L’invasion de l’Ukraine par la Russie est prévue pour « 3 heures du matin aujourd’hui » avec une attaque de missiles et de chars titrait le journal britannique Mirror, le 15 février 2022. Elle ne fut pas sur terre, mais sur la toile. Dans la soirée du 15 février, des hackeurs ont lancé une offensive DDoS contre les sites de deux banques ukrainiennes et plusieurs sites gouvernementaux. Le portail web officiel du ministère ukrainien de la Défense a probablement souffert d’attaques DDoS, indiquait-il sur sa page Facebook.
Ce mardi 15 février 2022, le site Web du ministère ukrainien de la Défense et des forces aéroportées ukrainiennes a été perturbé. Privatbank et Oshchadbank ne fonctionnent pas. Le 20 février, Cado Security identifiait « la source probable de ces attaques comme étant un botnet appelé Katana, dont la préparation a commencé au moins dès le dimanche 13 février. » Mardi et mercredi dernier, plusieurs sites Web ukrainiens ont été mis hors ligne en raison d’attaques par déni de service (DDoS). Les sites touchés comprenaient des banques, Privatbank et Oschadbank, les deux banques visées, dont les distributeurs ont été brièvement affectés, le site de l’état-major des armées et celui du ministère de la Défense sont, quant à eux, restés inaccessibles pendant plusieurs heures.
« Ces dernières heures, l’Ukraine a été la cible de multiples attaques DDoS. Selon @kentikinc, les cibles comprennent Mirohost (AS28907), qui héberge les sites Web de l’armée ukrainienne, ainsi que Privatbank (AS15742), l’une des plus grandes banques de l’UA », expliquait @DougMadory (Crédits : Kentikick)
La confirmation du ministère ukrainien ne se faisait pas attendre : « Le site Web du ministère de la Défense a probablement été attaqué par un DDoS. Un nombre excessif de requêtes par seconde a été enregistré. Des travaux techniques de rétablissement du fonctionnement régulier sont en cours ». Les attaques, selon les experts en cybersécurité, non pas particulièrement réussies, la combinaison d’un certain nombre de méthodes différentes implique un niveau de sophistication supérieur à la plupart des attaques DDoS. L’intention derrière ces attaques peut être considérée dans le contexte d’activités malveillantes antérieures.
Les noms de fichiers (KKveTTgaAAsecNNaaaa et a2b1d5g2e5t8vc) correspondent à un botnet nommé Katana, qui est en fait une variante de Mirai dotée de capacités DDoS améliorées, comme le montre le code source de Katana, explique Cado Security dans son analyse technique. (Crédits : Cado Security)
Le déploiement de pièces sur l’échiquier peut déstabiliser l’adversaire, et le pousser à commettre une faute. En janvier 2022, la défiguration de sites Web ukrainiens était destinée à provoquer un sentiment de panique. Des signes avant-coureurs dans le passé. Les cyberattaques usant le logiciel malveillant BlackEnergy, juste avant le conflit géorgien en 2008, et plus récemment les attaques destructrices contre le réseau électrique ukrainien en 2015, plongeant le pays dans le black-out total. « Cette attaque est sans précédent, elle a été préparée et son objectif principal était de déstabiliser, de semer la panique et de créer le chaos dans notre pays », déclarait MykhailoFedorov, ministre ukrainien de la transformation numérique, mercredi 16 février 2022.
Un jeu d’échecs
Il existe de nombreuses ouvertures pour des joueurs d’échecs, de l’Espagnole RuyLopez au Gambit de la Dame, qui plus est pour des maîtres. « Les unités du district fédéral du Sud ayant achevé leur participation à des manœuvres tactiques sur les bases de la presqu’île de Crimée sont en train de retourner vers leurs bases d’attache par voie ferrée », indiquait le ministère russe de la Défense aux agences russes. Lundi 21 février 2022, VladimirPoutinereconnaissait l’indépendance des régions séparatistes de l’Ukraine, suscitant des craintes d’attaques militaires. De plus sa déclaration nomme les deux régions « République populaire de Louhansk» et « République populaire de Donetsk ».
