Souvent citée, régulièrement attaquée, la Cour pénale internationale (CPI) n’est entrée en vigueur que depuis le 1er juillet 2002, grâce au Statut de Rome. Celui-ci est ratifié lors d’une conférence plénipotentiaire des Nations unies du 15 juin au 17 juillet 1998. Il définit les crimes internationaux sur lesquels elle a un pouvoir juridictionnel. Ils sont les crimes de génocide, les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et les crimes d’agression. Cependant la elle ne peut avoir compétence sur des crimes que si le Conseil de sécurité des Nations unies le lui permet.
Cette Cour prend naissance au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Les premières pierres sont posées le 21 décembre 1947 par la résolution 180 (II) de l’Assemblée générale. C’est le 9 décembre 1948 que les Nations Unies reconnaissaient que « le crime de génocide est un crime international qui comporte des responsabilités d’ordre national et international pour les individus et pour les États ». La Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide du 9 décembre 1948 se rédige en 19 articles. Elle est complémentaire des juridictions pénales nationales. Elle peut exercer sa compétence pour les crimes le plus graves ayant une portée internationale. Elle ne peut, à l’heure actuelle, attenter enquêtes ou procès pour des faits antérieurs à sa création.
Les crimes relevant de la compétence de la Cour
Dans l’article 5 du Statut de Rome, il est définit que la Cour dans sa compétence est limitée aux « crimes les plus graves qui touchent l’ensemble de la communauté internationale ». Elle a donc compétence à l’égard des crimes suivants :
La CPI ne juge pas les personnes tant qu’elles ne sont pas présentes dans la salle d’audience. (Crédits : CPI)
Ainsi dans les crimes de génocides, est considéré tout acte commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux. Sont considérés crimes de génocides :
Meurtre de membres du groupe ;
Atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ;
Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ;
Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ;
Transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe.
Concernant les Crimes contre l’humanité, il est cité le meurtre, l’extermination, la réduction en esclavage, le viol, l’esclavage sexuel, la prostitution forcée […] grossesse forcée. Mais aussi la persécution […] pour des motifs d’ordre politique, racial, national, ethnique, culturel, religieux ou sexiste. Et encore les disparitions forcées de personnes, crime d’apartheid…
Ruines de l’hôtel Al-Uruba, à Mogadiscio, en Somalie. Elles sont les traces de deux décennies de guerre civile, (Crédits : Tobin Jones/ONU).
Les limites de la Cour
Le 17 mars 2023, la Chambre préliminaire II de la CPI délivrait deux mandats d’arrêt à l’encontre de Vladimir Vladimirovitch Poutine, Président de la Fédération de Russie et Maria Alekseïevna Lvova-Belova, Commissaire aux droits des enfants. Selon la Cour, ils seraient responsables du crime de guerre de déportation illégale de population (enfants) et du crime de guerre de transfert illégal de population (enfants). Mais ils ne peuvent être jugés que s’ils sont présents devant la Cour. Pas de possibilité d’être jugé par contumace.
Néanmoins, la question devient juridique. Si les mandats s’appliquent aux pays ayant ratifié le traité de Rome, que se passerait-il pour les ressortissants des pays n’étant pas sur la liste ?
Quels sont les pays qui reconnaissent la Cour pénale internationale ? Certains États n’ont ni signé ni ratifié le Statut de Rome. Ils sont par exemple la Chine, l’Arabie Saoudite, l’Inde, l’Indonésie, la Turquie, l’Iran, quand d’autres se retirent tels le Burundi et les Philippines. Ce dernier fait l’objet d’une enquête en cours. (Crédits : Statista)
C’est le cas de la Russie et de l’Ukraine, tout comme le Cameroun, la Chine ou encore les États-Unis. La Cour pénale internationale ne peut enquêter donc qu’auprès des pays ayant ratifié le Traité. Les guerres de l’ex-Yougoslavie, le génocide du Rwanda ont conduit logiquement à l’établissement sous égide onusienne, en 1993, du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), puis en 1994 de celui pour le Rwanda (TPIR), a été suivi, en 1998, par l’adoption du statut de la Cour pénale internationale (CPI). « La Cour pénale internationale, en tant que juridiction permanente et potentiellement universelle, pourrait à terme assurer des poursuites systématiques pour les pires crimes. Toutefois, son statut entérine le rôle discrétionnaire que le Conseil de sécurité peut jouer en bloquant toute procédure pour une durée de six mois renouvelable indéfiniment », écrit Cécile Aptel, selon l’article16 du Statut de Rome..1
La population mondiale est de plus en plus connectée, tout du moins, par les objets. Lors des trois premiers mois de 2020, tandis que les sociétés étaient figées, les ventes de montres « intelligentes » progressaient de 20 % au niveau de la planète, sans discontinuer. Au deuxième trimestre 2021, les livraisons s’envolent de 47 % selon les chiffres de Strategy Analytics passant de 12, 3 à 18,1 millions d’unités écoulées. Un rythme que les industriels n’avaient pas connu depuis 2018. Dans ce même temps, plus de 61 millions d’enregistrements de données fuitaient.
