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  • Quand les spermatozoïdes tombent le masque

    Quand les spermatozoïdes tombent le masque

    Nous avons eu les mêmes cours sur la biologie humaine, voire la fécondation. D’ailleurs les publicités jouaient sur la course effrénée que les milliers de spermatozoïdes effectuaient pour créer un embryon. Comme dans un conte, seul le plus fort et le plus rapide réussit à féconder l’ovule… qui de la même manière que la belle au bois dormant poireaute passivement, que son prince charmant se pointe. C’est une image tronquée, car si la biologie le reconnaît aujourd’hui, l’ovule ne fait pas qu’attendre que son vaillant chevalier au grand cœur, bien au contraire.

    Les fictions, et la réalité ne sont séparées que par un infime voile de soie. Ainsi, la procréation est le fruit d’une interaction entre un ovule et un spermatozoïde, non juste le travail du dernier. « D’un point de vue strictement dynamique, c’est vrai que le spermatozoïde bouge plus. Il voyage, alors que l’ovule demeure en place […] », reconnaît Dr Pierre Leclerc, spécialiste en reproduction humaine. L’idée est pourtant vissée dans chaque tête, assurant qu’uniquement les gamètes mâles bossent. Si dans Fort Boyard, il faut un maximum de clé pour accéder au Graal, les spermatozoïdes doivent eux aussi se munir de l’unique clé capable d’ouvrir la porte de l’ovule. S’ils sont plusieurs centaines de millions à candidater, au final un seul se retrouvera face à l’ovule à la fin du processus.

    Beaucoup de postulants, un seul élu

    L’éjaculation s’étant produite, la course contre le temps commence lors d’un parcours long et semé d’embûches. La majeure partie des spermatozoïdes se retrouvent bloqués dès leur apparition dans le col de l’utérus, puis à la frontière entre l’utérus et les trompes de Fallope. Car, après avoir résisté à l’acidité du vagin, affronté les contractions de l’utérus, les trompes de Fallope ne laissent pas entrer n’importe qui. Il faut montrer patte blanche. Arrivés à cet endroit secrètement gardé, seuls ceux munis d’une autorisation dûment tamponnée et certifiée pourront être amenés plus loin.

    Les trompes de Fallope se trouvent entre l’utérus et les ovaires. Elles sont le lieu où l’ovule est fécondé par le spermatozoïde. Après que ceux-ci furent déposés en aval du col de l’utérus, attendant les navettes pour être acheminés auprès de l’ovule par différents procédés. (Crédits : Dessin François Poulain/Larousse)

    La structure des trompes de Fallope aide au cheminement des spermatozoïdes. Ces derniers se déplacent via les trompes utérines pour atteindre la partie ampullaire où se situe l’ovocyte. Lors de cette étape, les gamètes mâles achèvent également leur maturation. Seuls ceux appartenant à l’espèce humaine et ceux détenant une motilité hyperactive pourront traverser la barrière, explique Dr Leclerc. Rassurant pour ceux qui ont les idées tordues, immorales et illégales. Les spermatozoïdes vont se transformer pour que leurs membranes puissent se fragiliser et libérer les enzymes contenues dans leur acrosome. C’est la capacitation qui se fait en 6 à 8 heures, par étapes.

    Le choix de la Reine

    L’ovocyte, lui, est tranquillement à l’abri derrière sa zone pellucide. Elle est la « membrane » l’entourant, de plus elle est essentielle à sa survie, mais pas que. Elle sélectionne les spermatozoïdes dont l’enveloppe plasmique est intacte et empêche la fécondation croisée. Donc c’est au final le gamète femelle qui impose sa décision, une habitude que l’on retrouve dans la société peut-être ? « C’est l’ovule qui a le dernier mot. C’est lui qui va décider qui passe et qui ne passe pas. » C’est le sketch de maxime le videur d’Albert Dupontel. Pour être précise, la glycoprotéine ZP3 permet aux spermatozoïdes de s’accrocher et de déclencher la réaction acrosomiale.