Le protocole de Minsk est un accord signé le 5 septembre 2014 par les représentants de l’Ukraine, de la Russie, de la République populaire de Donetsk (DNR) et de la République populaire de Lougansk (LNR) pour mettre fin à la guerre en Ukraine orientale. (Crédits : DR)
Elles sont des territoires non reconnus, créés par des séparatistes soutenus par la Russie dans la région de Donbas, dans l’est de l’Ukraine. Le président russe demande aux législateurs de reconnaître l’indépendance de deux régions ukrainiennes. Une telle décision constituerait une violation unilatérale des accords de Minsk, déclarait le chancelier allemand Olaf Scholz. De son côté, l’administration Biden annoncait que les États-Unis allaient répondre par des sanctions économiques limitées, et d’autres à venir. Les présidents américain, Joe Biden et ukrainien, Volodymyr Zelenskyy ont échangé durant 35 minutes, selon un responsable de la Maison-Blanche. La Maison-Blanche a indiqué que son pensionnaire avait également convoqué ses homologues français et allemand, Emmanuel Macron et Olaf Scholz.
Alors qu’en France, les débats se focalisent sur le prix d’une baguette de pain à 29 cents d’Euros dans un supermarché, ou encore le tarif au kilo de la viande de Porc, de l’autre côté des Pyrénées ce n’est pas plus réjouissant. Actuellement, un agriculteur valencien demande 1,17 euro pour 13 kilos de Naveline, soit le prix d’un café sur place. Dans les grandes surfaces françaises, le kilogramme se vend aux alentours des soixante-dix cents. Ce qui pousse les producteurs ibériques à ne plus récolter les fruits de leurs labeurs.
C’est un fruit de saison, qui ravissait les enfants à la période de Noël. Elle était le trésor accompagnant le chocolat chaud, mets délicats, rares et onéreux, il y a un plus d’un demi-siècle. Dorénavant, les consommateurs ne se soucient guère de leur provenance, du moment qu’elle ne soit pas chère. Des milliers de personnes ont partagé la vidéo de Sara Soler, une enseignante qui possède également une petite parcelle d’oranges biologiques. Pas moins de 26 860 vues (au 26 janvier 2022) de la vidéo désormais virale, dans laquelle elle explique que le client, qui avait promis en septembre d’acheter toute sa récolte, a déclaré qu’il n’était plus intéressé.
Nous préférons les donner que les jeter
Sara Soler, Benifaió, Valence, espagne
Confrontées à l’impossibilité de payer la récolte d’une orange qu’elles ne vendront pas, Sara Soler et sa mère décidèrent de la donner à tout individu qui viendrait les cueillir elles-mêmes sur l’arbre. « La réponse a été impressionnante, nous avons du mal à gérer l’avalanche de personnes qui nous ont demandé de venir ou qui veulent que nous leur envoyions des boîtes. Nous avons dû organiser des quarts de travail pendant le week-end pour éviter les foules en raison du problème de Covid. Tout le monde a proposé de collaborer d’une manière ou d’une autre », explique-t-elle à Público. Malheureusement, ce n’est pas un cas isolé.
Le grenier européen
Dans certains cas extrêmes, le producteur se voit offrir « un centime par kilo, alors qu’il est vendu à un euro et demi dans les supermarchés », relate Público. Les professionnels en liquidation reçoivent les miettes restantes, environ 10 cents par kilo. En France, les prix sont disparates en fonction des superficies et surfaces de ventes, lieux et quantités. Dans ces conditions Carrefour, le prix est de 0.70 euros au kilo, 0.75 € chez Intermarché, 1.25 chez Leclerc et 1 euros le kilo en promotion chez Casino (selon les prospectus et promotions). L’Espagne est depuis une centaine d’années le fournisseur majeur de l’Europe sur de très nombreux produits de consommation, au même degré que la Communauté valencienne est la plus grande source européenne d’oranges. Ce qui a généré d’immenses fortunes, comme une marque prestigieuse au niveau international, La Valencia. Ainsi surfant sur le nom, l’Afrique du Sud appelle son territoire de culture de l’orange Valencia. Cela ressemble à s’y méprendre à l’histoire du Champagne.
Dans le domaine de la pêche en Europe, le classement des États membres capturant le plus de poissons (milliers de tonnes du poids vif, par zone principale de pêche, données 2019) donne en première position le Danemark (904, 5), puis l’Espagne (837, 2) et la France troisième avec 525, 1 milliers de tonnes. (Crédits : Eurostat)
Au cours de l’été 2021, le pouvoir russe décidait de retirer au Champagne son appellation en cyrillique, au profit de producteurs locaux. Le sursis obtenu par le gouvernement français prenait fin à minuit lors de la nuit de la Saint-Sylvestre. Depuis le 1er janvier 2022, le Champagne a perdu ses lettres de noblesse en Russie, dans le pays de VladimirPoutine. La situation préoccupante du secteur dans la Communauté de Valence est si délicate que l’abandon des champs de culture se poursuit année après année.
