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  • Anatomie d’une série noire de fuites de données publiques

    Anatomie d’une série noire de fuites de données publiques

    En l’espace de quelques semaines, plusieurs institutions au cœur de l’État français reconnaissent des incidents de cybersécurité. Ils impliquent des données personnelles de grande ampleur. C‘’est au cœur du ministère des Sports, de la Caisse d’allocations familiales, de l’Urssaf ou de plateformes interministérielles que l’action se déroule. Si les noms changent, la mécanique sous-jacente se ressemble. Loin des images spectaculaires de cyberattaques hollywoodiennes, ces affaires racontent une réalité plus feutrée, voire intimiste. L’inquiétude tient au fait d’un État numérique dont les données circulent de plus en plus, et se fragilisent à mesure qu’elles voyagent.

    Les Français ne semblent plus s‘alarmer de telles fuites. Pourtant, les tentatives de fraudes sont légion. Comme attendu, les phishings, spoofing… se multiplient. Mais le plus inquiétant n’est pas les primodélinquants, mais ceux qui patientent, qui ont le temps. Laissant passer l’orage, les couvertures médiatiques, ils sont dans l’ombre, prêts à poursuivre leur attaque au moment opportun.

    Une série d’incidents au cœur de l’État

    Tout commence officiellement à la mi-décembre, lorsque le ministère des Sports reconnaît une exfiltration de données, dans le cadre du dispositif Pass’Sport. L’administration évoque la possibilité que les informations personnelles de plusieurs millions de foyers soient concernées. La communication est dépourvue d’émotion, presque clinique, mais les faits sont là. Quelques jours passent quand la CAF se retrouve citée dans une affaire plus conséquente.

    Œil, regard, surveillance

    Une mise en circulation d’un fichier contenant des données dites sociales. L’organisme affirme que ses systèmes d’information ne sont pas compromis. Mais à demi-mot, ils reconnaissent que certaines données utilisées par des services partenaires ont pu être exposées. Comme les dominos, et quasi simultanément, l’Urssaf est au-devant de a scène. Un accès non autorisé est révélé. Il est détecté sur une interface réservée aux partenaires institutionnels. Ceux-ci contiennent des informations issues des déclarations préalables à l’embauche (DPAE). L‘ampleur est là. Pas moins de douze millions de salariés depuis moins de trois ans sont potentiellement concernés, explique l’institution.

    De la coïncidence fortuite à la réalité

    « Aucun numéro de Sécurité sociale, aucune adresse mail ou postale, aucun numéro de téléphone ni aucune coordonnée bancaire ne sont concernés », affirme le communiqué de l’URSSAF. En janvier 2026, un incident sur la plateforme GAEL est révélé. Selon le communiqué de presse, « un acte de cybermalveillance a ciblé, entre le vendredi 9 janvier et le lundi 12 janvier 2026, la plateforme GAEL […]. Cette cyberattaque a entraîné une atteinte à la confidentialité d’une partie des données personnelles des candidats et lauréats de ces diplômes depuis 2005. »

    Puis c’est la Direction interministérielle du numérique qui annonce une intrusion sur HubEE. La plateforme utilisée par différentes administrations pour échanger des documents est touchée. « Environ 160 000 documents administratifs, issus de 70 000 dossiers d’usagers, ont été exfiltrés. » Les administrations concernées sont la direction de l’information légale et administrative, la direction générale de la cohésion sociale, la direction générale de la Santé et la caisse nationale des allocations familiales…

    L’incident met en évidence un phénomène : ces cyberattaques ne sont ni isolées ni anecdotiques. Les faits dessinent une chronologie resserrée et une accumulation qui ne peut plus être regardée comme une simple coïncidence. Une affaire précédente est celle de France Travail. En mars 2024, l’institution confirme être la victime d’une cyberattaque majeure. (Crédits : Almada Studio/Pexels)

    Elle expose les informations personnelles de 43 millions d’individus inscrits ou ayant été inscrits au cours des deux dernières décennies. Dans ce cas, l’intrusion a permis l’extraction de données sensibles, ce qui avait déclenché une enquête de la CNIL et des recommandations somme toute logique. L’année suivante, France Travail a de nouveau été affectée par une série d’incidents touchant ses services et ses bases de données… En juillet, une attaque informatique sur la plateforme Kairos a exposé les données de 340 000 demandeurs d’emploi après compromission d’un compte partenaire.

