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  • L’Espagne touchée comme les autres par les cyberattaques

    L’Espagne touchée comme les autres par les cyberattaques

    La société espagnole Hiberus victime d’une cyberattaque. L’entreprise a détecté il y a quelques jours qu’un groupe de cybercriminels avait infiltré via une cyberattaque une partie du réseau de l’entreprise. Cette attaque des systèmes d’information a été contenue et l’entreprise fonctionne désormais normalement, relate l’entreprise. De l’autre côté, l’université publique Pompeu Fabra a alerté les Mossos et l’agence catalane de cybersécurité suite l’incident informatique de ce mardi 13 juin 2023.

    En octobre 2021, l’université de Barcelone, l’UAB ne répondait plus, totalement déconnecté de l’Internet. Mais hier, c’est l’université Pompeu Fabra de Barcelone qui réussissait à rétablir la connexion au réseau internet après plusieurs heures. L’établissement avait établi un plan de mesures préventives pour éviter un incident informatique qu’elle a pu détecter. En attendant la résolution de l’incident, l’équipe informatique décidait de préserver les données de l’université en coupant la connectivité avec le monde extérieur.

    « Les mesures prises visent à assurer le bon fonctionnement de l’infrastructure informatique de l’université. En ce sens, la collaboration de l’ensemble de la communauté universitaire est sollicitée afin de minimiser les risques éventuels et de garantir le développement normal de la vie universitaire », assure le communiqué.

    Diplômes universitaires falsifiés

    La police nationale ibérique annonçait sur Twitter avoir arrêté 20 personnes qui ont acquis des diplômes universitaires falsifiés. Une organisation proposait moyennant finance de faux documents avec les cachets de plus de 30 universités.

    La société technologique Hiberus cyberattaquée

    L’entreprise de conseil en technologie Hiberus atteste avoir subi une attaque, qui a affecté ses systèmes d’information. Des documents relatifs aux contrats de travail et aux fiches de paies semblent être exfiltrés relate Escudo Digital. Ce que confirme la firme dans son communiqué. Les conséquences pourraient être la divulgation des données volées.

    Selon le désir, la somme a débourser allait de 300 à 1000 euros. Les exfiltrations de données peuvent servir à créer de faux diplômes, pièces d’identités… L’administration suisse était ciblée par des cyberattaques de type déni de services, chaque offensive dépeint une volonté de nuire. (Crédits : Policia Nacional)

    Selon Hiberus, la cyberattaque a été maîtrisée et, dès qu’elle en a eu connaissance, elle a activé toutes les mesures de réponse immédiate, « y compris nos équipes d’experts en cybersécurité et des collaborateurs externes pour garantir la sécurité de nos systèmes ». Elle indique avoir procédé à la révision et à la mise à jour de ses systèmes antivirus et que des mesures « correctives » qu’elle a mises en œuvre consiste à notifier l’incident à l’Agence espagnole de protection des données et à la police nationale. « Dans le cadre des mesures préventives de l’entreprise, nous travaillons déjà à l’amélioration et à l’évolution de nos systèmes de sécurité. »

  • Histoire d’infections par ransomware

    Histoire d’infections par ransomware

    Le canton de Vaud en Suisse a essuyé de nombreuses offensives par codes malveillants. Il est le plus à l’ouest de la Confédération helvétique, et compte 805 098 habitants au dernier recensement. La fondation Les Oliviers subissait le 17 janvier 2020 une « cyberattaque ». Quasiment au même endroit, c’est GRF, une importante société fiduciaire vaudoise d’être une cible, mais de choix.. La commune de Rolle en faisait l’expérience en mai 2021. Outre-Atlantique, c’est la chaîne californienne « Pizza Chicken » qui révèle une fuite considérable le 18 novembre 2021.

    Le quotidien suisse 24 heures propose le récit vu de l’intérieur d’une attaque, car personne n’est véritablement préparé. Le chef-lieu qu’est Lausanne offre un havre de paix et un décor de rêve, elle se situe entre le massif du haut Jura et le lac Léman. C’est par un beau matin d’hiver que la foudre s’abat sur les épaules de la directrice Sanda Feal. La fondation dans laquelle elle œuvre, Les Oliviers, est destinée à toute personne qui se sent en difficulté avec sa consommation d’alcool et/ou d’autres produits, ce depuis 1976.