Le travail essentiel à la société n’est pas rémunéré à une juste valeur. Les prix ne cessent de croître, les aliments, le carburant, l’électricité, le gaz… Est-ce les signes avant-coureurs d’une crise économique ? Est-ce la fin des grandes surfaces commerciales telle que nous les connaissons, au profit d’un monde à taille plus humaine ? Seul l’avenir le dira… (Crédits : DR)
En 2021, 2 000 hectares supplémentaires ont été perdus, ce qui porte le total des terres abandonnées à 165000 hectares dans toute la région. « Nous sommes la seule communauté dans laquelle la surface cultivée diminue », a averti CristóbalAguado, président de l’Association des agriculteurs de Valence. La circulation et le commerce international affichent-ils ses limites ? Les oranges sud-africaines « beaucoup moins chères et pratiquement dépourvues de contrôles phytosanitaires », inondent les marchés européens en tirant les prix vers le bas, dénonce Público. Outre l’AfriqueduSud, les oranges bon marché venues du Maroc, d’Égypte ou de Turquie s’ajoutent à la concurrence. Le prix à payer pour le consommateur est la seule variable qui ne change guère.
C’est un nouveau film qui pourrait naître, ou bien un volet de la plus célèbre série cinématographique « James Bond 007 ». Car c’est un chapitre qui s’ouvre après l’arrestation et l’extradition de WladislavKlyushin. Le 21 mars 2021, un homme est emprisonné à Sion en Valais. Selon son avocat, cette personne séjournait en Suisse avec sa famille pour des vacances au ski. L’Office fédéral de la justice l’arrête et lui ordonne à la garde à vue. Son extradition est décrétée le 24 juin et exécutée le 18 décembre. Son procès a commencé lundi 3 janvier 2022.
Le 13 décembre 2021, le Tribunal pénal fédéral suisse a rejeté le recours de Vladislav Klushin contre la décision de l’extrader vers les États-Unis. Selon l’homme d’affaires russe, l’affaire a pour but de « le coincer pour des accusations de délit d’initié forgées de toutes pièces ». Mercredi 5 janvier 2022, un homme comparaissait au sein d’une cour américaine au Massachusetts, présidé par la juge MarianneBowler, pour entendre sa mise en accusation sur des faits de délits d’initié, qu’il nie. Les co-accusés sont Ivan Ermakov, Mikhail Vladimirovich Irzak, Igor Sergeevich Sladkov et Nikolai Rumiantcev sont toujours pourchassés pour être traduits devant la justice américaine. La pression monte d’un cran sur les Cosy Bear avec l’arrivée de JoeBiden à la Maison-Blanche, souligne 24Heures. Selon OliverCiric, avocat de Vladislav Klushin le président démocrate voudrait se venger.
L’avis de recherche contre le hacker présumé Ivan Yermakov, qui travaille pour Vladislav Klyushin dans la société M-13. Il est un gros poisson dans le milieu de l’espionnage. La justice américaine indique qu’il a le grade d’officier dans l’unité 26165 au sein du GRU. (Crédits : DR)
Les personnes dites « initiées » sont celles susceptibles de détenir des informations confidentielles à titre professionnel (L. 465-1 du Code monétaire et financier). Au-delà de cette affaire de fraude boursière, il pourrait cependant fournir des infos très importantes, notamment sur l’ingérence russe supposée dans l’élection de 2016 ainsi que d’autres opérations de renseignement, déclarent d’anciens responsables américains à CNN. Des dirigeants à la retraite du ministère de la Justice et de la Sécurité intérieure affirment que cela porte un intérêt majeur. Car, ils évoquent une interaction étroite entre la société de cybersécurité de Vladislav Klyushin, basée à Moscou, et le gouvernement russe, ainsi qu’une relation présumée de Klyushin avec un ancien officier du renseignement militaire du GRU.
Recherché depuis 2019
L’homme était recherché, poursuivi depuis 2019. Il semblait se dérouler le jeu du chat et de la souris. Des Américains auraient tenté de le pourchasser dans le sud de la France dès 2019. Les Britanniques échouaient à Édimbourg, en 2020. En mars 2021, c’est la Suisse « neutre » qui met la main sur Wladislav Klyushin. Il est le premier directeur général adjoint de la compagnie M-13 basée à Moscou, entreprise qui conseillerait les autorités. Selon l’acte d’accusation, le site de M-13 indiquait que les « solutions informatiques » de la société étaient utilisées par « l’administration du président de la Fédération de Russie, le gouvernement de la Fédération de Russie, les ministères et départements fédéraux, les organes exécutifs régionaux, les sociétés commerciales et les organisations publiques ».