    En décembre 2025, c’est une nouvelle fuite qui met en danger les informations privées d’environ 1,6 million de jeunes suivis par le réseau des Missions Locales. C’est encore une fois la compromission de comptes. Ces incidents sur vingt-quatre mois illustrent la vulnérabilité des services publics face à des attaques ciblant des identifiants ou des interfaces légitimes.

    Dans la lignée, le service de l’Assurance sociale Pajemploi fait état d’une fuite de données personnelles. Elle concerne 1,2 million de personnes liées à l’emploi des assistants maternels. Ces affaires, parmi d’autres révélations récentes autour de bases de données agrégées exposées pour des millions de citoyens.

    (Crédits : blickpixel/Pixabay)

    RJ45, connexion, câble

    Cela met en exergue, non seulement de l’ampleur des volumes en circulation, mais également la complexité des architectures interconnectées. Celle-là même qui caractérise les systèmes d’information publics. L’enjeu, semble-t-il, n’est plus de protéger des silos isolés, mais de repenser la sécurité de l’ensemble des chaînes de traitement, ainsi que le partage des données personnelles.


    De quelles données parle-t-on exactement ?

    À chaque révélation, la même précision revient, presque comme un mantra rassurant. Il n’y a ni mots de passe, ni coordonnées bancaires, ni numéros de sécurité sociale exposés. Cela s’avère, dans les cas connus. Lorsque les cybercriminels sont discrets, rien ne transparaît, et tout est donc possible. Les données concernées sont : noms, prénoms, dates de naissance, situations professionnelles, employeurs, dates d’embauche, informations administratives liées à des droits ou à des dispositifs sociaux…

    Regard, squelette, plastique

    Ces données dites « simples », cachent ben leur jeu. Car, leur valeur réside dans leur exactitude et contextualisation. Si un opérateur malintentionné a accès à une date d’embauche, associée à un nom et à un véritable employeur, le message frauduleux reçu peut être suffisamment crédible pour tomber dedans. En conséquence, après avoir perçu une aide sociale, une demande de « mise à jour» parait vrai pour un œil non averti,. Les multitudes de données en vente dans certains forums permettent de mieux cibler. Ainsi, les informations extraites ouvrent la voie à des usages malveillants.

    Ce qui change dans les cyberattaques : chemins autorisés… mais compromis

    Ce que révèlent ces affaires, c’est une évolution silencieuse des modes opératoires. Il n’est plus nécessaire de casser des serrures numériques ou d’exploiter des failles spectaculaires. L’accès frauduleux passe désormais par des chemins autorisés, des interfaces prévues pour fonctionner, des comptes habilités… mais compromis.
    Dans le cas de l’Urssaf, l’entité l’explique sans détour : « L’Urssaf a constaté un accès non autorisé à l’API contenant certaines données de la déclaration préalable à l’embauche, réservée à ses partenaires institutionnels, opéré via un compte partenaire habilité dont les identifiants avaient été compromis. » Le système a répondu normalement à une requête techniquement valide, sans pouvoir distinguer l’usurpation.
    Même logique pour les plateformes mutualisées, comme HubEE, conçues pour fluidifier les échanges entre administrations. Elles concentrent les données, simplifient les démarches, mais se muent aussi des points de passage stratégiques. La donnée reste protégée tant qu’elle reste immobile ; elle devient vulnérable dès qu’elle circule.

    (Crédits : Mart Production/Pexels)

    Les cybercriminels utilisent ces données pour mener des campagnes d’hameçonnage. Phishing, spoofing, spearphishing, jusqu‘aux appels téléphoniques qui copie les codes des organismes publics. Quand un fichier volumineux ne signifie pas d’autant de victimes, mais chaque ligne exploitable renforce la crédibilité d’une escroquerie. Il suffit parfois d’un détail juste pour faire tomber la méfiance.

    L’État numérique face à sa vulnérabilité ?