    Le message reçu par l’organisation de la part des opérateurs derrière le ransomware PYSA ne laisse guère de doute. (Crédits : DR)

    « Il est 6 h 40 quand un SMS arrive sur le portable de Sandra Feal, chargée du service technique. Un de ses informaticiens lui apprend qu’aucun serveur ne répond. Il a essayé à plusieurs reprises de relancer les ordinateurs, sans succès. Le dossier système est vide. La directrice adjointe quitte son domicile précipitamment et arrive à la Fondation à 7 h », raconte 24 heures.

    Le ransomware PYSA est à l’origine de cette infection, comme celle de l’UAB. Le coût estimé est de 350 000 francs suisses (334 000 euros) en réponse à l’engagement de spécialistes, le rachat de matériel et le manque à gagner. (Crédits : capture d’écran)

    « J’ai ressenti de la colère, raconte Sandra Feal. Ils n’en ont rien à fiche de qui on est. Ils s’attaquent à des personnes précaires. C’est comme s’ils volaient l’argent d’un musicien de rue. » La directrice jouait la carte de la transparence à travers un communiqué de presse relayé dans divers médias. Les premières mesures mises en place, une plainte est déposée l’après-midi. C’est lors du contact avec la cellule spécialisée de la police cantonale qu’elle découvre son existence.

    Bis repetita

    Grâce à la Doloréane, remontons dans le futur, en octobre 2021. Des opérateurs tentèrent, encore en Suisse, d’entrer dans le système de GRF Société fiduciaire SA, une importante fiduciaire vaudoise qui gère les données de pouvoirs publics (des informations budgétaires publiques et facturations de consommation d’eau). Une douzaine de communes et de collectivités du district de Morges sont ainsi concernées. Le 22 octobre 2021, la dernière sommation faisait été de 48 petites heures pour payer le total de 200 000 francs en bitcoins, menaçant de laisser fuiter les renseignements sur le darknet. « […] nous n’avons rien trouvé sur le darkweb », commente Marc Caron de la société O plc, le 18 novembre 2021. GRF, de son côté, envisage de déposer une plainte pénale contre cette cyberattaque que la police cantonale vaudoise qualifie de sérieuse. « La question n’est plus de savoir si une collectivité sera un jour cyberattaquée, mais quand », explique Marc Genton.

    La porte d’entrée dévoilée

    Le 15 novembre 2021, la mairie de Turin se trouvait ciblée par un ransomware. C’est toute la structure de la cité des quatre rivières qui était hors service, lundi dernier. « Nous vous informons que l’activité de certains services, dont les services d’enregistrement, a été suspendue ce matin ». Dans une note, la municipalité explicite que « les techniciens de la Ville et de CSI Piedmont — le consortium public qui gère les services informatiques — travaillent pour rétablir le bon fonctionnement du système […] ».

    L’ordinateur utilisé comme accès par le groupe Conti, explique La Stampa pour diffuser le malware était un PC appartenant à la police de la commune. Il était connecté au système informatique municipal et servait de canal d’entrée. (Crédits : Pexels/Pixabay)

    Les équipes craignaient de subir la même chose que l’Azienda Territoriale per la Casa, le 11 avril dernier. Elle avait été victime d’une lourde attaque, 43 téraoctets de données, qui a sérieusement compromis la prestation de services, les pratiques et les procédures informatiques, avec une rançon de 700 000 dollars (plus d’un demi-million d’euros). La porte d’entrée de l’offensive contre le conseil municipal de Turin aurait été un ordinateur appartenant à la police de la circulation, révèlent les enquêteurs.

    Attaque d’une chaîne de Pizzeria

    Chez l’oncle Sam, la California Pizza Kitchen (CPK) a révélé une violation de données exposant les numéros de sécurité sociale de plus de 100 000 employés actuels et anciens. La chaîne qui compte plus de 250 établissements dans 32 États a confirmé l’incident. « La société a déclaré avoir été informée d’une “perturbation” de ses systèmes le 15 septembre et avoir pris des mesures pour “sécuriser immédiatement” son environnement », raconte Techcrunch. L’infection se serait déroulée le 4 octobre 2021.