Il a reçu des mains de VladimirPoutine, la médaille de l’Ordre d’Honneur. la médaille de l’Ordre d’Honneur. Il est décerné aux citoyens russes en récompense d’accomplissements ayant mené à une amélioration des conditions de vie dans le pays, ou pour services rendus. (Crédits : DR)
Les quatre Russes accusés y travaillent tous, selon le document de la justice américaine. L’arrestation de Klyushin est potentiellement un trésor inestimable, voire une « mine d’or », considère l’expert en sécurité Christopher Krebs. « S’il cède, il pourra peut-être confirmer les thèses des services secrets sur l’influence de la Russie sur les élections de 2016. S’il ne coopère pas, sa condamnation pourrait servir d’exemple », déclarait Christopher Krebs à CNN.
Jeu de poupée russe
Le gouvernement américain n’a pas publiquement relié Klyushin à la supposée ingérence russe dans l’élection de 2016, menant à la victoire de Donald Trump. Mais l’un des coaccusés de Klyushin dans l’affaire de fraude boursière est Ivan Ermakov, est un ancien officier de la Direction principale du renseignement russe. Le président de la Russie, Vladimir Poutine a été directeur du FSB. « Lorsque quelqu’un comme lui a été arrêté, toute opération dont il aurait eu connaissance devient immédiatement suspecte du point de vue du contre-espionnage », a déclaré Holden Triplett, un ex-haut fonctionnaire du FBI basé en Russie à CNN. « Tout ce qu’ils ont touché est maintenant sous le microscope ».
Les deux candidats, Donald Trump et Hillary Clinton à la primaire républicaine de 2016, avant le drame. 26 165 est le numéro qui désigne la redoutable section d’État chargée des attaques informatiques contre des institutions et des tiers. L’agent Ivan Yermakov agirait pour le compte de l’organisation nommée Fancy Bear ou Cosy Bear. (Crédits : AFP)
Le fait d’armes mondialement connu d’Ivan Ermakov se déroulait de 2015 à avril 2016. Cozy Bear, ou APT29 est suspecté d’être impliqué dans le piratage du Comité national démocrate en lien avec l’Ingérence russe présumée dans l’élection présidentielle américaine de 2016. Cozy Bear s’était infiltré dans le parti démocrate depuis l’été 2015, mais c’est en avril 2016 qu’un autre groupe appelé Fancy Bear aurait piraté également le parti de manière indépendante. Il aurait donc participé à l’infection pour soutirer des documents des serveurs du parti démocrate aux États-Unis. Ainsi près de 30 000 courriels sont alors jetés en pâture sur les réseaux sociaux, comme Hillary Clinton est éclaboussée. L’acte est toujours considéré aux États-Unis au même degré qu’une tentative de la part du Kremlin d’influencer le processus électoral. De plus, l’organisation Cozy Bear est accusée par les autorités de renseignement canadiennes (CST), américaines (NSA) et britanniques (NCSC) de différents essais d’exfiltration, qui seraient survenus en juillet 2020, sur le développement d’un vaccin contre le SARS-CoV-2, provocant le Covid-19.
Pour les remporter, il ne faut pas acheter un jeu de grattage, ni même un billet de tombola, ou encore participer à la Lotería de Navidad en Espagne. Comme dans les westerns spaghettis, répondre à un avis de recherche contre des malfaiteurs, par des renseignements. En effet, le Département d’État américain annonce une gratification numéraire pouvant croître jusqu’à 10 000 000 $, pour toute information menant à l’identification, ou à la localisation de toute personne occupant un poste clé au sein du groupe criminel, usant du RaaS connu sous le nom de « DarkSide ».
Une récompense pouvant aller jusques et y compris à 10 000 000 $, en outre, le ministère en octroie une autre jusqu’à 5 000 000 $, cette fois pour toute indication conduisant à l’arrestation, comme à la condamnation, ce dans n’importe quel pays, de tout individu ayant ou tenté participer à un incident lié au RaaS (Ransomware as a Service) DarkSide. L’affaire dite de Colonial Pipeline en mai 2021 a mis le feu aux poudres. L’infection par codes malveillants a abouti à la décision de la société de fermer de manière proactive et temporaire le pipeline de 5 500 miles qui transporte 45 % du carburant utilisé sur la côte est des États-Unis.
