrastructure du groupe, jusqu’aux clés privées des sites accessibles via Tor.

    Gazouillé par Dmitry Smilyanets, de Recorded Future, et selon le cybermalfaiteur : « Le serveur était compromis et ils me cherchaient. Pour être précis, ils ont supprimé le chemin vers mon service caché dans le fichier torcc, et ont augmenté le leur pour que j’y aille. J’ai vérifié sur d’autres – ce n’était pas le cas. Bonne chance à tous, je m’en vais. » (Crédits : DR)

    Selon le département américain du Trésor, les opérateurs derrière les ransomware ont capté à minima la cagnotte de cinq milliards de dollars en quelques années. Le conglomérat REvil était connu pour exiger des sommes très élevées afin de déchiffrer les données cryptées. Le record est de 70 millions de dollars américains. En juin 2021, le président américain Joe Biden menaçait son homologue russe Vladimir Poutine de conséquences s’il ne prenait pas de mesures contre les groupes de cybercriminels usant de codes malveillants depuis la Russie. Le gouvernement allemand d’Angela Merkel abordait aussi régulièrement cette même menace avec l’administration russe, selon le ministère des Affaires étrangères. Mais l’identification concrète de suspects est considérée comme extrêmement difficile.

    Des sommes très importantes ont été saisies, avec du matériel informatique. Les auteurs « siphonnaient » de l’argent pour des pirates informatiques internationaux et, au cours de leur activité, ils ont « légalisé » ainsi des dizaines de millions de dollars. (Crédits : Police ukrainienne)

    Pourtant et depuis plusieurs mois, l’Office fédéral de la police criminelle (BKA) et le Baden-Württemberg LKA (police de proximité) enquêtent sur le groupe REvil. Les forces de l’ordre allemandes auraient identifié l’un des opérateurs principaux, révèlent Die Zeit et BR24 dans deux articles publiés le 28 octobre 2021. Sur les réseaux sociaux, Nikolay K. (nom modifié) se présente comme un trader de cryptomonnaies, dont sa devise est « In Crypto we trust ». L’investigation permet de se faire une idée précise du comportement de l’homme en question : maison avec piscine près d’une grande ville du sud de la Russie, vacances de luxe à Dubaï et aux Maldives, un yacht à 1 300 euros par jour. Les enquêteurs pensent que cet homme serait l’un des cerveaux du célèbre logiciel malveillant REvil et de son prédécesseur présumé Gandcrab. Car « son train de vie luxueux est vraisemblablement financé par l’argent des extorsions – versé par les entreprises et les autorités victimes d’attaques de pirates informatiques ».

    11 personnes arrêtées en Ukraine

    La police ukrainienne a révélé l’arrestation d’un groupe usant de ransomware. Ces derniers auraient attaqué une cinquantaine d’entreprises en Europe comme en Amérique. La réclusion encourue est au maximum de douze années. « Les infractions pénales ont été découvertes par des officiers du département de cyberpolice, en collaboration avec la direction des enquêtes de la police nationale, des représentants du bureau du procureur général, avec la participation de collègues de l’Union européenne, de l’Union européenne, des forces de l’ordre de France, des États-Unis, des Pays-Bas et de Norvège », explique le communiqué en date du 29 octobre 2021.

    Les individus ont produit et vendu des clés USB avec des virus, qui ont cassé les portefeuilles numériques des victimes et leur ont volé des cryptomonnaies. (Crédits : Police Ukrainienne)

    Le groupe était composé de 11 membres. Deux d’entre eux distribuaient directement le logiciel malveillant, tandis que les autres assuraient le support des serveurs et aidaient à retirer l’argent obtenu par des moyens illégaux. Le cumul des sommes avoisinerait les 120 millions de dollars. Les pertes subies par les proies s’élèvent à 120 millions de dollars. Parmi les victimes figurent des entreprises de France, de Norvège, d’Allemagne, de Suisse, des Pays-Bas, du Royaume-Uni et des États-Unis. Ce sont vingt-huit perquisitions qui ont été effectuées dans la ville de Kiev, les régions de Volyn, Ternopil, Kharkiv, Zaporizhia et de Donetsk.

    Le FSB à l’origine d’attaque contre des agences gouvernementales ukrainienne

    L’information va faire grand bruit. Les experts en cybersécurité du SBU « ont identifié les pirates informatiques du célèbre groupe ARMAGEDON, responsables de plus de 5 000 cyberattaques contre des organismes gouvernementaux ukrainiens et des infrastructures critiques », indique le site Ukrinform. Il a été établi que ledit groupe fait partie du FSB, et que ce dernier « opérant depuis la Crimée occupée, ainsi que des traîtres qui ont pris le parti de l’ennemi lors de l’occupation de la péninsule en 2014 », rapportait le communiqué de presse de la SBU.

    L’agence de sécurité ukrainienne a révélé l’identité des présumés coupables, ayant obtenu des preuves irréfutables de leur activité illégale, notamment des appels téléphoniques interceptés, « malgré le fait que le réseau utilisait des logiciels malveillants produits par le FSB, ainsi que des moyens d’anonymisation en ligne ». (Crédits : SBU)

    Depuis l’annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par la Russie en 2014, l’éclatement du conflit armé dans l’est de l’Ukraine, entre forces ukrainiennes et séparatistes pro-russes, a fait depuis plus de 13 000 morts. Depuis sept années, les auteurs supposés, ci-dessus (demeurant innocent avant d’être reconnus responsables) auraient mené plus de 5 000 cyberattaques et poursuivi les tentatives d’infection de plus de 1 500 systèmes informatiques gouvernementaux. Les principaux objectifs du groupe dirigé par le FSB étaient les suivants :

    • Prendre le contrôle d’infrastructures critiques (centrales électriques, systèmes de chauffage et d’approvisionnement en eau)
    • Collecte de renseignements sur la sécurité, la défense et les opérations des agences gouvernementales
    • Mener des opérations psychologiques
    • Bloquer les systèmes d’information

    Actuellement, cinq membres de l’organisation criminelle ont été accusés de haute trahison en vertu de l’art. 111 du Code pénal ukrainien. Selon les renseignements dont dispose le SBU, le groupe de hackers ARMAGEDON est un projet spécial du FSB, dont la cible principale était l’Ukraine. « Son travail était coordonné par le 18e centre (centre de sécurité de l’information) du FSB, basé à Moscou ». Une enquête plus approfondie, comprenant des examens médico-légaux, est en cours. Elle a pour finalité de traduire en justice les agents du FSB accusés d’espionnage, d’interférence non autorisée avec les systèmes informatiques et de création de logiciels ou de matériels malveillants.