    Une notification du bureau du procureur général du Maine a indiqué qu’un total de 103 767 employés actuels et anciens – dont huit résidents du Maine – sont concernés. La découverte de cette intrusion ne date que du 13 octobre 2021, selon la note de l’institution du Maine. (Crédits : capture d’écran)

    « La sécurité des informations fait partie de nos plus hautes priorités, et nous avons mis en place des mesures de sécurité strictes pour protéger les informations dont nous avons la charge, ajoutait CPK. […] Nous révisons les politiques de sécurité existantes et avons mis en place des mesures supplémentaires pour nous protéger davantage contre des incidents similaires à l’avenir. »

    Le ministère de la santé québécois attaqué

    Entre le 5 et 10 octobre dernier, il était impossible d’accéder à certains services web des centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) de Montérégie. Plus particulièrement au « Virtuo », dans lequel se trouvent des données personnelles et sensibles sur les employés, annonce Le Montarvillois. La porte-parole, Joëlle Jeté confirmait qu’il y avait eu effectivement une tentative d’intrusion visant les serveurs « Virtuo », du fournisseur Médisolution, hébergés sur les infrastructures informatiques du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). « Des modifications ont été apportées pour empêcher que cela ne se reproduise et que les services ont été rétablis lors de mise en place des correctifs », concluait-elle.

    Attention aux mises à jour

    Diverses méthodes sont utilisées par les agents malveillants pour souiller comme pour voler de la liquidité à leurs victimes. Parmi elles, deux sont particulièrement nuisibles cite le site de cyberveille français :

    • les alarmiciels
    • les mises à jour frauduleuses

    Les premières ont pour finalité l’extorsion d’argent, les suivantes la contamination du poste de travail avec aussi un fort risque de racket de monnaie sonnante et trébuchante. Souvent, l’une ne vient pas sans l’autre. Les Scarewares existent sous pléthores de formes (pop-up, programme…), et tentent de vous faire croire que votre système est victime de plusieurs infections très dangereuses. Le message et son contenu incitent à vous diriger vers une solution payante garantissant une hygiène informatique, en toute bonne foi. Tout n’est que fadaise, leur but vous faire peur pour vous extorquer de l’argent.

    La prudence est mère de sûreté. Dans le cadre de son Patch Tuesday, en date du 14 septembre 2021, Microsoft a initié un correctif pour cette vulnérabilité. Le CERT-FR recommande fortement d’appliquer ce correctif et, le cas échéant, d’enlever les contournements préalablement appliqués pour se protéger de cette vulnérabilité. (Crédits : Tomasi/Pixabay)

    Les mises à jour frauduleuses, ou FakeUpdate s’apparentent à une légitime. Pour autant, elle dispose d’une charge malveillante destinée à déployer un ou plusieurs maliciels dans le système de l’usager. Elle peut commencer comme un alarmiciel, mais aussi se présenter pour perturber la navigation sur Internet via une fenêtre Pop-Up répétitive et intempestive. Le contenu vous incite fortement à effectuer la mise à jour pour reprendre sereinement votre navigation. Lorsque vous accepte le processus d’installation, une véritable charge malveillante est activée. Elles peuvent contenir des ransomwares ou rançongiciels. Le site de cyberveille donne deux exemples :