Le Département qui gère le programme de récompenses pour la criminalité transnationale organisée (TOCRP) est en étroite coordination avec ses partenaires fédéraux chargés de l’application de la loi. Dans le communiqué de presse, l’institution clame haut et fort que plus de 75 hors-la-loi transnationaux et grands trafiquants de stupéfiants ont été traduits en justice depuis 1986 grâce aux efforts conjoints avec le NRP (Programme de récompense des narcotiques). Le ministère se targue d’avoir versé plus de 135 millions de dollars à ce jour.
L’affiche délivrée par le bureau fédéral d’investigation, et le département de la justice américaine est sans ambiguïté. (Crédits : DR)
Une autre somme du même acabit est offerte envers un ressortissant colombien pour un système de corruption présumé. D’après l’acte d’accusation de dix-neuf pages, les cinq hommes auraient reçu 1,6 milliard de dollars du Venezuela et auraient transféré 180 millions de dollars par ou vers des comptes bancaires aux États-Unis. Les trois Colombiens et les deux Vénézuéliens font face à un chef d’accusation de conspiration en vue de commettre un blanchiment d’argent et à quatre de blanchiment d’argent. « À partir de 2015, Pulido et d’autres individus ont commencé à travailler pour obtenir ou conserver des contrats pour fournir de la nourriture au peuple vénézuélien. Pulido et ses co-conspirateurs auraient majoré le coût de production des boîtes de nourriture afin de réaliser un profit personnel sur leur production », peut-on lire dans le communiqué.
De DarkSide à REvil
REvil, connu également sous le nom de Sodinokibi, a été détecté pour la première fois en avril 2019. Il exploitait la vulnérabilité O-Day Oracle WebLogic. Les opérateurs développant et commercialisant ce ransomware ont déclaré « être d’anciens affiliés de GrandCrab ayant acheté le code source ». REvil est vendu en tant que RaaS sur les forums cybercriminels russophones par l’identité numérique « UNKN » depuis mai 2019, explique L’Usine Digitale. L’association avait disparu la veille de la fête nationale française avant de réapparaître début septembre. Il semble que cette fois, REvil n’est plus. Un acteur lié à REvil connu sous « 0_neday » annonçait la fin des activités. La motivation est extrêmement simple et compréhensible. Un un tiers non identifié dispose d’une copie de l’infrastructure du groupe, jusqu’aux clés privées des sites accessibles via Tor.
Gazouillé par Dmitry Smilyanets, de Recorded Future, et selon le cybermalfaiteur : « Le serveur était compromis et ils me cherchaient. Pour être précis, ils ont supprimé le chemin vers mon service caché dans le fichier torcc, et ont augmenté le leur pour que j’y aille. J’ai vérifié sur d’autres – ce n’était pas le cas. Bonne chance à tous, je m’en vais. » (Crédits : DR)
Selon le département américain du Trésor, les opérateurs derrière les ransomware ont capté à minima la cagnotte de cinq milliards de dollars en quelques années. Le conglomérat REvil était connu pour exiger des sommes très élevées afin de déchiffrer les données cryptées. Le record est de 70 millions de dollars américains. En juin 2021, le président américain Joe Biden menaçait son homologue russe Vladimir Poutine de conséquences s’il ne prenait pas de mesures contre les groupes de cybercriminels usant de codes malveillants depuis la Russie. Le gouvernement allemand d’Angela Merkel abordait aussi régulièrement cette même menace avec l’administration russe, selon le ministère des Affaires étrangères. Mais l’identification concrète de suspects est considérée comme extrêmement difficile.
Des sommes très importantes ont été saisies, avec du matériel informatique. Les auteurs « siphonnaient » de l’argent pour des pirates informatiques internationaux et, au cours de leur activité, ils ont « légalisé » ainsi des dizaines de millions de dollars. (Crédits : Police ukrainienne)
Pourtant et depuis plusieurs mois, l’Office fédéral de la police criminelle (BKA) et le Baden-Württemberg LKA (police de proximité) enquêtent sur le groupe REvil. Les forces de l’ordre allemandes auraient identifié l’un des opérateurs principaux, révèlent Die Zeit et BR24 dans deux articles publiés le 28 octobre 2021. Sur les réseaux sociaux, Nikolay K. (nom modifié) se présente comme un trader de cryptomonnaies, dont sa devise est « In Crypto we trust ». L’investigation permet de se faire une idée précise du comportement de l’homme en question : maison avec piscine près d’une grande ville du sud de la Russie, vacances de luxe à Dubaï et aux Maldives, un yacht à 1 300 euros par jour. Les enquêteurs pensent que cet homme serait l’un des cerveaux du célèbre logiciel malveillant REvil et de son prédécesseur présumé Gandcrab. Car « son train de vie luxueux est vraisemblablement financé par l’argent des extorsions – versé par les entreprises et les autorités victimes d’attaques de pirates informatiques ».