En premier lieu, « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu ». Cet apophtegme (du grec ancien ἀπόφθεγμα / apóphthegma : ” précepte, sentence “) est une parole mémorable ayant valeur de maxime, soit une formule exprimant une idée générale. C’est pourquoi elle est une sorte d’adage auquel on confère une autorité particulière en l’attribuant, de façon exacte ou apocryphe, à une personne. Le sujet de cet article fait suite à un échange avec Fernanda V., une lectrice de « Libr’Expression », concernant un papier sur les objets connectés : « Je voulais le partager avec vous, car l’article nous apprend l’importance de se méfier de nos données et je pense qu’il serait très utile pour vos lecteurs aussi, si vous décidez de le partager avec eux. »
Pour apprécier l’ampleur de la fuite, et des possibles autres, il est nécessaire de mesurer le marché mondial des objets connectés que sont les montres. Selon les dernières recherches de Strategy Analytics, les expéditions internationales bondissaient de 47 % par an pour atteindre les 18 millions d’unités au deuxième trimestre 2021. L’Apple Watch a conservé la première place avec 52 % des parts de marché mondial des tocantes « intelligentes », Samsung la deuxième (11 %) et Garmin la troisième (8 %). « Les ventes en ligne d’appareils axés sur le fitness qui contribuent à soutenir les soins de santé personnels restent populaires et constituent le principal moteur du boom des smartwatchs », explique Steven Waltzer, analyste principal au sein de Strategy Analytics. La période due au SARS-CoV-2 a modifié la perception des personnes quant à leurs corps. Ainsi, l’Apple Watch Series 6 (avant l’arrivée de sa grande sœur) est le modèle le plus populaire pour de multiples raisons et « d’un portefeuille croissant d’applications de santé et de fitness », justifie Neil Mawston, directeur exécutif chez Strategy Analytics.
« Nous nous attendons à voir 20 milliards d’objets connectés à Internet d’ici la fin de l’année 2020. […] comme les distributeurs automatiques, les moteurs d’avion, les voitures connectées… », prophétisait en 2019 Mark Hung, vice-président en charge des études au cabinet d’analyse Gartner (Crédits : roxanawilliams1920/Pixabay)
L’Internet des objetsest conséquent : enceintes, ampoules, thermostats, téléviseurs, réfrigérateurs, jouets pour adulte ou enfant, caméras, alarmes… Comme les montres dites intelligentes qui connaissent un plébiscite fulgurant. Ce succès profite avant tout à Apple dont les expéditions annuelles sont en hausse de 46 % avec 9,5 millions d’unités. La marque à la pomme revendique ainsi une part écrasante de 52,8 %. Le marché planétaire des chronographes connectés a crû à un rythme effréné de 53,5 % par an, en volume, entre 2014 et 2020. Si l’Amérique du Nord représente le premier marché régional pour ce produit avec plus d’un tiers (35 %) de la consommation mondiale, « c’est en Asie-Pacifique que la croissance devrait être la plus forte dans les années à venir ». La demande asiatique est alimentée par l’accès généralisé aux smartphones et l’utilisation massive de services digitaux. Le marché français est lui aussi en profonde hausse, mais dans une bien moindre mesure que ses voisins britannique, allemand ou italien. En effet, le taux de pénétration des montres connectées en France est le plus bas des quatre pays cités précédemment.