    Le premier se présente comme une mise à jour (MAJ) importante de Microsoft Windows. Lorsque l’usager accepte l’implantation de cette dernière, son système est rapidement sous l’emprise du rasomware qui chiffre les données. Une rançon est demandée pour retrouver le contrôle des informations. Puis, le Cyborg arrive presque toujours chez l’utilisateur en tant que pourriel, ou dans les indésirables. Également sous le même procédé que le Fantom, il vous invite urgemment à autoriser l’installation de la MAJ. Si vous acceptez, la charge malveillante se déclenche et commence un chiffrement rapide des données. Une rançon est là aussi demandée. Vous n’avez plus qu’à vous mettre en rapport les services de gendarmerie ou de police, comme l’ANSSI. « Il est recommandé que l’antivirus et l’EDR soient à jour sur l’ensemble des systèmes. Dans le cas où certains terminaux ou appareils ne peuvent pas recevoir de protections antivirales, il est conseillé de prendre contact avec le prestataire du produit pour connaître les moyens de protections alternatifs. Installer des filtres anti-pourriel et toujours être vigilant contre les courriels externes. Ne jamais accepter les offres présentées dans des pop-up ou courriels sans d’abord demander l’avis de l’expertise SSI. Effectuer des sauvegardes régulières des données sensibles, et les stocker hors réseau. Appliquer le règlement sur la politique des mots de passe », conseille Cyberveille.

  • Faites vos jeux, rien ne va plus

    Faites vos jeux, rien ne va plus

    Tandis que tous ne pensaient qu’à célébrer la fête d’Halloween, les attaques par ransomware firent figure d’épouvante sur plusieurs continents. Les 37 000 étudiants et 4 000 professeurs de l’université autonome de Barcelone (UAB) ne pouvaient imaginer être contaminés par un autre virus que le SARS-CoV-2… ce fut le cas avec le PYSA (Protect your system amigo), mais également des écoles américaines, des cliniques et hôpitaux à travers le monde, les transports de la communauté de Toronto, Solware qui partage son expérience pour prévenir, ainsi que la toute puissante NRA.

    Depuis le 11 octobre 2021, rien ne va plus dans la capitale catalane, de nombreux élèves de l’UAB sont privés de leurs courriers électroniques universitaires, de WiFi, de base de données… Les professionnels reconnaissaient déjà qu’il faudrait « des heures, des jours ou des semaines » pour que la normalité soit rétablie. Ce qui n’est toujours pas le cas, qui plus est, les discours n’évoquent plus de « jours ou peut-être de semaines », mais des mois, peut-être décembre ou janvier 2022. Dès le 15 octobre 2021, les équipes examinent, et vérifient, un par un, l’état de plus de 10 000 systèmes informatiques des différents bâtiments et facultés pour voir s’ils étaient endommagés, sur la base d’un test effectué avec une clé USB qui contient un kit de diagnostic, relate le 20 minutes espagnol.

    Tous les utilisateurs sont invités à changer de mot de passe pour accéder aux applications de l’environnement Microsoft. « Nous rappelons que pour créer un nouveau mot de passe, ils doivent d’abord donner une adresse e-mail alternative, différente de celle qu’ils utilisent à l’UAB. » (Crédits : capture d’écran)

    Les responsables de l’établissement nient avoir été en relation avec les cybercriminels concernant une rançon. Si des professionnels invités dans l’émission « Els Matins » de TV3 parlaient de trois millions d’euros, le recteur de l’UAB, Javier Lafuente, dément être prêt à payer cette somme ou toute autre, affirme The News Trace.

    Près de 1000 écoles américaines attaquées en 2021

    Outre-Atlantique, le district scolaire de Janesville (Wisconsin) a subi une attaque par code malveillant de type ransomware durant le week-end du 23-24 octobre. Ce qui a eu pour conséquence de bloquer l’accès des élèves, du personnel et des parents à plusieurs systèmes et programmes en ligne (Infinite Campus, Classlink, manuels et ressources). L’équipe informatique a contacté la Division of Enterprise Technology Cyber Response Team de l’État, le FBI et le ministère américain de la Sécurité intérieure. Cette mésaventure n’est que la dernière en date d’un nombre croissant d’attaques par ransomware contre des administrations municipales et des écoles. En août 2021, 58 avaient touché autant de districts scolaires et organisations éducatives dans tout le pays, dont 830 écoles individuelles. « Il y a eu 84 incidents en 2020 », indique WPR. Brett Callow, chercheur chez Emsisoft, a partagé la liste avec Motherboard, elle comprend 73 districts scolaires, soit 985 établissements d’enseignement.