    Les fuites ne créent pas immédiatement de victimes, mais elles préparent le terrain d’une fraude diffuse, progressive, difficile à quantifier. Les autorités ont-elles réagi correctement ? Sur le plan formel, oui.
    Les réponses sont conformes aux obligations légales. Dépôts de plainte, notifications à la CNIL, communications publiques, suspension des comptes compromis, annonces de renforcement des dispositifs d’authentification. Chaque organisme se plie à la séquence attendue.


    Mais une question demeure : ces mesures relèvent-elles de la correction structurelle ou de la gestion de crise ? Informer et rassurer est indispensable, mais cela ne dit rien de la capacité à prévenir la répétition des scenarii. Or, à lire les communiqués successifs, la responsabilité semble souvent se dissoudre dans l’écosystème : le noyau central n’est pas en cause, mais un partenaire ; la plateforme n’est pas défaillante, mais un accès détourné.

    Un problème systémique : trop de données, trop de tuyaux

    Ces incidents mettent en lumière un problème plus large encore. L’État numérique repose sur une transmission fluide entre administrations, opérateurs, partenaires techniques. Cette interconnexion est la condition de la simplification des démarches. Mais à trop la réduire, la sécurité se fragilise.
    Plus les informations circulent, plus les points de contact croissent, plus la maîtrise devient complexe. La sécurité ne dépend plus seulement de l’institution détentrice de la donnée, mais de l’ensemble de la chaîne, jusqu’au dernier maillon. Dès lors, une question s’impose, presque politique : faut-il repenser la manière dont l’État partage et mutualise les données personnelles des citoyens ?

    Face à cette réalité, la vigilance est de mise, plus que jamais. Se méfier des messages urgents, vérifier l’origine des sollicitations, ne pas répondre directement, passer l‘adresse dans un éditeur de texte, ne jamais transmettre de coordonnées bancaires par courriel ou SMS, ni vos pièces d’identité, privilégier les connexions sécuriser, activer la double authentification… bref prendre le temps dans un monde en perpétuelle accélération. (Crédits : Jasmijn Van der Maaten/Pexels)

    Tuyaux, ouverture, sécurité


    Ces affaires successives ne racontent pas seulement des défaillances techniques. Elles révèlent une tension profondément contemporaine : celle d’un État numérique plus fluide, plus efficace, plus connecté, mais forcément plus exposé. À mesure que la donnée devient le carburant de l’action publique, sa protection cesse d’être un sujet technique pour devenir un enjeu démocratique. Dans un contexte international où le cyberespace est pleinement intégré aux stratégies de guerre et d’influence, ces fuites ne peuvent plus être analysées comme de simples incidents techniques.

  • Digitalstress fermé par la NCA

    Digitalstress fermé par la NCA

    Les attaques par déni de service distribué (DDoS) ne sont pas les attaques informatiques les plus sophistiquées. Elles sont pourtant une offensive régulière. Elles sont le fait de nombreux acteurs. L’afflux de messages entrants, de requêtes, de paquets mal formés… ont un seul but : ralentir, bloquer, voire arrêter un ou plusieurs systèmes. Ceux qui usent de ce type sont des pirates informatiques individuels, des réseaux criminels organisés, jusqu’aux agences gouvernementales.

    Le plus grand hub de DDoS-for-Hire est désormais sous le contrôle de la NCA depuis le 2 juillet 2024. Ils sont 61 sites démantelés par les forces de l’ordre sans le denier et troisième volet de l’opération PowerOFF. D’après une étude menée par Cloudflare, au cours du premier trimestre de 2024, 4,5 millions d’attaques DDoS sont menées. Une augmentation de 50 % en rapport à l’année 2023, cite le rapport vantant ses infrastructures.

    L’opération PowerOFF met Digitalstress hors ligne

    La National Crime Agency (NCA) au Royaume-Uni annonce que le site DDoS-for-hire www[.]digitalstress[.]su est sous le contrôle de l’entité britannique. Le 2 juillet 2024 une opération conjointe de la NCA, du PNSI (Service de police d’Irlande du Nord) et du FBI. La révélation de cette opération s’effectue seulement le 22 juillet, 20 jours après.

    Et pour cause, le PNSI conduit à l’arrestation d’un présumé responsable en ce début du mois de juillet 2024. L’individu est connu sous le pseudonyme de Skiop.