Il existe un débat sur la façon dont les trackers de fitness ou les wearables IOT peuvent être considérés comme des dispositifs médicaux. Question primordiale, car le marché mondial de la gestion de la santé devrait atteindre 46,7 milliards de dollars américains d’ici 2026. (Crédits : fancycrave1/Pixabay)
61 053 956 enregistrements exposés
Une base de renseignements non protégée exhibait 61 053 956 enregistrements (17, 6 Gb) contenant des données provenant de trackers de fitness et de « wearables » (technologie portable comme un vêtement, une montre…), selon un rapport établi par le chercheur en sécurité Jeremiah Fowler, sur WebsitePlanet. Dans un échantillon limité d’environ 20 000 enregistrements, Fowler indique que parmi les principaux trackers de santé et de fitness apparaît celui de Fitbit (racheté par Google pour 2,1 milliards en 2021) comme source 2 766 fois, et les instances de ce qui semble être l’Healthkit d’Apple, 17 764 fois. Ce dernier et son équipe de recherche constataient que de nombreux enregistrements exposés contenaient des informations telles que :
Le prénom
Le nom
Le pseudonyme
La taille
La date de naissance
Le sexe
La géolocalisation
L’identifiant de géolocalisation
Le relevé cardiaque
Le saturation en oxygène
Le type de sport
Le profil-utilisateur
Les données relatives au sommeil
Les statistiques liées à la vitesse de déplacement
Le traceur lui-même
Le poids de l’utilisateur
Après une fouille minutieuse, de nombreuses références se rattachaient à « GetHealthApp », une société basée à New York qui offre une solution unifiée pour accéder aux informations de santé et de bien-être provenant de centaines de wearables, d’appareils médicaux et d’applications. « J’ai immédiatement envoyé une notification de divulgation responsable de mes découvertes et j’ai reçu une réponse le lendemain me remerciant pour la notification et confirmant que les données exposées avaient été sécurisées », notifie le chercheur. Les différents dispositifs de suivi de la forme physique sont devenus monnaie courante. Approximativement 21 % des adultes américains disent enfiler fréquemment une montre « intelligente » ou un tracker de fitness, selon une étude de Pew Research réalisée en 2019 aux États-Unis.
Alors que 2020 commençait, avec les traditionnelles résolutions du Nouvel An, environ un adulte américain sur cinq (21 %) stipule régulièrement porter une montre « intelligente » ou un tracker de fitness portable, selon l’enquête du Pew Research Center menée du 3 au 17 juin 2019. (Crédits : DR)
Innocent aux mains pleines
Dans son rapport, Fowler note que de multiples trackers de fitness sont liés à des profils où les utilisateurs sont encouragés à saisir des informations personnelles. Cela facilite grandement les méfaits futurs des différentes personnes derrière des codes malveillants. Chaque détail est une mine de donnée, pour identifier l’usager. « La plupart des utilisateurs de wearables pensent qu’aucun cybercriminel ne s’intéresse au nombre de pas qu’ils font ou à la durée de leur sommeil, mais c’est une erreur d’ignorer comment vos données sont utilisées ou partagées. Toutes les données ont de la valeur et, à mesure que la technologie des wearables se développe, les types et la précision des données collectées sur les utilisateurs se développent également », écrit-il.
Environ quatre Américains sur dix entérinent l’usage des indications desdits trackers de fitness pour la recherche sur les maladies cardiaques. Auxquels convient-il d’ajouter les 22 % qui ne se prononcent pas, car « qui ne dit mot consent ». Donc, près de deux tiers des Américains acceptent que leurs données soient utilisées. (Crédits : DR)
En mai 2016, un audit d’objets connectés avait été réalisé dans le cadre du « Sweep day ». La Commission nationale informatique et libertés (CNIL) affichait un constat pour le moins préoccupant :
59 % ne fournissaient pas une information claire et complète sur la collecte et les conditions d’exploitation des données à caractère personnel des utilisateurs
68 % ne donnaient aucune information relative aux conditions de stockage des données
72 % n’informaient pas les utilisateurs des modalités de suppression de leurs données du dispositif connecté
38 % ne fournissaient pas de coordonnées permettant aux utilisateurs de se renseigner sur les modalités de traitement de leurs données à caractère personnel
Pour certains, ce sont autant de portes laissées ouvertes aux personnes malveillantes. Tous sont concernés, le système d’information des entreprises et administrations, infrastructures publiques (eau, électricité, gaz, télécoms, transports, hôpitaux, administrations…)… tout système électronique en réseau est désormais susceptible d’être infecté.
Avant l’achat, renseignez-vous sur l’objet connecté
Modifiez les mots de passes par défaut de vos objets connectés
Mettez à jour sans tarder vos objets connectés et les applications associées
Protégez vos informations personnelles
Vérifiez les paramètres de sécurité de vos objets connectés et de leurs applications
Éteignez systématiquement vos objets connectés lorsque vous ne les utilisez pas
Mettez à jour les appareils raccordés à vos objets connectés
Sécurisez votre connexion Wi-fi
Limitez l’accès de vos objets connectés aux autres appareils électroniques ou informatiques
Supprimez vos données et réinitialisez votre objet lorsque vous ne vous en servez plus
L’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) a mis en ligne un document à télécharger. Si vous doutez encore, voici deux exemples : en 2018, un casino s’est fait pirater la base de données de ses plus gros clients. Les pirates ont réussi à y accéder en passant par le thermomètre connecté insuffisamment sécurisé d’un aquarium de l’établissement. En 2019, une petite fille de 3 ans confie à ses parents qu’une voix lui parle dans le baby-phone vidéo qu’ils ont installé dans sa chambre. Les parents s’aperçoivent que la caméra change toute seule d’orientation. Un pirate, qui avait pris le contrôle à distance de l’objet connecté, les observait et parlait à l’enfant pour l’effrayer quand elle était seule.