    Le porte-parole du district scolaire, Patrick Gasper, a confirmé dans un courriel que Janesville avait souscrit une cyberassurance, et que le groupe était en contact avec son agent d’assurance au sujet de l’évènement. (Crédits : capture d’écran Facebook)

    « 2021 : l’année des ransomwares » pourrait être le titre d’une œuvre cinématographique. La réalité dépasse souvent la fiction. Certaines attaques ont fait couler beaucoup d’encre aux États-Unis : Colonial Pipeline ou le fournisseur de viande JBS. Ainsi que le « Colegio medico de Chile » en septembre 2021, révélé un mois plus tard. Un peu plus au nord, le Canada n’est pas mieux loti. La ville de Clarence-Rockland subissait lundi 25 octobre une infection des systèmes d’information. Une semaine plus tôt, c’est l’hôpital du district de Kemptville qui signalait un « incident de cybersécurité », comme la Société de transport de l’Outaouais (STO) début septembre. « La situation à laquelle nous nous habituons de plus en plus, c’est que les cybercriminels balayent Internet complètement, de part en part, et cherchent des systèmes vulnérables », explique Steve Waterhouse, chargé de cours en sécurité de l’information à l’Université de Sherbrooke et ancien agent de sécurité des systèmes d’information au ministère de la Défense nationale canadien.

    Des données de santé dans la nature

    Pléthores d’hôpitaux, de cliniques sur les cinq continents ont été ciblés par les attaques, mais dans quel but ? La raison semble toute trouvée, au vu des nouvelles disséminées ici et là, l’argent. Pendant que la planète se suspend à quelque chose d’invisible à l’œil nu, de l’ordre d’un diamètre de 50 à 140 nanomètres (le cheveu mesure entre 50 et 100 micromètres, mille fois plus grand). Donc, les forces de défense sont dirigées vers le SARS-CoV-2, tandis que celle des systèmes d’information et outils informatiques de plus en plus prégnants dans nos sociétés est délaissée, depuis bien longtemps. Le tout, en espérant naïvement que les criminels adoptent une éthique quant aux cibles si sensibles. Souvent les attaques se soldent par une demande de rançon, les communiquées de presse ne spécifient, que peu ou prou, cette information. Il y a deux jours, le 2 novembre 2021, le plus grand centre de cancérologie de Las Vegas indiquait avoir subi une infection par ransomware, lors du « Labor Day » au mois de septembre. Le centre affirme que les données des patients ont pu être compromises. Les pirates ont pu obtenir les noms, adresses, dates de naissance et numéros de sécurité sociale des patients dans les dossiers médicaux. Le centre informe actuellement les patients actuels et anciens concernés.

    Les grands groupes criminels ont fait un communiqué de presse, au début de la crise, pour dire que, temporairement, ils suspendaient les attaques contre les hôpitaux

    Guillaume poupard. Public Sénat. 4 Novembre 2020

    La fuite de 500 000 dossiers de patients en Bretagne, l’hôpital d’Arles, en France pour ne citer qu’eux, en Belgique la clinique située à Bouge, le groupe de cliniques privées Pallas infectées en août 2021. Outre-Atlantique, des experts sont préoccupés par l’étendue des dommages causés aux banques de données du système de santé de Terre-Neuve-et-Labrador, à la suite d’une cyberattaque détectée en fin de semaine dernière. « Lorsqu’une attaque par ransomware se produit, tous les services sont arrêtés dans un hôpital. Les médecins, les infirmières, ils n’ont pas accès aux dossiers et ne peuvent donc pas fournir des soins efficaces aux patients », a déclaré Ed Gaudet, PDG de Ciensient à CBS News. Comme en France, les infections par ransomware procurent des effets négatifs à long terme sur les hôpitaux, selon une nouvelle analyse menée par la Cybersecurity and Infrastructure Security Agency (CISA) « Les effets en aval comprennent l’annulation ou le report d’opérations chirurgicales et de traitements contre le cancer, la fermeture de plusieurs sites de collecte de tests COVID-19, l’incapacité de soumettre des images radiologiques et la perte de communication entre les hôpitaux du réseau ». Cela ajoute des complications supplémentaires lorsque des lits sont à 80 % occupés, et que les établissements, de l’hexagone, sont obligés de déprogrammer des opérations de toutes sortes.