    L’agence s’est introduite tel un ver dans la pomme. Ayant pris le contrôle, de nombreuses données et informations sur les utilisateurs ont été glanées.

    Puis via la confection d’une splash page, les autorités avertissaient les utilisateurs de la récupération de leurs données, par le service compétent.

    (Crédits : NCA)

    Désormais, les services épluchent l’ensemble des informations ainsi glanées. « L’activité […] a toutefois montré que ces domaines sont vulnérables et peuvent être exploités pour mettre fin aux activités criminelles et identifier les responsables », explique la NCA.

    « Les services de “booter” sont une forme attrayante de cybercriminalité d’entrée de gamme, qui permet à des individus ayant peu de compétences techniques de commettre facilement des cyberdélits », a déclaré Paul Foster, chef de l’unité nationale de lutte contre la cybercriminalité.

    Opération PowerOFF

    L’opération PowerOFF débute en 2018. Elle est une opération conjointe en cours depuis six années. Le FBI avec la police néerlandaise se saisit de 15 sites WEB. Le Département de la justice américaine a inculpé le 19 décembre 2018 Matthew Gatrel, 30 ans, de St. Charles (Illinois), et Juan Martinez, 25 ans, de Pasadena (Californie).

    Le procès se tient en 2022. Matthew Gatrel et Juan « Severon » Martinez ont créé deux services, qui se trouvent être au cœur de ce procès. Le premier est un « booter », le second un « stresser », soit une attaque DDoS à la demande.

    Le volet se décomposait en deux volets. Downthem permettait de lancer des attaques DDoS, via des abonnements. L’autre AmpNode fournissait aux clients des serveurs « usurpateurs » (spoofing).

    Matthew Gratel est reconnu coupable de violations du Computer Fraud and Abuse Act (CFAA) au regard de trois chefs d’accusation. Le premier est la « conspiration en vue de commettre une atteinte non autorisée à un ordinateur protégé », le deuxième est la « conspiration en vue de commettre une fraude électronique », enfin celle « d’atteinte non autorisée à un ordinateur protégé ». (Crédits : Fokuza/Pixabay)

    Il est condamné à deux ans de prison. Lors de l’opération, les canaux de communication sont saisis. Les services de police analysent les données. Ce qui pourrait aboutir à de nouvelles enquêtes. L’année passée au mois de mai 2023, treize autres sites sont tombés via la même opération PowerOFF.

  • Quelles sont les escroqueries les plus courantes sur le WEB ?

    Quelles sont les escroqueries les plus courantes sur le WEB ?

    Les fuites de données sont une manne financière en devenir pour les escrocs et cyberdélinquants. Les personnes malveillantes surfent sur les annonces des géants du WEB, mais pas seulement. Ils se servent de fausse loterie, du chantage à l’amour, des remboursements, des appels de sois disant votre banque. Ainsi la recrudescence d’arnaques ou tromperies fleurit. Mais quelles sont-elles ? Comment opèrent-ils ? Comment s’en prémunir ? Que faire lorsque vous avez innocemment ou sans prêter attention « cliqué » sur le lien ?

    « Vous avez gagné le gros lot » ou « Vous héritez de votre oncle Américain », ou etc. Toutes les possibilités pour vous arnaquer existent. Ils jouent avec vos sentiments, comme un commercial vous vend une cafetière sans vous parler du produit. Ils usent d’une ingénierie sociale, de l’OSINT à vos dépends, bref chaque année de nombreuses personnes en France sont victimes d’escroquerie par courrier électronique ou SMS.

    Le top 5 des escroqueries en France

    Plus les vecteurs d’attaques sont nombreux, plus la probabilité d’une réussite augmente. Les plus courantes sont l’arnaque à la carte vitale, la vignette Crit’Air, le faux procès-verbal via ANTAI, le vishing, les faux chèques de banque de France, qui peut engendrer une sixième : le « spearphishing ». Mais comme disait Albert Einstein, « il n’existe que deux choses infinies, l’univers et la bêtise humaine… mais pour l’univers, je n’ai pas de certitude absolue. » Les cyberdélinquants s’appuient sur la méconnaissance et la crédulité des utilisateurs.