11 personnes arrêtées en Ukraine
La police ukrainienne a révélé l’arrestation d’un groupe usant de ransomware. Ces derniers auraient attaqué une cinquantaine d’entreprises en Europe comme en Amérique. La réclusion encourue est au maximum de douze années. « Les infractions pénales ont été découvertes par des officiers du département de cyberpolice, en collaboration avec la direction des enquêtes de la police nationale, des représentants du bureau du procureur général, avec la participation de collègues de l’Union européenne, de l’Union européenne, des forces de l’ordre de France, des États-Unis, des Pays-Bas et de Norvège », explique le communiqué en date du 29 octobre 2021.
Les individus ont produit et vendu des clés USB avec des virus, qui ont cassé les portefeuilles numériques des victimes et leur ont volé des cryptomonnaies. (Crédits : Police Ukrainienne)
Le groupe était composé de 11 membres. Deux d’entre eux distribuaient directement le logiciel malveillant, tandis que les autres assuraient le support des serveurs et aidaient à retirer l’argent obtenu par des moyens illégaux. Le cumul des sommes avoisinerait les 120 millions de dollars. Les pertes subies par les proies s’élèvent à 120 millions de dollars. Parmi les victimes figurent des entreprises de France, de Norvège, d’Allemagne, de Suisse, des Pays-Bas, du Royaume-Uni et des États-Unis. Ce sont vingt-huit perquisitions qui ont été effectuées dans la ville de Kiev, les régions de Volyn, Ternopil, Kharkiv, Zaporizhia et de Donetsk.
Le FSB à l’origine d’attaque contre des agences gouvernementales ukrainienne
L’information va faire grand bruit. Les experts en cybersécurité du SBU « ont identifié les pirates informatiques du célèbre groupe ARMAGEDON, responsables de plus de 5 000 cyberattaques contre des organismes gouvernementaux ukrainiens et des infrastructures critiques », indique le site Ukrinform. Il a été établi que ledit groupe fait partie du FSB, et que ce dernier « opérant depuis la Crimée occupée, ainsi que des traîtres qui ont pris le parti de l’ennemi lors de l’occupation de la péninsule en 2014 », rapportait le communiqué de presse de la SBU.
L’agence de sécurité ukrainienne a révélé l’identité des présumés coupables, ayant obtenu des preuves irréfutables de leur activité illégale, notamment des appels téléphoniques interceptés, « malgré le fait que le réseau utilisait des logiciels malveillants produits par le FSB, ainsi que des moyens d’anonymisation en ligne ». (Crédits : SBU)
Depuis l’annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par la Russie en 2014, l’éclatement du conflit armé dans l’est de l’Ukraine, entre forces ukrainiennes et séparatistes pro-russes, a fait depuis plus de 13 000 morts. Depuis sept années, les auteurs supposés, ci-dessus (demeurant innocent avant d’être reconnus responsables) auraient mené plus de 5 000 cyberattaques et poursuivi les tentatives d’infection de plus de 1 500 systèmes informatiques gouvernementaux. Les principaux objectifs du groupe dirigé par le FSB étaient les suivants :
Prendre le contrôle d’infrastructures critiques (centrales électriques, systèmes de chauffage et d’approvisionnement en eau)
Collecte de renseignements sur la sécurité, la défense et les opérations des agences gouvernementales
Mener des opérations psychologiques
Bloquer les systèmes d’information
Actuellement, cinq membres de l’organisation criminelle ont été accusés de haute trahison en vertu de l’art. 111 du Code pénal ukrainien. Selon les renseignements dont dispose le SBU, le groupe de hackers ARMAGEDON est un projet spécial du FSB, dont la cible principale était l’Ukraine. « Son travail était coordonné par le 18e centre (centre de sécurité de l’information) du FSB, basé à Moscou ». Une enquête plus approfondie, comprenant des examens médico-légaux, est en cours. Elle a pour finalité de traduire en justice les agents du FSB accusés d’espionnage, d’interférence non autorisée avec les systèmes informatiques et de création de logiciels ou de matériels malveillants.