    Le ministre de la Santé, John Haggie a déclaré mardi 2 novembre 2021 qu’on ne pouvait pas encore déterminer précisément l’ampleur de l’arriéré qui serait créé par la cyberattaque présumée, ni sur le temps qu’il faudrait pour reconstruire et restaurer les services. (Crédits : DR)

    Au début du mois d’octobre, UMass Memorial Health, un système de soins de santé situé à Worchester, dans le Massachusetts, prévenait 209 048 patients que leurs informations privées avaient pu être compromises. « Le 25 août 2021, nous avons terminé le processus d’identification des personnes dont les informations étaient contenues dans les comptes. Pour les patients, les informations concernées comprenaient les noms, les dates de naissance, les numéros de dossier médical, les informations sur l’assurance maladie et les informations cliniques ou de traitement, telles que les dates de service, les noms des prestataires, les diagnostics, les informations sur les procédures et/ou les informations sur les prescriptions. Pour les participants à un régime de santé, les informations concernées comprenaient les noms, les numéros d’identification des souscripteurs et les informations relatives au choix des prestations. Pour certaines personnes, un numéro de sécurité sociale et/ou un numéro de permis de conduire étaient également concernés », stipule le communiqué en date du 25 août 2021.

    Purement financier

    La cyberattaque contre l’hôpital Hillel Yaffe de Hadera est purement financière, évoque le responsable de la cybersécurité au sein du ministère de la Santé, Reuven Eliyahu. « C’est probablement un groupe de hackers chinois qui s’est séparé d’un autre et qui a commencé à travailler au mois d’août », explique-t-il dans un entretien accordé à la radio militaire.

    « Le personnel et les experts externes en cybersécurité continuent de résoudre l’attaque par ransomware, gazouille TTC. Les systèmes touchés par l’attaque sont toujours hors service, mais nous nous efforçons de les rétablir en toute sécurité. » (Crédits : capture d’écran YouTube)

    Les opérateurs derrière les offensives par ransomware stoppent les systèmes — empêchant l’accès aux dossiers des patients, la transmission des images radiologiques et d’autres fonctions qui augmentent le risque pour eux — jusqu’à ce qu’une somme soit payée. Les pirates russophones à l’origine de cette vaste campagne de piratage (FIN12) vérifieraient les comptes bancaires avant de sélectionner leurs victimes, exigeant des rançons qui peuvent se chiffrer à plusieurs millions de dollars.

    70 % des entreprises payent la rançon

    La dernière entreprise attaquée est l’agence de transport en commun connue sous le nom de TTC (Toronto Transit Commission). Elle exploite les services d’autobus, métro, tramway et de transport adapté dans la capitale de l’Ontario. « L’étendue complète de l’attaque est en cours d’examen et la TTC travaille avec des experts des forces de l’ordre et de la cybersécurité sur la question », a déclaré Stuart Green, un porte-parole de la compagnie. L’entreprise fournit un service de transport en commun jusqu’à 1,7 million de personnes par jour. « Selon une nouvelle étude près de 70 %, des organisations canadiennes qui ont été victimes d’une attaque par ransomware l’an dernier ont payé les rançons demandées pour éviter les temps d’arrêt, les atteintes à la réputation et d’autres coûts », selon la chaîne CTV News.

    Les opérateurs derrière Grief affichent 623, 2 mégaoctets de données de la NRA. Des lettres datant de 2016 à l’attention de quatre sénateurs, des membres de l’association, mais aussi le budget des différences assurances pour l’année 2022. (Crédits : capture d’écran)

    Du 29 avril au 12 mai 2021, Colonial Pipeline était à l’arrêt total. La panne a entraîné de longues files d’attente dans les stations-service, dont beaucoup étaient à sec, et une hausse des prix du carburant. Car la société transporte environ 2,5 millions de barils de carburant de la côte du Golfe du Mexique à la côte Est. Colonial a payé aux pirates, qui étaient affiliés à un groupe de cybercriminels lié à la Russie et connu sous le nom de DarkSide, une rançon de 4,4 millions de dollars peu après le piratage. Les pirates avaient également volé près de 100 gigaoctets de données de Colonial Pipeline et avaient menacé de les divulguer si la rançon n’était pas payée.