    La carte vitale est un élément essentiel de chaque Français. Mais depuis la cyberattaque de #Viamedis et #Almerys, et la fuite de 33 millions de numéros de sécurité sociale uniques, la recrudescence des tentatives de fraudes est possible.

    Quid des tentatives de phishing ? Comme explique Damien Bancal sur Zataz « cela demanderait beaucoup de temps et d’énergie à un pirate que de regrouper d’autres données, via les réseaux sociaux par exemple. Pas sûr que l’opération soit rentable pour lui. » Donc l’usurpation d’identité semble plus accessible, il faut donc rester sur ses gardes, sans omettre une vigilance sur vos courriels, SMS et appels téléphoniques.

    (Crédits : Interpol)

    De très près suit la fameuse vignette Crit’Air. Parfois des prix exorbitants fleurissent. Alors que le tarif actuel est de 3,77 € en sus de l’affranchissement. Concernant le monde de l’automobile. Les tentatives d’arnaque aux faux PV sont nombreuses. Les délinquants se font passer pour l’agence nationale de traitement automatisé des infractions (ANTAI) via SMS.

    Le monde de la banque touché

    Un nouveau mot est à inclure à votre lexique, le « Vishing ». Contraction de deux termes anglais Voice pour voix et phishing pour hameçonnage. Imaginez, il est 16 h 45, votre conseiller bancaire vous contacte. « Monsieur X, nous avons détecté des mouvements suspects ce matin. Un virement de 500 € en direction de la Côte d’Ivoire via Western Union ».

    Ledit conseiller vous confirme vos civilités pour vous conforter dans la véracité de l’échange. Une fois fait, il vous invite à vous rendre sur l’application de votre banque sur le smartphone. Il vous demande d’annuler le virement avec insistance.

    « Stop !!! C’est une arnaque ».

    Votre banquier n’a pas besoin de vous pour annuler une transaction. Il peut de son ordinateur, avec l’aval de sa hiérarchie l’effectuer. « L’Observatoire de la sécurité des moyens de paiements (OSMP) a relevé une hausse de 9 % des fraudes aux virements en 2022 », explique Le Revenu.

    Ces fraudes constituent plus d’un quart des préjudices financiers, soit une somme totale de 1,19 milliard d’euros. Les principales victimes sont bien entendu, les particuliers et petites entreprises.

    Le Parisien apporte des chiffres précis. « Déjà, en 2022, le préjudice avait atteint 340 millions d’euros (+ 27 % en un an). Et au 1er semestre 2023, la facture grimpe déjà à 203 millions d’euros, selon la Banque de France. »

    (Crédits : Ralph Altrip Germany/Pixabay)

    Une conférence en ligne de Cybermalveillance en partenariat avec l’UFC-Que Choisir et l’Association française des correspondants à la protection des données à caractère personnel (AFCDP) traitait d’une conférence. Son titre : « Une fraude bancaire toutes les 4 secondes : et si demain, c’était vous la victime ? » Les vecteurs sont multiples : courriel et SMS frauduleux, fausses applications, usurpation d’identité, spoofing, fraude au conseiller bancaire…

    Les désormais « classiques »

    Les tentatives hameçonnage (ou phishing) concernent plusieurs milliers de Français chaque année. Ils usent de ruses. En se faisant passer pour des sites gouvernementaux, ou d’organisations ayant pignon sur rue, ils veulent vous voler.

    Vous les avez sûrement vues passées dans vos boîte aux lettres électroniques (BAL) dans les indésirables, spams… Un message bienveillant vous indique que votre Cloud est plein, que l’espace de Google Drive est épuisé. Vous êtes en retard pour payer votre contravention.

    Un commissaire de police belge vous envoie un courriel, dans votre BAL. Une invitation à vous rendre à l’Hôtel de police pour des affaires de pédophilies, de détention d’images pédopornographiques… ou vous pouvez payer une forte somme, pour éviter l’embarras.

    « Votre livraison de colis a échoué ! » Vous devez payer des frais supplémentaires pour recevoir le fameux colis. Aujourd’hui, nous regardons nos courriels de plus en plus sur notre smartphone, ou ordiphone, avec les risques que cela comprends.