    Les gamètes mâles sont dépeints comme forts, énergiques, au sein d’une mission qui couronnera un gagnant, quand l’ovule est comparé à une princesse attendant son prétendant, tandis que c’est elle qui effectue la grande partie de l’action et choisit son partenaire pour la fécondation. Ci-dessus un ovocyte humain avec zone pellucide, lors d’une FIV. (Crédits : DR)

    Les enzymes acrosomiales de centaines de spermatozoïdes présents vont permettre à l’élu de se lier aux récepteurs de la membrane de l’ovocyte. Les membranes de l’ovocyte et du spermatozoïde fusionnent en une membrane, sans rien perdre. Sans oublier sa corona radiata que devra franchir l’heureux élu qui réalisera la fécondation. Il entrera ensuite en contact avec la membrane de l’ovocyte, pour s’y coller et ultimement fusionner avec elle, et évoluer en ovule. Comme quoi, la vie est un véritable miracle, dont le dernier mot, Jean-Pierre, revient éternellement à la femme.

  • « J’ai été élu, à une large majorité »

    « J’ai été élu, à une large majorité »

    Voici ce que disent tous les politiques, lorsque le dépouillement les nomme vainqueurs de l’élection. Or, lire le résultat d’une étude, d’un sondage, d’une élection est toujours assujetti à votre point de vue, mais pas seulement. Chaque lecture dépend des choix que vous avez effectués au préalable, de vos hypothèses de départ, des questions ouvertes ou fermées… Lorsque vous biaisez volontairement ou fortuitement les bases, votre maison ne peut être stable. Ainsi lorsque les études visent un produit, lucratif potentiellement, il est si simple d’ajouter un grain de sable…

    « J’ai été élu à une large majorité. » Combien de fois avons-nous entendu cette formule ? sans jamais en interroger la mécanique ? Derrière les chiffres officiels se cachent des réalités moins flatteuses, des votes minoritaires érigés en plébiscites. Entre abstentions massives, votes blancs et usages stratégiques des données, les prestidigitateurs ont plus d’un tour dans leurs chapeaux. Car parfois, tout se joue à une virgule près.

    Résultat électif ou réel ?

    Prenons pour commencer le résultat des élections municipales de 2020 dans quatre villes de moins de 100 000 habitants, Avignon, Créteil, Poitiers et Fort-de-France. Elles affichent respectivement une population de 93 434, 92 737, 88 291 et 80 041 âmes, selon l’INSEE. En Avignon, Mme Cécile Helle (LDVG) est élue au 2e tour avec 45,62 % des voix, à Créteil, M. Laurent Cathala (LSOC) est élu avec 69,82 % des voix, sur Poitiers, Mme Léonore Moncond’huy (LDVG) devient l’édile poitevin avec 42,83 %, puis sur l’île de la Martinique à Fort-de-France, M. Didier Laguerre (LDVG) s’impose avec 67,44 % des voix. Réellement, combien de citoyens, inscrits sur les listes électorales, ont finalement voté pour eux ?

    Nom/VilleÉlecteursParticipation
    (1er Tour / 2d Tour)
    Votants / exprimés
    (1er Tour / 2d Tour)
    Résultat électifRésultat réel
    Helle / Avignon55 28534, 93 %/31, 87 %19 278/18 807-17 617/17 19345, 62 %14, 19 %
    Cathala / Créteil44 40730, 14 %/22, 64 %13 386/12 807-10 088/9 56769, 82 %14, 99 %
    Moncond’huy / Poitiers43 70536, 40 %/33, 19 %15 891/18 532-14 504/13 99642, 83 %13, 72 %
    Laguerre / Fort-de-France60 81025, 01 %15 209/14 40367, 44 %15, 98 %
    La différence entre la joie non dissimulée de l’édile à grands coups de chiffres reflète souvent une mascarade quant à la vérité crue.

    Les élections municipales de 2020 connurent un contexte particulier, il faut le reconnaître. La réaction à chaud du maire sortant, réélu à Fort-de-France, semble être sans appel : « […] Merci aux électeurs et aux électrices qui se sont mobilisés et qui, à près de 70 %, ont choisi leur maire à Fort-de-France […] », explique Didier Laguerre. Il se targue d’une victoire à près de 70 %, avec une abstention de trois quarts de la population.