    Le groupe Avril opère dans 19 pays et emploie 7600 salariés. En 2020, son chiffre d’affaires s’élève à 5,8 milliards d’euros. Il possède comme filiale Lesieur, l’huile Puget, Diester, œufs Matines (France), Bunica (Roumanie), Taous, El Kef (Maroc)… (Crédits : capture d’écran)

    Le groupe français Avril a été victime d’une cyberattaque mercredi 3 novembre 2021. C’est un groupe agro-industriel international d’origine française spécialisé dans l’alimentation humaine, l’alimentation animale, l’énergie et la chimie renouvelable. Toutes les mesures nécessaires à la protection des systèmes d’information ont immédiatement été mises en place dans l’ensemble du Groupe, comme la coupure de son réseau IT. Avril confirme que « certains sièges et site du groupe fonctionnent en mode dégradé » et indique « mettre tout en œuvre pour continuer ses activités et servir ses clients ».

    Attaque ton ennemi quand il n’est pas préparé, apparais quand tu n’es pas attendu

    Sun Tzu

    Qu’en sera-t-il pour le lobbying extrêmement puissant et source de conflit, qu’est la NRA (National Rifle Association) ? « La NRA ne discute pas des questions relatives à sa sécurité physique ou électronique. Cependant, la NRA prend des mesures extraordinaires pour protéger les informations concernant ses membres, ses donateurs et ses opérations – et elle est vigilante à cet égard », a écrit Andrew Arulanandam, directeur général des affaires publiques de la NRA. Les experts en cybersécurité sont convaincus que « Grief est une initiative d’un groupe de cybercriminels russes qui utilisait auparavant le pseudonyme Evil Corp », actuellement sous le coup de sanctions de la part du département du Trésor américain, explique NBC News. Le constat semble amer, quel que soit l’endroit sur le globe. « Dans le cyberespace, la bataille est un marathon ; c’est une guerre continue. C’est la Troisième guerre mondiale. C’est un champ de bataille où se trouvent des milliards de combattants », évoque dramatiquement Reuven Eliyahu.

    Échanger pour mieux se protéger

    Solware Auto est depuis près de 35 ans au cœur du monde de l’automobile et de ses évolutions, car il est un logiciel de gestion et facturation qui est au cœur de nombreux garages. Le 12 août 2021, les équipes de Solware découvrent que leurs serveurs ont été chiffrés par le ransomware Conti. L’attaque a supprimé des données de sauvegarde et le chiffrement de données de production. « Cet incident a eu notamment pour conséquence de perturber l’accès à plusieurs applications hébergées, affectant ainsi de nombreux clients usagers du DMS winmotor2 », relate Le Journal de l’Automobile. « Face au fléau de la cybercriminalité et les attaques par ransomware, nous avons absolument besoin d’une immunité collective ! C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de partager ma malheureuse expérience et de rompre la loi du silence qui prévaut en ces circonstances, y compris et surtout avec nos confrères et concurrents du marché du DMS automobile, dont certains avec lesquels j’ai déjà échangé », annonce Gérald Ferraro.

  • L’université autonome de Barcelone ne répond plus

    L’université autonome de Barcelone ne répond plus

    Depuis ce lundi 11 octobre 2021, c’est le black-out total sur le campus de la capitale catalane. Une attaque par code malveillant donne un avant-goût de ce pourrait-être un monde sans informatique. « L’Universitat Autònoma de Barcelona a subi une attaque informatique d’origine inconnue », gazouille l’UAB. L’offensive a essentiellement touché le système de virtualisation hébergeant une grande partie des services. Il n’est plus possible de les utiliser, ni les applications.