    (Crédits : Anna/Pixabay)

    En cas de doute ne cliquez pas sur les liens contenus dans le courriel, ne scannez par le QR Code, accédez par le moteur de recherche de votre ordinateur ou de votre smartphone. Mieux, contactez directement votre banque, assurance… bref celui qui vous contacte, sans passer par le lien, SMS. Pour le reste la Task-Force nationale de lutte contre les arnaques se mobilise et publie un guide de prévention contre les arnaques au format PDF (Portable Document Format), et les conduites à tenir pour connaître vos droits « Ça n’arrive pas qu’aux autres ! »

  • Prenez garde à l’usurpation de vos e-mails

    Prenez garde à l’usurpation de vos e-mails

    Le 10 juillet 2021, une enquête, débutée il y a plus d’un an après de multiples plaintes, a débouché sur l’arrestation de seize personnes à travers toute l’Espagne. Les prévenus sont détenus pour des délits présumés de fraude et d’appartenance à une cellule criminelle. La « Guardia Civil » a démantelé un réseau d’escroqueries sur Internet qui usurpaient l’identité de la direction générale de la circulation (DGT) et de la Poste, entre autres. Des techniques de phishing et de spoofing sur de nombreuses victimes sont mises en place.

    Une opération de Police aboutie à l’arrestation de 16 personnes à travers la péninsule ibérique. De l’usurpation d’identité aux courriels, pour détourner de fortes sommes d’argent à l’insu des victimes. « Aguas Vivas » de la Guardia Civil (Gendarmerie en France) triomphe d’une entente de malfaiteurs dédiée à la réalisation de malversations sur Internet.

    La Guardia Civil démantèle un réseau d’escrocs

    Cette opération a permis l’arrestation de 16 personnes dans diverses villes de la péninsule Ibérique. Elles s’effectuent à Ribeira, Madrid, Parla et Móstoles, Seseña, Villafranca de los Barros et Aranda de Duero pour les délits présumés d’escroquerie et d’appartenance à une organisation criminelle. Ils recouraient au spoofing (technique d’usurpation d’adresse de courriel), selon les forces de l’ordre espagnoles.

    Femme, newsletters, internet

    L’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) la définit par l’« action malveillante qui consiste à utiliser délibérément l’adresse d’un autre système en lieu et place de la sienne ».

    Les gendarmes de l’Internet ajoutent que cette action doit être rapprochée de l’usurpation d’identité, considérée comme un délit par le droit pénal français. L’idée est de faire passer son système d’information pour un autre. L’adresse usurpée peut être une adresse MAC (Media Access Control), une adresse IP (Internet Protocol), une adresse de messagerie, etc.

    Le nombre d’e-mails envoyés par jour avoisine les 293 milliards en 2019, les prévisions pour l’année 2022 ciblent 347 milliards. Cela représente 1,4 milliard en France, sachant que chaque français possède, en moyenne, plus de deux comptes. (Crédits : PublicDomainPictures/Pixabay)

    Un groupe criminel structuré et hiérarchisé. Les escrocs présumés auraient installé un « logiciel » malveillant sur l’ordinateur de leurs multiples victimes en utilisant cette technique de spoofing. C’est-à-dire l’envoi frauduleux d’e-mails à travers lesquels les attaquants supplantaient l’identité d’organismes, tels que l’Agence des impôts, le Trésor public, la DGT ou encore la Poste.

    Des demandes de règlement de dettes fiscales, d’amendes routières ou de récupération de colis… pour lesquels ils devaient ouvrir un lien contenu dans le courriel reçu, pour en connaître les détails. En cliquant, une redirection s’opère à une adresse, ou à une page Web. Sur celle-ci, le programme malveillant s’installe en arrière-plan après son téléchargement. Ils auraient ainsi réussi à détourner, vers leurs comptes, d’importantes sommes d’argent, rapporte le communiqué de la Guardia Civil.

    Les services de la Benemérita lors de la perquisition d’un domicile visé par l’enquête. (Crédits : DR)

    L’association est parfaitement structurée et hiérarchisée en quatre échelons. D’une part, certains individus se consacrent à recevoir les montants des transferts frauduleux (niveau 1), qui sont transmis à d’autres membres de l’organisation (niveau 2). D’autre part, certaines personnes ont déplacé l’argent vers de nouveaux comptes situés à l’étranger (niveau 3) et, enfin, d’autres ont masqué le fonctionnement en ligne des comptes (niveau 4).