    Au final, c’est un électeur sur six qui a voté pour lui. Dans la cité poitevine, une nouvelle venue, Mme Léonore Moncond’Huy rafle la mise avec 42,83 % de votes. « C’est confirmé, ma liste Poitiers Collectif remporte la victoire, et c’est massif », a assuré la jeune femme, âgée de 30 ans, qui s’est affirmée « particulièrement fière que Poitiers ait fait le choix de l’écologie et de la justice sociale », relate France TV Info. C’est exact, près de 43 % des votes, mais au réel moins d’un électeur sur sept. Tout est une question de point de vue

    68 000 décès imputables à la pandémie

    Selon le numéro 587 de mars 2021 de l’Institut national d’études démographiques (INED), la France métropolitaine a enregistré 654 000 décès en 2020. Soit 55 000 décès de plus que les 599 000 de 2019. Pour être exact, les données de l’INSEE indiquent 668 516 morts en 2020 pour 613 456 en 2019, soit un écart de 55 060, entre le 1er janvier et le 31 décembre 2020.

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    C’est une hausse de 9,2 %, justifie le rapport (8,97 % avec les derniers chiffres). Mais parmi ces 55 000 décès supplémentaires, environ 13 000 sont statistiquement imputables au vieillissement de la population. Celui-ci « s’observe chaque année en l’absence de gain d’espérance de vie », ce qui entraîne mécaniquement une hausse annuelle du nombre de décès, indépendamment de tout contexte épidémique, détaille l’étude.

    Restent donc 42 000 décès supplémentaires en 2020, liés à la pandémie de Covid-19. Ces 23 000 décès de moins que les 65 000 imputés à la Covid-19 en 2020 par Santé publique France soulignent les auteurs Gilles Pison et France Meslé. Plusieurs phénomènes, mais un en particulier a influé : « la comorbidité ». Les décès par Covid-19 ont frappé en partie des personnes fragiles souffrant d’autres maladies (diabète, maladie cardiovasculaire, insuffisance respiratoire chronique…). « Une fraction d’entre elles serait de toute façon décédée en 2020, même en l’absence d’épidémie de Covid-19 », martèlent les auteurs. Seule une incertitude est certaine : le solde naturel, qui est la différence entre le nombre annuel des décès et des naissances, ne cesse de décroître depuis 2015 (197,1) pour atteindre 73 aujourd’hui.

    Les deux graphiques montrent un taux de décès très important pour les plus de 60 ans. La pandémie de Covid-19 est supérieure de 9,1 % au taux de mortalité de la grippe de Hong Kong entre 1968 et 1970. (Crédits : INED/Creative Commons)

    « Et si on mangeait, les enfants ? »

    La ponctuation est importante dans un texte, voire vitale. Sur la seule phrase : « Et si on mangeait, les enfants ?! », cela permet de faire la lumière sur sa fonction linguistique. Avec la présence de la virgule placée juste derrière le verbe, elle indique l’invitation aux enfants à venir se restaurer. Omettre cette ponctuation propose aux convives de littéralement manger les enfants, comme un met.

    Une autre phrase célèbre propose une compréhension, sur la simple présence de ladite virgule.

    Il s’agit d’une phrase dont le sens change selon la façon dont elle est ponctuée (rapportée par Beauzée dans son article « Ponctuation » de l’Encyclopédie de Diderot) : « On rapporte que le général Fairfax, au lieu de signer simplement la sentence de mort du roi d’Angleterre Charles 1er songea à se ménager un moyen pour se disculper dans le besoin, de ce qu’il y avoit d’odieux dans cette démarche, & qu’il prit un détour, qui, bien apprécié, n’étoit qu’un crime de plus. » (Crédits : DR)

    Grand'Ma, ponctuation, humour

    Il écrivit sans ponctuation, au bas de la sentence : « Si omnes consentiunt ego non dissentio » ce qui se traduit par « Si tous sont d’accord, je ne diverge pas », mais avec la virgule dans : « Si omnes consentiunt ego non, dissentio » la traduction est tout autre : « Si tous sont d’accord, moi non, je diverge ». Ce qui en laissait le sens ouvert, à charge pour les récipiendaires de l’interpréter.