    Quatorze minutes sont passées de six heures ce matin quand un avis général est tweeté « La plupart des applications ne sont pas accessibles. » Cinq heures plus tard, c’est la suspension purement et simplement des cours. À 11 h la Faculté de sciences de la communication et l’université autonome de Barcelone d’un gazouillis commun annonce que « Le @FccUab de l’@UABBarcelone annule tous les cours, tant théoriques que pratiques, le lundi 11 octobre en raison de l’impossibilité de faire fonctionner le matériel et les logiciels, ce qui affecte l’enseignement. Nous sommes désolés pour le désagrément que cela cause à toute la communauté. » Les étudiants, les professeurs et le personnel administratif ont vu leur journée interrompue par une anomalie sur l’intranet de l’UAB. Plus personne n’avait accès à des outils essentiels tels que le Campus virtuel, le courrier électronique ou encore le réseau wifi de la faculté.

    L’agence de cybersécurité de l’État a été informée, une déconnexion complète des systèmes centraux a été effectuée pour isoler les machines affectées et des mesures préventives ont été appliquées pour éviter la propagation aux systèmes non affectés. (Crédits : Twitter)

    Une attaque ciblée a rendu les services informatiques de l’UAB inutilisable. Les services des systèmes ont détecté l’attaque dans la nuit de dimanche à lundi, et appliquaient le protocole à la lettre. Tous prirent la direction du centre névralgique du campus pour déconnecter complètement tous les services centraux préventivement. Dès aujourd’hui, lundi 11 octobre 2021, les différents portails de l’université ne fonctionnent plus, les classes virtuelles ont été suspendues, sur le campus ou comme hors de ce dernier. « L’UAB a suspendu toute activité avec un ordinateur personnel. Toute activité en face à face qui ne nécessite pas l’utilisation d’un ordinateur peut être réalisée », explique Jordi Hernandez, commissaire du recteur de l’université pour la technologie de l’information

    Le campus de l’UAB va désormais vivre pendant une semaine au minimum sans internet. (Crédits : DR)

    Des sources internes évoquent la possible attaque par ransomware, mais M Hernandez ne confirme pas cette indiscrétion, mais reconnaît que jamais une attaque de cette ampleur ne s’était déroulée à l’UAB. Un état d’urgence a été décrété sur tout le campus, une quarantaine numérique. Jusqu’à nouvel ordre, personne ne peut se connecter à internet depuis les installations de l’université, pas même depuis son ordinateur ou autre terminal. Les services informatiques de l’université ont activé le protocole de déconnexion totale, tout en soulignant que, heureusement, les bases de données des étudiants n’ont pas été affectées.


    Les explications comme les conduites à tenir de l’UAB doivent être appliquées à la lettre afin d’éviter la propagation de l’infection. (Crédits : Twitter)

    Le commissaire du recteur déclare que « les bases de données de l’UAB n’ont pas été compromises ». Comme il s’agit d’un jour ouvrable qui fait partie d’un long week-end et que demain est un jour férié (le 12 octobre est la fête nationale de l’Espagne), cela pourrait atténuer certains des problèmes que la panne informatique pourrait causer dans l’activité du campus. « Quand le problème sera-t-il résolu ? Ça prend trop de temps. ! !!!!!!!!!! », gazouille une docteure en droit, et professeure d’université à LaSalle.

    Chaque chose en son temps

    L’UAB a recommandé via ses réseaux sociaux à chaque utilisateur de déconnecter tous les services liés à son système, y compris ceux connectés au cloud, afin d’éviter la propagation de l’infection. Les services compétents signalent que « si l’un de ses utilisateurs a reçu un fichier appelé ” http:///readme.READ ” et d’autres se terminant par ” .uab ” téléchargés sur son bureau, il doit déconnecter son ordinateur et en informer le service informatique. »

    Le campus de l’université autonome de Barcelone sera une zone sans internet, ni cours virtuel, ni échanges de courriel, un retour à la communication verbale et réelle. (Crédits : DR)

    Le protocole établi a été suivi, d’une part, en isolant les machines infectées, et d’autre part, en appliquant des mesures préventives pour éviter la propagation aux systèmes non affectés. Une fois que les mécanismes de cette attaque auront été déterminés en détail, l’université procédera à la restauration du système de manière progressive, en garantissant l’intégrité des services en cours de récupération. « Pendant cette semaine, nous travaillerons sans l’utilisation d’ordinateurs connectés au réseau. Cela touchera tous les domaines d’activité : enseignement, recherche et administration. Ce ne sera pas une semaine normale à l’Université autonome ».