    Plus de trois millions d’euros bloqués

    Une fois installé sur le terminal, il reste en sommeil, jusqu’au moment où l’utilisateur accède à n’importe quel site Web de sa banque et exécute une transaction financière. À cet instant, le code malveillant interceptait et modifiait les données émises, de sorte que les bénéficiaires des opérations fiduciaires soient les 30 comptes bancaires appartenant au réseau criminel.

    Banane, humour, braquage

    Ensuite, on répartit l’argent sur divers comptes. Mais aussi extrait du circuit par des retraits d’espèces dans des distributeurs automatiques de billets (DAB), des transferts BIZUM, des cartes REVOLUT, etc., afin de noyer les recherches d’une éventuelle enquête de police.

    Les forces de l’ordre, en collaboration avec le département informatique du Conseil provincial de Cáceres, ont détecté une activité suspecte dans des comptes de messageries. C’est au sein de 68 de ces derniers, appartenant à des organismes officiels, que les enquêteurs découvraient l’infection par les chevaux de Troie « Mekotio » et « Grandoreiro ». Les véritables échanges de courriels représentent moins de 20 % de la totalité des e-mails reçus. Les spams et hameçonnages sont à 65 %, les publicités à 15 % et les virus, malware ou ransomware tout juste 1 %. (Crédits : Ryan McGuire/Pixabay)

    Ils étaient en attente d’effectuer les opérations délictueuses. Les agents ont réussi à bloquer des tentatives de transfert pour un montant de 3 500 000 euros, après avoir analysé plus de 1 800 courriels. En outre, la police a élucidé 20 délits de fraude pour un total de 276 470 euros, dont elle a pu récupérer 87 000 euros.

    Quelles sont les conduites à adopter ?

    « En dépit de mécanismes additionnels et correctement utilisés, les courriels ne garantissent en rien l’authenticité d’un émetteur et encore moins l’intégrité d’un courriel », martèle un œil averti. C’est en cela que l’ANSSI exhorte tout un chacun à adopter cinq réflexes. Avec en préambule un conseil avisé : « N’importe qui peut vous envoyer un courriel en se faisant passer pour un autre ! Cela n’est pas beaucoup plus compliqué que de mettre un faux nom d’expéditeur au verso d’une enveloppe. N’ayez pas une confiance aveugle dans le nom de l’expéditeur ». Le premier demeure dans le fait d’être attentif à tout indice qui initierait le doute quant à l’origine réelle du courriel.

    « Vous devez admettre que dans le domaine de la messagerie électronique, il n’existe pas d’expéditeur a priori de confiance », appuie l’agence nationale. Puis se méfier des pièces jointes, en ayant votre antivirus activé et à jour, mais pas seulement. Dans le cas d’un comportement anormal, exigez qu’un professionnel contrôle votre poste. Les requêtes de confirmation d’informations confidentielles (mots de passe, code PIN, coordonnées bancaires…) ne s’effectuent pas via un courriel. En cas d’incertitude, on n’a qu’à requérir auprès du correspondant la reconnaissance de sa demande, bien sûr par le biais d’un nouveau, et non en répondant à celui reçu (phishing).

    La confiance doit être remise en doute à chaque ouverture du poste, et souligner toute anomalie auprès du responsable compétent. (Crédits : TheDigitalWay/Pixabay)

    Cadenas, ordinateur, chiffrement

    Une technique plus simple qu’il n’y paraît avec votre souris. Il suffit de passer cette dernière au-dessus du lien et observer l’adresse de renvoi. « De manière générale, il est préférable de saisir manuellement l’adresse dans le navigateur. » Enfin, configurez correctement votre logiciel de messagerie. « Il faut conserver vos logiciels à jour, si possible en activant la procédure de mise à jour automatique. Puis paramétrer votre logiciel de messagerie pour désactiver la prévisualisation mécanique des courriels. Dans les paramètres de sécurité en options, interdisez l’exécution systématique des ActiveX, des plug-ins et les téléchargements, soit en les désactivant, soit en imposant de vous en demander l’autorisation. Enfin, dans un environnement sensible, lisez tous les messages au format texte brut », conclut l’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information.