La vie de la nature étonne à chaque instant. Que ce soit le Yéti, découvert en 2005, le Toxot, l’autruche ou encore le Wombat, tous font preuve d’une particularité qui les rend extraordinaires. Les plus âgés furent bercés au son des histoires rocambolesques du célèbre reporter croqué par Hergé, avec entre autres « Tintin au Tibet » et la rencontre avec l’abominable homme des neiges. Cette légende n’existe plus, depuis l’année 2005. Mais saviez-vous que le wombat court plus vite et plus longtemps qu’Usain Bolt ?
Il est blanc, il est poilu et vit caché, c’est le fameux Yéti ! Pas tout à fait, c’est le Kiwa Tyleri, le petit dernier de la famille des crabes-yétis à avoir été découvert, mais le premier dans les eaux froides de l’Antarctique, en 2015. Le premier représentant du groupe de créatures aux pattes velues, mis à part l’Homme a été détecté dans l’océan Pacifique Sud, il y a une décennie.
A la découverte du crabe yéti
À contrario de l’abominable homme des neiges avec qui il partage son nom, ce crustacé à pinces mesure de 0,5 à 15 centimètres. Ce n’est que la troisième espèce de crabe-yéti connue à ce jour. Des scientifiques, en exploration, dirigeaient leur véhicule vers les sources hydrothermales de l’est de la dorsale Scotia.
Elle se situe à plus de 2 600 mètres de profondeur. Ils découvraient que d’importantes communautés de crabes-yétis y vivaient dans des conditions stupéfiantes. Les températures ici-bas dépassent de peu le point de congélation, cependant, l’eau qui s’échappe des sources brûlantes le cuirait instantanément avec ses 400 °C.
Les crabes-yétis, qu’ils soient femelles ou mâles, se regroupent sur une source hydrothermale de la dorsale de Scotia. Ils vivent à 700 par mètre carré.
Dépourvus de rayons de soleil, ces crabes trouvent leur ressource vitale en mêlant l’utile à l’agréable. Grâce à leur pilosité plus qu’importante, nommée setae, ils attirent les bactéries dont ils se nourrissent principalement, et prennent le surnom de « crabe Hoff », en hommage à la star d’Alerte à Malibu David Hasselhoff. (Crédits : NERC Conseil national britannique de recherche environnementale)
Sven Thatje (directeur de l’étude et écologiste à l’université de Southampton au Royaume-Uni) avoue préférer le nom officiel de l’espèce, K. tyleri. Un choix effectué avec son équipe pour rendre hommage à la carrière de Paul Tyler, professeur émérite de l’université de Southampton et pionnier de la recherche en eaux profondes.
L’œil plus gros que son cerveau
Dans les particularités, l’autruche en possède plus d’une, mais celle de son œil n’est pas piquée de hannetons. Premièrement, l’image qu’elle plante sa tête dans le sable pour se cacher est pure légende. Elle vient de Pline l’Ancien, naturaliste romain, qui rapportait ce phénomène dans Histoire naturelle, au premier siècle de notre ère. Néanmoins, cet oiseau pourrait presque dunker sans sauter.
Elle mesure pour les plus grandes jusqu’à 2,80 m quand le panier de basket culmine à 10 pieds ou 3,05 mètres. L’autruche est le plus grand des oiseaux, pèse 90 kilos chez les femelles et près de 150 kilos pour les mâles. Elle peut aussi sauter jusqu’à 1,5 mètre en hauteur et des bonds de 4 m. Son espérance de vie à la naissance est de 70 ans, et de 40 ans en captivité.
C’est pourquoi, voyant ses prédateurs de loin, elle a tendance à se plier pour bénéficier du fait des mirages pour se cacher. L’effet visuel de réflexion de la lumière donne la sensation de grande flaque d’eau, ainsi le plus gros et plus grand des oiseaux se sert à bon escient de ses capacités mentales.
(crédits : Andreas Volz/Pixabay)
Chose impressionnante, car l’autruche a deux yeux de 5 cm de diamètre quand l’homme atteint tout au plus 2,4 cm. De plus chaque globe oculaire pèse 47,6 grammes, pour 7 chez l’homme. Enfin son cerveau est 33 fois plus petit que celui de l’homme (1,4 kg) avec 42,1 grammes, ce qui démontre que la taille ne fait pas tout.
Vous êtes plus Cupidon ou Toxot ?
Dans le but d’atteindre votre but à l’aide d’une flèche, préféreriez-vous être Cupidon ou le Toxot ? Tous deux sont redoutables et font mouche à chaque fois. Le premier est, selon la mythologie romaine, le fils de Vénus et de Mars. Le second est connu sous le nom de Toxotes Jaculatrix, ou poisson archer à bandes noires. Il est un petit prodige des mangroves d’Asie du Sud-Est et d’Océanie. Long d’à peine 20 cm, il possède un talent hors du commun : il crache de l’eau avec une précision chirurgicale pour faire tomber les insectes perchés sur les branches, parfois à plus de deux mètres au-dessus de la surface.
Loin d’être un simple jet désordonné, son tir est calculé, corrigé par la réfraction de l’eau, et ajusté selon la distance. On pourrait croire à une fable, si la science n’avait pas validé cette adresse stupéfiante. Originaire des côtes sud de l’Asie, il mesure en moyenne 20 cm. Il possède la capacité d’envoyer un jet d’eau à deux mètres au-dessus de la surface, soit dix fois sa taille.
Un tube se forme entre son palais et le bord de sa langue. Il recueille de l’eau qui sera éjectée avec force en fermant ses ouïes. Pour être sûr de toucher leurs proies, chaque jet est dix fois plus important que la cible (insectes, lézards, araignées…). En cas de blocage de cette dernière, cet « as de la gâchette » peut effectuer un bond hors de son milieu naturel de 30 cm. (Crédits : Marhi_226/flickr)
À sa manière, le toxote est le Cupidon des mangroves : sauf que ses flèches ne percent pas les cœurs, elles décrochent les proies. Là où le dieu ailé vise les sentiments, le poisson archer vise la survie. L’un déclenche l’amour, l’autre l’ingestion. Mais tous deux partagent une arme : la précision. Et dans les deux cas, gare à celui qui croise leur trajectoire.
Le Wombat bat à la régulière Usain Bolt
Si la comparaison demeure anecdotique, le Wombat, marsupial dodu de trente kilogrammes environ, peut sprinter à 40 km/h durant 90 secondes, en cas de danger. Il effectuerait le 100 m en 9 secondes, alors qu’Usain Bolt, qui détient le record du monde depuis le 16 août 2009, terminerait avec 58 centième de seconde de retard. De plus, son arrière-train est doté d’une plaque cartilagineuse dure, protégeant l’entrée de son terrier.
L’originalité réside en l’expulsion de ses excréments sous la forme de cube. Cette particularité est associée au nombre de cacas quotidien, comme le lapin, il est prolixe. Pas moins de 100 chaque jour, mais de la forme d’un dé à jouer.
Le wombat à nez nu (Vombatus ursinus) laisse comme marque de son territoire des crottes cubiques. Comment fait-il alors que son anus est rond ? Voici la question que se sont posée des scientifiques. Scott Carver, spécialiste australien de la faune sauvage et coauteur de l’étude, dissèque un cadavre de wombat euthanasié après avoir été percuté par une voiture. Il remarque alors la présence des fameuses crottes cubiques dans le dernier mètre des boyaux de l’animal. (Crédits Yang Et Al)
En revanche, les excréments sont encore liquides en amont. Ils ont examiné les intestins, et constaté qu’ils contiennent deux rainures où les viscères sont plus flexibles. Les parties les plus rigides sont « comme un élastique rigide, elles vont se contracter plus rapidement que les régions molles », souligne David Hu, chercheur en biomécanique au Georgia Institute of Technology et auteur de l’étude.
Une crotte en forme de cube est déposée par le mammifère sur le sommet d’un rocher. Il borne les limites de son territoire.
Les zones intestinales plus souples se contractent lentement et moulent les derniers coins du cube, explique l’équipe. Chez d’autres mammifères, le péristaltisme ondulatoire des muscles gastro-intestinaux est constant dans toutes les directions.
Mais chez le wombat, le tissu rainuré et les contractions irrégulières sur de nombreux cycles forment des cubes fermes aux côtés plats. Cette étude, pour le moins originale, peut prêter à rire. (Crédits : Yang Et Al)
Mais pour Scott Carver, cette façon de fabriquer des cubes à partir d’un tube souple pourrait être appliquée à d’autres domaines, comme le secteur de la santé ou de l’industrie. Une question se pose : « quelles sont les véritables inventions de l’Homme ? »